Nok - FetM

poésies

Si je parle de toi, Je fais le vide autour de moi. Je passe à côté de toi, Je feins de ne pas te voir Et j'ai honte de moi.

Tu m'as donné la joie, Une joie d'enfant, Des larmes aux yeux, Un cœur débordant Et léger comme l'hélium.

Choyé, comblé, Entouré de ton amour, Flottant, les pieds légers, J'ai consumé mon plaisir Sans plus un regard pour toi.

Et toi, tu veilles sur moi. Bien que je te tourne le dos, Ton amour est si grand Tu ne t'outrages pas, Patient et encore patient.

Tu guettes le moment Où enfin je me retournerai Pour poser mon regard sur toi Et pleurer à nouveau, Mais de t'avoir tenu loin de moi.

Qu'ai-je gagné ainsi ? Qu'ai-je perdu ainsi ? Ai-je connu plus fort ? Ton amour jusqu'à la mort ? Tu m'attends de là-bas.

Comme par un aimant, Mes pas sont attirés vers toi. De honte, mes yeux baissés, Par la puissance de ton amour, Se relèvent vers ta lumière.

Je retourne vers toi. Sur ton visage, Un sourire aimant, Sans reproche, Tes bras largement ouverts.

Après m'être égaré, Je retourne vers toi. Je reviens du désert, Où tout n'était que mirages Et oasis à l'eau empoisonnée.

#poésies

Flocon, tombe ici et là sur mon âme noircie. Un peu par ici, un peu par là.
Appelle tes compères à gonflette pour me recouvrir vite.

Donne‑moi une apparence de pureté, moi qui suis entaché de fautes et d'erreurs charnelles.

Recouvre la terre de ta blancheur. Étouffe les bruits de guerre.

Ralentis mon métabolisme surchauffé. Par ta cryothérapie, rends‑moi insensible à la douleur.

Rappelle‑moi la luge de mon enfance, incontrôlable, qui fonçait droit devant, moi riant sans retenue, emporté par la glisse.

#poésies

– Alors comment ça va vieille branche ?

– Vieille branche toi-même ! Accro branche, va !

– Qu'est-ce que je vois là ? Des petites pousses ? Il va falloir raser tout ça. C'est pas net. Sinon tu vas rater l'embûche.

– Rater l’embûche ? Mais tu rêves en plein bois !

– Et toi tu n'as pas inventé la scie égoïne. Tu as toujours eu des nœuds aux cerneaux !

– Vieille branche, vieille branche… tu sais que j’ai encore tout mon feuillage, moi ! – Oui et bien, vu comment tu trembles quand il y a du vent, tu ressembles plus à un arbre à café qu'à un arbre à pain.

– Allez, on ne va pas se disputer et s'envoyer des copeaux. Au fond, on est du même tronc. Tournons la feuille.

– Viens, on va prendre l’air. J’ai besoin de photosynthèse...

#poésies

Le sifflement, toujours présent, Jamais ne s’essouffle — Me prive du grand silence blanc, Des neiges de l'Arctique Dont l’immensité me parle. La neige crisse sous mes pas, Les cristaux de glace, Irisés de soleil, m’éblouissent, Subliment ma musique incessante. Je voudrais que la nuit vienne, Éteignant lumière et son, Emportant avec elle Mon histoire et l'oubli.

#poésies