Ça fait un moment que j'ai envie d'écrire.
L'envie de mettre à plat mes réflexions, brèves ou plus approfondies ; ces réflexions nocturnes que j'ai le soir à ma fenêtre en fumant mes deux seules et dernière cigarettes de la journée.
Je suis passée par différentes étapes pour tenter de prendre cette habitudes pour l'écriture, mais jusque là en vain.
Me connaissant je savais qu'une approche par la discipline n'allait pas fonctionner pour moi.
Je n'arriverai pas à m'installer, ne serait-ce que quelques minutes, tous les jours pour écrire.
J'ai alors exploré différentes manières de rendre désirable l'écriture.
Comme souvent, j'ai démarré en cherchant des logiciels que je trouvais esthétiques pour m'inviter à écrire, mais sans succès.
Cela n'était pas suffisant, et une fois sur mon ordinateur mon envie était détournée vers des lectures sur internet.
Je me suis alors dit qu'il fallait plutôt que j'écrive sur un support physique, pour ne pas être distrait par le numérique.
Problème : mon écriture manuelle est inesthétique et douloureuse – je me suis récemment fait diagnostiqué d'un trouble : une dystonie focale au niveau de la main.
Mais je suis une rééducation, tout espoir n'est pas perdu !
Peut-être pourrai-je prendre plaisir d'ici quelques mois à écrire à la main.
J'ai exploré ensuite une nouvelle idée : la machine à écrire.
L'instrument est beau et ne peut servir qu'à une seule tâche : écrire.
Son poids, qui est aussi un inconvénient, me permet également de penser à un espace dédié pour la machine à écrire chez moi.
J'ai alors commencé à mettre en place cette espace d'écriture, avec un petit bureau récupéré d'occasion, que j'ai pu partiellement retapé avec ma partenaire.
Mais cette sollicitation douce – par l'objet et l'aménagement d'espace – n'a pas été suffisante ; l'habitude d'écrire n'a pas infusée.
À ce moment là je me suis dit qu'en plus d'un objet dédié à l'écriture et plaisant à utiliser, il fallait aussi qu'il soit accessible tout au long de la journée pour me permettre d'écrire mes pensées lorsqu'elles viennent.
J'ai alors acheté différents carnet pour prendre des notes.
Carnet que j'amène partout avec moi.
J'ai bricolé une lanière pour y attacher le carnet et alors pouvoir l'avoir avec moi en bandoulière, même sans sac.
Je crois que ça a aidé.
Même si l'écriture à la main était compliqué, ça m'a permis de prendre des notes diverses sur mon carnet et m'habituer à ce format.
Et puis cette usage du carnet était couplé avec l'objectif d'être moins dépendante de mon téléphone.
De pouvoir avoir des feuillets pour mon agenda, mes tâches, mes listes, etc.
En ayant un carnet versatile qui avait aussi d'autres usages, je pense que cela m'a permis de m'habituer à prendre un stylo pour écrire – facilitant l'envie de mettre par écrit des réflexions.
Toutefois je ne suis pas arrivée à une situation où j'inscris de nombreuses pensées dans mon carnet, d'une part la barrière de l'écriture manuelle reste encore trop grande et d'autres part j'ai tout de même besoin de me poser sur un support pour écrire.
Toutes ces expériences m'amènent à aujourd'hui, où j'essai de nouveau de passer par le format numérique de blog.
Je me rends compte que revenir à ce format ne répond pas au première problématiques que j'avais formulé.
Pourtant j'ai la sensation que cette fois-ci ça peut fonctionner, ou m'aider à avancer.
Peut-être que je me leurre.
Ou peut-être aussi que j'ai mûrie.
Que mon envie d'écrire à évoluer et s'est clarifiée.
Que les premiers freins que j'avais identifié : distraction du numérique, création d'une habitude ; ont changé.
Je suis peut-être davantage en mesure maintenant de gérer mon envie de distraction ?
Et les différents format que j'ai exploré ont peut-être initié, bonnant malant, une amorce d'habitude ?
En tous les cas : j'écris.
Et ça me fait plaisir.
C'est l'essentiel.
D'autre réflexions que j'ai pu avoir sur les freins que j'avais à écrire m'ont amené à me questionner aussi sur lae destinataire de l'écrit.
En effet j'ai l'impression que pour de précédentes tentatives ou l'écriture de certains billet, il était important pour moi d'identifier clairement pour qui et à qui j'écrivais.
Je me rendais compte qu'en ayant un ou une destinataire identifiée il m'était plus facile de dérouler une pensée.
De la même manière, lorsque je suis dans mes pensées le soir à la fenêtre, ces réflexions prennent la forme de dialogues fictifs que je pourrai avoir avec des personnes de mon entourage.
C'est d'ailleurs souvent un point de départ des réflexions noctures, que de penser en premier lieu à une personne, et ensuite viennent les sujets de discussion.
C'est que récemment que m'est venu l'idée que ce qui rendait difficile l'écriture sur mon précédent blog était la question des destinataires, mais d'une nouvelle manière.
Je pensais jusque là que c'était parce que je n'avais pas d'interlocuteurice désignée.
Mais de récentes situations m'ont aidé à comprendre que ce qui me mettait en difficulté ce n'était pas le flou sur la ou les personnes liseuses, mais davantage la variété de lecteurices potentielles.
Il y a quelques semaines j'ai eu une discussion avec une personne de mon réseau professionnel autour de ma posture profesionnelle et ce que qui faisait mon individualité.
Et ce sujet m'a mis en difficulté.
Je ne parvenais pas à exprimer quel type de professionnelle je pouvais être, ou peut-être ne voulais-je pas le dire.
Et effectivement je prends conscience aujourd'hui de ma sensibilité au milieu dans lequel je vis.
Comme beaucoup, je suis sensible au regard des autres, à ce qu'iels peuvent penser de moi.
Mais je n'avais pas nécessairement réalisé que j'étais aussi dépendante du regard et des attentes des autres pour pouvoir me situer.
Pas tant que je sois incapable d'avoir une individualité, mais davantage parce que je redoute le jugement et l'exclusion.
