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from Chatpey

Ce que le krach ferroviaire de 1873 ne nous dit pas

Tout le monde se demande si l'intelligence artificielle tiendra ses promesses. C'est la mauvaise question. La bonne est plus prosaïque : que deviendront, dans trois ans, les centaines de milliards d'euros de puces électroniques qu'on installe aujourd'hui dans les centres de données ? Car contrairement à tous les épisodes de fièvre spéculative que l'histoire a connus, celui-ci bâtit une infrastructure qui s'autodétruit.

Reprenons depuis le début. Les sept géants qui mènent la course — Amazon, Microsoft, Google, Meta, Oracle, auxquels s'ajoutent OpenAI et Anthropic — prévoient de dépenser autour de 700 milliards de dollars cette année dans les machines qui font tourner l'IA[^1]. Pour donner une idée, c'est près du double de l'an dernier, et l'équivalent du produit intérieur brut de pays entiers. Ce niveau de dépense privée dans une technologie nouvelle n'a que de rares précédents : la fibre optique à la fin des années 1990, l'électrification des années 1920, et surtout la fièvre ferroviaire américaine des années 1870.

Le parallèle qui rassure

Ce parallèle ferroviaire est devenu le préféré des observateurs inquiets. Il est juste, mais seulement à moitié. En 1873, le banquier le plus puissant des États-Unis, Jay Cooke, s'était engagé à financer une ligne transcontinentale. Il n'y parvint pas : les capitaux européens se tarirent à cause d'une guerre, et pour ne pas avouer l'échec, il puisa dans les dépôts de sa propre banque. Quand elle s'effondra, la panique gela tout. En deux ans, un tiers des obligations ferroviaires du pays cessèrent de verser des intérêts. La leçon habituelle : une vague d'investissement financée par la dette est fragile, et il suffit d'un effondrement spectaculaire pour que les attentes de tous se retournent d'un coup.

Cette leçon est de plus en plus applicable à l'IA. Pendant longtemps, on s'est rassuré en disant que les géants finançaient leurs investissements sur leurs propres profits, à l'abri des humeurs des marchés. Ce n'est plus vrai. Pour soutenir des dépenses qui atteignent désormais la moitié de leurs revenus, ils empruntent : plus de cent milliards de dollars de dette levés rien qu'en 2025, et des montages de plus en plus complexes. Le financement de l'IA est redescendu dans l'arène des marchés financiers, avec toute la vulnérabilité que cela implique. Les gérants de fonds ne s'y trompent pas : début 2026, pour la première fois depuis que l'on pose la question, une majorité d'entre eux jugeait que les entreprises surinvestissent dans l'IA[^3]. Fait remarquable, ils le pensent tout en restant investis. Ce n'est pas de l'aveuglement, mais une forme de lucidité contrainte: mieux vaut se tromper avec tout le monde qu'avoir raison seul mais trop tôt.

Un actif qui s'autodétruit

Mais voici où le parallèle ferroviaire cesse d'éclairer et se met à tromper. Un rail posé à mauvais escient dans une plaine désertique reste un rail. Il ne coûte rien à ne pas être utilisé ; il attend, il rouille lentement, il pourra servir des décennies plus tard. L'actif ferroviaire est patient. Une puce d'IA, non. Soumise à pleine charge, elle a une durée de vie utile que les estimations les plus citées situent entre un et trois ans[^2], même si le chiffre reste débattu. Passé ce délai, elle ne rouille pas lentement : elle devient soit défaillante, soit si gourmande en électricité au regard de ce qu'elle produit qu'il revient moins cher de la remplacer que de l'alimenter.

Cette différence, qui semble technique, change toute la dynamique. Une vague d'investissement portée par un actif durable peut tenir longtemps en silence, parce que rien ne presse. Une vague portée par un actif périssable porte en elle une horloge. Si le matériel doit être renouvelé tous les deux ou trois ans, et que les revenus tirés de l'IA ne suffisent pas à payer ce renouvellement, alors il faudra, à chaque cycle, retourner voir les bailleurs de fonds et leur demander de remettre au pot. Et là, quelque chose de subtil se produit.

Le premier chèque se signe sur une promesse : « nous bâtissons l'infrastructure du siècle. » Le deuxième se signe sur des résultats. Le premier excite les investisseurs ; le second les fatigue.

L'horloge interne

Avançons donc une hypothèse, présentée comme telle et non comme une certitude : cette mort programmée des machines fixe une échéance approximative. L'essentiel du déploiement actuel datant de 2024 et 2025, le premier grand rendez-vous de renouvellement tomberait vers 2027 ou 2028 — précisément le moment où il faudra à la fois rééquiper et démontrer les revenus. Ce n'est pas une date épinglée au calendrier : on peut dire que c'est la période où la tension devient maximale, sans pouvoir prédire l'événement qui déclenchera la crise, ni le jour exact où il surviendra.

L'objection des optimistes

Les optimistes répondront qu'une puce ne meurt pas en fin de course : elle « cascade ». Trop ancienne pour entraîner les modèles de pointe, elle sert encore à les faire fonctionner pour les utilisateurs, puis à des tâches plus modestes — une vie qui peut alors s'étendre à cinq ou six ans. C'est partiellement vrai. Mais cette cascade suppose un marché capable d'absorber ces puces vieillissantes, et elle bute sur un mur physique : dans un centre de données dont la consommation électrique est déjà saturée, conserver une vieille puce qui coûte plus en courant qu'elle ne rapporte à l'utilisation n'a aucun sens. La cascade ne supprime pas le problème, elle le suppose résolu.

D'où viendra l'argent ?

Reste la question qui décide de tout : d'où viendra l'argent ? Pour que cet investissement colossal se justifie, il faut qu'il produise des revenus à sa hauteur. Or les trois sources de revenu possibles déçoivent chacune à leur manière. L'abonnement d'abord : à la différence d'un logiciel classique, où servir un client de plus ne coûte presque rien, chaque réponse d'une IA consomme du calcul, donc de l'argent. Les comptes d'OpenAI le montrent crûment — une marge brute d'environ un tiers, et des pertes qui se chiffrent en milliards malgré une croissance fulgurante[^4].

La publicité ensuite, réflexe historique pour rentabiliser une masse d'utilisateurs gratuits. Mais c'est ici que se referme un piège que l'on voit rarement nommé. En répondant directement au lieu de renvoyer vers des sites, l'IA assèche le trafic web — et donc la valeur de la publicité affichée sur des pages que plus personne ne visite. Autrement dit, elle détruit le modèle publicitaire existant avant d'avoir prouvé qu'elle saura en bâtir un autre à la même échelle. Or sa propre régie publicitaire est balbutiante : les projections les plus optimistes la situent, à la fin de la décennie, loin derrière ce que rapporte la recherche en ligne aujourd'hui. Et son format résiste à la publicité, car la valeur d'un assistant tient à la confiance qu'on accorde à sa réponse — le jour où l'on soupçonne qu'une recommandation est payée, cette réponse perd ce qui la rendait utile. L'IA casse un modèle qui marchait en pariant qu'elle saura le reconstruire : un pari de plus, empilé sur les autres.

