Horizons parallèles – espaces négatifs

Saïd fait partie de ces auteurs qui rendent internet plus beau et mes étagères plus fournies. Quand je l'ai découvert en 2018 à l'occasion de son premier marathon d'écriture, j'ai été très intéressée par sa démarche et ses qualités d'écriture et de créateur. J'ai depuis suivi ses projets avec attention et admiration. Quand il a relancé un nouveau projet Bradbury, en octobre 2025, je ne pouvais donc pas ne pas suivre ça de près.
Ray Bradbury, lui-même auteur prolifique, a dit :
Si vous pouvez écrire une nouvelle par semaine (...) à la fin de l’année vous aurez 52 nouvelles. Et je vous défie d’en écrire 52 mauvaises.
Le projet Bradbury consiste donc à écrire 52 nouvelles en 52 semaines, chose que Saïd a faite avec brio. De mon côté, je me suis abonnée dès le lancement, et j'ai tout de suite fait le choix de soutenir le projet. Ce genre d'initiative m'intéresse toujours et j'avais très envie de voir comment l'auteur tiendrait la distance, et comment moi, lectrice, je ferai également aussi.
Horizons parallèles – espaces négatifs, c'est donc un an de nouvelles de science-fiction reçues chaque semaine par e-mail. Dans cette itération, Saïd s'est attaché à explorer le vide et le non-dit comme matière première de la fiction, jusqu'à une cinquante-deuxième et dernière nouvelle sobrement intitulée L'importance du vide.
Des fils communs se tissent à travers ces 52 textes. On y retrouve les thèmes chers à l'auteur. La dystopie (qui se fait de plus en plus rattraper par la réalité), les choix moraux entre intérêt et éthique, entre conscience et pouvoir. L'ambition, la soif de découverte, l'intelligence artificielle et la connaissance de soi traversent elles aussi les nouvelles, question après question.
Trois textes me reviennent pour illustrer l'éclectisme des sujets abordés. Vingt minutes qui m'a touchée par sa tendre ironie : un accident de courant offre à un homme des heures suspendues dans ses toilettes quand vingt minutes à peine s'écoulent dehors. Doux rêveurs qui m'a glacée dans la cruauté passive qui s'en dégage : une chercheuse découvre un secret touchant les voyageurs en hibernation et devra faire un choix. Quant à Zoo, il m'a passionné par ses questionnements en déportant subtilement la question de la foi des hommes vers ailleurs.
Trois parmi tant d'autres, un choix arbitraire pour ne pas alourdir la chronique quand beaucoup d'autres méritent d'être découverts. L'écriture de Saïd est onirique et sensorielle. Elle fait naître les sentiments par petites touches, et l'on ressent ses histoires autant qu'on les comprend. La quantité de production n'a jamais émoussé cette intensité, bien au contraire.
Chaque semaine, cette nouvelle arrivée dans ma boîte mail est devenue un rituel bien établi, une parenthèse de vide attendue au cœur de mon week-end et jamais je n'ai pris de retard dans ma lecture.
Le projet s'achève, mais les textes restent, publiés sous licence libre sur Substack. Foncez découvrir l'univers de Saïd, et abonnez-vous à sa newsletter La Patience pour ne rien manquer de la suite. Pour ma part, je garde de ces 52 espaces négatifs énormément de positif.
Horizons parallèles – espaces négatifs | Saïd | 2025-2026