Alors je patiente et observe pour comprendre ce qui est attendu de moi et performer en conséquence.
Et c'est seulement lorsque je pense avoir gagné une certaine confiance et légitimité que je me permets d'exprimer davantage mon personnalité, petit bout par petit bout.
C'est ainsi que j'en suis venu à faire le parallèle avec l'écriture.
Ne sachant pas qui pourrait lire, je n'arrive pas à assumer mes écrits.
Ne sachant pas qui pourrait lire, je ne sais pas ce qui peut être attendu de moi.
Ne sachant pas qui pourrait lire, je m'inquiète que mon écrit puisse plaire à certains mais déplaire à d'autres.
J'ai l'impression de jouer sur plusieurs tableaux, dans différentes sphères sociales, pour lesquelles je ne suis pas encore en confiance suffisante.
Alors je m'abstient d'écrire.
L'écriture sous pseudo apparait donc comme une possible solution.
Non pas pour ne pas avoir à assumer, mais pour ne pas avoir à devoir satisfaire.
Alors je pourrai me dire “arrête de penser aux autres”, mais ce n'est pas suffisament sécurisant pour moi.
Je verrai ce que cela donne.
Je me rends compte aussi en écrivant tout ça, qu'une des difficulté que je pensais identifiée comme étant le flou sur lae destinataire, ne se manifeste pas ici.
Alors certainement que penser à qui j'écris m'aide, comme je peux le faire dans mes réflexions du soir.
Mais j'arrive aussi à écrire sans m'adresser à une personne en particulier.
Et j'écris ce qui me vient.
Ça me va.
Tout cela me va bien.
Dans mes réflexion sur ce qui pouvait m'aider à écire, j'avais aussi un moment suggéré que démarrer un écrit en cherchant à répondre à une question pouvait être aidant.
C'est d'ailleurs comme ça que j'ai démarré ce billet.
Mais je me questionne aussi sur ce point de départ.
Constatant que là j'écris les choses qui me viennent, sans autre objectifs que dérouler de qui me vient à l'esprit.
Chercher à répondre à une quesiton précise pourrait être limitant.
Ou alors il faut que je n'utilise une question que comme amorce et non comme objet d'écriture.
Je suis un grain de sable parmi mes semblables,mais le désert n’est pas notre foyer.Nous sommes raffinés, dentelés,mais nous ne faisons pas dans la dentelle.
Sans un corps féminin pour nous vêtir,nos entrechocs nous endommageraient.Seules des mains expertes pourraient interveniravec de l’huile de coude et nous inspecter de plus près.
Très peu disposent des clés pour nous atteindre.Nous sommes gardés par nos parents :L’un est un arbre, parfois d’un bois différent.L’autre est une boîte, toujours en train de nous étreindre.
Nous partageons le même lien de parenté,mais je me singularise par ma parité.À moi seule, je peux changer la polaritéd’une rotation dès la conception orientée.
Pourtant, je ne diffère que d’une seule unité.Une pièce suffit pour être mise de côtépar le reste de la fratrie dans le même repaire,moquée à cause de mes manières arriérées.
Je n’étais même pas présent dans les premiers exemplaires.Seule comptait la course à l’unidirectionnelle vélocité.Mais un jour, toute matière véhiculée doit s’arrêter.Toutefois, le freinage n’est pas mon utilité.
La plupart du temps, je demeure inactivée.Mais quand vient le moment de corriger une erreuret de réparer les pots cassés,on fait appel à moi, parfois en pleurs.
Tout près du mur, au bout de la voie de garage,loin sont les railleries et les doutes sur ma valeur.Me manœuvrer nécessite un habile pilotage,sans quoi peuvent être provoqués d’autres heurts.
Alors que mes pairs sont dédiésà accélérer des modes précipitées,ma destinée est d’ouvrir une possibilitéà une humanité toujours plus pressée.
Connecter le signal composite depuis le magnétoscope (souvent ceux à l'arrière pas ceux de devant, c'est la différence entre les entrées / sorties)
Allumer, mettre la cassette, rembobiner si besoin.
Brancher la clé USB, puis ouvrir VLC
Configurer sous VLC (en anglais):
Media –> open capture device
Capture mode : video camera
Sélectionner video device name et audio device name ( a tester les plusieurs options car les noms ne sont pas parlant)
Vidéo standard :
En France, pal ou secam les plus courants, si il y a du bruit sur l'image c'est que c'est le mauvais paramètre essayer avec l'autre
J'ai mis précisément :
PAL D pour les cassettes provenant de caméscope et du SECAM D pour celles qui sont des films commerciaux.
Cocher advanced controls dans view pour pouvoir avoir l'option de enregistrer dans la barre du bas
Ensuite appuyer sur le bouton rouge en bas pour lancer l'enregistrement
Jouer la cassette
Laisser la cassette tourner jusqu'à la fin
Rappuyer sur le bouton rouge pour arrêter l'enregistrement
Compresser la vidéo enregistrée
Les fichiers sont énormes (1 à 2go la minute) –> il faut les compresser ensuite.
Dans Handbrake, choisir le format, j'ai mis tout par défaut en h.265 car j'avais de l'encodage matériel en h.265, bien sélectionner le désentrelacement mode decomb puis lancer l'encodage.
Voilà
Optionnel : recouper avec losslesscut (https://losslesscut.app/) pour enlever les ajouts de séquences bleues si l'enregistrement n'a pas été arrêté exactement quand la cassette s'est terminée.
Il y bien longtemps que j'ai abandonné Samsung pour mon smartphone, la série S étant devenu hors de prix, et surtout j'en pouvais plus de One UI leur surcouche pleine de bloatware et qui décide “ce que” et “comment” l'utilisateur doit faire, en faisant tout pour que vous utilisiez leurs applications maison (qu'on ne peux pas virer) avec la création d'un p**** compte Samsung, qui font la même choses en doublon de celles d'Android (Google). Et sans même aborder le sujet de “Samsung veut faire bouffer de l'IA à toutes les sauces” partout dans ses produits.
Ce mois-ci, une petite piqure de rappel que je hais Samsung au même titre que Apple ou Google et bien d'autres. Ces grands consortiums, qui imposent leur utilisateurs leurs visions Techno-Féodales.