Reste la vente aux entreprises, le débouché le plus défendable — mais qui ferait de l'IA un outil professionnel de niche, plus rentable et bien plus petit que la promesse universelle qui justifie aujourd'hui les dépenses.

Le grain de sable du libre

C'est ici qu'intervient un grain de sable que les marchés sous-estiment, et qui vient du logiciel libre. Une part croissante de ce que les gens demandent à l'IA n'exige pas les modèles géants et coûteux des grands acteurs. Résumer un texte, corriger une lettre, classer des fichiers, retrouver un document, enrichir les métadonnées d'une photothèque, écrire du code courant : pour tout cela, des modèles ouverts, gratuits, tournant sur un ordinateur personnel ordinaire, font déjà très bien l'affaire. Mieux : ils le font frugalement. Une requête de ce genre, exécutée localement, consomme l'équivalent d'une à trois secondes de jeu vidéo[^5]. Le poids énergétique de l'IA ne vient pas de l'usage que vous en faites sur votre machine, mais de l'usage de masse concentré dans les centres de données — des milliards de requêtes par jour sur de gros modèles. Le jour où une solution grand public rendra leur installation aussi simple qu'installer un lecteur vidéo, une part entière des usages n'aura plus aucune raison de passer par un service payant — ni de regarder la moindre publicité puisque l'outil sera hébergé gratuitement chez soi.

On objectera que les modèles libres courent toujours derrière les modèles de pointe, et c'est exact pour les tâches les plus exigeantes — le raisonnement complexe, les agents autonomes de longue haleine. Là, le service payant gardera une clientèle. Mais pour tout le reste, le gratuit « suffisant » fait l'affaire — parce que ces tâches courantes ont un plafond : une fois qu'elles sont bien faites, payer pour « le meilleur » n'apporte rien de perceptible. Or ces tâches-là sont justement celles qu'effectuent des centaines de millions d'utilisateurs gratuits — ceux que l'abonnement de masse et la publicité étaient censés, un jour, transformer en clients payants. Si le gratuit local les satisfait, ils ne deviendront jamais payants.

Le logiciel libre ne menace pas les modèles de pointe. Il assèche la nappe de revenus ordinaires censée amortir les machines — et il le fait au moment précis où il faudra les renouveler.

Une force des GAFAM pourrait toutefois freiner ce grain de sable : ils contrôlent les portes d'entrée — systèmes d'exploitation, navigateurs, téléphones — et peuvent y installer leur IA payante par défaut, là où l'alternative libre demande une démarche volontaire. Le « par défaut » est une arme puissante. Mais un défaut ne retient que l'utilisateur indifférent, pas celui qui a une raison de basculer. Et la facture énergétique, la confidentialité des données, le coût zéro sont précisément des raisons de basculer d'autant plus fortes que le matériel devient cher à renouveler et que la pression à monétiser se fait sentir.

Ainsi le logiciel libre n'est pas, dans cette histoire, l'adversaire frontal des géants. Il ne les attaque pas, il avance simplement l'heure des comptes. Il rapproche le moment où il faudra constater que l'usage réellement solvable de l'IA est plus petit qu'on ne l'a parié.

Et si les États payaient ?

Une objection plus sérieuse mérite d'être pesée : et si les États prenaient le relais ? Plusieurs gouvernements traitent désormais l'IA comme une infrastructure de souveraineté, qu'on finance comme un porte-avions sans s'attendre à ce qu'elle « rapporte ». Un tel bailleur, mû par la nécessité stratégique plutôt que par le rendement, pourrait découpler le renouvellement du matériel de la loi du marché — et désamorcer ainsi l'horloge décrite plus haut. L'objection est réelle, mais elle se heurte à deux limites.

D'abord l'échelle : un seul des géants dépense en une année davantage en infrastructure que les plus gros plans publics étalés sur une décennie. La Commission européenne elle-même reconnaît que ses ambitions reposent « majoritairement sur des capitaux privés », l'argent public ne comblant qu'une fraction d'un gouffre chiffré en centaines de milliards[^6].

Ensuite la méthode employée : l'intervention étatique dominante aujourd'hui n'est pas la subvention qui prolonge la dépense, mais le contrôle des exportations et le filtrage des accès — restreindre la vente de puces à un rival, réserver le calcul à ses ressortissants. Or fragmenter le marché mondial en blocs étanches ne stabilise pas l'investissement : cela le rend plus fragile, en privant chaque bloc des économies d'échelle qui justifiaient les montants engagés. Loin de fluidifier la machine, l'État jette plutôt du sable dans les rouages.

La frontière invisible

Que l'on s'entende : rien de tout ceci ne signifie que l'IA ne vaut rien. Comme les chemins de fer, qui survécurent à 1873 pour porter un demi-siècle de croissance, l'IA est là pour des décennies et transformera des pans entiers de l'économie. La formation d'une bulle ne dit pas que son support est sans valeur. Elle dit qu'on a investi en pariant que tout le monde paierait, beaucoup, et longtemps.

La leçon de toutes les fièvres spéculatives, de la tulipomanie néerlandaise à la crise du chemin de fer de 1873, demeure : la frontière entre l'investissement visionnaire et l'excès de confiance ruineux est invisible tant qu'on ne l'a pas franchie. Ce que l'IA ajoute, et qu'aucune bulle avant elle n'avait connu, c'est qu'un mécanisme physique — l'usure programmée du silicium — fixe une date à laquelle il faudra bien, bilans comptables en main, regarder où passe cette frontière et s'assurer qu'on est du bon côté.


Ce texte a été rédigé avec l'aide d'un assistant IA, à partir d'une discussion où j'apportais l'analyse, les objections et les arbitrages ; l'outil tenait la plume et vérifiait les sources. C'est, accessoirement, une illustration de la thèse : l'IA excelle à structurer un raisonnement qu'on lui fournit, et ne le remplace pas.


[^1]: Estimations agrégées des dépenses d'investissement 2026 des cinq grands acteurs (Amazon, Microsoft, Alphabet, Meta, Oracle) ; fourchette d'environ 660 à 725 milliards de dollars selon les sources, révisée à la hausse après les résultats du premier trimestre, dont à peu près 75 % attribués à l'IA.

[^2]: Estimation débattue, et la plus incertaine de cet article — celle dont dépend l'échéance de 2027-2028. La fourchette de un à trois ans provient d'analyses de durée de vie sous forte charge thermique (CNBC, CITP de Princeton, fin 2025) ; un architecte de Google y avance un à deux ans pour des puces utilisées à 60-70 %. Les hyperscalers amortissent comptablement sur cinq à six ans, et une thèse concurrente, dite du « value cascade », défend une vie économique de cinq à sept ans par réaffectation à des tâches moins exigeantes.

