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    <title>Lecture &amp;mdash; Depuis les Gorces</title>
    <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/tag:Lecture</link>
    <description>Depuis les Gorces</description>
    <pubDate>Fri, 24 Apr 2026 22:26:28 +0200</pubDate>
    <item>
      <title>La vie est à nous</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/la-vie-est-a-nous</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Lecture #Ecologie #Politique&#xA;Après &#34;Paresse pour tous&#34;, j&#39;ai lu &#34;la vie est à nous&#34; de Hadrien Klent&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Tome 1, tome 2&#xA;Tome 1 : Paresse pour tous&#xA;Cet été, j&#39;ai lu a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous&#34; &#34;Paresse pour tous&#34; /a et j&#39;ai adoré. C&#39;est l&#39;histoire d&#39;un économiste prix Nobel qui défend la semaine de 15 heures et qui devient président de la république française. Le livre est bien romancé et se lit super bien. ça m&#39;avait redonné une super pêche !&#xA;&#xA;Tome 2 : La vie est à nous&#xA;Je viens de finir &#34;La vie est à nous&#34; qui est la suite de a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous&#34; &#34;Paresse pour tous&#34; /a. J&#39;avais eu plusieurs échos selon lesquels ce deuxième tome était moins sympa que le premier. &#xA;&#xA;Et c&#39;est vrai que le roman est beaucoup moins sympa. Du côté narratif, c&#39;est plutôt juste un sequel : où en sont les personnages qu&#39;on avait bien aimés 3 ans plus tard ? &#xA;&#xA;Mais ce livre est surtout l&#39;occasion de compléter le propos du tome 1 : ça se passe comment la semaine de 15 h ? Et j&#39;ai trouvé ça vraiment intéressant.&#xA;&#xA;La semaine de 15h&#xA;Dans a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous&#34; &#34;Paresse pour tous&#34; /a j&#39;avais adoré la promesse d&#39;une semaine où on passe beaucoup moins de temps sur du travail rémunérateur et plus de temps à d&#39;autres activités. J&#39;étais emballée ! &#xA;&#xA;Dans la foulée, j&#39;avais offert le livre à mon frangin un peu écolo quand même. Il n&#39;a pas du tout aimé. Ça m&#39;a beaucoup surprise, presque autant que quand j&#39;étais persuadée que la France entière voterait Benoit Hamon. Mais mon frère vient de créer sa boite et j&#39;imagine qu&#39;il rêve de croissance et de réussite. Mon frère m&#39;a quand même dit : « Il dit quand même que les 15 heures pour tous ça sera pas obligatoire quand on est à son compte ». Je n&#39;avais même pas retenu ce détail !&#xA;&#xA;À croire que l&#39;auteur a entendu mon frère, mais il passe une grande partie du livre à détailler comment ça se passe la mise en place de cette réforme des 15 heures. &#xA;&#xA;Certain·es font bien les 15 heures et pas plus. Du coup dans les entreprises / organisations, on a embauché plusieurs personnes sur un même poste (2 ou 3), et il y a une sorte de relai qui se met en place. Et ça marche. &#xA;Certain·es font comme avant, des semaines de 5 jours. Dans ce cas, iels ont l&#39;obligation de faire une journée dans une organisation d&#39;intérêt général, celle de leur choix. &#xA;&#xA;Dans le livre, Il y a donc beaucoup plus de bénévoles dans les associations, et beaucoup de gens apprécient cette réforme. Les patrons sont évidemment pas contents. Les personnes aux 15 heures ne passent pas les 20 autres heures de la semaine dans un hamac contrairement à la caricature qu&#39;en fait la droite. Et puis, tout n&#39;a pas été facile, il y a eu des loupés (ça été la galère à l&#39;hôpital, il a fallu revenir en arrière), etc. &#xA;&#xA;Dans le tome 1, l&#39;auteur va chez un altermondialiste perdu dans le Larzac (ou dans un autre coin paumé) qui a déjà bifurqué du rythme un peu fou de notre monde actuel. Il lui demande comment ça marche, comment il vit de ne pas être joignable en permanence etc. &#xA;&#xA;En lisant le tome 2, j&#39;ai surtout l&#39;impression qu&#39;à la maison, nous on a déjà fait le choix de la semaine de pas-beaucoup d&#39;heures rémunérées. Évidemment, c&#39;est parce qu&#39;on est des privilégié·es, qu&#39;on est bien rémunérés, et qu&#39;on n&#39;a pas beaucoup de besoins. Mais j&#39;ai l&#39;impression qu&#39;il y a beaucoup d&#39;autres privilégiés qui disent qu&#39;ils aimeraient ralentir et qui ne le font pas. &#xA;&#xA;Sortir de la monarchie&#xA;L&#39;autre thème du livre, c&#39;est le partage du pouvoir et surtout sortir la France d&#39;un régime quasi monarchique ou le président a tout d&#39;un roi dans son palais présidentiel. Toute la narration se joue autour d&#39;un référendum qui arrive au dernier chapitre et qui pose la question d&#39;un changement de constitution. Dans la nouvelle constitution, il y aurait 6 co-président·es, et pour chaque décision importante, on en retire un par tirage au sort, et les 5 restant doivent voter. &#xA;&#xA;Aucune idée de si c&#39;est une usine à gaz ou si ça a une forme de réalisme, mais j&#39;ai trouvé ça marrant. &#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Ecologie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Ecologie</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a>
<em>Après “Paresse pour tous”, j&#39;ai lu “la vie est à nous” de Hadrien Klent</em>
</p>

<h2 id="tome-1-tome-2" id="tome-1-tome-2">Tome 1, tome 2</h2>

<h3 id="tome-1-paresse-pour-tous" id="tome-1-paresse-pour-tous">Tome 1 : Paresse pour tous</h3>

<p>Cet été, j&#39;ai lu <a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous" rel="nofollow"> “Paresse pour tous” </a> et j&#39;ai adoré. C&#39;est l&#39;histoire d&#39;un économiste prix Nobel qui défend la semaine de 15 heures et qui devient président de la république française. Le livre est bien romancé et se lit super bien. ça m&#39;avait redonné une super pêche !</p>

<h3 id="tome-2-la-vie-est-à-nous" id="tome-2-la-vie-est-à-nous">Tome 2 : La vie est à nous</h3>

<p>Je viens de finir “La vie est à nous” qui est la suite de <a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous" rel="nofollow"> “Paresse pour tous” </a>. J&#39;avais eu plusieurs échos selon lesquels ce deuxième tome était moins sympa que le premier.</p>

<p>Et c&#39;est vrai que le roman est beaucoup moins sympa. Du côté <strong>narratif</strong>, c&#39;est plutôt juste un <em>sequel</em> : où en sont les personnages qu&#39;on avait bien aimés 3 ans plus tard ?</p>

<p>Mais ce livre est surtout l&#39;occasion de compléter le propos du tome 1 : ça se passe comment la semaine de 15 h ? Et j&#39;ai trouvé ça vraiment intéressant.</p>

<h2 id="la-semaine-de-15h" id="la-semaine-de-15h">La semaine de 15h</h2>

<p>Dans <a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous" rel="nofollow"> “Paresse pour tous” </a> j&#39;avais adoré la promesse d&#39;une semaine où on passe beaucoup moins de temps sur du travail rémunérateur et plus de temps à d&#39;autres activités. J&#39;étais emballée !</p>

<p>Dans la foulée, j&#39;avais offert le livre à mon frangin un peu écolo quand même. Il n&#39;a pas <em>du tout</em> aimé. Ça m&#39;a beaucoup surprise, presque autant que quand j&#39;étais persuadée que la France entière voterait Benoit Hamon. Mais mon frère vient de créer sa boite et j&#39;imagine qu&#39;il rêve de croissance et de réussite. Mon frère m&#39;a quand même dit : « Il dit quand même que les 15 heures pour tous ça sera pas obligatoire quand on est à son compte ». Je n&#39;avais même pas retenu ce détail !</p>

<p>À croire que l&#39;auteur a entendu mon frère, mais il passe une grande partie du livre à détailler comment ça se passe la mise en place de cette réforme des 15 heures.</p>
<ul><li>Certain·es font bien les 15 heures et pas plus. Du coup dans les entreprises / organisations, on a embauché plusieurs personnes sur un même poste (2 ou 3), et il y a une sorte de relai qui se met en place. Et ça marche.</li>
<li>Certain·es font comme avant, des semaines de 5 jours. Dans ce cas, iels ont l&#39;obligation de faire une journée dans une organisation d&#39;intérêt général, celle de leur choix.</li></ul>

<p>Dans le livre, Il y a donc beaucoup plus de bénévoles dans les associations, et beaucoup de gens apprécient cette réforme. Les patrons sont évidemment pas contents. Les personnes aux 15 heures ne passent pas les 20 autres heures de la semaine dans un hamac contrairement à la caricature qu&#39;en fait la droite. Et puis, tout n&#39;a pas été facile, il y a eu des loupés (ça été la galère à l&#39;hôpital, il a fallu revenir en arrière), etc.</p>

<p>Dans le tome 1, l&#39;auteur va chez un altermondialiste perdu dans le Larzac (ou dans un autre coin paumé) qui a déjà bifurqué du rythme un peu fou de notre monde actuel. Il lui demande comment ça marche, comment il vit de ne pas être joignable en permanence etc.</p>

<p>En lisant le tome 2, j&#39;ai surtout l&#39;impression qu&#39;à la maison, nous on a déjà fait le choix de la semaine de pas-beaucoup d&#39;heures rémunérées. Évidemment, c&#39;est parce qu&#39;on est des privilégié·es, qu&#39;on est bien rémunérés, et qu&#39;on n&#39;a pas beaucoup de besoins. Mais j&#39;ai l&#39;impression qu&#39;il y a beaucoup d&#39;autres privilégiés qui disent qu&#39;ils aimeraient ralentir et qui ne le font pas.</p>

<h2 id="sortir-de-la-monarchie" id="sortir-de-la-monarchie">Sortir de la monarchie</h2>

<p>L&#39;autre thème du livre, c&#39;est le partage du pouvoir et surtout sortir la France d&#39;un régime quasi monarchique ou le président a tout d&#39;un roi dans son palais présidentiel. Toute la narration se joue autour d&#39;un référendum qui arrive au dernier chapitre et qui pose la question d&#39;un changement de constitution. Dans la nouvelle constitution, il y aurait 6 co-président·es, et pour chaque décision importante, on en retire un par tirage au sort, et les 5 restant doivent voter.</p>

<p>Aucune idée de si c&#39;est une usine à gaz ou si ça a une forme de réalisme, mais j&#39;ai trouvé ça marrant.</p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/la-vie-est-a-nous</guid>
      <pubDate>Sun, 07 Dec 2025 21:31:28 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Vivant parmi les vivants</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/film-vivant-parmi-les-vivants</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Film #Animaux&#xA;Quelques réflexions suite au visionnage du film naturaliste  « Vivant parmi les vivants » de a href=&#34;https://sylverepetit-photos.com/&#34;Sylvère Petit/a avec comme humain·es connu·es : Vinciane Despret, Hélène Roche et a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/BaptisteMorizot&#34;Baptiste Morizot/a. Ce film montre beaucoup d’animaux (du cheval de Przewalski à la mouche à viande), mais il s’intéresse en fait à tous les êtres sensibles, du peuplier d’Italie à l’humain, en passant par les insectes et les animaux domestiques.&#xA;!--more--&#xA;img src=&#34;https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/iJCHAyCzEsDkZ3JJgbV29W/1920x1080?type=TEXT&amp;watermark=true&#34;, alt=&#34;Affiche du film Vivant parmi les vivants avec deux chevaux de préwalski qui sont cabrés et le logo arte&#34;&#xA;&#xA;a href=&#34;https://www.arte.tv/fr/videos/115029-000-A/vivant-parmi-les-vivants/&#34;Lien pour visionner le film (gratuit pour quelques semaines sur arte)/a&#xA;&#xA;Quel type de film ? &#xA;Ce n&#39;est pas un documentaire animalier &#xA;J&#39;ai entendu (beaucoup) parler de ce film par a href=&#34;https://www.heleneroche.fr/fr/&#34;Hélène Roche/a qui est une très bonne amie. Elle est éthologue, spécialiste du comportement des chevaux de Przewalski. Je savais que beaucoup de scènes avaient été tournées au Villaret (lieu d’hébergement d’un troupeau de chevaux de Przewalski sous la responsabilité de l’association Takh). Du coup je m’attendais à un genre de documentaire animalier. &#xA;&#xA;Le dernier documentaire animalier que j’ai regardé c’était Microcosmos, et autant j’ai un bon souvenir de la bande originale, autant je me suis ennuyée ferme pendant le film. Mes souvenirs plus anciens sont des documentaires vus à la TV chez ma grand-mère avec la magnifique voix off : « et là… la panthère jaillit sur sa proie et ne lui laisse aucune chance »… &#xA;&#xA;J&#39;ai rechigné à regarder le film car je ne suis pas très friande de documentaires animaliers, et la bonne nouvelle, c&#39;est que Vivant parmi les vivants n’est pas un documentaire animalier au sens où je l’entendais, et c’est une très bonne chose.&#xA;&#xA;C&#39;est un documentaire sur le vivant &#xA;C’est un film où on voit des animaux vivre sans voix off qui expliquerait ce qu&#39;ils font. On voit à hauteur d’animaux, et on voit des humains, des animaux morts dans la nature ou sur l’étal d’un boucher, et des végétaux filmés comme les animaux. On voit des vivants. &#xA;&#xA;Mais ce n’est pas un film sans narration à la microcosmos. La bande son parlée est construite avec des lectures des ouvrages de Vinciane Despret et de Baptiste Morizot, des dialogues entre Hélène et Baptiste, et des extraits de conférences données par Baptiste et Vinciane. &#xA;&#xA;Le propos du film n’est pas de nous faire connaître les chevaux de Przewalski ni une autre espèce, mais plutôt de nous faire réfléchir sur la place des êtres sensibles non humains (les vivants) dans le monde des humains. &#xA;&#xA;Un film magnifique &#xA;La première chose qui m’a marquée en voyant ce film, c’est la beauté des images. J’avais souvent envie de faire un arrêt sur image pour imprimer ce que j’avais à l’écran et en faire un poster. Tout est beau, sans donner l’impression d’images Disney ou produites par une IA. Il y a une sensibilité, des jeux de lumière, une attention donnée à ce qu’on ne regarde pas en général quand on vit comme un·e humain·e… &#xA;&#xA;Je n’ai pas du tout une âme contemplative et je m’ennuie très vite (je ne promets pas ne jamais avoir scrollé un peu sur Mastodon pendant le film ). Mais en suivant l’œil du cameraman, il y avait en fait plein de choses à regarder. J’aurais presque aimé qu’on pousse le regard naturaliste en nommant les êtres que l’on voit comme les principages principaux sont nommés. Mais ça aurait été moins beau. &#xA;&#xA;Quels liens entre un être vivant parmi les autres vivants ? &#xA;Ce que montre l’image &#xA;J’ai l’impression d’une description presque géographique des relations entre les différentes espèces présentes. On voit des espèces qui partagent un même lieu sans trop interagir. &#xA;&#xA;Entre membres d&#39;une même espèce : beaucoup d&#39;interactions &#xA;Il y a beaucoup d’interaction intra-espèces : des humains qui parlent, des chevaux qui interagissent (conduite, jeux, grooming, …), des chiens qui « jouent », … On voit un rat, des pigeons, un goeland, des chiens dans un univers d’humains, mais pas d’interactions entre ces espèces. &#xA;&#xA;La mort qui nous relie &#xA;Les interactions inter-espèces sont surtout des scènes où des animaux mangent des animaux morts : des très longues séquences de consommation d’une espèce par une autre : les pies qui mangent le renard mort, puis les vautours, les choucas, les insectes qui mangent le cheval mort, et les humains qui achètent des animaux morts et les mangent lors d’un repas convivial. &#xA;Il y a aussi des interactions entre les animaux et les végétaux qui servent d’habitat, de nourriture ou de grattoir. &#xA;&#xA;Et les deux seules interactions dont je me souviens qui sortent de ce schéma sont le moment où un chouca embête (interprétation d’humaine qui ne connaît pas du tout l’éthologie de ces animaux) et le moment où Vinciane Despret caresse machinalement la tête de sa chienne Alba. &#xA;&#xA;Au final ça me donne une impression que, hormis par la consommation d’animaux morts, les animaux, et nous compris, n’ont pas de lien. Et ça me semble faux et triste. &#xA;&#xA;Ce qui est dit &#xA;Il faudra que je réécoute, ou plutôt que je lise les livres de Baptiste Morizot (j’en ai un en cours de lecture) et de Vinciane Despret (j’ai déjà lu un de ses livres, mais assez ancien). &#xA;&#xA;En vrac… &#xA;La crise de la sensibilité du vivant&#xA;&#xA;L’une des thèses défendues par Baptiste Morizot est que la crise écologique actuelle est une crise de la sensibilité au vivant. Nous ne connaissons plus le vivant, et nous ne voyons pas, nous ne souffrons pas pour ce que nous sommes en train de perdre à grande vitesse. Il faudra que j’aille lire davantage car l’idée me plaît, mais j’en ai vu des mises en œuvre pédagogiques discutables… Mais j&#39;imagine qu&#39;une des idées de Sylvère Petit, le réalisateur, était de faire un très beau film pour nous (re)sensibiliser au vivant. &#xA;&#xA;La place des animaux non humains dans les lieux de vie des humains&#xA;Vinciane Despret aborde l&#39;idée de ne pas isoler l’homme des autres vivants en posant la question de la place des animaux dans notre société. Elle relate l’anecdote d’une exposition au palais Baubourg dans lequel les animaux n’ont pas le droit d’entrer, sauf par effraction. Elle dit que les animaux ont de moins en moins de place parmi les humains, j’ai perçu cette réflexion comme assez géographique, et je me suis posée la question des animaux de compagnie. &#xA;Et moi je me demande : Y-a-t-il vraiment moins d’animaux auprès des humains malgré l’explosion des animaux de compagnie ? &#xA;&#xA;Un regard d&#39;humain sur les animaux&#xA;L’idée de Vinciane Despret selon laquelle on regarde les animaux avec un regard d’humains et qu’on leur pose des questions d’humains est un peu soulevée. &#xA;&#xA;Le philosophe Baptiste critique l’éthologue Hélène Roche qui utilise un vocabulaire scientifique anthropocentré (dominant, leader). &#xA;J’ai trouvé ce passage particulièrement gênant dans sa forme même si je suis d’accord avec le fond. J’ai eu l’impression d’un sorte de piège tendu pour mettre en valeur le philosophe car je sais qu’Hélène Roche connaît et partage ces critiques, mais que quand on lui demande de prendre la casquette d’éthologue, elle joue le jeu et utilise les mots dont les définitions ont été établie. Elle fait partie des observatrices des animaux qui sortent du carcan de l’éthologie moderne et des seules questions de dominance, leadership et capacités cognitives comme elle l’a montré dans son livre : a href=&#34;https://www.heleneroche.fr/fr/produits/livres/les-chevaux-nous-parlent-si-on-les-ecoute.html&#34;Les chevaux nous parlent si on les écoute/a. Baptiste Morizot laisse Hélène Roche raconter une de ses anecdotes mais ça donne l’impression d’être comprimé entre ses réflexions. &#xA;&#xA;Dans cette lignée de ce qu’on veut voir, ou pas, chez les animaux, Vinciane Despret rappelle qu’on voudrait que tout ce que font les animaux soit motivé par des raisons évolutives : manger, se reproduire, etc. &#xA;&#xA;  Mais pourquoi le bourdon copule-t-il avec l’orchidée qui ne lui apporte aucun nectar ? Peut-être par simple plaisir sensuel. Et peut-être même que l&#39;orchidée trouve ça agréable. &#xA;&#xA;Vinciane Despret aborde aussi le sujet de l’écriture chez les animaux qu’elle a exploré dans son livre livre «&amp;nbsp;a href=&#34;https://www.babelio.com/livres/Despret-Autobiographie-dun-poulpe-et-autres-recits-danti/1303339&#34;Autobiographie d’un poulpe/a&amp;nbsp;». Cette idée qu’on ne serait pas les seuls capables d’écrire, c’est-à-dire de laisser des traces qui font sens pour d’autres animaux, ou qui sont poétiques. &#xA;&#xA;Ce qui m’a gênée &#xA;&#xA;Un regard d’homme blanc &#xA;&#xA;Un film d&#39;homme&#xA;Oui il y a deux femmes et un homme. On est d&#39;ailleurs quand même largement au dessus des films habituels quand même, puisque les femmes ne sont pas sexualisées, et 2 des protagonistes humains principaux sont des femmes. &#xA;&#xA;Mais l’homme a un rôle central : &#xA;&#xA;Il parle avec chacune des femmes, mais les deux femmes ne parlent jamais entre elles (bonjour le a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Testde_Bechdel&#34;test de Bechdel/a).&#xA;Il se comporte avec Hélène d’une manière très paternaliste et mecspliquante, &#xA;&#xA;Je ne sais pas si c’est la personnalité de Baptiste Morizot, ou bien le regard sexiste du réalisateur (qui est un homme vivant dans une société sexiste), mais les choix de montage montrent vraiment une asymétrie entre l’homme qui sait, qui explique, qui coupe la parole, qui parle plus longuement, et la femme « naïve » qui écoute. Il y a moins d’asymétrie entre Vinciane Despret et Baptiste Morizot. Je crois que j&#39;aurais trouvé le film moins sexiste s&#39;il n&#39;y avait pas eu ces scènes de pseudo-discussions entre Baptiste Morizot et Hélène Roche. &#xA;&#xA;Un entre-soi bourgeois&#xA;Ce film me donne aussi l’impression d’un entre-soi bourgeois blanc. Les protagonistes humain·es sont des intellectuel·les blanc·ches qui lisent, écrivent, et disent des mots compliqués. Il et elles ont une certaine complicité, et un certain surplomb sur les reste des animaux humains présents à l’écran. &#xA;&#xA;Qu’est-ce qui aurait pu être différent ? Je serai curieuse de comprendre le choix des terrains, tous de France métropolitaine. Je suppose que c’est aussi une question de praticité, et que ça n’est pas simple aujourd’hui de filmer des chevaux de Przewalski en Russie. Mais on aurait peut être pu filmer des chiens féraux en Martinique ? Baptiste Morizot parle des peuples « primitifs » américains qui auraient connus les castors géants, peut être on aurait pu avoir des images de sources, ou bien même un entretien avec des descendant·es qui étudient les peuples premiers ? Baptiste parle à la fin de l’enjeu des luttes de protection d’éco-systèmes locaux, peut-être aurait-on pu voir des personnes qui mènent ces luttes et qui ne soient pas des écolos bourgeois blancs ? Ou même voir ces luttes dans les outremers ? &#xA;&#xA;Où sont les liens ? &#xA;Et je suis aussi surprise (et j’avoue un peu déçue) de n’avoir vu aucune interaction réelle entre humains et animaux ou végétaux. Personne qui ne soigne, ne dialogue, n’écoute, ne joue, ne chasse, ne tue… Juste de l’observation à distance. &#xA;&#xA;En regardant la filmographie de Sylvère Petit, je découvre qu&#39;il a fait des court-métrages qui montrent d&#39;autres relations avec les animaux, et d&#39;autres protagonistes humains moins intellos. Je ne sais pas trop où ils sont visionnables, mais je serai curieuse de les regarder. &#xA;&#xA;#Feminisme #AntiSpecisme #Animals #philosophie #Lecture #Societe&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Film" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Film</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Animaux" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Animaux</span></a>
<em>Quelques réflexions suite au visionnage du film naturaliste  « Vivant parmi les vivants » de <a href="https://sylverepetit-photos.com/" rel="nofollow">Sylvère Petit</a> avec comme humain·es connu·es : Vinciane Despret, Hélène Roche et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Baptiste_Morizot" rel="nofollow">Baptiste Morizot</a>. Ce film montre beaucoup d’animaux (du cheval de Przewalski à la mouche à viande), mais il s’intéresse en fait à tous les êtres sensibles, du peuplier d’Italie à l’humain, en passant par les insectes et les animaux domestiques.</em>

<img src="https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/iJCHAyCzEsDkZ3JJgbV29W/1920x1080?type=TEXT&amp;watermark=true" alt="Affiche du film Vivant parmi les vivants avec deux chevaux de préwalski qui sont cabrés et le logo arte"></p>

<p><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/115029-000-A/vivant-parmi-les-vivants/" rel="nofollow">Lien pour visionner le film (gratuit pour quelques semaines sur arte)</a></p>

<h2 id="quel-type-de-film" id="quel-type-de-film">Quel type de film ?</h2>

<h3 id="ce-n-est-pas-un-documentaire-animalier" id="ce-n-est-pas-un-documentaire-animalier">Ce n&#39;est pas un documentaire animalier</h3>

<p>J&#39;ai entendu (beaucoup) parler de ce film par <a href="https://www.heleneroche.fr/fr/" rel="nofollow">Hélène Roche</a> qui est une très bonne amie. Elle est éthologue, spécialiste du comportement des chevaux de Przewalski. Je savais que beaucoup de scènes avaient été tournées au Villaret (lieu d’hébergement d’un troupeau de chevaux de Przewalski sous la responsabilité de l’association Takh). Du coup je m’attendais à un genre de documentaire animalier.</p>

<p>Le dernier documentaire animalier que j’ai regardé c’était Microcosmos, et autant j’ai un bon souvenir de la bande originale, autant je me suis ennuyée ferme pendant le film. Mes souvenirs plus anciens sont des documentaires vus à la TV chez ma grand-mère avec la magnifique voix off : « et là… la panthère jaillit sur sa proie et ne lui laisse aucune chance »…</p>

<p>J&#39;ai rechigné à regarder le film car je ne suis pas très friande de documentaires animaliers, et la bonne nouvelle, c&#39;est que Vivant parmi les vivants n’est <strong>pas un documentaire animalier</strong> au sens où je l’entendais, et c’est une très bonne chose.</p>

<h3 id="c-est-un-documentaire-sur-le-vivant" id="c-est-un-documentaire-sur-le-vivant">C&#39;est un documentaire sur le vivant</h3>

<p>C’est un film où on voit des animaux <strong>vivre</strong> sans voix off qui expliquerait ce qu&#39;ils font. On voit à hauteur d’animaux, et on voit des humains, des animaux morts dans la nature ou sur l’étal d’un boucher, et des végétaux filmés comme les animaux. On voit des vivants.</p>

<p>Mais ce n’est pas un film sans narration à la microcosmos. La bande son parlée est construite avec des lectures des ouvrages de Vinciane Despret et de Baptiste Morizot, des dialogues entre Hélène et Baptiste, et des extraits de conférences données par Baptiste et Vinciane.</p>

<p>Le propos du film n’est pas de nous faire connaître les chevaux de Przewalski ni une autre espèce, mais plutôt de nous faire réfléchir sur la <strong>place des êtres sensibles non humains (les vivants) dans le monde des humains</strong>.</p>

<h3 id="un-film-magnifique" id="un-film-magnifique">Un film magnifique</h3>

<p>La première chose qui m’a marquée en voyant ce film, c’est la <strong>beauté</strong> des images. J’avais souvent envie de faire un arrêt sur image pour imprimer ce que j’avais à l’écran et en faire un poster. Tout est beau, sans donner l’impression d’images Disney ou produites par une IA. Il y a une sensibilité, des jeux de lumière, une attention donnée à ce qu’on ne regarde pas en général quand on vit comme un·e humain·e…</p>

<p>Je n’ai pas du tout une âme contemplative et je m’ennuie très vite (je ne promets pas ne jamais avoir scrollé un peu sur Mastodon pendant le film ). Mais en suivant l’œil du cameraman, il y avait en fait plein de choses à regarder. J’aurais presque aimé qu’on pousse le regard naturaliste en nommant les êtres que l’on voit comme les principages principaux sont nommés. Mais ça aurait été moins beau.</p>

<h2 id="quels-liens-entre-un-être-vivant-parmi-les-autres-vivants" id="quels-liens-entre-un-être-vivant-parmi-les-autres-vivants">Quels liens entre un être vivant parmi les autres vivants ?</h2>

<h3 id="ce-que-montre-l-image" id="ce-que-montre-l-image">Ce que montre l’image</h3>

<p>J’ai l’impression d’une description presque <strong>géographique</strong> des relations entre les différentes espèces présentes. On voit des espèces qui partagent un même lieu sans trop interagir.</p>

<h4 id="entre-membres-d-une-même-espèce-beaucoup-d-interactions" id="entre-membres-d-une-même-espèce-beaucoup-d-interactions">Entre membres d&#39;une même espèce : beaucoup d&#39;interactions</h4>

<p>Il y a beaucoup d’interaction <strong>intra-espèces</strong> : des humains qui parlent, des chevaux qui interagissent (conduite, jeux, grooming, …), des chiens qui « jouent », … On voit un rat, des pigeons, un goeland, des chiens dans un univers d’humains, mais pas d’interactions entre ces espèces.</p>

<h4 id="la-mort-qui-nous-relie" id="la-mort-qui-nous-relie">La mort qui nous relie</h4>

<p>Les interactions <strong>inter-espèces</strong> sont surtout des scènes où des animaux mangent des animaux morts : des très longues séquences de consommation d’une espèce par une autre : les pies qui mangent le renard mort, puis les vautours, les choucas, les insectes qui mangent le cheval mort, et les humains qui achètent des animaux morts et les mangent lors d’un repas convivial.
Il y a aussi des interactions entre les animaux et les végétaux qui servent d’habitat, de nourriture ou de grattoir.</p>

<p>Et les deux seules interactions dont je me souviens qui sortent de ce schéma sont le moment où un chouca embête (interprétation d’humaine qui ne connaît pas du tout l’éthologie de ces animaux) et le moment où Vinciane Despret caresse machinalement la tête de sa chienne Alba.</p>

<p>Au final ça me donne une impression que, hormis par la consommation d’animaux morts, les animaux, et nous compris, n’ont pas de lien. Et ça me semble faux et triste.</p>