Ma maman a depuis 2017 une tablette Samsung Tab A (SM-T555), elle est très satisfaite et son utilisation de la batterie a l'air bonne. Elle n'utilise aucuns verrouillages de l'écran ni compte Samsung.
En juillet 2026, tout à coup (10 ans sans emmerdes) la tablette demande un mot de passe pour déverrouiller l'écran, et d'une manière que je n'avais jamais vu sur Android. Impossible d'utiliser la tablette et accéder aux applications.
Donc c'est là que je maudis les “ingénieurs” Samsung sur 100 générations:
la tablette indique que “votre un mot de passe qui contient au moins 4 caractères, parmi lesquels au moins 1 lettre”. Ma maman n'a aucun souvenir d'avoir saisi un mot de passe lors de la première utilisation, n'en a jamais mis, l'écran n'était pas verrouillé par aucunes des méthodes standards disponibles dans Android. Bref pas de mot de passe.
On a quand même essayé ses mots de passe, compte Google et autres. Rien
En plus à chaque mot de passe erroné il faut attendre 30 sec.
Bonus Coréen, cette merde empêche d'éteindre la tablette.
Bien sûr un redémarrage a été essayé, mais ça revient direct à cette demande de mot de passe.
un temps fou de perdu à s'arracher les cheveux.
Après des recherches sur le net, spoiler, c'est un bug de mise à jour Samsung, qui arrive par cycle sur différents appareils. Samsung n'en à rien à foutre, vous pouvez toujours déposer sur un hypothétique centre SAV Samsung, payer entre 50 et 80€ pour faire restauration d'usine avec perte de toutes les données.
Je trouve donc la méthode pour accéder au menu de boot et de restauration de cette tablette:
– redémarrer, et appuyer sur power + volume haut + home
– Ah non, il faut le faire tablette éteinte ... On peut pas éteindre complément la tablette avec cette merde de mot de passe!
– Je branche une lampe sur le port USB de la tablette pour la décharger plus vite, elle était chargée qu'à 65%, ça a pris 5h...
– Je branche la tablette complètement déchargée sur un chargeur USB et je l'allume selon la méthode des 3 boutons, juste après qu'elle ai commencé à charger.
– Là elle essaye de se mettre à jour et échoue lamentablement.
– Je dois jouer avec les boutons pour faire apparaitre le menu.
– J'ai enfin ce menu! J'ai quand même essayé un Wipe de Dalvik cache et redémarré mais non toujours cette de merde de mot de passe.
– Plus le choix restauration d'usine et adios les données non sauvegardées.💣
Je récupère enfin la tablette à zéro, il a plus qu'à tout reconfigurer
– première chose mettre le Wifi et vérifier s'il y a une MAJ de l'OS. Rien, Android 7 dernière version disponible. Pouah ça date. Merci Samsung qui en à rien foutre des MAJ (surtout de sécurité) une fois le matos vendu.
– deuxièmes install de F-Droid dans l'optique de mettre que des applis open source, avec lesquelles on peut exporter et sauvegarder manuellement ses données. Pas comme ces logiciels privateurs Samsung.
– Et là c'est le drame, Android 7 oblige, casi aucunes app ne sont compatibles (hein Fossily!)
– Je me dis, je vais remettre le compte Google dans l'espoir que le Google play et services se mettent à jour. Je ne peux même pas installer Firefox!?
– J'ai donc été chercher des versions archivées de Firefox et Fossily Galerie compatibles avec Android 7.
– Pour ce qui est de Comaps, Joplin,VLC, NewPipe et Librera Reader installés depuis F-Droid, pas de souci, comme quoi quand on veut... Signal Depuis Google Play.
Bien sur, on peut dixit XDA-Developper installer Lineage OS (Android 14) mais je n'avais pas l'envie et le temps de me lancer là dedans. Peut être plus tard quand les besoins et usages de ma maman avec sa tablette le nécessiterons.
Un déchet électronique d'évité, des sous économisés et surtout Samsung plus jamais ça encore plus.
Nous sommes début octobre et le départ pour la première étape de notre voyage à vélo à deux approche à grand pas.
La question cruciale pour toutes personnes s'apprêtant à partir en voyage se présente alors à nous :
“comment on se déplace, et qu'est-ce qu'on prend avec nous ?”
L'idée de construire nos propres vélos nous est venue assez vite, mais étant donné notre budget serré, nous allions devoir être inventifs ! Aussi, l'objectif n'est pas de mettre en avant une prouesse sportive, d'où notre choix d'emprunter les transports en communs pour faire le maximum de distance possible lors de nos déplacements.
Nous avions un objectif ambitieux mais que nous n'avons pas perdu de vue : ne pas dépenser plus de 200 euros pour nos vélos de voyage, sacoches comprises.
Nous souhaitions également pouvoir réparer nos vélos facilement, et privilégier le confortable/ robuste à la performance.
Nous avons procédé d'une manière simple : tout ce que l'on achetait pour les vélos allait dans une cagnotte que l'on allait diviser par deux à la fin. Si on faisait une affaire sur un vélo, elle profitait à l'un comme à l'autre !
Nous recherchions donc des VTT anciens en acier (1990 – 2000), avec 3 plateaux à l'avant, 7 vitesses au moins à l'arrière, pas de freins à disque car plus compliqué à réparer, et sans suspensions. Ce sont des vélos un peu lourds mais plus confortables que de l'aluminium et surtout très robuste. Autre avantage, moins ils semblent coûter chers, moins ils intéressent les voleurs ;–)
Ces 2 très bonnes vidéos nous ont beaucoup aidées à savoir ce dont nous avions vraiment besoin et non pas ce que les grandes marques voulaient nous vendre à tout prix !
Le soucis avec un vélo qui est sensé porter tes affaires, c'est le prix des fameuses sacoches, que nous voulions résistantes à la pluie. Le DIY nous a sauvé, avec des sacoches faites à partir de bidons de récup en plastique d'une contenance de 20 L.
Voici le tutoriel dont nous nous sommes inspirés si cela vous intéresse !