[^3]: Enquête Bank of America auprès des gérants de fonds, début 2026 : première lecture majoritaire « les entreprises surinvestissent dans l'IA » depuis le début de cette série de données en 2005.

[^4]: Estimations 2025-2026 (Sacra, Value Add VC) : marge brute de l'ordre de 33 %, perte d'environ 14 milliards de dollars en 2026, coûts d'inférence en forte hausse. Chiffres d'une entreprise non cotée, à manier avec prudence.

[^5]: Mesures au wattmètre sur matériel grand public (Ollama, 2026) : une requête courante sur petit modèle consomme de l'ordre de 0,05 à 0,4 Wh, soit une à trois secondes de jeu vidéo sur PC dédié. L'inférence locale se fait par à-coups — un pic bref suivi d'un retour au repos. L'essentiel de l'empreinte énergétique de l'IA ne tient pas à l'usage individuel mais à l'inférence de masse : une requête modeste, multipliée par des milliards d'appels par jour sur de gros modèles dans les centres de données.

[^6]: Paquet « souveraineté technologique » de la Commission européenne, juin 2026 : environ 200 milliards d'euros pour les data centers d'ici 2036, « majoritairement privés » de l'aveu même de la Commission. À comparer aux plus de 100 milliards de dollars de capex d'un seul hyperscaler en 2025. Plan français de février 2025 : 109 milliards d'euros annoncés, dont une part publique minoritaire.

 
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from FAUT L'FER

26/07/2026

nuit du livre

REDU: LA NUIT DU LIVRE.

Rendez-vous à Redu pour sa traditionnelle nuit du livre ce samedi 1er août 2026.

“La Bulle” et ses hamacs vous accueilleront pour partager et lire paresseusement vos découvertes littéraires du jour.

Vous pourrez les trouver dans le bas du village, entre l'Auberge Gourmande et la nouvelle Halle de Redu.

halle_redu

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Billet précédant

#Cabanes #Blog

 
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from adventices

Photo by zofe is licensed under CC BY-NC

les fleurs font aux rochers gris l'offrande de leur couleur jusqu'où s'étire la mer endormie que des récifs ont déchirée ? quel doux courant saura bercer saura consoler les tristes flaques de son chagrin ?


 
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from Il mio diario

Mi piace ascoltare podcast, lo faccio mentre cammino e ascolto le parole delle persone che condividono i loro pensieri o le loro storie.

Rifletto sul fatto che tutti questi contenuti sono parole, testi che vengono scritti dagli autori. In alcuni casi ci sono suoni che arricchiscono la narrazione, che sottolineano alcuni passaggi, che scandiscono il tempo...

Ma anche i film, in fondo, non sono altro che storie, racconti che vengono messi in scena e che ci raccontano episodi, fatti, eventi. E i libri, e quello che leggiamo in rete. Quindi scrivere è importante. Ma perchè ad una persona vien voglia di scrivere? che cosa vuole dire, che cosa vuol raccontare?

Se scrivo, o racconto qualcosa, è per qualcuno che ascolta, che prende qualcosa da ciò che ascolta o legge. Ma è così importante per gli altri il mio pensiero? Che cosa spinge lo scrittore a pensare che quello che scrive piaccia agli altri?

#pensieri #riflessioni #scrittura

 
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from HEXAGONE

Voici mon premier meuble avec exclusivement des assemblages tenon-mortaise, chevilles et colle à bois. L'objectif était de réaliser un meuble sans vis ni clou avec du bois de récupération, et ce sans ordinateur, sans calculatrice et sans appareil électrique.

Petit meuble à chaussures en pin

La première difficulté était de travailler avec du pin. Je me suis rendu compte que certes c'était facile à couper mais compliqué de ne pas débiter trop de bois.

La deuxième difficulté était une contrainte plutôt amusante : calculer l'ensemble des mesures à la main, que ce soit pour les longueurs ou les angles. Loi des sinus, théorème de Pythagore, Thalès, etc... ce fut une sacrée révision et par moment un bon casse-tête.

Mais mission réussie ! Le meuble est assez stable, mais un croisillon à l'arrière le rendrait encore plus solide.

Sur L'Air du Bois, un internaute m'a conseillé ceci pour un tracé à moindre risque d'erreurs, je cite :

« Plutôt que de t'embarquer dans de longs calculs, pour ensuite devoir mesurer des angles et des longueurs, il y a une autre approche possible : faire un dessin à l'échelle 1:1, et ensuite reporter toutes les longueurs avec un compas et les angles avec une sauterelle. Méthode charpentier. Pas de mesure, pas d'erreur; pas de calculs, pas d'erreurs; que du report, donc très précis. Et bien plus rapide ! »

Ce fut en somme une super expérience. Je compte bien la renouveler en tenant bien sûr compte du conseil ci dessus.

Vue de face Vue de face Vue de côté Vue de côté Vue du dessus Vue du dessus

Je partage mes calculs pour que vous puissiez vous rendre compte de toutes les étapes nécessaires.

FICHIERS : Mesures du meuble (et calculs pour les obtenir) Brouillons ayant servi au calcul et à l'assemblage du meuble

 
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from ~ T.S.I. ~

SPECTACLE | Le Hip-Hop m’abrite

Par Office de Tourisme du Pays de Saint-Omer Mer. 22 juil. 2026 Chapelle des Jésuites, Rue du Lycée, Saint-Omer, France SPECTACLE | Le Hip-Hop m’abrite [Les Mercredis de la Chapelle]

Tous les mercredis de l’été, retrouvez une proposition artistique inédite à la Chapelle des Jésuites. Au programme, initiation hip hop, atelier sérigraphie, sieste musicale, goûter-concert…. Un rendez-vous estival placé sous le signe de la découverte et de la curiosité. En parallèle, la Chapelle des Jésuites sera ouverte tous les mercredis de l’été p

« Le Hip-Hop m’abrite », un spectacle du collectif Tribu Sans Issue & une exposition de Petro Le Hip-hop m'abrite est un spectacle de danse hip-hop et de rap qui plonge au cœur des parcours de jeunes en quête de repères, confrontés à une société dont ils peinent parfois à saisir les codes et les contradictions. À travers le mouvement, la musique orchestrée par le deejay, ils racontent comment la culture hip-hop devient un refuge, une force et un langage commun. Durée : 45 minutes – A partir de 6 ans – Entrée Libre sur réservation

https://www.billetweb.fr/spectacle-le-hip-hop-m-abrite

 
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from PATOUfeuf

Nous repartons vers 10 heures de notre maison au milieu d'un lotissement. La voici. https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579772 Et vue d'ensemble du lotissement https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579773 On reprend la route et bientôt nous arriverons au pont de la confédération qui mène à l'île du Prince Edouard. Juste avant le pont : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579764 Et voilà le pont : De loin : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579765 Et de plus près : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579766 https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579768 Après une heure et demi de route nous arriverons à notre hébergement (en pleine cambrousse, ravitaillé par les corbeaux) https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579770 Mais le confort est là et nous sommes au bord de l'eau (avec moustiques en prime). Et en plus nous sommes au milieu des champs de patates, maÏs ou colza : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579771

 
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from Il n'y aura pas de f(r)iction.

