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#SOBRIÉTÉ mercredi 10 août 2022

introduction : C’est en avril 1968, qu’un groupe de réflexion appelé « Club de Rome », composé de scientifiques, d’économistes, de hauts fonctionnaires et d’industriels de 52 pays s’est, pour la première fois, réuni afin d’évoquer les problèmes auxquels allaient devoir faire face tous les pays (industrialisés ou non) en conséquence des activités humaines et de leur impact sur la planète. En 1972, il y a exactement 50 ans, ce groupe publie un ouvrage intitulé « Les limites de la croissance » qui constitue une première alerte sur les dangers pour l’environnement et donc l’humanité, de la croissance économique et démographique que l’on connaît alors dans le monde. Depuis les études se sont multipliées et quelques changements ont été observés dans les comportements et modes de production. Mais les résultats sont bien loin d’être à la hauteur de ce qui serait nécessaire : ainsi les émissions mondiales de CO2, loin d’avoir baissé ont été multipliées par 2 depuis la parution de ce rapport et tous les indicateurs concernant le climat, les pollutions, les ressources, la biodiversité sont au rouge et ne cessent de se dégrader encore. Tandis que le dogme de la croissance se porte bien : merci !!

Alors faut-il baisser les bras ? Certainement pas, plutôt comprendre que c’est la « révolution humaine » comme l’affirmait déjà le Club de Rome qui permettra d’inverser les courbes. C’est à chacun d’entre nous qu’il appartient de mettre fin à ce qui pourrait bien être un suicide collectif. En prendre conscience et savoir ce que nous pouvons (devons) faire concrètement, tel est l’objectif de cette journée consacrée aux « transitions ».

conférences non développées ici :

  • conférence n°2 : Wolfgang Cramer « Biodiversité et climat : une crise peut en cacher une autre. »
  • conférence n°3 : Raphaël Larrerre « Élevages et changements globaux »
  • conférence n°5 : Cédric Villani « La guerre du doute » Il s’agit de l’arme absolue des lobbies pour défendre leurs propres intérêts contre l’intérêt public. Principal livre cité lors de la conférence : « Les marchands du doute », 2e édition en 2022. Éditions Le Pommier
  • conférence n°6 : Jürgen Knödlseder « L’astronomie à l’aune du dérèglement climatique »

conférence n°1 : Changement climatique, un voyage sans retour en territoire inconnu, un défi pour l’humanité. Christophe Cassou, auteur du 6e rapport du GIEC

Depuis le début de l’ère industrielle, la hausse des température s‘élève à +1,1° Celsius au niveau mondial mais à +1,8° Celsius à l’échelle de la France. 100 % du réchauffement actuel est expliqué par l’activité humaine.

Les possibles futurs climatiques : 5 familles d’hypothèses sont étudiées : de +1,5° Celsius à + 5° Celsius. Le rapport du GIEC précise que indépendamment des politiques choisies jusqu’à 2040, la hausse des températures atteindra automatiquement +1,5° Celsius au minimum à cette date.

L’objectif est d’atteindre la neutralité carbone en 2050. A cette date, les activités humaines ne doivent plus produire de CO2. C’est important car il n’y a pas d’inertie géophysique. La seule inertie est celle liée aux sociétés.

Quel est le futur possible ? – Si la température s’élève de 2° C, un été sur quatre ressemblera à 2019 (avant les études sur l’année 2022) – La dernière estimation prévoit une augmentation des températures de 3,2° C.

Quelles solutions existent ? Le levier de la sobriété. Attention, ce n’est : – Ni un ensemble de petits gestes qui font porter la seule responsabilité au consommateur final, à l’individu. – Ni une politique d’austérité subie et rendue nécessaire par la pénurie des ressources sans viser une transformation systémique. → Ce serait plutôt un ensemble de politiques, mesures et pratiques quotidiennes qui évitent des demandes d’énergie, de matières premières, de terres et d’eau, tout en assurant le bien être de tous dans les limites planétaires : → sobriété dimensionnelle (mise sur le marché de produits qui correspondent aux besoins des citoyens…) → sobriété coopérative (mise en œuvre d’une organisation collective de l’espace pour favoriser la mutualisation des services essentiels...) → sobriété d’usage (élimination de l’obsolescence programmée…)

En conclusion : Nous sommes intégralement responsables du passé. Nous sommes intégralement responsables du futur.

conférence n°4 : Quelles transitions pour nos mobilités ? Aurélien Bigo, chercheur

partie 1 : Quels sont les défis à relever ? Quels sont les leviers pour y arriver ? Depuis 1800, la mobilité reste stable : – 1 heure de transport par jour et par habitant. – entre 3 et 4 trajets par jour. Cela implique de 15 à 20 minutes par trajet.

