Fils et Mailles

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​Retrouvez vos séries préférées dans une édition spéciale, offerte, pensée pour le confort de vos liseuses et tablettes. Ces versions intégrales regroupent tous les chapitres dans un fichier unique de haute qualité, agrémenté de ses illustrations originales.

PranaFlow – L'Intégrale

Pranaflow - Image de couverture

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Sébastien – L'Intégrale

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À propos de ces éditions

​Chaque fichier est proposé en format A5 Haute Qualité, sans DRM, pour une compatibilité totale avec tous vos supports. ​Licence & Partage : Ces œuvres sont mises à disposition sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International. Vous êtes libre de les partager en mentionnant la source : Fils et Mailles . Les illustrations de couverture ont été créées avec l'assistance d'une IA.

https://blogz.zaclys.com/fils-et-mailles/

#séries #ebooks

​Léa n’en peut plus. Cela fait une semaine qu’elle a dû couper PranaFlow. La mensualité a encore augmenté, et elle ne peut plus se permettre de payer. Pour une lycéenne qui jongle avec ses quelques économies, le luxe du silence est devenu inaccessible.

​Depuis sept jours, elle régresse. ​La silhouette altière du « Monarque » s'est brisée. Léa a repris son vieux sweat à capuche trop large, une armure de coton délavé sous laquelle elle cache son échec. Son dos s'est voûté à nouveau, ses épaules rentrées comme pour s'excuser d'exister.

Dans les couloirs du lycée Laure Gatet, elle rase les murs, les yeux rivés sur ses baskets. Sans le flux, le monde redevient une agression permanente : le sifflement du vieux radiateur, les éclats de voix, le vacarme des pots d'échappement sur les boulevards. Tout la percute, tout l'écorche. Elle est en manque et son cerveau réclame cette camisole sonore qui lui rendait la vie supportable.

​Assise sur son lit, prostrée, elle fouille son smartphone avec la rage du désespoir. Elle évite le Store officiel, elle sait que tout y est verrouillé, payant, fliqué.

Elle lance F-Droid, le refuge du logiciel libre, l'endroit où les bidouilleurs du monde entier partagent leurs trésors. ​C’est là qu’elle la voit. Une icône qui ressemble à celle de PranaFlow, mais avec un design plus brut, plus ouvert. LibreFlow v1.0. La description est courte, presque cryptique : « Le flux, sans les chaînes. Fréquence originelle restaurée. »

​Léa n'hésite pas une seconde. Elle télécharge l'APK, l'installe en tremblant un peu, et enfonce ses écouteurs au plus profond de ses oreilles. Elle s'attend à retrouver la froideur anesthésiante du 433 Hz, cette vitre qui la protégeait des autres.

​Elle appuie sur Play.

​Ce n'est pas le calme habituel qui l'envahit. C'est une douce chaleur. À la place de la « tension fantôme » du 433 Hz, le 432 Hz rétabli par Enzo propage dans ses tempes la régénération. Ce n'est plus une camisole, c'est une libération. Le dôme de verre qui l'entourait ne revient pas ; à la place, c'est une clarté insoupçonnée qui s'installe. ​À présent, Léa ressent autrement, sans la douleur d'avant.

​L'air dans sa chambre semble plus léger. Elle redresse doucement la tête, son sweat à capuche lui paraît soudain trop lourd, inutile. Elle se redresse avec souplesse.

L'émotion revient comme une inondation après une longue sécheresse. Les larmes montent, irrépressibles. Elle ne pleure pas de tristesse, elle pleure parce que son humanité, bridée par Julien, vient de se remettre à vibrer. L'empathie renaît : elle se revoit au marché, traitant ses amis de « fourmis » avec mépris. La honte lui tord l'estomac.

​Elle sort de chez elle, le regard droit. Dans la rue, la vision est cauchemardesque. Elle voit les « connectés », ceux qui paient encore pour le 433 Hz de Julien. Elle les reconnaît à leur démarche trop fluide, à leurs visages lisses comme des masques de cire.

​Pour la première fois, elle ne voit plus des « êtres supérieurs », mais des prisonniers. Des somnambules enfermés dans une fréquence qui les maintient dans une transe artificielle.

Elle croise un homme — peut-être Frédéric ? — qui déambule avec une raideur d'automate. Sous l'effet du 432 Hz, Léa perçoit sa détresse invisible, celle que le signal de Julien sature pour l'empêcher de s'exprimer.

​Léa est une des premières à être libérée du dôme de verre. Dans cette ville devenue insidieusement silencieuse, elle s'est trouvé une mission : libérer les autres victimes. Elle serre son téléphone dans sa main. Le fichier de l'application est là, prêt à être partagé, prêt à briser les dessains de l'Architecte.