Il ne restait plus qu'à trouver une association qui puisse nous accompagner et nous donner des conseils pour l'achat des vélos, la réparation, ect ... Dans notre cas, nous étions en rase campagne et pas d'association d'autoréparation à l'horizon. Mais il existe toujours une personne désireuse de partager son savoir sur n'importe quel sujet si on ose demander ! ( Merci à Séraphin, 75 ans, qui nous a gentiment aidé à remettre sur pieds nos vieux vélos )
Nous étions prêt pour surfer sur Le Bon Coin, trouver vélos, portes bagages, pneus, et tout ce dont nous avions besoin !
C'est à ce moment que nous avons découvert que les portes bagages avant étaient très chers et plutôt rares ! Le DIY a de nouveau été notre ami, en nous inspirant de ce très bon tutoriel youtube. Seule différence, nous avons utilisé un vieux cadre de vélo de course qui partait à la beine pour récupérer des tubes d'aciers comme matière première.
Autre petit conseil, les vieux VTT on la particularité d'avoir des guidons assez bas, et il n'est pas toujours facile d'en trouver à sa taille si vous être grand.e.s comme moi. J'ai utilisé pour ma part cette rallonge de fourche à 30 euros qui a réglé mon problème !
Après 1 mois de recherche, réparation, tests et ajustements, nos vélos étaient terminés, et tout ça pour un total de 190 euros par personne ! Nous n'étions pas des experts de la réparation et pourtant, le résultat dépasse de loin nos espérances =–). Nous avons enfin pu enfourcher nos montures le 1er novembre, sous la pluie, pour le début de notre aventure.
Marc Smith est un poète américain qui a grandi à Chicago.
Le slam, selon la Ligue Slam de France, est “Une poésie vivante, un espace de diffusion accessible à tous et un public impliqué donnant directement son avis.
« Slam » terme anglais qui signifie sous forme de verbe « claquer » « gagner une victoire facilement » « critiquer »
« Slam » le nom signifie « bruit violent » « tournois de poésie » « schelem » c’est un mot du 17ème siècle probablement d’origine scandinave “
Les scènes slam ont été créées par Marc Smith... (“So What”/“Et alors?”)
Et alors, le slam est régit par quelques règles... Ces règles sont surtout valables pour les tournois de slam de France, et peuvent devenir plus souples sur certaines scènes comme les SPOKEN WORD, où nos mots résonnement avec les notes de musiciens qui jouent sur scène.
Ces règles officielles, les voici:
1.“déclamer son propre poème” (hors tournois, on peut en dire un qui n'est pas de nous, tant qu'on le précise avant ou après l'avoir récité)
2. “déclamer en 3 minutes ou moins”
3. “pas d’accessoires ou de déguisements”
4. “notation par le public de 0 a 10 avec un chiffre après la virgule pour éviter les ex aequo.”
En 1990 le Chicago Slam comité a décidé lors de l’organisation du premier Slam National américain de poser la règle qui”...
5. “interdit les accessoires et la musique”
Et il y a évidemment la question de la langue qui n'est pas citée mais reste implicite: Si certaines phrases sont prononcées dans une langue étrangère c'est toléré en tournois, mais pas tout le texte... Malgré la tolérance dont font preuve plusieurs, j'estime que ça reste un trop grand frein pour la compréhension globale et la capacité de le noter. Donc par déduction, si l'on souhaite concourir pour se voir sélectionné en tournois...
6. texte majoritairement en français.
Certains imposent également à ce que les textes soient conformes à la loi, ce qui mérite éclaircissement à mon sens. Je suppose qu'il s'agit de se référer à ce que signifie légalement la liberté d'expression, et de savoir la distinguer de la discrimination, l'appel à la haine, les fake news... Mais à mon sens si on va jusqu'à dire qu'on ne peut pas dire de gros mots, parler de ses blessures ou râler contre le système, ça n'a plus d'intérêt.
Si je comprends bien, il s'agit de faire claquer vigoureusement les mots dans l'espace, et les laisser entendre par un large public, en acceptant le fait que nos mots et notre manière de les faire claquer soient critiqué.e.s. Mais... qu'en est-il en dehors du jury? Qu'en est-il en dehors des tournois? Quelle différence entre critiquer, et se sentir visé par un texte?
L'idée de blesser quelqu'un sans que cette personne ne se sente légitime à venir me parler pour me le dire iel-même en face, c'est une idée qui me terrifie. Assez pour me sentir illégitime à m'exprimer. Je me suis donc confrontée violemment à cette problématique, jusqu'à envisager d'écrire à Marc Smith lui-même:
DEMANDE DE PRÉCISION
Bonjour....
J'aimerais poser une question très personnelle à Marc Smith.
Cela fait trois ans que je m'exprime sur les scènes slam, mais je m'interroge de plus en plus. Suite à une remarque indirecte sur un de mes textes, je ressens un blocage profond et, n'arrive plus dire mes textes individuels depuis presque un an.
C'est important pour les tournois, de pouvoir les dire. J'arrive à dire des coécritures car je ne suis pas seule, et des textes qui ne sont pas de moi car c'est moins personnel, et des textes que j'écris dans une autre langue car ils sont plus durs à comprendre. Mais je ne me sens pas libre de dire mes textes solo dans ma langue, alors que j'en ai envie, et que j'ai envie de participer aux tournois. J'ai réalisé un gouffre entre ce que je dis et ce qui est perçu par l'autre. Avec les blessures de chacun, les émotions, les projections, je peux blesser ou décevoir l'autre sans le vouloir, sans le savoir, sans savoir comment, sans avoir de prise dessus.
C'est pourquoi je vous contacte. Par peur de l'erreur, j'aimerais comprendre mieux les lois qui régissent les scènes slam. Je me permets donc de vous adresser mes questions. Qui d'autre que vous serait le mieux placé pour y répondre?
Personnellement, je me suis fait une règle comme quoi, dès qu'un de mes textes évoque une personne vivante que je connais, je ne donne jamais son prénom. Est-ce que vous envisageriez que cette règle soit générale?