Les murs de chez moi sont tellement fins

[Neg'marrons, Tel une bombe]

La dixième chambre se situe dans une ville de banlieue nord que personne ne situe sur la carte (je donne régulièrement le nom de la ville voisine, qui a mauvaise réputation, mais que tout le monde sait situer), le long d'une avenue bruyante et sinistre, bien équipée en garages automobiles et restaurants de poulet frits (je roule à vélo et suis devenue végétarienne), dans un immeuble qui ressemble à la fois à un foyer social et à une résidence étudiante dont je comprends après plusieurs années que c'est l'un des rares du secteur qui ne soit pas vampirisé par les marchands de sommeil (disons que seulement un tiers des habitants louent leur appartement en leur nom propre, les autres utilisent des prête-noms et autres formes d'économie souterraine pour y vivre à plusieurs dans la même surface que moi).

L'employé de l'agence immobilière me fait une remarque que je ne comprends pas tout de suite : “Vous êtes un peu juste en taux d'endettement, mais on n'en a pas beaucoup, des comme vous, ça change, c'est bien, je vous fais signer ?”

A mon départ, le gardien me fera une remarque similaire “C'est triste que vous partiez, on n'en a pas beaucoup des locataires comme vous, ça change.”

J'ai compris, entre temps, bien sûr je suis blanche, je n'ai pas d'enfant, je suis éduquée, j'ai une fiche de paie et un CDI. Je regrette de ne pas avoir fait preuve de repartie ni de justice sociale.

La chambre en elle même est “ok I guess.” (tout va être “ok I guess” pendant les dix prochaines années, je vais beaucoup me satisfaire de ce que j'ai, sans vraiment avoir l'occasion de me demander si, par hasard, je ne mériterais pas mieux).

J'en fais, à mon installation, la liste des avantages : – Le loyer est dérisoire. – J'y vis seule. – Le chaton pourra sortir sans danger. – La résidence est pourvue d'un gardien et d'une laverie.

La dixième chambre me redonne en tout cas un statut, une identité, une liberté, et l'occasion de travailler mon endurance et ma résilience.

Quel que soit l'endroit où je travaille, je suis systématiquement à 35mn du nord de Paris, je ferai jusqu'à 40 kms par jour pendant plusieurs années, sans sourciller, en dormant d'un sommeil de plomb à 21h30 après avoir cuisiné sur ma plaque unique quelque chose de roboratif que j'avale en quelques minutes pliée en deux devant ma table basse, coincée entre mon lit divan et ma bibliothèque.

Ravidiote de repartir le lendemain à 8h pour accomplir mes taches de prolétaire du cambouis.

Ravidiote de partir explorer les départements alentours le dimanche aux aurores.

Ravidiote de prendre des trains les samedis soir à 21h pour partir rouler jusqu'au lundi soir dans les régions voisines.

Ravidiote de passer tous mes congés les fesses collées à la selle, dormir dans un endroit différent chaque soir, publier des compte rendus de mes voyages dans les diagonales et les réseaux sociaux du vide.

Ravidiote de faire religieusement mes lessives les lundis, le ménage, le ravitaillement, de toujours penser à mon moi du lendemain et pas à mon moi de maintenant.

Ravidiote de fréquenter des cyclistes qui me laissent épuisée, sale, dépenaillée et finalement bien seule quand je dois retourner le mardi faire mes taches de prolétaire du cambouis.

Ravidiote d'admirer lors d'un retour de voyage extraordinaire, d'un tour de Bretagne épique et fascinant, à l'arrivée à Montparnasse, un très joli cul qui se tourne au carrefour entre Saint Michel et Port Royal (“bon ben c'est ma direction, salut, on s'appelle !”).

La douche froide qui contracte les muscles et qui donne des crampes à l'estomac.

Il faudra atteindre la quarantaine, la mienne et celles d'autres que moi, pour lister les inconvénients de la dixième chambre.

  • Le loyer est dérisoire parce que les murs de chez moi sont tellement fins que quand ma voisine crie je peux savoir depuis combien de temps son mari la cogne, que je ne peux pas aérer l'appartement l'été parce qu'il n'y a qu'une seule fenêtre et pas de VMC, que je ne peux pas chauffer l'hiver parce que les murs sont glacés et que la facture d'électricité est trop élevée.

  • J'y vis seule parce que je ne peux inviter personne chez moi, et parce que quand les cyclistes quittent la région, je n'ai plus personne à fréquenter (le fléau de la monoculture).

  • Le chaton pourra sortir sans danger, mais l'extérieur est si ennuyeux et troublé par le voisinage des chats errants qu'elle restera, comme moi, confinée à l'intérieur, où elle prend du poids, dangereusement, jusqu'à tomber malade.

  • La résidence est pourvue d'un gardien certes remarquable mais qui ne peut pas faire face à la misère croissante des locataires et d'une laverie dans laquelle j'ai dépensé (j'ai fais le calcul) plusieurs fois le prix d'un lave linge classe énergétique A neuf, dans des machines qui ont dévoré mes vêtements, rarement disponibles, et souvent en panne.

Et pourtant, j'y passe un confinement aussi paisible qu'introspectif, parce que je ne suis ni travailleuse essentielle, ni télétravailleuse, ni parent d'élève, et je me retrouve soudainement avec un temps illimité, puisqu'il m'est formellement interdit de fuir la réalité à vélo, que j'emploie doucement, à imaginer, à rêvasser, à construire dans ma tête, un espoir autour d'une onzième chambre.

Le chat va mieux, aujourd'hui.

 
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from PATOUfeuf

Samedi 18 juillet

On quitte shediac pour Moncton ; aupréalabre, on visite la ville (bof), on fait des photos vers le homard géant et on visite les cabanes pour touristesavant de partir. A Moncton, on prend plaisir à voir le mascaret après avois diné à un restaurant mexicain. On visite la ville (encore bof !) puis on va à la toute qui monte (ou qui descend). En fait illusion d'optique qui fait que l'on croit qu'elle monte alors qu'elle descend (bof, attrape touristes). ON rejoint ensuite l'hébergement dans une banlieue de la ville à l'écart (petite maison bien aménagée pour 6 mais matériaux de piètre qualité.

https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579174 https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579175 https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579176

 
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from Blog d'une enfant de ce siècle

LA DALLE

J'ai écrit ce morceau suite aux résultat des élections européennes de 2024. Que le RN en arrive à ce point aux portes du pouvoir m'a sidérée. J'ai ressenti comme une foudre qui me traversait le corps, tandis que je continuais ma journée à vélo. Un vrai choc psycho-somatique, qui a donné naissance à ce texte, cri d'alarme qui ne veut pas voir ce monde sombrer dans l'ignorance du danger, et d'à quel point il est concret aujourd'hui.