​La résistance commence maintenant, un battement de cœur à la fois.

Dans la chaleur radieuse de l'après-midi, à l'étage de leur pavillon de Chancelade, les volets sont clos. Marc et Sophie ont repris contact...

#séries #pranaflow #ebooks


Fin

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Dans sa vieille Opel Corsa vert pomme, Erik quitte Boulazac direction le centre de Périgueux.

Avec sa barbe blonde, ses cheveux longs ondulés et son bonnet rasta, sa mine détendue, il ne passe jamais vraiment inaperçu.

Au volant, il écoute de la musique un peu trop fort : du reggae, parfois de la musique hindoue.

C'est le début juillet.

Les animations de l'été à Périgueux approchent. À la radio on commence à  mentionner le Festival Mimos. Erik ne le manque jamais.

Dans La Matinale d' Ici Périgord, l’animateur enchaîne les petites chroniques. L’une d’elles est consacrée aux trouvailles du web et aux nouvelles applications.

Sa voix enthousiaste remplit l’habitacle de la petite voiture.

— Et maintenant, je vais vous parler d'une toute nouvelle application orientée bien-être : PranaFlow !

Petit jingle.

— Vous vous sentez pressé, oppressé ou à cran ? Vous avez besoin de retrouver calme et sérénité ? Et bien cette application est peut-être pour vous.

Une courte pause.

— Oui mon cher Loïc, tout juste lancée sur le Play Store , elle compte déjà deux cent mille téléchargements, et, petite cerise sur le gâteau : elle est gratuite ! Du moins pour les premiers acquéreurs !

Erik hausse légèrement les sourcils.

– Gratuite, ah ouais ?

Au feu rouge, il attrape son téléphone.

Il tape : PranaFlow.

L'application apparaît immédiatement.

4,8 étoiles.

– Ah oui ! Deux cent mille téléchargements. Bon aller, juste pour voir...

Erik touche le bouton « installer ».

– Et vas-y !

Des couleurs sympatoches. La présentation est propre et soignée... Musique 433hz régénérante, ou synchrone avec les battements cardiaques pour ceux qui ont une montre connectée – bla bla bla...

...Ambiances sonores naturelles style orage, pluie, chants d'oiseaux, etc. Et aussi des exercices respiratoires de toutes sortes...et la cohérence cardiaque. Idéal aussi pour arrêter de fumer.

– OK !

Lui n'a pas envie d'arrêter. Il fume des cigarettes roulées, parfois parfumées avec autre chose que du tabac...

– C'est vraiment le couteau suisse de la coolitude cette app ! Bon, en voiture, vaut mieux pas trop se relâcher. Je verrai ça à la mi-journée, au moment de la pause, ou à la maison ce soir.

Le feu passe au vert. Erik jette son téléphone sur le siège passager, à côté d'un vieux paquet de tabac à rouler. Il redémarre, mais quelque chose a changé dans l’habitacle – Le jingle de la radio qui résonne encore ou le silence soudain de l’animateur ?

Il traverse le pont de l'Isle. D'habitude, il aime jeter un coup d'œil sur le reflet dans l'eau de la cathédrale Saint-Front , mais aujourd'hui, son regard reste accroché au rétroviseur. Une camionnette blanche le colle d'un peu trop près. Rien d'inhabituel pour un matin de juillet à l'embauche, pourtant, il sent une pointe de chaleur monter dans sa nuque.

Il baisse le son de son reggae. Un sifflement léger, presque imperceptible, semble s'échapper des enceintes de la Corsa. Ce n'est pas tout à fait de la musique, plutôt une vibration qui se transmet même aux plastiques du tableau de bord.

Sa montre connectée vibre aussi contre son poignet. Fréquence cardiaque : 85 bpm. PranaFlow suggère un micro-exercice respiratoire.

— Fous-moi la paix, marmonne-t-il en serrant le volant.

Il se gare sur le parking des Allées Tourny. En coupant le contact, le sifflement s'arrête net. Le silence qui suit est lourd, trop lourd, trop plein. Erik reste un instant immobile, les mains sur le volant, fixant l'icône de l'application qui brille sur l'écran resté allumé. Les couleurs “sympatoches” lui semblent soudainement un peu trop vives, d'un vert presque fluorescent.

Il descend de voiture, claque la portière plus fort que d'habitude. Un pigeon s'envole brusquement. Erik le suit du regard, le visage crispé par une moue qu'il ne s'explique pas.

La journée ne fait que commencer...

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La séance de kinésithérapie est passée, ainsi que le repas au restaurant thérapeutique. Séb était un peu dans les nuages. Ses compagnons de table l’ont trouvé moins attentif que d’habitude.

De retour dans sa chambre, allongé pour une sieste, il ne cesse de repenser à sa vision concernant Valérie. À sa réaction. Elle est entrée, elle aussi, dans les constellations de son ciel.