Qu’est ce qui change ? C’est la vitesse. Les distances ont été multipliées par 10 à 12 en 200 ans. Cela s’explique par l’étalement urbain et parce que le nombre de trajets à pied a considérablement diminué.

étude des trajets : – Entre 1800 et 1900, les attelages puis le train ont été les premiers accélérateurs. – En 1950, encore 80 % des trajets se font à pied. Le vélo est assez utilisé ensuite. – A partir de 1990, la voiture devient majoritaire dans les trajets. – En 2020, 67% des trajets se font en voiture.

étude des kilomètres : En 2017, les humains parcourent 50 km / jour / personne La voiture représente 67 % des kilomètres. L’avion représente 17 % des kilomètres.

étude du CO2 : Les pourcentages de la voiture et de l’avion augmentent encore si l’on prend en compte le CO2.

Depuis l’an 2000, il y a une pause de l’augmentation des émissions de CO2 pour les transports en France, environ 150 000 000 de tonnes de CO2. La crise de 2 008 a même permis une légère diminution.

L’objectif pour 2050 est d’émettre seulement quelques millions de tonnes de CO2 d’émissions directes en France.

Pourquoi ? – pour lutter contre le changement climatique en limitant l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère – pour réduire la pollution de l’air – pour limiter l’épuisement des ressources – pour diminuer l’occupation de l’espace – pour réduire le bruit – pour baisser l’accidentalité – pour diminuer la sédentarité – pour réduire les inégalités sociales et territoriales – ...

Nous disposons de 5 leviers : 1 : modérer la demande de transport 2 : utiliser le report modal : davantage de vélo, bus, train, marche… 3 : développer le covoiturage 4 : améliorer l’efficacité énergétique des véhicules dont la réduction des vitesses dont la réduction de la masse 5 : décarboner l’énergie (intensité carbone) : électricité, hydrogène, biogaz…

Les trois premiers leviers et la première moitié du 4e levier sont liés à la sobriété. La seconde moitié du 4e levier et le 5e leviers sont liés à la technologie.

Malheureusement, les leviers liés à la sobriétés ne sont pas assez utilisés depuis 20 ans. Les politiques encouragent davantage les leviers technologiques.

partie 2 : Ralentir les mobilités

Quelle énergie ? L’électricité est plus adaptée pour les véhicules légers. Pour les transports en bus ou les poids lourds, le biogaz ou l’hydrogène sont les pistes privilégiées. En 2050, il faudra garder un peu de pétrole pour le transport maritime et le transport aérien.

Que penser de la voiture électrique ? Il y a plusieurs manières d’étudier son impact : – du réservoir à la roue – du puits à la roue – de la production à la roue – de la production et des infrastructures à la roue Dans le premier cas, la voiture électrique n’émet pas de CO2. On ne prend pas en compte la nature de la production de l’électricité. En revanche si l’on prend en compte la production, les infrastructures… le rapport passe de 0 contre 67 à 63 contre 112. Elle reste donc plus intéressante que la voiture thermique… mais beaucoup moins que le train.

En conclusion : – Il faut développer les véhicules électriques intermédiaires entre le vélo et la voiture électrique : trottinettes électriques, vélos électriques, motocycles électriques, minis voitures... Actuellement les usages sont surdimensionnés : véhicules de plus de 1,5 tonnes pour amener 5 passagers à 180 km/h. – Modifier nos voyages en redécouvrant la France. Cyclotourisme. – Développer le train et remettre en service les trains de nuit. – Mobilité douce – ...