<h3 id="ce-qui-est-dit" id="ce-qui-est-dit">Ce qui est dit</h3>

<p>Il faudra que je réécoute, ou plutôt que je lise les livres de Baptiste Morizot (j’en ai un en cours de lecture) et de Vinciane Despret (j’ai déjà lu un de ses livres, mais assez ancien).</p>

<p><em>En vrac…</em></p>

<h4 id="la-crise-de-la-sensibilité-du-vivant" id="la-crise-de-la-sensibilité-du-vivant">La crise de la sensibilité du vivant</h4>

<p>L’une des thèses défendues par Baptiste Morizot est que <strong>la crise écologique actuelle est une crise de la sensibilité au vivant</strong>. Nous ne connaissons plus le vivant, et nous ne voyons pas, nous ne souffrons pas pour ce que nous sommes en train de perdre à grande vitesse. Il faudra que j’aille lire davantage car l’idée me plaît, mais j’en ai vu des mises en œuvre pédagogiques discutables… Mais j&#39;imagine qu&#39;une des idées de Sylvère Petit, le réalisateur, était de faire un très beau film pour nous (re)sensibiliser au vivant.</p>

<h4 id="la-place-des-animaux-non-humains-dans-les-lieux-de-vie-des-humains" id="la-place-des-animaux-non-humains-dans-les-lieux-de-vie-des-humains">La place des animaux non humains dans les lieux de vie des humains</h4>

<p>Vinciane Despret aborde l&#39;idée de ne pas isoler l’homme des autres vivants en posant la question de <strong>la place des animaux dans notre société</strong>. Elle relate l’anecdote d’une exposition au palais Baubourg dans lequel les animaux n’ont pas le droit d’entrer, sauf par effraction. Elle dit que les animaux ont de moins en moins de place parmi les humains, j’ai perçu cette réflexion comme assez géographique, et je me suis posée la question des animaux de compagnie.
Et moi je me demande : <em>Y-a-t-il vraiment moins d’animaux auprès des humains malgré l’explosion des animaux de compagnie ?</em></p>

<h4 id="un-regard-d-humain-sur-les-animaux" id="un-regard-d-humain-sur-les-animaux">Un regard d&#39;humain sur les animaux</h4>

<p>L’idée de Vinciane Despret selon laquelle on regarde les animaux avec un regard d’humains et qu’on leur pose des questions d’humains est un peu soulevée.</p>

<p>Le philosophe Baptiste critique l’éthologue Hélène Roche qui utilise un vocabulaire scientifique anthropocentré (<em>dominant</em>, <em>leader</em>).
J’ai trouvé ce passage particulièrement gênant dans sa forme même si je suis d’accord avec le fond. J’ai eu l’impression d’un sorte de piège tendu pour mettre en valeur le philosophe car je sais qu’Hélène Roche connaît et partage ces critiques, mais que quand on lui demande de prendre la casquette d’éthologue, elle joue le jeu et utilise les mots dont les définitions ont été établie. Elle fait partie des observatrices des animaux qui sortent du carcan de l’éthologie moderne et des seules questions de dominance, leadership et capacités cognitives comme elle l’a montré dans son livre : <a href="https://www.heleneroche.fr/fr/produits/livres/les-chevaux-nous-parlent-si-on-les-ecoute.html" rel="nofollow">Les chevaux nous parlent si on les écoute</a>. Baptiste Morizot laisse Hélène Roche raconter une de ses anecdotes mais ça donne l’impression d’être comprimé entre ses réflexions.</p>

<p>Dans cette lignée de ce qu’on veut voir, ou pas, chez les animaux, Vinciane Despret rappelle qu’<strong>on voudrait que tout ce que font les animaux soit motivé par des raisons évolutives</strong> : manger, se reproduire, etc.</p>

<blockquote><p>Mais pourquoi le bourdon copule-t-il avec l’orchidée qui ne lui apporte aucun nectar ? Peut-être par simple plaisir sensuel. Et peut-être même que l&#39;orchidée trouve ça agréable.</p></blockquote>

<p>Vinciane Despret aborde aussi le sujet de l’<strong>écriture chez les animaux</strong> qu’elle a exploré dans son livre livre « <a href="https://www.babelio.com/livres/Despret-Autobiographie-dun-poulpe-et-autres-recits-danti/1303339" rel="nofollow">Autobiographie d’un poulpe</a> ». Cette idée qu’on ne serait pas les seuls capables d’écrire, c’est-à-dire de laisser des traces qui font sens pour d’autres animaux, ou qui sont poétiques.</p>

<h2 id="ce-qui-m-a-gênée" id="ce-qui-m-a-gênée">Ce qui m’a gênée</h2>

<h3 id="un-regard-d-homme-blanc" id="un-regard-d-homme-blanc">Un regard d’homme blanc</h3>

<h4 id="un-film-d-homme" id="un-film-d-homme">Un film d&#39;homme</h4>

<p>Oui il y a <strong>deux</strong> femmes et <strong>un</strong> homme. On est d&#39;ailleurs quand même largement au dessus des films habituels quand même, puisque les femmes ne sont pas sexualisées, et 2 des protagonistes humains principaux sont des femmes.</p>

<p>Mais l’homme a un rôle central :</p>
<ul><li>Il parle avec chacune des femmes, mais les deux femmes ne parlent jamais entre elles (bonjour le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_de_Bechdel" rel="nofollow">test de Bechdel</a>).</li>
<li>Il se comporte avec Hélène d’une manière très paternaliste et mecspliquante,</li></ul>

<p>Je ne sais pas si c’est la personnalité de Baptiste Morizot, ou bien le regard sexiste du réalisateur (qui est un homme vivant dans une société sexiste), mais les choix de montage montrent vraiment une asymétrie entre l’homme qui sait, qui explique, qui coupe la parole, qui parle plus longuement, et la femme « naïve » qui écoute. Il y a moins d’asymétrie entre Vinciane Despret et Baptiste Morizot. Je crois que j&#39;aurais trouvé le film moins sexiste s&#39;il n&#39;y avait pas eu ces scènes de pseudo-discussions entre Baptiste Morizot et Hélène Roche.</p>

<h4 id="un-entre-soi-bourgeois" id="un-entre-soi-bourgeois">Un entre-soi bourgeois</h4>

<p>Ce film me donne aussi l’impression d’un entre-soi bourgeois blanc. Les protagonistes humain·es sont des intellectuel·les blanc·ches qui lisent, écrivent, et disent des mots compliqués. Il et elles ont une certaine complicité, et un certain surplomb sur les reste des animaux humains présents à l’écran.</p>

<p>Qu’est-ce qui aurait pu être différent ? Je serai curieuse de comprendre le choix des terrains, tous de France métropolitaine. Je suppose que c’est aussi une question de praticité, et que ça n’est pas simple aujourd’hui de filmer des chevaux de Przewalski en Russie. Mais on aurait peut être pu filmer des chiens féraux en Martinique ? Baptiste Morizot parle des peuples « primitifs » américains qui auraient connus les castors géants, peut être on aurait pu avoir des images de sources, ou bien même un entretien avec des descendant·es qui étudient les peuples premiers ? Baptiste parle à la fin de l’enjeu des luttes de protection d’éco-systèmes locaux, peut-être aurait-on pu voir des personnes qui mènent ces luttes et qui ne soient pas des écolos bourgeois blancs ? Ou même voir ces luttes dans les outremers ?</p>

<h4 id="où-sont-les-liens" id="où-sont-les-liens">Où sont les liens ?</h4>

<p>Et je suis aussi surprise (et j’avoue un peu déçue) de n’avoir vu aucune interaction réelle entre humains et animaux ou végétaux. Personne qui ne soigne, ne dialogue, n’écoute, ne joue, ne chasse, ne tue… Juste de l’observation à distance.</p>

<p>En regardant la filmographie de Sylvère Petit, je découvre qu&#39;il a fait des court-métrages qui montrent d&#39;autres relations avec les animaux, et d&#39;autres protagonistes humains moins intellos. Je ne sais pas trop où ils sont visionnables, mais je serai curieuse de les regarder.</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Feminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:AntiSpecisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">AntiSpecisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Animals" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Animals</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:philosophie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">philosophie</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/film-vivant-parmi-les-vivants</guid>
      <pubDate>Thu, 04 Sep 2025 07:14:02 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Des recommandations de lecture pas si anodines</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/tu-lis-quoi-cet-ete-toi</link>
      <description>&lt;![CDATA[Société&#xA;Tu lis quoi cet été, toi ? Récemment, sur l&#39;application messagerie d&#39;un groupe militant, on a commencé à s&#39;échanger nos lectures de l&#39;été. Alors que je me réjouissais de toutes ces idées de lectures, en même temps que je me désolais de ce que je n&#39;aurais jamais le temps de tout lire, je me suis demandée si cette pratique n&#39;était pas excluante...&#xA;!--more--&#xA;Hiérarchie des genres  &#xA;Ado, je lisais tout. Je m&#39;ennuyais chez mon père, chez ma grand-mère, au collège, donc je lisais tout ce que je trouvais. &#xA;&#xA;Jeune adulte, j&#39;ai eu ma période romans de gare, que je lisais surtout dans le train et dans les transports. &#xA;&#xA;Je lis encore quelques romans l&#39;été. Je veux que ça soit de très bons romans. Pas un roman policier de gare, ou plein de bons sentiments ou de SF. Nan, je veux de la littérature, des classiques, ou des romans modernes. Et puis si possible, en version originale quand c&#39;est en anglais. &#xA;&#xA;Je me suis rapidement rendue compte que je classais les genres littéraires. Tout en haut, l&#39;essai philosophique à la « Le mythe de Sisyphe » de Camus que je me rappelle essayer de lire en prépa (sans grand succès). Tout en bas, la romance, les livres fleur-bleu, ou les livres guimauves comme « L&#39;alchimiste » de Paulo Coelho. Au milieu, les romans policier bien travaillés, comme « Le nom de la rose » d&#39;Umberto Eco ; ou les grands classiques comme Zola, Zweig ou Herman Hesse. &#xA;&#xA;Je fais donc partie des gens qui jugent fort les livres. Avant, je me faisais un avis en 30 secondes sur les gens en regardant leur bibliothèque ou leurs lectures. Maintenant je crois que j&#39;enregistre juste l&#39;information des lectures que cette personne aime sans l&#39;utiliser pour nous classer sur une sorte d&#39;échelle sociale. &#xA;&#xA;Récemment, j&#39;ai organisé une causerie féministe chez moi. Mon but était de faire se parler des femmes de milieux sociologiques différents. On a préparé cet échange avec une copine et j&#39;ai proposé qu&#39;à un moment chacune puisse recommander une lecture. Et ma copine m&#39;a fait remarquer à juste titre que c&#39;était une super mauvaise idée. Ça risquait de mettre mal à l&#39;aise celles qui n&#39;auraient pas eu un livre intello, ou juste un livre tout court, à recommander. Elle me rappelait à quel point nos lectures sont un marqueur social. &#xA;&#xA;Bavardages culturels &#xA;Quand je suis arrivée à l&#39;ENS, je me sentais pas du bon milieu quand mes camarades discutaient d&#39;opéra et de musique classique (je ne connais que Carmina Burana), savaient tous skier, et avaient tous des références en politique. Ça a participé à mon sentiment de ne pas être à la bonne place et à mon mal-être à cette période, et je suis sure qu&#39;essayant d&#39;être à la hauteur, j&#39;étalais comme de la confiture ce que j&#39;avais de capital culturel et mettait mal à l&#39;aise d&#39;autres personnes. &#xA;&#xA;Mais je me sentais aussi un peu exclue quand j&#39;avais 20 ans et que ma bande de copains d&#39;alors passait des heures à bavarder sur les dessins animés qu&#39;ils avaient vu enfants. Moi je n&#39;avais pas eu la TV et donc je ne connaissais rien. Ma petite cousine fille de bourgeois sans TV achetait avec son argent de poche Télé 7 jours pour avoir les résumés des séries à la mode et pouvoir discuter avec les copines à la récré.  &#xA;&#xA;J&#39;ai donc l&#39;impression que ces discussions sur nos pratiques culturelles fondent l&#39;identité d&#39;un groupe en excluant celleux qui sont différent·es, et en rapprochant celleux qui se ressemblent. &#xA;&#xA;Pour un groupe d&#39;ami·es, dans une famille c&#39;est surement normal. On se rapproche (je crois) des gens qui nous ressemblent, et on renforce une culture commune. On pourrait discuter du sentiment d&#39;illégitimité que ça crée pour les personnes qui arrivent dans le groupe (par exemple les conjoint·es), du renforcement des différences entre groupes sociaux, mais ça n&#39;est pas l&#39;objet de cet article. &#xA;&#xA;Dans un groupe qui ne se base pas sur les affinités &#xA;J&#39;en arrive à mon interrogation du moment. Je distingue le groupe d&#39;ami·es du lieu que l&#39;on construit pour qu&#39;il soit accueillant pour des personnes différentes de nous.  &#xA;&#xA;Par exemple, dans un groupe militant, on veut à la fois : &#xA;&#xA;Partager ce qui nous fait grandir et progresser, et donc des livres, des reportages, et des articles de presse.  &#xA;Être un groupe inclusif qui inclue de la même manière toutes les personnes quels que soient leurs capital(s) : culturel, économique et social, ou leurs privilèges (ou absence de privilèges).  &#xA;&#xA;Des attentions pour ne pas reproduire les inégalités de la société &#xA;On met en place une cagnotte solidaire ou de l&#39;hébergement militant pour permettre aux personnes qui n&#39;ont pas beaucoup de ressources financières de participer à nos évènements. &#xA;&#xA;On réfléchit à des solutions de garde (pour le moment ça n&#39;est pas très effectif) pour permettre aux parents isolé·es de venir aux évènements militants. &#xA;&#xA;Un manque d&#39;attention qui peut exclure doucement&#xA;Récemment, nous avons échangé une quinzaine de messages montrant nos lectures toutes plus intellos les unes que les autres sur le fil discussion de notre groupe militant. &#xA;&#xA;Il y avait : &#xA;&#xA;Des personnes qui montrent leurs lectures du moment avec des photos de couvertures de livres, tous un peu intellos. &#xA;Des personnes qui commentent en disant qu&#39;elles en ont lu certains (j&#39;en fais partie) &#xA;Et surement beaucoup de personnes qui n&#39;ont pas participé. &#xA;&#xA;J&#39;ai vécu la même chose sur le canal discussion d&#39;un slack professionnel. &#xA;&#xA;Norme sociale &#xA;J&#39;ai l&#39;impression que ce type d&#39;échange donne  l&#39;impression que la norme sociale de ce groupe (= ce qui se fait) c&#39;est de lire des gros livres intellos. Implicitement, ça dit que c&#39;est un comportement qui permet d&#39;appartenir davantage au groupe. Et on peut se sentir illégitime quand on n&#39;a pas ces pratiques culturelles. &#xA;&#xA;Boy&#39;s club &#xA;Un peu comme dans l&#39;article de Jo Freeman que j&#39;avais résumé a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-la-tyrannie-de-labsence-de-structures-jo-freeman&#34;ici/a, ce type de pratique renforce la création d&#39;une élite informelle au sein du groupe militant. Les personnes qui partagent les mêmes lectures vont naturellement se sentir plus proches. Ces conversations semi privées vont renforcer des liens d&#39;amitiés qui deviendront peut-être des moyens d&#39;exercer le pouvoir au sein du groupe. &#xA;&#xA;Alors on fait quoi ? &#xA;En même temps que je me posais ces questions, je n&#39;ai pas pu résister à partager la a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lectures-des-romans-ecrits-par-des-femmes&#34;liste de livres feel good écrits par des femmes qui m&#39;avait été récemment partagée sur Mastodon/a. Je me suis rassurée en me disant qu&#39;il y avait aussi des livres moins snobs dans cette liste. Mais est-ce que je n&#39;aurais pas du m&#39;abstenir pour éviter de remettre une pièce dans la machine ? &#xA;&#xA;⚠️ La réflexion qui suit concerne les espaces que l&#39;on veut inclusifs, et en particulier les messageries de groupes militants ou professionnels.&#xA;&#xA;Voici quelques pistes auxquelles j&#39;ai pensé, aidée par les conversation avec les copaines de mastodon et de la vraie vie. &#xA;&#xA;Ne pas confondre réseau social, blog, et messagerie de groupe&#xA;Aujourd&#39;hui, les réseaux sociaux servent souvent une mise en scène de nous même. On se montre comme on aimerait qu&#39;on nous voit, et ça peut être en train de lire un gros livre. On fait alors un selfie avec le livre, ou bien une photo de la couverture avec en arrière plan cet endroit trop beau où on a la chance d&#39;être. On instagramme notre quotidien. &#xA;Ça me fait penser à l&#39;épisode sur Instagram du podcast le code a changé où Xavier Delaporte interviewe un de ses copains qui poste des selfies sur Instagram. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-code-a-change/comment-peut-on-aimer-instagram-avec-philippe-mangeot-8800926&#34;Lien vers l&#39;épisode : comment peut on aimer instagram avec Philippe Mangeot/a. &#xA;&#xA;Mais il n&#39;y a pas que l&#39;aspect narcissique dans nos partages de lectures sur les réseaux sociaux. Il y a aussi un aspect de micro-blogging. On partage nos lectures pour faire découvrir un livre ou pour parler avec des personnes qui ont aussi lu ce livre. C&#39;est sur Mastodon avec le hashtag #VendrediLecture que je trouve un grand nombre d&#39;idées de lecture. Et c&#39;est aussi pour ça que je partage sur ce blog mes notes de lecture. &#xA;&#xA;Mais une messagerie de groupe militant n&#39;est PAS un réseau social à la Instagram ni une plateforme de micro-blogging. Je pense qu&#39;il faut donc éviter les pratiques de ces réseaux et en particulier : &#xA;&#xA;Ne pas faire du name-dropping de livres qu&#39;on a lus, &#xA;Ne pas surenchérir d&#39;un : « Moi aussi je l&#39;ai lu » qui implicitement dit : t&#39;as vu on fait partie du même groupe social !!! &#xA;&#xA;Partager et raconter ce que nos lectures apportent pour les préoccupations du groupe &#xA;&#xA;À l&#39;inverse, il me semble que c&#39;est ok de partager ce qu&#39;on a lu/vu en expliquant ce que ça apporte par rapport aux préoccupations du groupe. &#xA;&#xA;Par exemple de dire qu&#39;on a lu tel roman (au hasard « Paresse pour tous »), qu&#39;on a beaucoup aimé parce que ça dépeint l&#39;arrivée au pouvoir d&#39;un politique comment on en rêve etc. &#xA;Comme ça, la personne qui n&#39;a pas lu le livre, et qui ne le lira pas parce que ça n&#39;est pas trop son truc, gagne quelque chose de notre message. Elle peut faire quelque chose de cette information autre que de juste l&#39;utiliser pour se juger de manière dépréciative (« moi je ne lis pas ») ou au contraire, en se sentant supérieure (« Moi je lis des trucs plus intellos »). &#xA;&#xA;Get a room ! &#xA;Parfois on a très envie de réagir pour discuter avec une personne, et ça devient plus une discussion à 2 qu&#39;une discussion avec le groupe. On peut se demander pourquoi on garde cette discussion publique. Est-ce qu&#39;on veut se donner à voir ayant ce type de discussion ? &#xA;&#xA;Peut-être ce serait aussi simple dans ce cas de passer en privé pour continuer l&#39;échange sans se donner en spectacle. &#xA;&#xA;Interagir avec toustes&#xA;Pour éviter l&#39;effet Boys&#39; club, on peut aussi essayer d&#39;interagir (mettre un pouce, répondre) autant, si ce n&#39;est plus, avec les personnes qui s&#39;expriment peu, ou qui ne font pas partie du boys&#39; club, de la petite élite de ce groupe. &#xA;&#xA;Conclusion&#xA;Je serai très intéressée pour avoir le point de vue de personnes qui lisent peu, ou pas des gros livres intellos parce qu&#39;en vrai, j&#39;ai très peu de certitudes sur ce que serait une bonne pratique inclusive vis à vis du capital culturel dans les espaces militants. &#xA;&#xA;Et pour poursuivre la discussion, on peut se retrouver sur a href=&#34;https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu&#34;mastodon/a, comme je ne sais pas activer les commentaires sur ce blog, et que j&#39;ai hâte de vous lire !&#xA;&#xA;Pour aller plus loin&#xA;Sur les conseils des mastonautes, j&#39;ai écouté l&#39;épisode a href=&#34;https://www.arteradio.com/son/chacun-son-beauf&#34;« Chacun son beauf » /adu podcast « Vivons heureux avant la fin du monde » et je l&#39;ai trouvé éclairant. Je trouve qu&#39;il justifie vraiment qu&#39;on travaille dans nos espaces militants sur comment être moins méprisant culturellement. &#xA;&#xA;#Lecture #Societe ]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Soci%C3%A9t%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Société</span></a>
<em>Tu lis quoi cet été, toi ? Récemment, sur l&#39;application messagerie d&#39;un groupe militant, on a commencé à s&#39;échanger nos lectures de l&#39;été. Alors que je me réjouissais de toutes ces idées de lectures, en même temps que je me désolais de ce que je n&#39;aurais jamais le temps de tout lire, je me suis demandée si cette pratique n&#39;était pas excluante...</em>
</p>

<h2 id="hiérarchie-des-genres" id="hiérarchie-des-genres">Hiérarchie des genres</h2>

<p>Ado, je lisais tout. Je m&#39;ennuyais chez mon père, chez ma grand-mère, au collège, donc je lisais tout ce que je trouvais.</p>

<p>Jeune adulte, j&#39;ai eu ma période romans de gare, que je lisais surtout dans le train et dans les transports.</p>

<p>Je lis encore quelques romans l&#39;été. Je veux que ça soit de très bons romans. Pas un roman policier de gare, ou plein de bons sentiments ou de SF. Nan, je veux de la littérature, des classiques, ou des romans modernes. Et puis si possible, en version originale quand c&#39;est en anglais.</p>

<p>Je me suis rapidement rendue compte que je classais les genres littéraires. Tout en haut, l&#39;essai philosophique à la « Le mythe de Sisyphe » de Camus que je me rappelle essayer de lire en prépa (sans grand succès). Tout en bas, la romance, les livres fleur-bleu, ou les livres guimauves comme « L&#39;alchimiste » de Paulo Coelho. Au milieu, les romans policier bien travaillés, comme « Le nom de la rose » d&#39;Umberto Eco ; ou les grands classiques comme Zola, Zweig ou Herman Hesse.</p>

<p>Je fais donc partie des gens qui jugent fort les livres. Avant, je me faisais un avis en 30 secondes sur les gens en regardant leur bibliothèque ou leurs lectures. Maintenant je crois que j&#39;enregistre juste l&#39;information des lectures que cette personne aime sans l&#39;utiliser pour nous classer sur une sorte d&#39;échelle sociale.</p>

<p>Récemment, j&#39;ai organisé une causerie féministe chez moi. Mon but était de faire se parler des femmes de milieux sociologiques différents. On a préparé cet échange avec une copine et j&#39;ai proposé qu&#39;à un moment chacune puisse recommander une lecture. Et ma copine m&#39;a fait remarquer à juste titre que c&#39;était une super mauvaise idée. Ça risquait de mettre mal à l&#39;aise celles qui n&#39;auraient pas eu un livre intello, ou juste un livre tout court, à recommander. Elle me rappelait à quel point <strong>nos lectures sont un marqueur social</strong>.</p>

<h2 id="bavardages-culturels" id="bavardages-culturels">Bavardages culturels</h2>

<p>Quand je suis arrivée à l&#39;ENS, je me sentais <em>pas du bon milieu</em> quand mes camarades discutaient d&#39;opéra et de musique classique (je ne connais que Carmina Burana), savaient tous skier, et avaient tous des références en politique. Ça a participé à mon sentiment de ne pas être à la bonne place et à mon mal-être à cette période, et je suis sure qu&#39;essayant d&#39;être à la hauteur, j&#39;étalais comme de la confiture ce que j&#39;avais de capital culturel et mettait mal à l&#39;aise d&#39;autres personnes.</p>

<p>Mais je me sentais aussi un peu exclue quand j&#39;avais 20 ans et que ma bande de copains d&#39;alors passait des heures à bavarder sur les dessins animés qu&#39;ils avaient vu enfants. Moi je n&#39;avais pas eu la TV et donc je ne connaissais rien. Ma petite cousine fille de bourgeois sans TV achetait avec son argent de poche Télé 7 jours pour avoir les résumés des séries à la mode et pouvoir discuter avec les copines à la récré.</p>

<p>J&#39;ai donc l&#39;impression que ces <strong>discussions sur nos pratiques culturelles fondent l&#39;identité d&#39;un groupe</strong> en excluant celleux qui sont différent·es, et en rapprochant celleux qui se ressemblent.</p>

<p><strong>Pour un groupe d&#39;ami·es, dans une famille c&#39;est surement normal</strong>. On se rapproche (je crois) des gens qui nous ressemblent, et on renforce une culture commune. On pourrait discuter du sentiment d&#39;illégitimité que ça crée pour les personnes qui arrivent dans le groupe (par exemple les conjoint·es), du renforcement des différences entre groupes sociaux, mais ça n&#39;est pas l&#39;objet de cet article.</p>

<h2 id="dans-un-groupe-qui-ne-se-base-pas-sur-les-affinités" id="dans-un-groupe-qui-ne-se-base-pas-sur-les-affinités">Dans un groupe qui ne se base pas sur les affinités</h2>

<p>J&#39;en arrive à mon interrogation du moment. Je distingue le groupe d&#39;ami·es du lieu que l&#39;on construit <strong>pour qu&#39;il soit accueillant pour des personnes différentes de nous</strong>.</p>

<p>Par exemple, <strong>dans un groupe militant</strong>, on veut à la fois :</p>
<ul><li><strong>Partager</strong> ce qui nous fait grandir et progresser, et donc des livres, des reportages, et des articles de presse.<br></li>
<li><strong>Être un groupe inclusif</strong> qui inclue de la même manière toutes les personnes quels que soient leurs capital(s) : culturel, économique et social, ou leurs privilèges (ou absence de privilèges).<br></li></ul>

<h3 id="des-attentions-pour-ne-pas-reproduire-les-inégalités-de-la-société" id="des-attentions-pour-ne-pas-reproduire-les-inégalités-de-la-société">Des attentions pour ne pas reproduire les inégalités de la société</h3>

<p>On met en place une cagnotte solidaire ou de l&#39;hébergement militant pour permettre aux personnes qui n&#39;ont pas beaucoup de <strong>ressources financières</strong> de participer à nos évènements.</p>

<p>On réfléchit à <strong>des solutions de garde</strong> (pour le moment ça n&#39;est pas très effectif) pour <strong>permettre aux parents isolé·es de venir aux évènements militants</strong>.</p>

<h2 id="un-manque-d-attention-qui-peut-exclure-doucement" id="un-manque-d-attention-qui-peut-exclure-doucement">Un manque d&#39;attention qui peut exclure doucement</h2>

<p>Récemment, nous avons échangé une quinzaine de messages montrant nos lectures toutes plus intellos les unes que les autres sur le fil discussion de notre <strong>groupe militant</strong>.</p>

<p>Il y avait :</p>
<ul><li>Des personnes qui montrent leurs <em>lectures du moment</em> avec des photos de couvertures de livres, tous un peu intellos.</li>
<li>Des personnes qui commentent en disant qu&#39;elles en ont lu certains (j&#39;en fais partie)</li>
<li>Et surement beaucoup de personnes qui n&#39;ont pas participé.</li></ul>

<p>J&#39;ai vécu la même chose sur le canal discussion d&#39;un slack professionnel.</p>

<h3 id="norme-sociale" id="norme-sociale">Norme sociale</h3>

<p>J&#39;ai l&#39;impression que ce type d&#39;échange donne  l&#39;impression que la <strong>norme sociale de ce groupe</strong> (= ce qui se fait) c&#39;est de lire des gros livres intellos. Implicitement, ça dit que c&#39;est un comportement qui permet d&#39;appartenir davantage au groupe. Et on peut se sentir illégitime quand on n&#39;a pas ces pratiques culturelles.</p>

<h3 id="boy-s-club" id="boy-s-club">Boy&#39;s club</h3>

<p>Un peu comme dans l&#39;article de Jo Freeman que j&#39;avais résumé <a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-la-tyrannie-de-labsence-de-structures-jo-freeman" rel="nofollow">ici</a>, ce type de pratique renforce la création d&#39;une élite informelle au sein du groupe militant. Les personnes qui partagent les mêmes lectures vont naturellement se sentir plus proches. Ces conversations semi privées vont renforcer des liens d&#39;amitiés qui deviendront peut-être des moyens d&#39;exercer le pouvoir au sein du groupe.</p>

<h2 id="alors-on-fait-quoi" id="alors-on-fait-quoi">Alors on fait quoi ?</h2>

<p>En même temps que je me posais ces questions, je n&#39;ai pas pu résister à partager la <a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lectures-des-romans-ecrits-par-des-femmes" rel="nofollow">liste de livres feel good écrits par des femmes qui m&#39;avait été récemment partagée sur Mastodon</a>. Je me suis rassurée en me disant qu&#39;il y avait aussi des livres moins snobs dans cette liste. Mais est-ce que je n&#39;aurais pas du m&#39;abstenir pour éviter de remettre une pièce dans la machine ?</p>

<p>⚠️ <em>La réflexion qui suit concerne les espaces que l&#39;on veut inclusifs, et en particulier les messageries de groupes militants ou professionnels.</em></p>

<p>Voici quelques pistes auxquelles j&#39;ai pensé, aidée par les conversation avec les copaines de mastodon et de la vraie vie.</p>

<h3 id="ne-pas-confondre-réseau-social-blog-et-messagerie-de-groupe" id="ne-pas-confondre-réseau-social-blog-et-messagerie-de-groupe">Ne pas confondre réseau social, blog, et messagerie de groupe</h3>