Mais même dans ces conditions, faut-il prévenir une personne quand fait partie du public, si notre texte évoque un souvenir partagé ensemble? Ou bien, si on soupçonne notre texte d'être maladroit, doit-on le faire relire par un tiers qui fait partie du milieu, pour lui demander de valider ou invalider les valeurs que ce texte défend? Ou bien peut-on considérer que notre maladresse fait partie de nous, et nous garantit de rester authentique avec nos failles?
Le “trigger warning” que l'on peut annoncer quand notre texte parle d'un sujet dur à aborder, à quoi sert-il si personne ne décide de sortir pour se préserver? Doit-on parfois (ou toujours) se passer de parler de nos histoires personnelles pour ne pas blesser l'autre, alors qu'elles sont la raison même de notre présence sur les scènes, surtout quand le besoin d'expression est si fort qu'il nous fait souffrir?
Vous avez créé les scènes slam pour que la poésie soit accessible au grand public. Les avez-vous créées aussi pour donner libre court à la liberté d'expression ? Y a-t-il des limites à cette liberté dans ce cadre? Lesquelles précisément ?
Y a-t-il des sujets à ne pas aborder, des mots qu'il ne faut pas employer, des tournures de phrase, des sujets, des gestes, des émotions à censurer dans nos prestations pour qu'elles restent audibles et supportables? Ou bien l'expression lors d'une performance est-elle dévouée totalement à la règle d'or de la fiction, où tous les interdits, tous les tabous, toutes les peurs peuvent être bravé.e.s?
Je ne sais plus où j'en suis. Je m'interroge énormément, et je ne sais pas où regarder pour trouver une issue. L'art a été toute ma vie un moyen pour moi de respirer, d'exister, de créer du lien, de m'apporter du soin. Aujourd'hui je n'arrive plus à éprouver le plaisir d'autrefois à dire un texte solo dans ma langue qui soit de moi, de peur de blesser.
J'espère que vous trouverez le temps de me répondre, au vu du contexte actuel... Pour moi je considère cette question comme vitale... Sans retrouver du sens à cette question, je ne saurai pas comment défendre cette valeur sans quoi je ne trouve pas la vie supportable : la liberté...
Prenez soin de vous... Même s'il est peu probable que je reçoive une réponse, j'attendrai patiemment d'arriver à un éclaircissement.
Merci pour avoir créé ces espaces, même si aujourd'hui j'ai encore du mal à m'y sentir accueillie pour qui je suis... C'était le cas pendant longtemps... Et j'espère que ça le sera de nouveau.
Evidemment, mon mail m'est retourné comme un boomerang, comme l'adresse mail sur le seul site où je pouvais le contacter s'est avérée invalide. J'ai donc fait de ce texte une lettre ouverte, une invitation au débat. Je n'avais aucune réponse, et j'attendais seulement de pouvoir être accueillie dans ce questionnement qui me hante. J'ai obtenu bien davantage.
En transmettant cette lettre ouverte à la Ligue Slam de France, Mr.Zurg m'a donné sa réponse dans un premier temps, et de fil en aiguille j'ai fini par pouvoir adresser mon message à Marc Smith lui-même... Qui lui non plus n'a pas tardé à me répondre. Et sa réponse m'a tirée des larmes, car sa conception du slam était beaucoup plus souple, et me l'a rendu à mes yeux plus fondamental que jamais...
Alors que j'étais en prise avec le silence et le sentiment d'isolement, j'ai fait face à une énorme disponibilité, et un engagement à toute épreuve. J'ai pensé aux anciens temps où les spectateurs qui allaient au théâtre venaient debout et faisaient un grand chahut, quand il m'a évoqué les réactions encouragées du public. Et à la censure actuelle aux US quand il m'a appris que la liberté d'expression peut coûter des vies... Je sentais depuis mes débuts sur la scène que cet élan de s'y exposer était vital sans comprendre pourquoi, aujourd'hui je comprends à quel point ça l'est réellement... Pour arriver jusqu'à mettre sa vie en péril en s'exprimant sur la scène, c'est que le combat qui y est mené a une valeur plus précieuse que la vie. Et avec ça, d'où que nous venions, tout devient possible.
Comme il m'a confirmé que je pouvais la rendre publique pour nourrir les débats, je pose là la traduction de ce qu'il m'a écrit suivi de sa lettre originale:
RÉPONSE DE MARC SMITH EN FRANCAIS
Bonjour Kaena,
Je vais répondre du mieux que je peux. Tout d’abord, il faut garder à l’esprit que les débuts du slam au Get Me High Jazz Club de Chicago n’avaient aucun rapport avec une quelconque compétition, un tournoi ou des règles. Il s’agissait d’une soirée ouverte à tous qui visait à encourager la « mise en scène » de poèmes, ce qui, à l’époque, était considéré comme répréhensible par les cercles poétiques traditionnels. La définition principale de la poésie slam est la suivante :
« Le remariage de l’art d’écrire de la poésie avec l’art de la réciter. »
Les réactions sincères du public étaient également encouragées. Cela prenait parfois la forme de chahut, mais celui-ci devait rester bon enfant et plus intelligent que les mots visés, sous peine de voir le chahuteur lui-même devenir la cible de railleries.
La deuxième définition (tout aussi importante que la première) est la suivante :
« Un événement de “poésie performative” mis en scène avec art.
À l’époque où le spectacle au Get Me High a débuté, la plupart des lectures de poésie étaient des événements ennuyeux, mal conçus et sans art — ouverts à très peu de monde et fréquentés par très peu de personnes. Dans l’ensemble, personne parmi le grand public n’aurait même songé à y assister. C’est ce que nous avons entrepris de changer, et nous y sommes parvenus. À cette époque, avoir 50 personnes dans le public était considéré comme extraordinaire. En attirer des centaines, voire des milliers, comme c’est le cas aujourd’hui, aurait été perçu comme un rêve inaccessible.
Ce qui a attiré vers nous un large public issu de tous les horizons, c’est la « performance », et non la compétition.
Les « compétitions » ne sont qu’une forme parmi d’autres d’« événement de « poésie-spectacle » mis en scène avec art ».