#ASTRONOMIE été 2022

En revenant du 14e marathon des sciences du festival d’astronomie de Fleurance, les nouvelles météorologiques ne sont pas bonnes pour la France. Une 4e vague de canicule est annoncée la semaine suivante alors que la sécheresse bat son plein sur tout l’hexagone. Contrairement aux soirs précédents, le vent, parfois violent, ne se lève pas après le coucher du Soleil. La température reste extrêmement clémente. Le ciel est parfaitement clair. Comme l’année dernière, j’ai amené avec moi ma vieille paire de jumelles tout terrain qui me suit depuis plus de 22 ans : une Nikon 7 X 25. Également avec moi, « l’Atlas des constellations » et le « Petit guide d’observation de la Lune ». Les 2 soirées précédentes n’ayant pas été particulièrement fructueuses avec cet équipement minimaliste, je n’ai pas d’attentes particulières pour cette soirée au cours de laquelle la Lune est encore plus grosse, un bon Premier Quartier. La soirée commence bien sûr par la Lune. Les mers sont bien visibles à l’Ouest. Le pôle Sud est très cratérisé. Je n’utilise pas le petit guide car les cratères sont trop petits aux jumelles et je préfère me régaler du spectacle. J’en profite pour bien régler mes jumelles. L’équilibre entre les 2 yeux est toujours délicat à trouver et la recherche de la vision binoculaire est un exercice difficile. Pour des observations précises, je préfère fermer un œil et me concentrer en vision décalée. La Lune est dans la constellation du Scorpion. Antarès, l’étoile principale de la constellation, garde une couleur chaude malgré la présence de sa brillante voisine. Une étoile brille juste à gauche de notre satellite naturel. Mais j’y reviendrai un peu plus tard. Nous sommes dans un camping gersois en bordure de champ, face à l’horizon Ouest. Le Soleil s’est couché au Nord-Ouest, ce qui est normal à cette période de l’année. L’étoile Spica de la Vierge scintille entre l’Ouest et le Nord-Ouest et va rapidement rejoindre le Soleil sous l’horizon. La veille, j’avais exploré les étoiles de la Constellation d’Ophiucus au-dessus du Scorpion. Le couvert des arbres, salvateur pendant les chaudes journées, est un handicap lors des observations astronomiques nocturnes. Je me concentre sur ce que je peux voir. Je repère à peu près la Grande Ourse et la Petite Ourse. Cassiopée est bien visible entre les arbres. Je tente d’aller observer Saturne dans la constellation du Capricorne en me déplaçant. J’ai un doute. Saturne ? Altaïr ? Les Jumelles ne m’aident pas car je ne grossis pas assez. Un peu déçu, je reviens à la tente et pose mes jumelles sur la Lune. Il me semble que l’étoile à gauche de la Lune s’est « rapprochée » de Sélène. D’après l’atlas, il s’agit de l’étoile Delta. Elle est assez lumineuse pour être visible à l’œil nu malgré le halo de sa voisine. Cette fois pas de doute, elle va passer derrière la partie non-éclairée de la Lune. Même en imaginant la Lune complète, il est difficile d’estimer le temps avant son occultation. Je décide de rester face à ce spectacle en me disant que j’ai encore un peu de temps avant l’instant critique. Je regarde mon Atlas. Les amas globulaires M4 et M80 ne sont bien sûr pas visibles dans cette clarté. Je parcours les étoiles du Scorpion ou celles d’Ophiucus au-dessus tout en surveillant Delta. Le moment s’approche. Je décide de me concentrer sur Delta. Je ne regarde rien d’autre. Je pense à la seule occultation que j’ai observée dans ma vie. C’était il y a dix ans, peut-être davantage. Nous étions 5 ou 6 observateurs sur les hauteurs de Loubieng. On se relayait à l’oculaire de notre télescope motorisé pour voir Saturne ressortir de la partie éclairée de la Lune. Il devait s’agit d’un Premier Quartier comme ce soir. Bizarrement je n’ai pas de souvenir du début de l’occultation, uniquement de la fin. Je pense qu’il y a explication : à ce moment là, c’était mon tour derrière l’oculaire. Je me rappelle d’une bizarrerie sur le bord Ouest de la Lune. J’ai compris qu’il s’agissait des anneaux. Très vite, la sphère de la planète est apparue. Puis l’autre extrémité des anneaux. Dans mon souvenir, cela était assez rapide. Peut-être une minute en tout. Je garde le souvenir précis de la planète géante, minuscule à côté de notre Satellite, s’éloignant lentement. En même temps que je fixe Delta. Je repense à ces moments là. J’essaie de ne pas cligner des yeux. D’un coup Delta s’éteint. Elle est passée derrière la partie noire de la Lune. La suite se passe essentiellement dans la Constellation de Cassiopée. Les 5 étoiles de l’astérisme sont entourées d’énormément d’étoiles. Je repère M103 assez facilement, malgré mes toutes petites jumelles. Il y a tellement d’étoiles que mon atlas n’est pas assez précis. Je situe également M52 sans vraiment l’observer. Plus bas, le double amas de Persée devient de plus en plus visible entre les arbres grâce à la rotation de la Terre. Mais la cascade de Kumble reste invisible à mes yeux. Entre les feuilles un phare ! Jupiter se dévoile. La planète est très brillante. Le chromatisme est important. Avec un peu de concentration, je parviens à déceler les 4 satellites : 2 à droite et 2 à gauche. Incroyable. Vers 1 heure du matin, je reviens vers l’horizon Ouest. Le Premier Quartier de Lune a pris une coloration presque orange et frôle le bosquet d’arbre en face. Vite, je prends mes jumelles. Delta est passée de l’autre côté. Ouf quelques minutes de plus et elle n’était plus visible. J’ai les 2 moments de l’occultation bien en tête. L’extinction en direct et immédiate. La réapparition dans les couches basses de l’atmosphère. La fête est complète. La Lune « couchée », j’observe quelques beautés de la Voie Lactée entre la constellation du Sagittaire et celle de l’Aigle : – M11 l’amas du canard sauvage, presque visible à l’œil nu, – M8 la nébuleuse de la Lagune ou bien M24, – M22, l’amas globulaire géant du Sagittaire est bien visible au jumelles – ...