Je l'ai récité également sur plusieurs scènes, notamment devant l'Hôtel de Région de Nantes lors de la manifestation coupe les coupes budgétaires, et lors des élections municipales à Toulouse.

Tu peux écouter ici “La Dalle” du groupe Alter'N Co sur toutes les plateformes de musique, et ci-desous depuis Youtube (apparemment Soundcloud ne veut pas l'intégrer ici) :

Prod : VictorB (lien Beatstars) Paroles et chant : Kaena Sortie en ligne le 14 juillet 2026.

Paroles de "La Dalle"

COUPLET 1

Je suis en immersion Dans l'actualité depuis que le RN est passé (1) La pression s'est installée sous les chaînes du passé (2) Ma tension ne s'est pas calmée, je suis toujours en PLS... Est-ce que je suis la seule dans cet état de stress? (3)

A qui cette valeur travail donne envie? (4) Que vaut la vie du chômeur pour la plutocratie? (5) Nos souffrances sont appellées “violences” quand on les crie, (6) Et quand l'esprit insoumis vise le Front de l'Ennemi. (7)

En mode survie, on réclame des solutions Mais l'entreprise veut du pognon, sinon c'est le piège à con. (8) Entrepreneur “indépendant” fier tel un électron libre, T'es un esclave consentant. Bravo si t'as le calibre! (9)

Industrie souveraine, incitation à la haine, Invitation à la peine à la sueur de nos veines, Diersité, Santé, droit des minorités... Défendez la Vérité, sortons de la vanité! (10)

REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France (11) Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence! (12)

Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

COUPLET 2 On m'a dit “Sortir du capitalisme, on pourra pas!” (13) On m'a dit “Avec un bon leader, peut-être que ça bougera:” (14) On m'a dit “Ici c'est déjà sympa, alors fais profil bas!” (15) Aujourd'hui si je capte pas, c'est que je pense à Gaza! (16)

Parlons des lois; t'as perdu la partie Si tu penses qu'elles nous mettent tous à l'abri. (17) Hasta La Vista, la Mauvaise Foi! C'est déjà le bon combat si tu t'accroches à la vie. (18)

Je porte plainte contre l'Etat sans culpabilité Je fais sonner ma voix, c'est ça ma “bombe à l'Elysée” (19) Ma colère est intenable, mais elle est partagée. Ma logique est ententable, si t'as un peu d'humanité : (20)

Coupez les ponts (21) A ceux qui ont les fonds Et font toucher le fond A des vies en pleine incarnation (22) Produits de la haine en pérenption Qu'on laisse pourrir sur le parvis! (23)

REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

COUPLET 3 La légitimité d'exister appartient à tous. (24) Moi, je prends celle de m'exprimer sur ce qui me fou la frousse. (25) Les inadaptés du système, que lui-même a lynché, Et ceux qui n'y adhèrent pas sont invisibilisés! (26)

C'est votre projet qui est bancal, C'est votre budget qui est marginal, C'est votre rejet qui est antisocial. (27) Alors qui a les mains sales, quand on sait qui a La Dalle? (28)

Explication des paroles

(1) “Depuis que le RN est passé” Référence au contexte dans lequel j'écris ce texte: ce sont les résultats des élections européennes de 2024 qui m'ont plongée dans les articles, les documentaires et les émissions sur le RN et la politique en France. 31,37 % des voix, remportant 30 sièges. C'était tellement impensable pour moi qu'il est devenu vital de me pencher sur notre histoire et les rouages qui ont permis leur ascencion.

(2) “La pression s'est installée sous les chaînes du passé” J'observe que l'histoire se répète devant nos yeux, que malgré l'ascension d'Hitler, nous n'avons rien appris, que malgré tous les signes de rejet de la différence que présentent le RN, ce parti a le pouvoir de décider de notre sort. Il vote contre toutes les lois visant un progrès social, profitent des négociations d'alliances, notamment avec les groupes ECR (Conservateurs et réformistes européens) et ENS (Europe des Nations souveraines), utilise aussi son siège pour bloquer certaines législations progressistes (droits des femmes, médias, pacte vert).

(3) “Est-ce que je suis la seule dans cet état de stress?” Dans un cri de détresse, je m'adresse à mon auditoire en cherchant du soutien. Je m'attends bien sûr à ne pas être la seule inquiétée par la situation, étant donné que nos droits sociaux reculent, que les démarches d'aides se complexifient, que dans le monde les dictateurs profitent de la confusion pour semer le chaos, que la situation écologique est catastrophique, et que rien, dans le programme du RN, ne permet d'en sortir, bien au contraire.

(4) La “valeur travail” est très présente dans les discours d'Emmanuel Macron, qui stigmatise les chômeurs qu'importe leur situation. Alors qu'il prétendait faire barrage à l'extrême droite, on voit bien dans la BD “Libres d'obéir” que la glorification du travailleur dévoué au fonctionnement du système est une stratégie marketing venue tout droit du nazisme.

(5) “ploutocratie”: se dit d'un régime politique où les plus riches sont au pouvoir. C'est le pouvoir qui domine le plus aujourd'hui. Dans la valeur travail, le travailleur en soi n'a aucune valeur hors de sa force de travail. Il n'est pas considéré comme autre chose qu'une ressource pour faire fonctionner le système capitaliste. Je remarque que je le prononce par erreur “plutocratie”, mais cet accident me fait penser que je pourrait lui donner un visage de “Pluto” le chien de Disney. Cette “Plutocratie” se prétend maligne, alors qu'elle est esclave du désir de Pouvoir et de contrôle comme un chien qu'on asservit.

(6) “Nos souffrances sont appelées violences quand on les crie” Ici, je parle de la stigmatisation des militants et des manifestants par les gens de pouvoir, qui ne trouvent comme réponse que la violence policière dite “légitime”, alors que leurs actions ne sont que des conséquences de la violence que ces gens de pouvoir exercent sur eux, notamment via le 49.3 ou d'autres stratégies politiques ne visant qu'à garder le pouvoir, et non venir en aide aux populations.

