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lectures

Publié en 2022, prix du meilleur premier polar par le comédien, scénariste et metteur en scène Ulf Kvensler.

Un polar nordique.

Un huit-clos qui se déroule dans le grand parc naturel du Sarek en Suède.

L'auteur raconte avoir effectué une grande randonnée dans ce parc à l'âge de la cinquantaine avec deux amis pour se documenter sur ce lieu mythique. Ce fut tellement difficile et épuisant qu'il dit s'être senti comme un septuagénaire à la fin du parcours.

Grands espaces, suspense et l'art du metteur en scène...

#lectures

Albert, une nouvelle écrite en 1857, marque les débuts littéraires de Léon Tolstoï, alors âgé de 29 ans.

En janvier 1857, à Saint-Pétersbourg, Tolstoï découvre un violiniste d’exception, Kizewetter. Fasciné par son talent, il le rencontre à plusieurs reprises et écoute son histoire. Le destin tragique de cet “artiste génial mais tourmenté” – comme Tolstoï le décrit dans son journal – le bouleverse profondément.

“À travers la puissance de la musique, une phrase résonnait sans cesse en lui : ‘Le passé est révolu. Il ne reviendra jamais. Pleure-le. Laisse couler toutes les larmes de ton âme. Car rien, jamais, ne t’apportera un bonheur plus grand.’ Et il pleurait. Ces larmes étaient libératrices.”


Source : Bibliothèque Russe et Slave (BRS)

#lectures

Roman publié en 1906. Le socialisme se propage en Russie. Les ouvriers, puis les paysans, ne supportent plus les conditions de vie imposées par le pouvoir en place et la corruption systémique. Ils réagissent. Ils s’organisent. Ce qui m’a plu, c’est que Gorki a mis en avant le rôle des femmes. Elles sont partout. Pas en avant. Pas en héroïnes qui font du bruit. Mais avec leur manière à elles de ressentir et d’agir. Gorki leur a donné une belle place dans le roman.

D’abord la mère, Pélaguée. Au début du roman, on la voit vivre dans la crainte. De son mari, de la police, de ce que pense le voisin. Elle vit courbée, battue par son mari, effacée depuis si longtemps qu’elle n’a plus le souvenir de jours heureux.

Son mari décède. Son fils entre dans le mouvement politique et en devient un leader local. Elle écoute les réunions qui se déroulent chez elle. Elle fait des efforts pour comprendre. Elle apprend à lire. Une transformation s’opère. Elle aime la camaraderie authentique du groupe qui se forme. Elle ne devient pas une révolutionnaire au sens classique. Elle devient quelqu’un, elle qui n’avait pas d’existence propre. Sa force, elle ne la crie pas. Elle avance, c’est tout.

Natacha, c’est la jeunesse. Elle va vite. Elle croit que ça peut changer, maintenant, tout de suite. À côté de Pélaguée, on sent le décalage de génération. La peur d’un côté, l’élan de l’autre.

Sachenka, c’est le calme et la clarté. Elle analyse. Elle explique sans écraser. Elle rassure.

Sophie, c’est la douceur sans être naïve. Elle aide, elle écoute, elle est là. Mais elle ne se fait pas d’illusions. Elle sait que le monde est dur. Elle est aussi pianiste et, par elle, Pélaguée découvre la musique.

Lioudmila, c’est la liberté. Elle est très active et ne ménage pas sa personne. Elle n’est pas enfermée dans un rôle. Elle ne demande pas si elle a le droit d’être là. Elle est là.

Et Tatiana. Plus discrète. On la remarque moins, mais sans elle, beaucoup de choses ne se feraient pas. Elle représente toutes celles qui agissent en silence.

Pour moi, La Mère, ce n’est pas seulement un roman sur des idées. C’est un roman sur des transformations intérieures. Et très souvent, ce sont les femmes qui les portent. Pas avec des grands mots, mais avec des gestes. Avec une présence et une force tranquille. Une endurance.

Ce livre-là, je l’ai surtout lu à travers elles.

#lectures