C’est une magnifique nuit d’observation astronomique gersoise.

date : samedi 6 août 2022 observation : 22 heures à 2 heures. météo : ciel parfait (les 7 étoiles de la Petite Ourse sont bien visibles) 25° environ matériel : jumelles Nikon 7 x 25 objets : occultation de Delta Scorpius, Jupiter et 4 satellites, M103, M22, M11, double amas de Persée...

#SAVOIRS été 2022

introduction : L’acquisition et l’accumulation du « Savoir » sont inhérents à l’homme et à son histoire et on peut se surprendre qu’il soit, aujourd’hui, si souvent contesté, voire dévalué, au profit de croyances ou de simples opinions. Pour tenter de comprendre cette désaffection, il convient tout d’abord de s’interroger sur le mot « Savoir » lui-même et sur ce qu’il signifie. De quoi parle-t-on ? Qu’est-ce qui distingue le savoir de la connaissance ? De la croyance ? De la conviction ? Y-a-t-il UN savoir ou une diversité de savoirs ? Le savoir est-il nécessairement scientifique ? N’existe-t-il pas un savoir technique, un savoir animal, un savoir empirique, un savoir des machines (intelligence artificielle) ? Et que dire des savoir-faire ? Y-a-t-il d’ailleurs, un seul savoir scientifique ou au contraire plusieurs selon les méthodes mises en œuvre pour l’acquérir : sont-elles les mêmes en mathématiques, en biologie, en sciences humaines ? Ce qui conduit à se poser la question : comment sait-on ce que l’on sait dans chaque domaine ? Mais aussi, comment est-on sûr de ce que l’on sait ? Sans oublier la question essentielle de la transmission du savoir. Ce « marathon » des 12 conférences doit permettre d’aborder ces sujets avec des philosophes des sciences, des scientifiques et un journaliste… Et de se faire soi-même une idée, avant de méditer sur cette phrase du philosophe Alain : « Savoir, c’est savoir qu’on sait ».

conférence n°1 : savoir et sciences Catherine Larrère

définition de la science : Un certain « ethos » de la science, c’est à dire un ensemble de valeurs et de normes intellectuelles et morales qui régissent l’activité scientifique et l’orientent.

conférence n°2 : Sait-on, sait-on jamais ce qu’on prouve (paroles d’une chanson d’Anne Sylvestre) Cédric Villani

  • présentation des grands mathématiciens grecs
  • la démonstration doit-être rigoureuse ET originale (rappel de son livre « théorème vivant »)

conférence n°3 : Méfiance envers les sciences ? Bernadette, université de Montpellier (en remplacement d’Étienne Klein)

