Mort d'un acteur

Comme souvent, je me baladais au hasard sur les sites de replay à la recherche de courts métrages quand l'affiche de Mort d'un acteur m'a interpelée. Comme j'étais contente de découvrir Philippe Rebbot dans ce format. Cela fait si longtemps que je le vois promener son allure efflanquée dans le cinéma français sans vraiment m'attarder sur sa carrière. J'ai enfin pu prendre le temps de découvrir cet acteur à l'atypisme attractif car il est le personnage principal de ce court métrage plein de malice, qui nous interroge sur ce que représente vraiment exister (ou disparaître) quand il s'agit d'une carrière artistique.
Un beau matin, Philippe Rebbot découvre que sa mort est annoncée dans les médias... alors même qu'il est parfaitement en vie. Cette anomalie va l'entraîner dans une suite de situations absurdes, dans lesquelles l'humour omniprésent va parfois laisser place à une ironie mordante. Le film s’amuse en effet beaucoup de son titre,à prendre au sens littéral tout autant que métaphorique. Si la mort est au départ administrative, elle permet de mettre le doigt sur une interrogation : un comédien sur le retour n'est-il pas déjà « mort » pour une partie de la profession ?
Mais ne plombons pas l'ambiance de cette fin d'année. Si Mort d’un acteur fait un constat lucide, c'est avant tout un film léger qui parle avec tendresse du métier d'acteur, que ce soit quand on brille qu'au moment où le téléphone sonne un peu moins. Si la mise en scène est discrète, elle laisse toute la place au jeu, principal atout du film. Face à un Philippe Rebbot remarquable, tout en maîtrise et en autodérision, on retrouve l'énergie de Finnegan Oldfield (que j'apprécie de plus en plus) parfait antagoniste à la nonchalance du premier.
Grinçant et futé, Mort d’un acteur se regarde avec un vrai plaisir, avant tout pour passer un moment drôle avec de bons acteurs.
Mort d'un acteur | Ambroise Rateau | 2024