(7) “Et quand l'esprit insoumis vise le front de l'Ennemi” Je parle ici de la stigmatisation de la France Insoumise par les médias (malgré la densité de leur programme), et leur manie de leur accoler une étiquette d'extrême gauche, en les prétendant même plus dangereux que le RN lui-même. En opposition, si je met le terme “Ennemi” en majuscule, c'est que je désigne clairement le parti du RN comme ennemi principal de l'humanité, dans notre paysage politique. Dans le vocabulaire chrétien, “Ennemi” avec majuscule, désigne aussi le diable. J'utilise ce terme pour contrer volontairement la tentative de dédiabolisation du RN qui visiblement porte ses fruits.

(8) “On réclame des solutions mais l'entreprise veut du pognon” c'est une référence aux système d'aide : les CPE, France Travail, toutes les boîtes de coatching pour la réorientation professionnelle ou la création d'entreprises, et même les aides juridiques qui ont leur limite et demandent un investissement pour voir le procès aboutir en sa faveur, sont tournées vers le profit. Je ne dis pas que personne ne souhaite vraiment aider les salariés ou les clients, mais même sans en avoir conscience, les salariés de ces structutres font partie du système, et donc du problème. Tant qu'on se centrera davantage sur le rendement et notre capacité à faire face au “Marché du travail” plutôt qu'aux besoins de chacun, je considère qu'on ne sort pas de la violence “ploutocratienne”“.

(9) “Entrepreneur indépendant fier tel un électron libre, t'es un esclave consentant, bravo si t'as le calibre!” Cette réflexion me vient d'une prise de conscience quant à la fragilité à laquelle on s'expose en se lançant dans l'auto-entreprise. Outre le fait qu'on risque des sanctions si on ne comprends pas tous les enjeux de notre statut avant de lancer notre activité, il s'agit de la vente de prestations: on n'est pas protégés par un contrat, ni par la sécurité sociale (ou alors il faut vraiment cravacher...), on est exposés aux réseaux sociaux GAFAM pour faire connaître notre activité... Cela donne très souvent des auto-entrepreneurs exploités, alors même que ces derniers utilisaient ce statut pour se libérer des contraintes d'un travail qui ne leur correspondait pas, avec l'illusion d'être son “propre patron” alors que le patron reste l'Etat...

(10) “Défendez la Vérité, sortons de la vanité” Inspirée par le soin que mettent certains zététiciens ( Comme La tronche en biais)à mettre en lumière la désinformation et les pièges du new age, je pousse chacun à s'interroger profondément sur les faits qu'ils exposent dans leurs arguments dans leurs prises de parole, l'analyse des sources qu'ils utilisent, et qu'ils sortent du confort de certaines croyances limitantes (couvertes par la peur, comme celle de l'inconnu), pour se rapprocher d'un usage éthique de l'information. J'invite également toutes les minorités (qui finalement mises bout à bout n'en sont absolument pas, et représentent le peuple dans sa diversité), à sortir du silence concernant toutes les formes de violences systémiques qu'elles subissent au quotidien.

(11) “Je porte plainte contre l'état de ceux que fait crever la France” Ici je fais un jeu de mots entre “état” et Etat”, soulignant ainsi le sens du mot. Un état est en perpétuel changement, pourquoi vouloir le protéger tel qu'il est en prétendant qu'aucun autre système n'existe? C'est faux les zapatistes et la communauté de Christiana sont imparfaites certes, mais ce sont de vraies alternatives au système en place. Pour ce qui est du mot “France” il ne désigne pas son peuple ici, mais un idéal hos-sol, nationaliste, qui érige la France comme une divinité qui prime sur tout le reste, au lieu de s'interroger sur la meilleure manière de cohabiter. Et quand je dis que la France fait en fait crever, c'est suite aux résultats désastreux de ces élections européennes de 2024. Qu'en sera-t-il pour la France en 2027? Les violences des groupes d'extrême droite sont clairement les plus présentes parmi nos partis politiques. D'autre part, le RN veut “mettre au pas le conseil constitutionnel” et mettre en danger la constitution, c'est mettre en danger nos droits fondamentaux. Cela ressemble fort à la stratégie nazie qui vise à remplacer l'Etat par un gouvernement qui se prétend plus compétent. Je ne porte pas plainte contre ce qui nous protège de ça, je porte plainte contre un Etat qui veut garder sa forme, alors qu'au sein de ses agents, le RN prend de plus en plus de place, grignottant progressivement l'état de Droit.

(12) “Regarde d'où vient la violence” J'en appelle à la responsabilité de cet Etat, pour contrer les discours culpabilisants qui font peser les problèmes sociaux sur le peuple, alors ce sont ceux qui sont au pouvoir qui ont le plus de poids pour faire changer les choses.

(13) “On m'a dit “Sortir du capitalisme, on pourra pas!” ” Toutes les citations qui suivent m'ont réellement été formulées ainsi. Pour cette première phrase, elle défend l'idée défaitiste que même si on le voulait, on ne pourrait pas sortir du système capitalisme dans lequel on s'est enlisé. Alors que d'une part, on en serait déjà sorti pour entrer dans l'aire du techno-féodalisme, et d'autre part, comme j'en ai parlé plus haut, tous les systèmes alternatifs qui se sont fait écraser par de grandes puissances ont existé, et certains existent encore, prouvant tout de même qu'il est possible, pratiquement, d'en sortir. Croire que c'est impossible, c'est déjà jouer le jeu du pessimisme, alors que pour espérer bouger les choses, le premier pas c'est déjà d'y croire. J'invite chacun à viser cette “utopie” d'un monde plus juste, dans le sens d'un horizon à viser, pas d'une illusion dans laquelle se bercer.

(14) “Avec un bon leader, peut-être que ça bougera” Cette affirmation défend le fait qu'en choisissant un bon leader résoudrait l'immobilisme actuel. Mais un leader de quel parti? Certains pourraient dire cela en ajoutant : “Le RN, on n'a jamais essayé!” Mais la collaboration de Pétain, oui. Dans tous les cas, d'où que vienne un représentant de parti, il ne vaut rien s'il nous fait perdre foi en notre propre puissance d'action.

(15) “Ici c'est déjà sympa, alors fais profil bas!” Ce argument s'appuie sur le fait qu'en France, nos droits sont supérieurs à d'autre pays, comme notre sécurité sociale, bien plus éthique qu'aux USA. Je reconnais que nos ouvriers et corons se sont battus pour défendre les droits qui sont en place aujourd'hui. Mais de là à dire qu'ils sont acquis? Que rien ne le met en danger? Et à qui cela profite, que l'on fasse “profil bas”, que l'on ne se plaigne pas, qu'on se contente de manger dans la main des grands patrons pour mériter de survivre à ce monde qui part à veau l'eau?