Les règles dont vous parlez ont vu le jour par nécessité, afin de structurer notre premier grand événement de « poésie-performance » : le National Poetry Slam de 1990 à Chicago. Nous devions contrôler la durée des événements et nous conformer aux contraintes des lieux où nous allions les organiser — tout en donnant au « tournoi » une structure raisonnable et équitable. Ces règles ont été mises en place pour répondre à des impératifs de production. Elles n’étaient pas, et ne sont toujours pas, destinées à être des impératifs artistiques.
Ce qui se perd parfois de vue dans le monde du slam aujourd’hui — après 40 ans de diffusion à travers le monde dans des centaines et des centaines de lieux —, c’est que ce que nous avons lancé à Chicago (en 1984) était une révolution. Nous avons décidé de bousculer les règles et les conventions relatives à la manière dont la poésie était présentée sur scène. Musique, costumes, accessoires, mise en scène, collaborations multimédias : tout cela faisait partie du jeu. Et oui, toutes les formes de poésie, des classiques à l’expérimentale, étaient encouragées. Il ne fallait surtout pas ennuyer le public ; on laissait cela aux poètes institutionnels. Et comme nous avions également pour objectif d’être totalement ouverts à l’ensemble de la population (et pas seulement à une partie de celle-ci), nous encouragions aussi tous les thèmes et toutes les personnalités.
Un autre principe du slam poétique, né de son essor, était le suivant :
« Chaque communauté de slam est libre de développer son propre type de spectacle, ses rituels, sa structure, son style et ses règles. »
Aucune communauté de slam n’est tenue de suivre un format standardisé.
Faites ce qui fonctionne le mieux pour votre public local.
La plupart de vos interrogations sont celles que tout artiste rencontre lorsqu’il explore en profondeur ses convictions et son besoin de les exprimer aux autres. Se heurter aux conventions d’une époque donnée fait partie, pour le véritable artiste, du parcours. Au cours des premières années à Chicago, nous avons essuyé une avalanche de critiques et d’insultes provenant d’une multitude de voix issues des cercles poétiques « traditionnels », et même de l’avant-garde poétique de l’époque.
Comme nous le savons en lisant l’histoire littéraire, les nouvelles voix et les nouvelles idées, quelle que soit la forme d’art, ont toujours été accueillies avec mépris, moquerie, voire incarcération, torture et mort.
C’est le risque que nous prenons tous lorsque nous lançons nos pensées, nos idées et nos mots sur la scène publique.
Nous avons tous pour mission d’apprendre de ce qui nous tient à cœur, d’évoluer à partir de cela et de rester fidèles à ce que nous considérons comme vrai. Ce n’est pas toujours facile.
À Chicago, notre objectif était de créer une scène ouverte à tous, où chacun pourrait présenter toutes les formes de poésie sous forme de spectacle devant le public le plus large possible. C’est ce que nous avons fait et, comme vous le savez, beaucoup d’autres ont suivi notre exemple.
J’espère que cela vous aidera dans votre parcours, quelle que soit votre destination,
Marc
Et lorsque j'ai vu l'interview suivante, quel ne fut pas mon éclat de rire, quand j'entendis le créateur du slam lui-même déclarer :
“Croyez-moi, transgressez les règles! Les règles sont faites pour être transgressées.”
MESSAGE ORIGINAL : ASKING FOR CLARITY
Hello Kaena,
I will respond as best I can. First, you should bare in mind that the beginnings of slam at the Get Me High Jazz Club in Chicago had no connection to any type of competition or tournament or rules. It was a wide open night that sought to encourage the “performance” of poems which at the time was considered a reprehensible thing to do by establishment poetry circles. The primary definition slam poetry is:
“The remarriage of the art of writing poetry with the art of performing poetry.”
Honest feedback from the audience was also encouraged. Sometimes that took the form of heckling, but the heckling had to be good natured and smarter than the words being heckled or else the heckler would be heckled.
The secondary definition (as equally important as the first) is:
“An artfully staged “performance poetry” event.
Back when the show at the Get Me High began most poetry readings were dull, poorly conceived, artless events — open to and attended by very few people. For the most part, no one from the general population would even consider attending one. That's what we set out to change and did. In those early years to have 50 people in the audience was considered extraordinary. To have hundreds and thousands, as we do today, would have been though of as an unattainable fantasy.
What brought a large, general audience of all kinds of people to us was “performance” not competition. “Competitions” are but one form of “an artfully staged 'performance poetry' event.”
The rules you speak of came about through the necessity of structuring our first major “performance poetry” event — 1990 National Poetry Slam in Chicago. We needed to control the length of time of the events and conform to the restrictions the venues we were going hold them in — and to give the “tournament” a reasonable and fair structure. The rules came about to satisfied production considerations. They were not, and are not, meant to be artistic mandates.
What sometimes gets lost in the slam world these days — after 40 years of being spread throughout the world to hundreds and hundreds of locations — is that what we started in Chicago (1984) was a revolution. We set out to break the rules and conventions of how poetry was presented on a stage. Music, costumes, props, dramatics, multi-media collaborations were all part of the game. And yes, all forms of poetry from the classics to the experimental were encouraged. Just don't bore the audience, let the establishments poets do that. And because we also set out to be totally open to the population at large (not just one corner of of it) we also encouraged all themes and personalities.
Another principle of poetry slam that evolved out of its spread was that:
“Every slam community is free to develop its own type of show, rituals, structure, style and rules.”
No slam community is obligated to follow a standardized format. Do what works best for your local audience.
Much of your questioning is what every artist encounters when delving deep into their beliefs and their need to express those beliefs to others. Bumping up against the conventions of a particular moment is for the true artist part of the journey. During the early years in Chicago we experienced cascades of criticism and degradation from a deluge of voices from the “proper” poetry circles, and even from the current poetic avant guard. As we know from reading literary history, new voices and ideas in every art form have been met scorn, ridicule — even incarceration, torture and death. That's the risk we all take when throwing our thoughts, ideas, and words into the public arena.
We are all tasked with learning from, evolving from, and standing by what we hold dear to be true. Not always an easy thing to do.
Our intentions in Chicago were to create an open stage for anyone and everyone to present all forms of poetry in performance to as large an audience as we could muster. We did that and as you know many others have followed suit.