<p>Aujourd&#39;hui, les réseaux sociaux servent souvent <strong>une mise en scène de nous même</strong>. On se montre comme on aimerait qu&#39;on nous voit, et ça peut être en train de lire un gros livre. On fait alors un selfie avec le livre, ou bien une photo de la couverture avec en arrière plan cet endroit trop beau où on a la chance d&#39;être. On instagramme notre quotidien.
Ça me fait penser à l&#39;épisode sur Instagram du podcast <em>le code a changé</em> où Xavier Delaporte interviewe un de ses copains qui poste des selfies sur Instagram.</p>
<ul><li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-code-a-change/comment-peut-on-aimer-instagram-avec-philippe-mangeot-8800926" rel="nofollow">Lien vers l&#39;épisode : comment peut on aimer instagram avec Philippe Mangeot</a>.</li></ul>

<p>Mais il n&#39;y a pas que l&#39;aspect narcissique dans nos partages de lectures sur les réseaux sociaux. Il y a aussi un aspect de <strong>micro-blogging</strong>. On partage nos lectures pour faire découvrir un livre ou pour parler avec des personnes qui ont aussi lu ce livre. C&#39;est sur Mastodon avec le hashtag <a href="/depuis-les-gorces/tag:VendrediLecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">VendrediLecture</span></a> que je trouve un grand nombre d&#39;idées de lecture. Et c&#39;est aussi pour ça que je partage sur ce blog mes notes de lecture.</p>

<p>Mais <strong>une messagerie de groupe militant n&#39;est PAS un réseau social à la Instagram ni une plateforme de micro-blogging</strong>. Je pense qu&#39;il faut donc éviter les pratiques de ces réseaux et en particulier :</p>
<ul><li>Ne pas faire du name-dropping de livres qu&#39;on a lus,</li>
<li>Ne pas surenchérir d&#39;un : « Moi aussi je l&#39;ai lu » qui implicitement dit : t&#39;as vu on fait partie du même groupe social !!!</li></ul>

<h3 id="partager-et-raconter-ce-que-nos-lectures-apportent-pour-les-préoccupations-du-groupe" id="partager-et-raconter-ce-que-nos-lectures-apportent-pour-les-préoccupations-du-groupe">Partager et raconter ce que nos lectures apportent pour les préoccupations du groupe</h3>

<p>À l&#39;inverse, il me semble que c&#39;est <strong>ok de partager ce qu&#39;on a lu/vu en expliquant ce que ça apporte par rapport aux préoccupations du groupe</strong>.</p>

<p>Par exemple de dire qu&#39;on a lu tel roman (au hasard « Paresse pour tous »), qu&#39;on a beaucoup aimé parce que ça dépeint l&#39;arrivée au pouvoir d&#39;un politique comment on en rêve etc.
Comme ça, la personne qui n&#39;a pas lu le livre, et qui ne le lira pas parce que ça n&#39;est pas trop son truc, gagne quelque chose de notre message. Elle peut faire quelque chose de cette information autre que de juste l&#39;utiliser pour se juger de manière dépréciative (« moi je ne lis pas ») ou au contraire, en se sentant supérieure (« Moi je lis des trucs plus intellos »).</p>

<h3 id="get-a-room" id="get-a-room">Get a room !</h3>

<p>Parfois on a très envie de réagir pour discuter avec une personne, et ça devient plus une discussion à 2 qu&#39;une discussion avec le groupe. On peut se demander pourquoi on garde cette discussion publique. Est-ce qu&#39;on veut se donner à voir ayant ce type de discussion ?</p>

<p>Peut-être ce serait aussi simple dans ce cas de passer en privé pour continuer l&#39;échange sans se donner <em>en spectacle</em>.</p>

<h3 id="interagir-avec-toustes" id="interagir-avec-toustes">Interagir avec toustes</h3>

<p>Pour éviter l&#39;effet Boys&#39; club, on peut aussi essayer d&#39;interagir (mettre un pouce, répondre) autant, si ce n&#39;est plus, avec les personnes qui s&#39;expriment peu, ou qui ne font pas partie du boys&#39; club, de la petite élite de ce groupe.</p>

<h2 id="conclusion" id="conclusion">Conclusion</h2>

<p>Je serai très intéressée pour avoir le point de vue de personnes qui lisent peu, ou pas des gros livres intellos parce qu&#39;en vrai, j&#39;ai très peu de certitudes sur ce que serait une bonne pratique inclusive vis à vis du capital culturel dans les espaces militants.</p>

<p>Et pour poursuivre la discussion, on peut se retrouver sur <a href="https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu" rel="nofollow">mastodon</a>, comme je ne sais pas activer les commentaires sur ce blog, et que j&#39;ai hâte de vous lire !</p>

<h2 id="pour-aller-plus-loin" id="pour-aller-plus-loin">Pour aller plus loin</h2>

<p>Sur les conseils des mastonautes, j&#39;ai écouté l&#39;épisode <a href="https://www.arteradio.com/son/chacun-son-beauf" rel="nofollow">« Chacun son beauf » </a>du podcast « Vivons heureux avant la fin du monde » et je l&#39;ai trouvé éclairant. Je trouve qu&#39;il justifie vraiment qu&#39;on travaille dans nos espaces militants sur comment être moins méprisant culturellement.</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/tu-lis-quoi-cet-ete-toi</guid>
      <pubDate>Wed, 06 Aug 2025 18:14:53 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Le communisme n’est pas l’alternative du capitalisme</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/le-communisme-nest-pas-lalternative-du-capitalisme</link>
      <description>&lt;![CDATA[Politique&#xA;Régulièrement, quand je discute avec mon père de politique et que je lui montre en quoi le capitalisme c’est pourri, il me répond : « parce que tu trouves que le communisme de Russie c’est mieux ?» Et je ne savais pas trop quoi répondre. Depuis que j’ai écouté les grandes traversées sur Staline, j’ai compris que cet argument était complètement éclaté.&#xA;!--more--&#xA;La gauche et la droite&#xA;Quand j’étais petite, j’avais demandé à ma mère ce que c’était la différence entre la gauche et la droite. Elle m’avait répondu : « tu demanderas à ton grand-père ». Bien joué maman. Donc je demandais à mon grand-père chéri qui m’a alors répondu avec une petite histoire. &#xA;&#xA;  « Imagine que je te donne 10 bonbons à toi, et 10 bonbons à ton frère. Ton frère mange ses 10 bonbons et toi tu n’en manges qu’un. La gauche va partager tes bonbons pour que toi et ton frère vous en ayez autant, et la droite va te laisser tes bonbons ». &#xA;&#xA;Je sais pas pourquoi, mais déjà à l’époque j’avais l’impression de m’être faite avoir car j&#39;avais l&#39;impression que c&#39;était mieux d&#39;être de gauche que de droite (ce qui était l&#39;avis de ma mère mais pas de mon grand-père !). Il m’a fallu une bonne vingtaine d’années pour comprendre ce qui n’allait pas dans cette histoire : on ne nait pas toustes avec 10 bonbons. Le début de l’histoire c’est plutôt : « je te donne 10 bonbons parce que tu es née dans une bonne famille, et à Guillaume je ne lui donne qu’un bonbon parce qu’il n’est pas né au bon endroit ».  &#xA;&#xA;Bref, j’ai grandi, et puis la droite dans ma tête c’est devenu le parti des patrons de des riches, et la gauche le parti qui défendait les opprimé·es. Un peu plus tard j’ai compris qu’à droite on croyait au mythe « quand on veut on peut », et qu&#39;à gauche on a compris qu’on ne nait pas toustes avec les mêmes privilèges. &#xA;&#xA;Le capitalisme&#xA;Gagner de l’argent avec l’argent&#xA;Un jour, mon père  a dit : « nan mais je trouve que le problème du capitalisme aujourd&#39;hui, c’est qu’on récompense plus les capitaux que le travail ». J’ai pas vraiment compris tout de suite. &#xA;Et puis petit à petit j’ai compris que les ultra-riches d’aujourd’hui ne travaillent pas comme moi. Ils ont de l’argent, beaucoup d’argent, ils le prêtent, et ils gagnent de l’argent avec cet argent. Ainsi, aujourd’hui il me faudrait des millions d’années de travail pour arriver au niveau de richesse d’un Elon Musk ou d’un Bernard Arnaud. C’est bien la preuve que ça n’est pas le travail qui est rétribué. &#xA;&#xA;Effets secondaires du capitalisme&#xA;Plus les années passent, plus je me rends compte que la société dans laquelle on vit n’est pas désirable.&#xA;Ma première prise de conscience a été envers le patriarcat. Pourquoi les femmes sont-elles moins bien traitées que les hommes dans notre société ? Pourquoi autant de femmes sont-elles tuées par leurs conjoints chaque année ? Et puis j’ai compris que dans une société capitaliste, les hommes tiraient profit du travail gratuit des femmes quand elles étaient à la maison. &#xA;&#xA;J’ai ensuite pris conscience un peu en même temps que le monde du travail nous détruisait en nous conduisant à des burn-out avant 35 ans, et que notre société était en train de bousiller la planète. Je me rendais compte que notre société capitaliste cherchait à faire du profit, des bénéfices sur le dos des humains (la ressource humaine) et de la nature (la ressource tout court). &#xA;&#xA;Bref, j’en arrivais à la conclusion : &#xA;  Mort au capitalisme.  &#xA;&#xA;Le communisme&#xA;Et donc c’est quoi l’alternative ? Pour mon père, l’alternative, c’est le communisme, et ça mène à la dictature. Étant donnée mon inculture crasse en politique, histoire, et géopolitique, je répondais rien, mais j’étais pas super convaincue. &#xA;&#xA;Cette semaine, j’ai écouté a href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-devenir-staline&#34;un super podcast de France Culture (Les grandes traversées) sur Staline/a. &#xA;&#xA;img src=&#34;https://www.radiofrance.fr/s3/cruiser-production-eu3/2025/05/4037a25b-6210-4090-86e0-07db8965505e/400x400scvisuel-carree-staline.jpg&#34;&#xA;&#xA;Alors je sais bien que le communisme ce n’est pas le stalinisme, mais quand même, j’ai été ultra choquée des points communs entre leur monde et le notre. &#xA;&#xA;Le productivisme&#xA;J’ai été choquée par la notion de productivisme. Je me souvenais bien de la grande planification, et des grands projets de l’URSS. Mais je n’avais pas perçu à quel point ils étaient semblables aux grands projets financés par le privé chez nous. L&#39;exemple qui me vient tout de suite en tête, c&#39;est le pipeline de Total en Afrique, mais il y a aussi les centrales nucléaires, les grandes cités HLM, les autoroutes, le TGV, ... &#xA;&#xA;Même exctractivisme, même folie des grandeurs, et même ingénieurisme. &#xA;&#xA;On avait les mêmes rêves de gigantisme, la même foi en l’ingénieur qui peut contrôler le vivant et la nature pour l’asservir à l’homme, la même conception colonialiste qui dit qu’on peut prendre la terre des peuples qui ne l’exploitent pas assez. La même conquête spatiale. &#xA;&#xA;Même rapport à la consommation&#xA;À un moment dans l’un des épisodes, il est dit que le modèle c’est de produire beaucoup pour que le peuple ait accès à tous les objets de la modernité, et qu’il soit heureux. À un autre moment, il est dit que le but était de produire du cinéma comme à Hollywood, qu’il fallait faire aussi bien que les américains. Le but poursuivi était le même. &#xA;&#xA;Même rapport au travail &#xA;Et puis le même rapport au travail. Je me souviens bien du ridicule de l’ouvrier Stakhanoviste qui dépasse tous les objectifs fixés par le plan. Mais en écoutant ce podcast sur l’URSS de Staline, j’avais l’impression d’entendre une description du monde du travail dans les grands groupes et les start-ups : en faire toujours plus pour le projet, se dépasser, ne pas se plaindre, être le meilleur ouvrier, produire le plus… &#xA;&#xA;Même patriarcat &#xA;J’ai ressenti le même patriarcat que dans nos sociétés capitalistes. La même valorisation de la force, de la puissance, de toutes les qualités masculinistes en vogue dans la start-up nation. &#xA;&#xA;L’autoritarisme en plus ?&#xA;Pour mon père, la preuve que le communisme ça ne marche pas, c’est que ça crée des dictateurs. Le podcast sur Staline montre bien que cet homme prend le prétexte de la cause communiste pour prendre le pouvoir et le rendre autocratique. &#xA;Tout ce qu’il fait ressemble beaucoup trop à ce que nous vivons aujourd’hui aux États-Unis. La distorsion de la vérité, le clientélisme, la paranoïa de l’ennemi intérieur qui conduit aux purges… C’est ultra flippant. &#xA;&#xA;Mais surtout, ça montre bien que de ce point de vue là non plus, il n’y a pas de différence entre le capitalisme et le communisme. &#xA;&#xA;Quelle est l’alternative du capitalisme ? &#xA;&#xA;La fausse alternative communisme-capitalisme&#xA;Aujourd’hui, je lutte contre un monde basé sur la domination et l’exploitation des plus vulnérables pour produire de la richesse. Dans les plus vulnérables, je mets en vrac les femmes, les animaux, la nature, les personnes racisées, les personnes pauvres, … &#xA;&#xA;Dans cette lutte, je ne vois pas de différence majeure entre le capitalisme et le communisme. &#xA;&#xA;  Je ne crois pas du tout que l’objectif ce soit de choisir entre le capitalisme et le communisme. Aucun de ces deux modèles de société n’est désirable. &#xA;&#xA;Ces deux modèles sont extractivistes, productivistes, violent, patriarcaux... &#xA;&#xA;Il existe de nombreux autres modèles&#xA;Pour plein de gens, il n’y aurait pas d’autres modèles. C&#39;est aussi ce que j&#39;ai cru. Mais c’est oublier que le monde des hommes existe depuis bien avant la révolution industrielle, et que de nombreux autres modes de faire société ont existé. Et que ces sociétés n’étaient pas capitalistes. Quelques pistes à explorer : &#xA;&#xA;a &#34;href=https://maniaemma.blog/&#34;Blog de ManiaEmma sur les matriarcats/a&#xA;a &#34;href= https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/pourquoi-sommes-nous-capitalistes-malgr%C3%A9-nous-9782228929714&#34;Livre de l’économiste  Denis Colombi : Sommes tous capitalistes ?/a&#xA;&#xA;Et d’ailleurs, il reste encore des petits pans de nos vies qui ne sont pas encore monétisées / marchandisées par le capitalisme. Quand un arbre chez moi produit plus de fruits que je ne peux en consommer, j’en donne à mes voisins. Je ne leur vends pas, je n’attends pas un service en retour qui vaudrait exactement la même chose. Juste je leur donne, et un jour ils me rendront un service, et on sera quitte. &#xA;&#xA;Mais avant on était moins heureux&#xA;Quand on cite d’autres modèles de société, on nous répond en général tout de suite : « mais tu ne veux pas retourner à l’âge de pierre quand même ??? », ou bien « bah t’as qu’a arrêter d’utiliser le lave linge et ta voiture pendant une semaine et on verra si tu veux vivre dans une autre société !!! ». &#xA;&#xA;Alors déjà, je suis convaincue qu&#39;on n&#39;est pas dans une société où les gens sont chaque année globalement plus heureux. &#xA;&#xA;Ensuite, je trouve ça fou que la société de consommation ait aussi réussi à nous mettre dans la tête que posséder des choses qui font à notre place = être heureux. Faire soi même = être malheureux. Avoir des contraintes = être malheureux. Ne rien faire = bonheur. &#xA;&#xA;Et c’est marrant car en même temps, on voit se développer tout un monde du « Do It Yourself », on va a des cours de dessin, on regarde des tutos pour faire des pâtisseries, on ne veut plus marcher et on prend la voiture, mais on va faire du sport dans une salle. Est-ce qu’on serait vraiment plus malheureux si on devait refaire certaines choses nous mêmes dans un monde qui irait moins vite et qui serait moins violent ? &#xA;&#xA;Je ne crois pas. &#xA;&#xA;Et pour poursuivre la discussion, on peut se retrouver sous ce a href=&#34;https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu/114966099493591776&#34; fil sur mastodon /a comme je ne sais pas activer les commentaires sur ce blog, et que j&#39;ai hâte de vous lire ! &#xA;&#xA;Et soyez gentils et pas trop condescendants quand vous m&#39;expliquerez que j&#39;ai rien compris à la géopolitique car c&#39;est surement vrai, mais j&#39;essaie ! &#xA;&#xA;Notes&#xA;Ne vous fâchez pas 🫣. Ici j&#39;utilise le mot communisme comme dans le langage courant des non-spécialistes (ce qui est mon cas). Je fais partie des  personnes qui n&#39;ont pas trop compris les subtilités entre le marxisme, le bolchévisme, le socialisme et tous ces noms en &#34;isme&#34;... Ici, ça veut donc dire grosso merdo l&#39;idéologie politique vue par les gens qui n&#39;y comprennent pas grand chose et qui serait celle des pays qui n&#39;ont pas embrassé le capitalisme au XXème siècle 😬.  &#xA;* Je comprends de mieux en mieux celleux qui se plaignent du monde des ingénieurs. En effet, depuis la révolution industrielle, les ingénieurs sont ceux qui ont permis de prendre le contrôle de la nature, de passer d&#39;un rapport de négociations ou d&#39;équilibre à un rapport de domination. Et c&#39;est ce qui nous mène aujourd&#39;hui dans le mur. &#xA;&#xA;#Societe #Lecture]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a>
<em>Régulièrement, quand je discute avec mon père de politique et que je lui montre en quoi le capitalisme c’est pourri, il me répond : « </em>parce que tu trouves que le communisme de Russie c’est mieux ?<em>» Et je ne savais pas trop quoi répondre. Depuis que j’ai écouté les grandes traversées sur Staline, j’ai compris que cet argument était complètement éclaté.</em>
</p>

<h2 id="la-gauche-et-la-droite" id="la-gauche-et-la-droite">La gauche et la droite</h2>

<p>Quand j’étais petite, j’avais demandé à ma mère ce que c’était la différence entre la gauche et la droite. Elle m’avait répondu : « <em>tu demanderas à ton grand-père</em> ». Bien joué maman. Donc je demandais à mon grand-père chéri qui m’a alors répondu avec une petite histoire.</p>

<blockquote><p>« Imagine que je te donne 10 bonbons à toi, et 10 bonbons à ton frère. Ton frère mange ses 10 bonbons et toi tu n’en manges qu’un. La gauche va partager tes bonbons pour que toi et ton frère vous en ayez autant, et la droite va te laisser tes bonbons ».</p></blockquote>

<p>Je sais pas pourquoi, mais déjà à l’époque j’avais l’impression de m’être faite avoir car j&#39;avais l&#39;impression que c&#39;était mieux d&#39;être de gauche que de droite (ce qui était l&#39;avis de ma mère mais pas de mon grand-père !). Il m’a fallu une bonne vingtaine d’années pour comprendre ce qui n’allait pas dans cette histoire : on ne nait pas toustes avec 10 bonbons. Le début de l’histoire c’est plutôt : « <em>je te donne 10 bonbons parce que tu es née dans une bonne famille, et à Guillaume je ne lui donne qu’un bonbon parce qu’il n’est pas né au bon endroit</em> ».</p>

<p>Bref, j’ai grandi, et puis <em>la droite</em> dans ma tête c’est devenu le parti des patrons de des riches, et <em>la gauche</em> le parti qui défendait les opprimé·es. Un peu plus tard j’ai compris qu’à droite on croyait au mythe « <em>quand on veut on peut</em> », et qu&#39;à gauche on a compris qu’on ne nait pas toustes avec les mêmes privilèges.</p>

<h2 id="le-capitalisme" id="le-capitalisme">Le capitalisme</h2>

<h3 id="gagner-de-l-argent-avec-l-argent" id="gagner-de-l-argent-avec-l-argent">Gagner de l’argent avec l’argent</h3>

<p>Un jour, mon père  a dit : « <em>nan mais je trouve que le problème du capitalisme aujourd&#39;hui, c’est qu’on récompense plus les capitaux que le travail</em> ». J’ai pas vraiment compris tout de suite.
Et puis petit à petit j’ai compris que les ultra-riches d’aujourd’hui ne travaillent pas comme moi. Ils ont de l’argent, beaucoup d’argent, ils le prêtent, et ils gagnent de l’argent avec cet argent. Ainsi, aujourd’hui il me faudrait des millions d’années de travail pour arriver au niveau de richesse d’un Elon Musk ou d’un Bernard Arnaud. C’est bien la preuve que ça n’est pas le travail qui est rétribué.</p>

<h3 id="effets-secondaires-du-capitalisme" id="effets-secondaires-du-capitalisme">Effets secondaires du capitalisme</h3>

<p>Plus les années passent, plus je me rends compte que la société dans laquelle on vit n’est pas désirable.
Ma première prise de conscience a été envers <strong>le patriarcat</strong>. Pourquoi les femmes sont-elles moins bien traitées que les hommes dans notre société ? Pourquoi autant de femmes sont-elles tuées par leurs conjoints chaque année ? Et puis j’ai compris que dans une société capitaliste, les hommes tiraient profit du travail gratuit des femmes quand elles étaient à la maison.</p>

<p>J’ai ensuite pris conscience un peu en même temps que <strong>le monde du travail</strong> nous détruisait en nous conduisant à des burn-out avant 35 ans, et que notre société était en train de <strong>bousiller la planète</strong>. Je me rendais compte que notre société capitaliste cherchait à faire du profit, des bénéfices sur le dos des humains (la ressource humaine) et de la nature (la ressource tout court).</p>

<p>Bref, j’en arrivais à la conclusion :
&gt; Mort au capitalisme.</p>

<h2 id="le-communisme" id="le-communisme">Le communisme</h2>

<p>Et donc c’est quoi l’alternative ? Pour mon père, l’alternative, c’est le communisme*, et ça mène à la dictature. Étant donnée mon inculture crasse en politique, histoire, et géopolitique, je répondais rien, mais j’étais pas super convaincue.</p>

<p>Cette semaine, j’ai écouté <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-devenir-staline" rel="nofollow">un super podcast de France Culture (Les grandes traversées) sur Staline</a>.</p>

<p><img src="https://www.radiofrance.fr/s3/cruiser-production-eu3/2025/05/4037a25b-6210-4090-86e0-07db8965505e/400x400_sc_visuel-carree-staline.jpg"></p>

<p>Alors je sais bien que le communisme ce n’est pas le stalinisme, mais quand même, j’ai été ultra choquée des** points communs entre leur monde et le notre**.</p>

<h3 id="le-productivisme" id="le-productivisme">Le productivisme</h3>

<p>J’ai été choquée par la notion de <strong>productivisme</strong>. Je me souvenais bien de la grande planification, et des grands projets de l’URSS. Mais je n’avais pas perçu à quel point ils étaient semblables aux grands projets financés par le privé chez nous. L&#39;exemple qui me vient tout de suite en tête, c&#39;est le pipeline de Total en Afrique, mais il y a aussi les centrales nucléaires, les grandes cités HLM, les autoroutes, le TGV, ...</p>

<p>Même exctractivisme, même folie des grandeurs, et même ingénieurisme**.</p>

<p>On avait les mêmes rêves de gigantisme, la même foi en l’ingénieur qui peut contrôler le vivant et la nature pour l’asservir à l’homme, la même conception colonialiste qui dit qu’on peut prendre la terre des peuples qui ne l’exploitent pas assez. La même conquête spatiale.</p>

<h3 id="même-rapport-à-la-consommation" id="même-rapport-à-la-consommation">Même rapport à la consommation</h3>

<p>À un moment dans l’un des épisodes, il est dit que le modèle c’est de produire beaucoup pour que le peuple ait accès à tous les objets de la modernité, et qu’il soit heureux. À un autre moment, il est dit que le but était de produire du cinéma comme à Hollywood, qu’il fallait faire aussi bien que les américains. Le but poursuivi était le même.</p>

<h3 id="même-rapport-au-travail" id="même-rapport-au-travail">Même rapport au travail</h3>

<p>Et puis le même rapport au travail. Je me souviens bien du ridicule de l’ouvrier Stakhanoviste qui dépasse tous les objectifs fixés par le plan. Mais en écoutant ce podcast sur l’URSS de Staline, j’avais l’impression d’entendre une description du monde du travail dans les grands groupes et les start-ups : en faire toujours plus pour le projet, se dépasser, ne pas se plaindre, être le meilleur ouvrier, produire le plus…</p>

<h3 id="même-patriarcat" id="même-patriarcat">Même patriarcat</h3>

<p>J’ai ressenti le même patriarcat que dans nos sociétés capitalistes. La même valorisation de la force, de la puissance, de toutes les qualités masculinistes en vogue dans la start-up nation.</p>

<h3 id="l-autoritarisme-en-plus" id="l-autoritarisme-en-plus">L’autoritarisme en plus ?</h3>

<p>Pour mon père, la preuve que le communisme ça ne marche pas, c’est que ça crée des dictateurs. Le podcast sur Staline montre bien que cet homme prend le <em>prétexte</em> de la cause communiste pour prendre le pouvoir et le rendre autocratique.
Tout ce qu’il fait ressemble beaucoup trop à ce que nous vivons aujourd’hui aux États-Unis. La distorsion de la vérité, le clientélisme, la paranoïa de l’ennemi intérieur qui conduit aux purges… C’est ultra flippant.</p>

<p>Mais surtout, ça montre bien que de ce point de vue là non plus, il n’y a pas de différence entre le capitalisme et le communisme.</p>

<h2 id="quelle-est-l-alternative-du-capitalisme" id="quelle-est-l-alternative-du-capitalisme">Quelle est l’alternative du capitalisme ?</h2>

<h3 id="la-fausse-alternative-communisme-capitalisme" id="la-fausse-alternative-communisme-capitalisme">La fausse alternative communisme-capitalisme</h3>

<p>Aujourd’hui, je lutte contre un monde basé sur la <strong>domination</strong> et l’exploitation des plus vulnérables pour produire de la richesse. Dans les plus vulnérables, je mets en vrac les femmes, les animaux, la nature, les personnes racisées, les personnes pauvres, …</p>

<p>Dans cette lutte, je ne vois pas de différence majeure entre le capitalisme et le communisme.</p>

<blockquote><p>Je ne crois pas du tout que l’objectif ce soit de choisir entre le capitalisme et le communisme. Aucun de ces deux modèles de société n’est désirable.</p></blockquote>

<p>Ces deux modèles sont extractivistes, productivistes, violent, patriarcaux...</p>

<h2 id="il-existe-de-nombreux-autres-modèles" id="il-existe-de-nombreux-autres-modèles">Il existe de nombreux autres modèles</h2>

<p>Pour plein de gens, il n’y aurait pas d’autres modèles. C&#39;est aussi ce que j&#39;ai cru. Mais c’est oublier que le monde des hommes existe depuis bien avant la révolution industrielle, et que de nombreux autres modes de faire société ont existé. Et que ces sociétés n’étaient pas capitalistes. Quelques pistes à explorer :</p>
<ul><li>Blog de ManiaEmma sur les matriarcats</li>
<li>Livre de l’économiste  Denis Colombi : Sommes tous capitalistes ?</li></ul>

<p>Et d’ailleurs, il reste encore des petits pans de nos vies qui ne sont pas encore monétisées / marchandisées par le capitalisme. Quand un arbre chez moi produit plus de fruits que je ne peux en consommer, j’en donne à mes voisins. Je ne leur vends pas, je n’attends pas un service en retour qui vaudrait exactement la même chose. Juste je leur donne, et un jour ils me rendront un service, et on sera quitte.</p>

<h2 id="mais-avant-on-était-moins-heureux" id="mais-avant-on-était-moins-heureux">Mais avant on était moins heureux</h2>

<p>Quand on cite d’autres modèles de société, on nous répond en général tout de suite : « <em>mais tu ne veux pas retourner à l’âge de pierre quand même ???</em> », ou bien « <em>bah t’as qu’a arrêter d’utiliser le lave linge et ta voiture pendant une semaine et on verra si tu veux vivre dans une autre société !!!</em> ».</p>

<p>Alors déjà, je suis convaincue qu&#39;on n&#39;est pas dans une société où les gens sont chaque année globalement plus heureux.</p>

<p>Ensuite, je trouve ça fou que la société de consommation ait aussi réussi à nous mettre dans la tête que posséder des choses qui font à notre place = être heureux. Faire soi même = être malheureux. Avoir des contraintes = être malheureux. Ne rien faire = bonheur.</p>

<p>Et c’est marrant car en même temps, on voit se développer tout un monde du « Do It Yourself », on va a des cours de dessin, on regarde des tutos pour faire des pâtisseries, on ne veut plus marcher et on prend la voiture, mais on va faire du sport dans une salle. Est-ce qu’on serait vraiment plus malheureux si on devait refaire certaines choses nous mêmes dans un monde qui irait moins vite et qui serait moins violent ?</p>

<p>Je ne crois pas.</p>

<p>Et pour poursuivre la discussion, on peut se retrouver sous ce <a href="https://social.sciences.re/@AudeCaussarieu/114966099493591776" rel="nofollow"> fil sur mastodon </a> comme je ne sais pas activer les commentaires sur ce blog, et que j&#39;ai hâte de vous lire !</p>

<p>Et soyez gentils et pas trop condescendants quand vous m&#39;expliquerez que j&#39;ai rien compris à la géopolitique car c&#39;est surement vrai, mais j&#39;essaie !</p>