(16) “Aujourd'hui si je capte pas, c'est que je pense à Gaza! ” Je pense à Gaza et la guerre israélo-palestinienne en ayant conscience que, malgré le fait que leur histoire soit différente de la nôtre, on a notre responsabilité d'un point de vue historique dans cette guerre, et dans d'autres. Soutenir la création d'un Etat d'Israel en Palestine sans vraiment prendre en compte l'avis Palestinien... On a beau se ranger derrière des phrases toutes faites, l'ampleur des dégâts que notre esprit colonial a causé est phénoménale. C'est de Gaza que je parle, car c'est là pour moi où il y a les besoins humains les plus forts, avec une énorme atteinte aux droits humanitaires suite à une haine qui se gangrène depuis des années sans trouver d'issue, ou alors elle se révèle illusoire (comme en 1993)... Israël isole les habitants de Gaza dans la famine et le génocide progessif, et le RN soutient Israël de manière inconditionnelle. Il y a vraiment des gens qui meurent de nos bêtises. Pas besoin d'attendre de voir des drones voler dans notre ciel pour comprendre qu'on est déjà en guerre.

(17) “Parlons des lois; t'as perdu la partie si tu penses qu'elles nous mettent tous à l'abri.” Je pense au patriarcat bel et bien présent dans le système judiciaire, qui épargne les violents, les violeurs, les célébrités, les politiques hauts placés. Je parle aussi de ceux qui, du côté délire de persécution, menacent au quart de tour en citant des articles de loi ou en entammant un procès sans passer par la médiation ou le dialogue... Non, les lois ne peuvent rien résoudre si la collaboration humaine et la prise de conscience ne suivent pas derrière. Même avec une bonne constitution.

(18) “Hasta La Vista, la Mauvaise Foi! C'est déjà le bon combat si tu t'accroches à la vie.” Je comprends qu'étant donné nos limites très humaines, on ne peut pas être sur tous les fronts des luttes sociales. Alors je ne ferai pas preuve de mauvaise foi en disant que je suis une pure militante, alors que moi-même je fais face à des limites très concrètes. Mais si on commençait déjà à cesser de s'en vouloir pour ça, cesser de se faire du mal à nous-même et entre nous, et qu'on s'accrochait à la vie de toutes nos forces, c'est déjà un bon départ... Car voir en face les vrais responsables demande à prendre du recul sur les rouages de la violence qui nous conditionnent nous-même.

(19) “Je porte plainte contre l'Etat sans culpabilité Je fais sonner ma voix, c'est ça ma “bombe à l'Elysée”” Je ne dis évidemment pas que je vais lâcher une bombe au sens propre. Mais ces élections ont fait en moi l'effet d'une bombe, alors je le rend sous forme de texte à l'adresse des gens de pouvoir, telle quel je l'ai reçue. L'art et la liberté d'expression est ma meilleure arme puisque je la manie depuis longtemps, et celle que je ne me priverai pas d'utiliser pour lutter.

(20) “Ma colère est intenable, mais elle est partagée. Ma logique est ententable, si t'as un peu d'humanité” C'est ce que j'ai compris en allant en manif, en échangeant avec les associations dont on coupait les subventions alors qu'elles contribuent à l'économie : je ne suis clairement pas la seule à ressentir cette colère sociale et légitime, qui peut pousser chacun à lutter pour changer les choses ensemble, malgré les difficultés que cela représente. A mon sens ce n'est pas difficile de comprendre qu'il faut mieux répartir les richesses, il suffit d'en avoir quelque chose à faire de la sécurité et de la dignité des humains qui t'entourent, surtout ceux qui en souffrent le plus.

(21) “Coupez les ponts” après coup je me suis aperçue d'une erreur: je voulais dire “coupez les fonds, coupez les vivres”, c'est à dire m'adressant à l'Etat, “arrêtez de nourrir en thunes ceux qui sont déjà gavés en pouvoir et en argent ” c'est à dire les multinationles, les GAFAM, les millardaires qui financent des projets soutenant l'extrême droite, etc... Mais si on entend mon texte comme “Coupez les ponts” m'adressant “à ceux qui ont les fonds”, ça reviendrait à leur demander de se barrer, alors mon erreur fait sens... Mais c'est vraiment dans la décision politique de ne plus épargner les plus riches (qui gouvernent à la place de la population) que je veux mettre en avant.

(22) “font toucher le fond à des vies en pleine incarnation” Je souligne la valeur de la vie que je considère comme première, pour les SDF ou des personnes en souffrance, ce sont concrètement des vies, aussi incarnées que nous, bien qu'elles n'aient pas le même parcours, et leur vie a autant d'importance que la nôtre. Leur “incarnation” peut être encore plus forte que la nôtre, quand on considère la force qu'il faut pour survivre au rejet quand on en arrive à ce point de maltraitance sociale d'être regardés comme des “parasites”.

(23) “Produits de la haine en péremption qu'on laisse pourrir sur le parvis!” Je parle des “vies en incarnation” que je viens d'évoquer. Les aides sociales en place ne sont clairement pas suffisantes pour faire face à la perte de confiance dont ces gens souffrent. Il s'agirait de réfléchir ensemble aux strétagies à mettre en place, plutôt que se plaindre de notre impuissance ou de leur “manque de volonté” à s'en sortir.

(24) “La légitimité d'exister appartient à tous.” Ici je parle surtour des individus, je souhaite défendre leur diversité de pensée, de culture et d'origine. Je ne parle pas ici du parti du RN, qui met en danger cette diversité.

(25) “Moi, je prends celle de m'exprimer sur ce qui me fou la frousse.” Oui, j'ai clairement peur de ce que le monde est en train de devenir. C'est la peur qui s'exprime en premier dans ce texte. La colère n'en est que la conséquence. Et si je prends la liberté de m'exprimer, c'est que je m'interroge sur le fait que la liberté d'expression puisse subsister dans ces conditions.

(26) “Les inadaptés du système, que lui-même a lynché, et ceux qui n'y adhèrent pas sont invisibilisés!” Au sens que beaucoup de médias encore trop peu ou trop mal des souffrances qui existent dans notre pays, d'autant plus valable et grave pour les chaînes et radios couvertes par Bolloré.

(27) “C'est votre projet qui est bancal, C'est votre budget qui est marginal, C'est votre rejet qui est antisocial.” Je détourne ici les premiers mots du discours d'Emmanuel Macron “C'est notre projet!”

(28) “qui a les mains sales, quand on sait qui a La Dalle?” Ici je parle à la fois de la dalle au sens propre de la population de Gaza, de la dalle au sens propre des exclus de cette société qui font la manche, et de la dalle au sens figuré du besoin criant de justice qui s'entend dans les manifs, et dans les collectifs de lutte.

 
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from Un Spicilège

Evil Dead Burn

J'ai bien aimé Evil Dead Burn que j'ai trouvé bien réussi. Sébastien Vanicek (qui m'avait déjà convaincue avec Vermines), confirme tout le bien que je pense de son travail avec un film fidèle à l'esprit de la saga : gore, intense et sans concession (bien qu'un peu plus sombre et moins loufoque que certains opus).