Hope this help you on your journey to wherever has you bound,
marc
Camille Claudel à Eugène Blot, Asile de Montdevergues
Pour bibi, la rencontre avec Bank Myna et EIMURIA, leur album de 2025, se fait en Île-de-France via la Caroline du Nord... Je n'avais encore jamais jamais fait gaffe à ce quatuor parisien pourtant actif depuis 2016 jusqu'à ce que je me balade sur le site de Scott Spiers, Clean and Sober Stoner, un pilier de la communauté des blogueurs heavy outre-atlantique, et que je tombe sur une brève qui encensait le nouveau LP de nos post-rockers. Non seulement je me suis magné de l'écouter, mais kipluzé les larron·es jouaient en concert à trois pas de chez moi deux semaines plus tard. Ticket, please. Ca s'appellerait pas la sérendipité, ça, les p'tit·es potes ?
Spoiler alert : Mr. Spiers a raison d'être enthousiaste. EIMURIA vous offre 48 minutes de post-rock ténébreux et ample – le versant calme du post-rock, plus proche du drone et de l'ambient que des compositions nerveuses et anguleuses. (J'en ai profité pour découvrir le terme slowcore, comme quoi on en finit jamais d'apprendre des nouveaux trucs, youpi. Si vozigue aussi étiez dans l'ignorance à ce sujet, je vous laisse écluser un godet à la même fontaine de sapience que wam, on sera à égalité)
Comme des cieux d'orage, de vastes nappes de son se gonflent et éclatent en riffs doom bien saturés et batterie tonnante. “Éclate” pourrait faire penser à quelque chose de soudain, mais ici tout est lent, tout est inéluctable. L'orage pré-cité est déjà là depuis longtemps et il ne repartira plus, il gronde toujours, dans le fond ou au premier plan. Tout juste y aura t-il quelques accalmies, quelques éclaircies, des instants de lumière qui ne feront que renforcer la profonde noirceur de l'album, musicale et thématique.
Le son est étonnament chaleureux : pas volcanique mais plutôt chaud comme des braises qui couvent, et s'éteignent peu à peu. Béhoui, il se trouve qu'“EIMURIA” signifie “braises” en ancien allemand. On est plongé dans une ambiance intime, intérieure -“padded atmosphere”, comme il est chanté sur The Other Faceless Me : une atmosphère capitonnée, comme la cellule du même nom- mais spacieuse en même temps, grâce à la reverb, au delay, et à un chic pour les notes qui s'étirent et qui respirent, et pour les silences qui comptent.
L'impression que ça me donne, c'est celle d'un paysage mental plus que d'un espace physique, avec des tensions régulières entre le désir d'envolée et l'appel du vide, le confort et l'enfermement...
Le coeur de l'album a été enregistré en live en studio, même si ça n'a pas été le cas pour un certain nombre d'arrangements. Au-delà du goût que mon côté rockiste a pour ce genre de méthode, cela contribue à mon sens à cette atmosphère très immersive et très authentique, qui est de toute façon merveilleusement restituée en concert par les artistes, avec encore un surcroît d'intimité. En live Bank Myna incarne successivement, et même simultanément, l'éléphant et le magasin de porcelaine, sans péter une seule tasse. La classe.
Basse et guitare, parfois jouées à l'archet ou de manière percussive, à l'aide de p'tites mailloches, batterie, violon, synthé : iels sont tou·tes excellent·es, habité·es et créatif·ves mais tout en délicatesse malgré le gros son, avec une sobriété qui ne se met jamais en travers de l'émotion. Et rarement l'adjectif “hanté” s'est aussi bien appliqué à une voix qu'à celle de la chanteuse Maud Haribet, qui passe avec fluidité du murmure au cri, de la détresse à la menace jusqu'à la résignation. Bref, c'est du velours.
Et mention doit être faite de la sublime oeuvre de Ramona Zordini qui illustre la pochette, ainsi que de l'artwork de l'insert dessiné par Harribey elle-même : musique, paroles, illustrations participent toutes d'une même vision riche et cohérente.
Pour ce qui est du thème : la noirceur d'EIMURIA est loin d'un imaginaire fantaisiste ou horrifique classique : diable il y a, certes, mais ce diable-là est un double, une ombre impalpable et sans visage, la moitié irréconciliable (ou irréconciliée, selon votre optimisme) d'une psyché fracturée, qui menace de consumer peu à peu la santé mentale de la narratrice...Jusqu'au vide, jusqu'au néant et aux ténèbres absolues. Un genre de Horla sous stéroïdes. On fait difficilement plus doom : c'est la folie qui est le fil conducteur du LP. Bank Myna s'est inspiré des vies et œuvres d'Alejandra Pizarnik et de Camille Claudel, deux artistes ayant souffert de graves problèmes psy ; les musicien·nes ont parlé en interview du refoulement, et de l'acceptation de toutes les parts de soi-même, toutes les émotions qu'on porte, y compris les plus sombres. Accrochez-vous, vous allez avoir droit à une mince de catharsis.
Autant je suis peu familier avec Pizarnik, qui n'est plus éditée que marginalement depuis quelques années, autant Claudel je connais et j'admire, et je suis bien au parfum de sa descente aux enfers.
Camille Claudel, c'est un talent colossal, développé en partie dans l'atelier du “maître” Auguste Rodin ; elle a une liaison passionnée avec lui qui est de 24 ans son aîné… Lui bien sûr ne veut pas se séparer pour autant de Rose Beuret, sa compagne depuis 20 ans, pour les bozieux de sa jeune amante : triste et sale banalité de vieux baltringue dominant, dynamiques de pouvoir assymétriques bien blèches comme il faut. Leur relation amoureuse s'achève en 1892, année où Camille Claudel avorte clandestinement : Rodin ne voulait pas plus reconnaître l'enfant à venir que lâcher Rose pour épouser Camille.
