Blog d'une enfant de ce siècle

Bienvenu, consœur-frère, camarade de ce siècle. Soyons durs avec lui pour lui donner un lendemain.

LE MONOPOLE DE LA VIOLENCE
Ernesto

Max Weber définit l’État comme groupement politique détenant le monopole de la « violence physique légitime ». Cette définition exerce toujours une influence considérable sur la pensée politique moderne. Source : “La Société contre l'Etat?” Conférences philosophique organisées à Nantes par “Les Rencontres de Sophie”

Les violences policières abusives et leurs impunités sont pourtant réelles, même quand l’intention de nuire au citoyen n’est pas reconnue.

Je pense par exemple à Malik Oussekine, ou plus récemment au policier de Clermont-Ferrand qui a frappé un handicapé.

Les violences seraient-elles impunément légitimes, même quand elles sont injustes ? Faut-il valider toute violence parce qu’elle est légitime ? Et la violence illégitime ; quelle serait-elle ? La chaîne youtube de Diable Positif explore bien cet aspect des causes de la violence, dans sa vidéo sur “L'immagration”

La violence est un mouvement dont on peut voir l’impact dans les faits. Et cet impact peut coûter des liens, des vies, mais encore faire fleurir la rancœur, la honte, le sentiment éternel d’impuissance et d’injustice, et le désir de revanche qui se transmet de génération en génération dans une histoire qui saigne de nos actes.

Kerry James en fait un rappel cruel de vérité dans sa « Lettre à la République » et pointe du doigt le déni, l’hypocrisie, la prétention des puissants.

Divinité associée : Sol Invictus. Sol Invictus était célébré le 25 novembre à l'ère romaine, et c'est un syncrétisme de multiples divinités du soleil confondues (Attis, Horus, Apollon...) “Notre” Noël, c'est celui qu'on a volé aux civilisations paganistes… N’est-ce pas une violence que l’on tairait volontiers lors de cette célébration familiale ?

Sol Invictus signifie “soleil invaincu” et ça symbolisait la puissance de l'empire romain, qui dans toute sa prétention… a quand même fini par tomber. Invaincu... mais pas invincible.

Dans tous les cas, le mouvement de la violence se perpétue, qu’elle soit ou non légitime, elle dépasse de loin de concept de monopole.

Livre recommandé :

« Comment la non-violence protège l’État, essai sur l'inefficacité des mouvements sociaux » de Peter Gelderloos

(NP : Ici j’entends « non-violence » davantage en tant que politique de l’autruche, pas dans son sens originel né du concept de l’ahimsa)

Pour finir, voilà un autre « InVictus » qui n’a pas besoin d’écraser des civilisations ou de frapper un handicapé pour se sentir en sécurité :

« Invictus », de William Ernest Henley, Le poème préféré de Nelson Mandela.

Voici un chansigné en LSF qui lui fait honneur :

Kaena, MASTODON : https://fe.disroot.org/users/kaena YOUTUBE : https://www.youtube.com/@kaenaplume-de-feu

NONVIOLENCE
Ernesto

La « nonviolence » a une provenance orientale, là où le mot « violence » a une provenance latine. Les écarts de culture entre ces deux termes sont énormes, et rares sont ceux qui approchent le concept de la nonviolence avec assez de prudence pour éviter les écueils de la récupération culturelle.

J’écris délibérément « nonviolence » en un seul mot, car à ma connaissance la nonviolence n’est pas plus le déni de la violence que son rejet. D’autant qu’en CNV, on peut parler d’ « usage protecteur de la force » et d’expression des limites, ce qui implique une certaine puissance.

La nonviolence signifie plutôt un changement de paradigme, une prise de recul et de conscience sur ce qu’est la vie (de toute forme de vie, dont la nôtre). Je perçois dans l’ahimsa l’élan de prendre soin de la vie, dans une pratique qui nécessite avant tout une empathie tournée vers soi-même.