Avec son scénariste, il apporte une vraie french touch qui insuffle un peu de subtilité à une formule pourtant très codifiée. La réalisation est moderne, avec certains plans particulièrement inspirés et des transitions pleines d'humour qui apportent une vraie personnalité au film. Souheila Yacoub est franchement impeccable dans le rôle principal, et gros coup de cœur pour Erroll Shand, formidablement effrayant en père de famille détraqué.


Evil Dead Burn | Sébastien Vanicek | 2026

 
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from CORAXIO : MOSTLY HEAVY

la pochette de l'album CAMPING WITH BODHI, de Gin Lady : une illustration dans un style très vieux comics ou cartoon. Les 4 membres du groupes, des hommes barbus avec des chapeaux ou des casquettes, sont assis dans une clairière, autour d'un feu de camp. Le feu a l'apparence d'une tête d'homme âgé et barbu, avec des flammes à la place de la barbe et des cheveux, et une expression impassible. Autour du feu se tiennent aussi des animaux : un ours, une souris, un lynx. En arrière plan, des sapins couverts de neige. le ciel est rempli d'étoiles. On voit aussi un croissant de lune et des nuages roses.

Vous voulez du rétro ? En voici en voilà. Gin Lady est un quatuor originaire de Skellefteå, au nord de la Suède, à peu près autant intéressés par la modernité que leurs compatriotes un peu plus connus de Siena Root ou que les norvégiens d'Orango. Ce qui veut dire : vraiment pas des masses. CAMPING WITH BODHI est leur sixième LP, qui fleure bon le début des seventies...

...à commencer par l'artwork qui m'évoque les comics indie de la période, type Fabulous Furry Freak Brothers, Art Spiegelman ou Robert Crumb... avec peut-être un brin de Katzenjammer Kids (qui j'en conviens sont une référence autrement plus ancienne) Quant au titre, pour la faire vite le bodhi désigne l'éveil spirituel dans le bouddhisme. Si vous aviez pas déjà pigé, le positionnement esthétique adopté est quand même bien hippie (hippie, hourra) mais on verra plus bas qu'on est sur kekchose de plus nuancé que du basic babloche.

Musicalement, on peut parler de retro rock, de roots rock... le southern rock est un référentiel un peu contesté, un peu flou, mais qui me botte bien ici : la base de blues est là, plus british que delta, les jolies harmonies vocales aussi... et les gars savent clairement concocter un boogie. La slide guitar, elle, reste discrète voire absente. Southern, voui mais plus proche de Lynyrd Skynyrd et de Creedence Clearwater Revival que des Allman Brothers. Les claviers, mixés en retrait par rapport aux grattes mais complètement indispensables, rajoutent du rythm aux blues, et même une petite dose de soul... une soul aux yeux très très bleus, of course, un pied à Memphis et un pied à Londres, mais qui sonne juste et habitée. Idem pour la voix claire et chaude de Kärnebro, pas rauque ni nasillarde contrairement à pas mal des classiques amerloques du genre. Gin Lady ne cherche pas à cacher sa sensibilité européenne et c'est tant mieux. Se baladent aussi quelques textures psychédéliques, avec notamment d'occasionnels sons sitaroïdes (mon suspect n°1 : une pédale EHX Ravish Sitar utilisée avec parcimonie). Les compos sont raisonnablement variées -rien de drastique- et s'enchaînent de manière fluide. Le LP a un petit temps de chauffe : Underground et For Everyone, les deux premiers morceaux, ont un feel presque Beatles, mais la température commence à monter à partir du troisième, Haven't See You Lately, les claviers se réveillent avec Fields of Joy et une fois la face B entamée le boogie est à température idéale et ne refroidit plus jusqu'à la fin. De manière générale, pas d'excès ici : rock, mais ni hard ni heavy ; entraînant, mais pas de quoi keep on chooglin' toute la nuit ; les solos restent sobres et efficaces… un cocktail finement dosé mais low ABV : vous allez déguster mais sans aucun risque de gueule de bois.

Pour ce qui est du côté thématique des choses, un premier point très positif : ici contrairement aux canons du genre, pas un gramme de machisme, de roulage de mécaniques, ou de misogynie ! Avec Gin Lady, la bistouquette reste fermement en poche et c'est pas bibi qui va s'en plaindre. Et les paroles sont remarquablement peu genrées, ce qui me réjouit. Comme suggèrent les illustrations de la pochette, la nature figure en bonne place ; de manière tout à fait classique le paysage extérieur est en synergie avec le paysage intérieur : l'éclair solitaire et le clébard hurlant sont les échos d'une âme troublée, la brise estivale apaise et des montagnes de secrets se cachent sous la neige... Toutes ces émotions dudit paysage intérieur ne sont pas que du brut de coffre roquénerolle. Il y a dans les paroles de “Freedom Rider” un petit “free your mind” emblématique au parfum de patchouli qui se balade, mais à écouter ou lire toute la chanson on se rend bien vite compte qu'il ne s'agit pas de premier degré. Très souvent sur cet album rôdent une ironie certaine, un léger cynisme, une tendance aigre-douce. Gin Lady ne cherche pas à ressusciter le Summer of Love, mais dépeint plutôt le désordre et les failles propres aux relations : l'amitié et l'amour sont mêlés de désaccords et d'incompatibilités, d'impuissance et de détresse, de nostalgie... Et pourtant mon impression est que rien de tout ça n'est considéré ici comme insoluble ou irréversible. Téma la maturité émotionnelle.

Le retour à la nature n'est qu'un remède partiel à notre mal : pour le salut et la transcendance, come and join the party on my travellin' show ! Le meilleur remède à l'humain c'est l'humain, me dit Celebration Blues. Le morceau me semble être la synthèse, le point culminant thématique et musical de CAMPING WITH BODHI. Il est aussi un des deux seuls de la galette qui me semblent être purement positifs. We Are Free Now!, qui suit, est une excellente conclusion, aussi entraînante que pétrie d'ironie. Soldier On avec son redoutable groove southern et ses paroles mordantes, mérite aussi mention. I Love You Babe est, no duh, une incandescente déclaration d'amour et de soutien inconditionnel malgré les parts d'ombres et les difficultés, et le deuxième morceau purement positif du LP. Voilà pour mes favoris ; en vrai tout l'album passe crème, agréable, solaire, sereinement anachronique mais pas nonchalant pour autant, hippie mais pas teubé, plus vin orange que petit buvard. Mangez-en.

Gin Lady, c'est : Magnus Kärnebro – chant & guitare | Anthon Johansson – basse | Fredrik Normark – batterie | Johnny Stenberg – guitare

#Rock #RetroRock #SouthernRock #PsychedelicRock #RootsRock #GinLady

 
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