<h2 id="notes" id="notes">Notes</h2>
<ul><li>Ne vous fâchez pas 🫣. Ici j&#39;utilise le mot <em>communisme</em> comme dans le langage courant des non-spécialistes (ce qui est mon cas). Je fais partie des  personnes qui n&#39;ont pas trop compris les subtilités entre le marxisme, le bolchévisme, le socialisme et tous ces noms en “isme”... Ici, ça veut donc dire grosso merdo l&#39;idéologie politique vue par les gens qui n&#39;y comprennent pas grand chose et qui serait celle des pays qui n&#39;ont pas embrassé le capitalisme au XXème siècle 😬.<br>
** Je comprends de mieux en mieux celleux qui se plaignent du monde des ingénieurs. En effet, depuis la révolution industrielle, les ingénieurs sont ceux qui ont permis de prendre le contrôle de la nature, de passer d&#39;un rapport de négociations ou d&#39;équilibre à un rapport de domination. Et c&#39;est ce qui nous mène aujourd&#39;hui dans le mur.</li></ul>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/le-communisme-nest-pas-lalternative-du-capitalisme</guid>
      <pubDate>Sun, 03 Aug 2025 19:28:53 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>[Lecture] Des romans écrits par des femmes</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lectures-des-romans-ecrits-par-des-femmes</link>
      <description>&lt;![CDATA[Lecture&#xA;Chaque été, j&#39;essaie de sortir des essais pour lire quelques romans. Comme je ne fréquente plus trop de bibliothèque (c&#39;est mal), j&#39;aime bien demander des recommandations aux copaines de mastodon. Cette année, j&#39;ai eu une tonne de recommandations. Alors je partage !&#xA;!--more-- &#xA;&#xA;Quelques recos de lecture&#xA;J&#39;ai demandé des romans, plutôt écrit par des autrices, et qui plombent pas trop le moral. &#xA;&#xA;Des recos en vrac&#xA;&#xA;Indiana, de George Sand. Ça tombe bien, je n&#39;ai jamais rien lu de Georges Sand. &#xA;Un psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers.&#xA; « Je l&#39;ai lu dans une période de ma vie assez dure et cela m&#39;as mis du beaume au cœur. Cette oeuvre a résonné avec moi car lae héroîne commence son parcours avec une question que je me posais moi même. C&#39;est un roman court et doux. » nous dit a href=&#34;https://raru.re/@cafou/114793545958709739&#34;Cafou/a. Et plein d&#39;autres mastonautes recommandent cette autrice même si je ne suis pas super adepte de SF. &#xA;Les voyageurs de Becky Chambers, ce coup-ci recommandé par a href=&#34;https://mstdn.fr/@Julie/114793516510504266&#34;@Julie/a&#xA;La Maison de Lou Andreas-Salomé est recommandé par a href=&#34;https://toot.aquilenet.fr/@DoubleArobase/114793817155817241&#34;@Now@n/a.&#xA;Goliarda Sapienza &#xA;La maison mitoyenne de Emily Eden il y a peu. C&#39;est vraiment drôle, et j&#39;imagine que ça se trouve facilement en ebook ; recommandé par a href=&#34;https://piaille.fr/@GeorgiaSoupault/114793525928103455&#34;@GeorgiaSoupault/a&#xA;SCUM manifesto de Valérie Solanas. Pas un roman, mais a priori, ça a bien fait marrer a href=&#34;https://mamot.fr/@Khrys/114793515001324897&#34;@Khrys/a&#xA;Alors c&#39;est bien de clémentine Melois, un livre qui a bien fait marrer a href=&#34;https://mstdn.fr/@Julie/114793561776054772&#34;@Julie/a qui malgré que ça parle de la mort de son père, et que c&#39;est donc quand même pas mal bouleversant reste joyeux et fantasque.&#xA;La formule préférée du professeur de Yôko Ogawa, toujours une reco de a href=&#34;https://mamot.fr/@Khrys/114793592684198696&#34;@Krhys/a&#xA;Rosa candida d&#39;audur ava olafsdottir ; reco a href=&#34;https://mstdn.fr/@Julie/114793516510504266&#34;@Julie/a &#xA;Le mec de la tombe d&#39;à côté de Katarina Mazetti, toujours dans les recos de a href=&#34;https://mstdn.fr/@Julie_/114793516510504266&#34;@Julie/a&#xA;La Maison des Jeux de Claire North. Une reco de  a href=&#34;https://mastodon.xyz/@blaptist/114793538131472821&#34;@Blaptist/a : &#34;c&#39;est une trilogie donc chaque roman fait moins de 200 pages (il y a aussi Sweet Harmony qui est très bien mais qui met un peu le moral dans les chaussettes)&#34;&#xA;Dieu, le temps, les hommes et les anges de Olga Tokarczuk. Une reco de a href=&#34;https://mastodon.social/@Bouvardetpecuchet/114793563204439875&#34;@Bouvardetpecuchet/asuite de petits textes de 2 à trois pages qui suivent tout un village sur 2 siècles, il y a même des passages racontés depuis le point de vue d&#39;un chien ou d&#39;un arbre.&#xA;Eden, de Auður Ava Ólafsdóttir, recommandé par a href=&#34;https://toot.aquilenet.fr/@letime64/114793581241921352&#34;@Timothée C/a&#xA;La Danse des Flamants Roses de l&#39;autrice palestinienne de Montréal (QC) Yara El-Ghadban, une recommandation de a href=&#34;https://ps.s10y.eu/@natacha/114794841265772425&#34;@Natacha/a : Une utopie qui se déroule sur la mer morte parmi les survivants hétéroclites de la maladie du sel, et ceux qui sont nés après l&#39;épidémie. &#xA;Le prieuré de l&#39;oranger de Samantha Shanon, Une reco de a href=&#34;https://piaille.fr/@nholzschuch/114793611750726892&#34;@Nicolas Holzschuch/a : &#34;C&#39;est de la fantasy, il y a des dragons, des épées et des royaumes interdits.&#xA;Un des rares romans à mentionner la différence entre dragon occidental (grandes ailes, méchants) et dragon oriental (corps allongé, gentil).&#34;&#xA;Journal d&#39;un assaSynth de Martha Wells. Une reco de a href=&#34;https://piaille.fr/@nholzschuch/114793613022238564&#34;@Nicolas Holzschuch/a : &#34;c&#39;est de la science fiction mais surtout l&#39;histoire d&#39;un personnage neuro atypique.&#34;&#xA;la biographie de Balzac par Titiou Lecoq. a href=&#34;https://piaille.fr/@Elizabeth/114793656499853617&#34;Elisabeth/a nous dit que ça l&#39;a fait beaucoup rire. Et qui ne veut pas rire l&#39;été ? &#xA;Une époque formidable, toujours de Titiou Lecoq. Ce coup-ci la reco vient de a href=&#34;https://piaille.fr/@RenardDneiges/114793793087820278&#34;Nyafox/a qui recommande aussi : &#xA;Déracinée de Naomi Novik. &#34;J&#39;y ai vraiment trouvé des trucs intéressants, avec de la sororité entre les héroïnes, de la magie originale et une touche de folklore polonais.&#34;. Et comme je disais que bon, moi la magie, les sorciers tout ça c&#39;était pas trop mon truc. Nyafox m&#39;a fait a href=&#34;https://piaille.fr/@RenardDneiges/114793894633560887&#34;un petit cours/a du 101 de la fantasy féministe moderne : &#xA;&#xA;  La fantasy aujourd&#39;hui, grâce à certaines autrices, c&#39;est féministe (Naomi Novik), c’est LGBT et pop culture (Erin Morgenstern avec la Mer sans Etoiles), et l&#39;héroïne n&#39;a pas tjs  17ans (Ursula Vernon avec Nettle and Bones).&#xA;Il y a des contes qui sont chouettes aussi: &#34;Floralinda and the forty flight tower&#34; qui pose la question de ce que va faire la princesse si les princes ne viennent pas la libérer. Tout un monde inconnu du grd public français&#xA;&#xA;Le temps de l&#39;innocence et Sur les rives de l&#39;Hudson de Edith Wharton qui est recommandé par a href=&#34;https://piaille.fr/@colinsidre/114793842173229271&#34;Colin Sidre /a qui selon a href=&#34;https://eldritch.cafe/@PierreC/114794832614544426&#34; est un bon choix si on a bien aimé Jane Austeen. &#xA;La ville peu de temps après, de Pat Murphy. Le choix de a href=&#34;https://framapiaf.org/@Air/114793867984110318&#34;Air/a : &#34; C’est intelligent et humaniste. Tu finis la lecture requinquée et avec un sentiment d’espoir.&#34;. Ça donne clairement envie !&#xA;Je pleure encore la beauté du monde  de Charlotte McConaghy, qui est un coup de coeur pour a href=&#34;https://mastodon.social/@clochix/114794029275960665&#34;Clochix/a : L’histoire d’une biologiste qui participe à un programme de réintroduction de loups en Écosse. Il y a de la violence (sexuelle et physique), mais ça raconte surtout l’amour d’une femme pour la nature et sa sœur, donc je ne l’ai pas trouvé déprimant.&#xA;Métaphysique d’un vampire de @Jeanneadebats qui est sur Mastodon ! Un bon critère ça non ? &#xA;Wild de Cheryl Strayed, J&#39;aurais du faire un paragraphe avec toutes les recos de Julie : &#34;En gros une femme en crise existentielle qui va faire un des sentiers de rando les plus difficiles au monde en se disant qu&#39;avec ses tongs ça va marcher, c&#39;est très léger comme écriture et franchement j&#39;ai trouvé la narratrice attachante.&#34;&#xA;Un monde à refaire, de Claire Deya. Une reco de a href=&#34;https://mastodon.gougere.fr/@cyclotopie/114794252401303064&#34;Jocelyn/a : &#34;Le contexte est …compliqué, les mois qui suivent la libération en 44-45, du coup le côté humaniste malgré tout me fait un effet plus positif qu&#39;une histoire &#34;feel-good&#34; qui nierait simplement la réalité.&#34;&#xA;Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson de Selma Lagerlöf vaut un mois de vacances à lui tout seul, nous dit a href=&#34;https://eldritch.cafe/@PierreC/114794837652319582&#34;Pierre/a&#xA;L&#39;arbre à pain, de Célestine Hitiura Vaite. Une reco de a href=&#34;https://piaille.fr/@mafa/114794981859566236&#34;Mars Perrard/a : &#34;Ça se passe à Tahiti, et ce sont de courts chapitres, un peu format chronique, sur le quotidien d&#39;une femme, son mec, leurs familles... C&#39;est léger, étonnant (quand, comme moi, on ne connait pas du tout Tahiti) et émouvant, sans jamais être plombant. Le bouquin est gros mais ça se lit très facilement.&#34;&#xA;Les mémoires d&#39;Hadrien, de Marguerite Yourcenar : ni optimiste ni pessimiste, ou de la sagesse stoïcienne (quoique teintée de mélancolie) servie par une langue sublime, sans rien n&#39;a ôté ni à ajouter selon a href=&#34;https://mastodon.social/@webol/114795126979269130&#34;Olivier Lavoisy/a&#xA;Les femmes n&#39;ont pas d&#39;histoire d&#39;Amy Jo Burns&#xA;Viendra le temps du feu de Wendy Delorme, post apo féministe&#xA;Les a href=&#34;https://mathstodon.xyz/@antoinechambertloir/114794320154755444&#34;reco d&#39;Antoine Chambert-Loir /a: &#xA;   De pierre et d&#39;os de Bérengère Cournut, &#xA;   Moi, Tituba, sorcière noire de Salem de Maryse Condé, &#xA;   Dans la forêt de Jean Hegland, &#xA;Dire Babylone de Safiya Sinclair, autrice jamaïcaine, que a href=&#34;https://framapiaf.org/@amelieh2/114794353789769405&#34;Amélie/a vient de découvrir. Tituba est magnifique mais pas vraiment bon pour le moral... &#xA;le cycle de Terremer de Ursula K Le Guin&#xA;C&#39;est comme ça&#34; de Auriane Velten&#xA;&#xA;La liste de Flora&#xA;Comme Flora c&#39;est une copine de la vraie vie, et qu&#39;elle m&#39;a fait une palanquée de reco, elle a le droit à son petit paragraphe. &#xA;Avec les mêmes critères que les miens, a href=&#34;https://piaille.fr/@floradruez/114794047226615099&#34;sa super libraire lui a recommandé /a: &#xA;&#xA;Le chant de la rivière de Wendy Délire&#xA;L&#39;octopus et moi de Erin Hortle ( décrit comme une pepite par la libraire) &#xA;L&#39;automne est la dernière saison de Nasim Marashi &#xA;&#xA;Et comme on aime les mêmes livres, elle me recommande : &#xA;&#xA;Kiff Kiff demain de Faiza Guene. &#xA;Dans la forêt de Jean Hegland.&#xA;Consumée de Antonia Crane. Le sujet semble lourd mais c&#39;est aussi léger et drole&#xA;Pourquoi pas la vie de Coline Pierré&#xA;L&#39;heure des femmes de Adèle Breau. &#xA;La fille de Lake Placid de Marie Charrel. Lui il ne fait pas l&#39;unanimité au club book &#xA;Nos puissantes amitiés, d&#39;Alice Raybaud. &#xA;L&#39;art de la joie de Goliarda Sapienza. Lui je l&#39;ai lu il y a presque 15 ans, mais j&#39;en garde un super souvenirs. &#xA;&#xA;C&#39;est la fin&#xA;&#xA;Bon, ya clairement trop de livres pour que j&#39;en rajoute d&#39;autres à la suite (même si j&#39;avais prévu au départ...). Un jour je ferai une liste avec les livres que j&#39;ai adorés et que je recommande. Mais ça ne sera pas aujourd&#39;hui !&#xA;&#xA;Au fait, si vous vous posez la question, j&#39;ai commencé par acheter en ebook pour mon voyage en train d&#39;aujourd&#39;hui : &#xA;Indiana, de George Sand. C&#39;était l&#39;option culture gé. &#xA;Honoré et moi, de Titou Lecocq. Petit biais car je connais déjà l&#39;autrice, et il y a eu 2 amies à en dire du bien. &#xA;Un psaume pour les recyclés sauvage car j&#39;ai cédé à la pression populaire de lire au moins un livre de Becky Chambers. &#xA;&#xA;Et j&#39;ai encore rien eu le temps de lire car ça m&#39;a pris la moitié du voyage d&#39;écrire ce billet. La fausse bonne idée !&#xA;&#xA;#VendrediLecture #Lecture]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a>
<em>Chaque été, j&#39;essaie de sortir des essais pour lire quelques romans. Comme je ne fréquente plus trop de bibliothèque (c&#39;est mal), j&#39;aime bien demander des recommandations aux copaines de mastodon. Cette année, j&#39;ai eu une tonne de recommandations. Alors je partage !</em>
</p>

<h2 id="quelques-recos-de-lecture" id="quelques-recos-de-lecture">Quelques recos de lecture</h2>

<p>J&#39;ai demandé des romans, plutôt écrit par des autrices, et qui plombent pas trop le moral.</p>

<h3 id="des-recos-en-vrac" id="des-recos-en-vrac">Des recos en vrac</h3>
<ul><li><em>Indiana</em>, de George Sand. Ça tombe bien, je n&#39;ai jamais rien lu de Georges Sand.</li>
<li><em>Un psaume pour les recyclés sauvages</em> de Becky Chambers.
« Je l&#39;ai lu dans une période de ma vie assez dure et cela m&#39;as mis du beaume au cœur. Cette oeuvre a résonné avec moi car lae héroîne commence son parcours avec une question que je me posais moi même. C&#39;est un roman court et doux. » nous dit <a href="https://raru.re/@cafou/114793545958709739" rel="nofollow">Cafou</a>. Et plein d&#39;autres mastonautes recommandent cette autrice même si je ne suis pas super adepte de SF.</li>
<li><em>Les voyageurs</em> de Becky Chambers, ce coup-ci recommandé par <a href="https://mstdn.fr/@Julie_/114793516510504266" rel="nofollow">@Julie</a></li>
<li><em>La Maison</em> de Lou Andreas-Salomé est recommandé par <a href="https://toot.aquilenet.fr/@DoubleArobase/114793817155817241" rel="nofollow">@Now@n</a>.</li>
<li>Goliarda Sapienza</li>
<li><em>La maison mitoyenne</em> de Emily Eden il y a peu. C&#39;est vraiment drôle, et j&#39;imagine que ça se trouve facilement en ebook ; recommandé par <a href="https://piaille.fr/@GeorgiaSoupault/114793525928103455" rel="nofollow">@Georgia_Soupault</a></li>
<li><em>SCUM manifesto</em> de Valérie Solanas. Pas un roman, mais a priori, ça a bien fait marrer <a href="https://mamot.fr/@Khrys/114793515001324897" rel="nofollow">@Khrys</a></li>
<li><em>Alors c&#39;est bien</em> de clémentine Melois, un livre qui a bien fait marrer <a href="https://mstdn.fr/@Julie_/114793561776054772" rel="nofollow">@Julie</a> qui malgré que ça parle de la mort de son père, et que c&#39;est donc quand même pas mal bouleversant reste joyeux et fantasque.</li>
<li><em>La formule préférée du professeur</em> de Yôko Ogawa, toujours une reco de <a href="https://mamot.fr/@Khrys/114793592684198696" rel="nofollow">@Krhys</a></li>
<li><em>Rosa candida</em> d&#39;audur ava olafsdottir ; reco <a href="https://mstdn.fr/@Julie_/114793516510504266" rel="nofollow">@Julie</a></li>
<li><em>Le mec de la tombe d&#39;à côté</em> de Katarina Mazetti, toujours dans les recos de <a href="https://mstdn.fr/@Julie_/114793516510504266" rel="nofollow">@Julie</a></li>
<li><em>La Maison des Jeux</em> de Claire North. Une reco de  <a href="https://mastodon.xyz/@blaptist/114793538131472821" rel="nofollow">@Blaptist</a> : “c&#39;est une trilogie donc chaque roman fait moins de 200 pages (il y a aussi Sweet Harmony qui est très bien mais qui met un peu le moral dans les chaussettes)”</li>
<li><em>Dieu, le temps, les hommes et les anges</em> de Olga Tokarczuk. Une reco de <a href="https://mastodon.social/@Bouvardetpecuchet/114793563204439875" rel="nofollow">@Bouvardetpecuchet</a>suite de petits textes de 2 à trois pages qui suivent tout un village sur 2 siècles, il y a même des passages racontés depuis le point de vue d&#39;un chien ou d&#39;un arbre.</li>
<li><em>Eden</em>, de Auður Ava Ólafsdóttir, recommandé par <a href="https://toot.aquilenet.fr/@letime64/114793581241921352" rel="nofollow">@Timothée C</a></li>
<li><em>La Danse des Flamants Roses</em> de l&#39;autrice palestinienne de Montréal (QC) Yara El-Ghadban, une recommandation de <a href="https://ps.s10y.eu/@natacha/114794841265772425" rel="nofollow">@Natacha</a> : Une utopie qui se déroule sur la mer morte parmi les survivants hétéroclites de la maladie du sel, et ceux qui sont nés après l&#39;épidémie.</li>
<li><em>Le prieuré de l&#39;oranger</em> de Samantha Shanon, Une reco de <a href="https://piaille.fr/@nholzschuch/114793611750726892" rel="nofollow">@Nicolas Holzschuch</a> : “C&#39;est de la fantasy, il y a des dragons, des épées et des royaumes interdits.
Un des rares romans à mentionner la différence entre dragon occidental (grandes ailes, méchants) et dragon oriental (corps allongé, gentil).”</li>
<li><em>Journal d&#39;un assaSynth</em> de Martha Wells. Une reco de <a href="https://piaille.fr/@nholzschuch/114793613022238564" rel="nofollow">@Nicolas Holzschuch</a> : “c&#39;est de la science fiction mais surtout l&#39;histoire d&#39;un personnage neuro atypique.”</li>
<li><em>la biographie de Balzac</em> par Titiou Lecoq. <a href="https://piaille.fr/@Elizabeth/114793656499853617" rel="nofollow">Elisabeth</a> nous dit que ça l&#39;a fait beaucoup rire. Et qui ne veut pas rire l&#39;été ?</li>
<li><em>Une époque formidable</em>, toujours de Titiou Lecoq. Ce coup-ci la reco vient de <a href="https://piaille.fr/@RenardDneiges/114793793087820278" rel="nofollow">Nyafox</a> qui recommande aussi :</li>
<li><em>Déracinée</em> de Naomi Novik. “<em>J&#39;y ai vraiment trouvé des trucs intéressants, avec de la sororité entre les héroïnes, de la magie originale et une touche de folklore polonais.</em>”. Et comme je disais que bon, moi la magie, les sorciers tout ça c&#39;était pas trop mon truc. Nyafox m&#39;a fait <a href="https://piaille.fr/@RenardDneiges/114793894633560887" rel="nofollow">un petit cours</a> du 101 de la fantasy féministe moderne :</li></ul>

<blockquote><p>La fantasy aujourd&#39;hui, grâce à certaines autrices, c&#39;est féministe (Naomi Novik), c’est LGBT et pop culture (Erin Morgenstern avec la Mer sans Etoiles), et l&#39;héroïne n&#39;a pas tjs  17ans (Ursula Vernon avec Nettle and Bones).
Il y a des contes qui sont chouettes aussi: “Floralinda and the forty flight tower” qui pose la question de ce que va faire la princesse si les princes ne viennent pas la libérer. Tout un monde inconnu du grd public français</p></blockquote>
<ul><li><em>Le temps de l&#39;innocence</em> et <em>Sur les rives de l&#39;Hudson</em> de Edith Wharton qui est recommandé par <a href="https://piaille.fr/@colinsidre/114793842173229271" rel="nofollow">Colin Sidre </a> qui selon <a href="https://eldritch.cafe/@PierreC/114794832614544426" rel="nofollow"> est un bon choix si on a bien aimé Jane Austeen.</li>
<li><em>La ville peu de temps après</em>, de Pat Murphy. Le choix de <a href="https://framapiaf.org/@Air/114793867984110318" rel="nofollow">Air</a> : “ <em>C’est intelligent et humaniste. Tu finis la lecture requinquée et avec un sentiment d’espoir.</em>”. Ça donne clairement envie !</li>
<li><em>Je pleure encore la beauté du monde</em>  de Charlotte McConaghy, qui est un coup de coeur pour <a href="https://mastodon.social/@clochix/114794029275960665" rel="nofollow">Clochix</a> : <em>L’histoire d’une biologiste qui participe à un programme de réintroduction de loups en Écosse. Il y a de la violence (sexuelle et physique), mais ça raconte surtout l’amour d’une femme pour la nature et sa sœur, donc je ne l’ai pas trouvé déprimant.</em></li>
<li>Métaphysique d’un vampire de @Jeanneadebats qui est sur Mastodon ! Un bon critère ça non ?</li>
<li><em>Wild</em> de Cheryl Strayed, J&#39;aurais du faire un paragraphe avec toutes les recos de Julie : “<em>En gros une femme en crise existentielle qui va faire un des sentiers de rando les plus difficiles au monde en se disant qu&#39;avec ses tongs ça va marcher, c&#39;est très léger comme écriture et franchement j&#39;ai trouvé la narratrice attachante.</em>“</li>
<li><em>Un monde à refaire</em>, de Claire Deya. Une reco de <a href="https://mastodon.gougere.fr/@cyclotopie/114794252401303064" rel="nofollow">Jocelyn</a> : “<em>Le contexte est …compliqué, les mois qui suivent la libération en 44-45, du coup le côté humaniste malgré tout me fait un effet plus positif qu&#39;une histoire “feel-good” qui nierait simplement la réalité.</em>“</li>
<li><em>Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson</em> de Selma Lagerlöf vaut un mois de vacances à lui tout seul, nous dit <a href="https://eldritch.cafe/@PierreC/114794837652319582" rel="nofollow">Pierre</a></li>
<li><em>L&#39;arbre à pain</em>, de Célestine Hitiura Vaite. Une reco de <a href="https://piaille.fr/@mafa/114794981859566236" rel="nofollow">Mars Perrard</a> : “<em>Ça se passe à Tahiti, et ce sont de courts chapitres, un peu format chronique, sur le quotidien d&#39;une femme, son mec, leurs familles... C&#39;est léger, étonnant (quand, comme moi, on ne connait pas du tout Tahiti) et émouvant, sans jamais être plombant. Le bouquin est gros mais ça se lit très facilement.</em>“</li>
<li><em>Les mémoires d&#39;Hadrien</em>, de Marguerite Yourcenar : <em>ni optimiste ni pessimiste, ou de la sagesse stoïcienne (quoique teintée de mélancolie) servie par une langue sublime, sans rien n&#39;a ôté ni à ajouter</em> selon <a href="https://mastodon.social/@webol/114795126979269130" rel="nofollow">Olivier Lavoisy</a></li>
<li><em>Les femmes n&#39;ont pas d&#39;histoire</em> d&#39;Amy Jo Burns</li>
<li><em>Viendra le temps du feu</em> de Wendy Delorme, post apo féministe</li>
<li>Les <a href="https://mathstodon.xyz/@antoinechambertloir/114794320154755444" rel="nofollow">reco d&#39;Antoine Chambert-Loir </a>:
<ul><li><em>De pierre et d&#39;os</em> de Bérengère Cournut,</li>
<li><em>Moi, Tituba, sorcière noire de Salem</em> de Maryse Condé,</li>
<li><em>Dans la forêt</em> de Jean Hegland,</li></ul></li>
<li><em>Dire Babylone</em> de Safiya Sinclair, autrice jamaïcaine, que <a href="https://framapiaf.org/@amelieh2/114794353789769405" rel="nofollow">Amélie</a> vient de découvrir. Tituba est magnifique mais pas vraiment bon pour le moral...</li>
<li><em>le cycle de Terremer</em> de Ursula K Le Guin</li>
<li>C&#39;est comme ça” de Auriane Velten</li></ul>

<h3 id="la-liste-de-flora" id="la-liste-de-flora">La liste de Flora</h3>

<p>Comme Flora c&#39;est une copine de la vraie vie, et qu&#39;elle m&#39;a fait une palanquée de reco, elle a le droit à son petit paragraphe.
Avec les mêmes critères que les miens, <a href="https://piaille.fr/@floradruez/114794047226615099" rel="nofollow">sa super libraire lui a recommandé </a>:</p>
<ul><li><em>Le chant de la rivière</em> de Wendy Délire</li>
<li><em>L&#39;octopus et moi</em> de Erin Hortle ( décrit comme une pepite par la libraire)</li>
<li><em>L&#39;automne est la dernière saison</em> de Nasim Marashi</li></ul>

<p>Et comme on aime les mêmes livres, elle me recommande :</p>
<ul><li><em>Kiff Kiff demain</em> de Faiza Guene.</li>
<li><em>Dans la forêt</em> de Jean Hegland.</li>
<li><em>Consumée</em> de Antonia Crane. Le sujet semble lourd mais c&#39;est aussi léger et drole</li>
<li><em>Pourquoi pas la vie</em> de Coline Pierré</li>
<li><em>L&#39;heure des femmes</em> de Adèle Breau.</li>
<li><em>La fille de Lake Placid</em> de Marie Charrel. Lui il ne fait pas l&#39;unanimité au club book</li>
<li><em>Nos puissantes amitiés</em>, d&#39;Alice Raybaud.</li>
<li><em>L&#39;art de la joie</em> de Goliarda Sapienza. Lui je l&#39;ai lu il y a presque 15 ans, mais j&#39;en garde un super souvenirs.</li></ul>

<h2 id="c-est-la-fin" id="c-est-la-fin">C&#39;est la fin</h2>

<p>Bon, ya clairement trop de livres pour que j&#39;en rajoute d&#39;autres à la suite (même si j&#39;avais prévu au départ...). Un jour je ferai une liste avec les livres que j&#39;ai adorés et que je recommande. Mais ça ne sera pas aujourd&#39;hui !</p>

<p>Au fait, si vous vous posez la question, j&#39;ai commencé par acheter en ebook pour mon voyage en train d&#39;aujourd&#39;hui :
* <em>Indiana</em>, de George Sand. C&#39;était l&#39;option culture gé.
* <em>Honoré et moi</em>, de Titou Lecocq. Petit biais car je connais déjà l&#39;autrice, et il y a eu 2 amies à en dire du bien.
* <em>Un psaume pour les recyclés sauvage</em> car j&#39;ai cédé à la pression populaire de lire au moins un livre de Becky Chambers.</p>