Définition sur UNIVERSALIS : « Le mot sanskrit ahiṃsā, qui désigne, dans les religions de l'Inde, la non-violence (ou la non-nuisance) et même l'absence de toute intention de nuire, est composé du préfixe privatif a et de HIṂS, forme désidérative abrégée de la racine HAN (« frapper », « blesser », « tuer »). Ce terme est ancien ; (…) (VIe siècle avant J.-C.) (…)

Le (…) philosophe Śaṇkara (VIIIe-IXe s.), parlant de l'Énergie suprême, souligne qu'elle agit de l'intérieur et donc de façon non violente.

— Anne-Marie ESNOUL »

L’Ahimsa est à la base du bouddhisme et du jainisme, et induit qu’il s’agit avant tout de cesser toute nuisance envers soi-même.

Je garde en tête que le symbole du Jainisme ci-dessus, est celui que Hitler a récupéré à son compte, et qu’aujourd’hui ce symbole est perverti par ladite « croix gammée » du nazisme. On est bien loin de ce que le symbole représentait à la base :

Wikipédia : « Le svastika dextrogyre noir, emblème du nazisme, a été transformé en l'inclinant à 45° sur un disque blanc, position moins courante que celles des svastikas indiens.»

Mais l’Ahimsa, grâce à Marshall Rosenberg, a aussi donné naissance à la Communication Nonviolente. Cette dernière a permis de résoudre des conflits là où toute médiation se révélait insuffisante. Encore une fois, aucune communication ne saurait être nonviolente si nous ne tournons pas d’abord la nonviolence vers nous-même, ce que la CNV permet par « l'auto-empathie ».

Je t'invite à observer cette vidéo sur la partique de l’Ahimsa envers soi-même expliqué par une professeur de Yoga. (Très pédagogue et juste, mais attention le son est très bas)

Divinité associée : Ahimsa Devi, déesse hindou de la nonviolence, épouse du dieu Dharma. Source :

Livre recommandé :

« Prendre soin de l’enfant intérieur » de Thich Nhat Than, moine du bouddhisme zen. Ce lien vous conduit sur le site du Village des pruniers (communauté monastique qu'il a lui-même fondé)

Vidéo de l’auteur en question, sur la respiration consciente :

Kaena, MASTODON : https://fe.disroot.org/users/kaena YOUTUBE : https://www.youtube.com/@kaenaplume-de-feu

VIOLENCE
Ernesto

Quelle est ta violence ? Quand j’entends « Tu es violent » ou « C’est violent pour moi », quand tu la pointes vers moi ou vers toi, c’est la violence que tu subis qui s’exprime. Et celle que je donne à l’autre, est à l’image de celle que j’ai reçue.

Que le mot me fasse peur, ou que je sois tentée de le rejeter, de le taire, de le nier ou de le valider, le mot stimule. Que faire pour résister à la reproduction du schéma de la violence ? Encore faut-il intégrer ce qu’elle est.

Étymologie de « violent » selon l’académie française : « xiiie siècle. Emprunté du latin violentus, « violent, emporté », lui-même dérivé de vis, « force, vigueur ». » Source : Dictionnaire de l'Académie française

Vigoureux (CNRTL) 1. (personne, animal) Qui manifeste de la vitalité, de l'énergie, en mobilisant une grande force physique. 2. (végétal) Qui pousse bien, ferme, et dru. 3. (art) Qui s'exprime avec fermeté dans l'exécution, dans le choix des couleurs et d'une manière tranchée et précise.

Selon Marie-Christine Poujouly, dans son livre « Les concepts en sciences infirmières », chapitre « Violence » :

« L’étymologie du mot « violence », tout comme celle de l’adjectif violent et du verbe violer, dérivent du latin « vis » qui signifie « force en action, force exercée contre quelqu’un ». Le pluriel « vires » désigne les forces physiques nécessaires pour exercer la « vis ».