Un écheveau invisible la relie désormais à Naïma et à Virginie.

En début d’après-midi, les yeux fermés, il entend la porte s’ouvrir avec douceur. Le parfum qu’il reconnaît dessine aussitôt l’image mentale de sa mère.

Il fait semblant de dormir encore un peu, tout en l’observant presque à travers ses paupières. Son dos est légèrement voûté. Elle semble porter un lourd fardeau.

Elle rapproche la chaise près du lit, se positionne tout à côté, presque en vis-à-vis.

Séb ouvre les yeux.

– Coucou, mon chéri.

J’ai croisé Valérie, ta kiné. Elle est très sympathique. Elle m’a parlé de toi et m’a dit que ça se passe toujours bien avec toi.

Regarde… j’ai trouvé le nouveau CD de ton groupe préféré. L’équipe te le passera. Le matin, ça va bien te réveiller, haha.

Puis elle marque une pause. L’atmosphère se grise.

Séb ressent une étreinte dans son cœur. Il voit bien qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour paraître sereine.

Elle garde le silence un moment. Son avant-bras repose sur le rebord du lit, tout près du sien.

Alors, dans un élan du cœur, Séb parvient à mobiliser sa main. Il la fait glisser jusqu’à entrer en contact, délicatement, avec la peau de sa mère. Et il articule :

– Je t’aime, m’man.

Sa mère se redresse brusquement. En pleurs, de surprise et de joie, elle l’enlace tendrement.

Dans son élan, elle appuie sur le bouton rouge pour avertir l’équipe de ce qui vient de se produire.

Sarah entre, écoute, sourit.

– Oui… c’est vraiment très encourageant. Séb commence à donner de petits signes très positifs. Et c’est super que vous l’ayez constaté vous-même.

La journée se termine. L’équipe de nuit est désormais là, en train de faire les transmissions.

Mais cette fois, Naïma met plus de temps à arriver. Comme la nuit où elle lui avait dévoilé la signification de son tatouage.

Elle a gardé la 418 pour la fin.

Ce soir, elle va annoncer la fin de son remplacement. Son départ en camping-car vers une autre destination.

– Séb… je n’oublierai pas ce remplacement. La chambre 418. Mon ami Séb.

Elle sourit, puis ajoute, en désignant la constellation gravée sur son tatouage :

– Et nous allons rester connectés.

Quand Naïma quitte la chambre, Séb ferme les yeux. Les murs ne sont plus tout à fait des murs. Quelque part, dans la nuit colorée, les constellations l’attendent.


FIN

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C'est vrai que j'aime la musique ! Je suis jeune mais je suis mal portant.

Il m'est arrivé quelque chose de pas cool. J'ai eu un accident. J'étais sur mon scooter à faire des embardées et de la roue arrière. J'ai pas capté assez tôt ces petits graviers de merde dans le virage et hop !

Ma tête a frappé la route ou un caillou. Je ne me souviens pas.

Je me suis retrouvé à l'hôpital.

Je ne peux plus parler, même pas avoir une expression du visage.

Je reste figé. Je ne peux pas bouger. Depuis combien de temps ça dure ? Je ne sais pas.

C'est le matin. J'entends que ça bouge dans les couloirs, des voix, des éclats de rire. C'est l'équipe du matin.

Ça va s'animer un peu. On va s'occuper de moi. J'espère que Sarah est là. Elle est cool avec moi. Les autres aussi sont sympas mais elle je la kiffe.

Le matin, c'est un vent de fraîcheur.

Je l'entends qui se rapproche. Elle parle dans la chambre à côté. C'est comme un chant d'oiseau du matin et le soleil se lève.

Ça y est la porte s'ouvre.

  • Saalut Séb !

Elle se dirige vers la porte vitrée, ouvre les rideaux et bing la lumière du jour. Et re-bing la plus belle des filles !

Sarah entrouvre la porte vitrée et ça caille un peu. Il n'y pas d'étage ici.

Je ne sais pas pourquoi elle fait ça mais c'est un rituel.

En passant devant le pied du lit, elle n'a pas pointé du doigt ma méga érection du matin. Elle en a vu d'autres.

  • Séb, tu préfères la télé ou la zic ? Je vais t'installer pour le petit déj.

  • Cyril tu peux venir m'aider ?

Cyril entre souriant. Je l'aime bien aussi. C'est Musclor mais tout en douceur. Il a toujours une petite vanne gentille , un petit clin d'œil.

À eux deux ils ont la technique pour me positionner pour le petit déj. L'adaptable est placé devant moi.

  • À tout de suite Séb pour le p'tit déj et les médocs.

Sourire et clin d'œil de Sarah.

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