<p>Et j&#39;ai encore rien eu le temps de lire car ça m&#39;a pris la moitié du voyage d&#39;écrire ce billet. La fausse bonne idée !</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:VendrediLecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">VendrediLecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lectures-des-romans-ecrits-par-des-femmes</guid>
      <pubDate>Fri, 04 Jul 2025 15:53:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>[Lecture] Paresse pour tous</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous</link>
      <description>&lt;![CDATA[Lecture&#xA;« Ce qu’il faudrait c’est que la gauche soit capable de créer des nouveaux récits qui donnent envie. » J’ai entendu cette phrase mille fois, je me suis dit que c&#39;était peut-être vraie. Maintenant, je sais que cette phrase est fausse.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Une société qui n’est plus désirable&#xA;Il n’y a pas besoin de lire a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-ce-qui-nous-porte-sandrine-rousseau&#34;le livre de Sandrine Rousseau /a(mais c’est très bien de le faire) pour constater que notre modèle de société n’est absolument pas désirable. Le travail abîme les ouvriers comme les cadres. Il n’y a plus d’ascenseur social. Notre système d’agriculture agro-industriel nous donne diabète et cancers. Et notre planète se réchauffe à un rythme qui met en danger des milliards de personnes.&#xA;&#xA;Le dogme de l’efficacité&#xA;Les valeurs clés de notre société sont la performance et l’efficacité. Il faut gagner du temps, aller plus vite, en faire plus, toujours plus. &#xA;Avec les machines, le pétrole, puis avec le numérique nous avons accéléré. Nous produisons de plus en plus et de plus en plus vite. Et qu’avons nous gagné ? Le droit d’en faire plus pour acheter des biens et des services qui nous apportent une consolation éphémère. &#xA;&#xA;Aujourd’hui, tout va trop vite. Il y a trop de films, trop de séries, trop de livres. On n’a pas le temps de « consommer » tout ce qui nous intéresserait, on est tout le temps en train de passer à côté de quelque chose. Il y a aussi trop d’objets, trop de vêtements, trop de voitures, trop de tout. Et on n’a pas assez de temps pour nous, pour rêver, pour profiter de nos proches tant qu’il en est encore temps. On passe à côté de nos vies. &#xA;&#xA;Ralentir, pour prendre le temps de vivre&#xA;Passer moins de temps à gagner sa vie&#xA;Dans « a href=&#34;https://le-tripode.net/livre/hadrien-klent/paresse-pour-tous&#34;Paresse pour tous/a », le héros est un économiste qui défend la thèse qu’on pourrait travailler moins (quelques heures par jour), et que la société irait mieux. &#xA;&#xA;L’un des qui-pro-quo du livre est que le héros ne défend pas le fait de ne rien faire, mais d’avoir des heures chaque jour pour faire des choses qui ne créent pas de valeur pour le PIB des économistes. Sur le temps libéré on pourrait : dormir, entretenir un jardin partagé, cuisiner, s’occuper des enfants, lire, écrire, militer, construire, … VIVRE ! &#xA;&#xA;Des économies si on travaille moins ? &#xA;La thèse défendue est que si l’on travaille moins, alors on bougera plus, on sera plus reposé·es, on se nourrira mieux puisqu’on aura du temps pour cuisiner. On sera donc en meilleure santé ! Et donc, ça coûtera moins cher à la sécu. &#xA;&#xA;Comme on aura plus de temps, on fera moins de voiture. La qualité de l’air sera meilleure, on utilisera plus le vélo et nos pieds, et donc on sera en meilleure santé. Et si on fait moins de voiture, on a moins besoin d’énormes routes qui coûtent cher à construire et à entretenir. Bref, encore des économies pour la société. &#xA;&#xA;Ce projet est distillé au cours du livre et donne vraiment envie d&#39;essayer. &#xA;&#xA;Qui a envie de travailler moins pour vivre mieux ? &#xA;« C’est une utopie c&#39;est impossible !! »   répondrait mon père avec condescendance envers sa fille qui ne comprend toujours rien à 40 ans au monde des adultes. Aujourd&#39;hui, en tant qu&#39;adepte fervent de la religion du capitalisme, de sa morale du travail, et de son saint esprit, la main invisible du marché, il voterait contre ce projet. Alors même que le projet lui plait au fond.  &#xA;&#xA;Dans le livre « Paresse pour tous », notre économiste qui vient de recevoir un prix Nobel, accepte de se lancer dans la course pour la présidentielle. Pour porter un message. &#xA;&#xA;Et le roman nous montre comment cette idée prend, même chez les retraités qui détestent le changement surtout si ça améliore la vie des jeunes. Mais aussi comment le vieux monde lutte à tout prix contre cette libération des pauvres. Ils doivent travailler pour vivre et vivre pour travailler ! Rien de pire que des pauvres oisifs qui auraient le temps de penser pour elleux. &#xA;&#xA;Un chouette roman &#xA;Et en plus c’est bien écrit, un page turner comme on dit. Bien que ça soit écrit par un homme (Hadrien Klent), que le héros soit un homme, je n’ai pas trouvé le roman sexiste. &#xA;&#xA;Ce n’est pas non plus cucul, les protagonistes rencontrent des difficultés crédibles, comme le fait de faire campagne pour réduire le temps de travail, tout en travaillant trop pour gagner la bataille. &#xA;&#xA;Bref, j’ai envie d’offrir ce livre à tout le monde. Je fais mon petit lobbying en le demandant dans toutes les librairies et relais où je passe ^^. &#xA;&#xA;Lisez-le et venez me dire ce que vous en avez pensé. J&#39;adorerais qu&#39;on soit plein à en parler... Et que l&#39;utopie prenne !&#xA;&#xA;Lecture&#xA;&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a>
<em>« Ce qu’il faudrait c’est que la gauche soit capable de créer des nouveaux récits qui donnent envie. » J’ai entendu cette phrase mille fois, je me suis dit que c&#39;était peut-être vraie. Maintenant, je sais que cette phrase est fausse.</em></p>



<h1 id="une-société-qui-n-est-plus-désirable" id="une-société-qui-n-est-plus-désirable">Une société qui n’est plus désirable</h1>

<p>Il n’y a pas besoin de lire <a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-ce-qui-nous-porte-sandrine-rousseau" rel="nofollow">le livre de Sandrine Rousseau </a>(mais c’est très bien de le faire) pour constater que <strong>notre modèle de société n’est absolument pas désirable</strong>. Le travail abîme les ouvriers comme les cadres. Il n’y a plus d’ascenseur social. Notre système d’agriculture agro-industriel nous donne diabète et cancers. Et notre planète se réchauffe à un rythme qui met en danger des milliards de personnes.</p>

<h2 id="le-dogme-de-l-efficacité" id="le-dogme-de-l-efficacité">Le dogme de l’efficacité</h2>

<p>Les valeurs clés de notre société sont la <strong>performance</strong> et l’<strong>efficacité</strong>. Il faut <strong>gagner du temps, aller plus vite, en faire plus, toujours plus</strong>.
Avec les machines, le pétrole, puis avec le numérique nous avons accéléré. Nous produisons de plus en plus et de plus en plus vite. Et qu’avons nous gagné ? Le droit d’en faire plus pour acheter des biens et des services qui nous apportent une consolation éphémère.</p>

<p><strong>Aujourd’hui, tout va trop vite</strong>. Il y a trop de films, trop de séries, trop de livres. On n’a pas le temps de « consommer » tout ce qui nous intéresserait, on est tout le temps en train de passer à côté de quelque chose. Il y a aussi trop d’objets, trop de vêtements, trop de voitures, trop de tout. Et on n’a <strong>pas assez de temps</strong> pour nous, pour rêver, pour profiter de nos proches tant qu’il en est encore temps. <strong>On passe à côté de nos vies</strong>.</p>

<h1 id="ralentir-pour-prendre-le-temps-de-vivre" id="ralentir-pour-prendre-le-temps-de-vivre">Ralentir, pour prendre le temps de vivre</h1>

<h2 id="passer-moins-de-temps-à-gagner-sa-vie" id="passer-moins-de-temps-à-gagner-sa-vie">Passer moins de temps à gagner sa vie</h2>

<p>Dans « <a href="https://le-tripode.net/livre/hadrien-klent/paresse-pour-tous" rel="nofollow">Paresse pour tous</a> », le héros est un économiste qui défend la thèse qu’on pourrait travailler moins (quelques heures par jour), et que la société irait mieux.</p>

<p>L’un des qui-pro-quo du livre est que le héros ne défend pas le fait de ne rien faire, mais d’avoir des heures chaque jour pour <strong>faire des choses qui ne créent pas de valeur pour le PIB des économistes</strong>. Sur le temps libéré on pourrait : dormir, entretenir un jardin partagé, cuisiner, s’occuper des enfants, lire, écrire, militer, construire, … VIVRE !</p>

<h2 id="des-économies-si-on-travaille-moins" id="des-économies-si-on-travaille-moins">Des économies si on travaille moins ?</h2>

<p>La thèse défendue est que si l’on travaille moins, alors on bougera plus, on sera plus reposé·es, on se nourrira mieux puisqu’on aura du temps pour cuisiner. On sera donc en <strong>meilleure santé</strong> ! Et donc, ça coûtera moins cher à la sécu.</p>

<p>Comme on aura plus de temps, on fera <strong>moins de voiture</strong>. La qualité de l’air sera meilleure, on utilisera plus le vélo et nos pieds, et donc on sera en meilleure santé. Et si on fait moins de voiture, on a moins besoin d’énormes routes qui coûtent cher à construire et à entretenir. Bref, encore des économies pour la société.</p>

<p>Ce projet est distillé au cours du livre et donne vraiment envie d&#39;essayer.</p>

<h1 id="qui-a-envie-de-travailler-moins-pour-vivre-mieux" id="qui-a-envie-de-travailler-moins-pour-vivre-mieux">Qui a envie de travailler moins pour vivre mieux ?</h1>

<p>« C’est une utopie c&#39;est impossible !! »   répondrait mon père avec condescendance envers sa fille qui ne comprend toujours rien à 40 ans au monde des adultes. Aujourd&#39;hui, en tant qu&#39;adepte fervent de la religion du capitalisme, de sa morale du travail, et de son saint esprit, la main invisible du marché, il voterait contre ce projet. Alors même que le projet lui plait au fond.</p>

<p>Dans le livre « Paresse pour tous », notre économiste qui vient de recevoir un prix Nobel, accepte de se lancer dans la <strong>course pour la présidentielle</strong>. Pour porter un message.</p>

<p>Et le roman nous montre comment cette idée prend, même chez les retraités qui détestent le changement surtout si ça améliore la vie des jeunes. Mais aussi comment le vieux monde lutte à tout prix contre cette libération des pauvres. Ils doivent travailler pour vivre et vivre pour travailler ! Rien de pire que des pauvres oisifs qui auraient le temps de penser pour elleux.</p>

<h1 id="un-chouette-roman" id="un-chouette-roman">Un chouette roman</h1>

<p><strong>Et en plus c’est bien écrit</strong>, un <em>page turner</em> comme on dit. Bien que ça soit écrit par un homme (Hadrien Klent), que le héros soit un homme, je n’ai pas trouvé le roman sexiste.</p>

<p>Ce n’est pas non plus cucul, les protagonistes rencontrent des difficultés crédibles, comme le fait de faire campagne pour réduire le temps de travail, tout en travaillant trop pour gagner la bataille.</p>

<p><strong>Bref, j’ai envie d’offrir ce livre à tout le monde</strong>. Je fais mon petit lobbying en le demandant dans toutes les librairies et relais où je passe ^^.</p>

<p>Lisez-le et venez me dire ce que vous en avez pensé. J&#39;adorerais qu&#39;on soit plein à en parler... Et que l&#39;utopie prenne !</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-paresse-pour-tous</guid>
      <pubDate>Thu, 03 Jul 2025 10:09:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>[Lecture] Ce qui nous porte — Sandrine Rousseau</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-ce-qui-nous-porte-sandrine-rousseau</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Lecture #Ecologie #Politique&#xA;Le dernier livre de Sandrine Rousseau : « Ce qui nous porte » est un livre un peu atypique. Ce n&#39;est pas un livre d&#39;opinion, mais un livre avec des opinions quand même. Ce n&#39;est pas un livre autobiographique, mais il y a de la vie de Sandrine Rousseau et de sa famille dedans.  Ce n&#39;est pas non plus un livre de sociologie ou d&#39;histoire ou d&#39;économie, mais il y a un peu de tout ça dedans.&#xA;Alors c&#39;est quoi comme livre? On y apprend quoi ?&#xA;!--more--&#xA;img src=&#34;https://acloud7.zaclys.com/index.php/apps/filessharing/publicpreview/gb7HgoKoJmc4qFd?file=/&amp;fileId=7336204&amp;x=2560&amp;y=1600&amp;a=true&amp;etag=de46ff2bf5d23367661f9a4bb96465b0&#34; width=&#34;300&#34; alt=&#34;Photo avec en premier plan le livre de sandrine Rousseau ce qui nous porte avec une couverture très joyeuse et colorée et la photo de l&#39;autrice . À l&#39;arrière plan un hamac et la foret.&#34;&#xA;&#xA;Ce qui nous porte — Le malentendu sur le titre&#xA;À la lecture du titre et de ce qu&#39;en disaient les médias, je m&#39;attendais à un livre qui présente un projet de société. J&#39;allais avoir enfin la réponse à ce que pourrait être le monde de demain, une fois qu&#39;on serait sortis du patriarcat et du capitalisme. J&#39;avais compris le titre comme : « ce [projet de société trop bien] qui nous porte ». &#xA;&#xA;Bon, bah c&#39;est pas ça. &#xA;&#xA;Maintenant, je comprends davantage le titre comme : « Ce qui fonde notre conviction que le modèle des 30 glorieuses n&#39;est pas le projet de société désirable pour la gauche, mais que tout n&#39;est pas fichu ». &#xA;&#xA;J&#39;ai eu l&#39;impression d&#39;un kaléidoscope de monographies sur différents sujets. En fait, il y a un fil conducteur historique avec 3 grandes périodes : 1945-75 (les 30 glorieuses), les années 1980-2000, et maintenant. Sandrine Rousseau aborde des éléments marquant de chaque période. Ce sont des thèmes : voiture, urbanisme, ingénieurs, animaux, etc, mais aussi des points de vue de différentes disciplines académiques : histoire, sociologie, économie, etc. Chaque sujet est documenté, sourcé, et complété par l&#39;histoire personnelle, les lectures, et les connaissances de Sandrine Rousseau. &#xA;&#xA;Un livre pour argumenter &#xA;J&#39;ai lu très facilement les premiers chapitres du livre qui sont portés par l&#39;histoire de la famille de Sandrine Rousseau. J&#39;ai eu plus de mal à lire les chapitres suivant.  Peut-être parce que je n&#39;ai pas trouvé le fil narratif conducteur, et peut-être parce qu&#39;il y avait trop de faits et de chiffres pour une lecture dans un hamac.  &#xA;&#xA;Mais je suis contente aujourd&#39;hui de revenir à ce livre pour en faire une note de lecture, assise derrière mon bureau. Je vais prêter le livre à quelques copines, mais je serai contente de le garder dans mes étagères pour pouvoir y retourner quand j&#39;aurais besoin d&#39;argumenter sur l&#39;un des sujets traités. &#xA;&#xA;Pour moi la force de ce livre est de donner aux militant·es qui accompagnent Sandrine Rousseau les éléments pour défendre ses positions. En ça, merci Sandrine, c&#39;est un ouvrage précieux ! &#xA;&#xA;Quelques idées fortes, chapitre par chapitre&#xA;Partie 1  : 1945-1975, les 30 glorieuses. Vraiment glorieuses ? &#xA;La première partie du livre raconte l&#39;histoire des 30 glorieuses. &#xA;C&#39;est une histoire que je connais mal du point de vue des historien·nes, mais l&#39;histoire de la famille de Sandrine Rousseau me rappelle celle de ma famille paternelle. &#xA;Mon grand-père est entré à 14 ans comme apprenti ouvrier à l&#39;usine de papeterie, et il y a terminé sa carrière comme directeur (on parle des années 70-75). Son fils a fait des études d&#39;ingénieur, il a « réussi » au sens où il a gagné trop d&#39;argent et produit trop de carbone. Sa maison est remplie de gadgets technologiques, mais elle sonne parfois vide. &#xA;&#xA;Ce que j&#39;en retiens de ma lecture de cette première partie&#xA;&#xA;  Il y a de bonnes raisons pour regarder avec nostalgie les années 1945-1975 car elles ont permis à un grand nombre de personnes de changer de vie et de grimper l&#39;échelle sociale. &#xA;&#xA;C&#39;est l&#39;histoire vue depuis la fenêtre de mon grand-père paternel.&#xA;&#xA;  Ces années n&#39;ont été possibles que grâce à un accès à du pétrole bon marché, des ressources naturelles qui semblaient infinies, et une main d’œuvre corvéable et maltraitée (les immigrés).  &#xA;&#xA;L&#39;image collective que l&#39;on garde serait sans doute bien différente si on la regardait depuis la fenêtre des immigrés employés dans nos mines. Mais l&#39;histoire est raciste et préfère garder le point de vue des hommes blancs qui ont réussi. &#xA;&#xA;  Ces années nous ont enfermé·es dans un modèle de société qui n&#39;est pas soutenable : dépendance à la voiture, au pétrole et à la croissance.&#xA;&#xA;Pendant cette période, l&#39;efficacité énergétique de la France a été divisée par deuxsup1/sup. Pas besoin de faire efficace quand le pétrole coule à flot. Autant se déplacer chacun dans une voiture, rentrer dans son petit pavillon mal isolé loin du bruit de la ville, on fera tourner les radiateurs fort en hiver. &#xA;&#xA;  Ces années n&#39;ont pas été du tout glorieuses pour la planète, ni pour notre santé aujourd&#39;hui. Ce sont des années d&#39;exploitation sans considérations pour la nature. Elles se sont terminées par des scandales de pollution, de maladies professionnelles, et le développement des normes environnementales. &#xA;&#xA;Je vois dans le monde agricole la nostalgie d&#39;un monde où on ne peut plus faire ce qu&#39;on veut comme avant. Le réglementaire nous empêche de travailler. J&#39;ai réalisé très récemment qu&#39;on cache derrière le mot technocrate réglementaire le fait d&#39;éviter des maladies et des scandales sanitaires. Les normes seraient là pour emmerder les entrepreneurs, et pas pour protéger les citoyen·nes. &#xA;&#xA;Partie 2 : Après 1975, le libéralisme et la société de consommation&#xA;C&#39;est en relisant le livre que je comprends mieux l&#39;organisation de ce livre. Cette deuxième partie s&#39;appelle en réalité Crise de modèle et crise de sens. &#xA;&#xA;  Comment est-on passés de la société où tout va bien pour les classes moyennes blanches françaises à une société où ceux-là sont en colère, ou désabusés, et se tournent vers l&#39;extrême droite&amp;nbsp;?&#xA;&#xA;Le tournant loupé des années 70-80&#xA;Dans les années 70-80, tout est là pour prendre conscience que le modèle de société proposé par les 30 glorieuses va nous jeter contre un mur : &#xA;&#xA;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/LesLimites%C3%A0lacroissance&#34;Le rapport Meadows sur les limites de la croissance/a est publié en 1972, &#xA;La révolution de mai 68 en France, et la naissance des mouvements environnementaux (WWF, Greenpeace, France Nature Environnement, ...) &#xA;La a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/TorreyCanyon&#34;marée noire du Torrey Canyon /a en 1967,&#xA;Le livre de Rachel Carson sur les ravages du DDT sur la biodiversité : a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Printempssilencieux&#34;Le printemps silencieux. /a  &#xA;Les chocs pétrolier et l&#39;explosion du chômage. &#xA;&#xA;Et pourtant, le tournant politique pris est celui du libéralisme économique. Une nouvelle religion émerge (Sandrine Rousseau n&#39;utilise pas ces mots) avec un nouveau Dieu : le marché et sa main invisible (notre nouvel Esprit Sain). Les grands prêtres sont Margaret Thatcher et Ronald Reagan. &#xA;&#xA;  D&#39;un point de vue d&#39;économiste, c&#39;est la période du désencastrement de l&#39;économie. La société ne décide plus de ce qui relève ou non de l&#39;économie de marché. La société, la santé, tout devient un produit pour le marché. &#xA;&#xA;Le tournant de la rigueur ... pour les classes moyennes&#xA;Pour satisfaire la Loi du Marché (qui n&#39;a pas de fondement scientifique expérimental, c&#39;est juste une théorie d&#39;économiste), on privatise, on fait la rigueur et l&#39;austérité. &#xA;&#xA;Il faut générer de la croissance, du profit. Alors on pressurise les travailleur·ses, la nature, on presse toujours plus, plus vite, plus fort. &#xA;&#xA;Pour une petite partie de la population, l&#39;ascenseur continue de fonctionner, ils seront plus riches que leurs parents. Pour les autres, c&#39;est la stagnation, voir le recul. Et enfin, pour les plus pauvres, il n&#39;y a plus d&#39;espoir. &#xA;&#xA;  On critique les jeunes des banlieues qui mettent le feu à leurs écoles car ça devrait être le lieu de leur émancipation. Leur ascenseur vers une meilleure vie. C&#39;était le cas dans les années 1945-75, ce n&#39;est plus le cas aujourd&#39;hui. Le système ne fonctionne plus pour elleux, et ils le savent. Notre école renforce les inégalités sociales, elle ne les répare pas. &#xA;&#xA;Des concepts galvaudés&#xA;&#xA;Sandrine Rousseau fait une liste de concepts qui ont perdu leur sens. &#xA;&#xA;La croissance pour qui une guerre ou une marée noire sont des bonnes nouvelles, alors que le bénévolat et le temps passé à se balader gratuitement dans la nature sont des manques à gagner. &#xA;Le pouvoir d&#39;achat parce qu&#39;évidemment ce qu&#39;on cherche c&#39;est de pouvoir acheter des choses pour exister, et pas juste d&#39;avoir une vie de qualité, &#xA;Le progrès et les révolutions technologiques qui sonnent tellement faux à l&#39;époque des IA génératives et de l&#39;emmerdification d&#39;internet, &#xA;et enfin, l&#39;environnement qui sépare l&#39;humanité du reste du vivant et du non vivant, comme si on pouvait vivre à côté. &#xA;&#xA;Partie 3 : les bonnes nouvelles&#xA;Dans cette troisième partie, Sandrine Rousseau s&#39;appuie sur des enquêtes sociologiques pour montrer que la société a beaucoup changé et qu&#39;on est peut-être à l&#39;avant-veille de grands changements dans le bon sens. Mais peut-être aussi, avec la même probabilité, à l&#39;avant-veille d&#39;une catastrophe. &#xA;&#xA;Nous ne sommes pas ce que les médias nous montrent &#xA;&#xA;  Les médias dépeignent une société qui n&#39;aurait jamais été aussi raciste, sexiste, violente, etc. Mais ce n&#39;est pas le cas. En moyenne la société est beaucoup plus progressiste aujourd&#39;hui qu&#39;il y a 20 ans. Par contre, il y a une radicalisation de celleux qui sont en marge. &#xA;&#xA;Mais les médias possédés aujourd&#39;hui majoritairement par la droite ou l&#39;extrême droite choisissent de nous montrer ces personnes les plus clivantes, par projet idéologique, et parce que ça fait le buzz. &#xA;&#xA;Je n&#39;avais pas ça en tête avant d&#39;écouter Sandrine Rousseau en conférence à Bordeaux. Maintenant, je crois que c&#39;est vrai. Et j&#39;en veux pour preuve que même Gérald Darmanin regrette d&#39;avoir été contre le mariage pour tous 😆!  Dans son livre, Sandrine Rousseau étaye ce propos sur de nombreux thèmes : racisme, homophobie, sexisme, droit des animaux, etc. Évidemment, on est loin du bout de ces luttes, mais on n&#39;en a jamais été aussi proche. &#xA;&#xA;Pour autant, les réactionnaires sont de plus en plus proches du pouvoir, et le grand retour en arrière à la mode USA fait très peur 😱. &#xA;&#xA;Globalement, nous n&#39;allons pas très bien&#xA;&#xA;  Sandrine Rousseau a beaucoup travaillé sur la santé mentale des français, et globalement, ça va mal. Les jeunes vont très mal, les moins jeunes ne vont pas très bien. &#xA;&#xA;C&#39;est quelque chose que je constate autour de moi. &#xA;&#xA;Je vois beaucoup de jeunes (et moins jeunes puisque de ma génération) qui vont mal. C&#39;est dur de grandir dans un monde sans avenir quand les vieux continuent d&#39;acheter des voitures à essence, de prendre l&#39;avion pour partir en vacances parce que... ils l&#39;ont bien mérité ! &#xA;&#xA;Je suis entourée de personnes que le travail broie alors qu&#39;il n&#39;est pas physique. Quel sens ça a de se donner à fond au travail pour être une simple ressource humaine dont on peut disposer dans une entreprise dont l&#39;objectif est d&#39;enrichir des actionnaires ? &#xA;&#xA;J&#39;ai aussi autour de moi des baby-boomers qui sont convaincus que ça ira mieux et que donc il ne faut pas s&#39;inquiéter. Mais sont-ils vraiment heureux quand on les voit courir de voyage au Soleil en voyage culturel, de stage de développement personnel en week-end de repli sur soi, et continuer à passer autant de temps à râler sur tout ? &#xA;&#xA;Et puis je suis entourée de quelques marginaux de tous âges, qui ont choisi des chemins de traverse par rapport à ce que propose la société d&#39;aujourd&#39;hui. Et ces personnes m&#39;ont l&#39;air plus heureuses... &#xA;&#xA;Bref, notre société de consommation capitaliste actuelle n&#39;est pas désirable. &#xA;&#xA;La conclusion : Loyalty, Exit or Voice ?&#xA;Sandrine Rousseau conclue son livre en citant le a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/AlbertHirschman&#34;philosophe Albert Otto Hirschman /aqui pose 3 attitudessup2/sup face à une entreprise qui déconne (comme par exemple au hasard Total Énergies ou la Société Générale) : &#xA;&#xA;Loyalty : s&#39;accomoder, faire avec. En écologie, c&#39;est continuer à jouer le jeu du monde d&#39;aujourd&#39;hui. &#xA;Exit : partir, pour ne plus contribuer au massacre. En écologie ce serait quitter la société pour, comme Candide, cultiver son jardin en dehors du monde. &#xA;Voice : prendre la parole, pour faire changer les choses de l&#39;intérieur.  &#xA;&#xA;  Sandrine Rousseau a d&#39;abord joué le jeu de la loyauté au parti des écologistes, puis elle en est partie parce que ça n&#39;était plus possible. Et aujourd&#39;hui, elle est revenue avec comme projet de le transformer, ainsi que notre société, de l&#39;intérieur en disant ce qui ne va pas 💪 !  &#xA;&#xA;Références &#xA;Il y a beaucoup de références dans le livre de Sandrine Rousseau. Malheureusement, les journées ne font que 24 heures, alors je ne cite que deux livres que peut être un jour je trouverai le temps de lire... &#xA;&#xA;« Une autre histoire des 30 glorieuses » de Céline Plessis, Sezin Topçu et Christophe Bonneuil &#xA;« Exit, Voice, and Loyalty : Responses to Decline in Firms, Organizations, and States » de Albert Otto Hirschman &#xA;&#xA;Lecture&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Ecologie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Ecologie</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a>
<em>Le dernier livre de Sandrine Rousseau</em> : « Ce qui nous porte » <em>est un livre un peu atypique. Ce n&#39;est pas un livre d&#39;opinion, mais un livre avec des opinions quand même. Ce n&#39;est pas un livre autobiographique, mais il y a de la vie de Sandrine Rousseau et de sa famille dedans.  Ce n&#39;est pas non plus un livre de sociologie ou d&#39;histoire ou d&#39;économie, mais il y a un peu de tout ça dedans.</em>
<em>Alors c&#39;est quoi comme livre? On y apprend quoi ?</em>

<img src="https://acloud7.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/gb7HgoKoJmc4qFd?file=/&amp;fileId=7336204&amp;x=2560&amp;y=1600&amp;a=true&amp;etag=de46ff2bf5d23367661f9a4bb96465b0" width="300" alt="Photo avec en premier plan le livre de sandrine Rousseau ce qui nous porte avec une couverture très joyeuse et colorée et la photo de l&#39;autrice . À l&#39;arrière plan un hamac et la foret."></p>

<h2 id="ce-qui-nous-porte-le-malentendu-sur-le-titre" id="ce-qui-nous-porte-le-malentendu-sur-le-titre">Ce qui nous porte — Le malentendu sur le titre</h2>

<p>À la lecture du titre et de ce qu&#39;en disaient les médias, je m&#39;attendais à un livre qui présente un <strong>projet de société</strong>. J&#39;allais avoir enfin la réponse à ce que pourrait être le monde de demain, une fois qu&#39;on serait sortis du patriarcat et du capitalisme. J&#39;avais compris le titre comme : « <em>ce [projet de société trop bien] qui nous porte</em> ».</p>

<p>Bon, bah c&#39;est pas ça.</p>

<p>Maintenant, je comprends davantage le titre comme : « <em>Ce qui fonde notre conviction que le modèle des 30 glorieuses n&#39;est pas le projet de société désirable pour la gauche, mais que tout n&#39;est pas fichu</em> ».</p>

<p>J&#39;ai eu l&#39;impression d&#39;un kaléidoscope de monographies sur différents sujets. En fait, il y a un fil conducteur historique avec 3 grandes périodes : 1945-75 (les 30 glorieuses), les années 1980-2000, et maintenant. Sandrine Rousseau aborde des éléments marquant de chaque période. Ce sont des thèmes : voiture, urbanisme, ingénieurs, animaux, etc, mais aussi des points de vue de différentes disciplines académiques : histoire, sociologie, économie, etc. Chaque sujet est documenté, sourcé, et complété par l&#39;histoire personnelle, les lectures, et les connaissances de Sandrine Rousseau.</p>

<h3 id="un-livre-pour-argumenter" id="un-livre-pour-argumenter">Un livre pour argumenter</h3>

<p>J&#39;ai lu très facilement les premiers chapitres du livre qui sont portés par l&#39;histoire de la famille de Sandrine Rousseau. J&#39;ai eu plus de mal à lire les chapitres suivant.  Peut-être parce que je n&#39;ai pas trouvé le fil narratif conducteur, et peut-être parce qu&#39;il y avait trop de faits et de chiffres pour une lecture dans un hamac.</p>

<p>Mais je suis contente aujourd&#39;hui de revenir à ce livre pour en faire une note de lecture, assise derrière mon bureau. Je vais prêter le livre à quelques copines, mais je serai contente de le garder dans mes étagères pour pouvoir y retourner quand j&#39;aurais besoin d&#39;argumenter sur l&#39;un des sujets traités.</p>

<p><strong>Pour moi la force de ce livre est de donner aux militant·es qui accompagnent Sandrine Rousseau les éléments pour défendre ses positions.</strong> En ça, merci Sandrine, c&#39;est un ouvrage précieux !</p>

<h2 id="quelques-idées-fortes-chapitre-par-chapitre" id="quelques-idées-fortes-chapitre-par-chapitre">Quelques idées fortes, chapitre par chapitre</h2>

<h3 id="partie-1-1945-1975-les-30-glorieuses-vraiment-glorieuses" id="partie-1-1945-1975-les-30-glorieuses-vraiment-glorieuses">Partie 1  : 1945-1975, les 30 <em>glorieuses</em>. Vraiment glorieuses ?</h3>

<p>La première partie du livre raconte l&#39;histoire des 30 glorieuses.
C&#39;est une histoire que je connais mal du point de vue des historien·nes, mais l&#39;histoire de la famille de Sandrine Rousseau me rappelle celle de ma famille paternelle.
Mon grand-père est entré à 14 ans comme apprenti ouvrier à l&#39;usine de papeterie, et il y a terminé sa carrière comme directeur (on parle des années 70-75). Son fils a fait des études d&#39;ingénieur, il a « réussi » au sens où il a gagné trop d&#39;argent et produit trop de carbone. Sa maison est remplie de gadgets technologiques, mais elle sonne parfois vide.</p>

<h4 id="ce-que-j-en-retiens-de-ma-lecture-de-cette-première-partie" id="ce-que-j-en-retiens-de-ma-lecture-de-cette-première-partie">Ce que j&#39;en retiens de ma lecture de cette première partie</h4>