Selon Chantal Diamante, dans son livre « la violence a ses raisons que la raison ne connait pas » :

« en latin « vis », force et « vir », homme – opposé à femme –, qui ont donné naissance aux mots français « viril », « virilité », « virulence », « virago ». Ces différentes significations se conjuguent autour d’un axe, la notion de « force vitale », force du corps, caractère essentiel d’une chose ou d’une personne, son essence même, évoquant une énergie première, principale, élémentaire. »

Marie-Christine Poujouly commente aussi « L’usage du concept comme celui de la violence suppose la référence à des normes qui peuvent ne pas être partagées par tous »

C'est pourquoi il est nécessaire d'en parler, et de reconnaître les facteurs qui la favorisent (Education, Culture, Doomscrolling, Insécurité émotionnelle, Isolement, Sentiment d'injustice, d'impuissance ou d'impunité, Esprit de compétition exacerbé, Manque de conscience, Frustration, Surmenage, Souffrance psychologique, Malaise relationnel...) et de savoir jusqu'où elle peut mener (conflits, rupture de lien, procès, guerre, homicide, génocide, rancoeur qui s'étend sur plusieurs générations, esprit de vengeance, haine).

La prévention est donc vitale, et doit se faire le plus tôt possible. Le gouvernement reconnaît la nécessité d'une prévention de la violence en milieu scolaire, de la primaire à la terminale. Mais concrètement, elle n'est pas mise en pratique... Faute de personnel, d'argent, de moyens, de temps laissés par l'exigence du programme...

C'est à cet endroit que des associations comme Iki Iki sauvent la mise, en proposant des ateliers de jeu pour éveiller les plus jeunes. Leur but est de favoriser leur sécurité affective, avec des ressources concrètes, dont les parents peuvent également se nourrir.

Divinité associée : Seth, divinité égyptienne dont la première violence a été d’imposer sa présence au monde en forçant son propre accouchement. Il usait de sa violence pour protéger Râ et combattre Apophis, qu'il était le seul à pouvoir vaincre.

Un très bon spectacle qui décortique le concept de violence (avec les trois étapes en boucle de l'acte, des excuses confuses et des justifications pour la légitimer).

“DANS TA GUEULE, un art de vivre à la terrienne” Teaser du spectacle :

Dis-moi alors, d’où part ta violence ?

Kaena, MASTODON : https://fe.disroot.org/users/kaena YOUTUBE : https://www.youtube.com/@kaenaplume-de-feu

AMITIE
Ernesto

L'amitié pour moi, c'est accueillir l'autre dans son entièreté. C'est lui apporter de l'écoute quand on s’y sent disponible, lui rappeler qu’il sait ce qu’il y a de mieux pour lui quand il culpabilise, lui donner les ressources auxquelles il peut faire appel pour qu’il puisse se soutenir lui-même, de l'instruction quand il est dans l'ignorance, de l’empathie quand il est dans la souffrance, des outils s’il veut évoluer, du rire s’il y est disponible, de l'élan quand il en a besoin, de la clarté dans ses limites.

L'amitié c'est une paix dans le coeur, une conviction inébranlable que celui qui nous fait face est un être vivant sensible, fier et vulnérable, doué de conscience, d'entendement et de rêves. C'est un sentiment avant d'être un lien. Une patience sans but. Elle n'a rien à voir avec l'attirance charnelle, l’intérêt intellectuel, la morale, le progrès humain ou la norme sociale. A mes yeux il n’y a pas d’ami ou d’amie absolu, car les liens vont et viennent. Il n’y a que l’amitié, et l’énergie avec laquelle on la donne, le soin qu’on y met, chacun avec son langage, ses envies, ses maladresses. Et c’est cela, pour moi, qui ne peut jamais mourir.

Et pour vous, c’est quoi, l’amitié?  

Définition CNRTL :

Au sens personnel, « relation (qui) a pour objet de créer ou d'entretenir, etc. une communauté de nature affective et vertueuse » Autrement dit pour moi, un lien qui contribue, qui est constructif.

Étymologie :

Du latin amicus, selon certains il viendrait de amore, « aimer » . Du grec philia, forme d'amour exploré par les philosophes grecs.

Source : Dictionnaire LATIN Gaffiot Dictionnaire GREC Bailly CNRTL

Divinité associée :

Philotès en grec, Amiticia en latin. Déesse de l’affection, de l’amitié, de la tendresse et des rapports charnels. Seule déesse réputée pour prendre les sacrifices pour une offense.

Livre recommandé :

« Nos puissantes amitiés » d’Alice Raybaud

Présentation vidéo du livre par l'autrice :

Kaena, MASTODON : https://fe.disroot.org/users/kaena YOUTUBE : https://www.youtube.com/@kaenaplume-de-feu