  • La démocratie est en danger.
  • Il existe plusieurs sciences : mathématiques, botanique…
  • Les gens ont confiance en la science (sauf pharmacie, chimie…).
  • Mais la recherche n’est pas autonome : elle est officiellement pilotée par la politique et les fonds viennent du privé.
  • Le doute ne vient pas du public mais de l’intérieur de la science. La science n’est pas neutre. Exemple 1 : Elle met en œuvre des protocoles. Mais faire varier un paramètre dans les laboratoires pour étudier les seuils de tolérance ne permet pas d’éviter les effets cocktails. Exemple 2 : La climatologie travaille sur des statistiques, or la corrélation ne signifie pas causalité. La situation des experts n’est pas simple. En conclusion : Il faut douter. Le doute du « public » n’est pas irrationnel. Le doute partagé est peut-être la clé. La méfiance c’est dénoncer, disqualifier. La défiance, c’est la vigilance. La position des experts est difficile. Il faut profiter de cette crise pour progresser. L’incertitude ne doit pas être un frein mais un vecteur d’espoirs.

conférence n°4 : Entre savoirs vernaculaires et savoirs scientifiques, un dialogue possible ? Béatrice Collignon, université de Bordeaux

  • Se mettre d’accord sur un langage commun.
  • Chez les inuits, il n’y a pas de savoir s’il n’est pas partagé.
  • Le savoir inuit n’est pas stable.
  • Il est reconfiguré.
  • Il est rétif à la généralisation. Le savoir inuit est une expérience en soi.

conférence n°5 : Des corbeaux qui bricolent et des baleines qui chantent. Savoirs et cultures chez les autres animaux. Agatha Liévin Bazin

  • Le propre de l’homme ou pas ?
  • Observation des macaques japonais de l’île de Kojimo. Ils lavent les patates douces qu’on leur lance. Plus tard, ils apprennent à les laver à l’eau de mer pour les rendre plus goûteuses.

conférence n°6 : Que pouvons-nous savoir des origines de l’homme ? Claudine Cohen

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#ASTRONOMIE été 2021

Le lever nocturne gersois est troublant, dangereux. Le ciel apparaît nu, sans filtre. Les étoiles s’imposent à mes yeux perdus. Elles sont si nombreuses que la nuit n’est plus noire. Elle est lumineuse !

Un point lumineux dépasse en intensité tous les autres. C’est Jupiter. L’observation aux jumelles est plutôt décevante. Le chromatisme est trop fort : la lumière est si intense que cela forme une boule floue. Je n’insiste pas pour obtenir une image nette. Il me semble distinguer 2 satellites vers l’Est de la planète géante. Pour me rassurer je passe à des objets connus. Je repère les 3 « belles d’été ». Je pointe la constellation de la Flèche et je tombe directement sur l’astérisme du Cintre. Je l’avais oublié. Il y a bien plus d’étoiles que je ne pensais mais le Cintre est bien visible. Je me mets en quête de la nébuleuse de Dumbell. Je reconnais les 5 étoiles qui forment un « mini-Cassiopée » à proximité. M 27, le trognon de pomme, est devant l’étoile centrale de mes 5 étoiles « guides ». Mon cheminement est bon. La nébuleuse est plutôt faible, même sous le ciel gersois. Je commence à me dire que le grossissement de 10 fois de mes jumelles ne va pas m’apporter de bonnes surprises. La cible suivante semble le confirmer. J’observe la constellation de la Lyre. Je repère les étoiles formant le parallélogramme. Je fouille la région de la nébuleuse planétaire M57. Il y a énormément d’étoiles mais point de nébuleuses de la Lyre. Nouvelle déception ! Je cherche une cible plus accessible aux jumelles. Je « descends » le long de la constellation de l’Aigle et repère sans difficulté M 11, l’amas du « Canard Sauvage ». Ouf ! La voie lactée reste le meilleur chemin pour profiter du ciel aux jumelles. Je la remonte jusqu’à la constellation de Cassiopée. C’est magnifique. Je repère un astérisme et je finis de me convaincre qu’il s’agit de M 103, souvent observé au télescope. En revanche pour l’astérisme « E. T. » il faudra revenir avec un autre instrument. Je continue mon chemin et je m’arrête sur le Double Amas de Persée. Mes jumelles sont parfaites pour l’observer. Il remplit presque tout le champ. Magique !

Je ne suis pas assez couvert pour continuer l’observation. Je me risque à une conclusion. Mes jumelles sont parfaites pour une observation immédiate et courte. Elles sont transportables partout, même en vacances. Elles sont particulièrement performantes pour observer l’astérisme du « Cintre » et le double amas de Persée et explorer la Voie Lactée.