<blockquote><p>Il y a de <strong>bonnes raisons</strong> pour regarder avec nostalgie les années 1945-1975 car elles ont permis à un grand nombre de personnes de changer de vie et de grimper l&#39;échelle sociale.</p></blockquote>

<p>C&#39;est l&#39;histoire vue depuis la fenêtre de mon grand-père paternel.</p>

<blockquote><p>Ces années n&#39;ont été possibles que grâce à un accès à <strong>du pétrole bon marché, des ressources naturelles qui semblaient infinies, et une main d’œuvre corvéable et maltraitée</strong> (les immigrés).</p></blockquote>

<p>L&#39;image collective que l&#39;on garde serait sans doute bien différente si on la regardait depuis la fenêtre des immigrés employés dans nos mines. Mais l&#39;histoire est raciste et préfère garder le point de vue des hommes blancs qui ont <em>réussi</em>.</p>

<blockquote><p>Ces années nous ont <strong>enfermé·es dans un modèle de société qui n&#39;est pas soutenable</strong> : dépendance à la voiture, au pétrole et à la croissance.</p></blockquote>

<p>Pendant cette période, l&#39;efficacité énergétique de la France a été divisée par deux<sup>1</sup>. Pas besoin de faire efficace quand le pétrole coule à flot. Autant se déplacer chacun dans une voiture, rentrer dans son petit pavillon mal isolé loin du bruit de la ville, on fera tourner les radiateurs fort en hiver.</p>

<blockquote><p>Ces années n&#39;ont pas <strong>été du tout glorieuses pour la planète</strong>, ni pour notre santé aujourd&#39;hui. Ce sont des années d&#39;exploitation sans considérations pour la nature. Elles se sont terminées par des scandales de pollution, de maladies professionnelles, et le développement des normes environnementales.</p></blockquote>

<p>Je vois dans le monde agricole la nostalgie d&#39;un monde où on ne peut plus faire ce qu&#39;on veut comme avant. <em>Le <em>réglementaire</em> nous empêche de travailler</em>. J&#39;ai réalisé très récemment qu&#39;on cache derrière le mot technocrate <strong>réglementaire</strong> le fait d&#39;éviter des maladies et des scandales sanitaires. Les normes seraient là pour emmerder les entrepreneurs, et pas pour protéger les citoyen·nes.</p>

<h3 id="partie-2-après-1975-le-libéralisme-et-la-société-de-consommation" id="partie-2-après-1975-le-libéralisme-et-la-société-de-consommation">Partie 2 : Après 1975, le libéralisme et la société de consommation</h3>

<p>C&#39;est en relisant le livre que je comprends mieux l&#39;organisation de ce livre. Cette deuxième partie s&#39;appelle en réalité <em>Crise de modèle et crise de sens</em>.</p>

<blockquote><p>Comment est-on passés de la société où tout va bien pour les classes moyennes blanches françaises à une société où ceux-là sont en colère, ou désabusés, et se tournent vers l&#39;extrême droite ?</p></blockquote>

<h4 id="le-tournant-loupé-des-années-70-80" id="le-tournant-loupé-des-années-70-80">Le tournant loupé des années 70-80</h4>

<p>Dans les années 70-80, tout est là pour prendre conscience que le modèle de société proposé par les 30 glorieuses va nous jeter contre un mur :</p>
<ul><li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Limites_%C3%A0_la_croissance" rel="nofollow">Le rapport Meadows sur les limites de la croissance</a> est publié en 1972,</li>
<li>La révolution de mai 68 en France, et la naissance des mouvements environnementaux (WWF, Greenpeace, France Nature Environnement, ...)</li>
<li>La <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Torrey_Canyon" rel="nofollow">marée noire du Torrey Canyon </a> en 1967,</li>
<li>Le livre de Rachel Carson sur les ravages du DDT sur la biodiversité : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_silencieux" rel="nofollow">Le printemps silencieux. </a><br></li>
<li>Les chocs pétrolier et l&#39;explosion du chômage.</li></ul>

<p>Et pourtant, le tournant politique pris est celui du <strong>libéralisme économique</strong>. Une nouvelle religion émerge (Sandrine Rousseau n&#39;utilise pas ces mots) avec un nouveau Dieu : le marché et sa main invisible (notre nouvel Esprit Sain). Les grands prêtres sont Margaret Thatcher et Ronald Reagan.</p>

<blockquote><p>D&#39;un point de vue d&#39;économiste, c&#39;est la période du désencastrement de l&#39;économie. La société ne décide plus de ce qui relève ou non de l&#39;économie de marché. La société, la santé, tout devient un produit pour le marché.</p></blockquote>

<h4 id="le-tournant-de-la-rigueur-pour-les-classes-moyennes" id="le-tournant-de-la-rigueur-pour-les-classes-moyennes">Le tournant de la rigueur ... pour les classes moyennes</h4>

<p>Pour satisfaire la Loi du Marché (qui n&#39;a pas de fondement scientifique expérimental, c&#39;est juste une théorie d&#39;économiste), on privatise, on fait la rigueur et l&#39;austérité.</p>

<p>Il faut générer de la croissance, du profit. Alors on pressurise les travailleur·ses, la nature, on presse toujours plus, plus vite, plus fort.</p>

<p>Pour une petite partie de la population, l&#39;ascenseur continue de fonctionner, ils seront plus riches que leurs parents. Pour les autres, c&#39;est la stagnation, voir le recul. Et enfin, pour les plus pauvres, il n&#39;y a plus d&#39;espoir.</p>

<blockquote><p>On critique les jeunes des banlieues qui mettent le feu à leurs écoles car ça devrait être le lieu de leur émancipation. Leur ascenseur vers une meilleure vie. C&#39;était le cas dans les années 1945-75, ce n&#39;est plus le cas aujourd&#39;hui. Le système ne fonctionne plus pour elleux, et ils le savent. Notre école renforce les inégalités sociales, elle ne les répare pas.</p></blockquote>

<h4 id="des-concepts-galvaudés" id="des-concepts-galvaudés">Des concepts galvaudés</h4>

<p>Sandrine Rousseau fait une liste de concepts qui ont perdu leur sens.</p>
<ul><li>La <strong>croissance</strong> pour qui une guerre ou une marée noire sont des bonnes nouvelles, alors que le bénévolat et le temps passé à se balader gratuitement dans la nature sont des manques à gagner.</li>
<li>Le <strong>pouvoir d&#39;achat</strong> parce qu&#39;évidemment ce qu&#39;on cherche c&#39;est de pouvoir acheter des choses pour exister, et pas juste d&#39;avoir une vie de qualité,</li>
<li>Le <strong>progrès et les révolutions technologiques</strong> qui sonnent tellement faux à l&#39;époque des IA génératives et de l&#39;emmerdification d&#39;internet,</li>
<li>et enfin, <strong>l&#39;environnement</strong> qui sépare l&#39;humanité du reste du vivant et du non vivant, comme si on pouvait vivre à côté.</li></ul>

<h3 id="partie-3-les-bonnes-nouvelles" id="partie-3-les-bonnes-nouvelles">Partie 3 : les bonnes nouvelles</h3>

<p>Dans cette troisième partie, Sandrine Rousseau s&#39;appuie sur des enquêtes sociologiques pour montrer que la société a beaucoup changé et qu&#39;on est peut-être à l&#39;avant-veille de grands changements dans le bon sens. Mais peut-être aussi, avec la même probabilité, à l&#39;avant-veille d&#39;une catastrophe.</p>

<h4 id="nous-ne-sommes-pas-ce-que-les-médias-nous-montrent" id="nous-ne-sommes-pas-ce-que-les-médias-nous-montrent">Nous ne sommes pas ce que les médias nous montrent</h4>

<blockquote><p>Les médias dépeignent une société qui n&#39;aurait jamais été aussi raciste, sexiste, violente, etc. Mais ce n&#39;est pas le cas. En moyenne la société est beaucoup plus progressiste aujourd&#39;hui qu&#39;il y a 20 ans. Par contre, il y a une radicalisation de celleux qui sont en marge.</p></blockquote>

<p>Mais les médias possédés aujourd&#39;hui majoritairement par la droite ou l&#39;extrême droite choisissent de nous montrer ces personnes les plus clivantes, par projet idéologique, et parce que ça fait le buzz.</p>

<p>Je n&#39;avais pas ça en tête avant d&#39;écouter Sandrine Rousseau en conférence à Bordeaux. Maintenant, je crois que c&#39;est vrai. Et j&#39;en veux pour preuve que même Gérald Darmanin regrette d&#39;avoir été contre le mariage pour tous 😆!  Dans son livre, Sandrine Rousseau étaye ce propos sur de nombreux thèmes : racisme, homophobie, sexisme, droit des animaux, etc. Évidemment, on est loin du bout de ces luttes, mais on n&#39;en a jamais été aussi proche.</p>

<p>Pour autant, les réactionnaires sont de plus en plus proches du pouvoir, et le grand retour en arrière à la mode USA fait très peur 😱.</p>

<h4 id="globalement-nous-n-allons-pas-très-bien" id="globalement-nous-n-allons-pas-très-bien">Globalement, nous n&#39;allons pas très bien</h4>

<blockquote><p>Sandrine Rousseau a beaucoup travaillé sur la santé mentale des français, et globalement, ça va mal. Les jeunes vont très mal, les moins jeunes ne vont pas très bien.</p></blockquote>

<p>C&#39;est quelque chose que je constate autour de moi.</p>

<p>Je vois beaucoup de jeunes (et moins jeunes puisque de ma génération) qui vont mal. C&#39;est dur de grandir dans un monde sans avenir quand les vieux continuent d&#39;acheter des voitures à essence, de prendre l&#39;avion pour partir en vacances parce que... ils l&#39;ont bien mérité !</p>

<p>Je suis entourée de personnes que le travail broie alors qu&#39;il n&#39;est pas physique. Quel sens ça a de se donner à fond au travail pour être une simple ressource humaine dont on peut disposer dans une entreprise dont l&#39;objectif est d&#39;enrichir des actionnaires ?</p>

<p>J&#39;ai aussi autour de moi des baby-boomers qui sont convaincus que ça ira mieux et que donc il ne faut pas s&#39;inquiéter. Mais sont-ils vraiment heureux quand on les voit courir de voyage au Soleil en voyage culturel, de stage de développement personnel en week-end de repli sur soi, et continuer à passer autant de temps à râler sur tout ?</p>

<p>Et puis je suis entourée de quelques marginaux de tous âges, qui ont choisi des chemins de traverse par rapport à ce que propose la société d&#39;aujourd&#39;hui. Et ces personnes m&#39;ont l&#39;air plus heureuses...</p>

<p>Bref, notre société de consommation capitaliste actuelle n&#39;est <strong>pas</strong> désirable.</p>

<h2 id="la-conclusion-loyalty-exit-or-voice" id="la-conclusion-loyalty-exit-or-voice">La conclusion : <em>Loyalty, Exit or Voice</em> ?</h2>

<p>Sandrine Rousseau conclue son livre en citant le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Hirschman" rel="nofollow">philosophe Albert Otto Hirschman </a>qui pose 3 attitudes<sup>2</sup> face à une entreprise qui déconne (comme par exemple au hasard Total Énergies ou la Société Générale) :</p>
<ul><li><strong>Loyalty</strong> : s&#39;accomoder, faire avec. En écologie, c&#39;est continuer à jouer le jeu du monde d&#39;aujourd&#39;hui.</li>
<li><strong>Exit</strong> : partir, pour ne plus contribuer au massacre. En écologie ce serait quitter la société pour, comme Candide, cultiver son jardin en dehors du monde.</li>
<li><strong>Voice</strong> : prendre la parole, pour faire changer les choses de l&#39;intérieur.<br></li></ul>

<blockquote><p>Sandrine Rousseau a d&#39;abord joué le jeu de la loyauté au parti des écologistes, puis elle en est partie parce que ça n&#39;était plus possible. Et aujourd&#39;hui, elle est revenue avec comme projet de le transformer, ainsi que notre société, de l&#39;intérieur en disant ce qui ne va pas 💪 !</p></blockquote>

<h2 id="références" id="références">Références</h2>

<p>Il y a <em>beaucoup</em> de références dans le livre de Sandrine Rousseau. Malheureusement, les journées ne font que 24 heures, alors je ne cite que deux livres que peut être un jour je trouverai le temps de lire...</p>
<ol><li>« Une autre histoire des 30 glorieuses » de Céline Plessis, Sezin Topçu et Christophe Bonneuil</li>
<li>« Exit, Voice, and Loyalty : Responses to Decline in Firms, Organizations, and States » de Albert Otto Hirschman</li></ol>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-ce-qui-nous-porte-sandrine-rousseau</guid>
      <pubDate>Fri, 06 Jun 2025 21:20:44 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title>[Lecture] La tyrannie de l&#39;absence de structures - Jo Freeman</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-la-tyrannie-de-labsence-de-structures-jo-freeman</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Société #Politique #Lecture&#xA;On aimerait toustes qu&#39;un groupe puisse fonctionner bien sans avoir besoin de perdre du temps à construire des règles. Si on a réuni que des gens très bien, ça devrait marcher, non ?.&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Rêve d&#39;horizontalité &#xA;Il y a presque 10 ans, je créais une association avec quelques copines pour développer la recherche participative dans le monde du cheval. À cette époque, j&#39;avais deux craintes pour cette association : &#xA;&#xA;Que ça ne soit que MON association. &#xA;J&#39;assistais aux déboires d&#39;une association centrée sur une personne autocratique qui en avait été 40 ans à la tête et qui avait fait souffrir un peu tout le monde. Je voulais que l&#39;association qu&#39;on créait soit une association au service d&#39;un projet et pas d&#39;une personne. &#xA;Que les gens nouveaux ne trouvent pas facilement leur place. &#xA;J&#39;avais envie qu&#39;on soit débordées de nouvelles personnes et que ça ne reste pas que le projet d&#39;une bande de copines. &#xA;&#xA;Je crois qu&#39;on a bien réussi. Au bout d&#39;un an on était déjà 100 membres de toute la France. Au bout de 3 ans, comme je l&#39;avais annoncé au départ, j&#39;ai quitté le poste de présidente. Et aujourd&#39;hui, il n&#39;y a plus personne de l&#39;équipe de départ dans le bureau, et l&#39;association vit sa meilleure vie ! &#xA;&#xA;a href=&#34;https://sciencesequines.fr/&#34; Site de l&#39;association Sciences Équines /a&#xA;&#xA;La découverte d&#39;un vieil article féministe&#xA;Du coup, à l&#39;époque, j&#39;avais fait de la biblio pour comprendre un peu mieux les organisations, et j&#39;étais tombée sur cet article absolument génial de Jo Freeman : &#xA;&#xA;a href=&#34;https://www.jofreeman.com/joreen/tyranny.htm&#34;The tyranny of Structurelessness/a&#xA;a href=&#34;https://organisez-vous.org/tyrannie-horizontalite-jo-freeman/&#34; Une traduction en français sur le site organisez-vous /a&#xA;a href=&#34;https://infokiosques.net/spip.php?article2&#34;Une vieille traduction en français que je trouve moins facile à lire mais dont le titre est plus fidèle /a&#xA;&#xA;Il s&#39;agit d&#39;un article écrit par une femme militante féministe qui analyse les jeux de pouvoir au sein des collectifs féministes des années 1970. Elle montre qu&#39;en l&#39;absence de structuration explicite, tout collectif reproduit les systèmes de domination en cours dans nos sociétés 😔. &#xA;&#xA;  « Le laisser-faire au sein du groupe est à peu près aussi réaliste que le laissez-faire dans la société. L’idée [d&#39;une absence de structure] devient un écran de fumée qui permet aux forts ou aux chanceux d’exercer sur les autres un pouvoir que personne ne viendra remettre en question »&#xA;&#xA;Passons donc au résumé de l&#39;article. &#xA;1. Il y a toujours des structures informelles dans les groupes&#xA;La première idée forte de cet article serait assez banale en sociologie. Quel que soit le groupe ou le collectif, il y a toujours une structuration qui se fait, le plus souvent de manière informelle, c&#39;est-à-dire sans que personne ne l&#39;ait vraiment décidé. &#xA;&#xA;  Any group of people of whatever nature that comes together for any length of time for any purpose will inevitably structure itself in some fashion. &#xA;&#xA;  N’importe quel groupe d’individus – quel que soit sa nature, sa longévité ou son but – va inévitablement se structurer d’une manière ou d’une autre.&#xA;&#xA;L&#39;absence de structure ne conduit pas à une absence de hiérarchies ou de jeux de pouvoir, au contraire, elle donne davantage de pouvoir à certaines personnes sans que ça ne soit le fruit d&#39;une décision collective. &#xA;&#xA;  Thus structurelessness becomes a way of masking power, and within the women&#39;s movement is usually most strongly advocated by those who are the most powerful (whether they are conscious of their power or not).&#xA; &#xA;  Ainsi, l’absence de structures devient une façon de cacher le pouvoir, et ce sont en général les membres les plus puissantes des mouvements féministes (qu’elles soient conscientes ou non de leur pouvoir) qui en sont les plus ferventes partisantes.&#xA;&#xA;2. Le pouvoir de l&#39;élite &#xA;Jo Freeman constate qu&#39;un petit nombre de personnes prend toujours le pouvoir informellement dans les groupes. C&#39;est ce qu&#39;elle appelle l&#39;élite de ce groupe. &#xA;&#xA;  Correctly, an elite refers to a small group of people who have power over a larger group of which they are part, usually without direct responsibility to that larger group, and often without their knowledge or consent. &#xA;&#xA;  Correctement utilisé, le terme « élite » fait référence à un petit groupe de gens qui détiennent du pouvoir sur un groupe plus large dont ils font partie, généralement sans avoir à lui rendre de comptes et souvent, sans que le groupe plus large ne le sache ou ait donné son consentement.&#xA;&#xA;Une copine de militantisme me disait que quand on rejoint un tel groupe, on a la sensation de venir « à leur table ». On n&#39;est pas égaux, on est invités, et donc on doit bien se tenir et ne pas trop mettre le bazar. &#xA;&#xA;Le groupe d&#39;ami·es&#xA;L&#39;élite est très souvent un groupe d&#39;ami·es qui pré-existait au collectif. Ces personnes se connaissent, elles s&#39;appellent en dehors des réunions, elles partagent des infos entre elles. Et lors des réunions, elles font en général bloc contre les nouveaux sans s&#39;en rendre compte. &#xA;&#xA;  Elites are nothing more, and nothing less, than groups of friends who also happen to participate in the same political activities. They would probably maintain their friendship whether or not they were involved in political activities;&#xA;&#xA;  Les élites ne sont ni plus ni moins qu’un groupe d’amis dont il s’avère qu’ils sont impliqués dans les mêmes activités politiques. Leur amitié persisterait sûrement en dehors de tout engagement politique et, de même, leur engagement politique perdurerait même s’ils n’étaient plus amis.&#xA;&#xA;Une copine militante me faisait récemment remarquer qu&#39;une règle d&#39;or pour elle c&#39;est que toutes les décisions soient prises pendant les réunions. Ou son corollaire qui est plus clair : qu&#39;aucune décision ne soit prise en dehors des réunions. Cette règle permet d&#39;éviter qu&#39;on prenne une décision pendant la réunion du groupe, avec tout le monde présent, et qu&#39;ensuite quelques hommes aillent boire des bières ensemble et décident dans leur discussion qu&#39;en fait non, c&#39;était pas la bonne décision. &#xA;&#xA;Plusieurs élites &#xA;Quand le groupe est grand (comme dans un parti politique), il peut y avoir plusieurs élites qui correspondent en général à plusieurs courants. Ces courants se battent pour remporter l&#39;adhésion de l&#39;ensemble du groupe pour le pouvoir formel. &#xA;&#xA;  In a Structured group, two or more such friendship networks usually compete with each other for formal power. This is often the healthiest situation, as the other members are in a position to arbitrate between the two competitors for power and thus to make demands on those to whom they give their temporary allegiance.&#xA;&#xA;  Dans les groupes structurés, ce sont généralement deux ou plus de ces réseaux informels qui sont en compétition pour l’obtention du pouvoir formel. Cette situation est souvent la plus saine, dans la mesure où elle permet aux autres membres du groupe d’arbitrer la compétition entre les deux prétendants au pouvoir, et ainsi d’imposer leurs revendications à ceux à qui ils prêtent temporairement allégeance.&#xA;&#xA;C&#39;est qui l&#39;élite ?  &#xA;Il est relativement simple de savoir qui forme l&#39;élite d&#39;un groupe. &#xA;&#xA;Ce sont des personnes qui communiquent beaucoup entre elles, et ignorent plus ou moins le reste du groupe. &#xA;Ce sont les personnes à qui il faut demander pour qu&#39;une décision soit prise pour le groupe.  &#xA;&#xA;Dans un groupe que j&#39;ai rejoint récemment, j&#39;ai parlé d&#39;une idée à une autre personne qui m&#39;a directement répondu : « Faut que tu en parles à C. ». J&#39;ai donc ainsi appris que C. était en haut de cette hiérarchie informelle et que c&#39;est elle qu&#39;il faudrait convaincre (courtiser ?) si je veux rejoindre cette élite et faire avancer mes idées / participer aux décisions du groupe. &#xA;&#xA;Comment faire partie de l&#39;élite ? &#xA;La façon la plus simple, c&#39;est évidemment la co-optation en trouvant une genre de parrain / marraine dans l&#39;élite. Sinon, il faut jouer avec les mêmes règles que pour se faire des ami·es : partager les mêmes codes sociaux, les mêmes valeurs, socialiser dans les mêmes lieux, courtiser, etc. En gros, c&#39;est la cour de récré du collège. Et pas de bol pour moi, j&#39;y étais globalement assez nulle pour intégrer les groupes en vue... &#xA;&#xA;  The characteristics prerequisite for participating in the informal elites of the movement, and thus for exercising power, concern one&#39;s background, personality, or allocation of time. They do not include one&#39;s competence, dedication to feminism, talents, or potential contribution to the movement. The former are the criteria one usually uses in determining one&#39;s friends. The latter are what any movement or organization has to use if it is going to be politically effective.&#xA;&#xA;  Ces prérequis à la participation au sein des élites informelles, et donc à l’exercice du pouvoir, concernent surtout l’origine, la personnalité, ou le temps passé à contribuer au mouvement. Ils n’ont rien à voir avec les compétences, le dévouement au féminisme, les aptitudes ou les contributions potentielles au mouvement. La première catégorie de prérequis est celle qu’on applique généralement lorsqu’on choisit ses amis. La seconde concerne plutôt les compétences dont n’importe quel mouvement ou organisation a besoin s’il veut avoir un réel impact en politique.&#xA;&#xA;Un critère d&#39;appartenance à l&#39;élite d&#39;un groupe, c&#39;est donc d&#39;avoir du temps pour socialiser avec ce groupe, et aussi d&#39;avoir du temps tout court pour bosser pour le collectif.  &#xA;&#xA;De facto, on exclue les personnes qui n&#39;ont pas tout ce temps : &#xA;&#xA;Handies, personnes fatiguées, etc&#xA;Parents, personnes aidantes &#xA;Personnes engagées au travail car carriériste, ou personnes qui cumulent plein d&#39;emploi juste pour réussir à nourrir leurs familles&#xA;&#xA;Quand on exclue ces personnes de l&#39;élite (sans en avoir conscience), on les exclut des prises de décision, et à la fin on fait sans elles, et pas vraiment en leur nom. &#xA;&#xA;3. Le star-system &#xA;Une des conséquences négatives d&#39;un fonctionnement purement informel, c&#39;est qu&#39;il renforce le star-system. Puisqu&#39;il n&#39;y a pas de chef·fe ou de représentant·e officiel·les, les personnes à l&#39;extérieur du groupe érigeront certaines stars du groupe en porte-parole. &#xA;&#xA;Il y a un groupe féministe qui se veut totalement horizontal sur notre territoire et je me posais la question de leur position sur un incident. L&#39;une d&#39;entre elles me dit : « Toutes nos paroles ont la même valeur, il n&#39;y a pas de cheffe ». Et ça sonnait ultra faux pour moi. J&#39;étais convaincue que la parole d&#39;une des femmes moins populaire dans leur groupe risquait d&#39;être désavouée ensuite. En tous cas, pour moi, de l&#39;extérieur, les représentantes étaient les grandes gueules / les personnes les plus connues du groupe, même si ça n&#39;était pas leur volonté. &#xA;&#xA;J&#39;ai l&#39;impression que c&#39;est aussi ce qui est beaucoup arrivé dans le cadre des gilets jaunes. Certaines personnalités charismatiques sont devenues des porte parole sans avoir été désignées comme tel par leur groupe. &#xA;&#xA;  But because there are no official spokespeople nor any decision-making body that the press can query when it wants to know the movement&#39;s position on a subject, these women are perceived as the spokespeople. Thus, whether they want to or not, whether the movement likes it or not, women of public note are put in the role of spokespeople by default.&#xA;&#xA;  Mais parce qu’il n’existe pas de porteparole officiel ou d’organe décisionnel que la presse peut interroger lorsqu’elle désire connaître le point de vue du mouvement sur un sujet donné, ces femmes sont amenées à jouer le rôle de porte-parole. Ainsi, qu’elles le veuillent ou non, et que cela plaise ou non au mouvement, les femmes bénéficiant d’une certaine notoriété se voient attribuer cette fonction par défaut.&#xA;&#xA;Parfois, les femmes qui deviennent des stars sont stigmatisées dans leur groupe où les autres leur en veulent, et elles finissent parfois malheureusement par quitter le mouvement. Ce qui n&#39;est jamais une bonne chose. &#xA;&#xA;4. L&#39;impuissance politique&#xA;Le dernier reproche que fait Jo Freeman aux collectifs qui refusent de s&#39;organiser, c&#39;est leur impuissance politique. &#xA;&#xA;Il y a quelques collectifs non structurés qui fonctionnent, mais ils sont rares, et ils partagent les caractéristiques suivantes : &#xA;&#xA;Le groupe a pour but la réalisation d&#39;une tâche précise, comme publier un journal ou organiser une conférence. &#xA;Le groupe est de petite taille et homogène. En gros, c&#39;est le groupe de copaines du départ. &#xA;Les personnes communiquent bien au sein du groupe. &#xA;Les tâches à réaliser sont peu spécialisées : chacun peut faire chaque tâche. &#xA;&#xA;Quand ces conditions ne sont pas réunies, ces groupes fonctionnent mal et ne sont pas efficaces selon Jo Freeman. C&#39;est ce qui explique, selon elle, que les seuls collectifs qui se font entendre à large échelle sont des collectifs bien structurés. &#xA;&#xA;La solution : structurer le groupe de manière formelle &#xA;La seule solution est de structurer démocratiquement le groupe, et pour ça, Jo Freeman recommande 6 principes. &#xA;&#xA;Les mandats : Déléguer une forme d’autorité spécifique à des individus spécifiques, dans le but d’accomplir des tâches spécifiques, via des procédures démocratiques &#xA;Exiger de tous ceux à qui une forme d’autorité a été déléguée qu’ils rendent des comptes à ceux qui les ont sélectionnés. &#xA;« C’est ainsi que le groupe peut exercer un contrôle sur ceux qui détiennent l’autorité. Même si le pouvoir est entre les mains d’individus, au final, c’est le groupe qui décide comment ce pouvoir est exercé. »&#xA;Répartir l’autorité entre le plus d’individus possible, dans les limites du raisonnable.&#xA; Ceci évite le monopole du pouvoir, et force les détenteurs de l’autorité à consulter de nombreuses autres personnes lorsqu’ils l’exercent. &#xA;Ces personnes ont alors l’opportunité d’être responsables de tâches spécifiques, et par conséquent d’acquérir différentes compétences.&#xA;Faire tourner les tâches entre les individus. &#xA;Si une personne conserve les mêmes responsabilités trop longtemps, de manière formelle ou informelle, ces responsabilités en viennent à être perçues comme « appartenant » à cette personne, qui a alors du mal à y renoncer, et tout contrôle par le groupe devient difficile.&#xA;Diffuser l’information à tous les membres le plus souvent possible. &#xA;L’information est le pouvoir. Accéder à l’information augmente le pouvoir des individus. Je trouve que c&#39;est beaucoup plus facile aujourd&#39;hui avec les boucles de diffusion type Signal. &#xA;Donner à toustes le même accès aux ressources dont le groupe a besoin. Jo Freeman prend ici l&#39;exemple de la presse à imprimer et je ne suis pas sûre de ce que seraient les équivalents dans les collectifs que je connais. Le budget ? Les clés du local ? &#xA;&#xA;Conclusion&#xA;J&#39;ai ré-ouvert ce texte car aujourd&#39;hui je suis davantage dans une phase où  je rejoins des collectifs que dans une phase où j&#39;en crée. Je suis surprise car quand j&#39;échange sur mastodon, tout le monde connaît ces grands principes et se targue de les appliquer super bien. &#xA;Et pourtant, je reproduis encore et encore l&#39;erreur de rejoindre des collectifs dans lesquels les réseaux informels dominent et où il faut dépenser beaucoup d&#39;énergie pour pouvoir contribuer... &#xA;En un an, j&#39;ai rejoins 3 collectifs non structurés : &#xA;&#xA;Le premier, je n&#39;ai rien demandé, j&#39;y suis allée en pensant qu&#39;entre gens de gauche motivés ça se passerait bien et que je serais écoutée. Je n&#39;ai pas réussi à dire non quand on m&#39;a demandé de faire des choses juste car l&#39;une des stars l&#39;avait décidé. Je suis partie sans rien dire. &#xA;Le deuxième, je me suis engagée rapidement car la personne avec qui je devais partager la mission semblait très progressiste. J&#39;y ai laissé beaucoup d&#39;énergie et je m&#39;en suis dégoutée. &#xA;Le troisième, j&#39;ai demandé comment les décisions étaient prises avant de m&#39;engager. On m&#39;a répondu : « C&#39;est super ouvert tout le monde peut participer et est écouté », et j&#39;y ai cru (aussi parce que j&#39;avais envie d&#39;y croire). En réalité, on peut parler, oui, mais il n&#39;y a aucune structuration de la prise de décision, et on retrouve tous les défauts pointés par Jo Freeman. &#xA;&#xA;Ma morale personnelle de cette histoire c&#39;est qu&#39;avant de m&#39;engager dans un collectif, il faut vraiment que j&#39;enquête sur l&#39;existence, ou pas, d&#39;une structuration.  Et que je sache dire non, ou partir. &#xA;&#xA;#Feminisme #AutoOrganisation #Collectifs #Societe #Lecture]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Soci%C3%A9t%C3%A9" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Société</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a>
<em>On aimerait toustes qu&#39;un groupe puisse fonctionner bien sans avoir besoin de perdre du temps à construire des règles. Si on a réuni que des gens très bien, ça devrait marcher, non ?</em>.
</p>

<h1 id="rêve-d-horizontalité" id="rêve-d-horizontalité">Rêve d&#39;horizontalité</h1>

<p>Il y a presque 10 ans, je créais une association avec quelques copines pour développer la recherche participative dans le monde du cheval. À cette époque, j&#39;avais deux craintes pour cette association :</p>
<ul><li>Que ça ne soit que MON association.
J&#39;assistais aux déboires d&#39;une association centrée sur une personne autocratique qui en avait été 40 ans à la tête et qui avait fait souffrir un peu tout le monde. Je voulais que l&#39;association qu&#39;on créait soit une association <strong>au service d&#39;un projet</strong> et pas d&#39;une personne.</li>
<li>Que les gens nouveaux ne trouvent pas facilement leur place.
J&#39;avais envie qu&#39;<strong>on soit débordées de nouvelles personnes</strong> et que ça ne reste pas que le projet d&#39;une bande de copines.</li></ul>

<p>Je crois qu&#39;on a bien réussi. Au bout d&#39;un an on était déjà 100 membres de toute la France. Au bout de 3 ans, comme je l&#39;avais annoncé au départ, j&#39;ai quitté le poste de présidente. Et aujourd&#39;hui, il n&#39;y a plus personne de l&#39;équipe de départ dans le bureau, et l&#39;association vit sa meilleure vie !</p>
<ul><li><a href="https://sciencesequines.fr/" rel="nofollow"> Site de l&#39;association Sciences Équines </a></li></ul>

<h2 id="la-découverte-d-un-vieil-article-féministe" id="la-découverte-d-un-vieil-article-féministe">La découverte d&#39;un vieil article féministe</h2>

<p>Du coup, à l&#39;époque, j&#39;avais fait de la biblio pour comprendre un peu mieux les organisations, et j&#39;étais tombée sur cet article absolument génial de Jo Freeman :</p>
<ul><li><a href="https://www.jofreeman.com/joreen/tyranny.htm" rel="nofollow">The tyranny of Structurelessness</a></li>
<li><a href="https://organisez-vous.org/tyrannie-horizontalite-jo-freeman/" rel="nofollow"> Une traduction en français sur le site organisez-vous </a></li>
<li><a href="https://infokiosques.net/spip.php?article2" rel="nofollow">Une vieille traduction en français que je trouve moins facile à lire mais dont le titre est plus fidèle </a></li></ul>

<p>Il s&#39;agit d&#39;un article écrit par une femme militante féministe qui analyse les jeux de pouvoir au sein des collectifs féministes des années 1970. Elle montre qu&#39;<strong>en l&#39;absence de structuration explicite, tout collectif reproduit les systèmes de domination en cours dans nos sociétés</strong> 😔.</p>

<blockquote><p>« Le laisser-faire au sein du groupe est à peu près aussi réaliste que le laissez-faire dans la société. L’idée [d&#39;une absence de structure] devient un écran de fumée qui permet aux forts ou aux chanceux d’exercer sur les autres un pouvoir que personne ne viendra remettre en question »</p></blockquote>

<p>Passons donc au résumé de l&#39;article.</p>

<h2 id="1-il-y-a-toujours-des-structures-informelles-dans-les-groupes" id="1-il-y-a-toujours-des-structures-informelles-dans-les-groupes">1. Il y a toujours des structures informelles dans les groupes</h2>

<p>La première idée forte de cet article serait assez banale en sociologie. Quel que soit le groupe ou le collectif, il y a toujours une structuration qui se fait, le plus souvent de manière informelle, c&#39;est-à-dire sans que personne ne l&#39;ait vraiment décidé.</p>

<blockquote><p>Any group of people of whatever nature that comes together for any length of time for any purpose will inevitably structure itself in some fashion.</p>

<p><em>N’importe quel groupe d’individus – quel que soit sa nature, sa longévité ou son but – va inévitablement se structurer d’une manière ou d’une autre.</em></p></blockquote>

<p>L&#39;absence de structure ne conduit pas à une absence de hiérarchies ou de jeux de pouvoir, au contraire, elle donne davantage de pouvoir à certaines personnes sans que ça ne soit le fruit d&#39;une décision collective.</p>

<blockquote><p>Thus structurelessness becomes a way of masking power, and within the women&#39;s movement is usually most strongly advocated by those who are the most powerful (whether they are conscious of their power or not).</p>

<p><em>Ainsi, l’absence de structures devient une façon de cacher le pouvoir, et ce sont en général les membres les plus puissantes des mouvements féministes (qu’elles soient conscientes ou non de leur pouvoir) qui en sont les plus ferventes partisantes.</em></p></blockquote>

<h2 id="2-le-pouvoir-de-l-élite" id="2-le-pouvoir-de-l-élite">2. Le pouvoir de l&#39;élite</h2>

<p>Jo Freeman constate qu&#39;un petit nombre de personnes prend toujours le pouvoir informellement dans les groupes. C&#39;est ce qu&#39;elle appelle l&#39;<strong>élite</strong> de ce groupe.</p>

<blockquote><p>Correctly, an elite refers to a small group of people who have power over a larger group of which they are part, usually without direct responsibility to that larger group, and often without their knowledge or consent.</p>

<p><em>Correctement utilisé, le terme « élite » fait référence à un petit groupe de gens qui détiennent du pouvoir sur un groupe plus large dont ils font partie, généralement sans avoir à lui rendre de comptes et souvent, sans que le groupe plus large ne le sache ou ait donné son consentement.</em></p></blockquote>

<p>Une copine de militantisme me disait que quand on rejoint un tel groupe, on a la sensation de venir « <em>à leur table</em> ». On n&#39;est pas égaux, on est invités, et donc on doit bien se tenir et ne pas trop mettre le bazar.</p>

<h3 id="le-groupe-d-ami-es" id="le-groupe-d-ami-es">Le groupe d&#39;ami·es</h3>

<p>L&#39;élite est très souvent un groupe d&#39;ami·es qui pré-existait au collectif. Ces personnes se connaissent, elles s&#39;appellent en dehors des réunions, elles partagent des infos entre elles. Et lors des réunions, elles font en général bloc contre les nouveaux sans s&#39;en rendre compte.</p>

<blockquote><p>Elites are nothing more, and nothing less, than groups of friends who also happen to participate in the same political activities. They would probably maintain their friendship whether or not they were involved in political activities;</p>

<p><em>Les élites ne sont ni plus ni moins qu’un groupe d’amis dont il s’avère qu’ils sont impliqués dans les mêmes activités politiques. Leur amitié persisterait sûrement en dehors de tout engagement politique et, de même, leur engagement politique perdurerait même s’ils n’étaient plus amis</em>.</p></blockquote>

<p>Une copine militante me faisait récemment remarquer qu&#39;une règle d&#39;or pour elle c&#39;est que <strong>toutes les décisions soient prises pendant les réunions</strong>. Ou son corollaire qui est plus clair : <strong>qu&#39;aucune décision ne soit prise en dehors des réunions</strong>. Cette règle permet d&#39;éviter qu&#39;on prenne une décision pendant la réunion du groupe, avec tout le monde présent, et qu&#39;ensuite quelques hommes aillent boire des bières ensemble et décident dans leur discussion qu&#39;en fait non, c&#39;était pas la bonne décision.</p>

<h3 id="plusieurs-élites" id="plusieurs-élites">Plusieurs élites</h3>

<p>Quand le groupe est grand (comme dans un parti politique), il peut y avoir plusieurs élites qui correspondent en général à plusieurs courants. Ces courants se <em>battent</em> pour remporter l&#39;adhésion de l&#39;ensemble du groupe pour le pouvoir formel.</p>

<blockquote><p> In a Structured group, two or more such friendship networks usually compete with each other for formal power. This is often the healthiest situation, as the other members are in a position to arbitrate between the two competitors for power and thus to make demands on those to whom they give their temporary allegiance.</p>

<p><em>Dans les groupes structurés, ce sont généralement deux ou plus de ces réseaux informels qui sont en compétition pour l’obtention du pouvoir formel. Cette situation est souvent la plus saine, dans la mesure où elle permet aux autres membres du groupe d’arbitrer la compétition entre les deux prétendants au pouvoir, et ainsi d’imposer leurs revendications à ceux à qui ils prêtent temporairement allégeance.</em></p></blockquote>

<h3 id="c-est-qui-l-élite" id="c-est-qui-l-élite">C&#39;est qui l&#39;élite ?</h3>

<p>Il est relativement simple de savoir qui forme l&#39;élite d&#39;un groupe.</p>
<ol><li>Ce sont des personnes qui <strong>communiquent beaucoup entre elles, et ignorent plus ou moins le reste du groupe</strong>.</li>
<li>Ce sont les personnes <strong>à qui il faut demander</strong> pour qu&#39;une décision soit prise pour le groupe.<br></li></ol>

<p>Dans un groupe que j&#39;ai rejoint récemment, j&#39;ai parlé d&#39;une idée à une autre personne qui m&#39;a directement répondu : « <em>Faut que tu en parles à C.</em> ». J&#39;ai donc ainsi appris que C. était en haut de cette hiérarchie informelle et que c&#39;est elle qu&#39;il faudrait convaincre (courtiser ?) si je veux rejoindre cette élite et faire avancer mes idées / participer aux décisions du groupe.</p>

<h3 id="comment-faire-partie-de-l-élite" id="comment-faire-partie-de-l-élite">Comment faire partie de l&#39;élite ?</h3>

<p>La façon la plus simple, c&#39;est évidemment la co-optation en trouvant une genre de parrain / marraine dans l&#39;élite. Sinon, il faut jouer avec les mêmes règles que pour se faire des ami·es : partager les mêmes codes sociaux, les mêmes valeurs, socialiser dans les mêmes lieux, courtiser, etc. En gros, c&#39;est la cour de récré du collège. Et pas de bol pour moi, j&#39;y étais globalement assez nulle pour intégrer les groupes <em>en vue</em>...</p>

<blockquote><p>The characteristics prerequisite for participating in the informal elites of the movement, and thus for exercising power, concern one&#39;s background, personality, or allocation of time. They do not include one&#39;s competence, dedication to feminism, talents, or potential contribution to the movement. The former are the criteria one usually uses in determining one&#39;s friends. The latter are what any movement or organization has to use if it is going to be politically effective.</p>

<p><em>Ces prérequis à la participation au sein des élites informelles, et donc à l’exercice du pouvoir, concernent surtout l’origine, la personnalité, ou le temps passé à contribuer au mouvement. Ils n’ont rien à voir avec les compétences, le dévouement au féminisme, les aptitudes ou les contributions potentielles au mouvement. La première catégorie de prérequis est celle qu’on applique généralement lorsqu’on choisit ses amis. La seconde concerne plutôt les compétences dont n’importe quel mouvement ou organisation a besoin s’il veut avoir un réel impact en politique.</em></p></blockquote>

<p>Un critère d&#39;appartenance à l&#39;élite d&#39;un groupe, c&#39;est donc d&#39;avoir du temps pour socialiser avec ce groupe, et aussi d&#39;avoir du temps tout court pour bosser pour le collectif.</p>

<p>De facto, on exclue les personnes qui n&#39;ont pas tout ce temps :</p>
<ul><li>Handies, personnes fatiguées, etc</li>
<li>Parents, personnes aidantes</li>
<li>Personnes engagées au travail car carriériste, ou personnes qui cumulent plein d&#39;emploi juste pour réussir à nourrir leurs familles</li></ul>

<p>Quand on exclue ces personnes de l&#39;élite (sans en avoir conscience), on les exclut des prises de décision, et à la fin on fait sans elles, et pas vraiment en leur nom.</p>

<h2 id="3-le-star-system" id="3-le-star-system">3. Le star-system</h2>

<p>Une des conséquences négatives d&#39;un fonctionnement purement informel, c&#39;est qu&#39;il renforce le star-system. Puisqu&#39;il n&#39;y a pas de chef·fe ou de représentant·e officiel·les, les personnes à l&#39;extérieur du groupe érigeront certaines <em>stars</em> du groupe en porte-parole.</p>

<p>Il y a un groupe féministe qui se veut totalement horizontal sur notre territoire et je me posais la question de leur position sur un incident. L&#39;une d&#39;entre elles me dit : « Toutes nos paroles ont la même valeur, il n&#39;y a pas de cheffe ». Et ça sonnait ultra faux pour moi. J&#39;étais convaincue que la parole d&#39;une des femmes moins populaire dans leur groupe risquait d&#39;être désavouée ensuite. En tous cas, pour moi, de l&#39;extérieur, les représentantes étaient les grandes gueules / les personnes les plus connues du groupe, même si ça n&#39;était pas leur volonté.</p>

<p>J&#39;ai l&#39;impression que c&#39;est aussi ce qui est beaucoup arrivé dans le cadre des gilets jaunes. Certaines personnalités charismatiques sont devenues des <em>porte parole</em> sans avoir été désignées comme tel par leur groupe.</p>

<blockquote><p>But because there are no official spokespeople nor any decision-making body that the press can query when it wants to know the movement&#39;s position on a subject, these women are perceived as the spokespeople. Thus, whether they want to or not, whether the movement likes it or not, women of public note are put in the role of spokespeople by default.</p>

<p><em>Mais parce qu’il n’existe pas de porteparole officiel ou d’organe décisionnel que la presse peut interroger lorsqu’elle désire connaître le point de vue du mouvement sur un sujet donné, ces femmes sont amenées à jouer le rôle de porte-parole. Ainsi, qu’elles le veuillent ou non, et que cela plaise ou non au mouvement, les femmes bénéficiant d’une certaine notoriété se voient attribuer cette fonction par défaut.</em></p></blockquote>

<p>Parfois, les femmes qui deviennent des stars sont stigmatisées dans leur groupe où les autres leur en veulent, et elles finissent parfois malheureusement par quitter le mouvement. Ce qui n&#39;est jamais une bonne chose.</p>

<h2 id="4-l-impuissance-politique" id="4-l-impuissance-politique">4. L&#39;impuissance politique</h2>

<p>Le dernier reproche que fait Jo Freeman aux collectifs qui refusent de s&#39;organiser, c&#39;est leur impuissance politique.</p>

<p>Il y a quelques collectifs non structurés qui fonctionnent, mais ils sont rares, et ils partagent les caractéristiques suivantes :</p>
<ol><li><strong>Le groupe a pour but la réalisation d&#39;une tâche précise</strong>, comme publier un journal ou organiser une conférence.</li>
<li><strong>Le groupe est de petite taille et homogène</strong>. En gros, c&#39;est le groupe de copaines du départ.</li>
<li><strong>Les personnes communiquent bien au sein du groupe</strong>.</li>
<li><strong>Les tâches à réaliser sont peu spécialisées</strong> : chacun peut faire chaque tâche.</li></ol>

<p>Quand ces conditions ne sont pas réunies, ces groupes fonctionnent mal et ne sont pas efficaces selon Jo Freeman. C&#39;est ce qui explique, selon elle, que les seuls collectifs qui se font entendre à large échelle sont des collectifs bien structurés.</p>

<h2 id="la-solution-structurer-le-groupe-de-manière-formelle" id="la-solution-structurer-le-groupe-de-manière-formelle">La solution : structurer le groupe de manière formelle</h2>

<p>La seule solution est de structurer démocratiquement le groupe, et pour ça, Jo Freeman recommande 6 principes.</p>
<ol><li><strong>Les mandats</strong> : Déléguer une forme d’autorité spécifique à des individus spécifiques, dans le but d’accomplir des tâches spécifiques, via des procédures démocratiques</li>
<li>Exiger de tous ceux à qui une forme d’autorité a été déléguée qu’ils <strong>rendent des comptes</strong> à ceux qui les ont sélectionnés.
« <em>C’est ainsi que le groupe peut exercer un contrôle sur ceux qui détiennent l’autorité. Même si le pouvoir est entre les mains d’individus, au final, c’est le groupe qui décide comment ce pouvoir est exercé.</em> »</li>
<li><strong>Répartir l’autorité entre le plus d’individus possible</strong>, dans les limites du raisonnable.
Ceci évite le monopole du pouvoir, et force les détenteurs de l’autorité à consulter de nombreuses autres personnes lorsqu’ils l’exercent.
Ces personnes ont alors l’opportunité d’être responsables de tâches spécifiques, et par conséquent d’acquérir différentes compétences.</li>
<li><strong>Faire tourner</strong> les tâches entre les individus.
Si une personne conserve les mêmes responsabilités trop longtemps, de manière formelle ou informelle, ces responsabilités en viennent à être perçues comme « appartenant » à cette personne, qui a alors du mal à y renoncer, et tout contrôle par le groupe devient difficile.</li>
<li><strong>Diffuser l’information</strong> à tous les membres le plus souvent possible.
L’information est le pouvoir. Accéder à l’information augmente le pouvoir des individus. Je trouve que c&#39;est beaucoup plus facile aujourd&#39;hui avec les boucles de diffusion type Signal.</li>
<li>Donner à toustes le <strong>même accès aux ressources</strong> dont le groupe a besoin. Jo Freeman prend ici l&#39;exemple de la presse à imprimer et je ne suis pas sûre de ce que seraient les équivalents dans les collectifs que je connais. Le budget ? Les clés du local ?</li></ol>

<h2 id="conclusion" id="conclusion">Conclusion</h2>

<p>J&#39;ai ré-ouvert ce texte car aujourd&#39;hui je suis davantage dans une phase où  je rejoins des collectifs que dans une phase où j&#39;en crée. Je suis surprise car quand j&#39;échange sur mastodon, tout le monde connaît ces grands principes et se targue de les appliquer super bien.
Et pourtant, je reproduis encore et encore l&#39;erreur de rejoindre des collectifs dans lesquels les réseaux informels dominent et où il faut dépenser beaucoup d&#39;énergie pour pouvoir contribuer...
En un an, j&#39;ai rejoins 3 collectifs non structurés :</p>
<ul><li>Le premier, je n&#39;ai rien demandé, j&#39;y suis allée en pensant qu&#39;entre gens de gauche motivés ça se passerait bien et que je serais écoutée. Je n&#39;ai pas réussi à dire <em>non</em> quand on m&#39;a demandé de faire des choses juste car l&#39;une des stars l&#39;avait décidé. Je suis partie sans rien dire.</li>
<li>Le deuxième, je me suis engagée rapidement car la personne avec qui je devais partager la mission semblait très <em>progressiste</em>. J&#39;y ai laissé beaucoup d&#39;énergie et je m&#39;en suis dégoutée.</li>
<li>Le troisième, j&#39;ai demandé comment les décisions étaient prises avant de m&#39;engager. On m&#39;a répondu : « <em>C&#39;est super ouvert tout le monde peut participer et est écouté</em> », et j&#39;y ai cru (aussi parce que j&#39;avais envie d&#39;y croire). En réalité, on peut parler, oui, mais il n&#39;y a aucune structuration de la prise de décision, et on retrouve tous les défauts pointés par Jo Freeman.</li></ul>

<p>Ma morale personnelle de cette histoire c&#39;est qu&#39;<strong>avant de m&#39;engager dans un collectif, il faut vraiment que j&#39;enquête sur l&#39;existence, ou pas, d&#39;une structuration</strong>.  Et que je sache dire non, ou partir.</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Feminisme" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Feminisme</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:AutoOrganisation" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">AutoOrganisation</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Collectifs" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Collectifs</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Societe" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Societe</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/lecture-la-tyrannie-de-labsence-de-structures-jo-freeman</guid>
      <pubDate>Sun, 11 May 2025 09:58:08 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Éoliennes, citoyen·es et dette démocratique</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/eoliennes-citoyen-es-et-dette-democratique</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Ecologie #Podcast&#xA;Je viens d&#39;écouter un nouvel épisode du podcast a href=&#34;https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine&#34;Chaleur humaine/a sur les éoliennes. Et c&#39;était un très bon épisode, comme d&#39;habitude 🙂. &#xA;J&#39;ai ressenti le besoin d&#39;en faire un article de blog, et ce n&#39;est pas pour partager quelques fun-facts sur les éoliennes ; quoi que, j&#39;en ai quand même fait un premier paragraphe. C&#39;est surtout parce que ce podcast m&#39;a fait re réfléchir au conflit qu&#39;on a par ici sur la réforme de la gestion des déchets, et au lien entre démocratie et acceptabilité des projets dits écologiques. &#xA;!--more--&#xA;a href=&#34;https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine/202410290600-climat-faut-il-compter-sur-les-eoliennes&#34;Lien vers l&#39;épisode /a&#xA;a href=&#34;https://www.lespetitsmatins.fr/collections/essais/300-eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.html&#34;Lien vers le livre de Cédric Philibert, l&#39;invité de l&#39;épisode./a&#xA;&#xA;img src=&#34;https://www.lespetitsmatins.fr/302-largedefault/eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.jpg&#34; alt=&#34;Couverture du livre de Cédric Philibert : éoliennes, pourquoi tant de haine. La couverture montre un champ d&#39;éolienne sous un orage avec de la foudre&#34; width=&#34;150&#34;&#xA;&#xA;Miscellanées sur les éoliennes&#xA;J&#39;ai donc appris plusieurs fun-facts sur les éoliennes. Je commence par ça parce que c&#39;est facile et léger, mais ce n&#39;est pas l&#39;objet de ce post 😈. &#xA;&#xA;Les éoliennes produisent de l&#39;énergie de manière contra-cyclique avec le solaire. C&#39;est-à-dire qu&#39;elles produisent surtout de l&#39;énergie en hiver, et la nuit. Quand le solaire produit surtout de l&#39;énergie l&#39;été, et la journée. Donc ça se complète bien. &#xA;On reproche aux éoliennes leur intermittence. Parfois il n&#39;y a pas de vent. C&#39;est vrai, surtout si on regarde la production d&#39;un petit parc. Mais si on moyenne sur une région, ou sur un pays, ou même sur tout un système interconnecté (comme l&#39;europe), alors les moments où il n&#39;y a pas du tout d&#39;énergie éolienne produite existent, mais ils sont rares. &#xA;Les éoliennes produisent à leur capacité nominale sur une grande plage de vitesses de vent. Alors là, c&#39;est un truc d&#39;ingénieure, mais ça m&#39;a plu. Une éolienne est une machine qui est optimisée pour tourner à une certaine vitesse. C&#39;est à cette vitesse que le rendement est le meilleur, et là disons qu&#39;elle produit 4 MW. Et bien l&#39;éolienne est conçue pour atteindre 4 MW de puissance mettons dès que le vent souffle à 9 m/s. Et quand le vent souffle plus fort, elle tourne ses pales (comme l&#39;hélice d&#39;un avion à pas variable) pour produire toujours la même puissance. Et donc elle est dans un régime optimal pour une large palette de vents. &#xA;En France, on a une des réglementations les plus restrictives pour l&#39;implantation des éoliennes au regard des bases aériennes militaires et des radars. C&#39;est un peu un fun fact, mais en fait ça limite réellement les zones où on peut implanter des éoliennes. &#xA;Et le dernier point que je connaissais déjà, mais que ça fait toujours du bien de rappeler : oui les éoliennes tuent des oiseaux. Peut-être quelques milliers par an (je ne sais pas de quelle échelle géographique Cédric Philibert parle quand il dit ce nombre), mais pendant ce temps là, les pesticides ou le réchauffement climatique ou les baies vitrées vont tuer des millions d&#39;oiseaux.  En plus, on sait que financer ce genre d&#39;*études qui sèment le doute , c&#39;est l&#39;un des leviers des big corp (ici le pétrole) pour lutter contre le développement des énergies renouvelables. &#xA;    a href=&#34;https://www.notre-planete.info/actualites/4626-mortalite-oiseaux-eoliennes&#34;Un article de  planete-info qui regarde les études sur la mortalité des oiseaux dues aux éoliennes/a. &#xA;    a href=&#34;https://www.ted.com/talks/naomioreskeswhyweshouldtrustscientists/transcript?Conf&amp;language=fr&#34;Lien vers le TedX de Naomi Oreskes sur les semeurs de doute./a&#xA;&#xA;Des éoliennes à la dette démocratique&#xA;Comme je le disais en intro, si j&#39;ai voulu prendre le temps de faire cet article de blog, c&#39;est surtout parce que ça m&#39;a fait réfléchir sur les liens entre la démocratie locale et les grands projets écologiques. &#xA;&#xA;Des citoyens qui râlent&#xA;Cédric Philibert évoque dans la conversation le fait que les éoliennes sont un cas typique de &#34;Not In My Backyard&#34;. Le fait que globalement on est pour, mais on n&#39;en veut pas chez soi. &#xA;Il poursuit en disant qu&#39;il y a des cas de personnes qui râlent en disant que c&#39;est moche ou que c&#39;est bruyant. Et en effet, quand on subit quelque chose qu&#39;on ne voulait pas, ça peut être vraiment stressant. Mais pour lui, ce sont souvent des manifestations du fait que quelque chose d&#39;autres ne va pas. &#xA;&#xA;Et ça m&#39;a rappelé un chouette podcast de France Culture (produit en 2008, c&#39;est un peu vintage), qui était allé interroger des habitant·es d&#39;un parc éolien en Haute Loire. On ressentait très bien la douleur de certain·es habitant·es dont la colère s&#39;était cristallisée autour de ces éoliennes. Le bruit était devenu une véritable source de stress. D&#39;autres habitant·es pour lesquel·les ces éoliennes étaient source de revenu le vivaient au contraire très bien. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-feu-vert-les-francais-et-l-environnement&#34; Lien vers l&#39;épisode 1 du podcast &#34;Feu vert, les français et l&#39;environnement&#34; publié par France Culture en 2008/a. &#xA;&#xA;Cette réflexion fait écho à ce que l&#39;on vit en ce moment sur mon territoire. Une réforme de la gestion des déchets qui modifie le mode de collecte fait beaucoup de mécontents. Pourtant, je ne pense pas que la réforme soit mauvaise, et je suis convaincue que la plupart des personnes qui sont aujourd&#39;hui contre pourraient être pour dans un autre contexte. Notre territoire a été particulièrement mobilisé au moment des manifestations des gilets jaunes. Ces manifestations, blocages de ronds points, ont montré une énorme insatisfaction, et il n&#39;en est rien sorti. Macron a enterré les cahiers des doléances, et puis ça a été le confinement. On peut donc penser que chez nous, cette colère est toujours là. J&#39;ai l&#39;impression que cet épisode des déchets n&#39;a fait que re-souffler sur les braises de cette insatisfaction, réelle et plus générale, des citoyen·nes de notre territoire.&#xA;&#xA;a href=&#34;https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/visites-autour-des-dechets-en-nord-gironde&#34; Lien vers un article où je parle du sujet et d&#39;une visite que nous avons organisé avec le groupe local des verts/a. &#xA;a href=&#34;https://www.france.tv/france-3/nouvelle-aquitaine/la-france-en-vrai-aquitaine/5660031-les-doleances.html&#34; Lien vers le replay sur France TV du film les doléances qu&#39;on aimerait projeter dans un évènement organisé par les écolos du coin./a&#xA;&#xA;Les projets écolo et la dette démocratique&#xA;Cédric Philibert explique que les projets qui marchent très bien sont ceux qui sont portés par des citoyen·nes. Ils et elles investissent un peu d&#39;argent, décident ensemble de où les implanter, et bénéficient de l&#39;argent généré. &#xA;&#xA;Cette conversation m&#39;en a évoqué une autre sur la dette démocratique. J&#39;ai lu la première fois le mot de dette démocratique sous la plume de a href=&#34;https://mamot.fr/@n1k0&#34;@n1k0 sur mastodon /a. Il en parlait en référence à la dette technique dans le monde du logiciel. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://mamot.fr/@n1k0/113854289719884649&#34;Lien vers la conversation sur Mastodon avec un post de @N1k0 qui aborde la notion de dette démocratique./a&#xA;&#xA;La dette technique c&#39;est une expression qu&#39;on utilise très couramment dans le monde du logiciel. En gros, pour gagner du temps, on écrit du code un peu crade. Quand il y a un bug, on crée un patch au lieu de réécrire une fonctionnalité. C&#39;est un peu l&#39;équivalent de mettre un pansement sur une jambe de bois. Ça marche à court terme, mais ça ne résout pas le problème. Et puis un jour, ça nous pète à la gueule, et la seule solution, c&#39;est de réécrire une grande partie du code depuis zéro. On est alors coincé·es pendant pas mal de temps avec un logiciel buggué le temps qu&#39;une nouvelle version sorte. Je connais bien ce concept car je l&#39;ai plusieurs fois vécu dans ma vie pro. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dettetechnique&#34; Lien vers la page Wikipedia sur la dette technique /a.&#xA;&#xA;Bref, @N1k0 prend cet exemple pour faire une analogie avec la vie politique. Il est possible (et plus rapide) de prendre des décisions sans impliquer les personnes concernées, en général les citoyen·nes.  C&#39;est un peu l&#39;idée de la phrase de Nelson Mandela : Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi. &#xA;&#xA;Souvent, dans les grands projets du type &#34;installation d&#39;un parc d&#39;éoliennes&#34;, ou &#34;réforme de la gestion des déchets&#34;, il y a une phase de consultation citoyenne. Mais cette phase est souvent limitée à de l&#39;information, il y a rarement beaucoup de négociations possibles. On est en général très loin du projet porté par les citoyens. Cela m&#39;évoque deux réflexions : &#xA;&#xA;La consultation citoyenne avant le démarrage du projet va probablement beaucoup moins bien se passer sur un territoire qui souffre d&#39;une forte dette démocratique. Si les citoyen·nes ont l&#39;habitude que tout se fasse sans elleux, que lorsqu&#39;on les consulte, c&#39;est pour faire joli, alors il est normal qu&#39;iels ne répondent pas vraiment présent·es lors des consultations citoyennes. Même si celles-ci étaient mieux organisées et avaient prévu de leur laisser une plus large place. &#xA;Ici, les écologistes ont l&#39;habitude de se positionner contre. Et c&#39;est vrai qu&#39;il y a des tas de projets contre lesquels il faut lutter. Mais comment favoriser l&#39;émergence de projets pour lesquels on pourrait se battre ? Comment favoriser l&#39;émergence de projets construits par et avec les citoyen·nes ? &#xA;&#xA;Ce dernier point fait écho à un mouvement que je découvre (après tout le monde, comme d&#39;habitude) : Le &#34; community organizing&#34;, ou l&#39;organisation collective en français. Ce mouvement s&#39;inspire des travaux d&#39;Alinsky, un sociologue qui a œuvré dans des quartiers noirs américains pour organiser des projets avec et pour les citoyens. Barack Obama a été un community organizer dans sa jeunesse et aurait construit sa campagne en en appliquant certains principes. Alexandria Ocasio-Cortez aurait aussi basé sa campagne sur les principes du community organizing*. &#xA;&#xA;a href=&#34;https://organisez-vous.org/guide-organisation-collective/&#34;Lien vers le guide de l&#39;organisation collective/a&#xA;&#xA;Bref, j&#39;en suis au stade où je découvre et où ça me fait envie car ça me donne un peu d&#39;espoir 🙂. Je me demande s&#39;il ne serait pas possible de faire germer des projets en suivant cette méthodologie pour se battre ensemble pour des projets locaux 💪 !&#xA;&#xA;#Lecture #Politique #Ecologie]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Ecologie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Ecologie</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Podcast" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Podcast</span></a>
Je viens d&#39;écouter un nouvel épisode du podcast <a href="https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine" rel="nofollow">Chaleur humaine</a> sur les éoliennes. Et c&#39;était un très bon épisode, comme d&#39;habitude 🙂.
J&#39;ai ressenti le besoin d&#39;en faire un article de blog, et ce n&#39;est pas pour partager quelques fun-facts sur les éoliennes ; quoi que, j&#39;en ai quand même fait un premier paragraphe. C&#39;est surtout parce que <strong>ce podcast m&#39;a fait re réfléchir</strong> au conflit qu&#39;on a par ici sur la réforme de la gestion des déchets, et <strong>au lien entre démocratie et acceptabilité des projets dits écologiques</strong>.

* <a href="https://podcasts.lemonde.fr/chaleur-humaine/202410290600-climat-faut-il-compter-sur-les-eoliennes" rel="nofollow">Lien vers l&#39;épisode </a>
* <a href="https://www.lespetitsmatins.fr/collections/essais/300-eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.html" rel="nofollow">Lien vers le livre de Cédric Philibert, l&#39;invité de l&#39;épisode.</a></p>

<p><img src="https://www.lespetitsmatins.fr/302-large_default/eoliennes-pourquoi-tant-de-haine-.jpg" alt="Couverture du livre de Cédric Philibert : éoliennes, pourquoi tant de haine. La couverture montre un champ d&#39;éolienne sous un orage avec de la foudre" width="150"></p>

<h2 id="miscellanées-sur-les-éoliennes" id="miscellanées-sur-les-éoliennes">Miscellanées sur les éoliennes</h2>

<p>J&#39;ai donc appris plusieurs fun-facts sur les éoliennes. Je commence par ça parce que c&#39;est facile et léger, mais ce n&#39;est pas l&#39;objet de ce post 😈.</p>
<ul><li>Les <strong>éoliennes</strong> produisent de l&#39;énergie de manière contra-cyclique avec le <strong>solaire</strong>. C&#39;est-à-dire qu&#39;elles produisent surtout de l&#39;énergie en hiver, et la nuit. Quand le solaire produit surtout de l&#39;énergie l&#39;été, et la journée. Donc ça se complète bien.</li>
<li>On reproche aux éoliennes leur <strong>intermittence</strong>. Parfois il n&#39;y a pas de vent. C&#39;est vrai, surtout si on regarde la production d&#39;un petit parc. Mais si on moyenne sur une région, ou sur un pays, ou même sur tout un système interconnecté (comme l&#39;europe), alors les moments où il n&#39;y a pas du tout d&#39;énergie éolienne produite existent, mais ils sont rares.</li>
<li><strong>Les éoliennes produisent à leur capacité nominale sur une grande plage de vitesses de vent</strong>. Alors là, c&#39;est <strong>un truc d&#39;ingénieure</strong>, mais ça m&#39;a plu. Une éolienne est une machine qui est optimisée pour tourner à une certaine vitesse. C&#39;est à cette vitesse que le rendement est le meilleur, et là disons qu&#39;elle produit 4 MW. Et bien l&#39;éolienne est conçue pour atteindre 4 MW de puissance mettons dès que le vent souffle à 9 m/s. Et quand le vent souffle plus fort, elle tourne ses pales (comme l&#39;hélice d&#39;un avion à pas variable) pour produire toujours la même puissance. Et donc elle est dans un régime optimal pour une large palette de vents.</li>
<li>En France, on a une des <strong>réglementations</strong> les plus restrictives pour l&#39;implantation des éoliennes au regard des bases aériennes militaires et des radars. C&#39;est un peu un fun fact, mais en fait ça limite réellement les zones où on peut implanter des éoliennes.</li>
<li>Et le dernier point que je connaissais déjà, mais que ça fait toujours du bien de rappeler : oui les éoliennes tuent des oiseaux. Peut-être quelques milliers par an (je ne sais pas de quelle échelle géographique Cédric Philibert parle quand il dit ce nombre), mais pendant ce temps là, les pesticides ou le réchauffement climatique ou les baies vitrées vont tuer des millions d&#39;oiseaux.  En plus, on sait que financer ce genre d&#39;**études qui <em>sèment le doute</em> **, c&#39;est l&#39;un des leviers des big corp (ici le pétrole) pour lutter contre le développement des énergies renouvelables.
<ul><li><a href="https://www.notre-planete.info/actualites/4626-mortalite-oiseaux-eoliennes" rel="nofollow">Un article de  planete-info qui regarde les études sur la mortalité des oiseaux dues aux éoliennes</a>.</li>
<li><a href="https://www.ted.com/talks/naomi_oreskes_why_we_should_trust_scientists/transcript?Conf&amp;language=fr" rel="nofollow">Lien vers le TedX de Naomi Oreskes sur les semeurs de doute.</a></li></ul></li></ul>

<h2 id="des-éoliennes-à-la-dette-démocratique" id="des-éoliennes-à-la-dette-démocratique">Des éoliennes à la dette démocratique</h2>

<p>Comme je le disais en intro, si j&#39;ai voulu prendre le temps de faire cet article de blog, c&#39;est surtout parce que ça m&#39;a fait réfléchir sur les <strong>liens entre la démocratie locale et les grands projets écologiques</strong>.</p>

<h3 id="des-citoyens-qui-râlent" id="des-citoyens-qui-râlent">Des citoyens qui râlent</h3>

<p>Cédric Philibert évoque dans la conversation le fait que les éoliennes sont un cas typique de “Not In My Backyard”. Le fait que globalement on est pour, mais on n&#39;en veut pas chez soi.
Il poursuit en disant qu&#39;il y a des cas de personnes qui râlent en disant que c&#39;est moche ou que c&#39;est bruyant. Et en effet, quand on subit quelque chose qu&#39;on ne voulait pas, ça peut être vraiment stressant. Mais pour lui, ce sont souvent <strong>des manifestations du fait que quelque chose d&#39;autres ne va pas</strong>.</p>

<p>Et ça m&#39;a rappelé un chouette podcast de France Culture (produit en 2008, c&#39;est un peu vintage), qui était allé interroger des habitant·es d&#39;un parc éolien en Haute Loire. On ressentait très bien la douleur de certain·es habitant·es dont la colère s&#39;était cristallisée autour de ces éoliennes. Le bruit était devenu une véritable source de stress. D&#39;autres habitant·es pour lesquel·les ces éoliennes étaient source de revenu le vivaient au contraire très bien.</p>
<ul><li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-feu-vert-les-francais-et-l-environnement" rel="nofollow"> Lien vers l&#39;épisode 1 du podcast “Feu vert, les français et l&#39;environnement” publié par France Culture en 2008</a>.</li></ul>

<p>Cette réflexion fait écho à ce que l&#39;on vit en ce moment sur mon territoire. Une réforme de la gestion des déchets qui modifie le mode de collecte fait beaucoup de mécontents. Pourtant, je ne pense pas que la réforme soit mauvaise, et je suis convaincue que <strong>la plupart des personnes qui sont aujourd&#39;hui contre pourraient être pour dans un autre contexte</strong>. Notre territoire a été particulièrement mobilisé au moment des manifestations des <strong>gilets jaunes</strong>. Ces manifestations, blocages de ronds points, ont montré une énorme insatisfaction, et il n&#39;en est rien sorti. Macron a enterré les cahiers des doléances, et puis ça a été le confinement. On peut donc penser que chez nous, cette colère est toujours là. <strong>J&#39;ai l&#39;impression que cet épisode des déchets n&#39;a fait que re-souffler sur les braises de cette insatisfaction, réelle et plus générale, des citoyen·nes de notre territoire.</strong></p>
<ul><li><a href="https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/visites-autour-des-dechets-en-nord-gironde" rel="nofollow"> Lien vers un article où je parle du sujet et d&#39;une visite que nous avons organisé avec le groupe local des verts</a>.</li>
<li><a href="https://www.france.tv/france-3/nouvelle-aquitaine/la-france-en-vrai-aquitaine/5660031-les-doleances.html" rel="nofollow"> Lien vers le replay sur France TV du film les doléances qu&#39;on aimerait projeter dans un évènement organisé par les écolos du coin.</a></li></ul>

<h3 id="les-projets-écolo-et-la-dette-démocratique" id="les-projets-écolo-et-la-dette-démocratique">Les projets écolo et la dette démocratique</h3>

<p>Cédric Philibert explique que <strong>les projets qui marchent très bien sont ceux qui sont portés par des citoyen·nes</strong>. Ils et elles investissent un peu d&#39;argent, décident ensemble de où les implanter, et bénéficient de l&#39;argent généré.</p>

<p>Cette conversation m&#39;en a évoqué une autre sur la dette démocratique. J&#39;ai lu la première fois le mot de dette démocratique sous la plume de <a href="https://mamot.fr/@n1k0" rel="nofollow">@n1k0 sur mastodon </a>. Il en parlait en référence à la dette technique dans le monde du logiciel.</p>
<ul><li><a href="https://mamot.fr/@n1k0/113854289719884649" rel="nofollow">Lien vers la conversation sur Mastodon avec un post de @N1k0 qui aborde la notion de dette démocratique.</a></li></ul>

<p>La <strong>dette technique</strong> c&#39;est une expression qu&#39;on utilise très couramment dans le monde du logiciel. En gros, pour gagner du temps, on écrit du code un peu crade. Quand il y a un bug, on crée un patch au lieu de réécrire une fonctionnalité. C&#39;est un peu l&#39;équivalent de mettre un pansement sur une jambe de bois. Ça marche à court terme, mais ça ne résout pas le problème. Et puis un jour, ça nous <em>pète à la gueule</em>, et la seule solution, c&#39;est de réécrire une grande partie du code depuis zéro. On est alors coincé·es pendant pas mal de temps avec un logiciel buggué le temps qu&#39;une nouvelle version sorte. Je connais bien ce concept car je l&#39;ai plusieurs fois vécu dans ma vie pro.</p>
<ul><li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_technique" rel="nofollow"> Lien vers la page Wikipedia sur la dette technique </a>.</li></ul>

<p>Bref, @N1k0 prend cet exemple pour faire une analogie avec la vie politique. Il est possible (et plus rapide) de prendre des décisions sans impliquer les personnes concernées, en général les citoyen·nes.  C&#39;est un peu l&#39;idée de la phrase de Nelson Mandela : <em>Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi</em>.</p>

<p>Souvent, dans les grands projets du type “installation d&#39;un parc d&#39;éoliennes”, ou “réforme de la gestion des déchets”, il y a une phase de consultation citoyenne. Mais cette phase est souvent limitée à de l&#39;information, il y a rarement beaucoup de négociations possibles. On est en général très loin du projet porté par les citoyens. Cela m&#39;évoque deux réflexions :</p>
<ol><li><strong>La consultation citoyenne avant le démarrage du projet va probablement beaucoup moins bien se passer sur un territoire qui souffre d&#39;une forte dette démocratique</strong>. Si les citoyen·nes ont l&#39;habitude que tout se fasse sans elleux, que lorsqu&#39;on les consulte, c&#39;est pour faire joli, alors il est normal qu&#39;iels ne répondent pas vraiment présent·es lors des consultations citoyennes. Même si celles-ci étaient mieux organisées et avaient prévu de leur laisser une plus large place.</li>
<li>Ici, les écologistes ont l&#39;habitude de se positionner <em>contre</em>. Et c&#39;est vrai qu&#39;il y a des tas de projets <em>contre</em> lesquels il faut lutter. Mais <strong>comment favoriser l&#39;émergence de projets <em>pour</em> lesquels on pourrait se battre ?</strong> Comment favoriser l&#39;émergence de projets construits par et avec les citoyen·nes ?</li></ol>

<p>Ce dernier point fait écho à un mouvement que je découvre (après tout le monde, comme d&#39;habitude) : Le “ community organizing”, ou l&#39;organisation collective en français. Ce mouvement s&#39;inspire des travaux d&#39;Alinsky, un sociologue qui a œuvré dans des quartiers noirs américains pour organiser des projets avec et pour les citoyens. Barack Obama a été un community organizer dans sa jeunesse et aurait construit sa campagne en en appliquant certains principes. Alexandria Ocasio-Cortez aurait aussi basé sa campagne sur les principes du <em>community organizing</em>.</p>
<ul><li><a href="https://organisez-vous.org/guide-organisation-collective/" rel="nofollow">Lien vers le guide de l&#39;organisation collective</a></li></ul>

<p>Bref, j&#39;en suis au stade où je découvre et où ça me fait envie car ça me donne un peu d&#39;espoir 🙂. Je me demande s&#39;il ne serait pas possible de faire germer des projets en suivant cette méthodologie pour se battre ensemble <strong>pour</strong> des projets locaux 💪 !</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Ecologie" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Ecologie</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/eoliennes-citoyen-es-et-dette-democratique</guid>
      <pubDate>Sun, 23 Feb 2025 12:05:21 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Michel Feher et le producérisme</title>
      <link>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/michel-feher-et-le-producerisme</link>
      <description>&lt;![CDATA[#Podcast #Politique&#xA;J’ai écouté récemment un épisode du podcast «  a href=&#34;https://spectremedia.org/minuit-dans-le-siecle/&#34;Minuit dans le siècle/a » qui m’a beaucoup éclairé sur la politique au sens axiologique. Dans a href=&#34;https://spectremedia.org/podcast/aux-sources-du-vote-fn-rn-4-pourquoi-limaginaire-de-lextreme-droite-peut-il-etre-desirable/?episode=1896&#34;cet épisode/a, Ugo Palheta reçoit le philosophe a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/MichelFeher&#34;Michel Feher/a pour parler de son dernier livre : « Producteurs et parasites » aux éditions de la découverte.&#xA;!--more--&#xA;Dans ce podcast (et donc j’imagine dans son livre), Michel Feher revient sur l’histoire d’un concept peu usité en France, le producérisme. Cette axiologie serait au cœur de la pensée politique de Pierre Joseph Proudhon au dix-neuvième siècle, et que l’on retrouve aujourd’hui au rassemblement national. &#xA;&#xA;Image avec une foule. La majorité des personnages sont en noir, ce sont les producteurs. Quelques personnes sont en jaune, ce sont les parasites&#xA;&#xA;J’avais déjà entendu parler de Proudhon, mais je ne savais rien ou presque de lui. Et je ne connaissais rien de la pensée politique du RN à part qu’elle était raciste, et contre les « assistés », tout en étant populiste, et parfois contre les grands patrons et l’état dans les discours&#xA;&#xA;Le producérisme&#xA;Pour Michel Feher, le producérisme, c’est le fait d’opposer les travailleurs, qui produisent, aux parasites, qui profitent du travail des autres. C’est une autre division du monde que celle, que je connaissais déjà, des ouvriers – qui produisent – contre ceux qui détiennent le capital et les moyens de production. &#xA;&#xA;Les producteurs &#xA;Les travailleurs du producérisme, c’est la frange « du milieu » de la France. Ils et elles sont ouvriers, artisans, médecins, petits patrons : ils travaillent, et ils gagnent de l’argent à la mesure du travail qu’ils et elles fournissent. &#xA;&#xA;À l’opposé des producteurs, il y a donc les profiteurs – les parasites. Il y a les parasites du haut, et les parasites du bas. &#xA;&#xA;Les parasites du haut&#xA;Parmi les parasites du haut, on retrouve les banquiers et la finance qui s’enrichissent sans travailler, mais parce que leur argent travaille. Aujourd’hui, y met aussi les grands patrons qui s’enrichissent sans rien faire, ou les spéculateurs parmi les parasites du haut. &#xA;Mais dans cette famille des parasites du haut, on retrouve aussi les artistes, les journalistes. Là, j’avoue que je n’ai pas complètement compris en quoi c’était des parasites, mais le fait est qu’ils sont honnis au RN comme chez Proudhon.&#xA;&#xA;Les parasites du bas&#xA;De l’autre côté du spectre, on trouve les travailleurs du bas, les profiteurs du système. &#xA;&#xA;Il y a évidemment les bénéficiaires des aides sociales, ces assistés qui touchent de l’argent sans produire ! Aux états-unis, c’est la welfare queen. En France, c’est le bénéficiaire du RSA qui refait sa maison sans faire tourner l’économie. &#xA;&#xA;Les fonctionnaires sont aussi dans cette pensée des profiteurs du système. Ils touchent un salaire quoi qu’ils fassent, même s’ils ne font rien. Car c’est bien connu que la majorité des fonctionnaires ne font rien et que comme ils ont un emploi à vie, et que l’état est en situation de monopole sans concurrence, c’est forcément des profiteurs. &#xA;&#xA;Le producérisme et le racisme et l’antisémitisme&#xA;Cette doctrine est raciste, antisémite et nauséabonde car dans ce cadre : &#xA;&#xA;les producteurs correspondent au bon peuple de chez nous,&#xA;les parasites, ce sont des étrangers&#xA;&#xA;À l&#39;époque de Proudhon, les juifs étaient soit des banquiers soit des dangereux communistes. Aux Etats-Unis les assistés sont forcément des noirs, et plus précisément des femmes noires comme dans le mythe de la welfare queen qui s’achète une Cadillac rose avec les allocations. En France, ce sont les immigrés de première et deuxième génération. &#xA;&#xA;Le producérisme aujourd’hui&#xA;La droite &#xA;La droite, c’est la lutte contre les parasites du bas, sans regarder les parasites du haut. Il n’y a rien de pire que l’oisiveté, la seule valeur qui vaille est celle du travail. C’est ce qui nourrit par exemple la réforme du RSA où on force les personnes à travailler 15h par semaine pour le système, alors même qu’on manque d’emploi pour tout le monde. &#xA;&#xA;Selon la droite, il suffirait de se prendre en main pour s’en sortir, de traverser la rue et de trouver un travail.&#xA;&#xA;La gauche&#xA;La gauche, c’est la lutte contre les parasites du haut qui empêchent la redistribution de l’argent des riches aux pauvres. &#xA;&#xA;L’extrême droite&#xA;L’extrême droite, c’est le en même temps. On lutte contre l’évasion fiscale, contre les fonctionnaires, contre les banquiers, et contre les pauvres au RSA. On veut protéger le bon français qui travaille et qui ne profite pas. &#xA;&#xA;Et comme le veut le modèle, les profiteurs – les parasites, ne sont pas français. Ils profitent du système et il faut donc améliorer la société en expurgeant les parasites. Dans le producérisme, il y a vraiment cette idée de purifier la nation. C&#39;est ce qui a collé avec l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale, ou aujourd’hui avec la volonté d’expulser les français qui ne sont pas français de souche. &#xA;&#xA;Que penser de la valeur travail / production ? &#xA;Je suis un pur produit de la valeur travail, surtout côté paternel. Mon grand-père, ma grand-mère, et mon père se sont émancipés par le travail. On gagne le respect parce qu’on travaille. Tout passe après le travail. &#xA;&#xA;À partir de la prépa, j’ai perdu la capacité d’être oisive. J’ai énormément de mal à lire un roman : à quelle production ça sert de lire un roman ? Je mesure la qualité d’une journée à la quantité de choses, matérielles ou immatérielles que j’ai produites. Je suis contente quand je peux cocher des cases. &#xA;&#xA;Et pourtant, je voudrais défendre un droit à la paresse, à l’oisiveté. Les gains de productivité énormes qu’on a eu grâce au pétrole n’auraient-ils pas du nous donner plus de temps ? J’ai à l’inverse l’impression qu’on court toujours plus, qu’il y a de plus en plus de mal-être au travail, et que la planète va de plus en plus mal. &#xA;&#xA;Je n’ai pas tout retenu de ce podcast, mais il m’a donné beaucoup à penser, et j’ai désormais ajouté ce livre sur ma wish-list ! &#xA;&#xA;PS : Si vous maîtrisez le sujet, n’hésitez pas à m’écrire pour que j’édite cet article si j’ai dit des bêtises...&#xA;&#xA;#Lecture #Politique]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Podcast" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Podcast</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a>
<em>J’ai écouté récemment un épisode du podcast «  <a href="https://spectremedia.org/minuit-dans-le-siecle/" rel="nofollow">Minuit dans le siècle</a> » qui m’a beaucoup éclairé sur la politique au sens axiologique. Dans <a href="https://spectremedia.org/podcast/aux-sources-du-vote-fn-rn-4-pourquoi-limaginaire-de-lextreme-droite-peut-il-etre-desirable/?episode=1896" rel="nofollow">cet épisode</a>, Ugo Palheta reçoit le philosophe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Feher" rel="nofollow">Michel Feher</a> pour parler de son dernier livre : « Producteurs et parasites » aux éditions de la découverte.</em>

Dans ce podcast (et donc j’imagine dans son livre), Michel Feher revient sur l’histoire d’un concept peu usité en France, le <strong>producérisme</strong>. Cette axiologie serait au cœur de la pensée politique de Pierre Joseph Proudhon au dix-neuvième siècle, et que l’on retrouve aujourd’hui au rassemblement national.</p>

<p><img src="https://acloud7.zaclys.com/index.php/apps/files_sharing/publicpreview/Bbj8HoM57iP2ajL?file=/&amp;fileId=6598597&amp;x=2560&amp;y=1600&amp;a=true&amp;etag=41975fd42aae02b40cb7450dfc63ae82" alt="Image avec une foule. La majorité des personnages sont en noir, ce sont les producteurs. Quelques personnes sont en jaune, ce sont les parasites"></p>

<p>J’avais déjà entendu parler de Proudhon, mais je ne savais rien ou presque de lui. Et je ne connaissais rien de la pensée politique du RN à part qu’elle était raciste, et contre les « assistés », tout en étant populiste, et parfois contre les grands patrons et l’état dans les discours</p>

<h2 id="le-producérisme" id="le-producérisme">Le producérisme</h2>

<p>Pour Michel Feher, le <strong>producérisme</strong>, c’est le fait d’opposer les travailleurs, qui produisent, aux parasites, qui profitent du travail des autres. C’est une autre division du monde que celle, que je connaissais déjà, des ouvriers – qui produisent – contre ceux qui détiennent le capital et les moyens de production.</p>

<h3 id="les-producteurs" id="les-producteurs">Les producteurs</h3>

<p>Les travailleurs du producérisme, c’est la frange « du milieu » de la France. Ils et elles sont ouvriers, artisans, médecins, petits patrons : ils travaillent, et ils gagnent de l’argent à la mesure du travail qu’ils et elles fournissent.</p>

<p>À l’opposé des producteurs, il y a donc les profiteurs – les parasites. Il y a les parasites du haut, et les parasites du bas.</p>

<h3 id="les-parasites-du-haut" id="les-parasites-du-haut">Les parasites du haut</h3>

<p>Parmi les parasites du haut, on retrouve les banquiers et la finance qui s’enrichissent sans travailler, mais parce que leur argent travaille. Aujourd’hui, y met aussi les grands patrons qui s’enrichissent sans rien faire, ou les spéculateurs parmi les parasites du haut.
Mais dans cette famille des parasites du haut, on retrouve aussi les artistes, les journalistes. Là, j’avoue que je n’ai pas complètement compris en quoi c’était des parasites, mais le fait est qu’ils sont honnis au RN comme chez Proudhon.</p>

<h3 id="les-parasites-du-bas" id="les-parasites-du-bas">Les parasites du bas</h3>

<p>De l’autre côté du spectre, on trouve les travailleurs du bas, les <strong>profiteurs</strong> du système.</p>

<p>Il y a évidemment les bénéficiaires des aides sociales, ces assistés qui touchent de l’argent sans produire ! Aux états-unis, c’est la welfare queen. En France, c’est le bénéficiaire du RSA qui refait sa maison sans faire tourner l’économie.</p>

<p>Les fonctionnaires sont aussi dans cette pensée des profiteurs du système. Ils touchent un salaire quoi qu’ils fassent, même s’ils ne font rien. Car c’est bien connu que la majorité des fonctionnaires ne font rien et que comme ils ont un emploi à vie, et que l’état est en situation de monopole sans concurrence, c’est forcément des profiteurs.</p>

<h2 id="le-producérisme-et-le-racisme-et-l-antisémitisme" id="le-producérisme-et-le-racisme-et-l-antisémitisme">Le producérisme et le racisme et l’antisémitisme</h2>

<p>Cette doctrine est raciste, antisémite et nauséabonde car dans ce cadre :</p>
<ul><li>les producteurs correspondent au bon peuple de chez nous,</li>
<li>les parasites, ce sont des étrangers</li></ul>

<p>À l&#39;époque de Proudhon, les juifs étaient soit des banquiers soit des dangereux communistes. Aux Etats-Unis les assistés sont forcément des noirs, et plus précisément des femmes noires comme dans le mythe de la welfare queen qui s’achète une Cadillac rose avec les allocations. En France, ce sont les immigrés de première et deuxième génération.</p>

<h2 id="le-producérisme-aujourd-hui" id="le-producérisme-aujourd-hui">Le producérisme aujourd’hui</h2>

<h3 id="la-droite" id="la-droite">La droite</h3>

<p>La droite, c’est la lutte contre les parasites du bas, sans regarder les parasites du haut. Il n’y a rien de pire que l’oisiveté, la seule valeur qui vaille est celle du travail. C’est ce qui nourrit par exemple la réforme du RSA où on force les personnes à travailler 15h par semaine pour le système, alors même qu’on manque d’emploi pour tout le monde.</p>

<p>Selon la droite, il suffirait de se prendre en main pour s’en sortir, de traverser la rue et de trouver un travail.</p>

<h3 id="la-gauche" id="la-gauche">La gauche</h3>

<p>La gauche, c’est la lutte contre les parasites du haut qui empêchent la redistribution de l’argent des riches aux pauvres.</p>

<h3 id="l-extrême-droite" id="l-extrême-droite">L’extrême droite</h3>

<p>L’extrême droite, c’est le en même temps. On lutte contre l’évasion fiscale, contre les fonctionnaires, contre les banquiers, et contre les pauvres au RSA. On veut protéger le bon français qui travaille et qui ne profite pas.</p>

<p>Et comme le veut le modèle, les profiteurs – les parasites, ne sont pas français. Ils profitent du système et il faut donc améliorer la société en expurgeant les parasites. Dans le producérisme, il y a vraiment cette idée de purifier la nation. C&#39;est ce qui a collé avec l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale, ou aujourd’hui avec la volonté d’expulser les français qui ne sont pas français de souche.</p>

<h2 id="que-penser-de-la-valeur-travail-production" id="que-penser-de-la-valeur-travail-production">Que penser de la valeur travail / production ?</h2>

<p>Je suis un pur produit de la valeur travail, surtout côté paternel. Mon grand-père, ma grand-mère, et mon père se sont émancipés par le travail. On gagne le respect parce qu’on travaille. Tout passe après le travail.</p>

<p>À partir de la prépa, j’ai perdu la capacité d’être oisive. J’ai énormément de mal à lire un roman : à quelle production ça sert de lire un roman ? Je mesure la qualité d’une journée à la quantité de choses, matérielles ou immatérielles que j’ai produites. Je suis contente quand je peux cocher des cases.</p>

<p>Et pourtant, je voudrais défendre un droit à la paresse, à l’oisiveté. <strong>Les gains de productivité énormes qu’on a eu grâce au pétrole n’auraient-ils pas du nous donner plus de temps ?</strong> J’ai à l’inverse l’impression qu’on court toujours plus, qu’il y a de plus en plus de mal-être au travail, et que la planète va de plus en plus mal.</p>

<p>Je n’ai pas tout retenu de ce podcast, mais il m’a donné beaucoup à penser, et j’ai désormais ajouté ce livre sur ma wish-list !</p>

<p>PS : Si vous maîtrisez le sujet, n’hésitez pas à m’écrire pour que j’édite cet article si j’ai dit des bêtises...</p>

<p><a href="/depuis-les-gorces/tag:Lecture" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Lecture</span></a> <a href="/depuis-les-gorces/tag:Politique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Politique</span></a></p>
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      <guid>https://blogz.zaclys.com/depuis-les-gorces/michel-feher-et-le-producerisme</guid>
      <pubDate>Fri, 24 Jan 2025 18:13:49 +0100</pubDate>
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