En s'affranchissant de Rodin elle va rencontrer des temps difficiles : elle dépendait financièrement de lui, et elle ne bénéficie plus de l'aura du maître… et être une femme artiste à la fin du XIXe siècle, c'est coton, d'autant que son art est assez peu préoccupé de la morale bourgeoise... La santé mentale de Claudel va se dégrader au début du XXe siècle : elle vit en recluse et pense que Rodin la persécute et mène une cabale d'ennemis contre elle, et elle détruit même ses propres oeuvres dans son atelier en 1912... En 1913, elle est internée en hôpital psychiatrique par sa famille, qui demande à ce que soient restreinte ses visites et sa correspondance : surtout pas de scandale ! Elle restera internée pendant 30 balais, et y mourra misérablement. Contrairement à Rodin qui entre leur rupture et sa propre mort en 1917 essaiera réguliérement et discrétement d'aider Camille, sa famille de petits bourgeois dégueulasses sera bien contente de la laisser moisir dans son trou.
J'ai pris une plombe pour vous raconter tout ça principalement à cause de L'Implorante, ultime morceau du LP. L'Implorante, c'est d'abord une sculpture de Claudel extrêmement autobiographique : jetez y un oeil, puis une oreille attentive vers les paroles du morceau.
Il me semble que la plupart des esgourdes critiques vont être attirées par le sinueux et progressif Burn All the Edges, qui est un petit tour de force, changeant plusieurs fois de forme au fil de ses 9 minutes sans jamais me perdre, et permettant à Harribey de déployer toutes les nuances de sa palette vocale. Mais le crépusculaire et feutré The Other Faceless Me, et le dyptique No Ocean of Thoughts/The Shadowed Body, écrasant, desespéré et terrifiant, méritent tout autant l'attention. Pour autant, L'Implorante est le plus déchirant des 5 morceaux d'EIMURIA, et sa beauté cruelle, bien ancrée dans le réel, est sublime : un parfait final. Est-ce in medias res ou bien un regard rétrospectif sur le moment où tout a basculé ? De toute façon la bataille contre l'inéluctable est déjà perdue. Le temps ne se figera pas, qu'importe les prières et les supplications. Tout change après, en pire.
J'ai parlé plus haut d'éclaircies et d'instants de lumière : ils ne sont à mon sens ni nombreux ni explicites dans les paroles. Ça en dit peut-être plus sur moi que sur les artistes, mais je trouve qu'iels peignent bien plus et bien mieux l'aliénation que l'acceptation. Sans complaisance, sans misérabilisme, sans romantisme, sans clichés, mais avec empathie et lyrisme. Et musicalement l'album n'est jamais asphyxiant comme peut l'être un doom-sludge craspouille : il y a plein d'endroits où respirer, des envolées des pauses et des intonations qui se prêtent si on le désire à l'injection d'espoir au coeur de la tourmente.
J'ai entendu Bank Myna causer des carcans sociaux et de la nécessité de s'en libérer, avec comme hypothèse : Pizarnik et Claudel ont été bouffées, peut-être s'en seraient-elles mieux tirées en l'an de grâce 2026, où elles auraient peut-être été moins pressurées, mieux acceptées dans leur singularité ?
On peut se poser la question. Pour la plupart d'entre nous, le carcan se resserre aussi, ces temps-ci : les personnes non conformes, neuroatypiques, mauvais genre, mauvaise couleur de peau ou mauvaise religion... feraient bien de se faire toutes petites et de ne pas respirer trop fort, insistent certaines âmes brunes qui peinent à ne pas se toucher la nouille en public en rêvant à des enfermements forcés.
Pas de bol pour elles, on sait qu'il est possible de vivre mieux, on sait que leurs rêves sont déjà en voie de décomposition, et on ne se laisse pas faire. Même si c'est rude, on lutte, on s'organise et on se soutient, et on se souvient : des traces, des témoignages et de la beauté de celleux qui nous précèdent, qui ont souffert et ont lutté.
Bank Myna fait honneur à cette leçon-là. EIMURIA est un plongeon dans les ténèbres qui ne sera pas pour tous les goûts ni toutes les humeurs, mais c'est un majestueux accomplissement. Mangez-en.
Bank Myna, c'est : Maud Harribey – chant, violon & claviers | Fabien Delmas – guitare, lap steel | Daniel Machón – basse, noise box, sampler | Constantin du Closel – batterie, percussions
C’est son nom. La boussole donnée par un enseignant lors de ma dernière formation officielle de spéléonaute numérique. Elle est en anglais, la langue première dans son monde d’origine, après le binaire.
– C : Create.
– R : Read.
– U : Update.
– D : Delete.
Ci‑dessus, le texte brut. Ci‑dessous, le rendu final.
C’est mon premier essai à l’art ASCII. Habituellement, le jeu de caractères est restreint à celui d’ASCII. Pour cet exercice, j’ai ouvert la palette à tout ce qu’un clavier français AZERTY peut offrir.
Ça pourrait s’appeler « FrESCII », prononcé « fresque‑i », pour « FRench Extended Standard Code for Information Interchange ».
De spéléonaute à fresquiste… Que d’aventures !
Espérons que je ne raconte pas trop de salades par la suite.
Je me souviens de vacances début octobre, il y a peu d'années. Il faisait chaud comme en été, mais pas un été caniculaire. Je logeais à Collioure, à deux minutes quarante-sept secondes du bord de mer, dans un petit appartement d'une résidence quasiment déserte, avec vue sur le moulin, les vignes, et plus haut, le fort Saint-Elme. Ce fut ma première balade hors-Collioure, monter au moulin puis au fort, et redescendre par je ne sais plus où.
Un jour, j'ai pris le car à l'aube jusqu'à Banyuls (le car à 1€ quelle que soit la destination jusqu'à la frontière espagnole), et je suis rentré à pied en passant par le cap Béar (magnifique !) ; une grosse vingtaine de kilomètres par le chemin du littoral, tantôt facile, le long de plages, tantôt sportif (sentier déconseillé aux enfants), où j'étais content d'être muni de grandes jambes aptes à crapahuter dans les rochers. Ce fut la plus longue des randonnées.
L'auto immobile toute la semaine était restée, sauf une fois, parce que pas de car direct, pour aller à Céret, à une quarantaine de minutes de route. J'avais un vague souvenir du village de Céret, de ses platanes, et je voulais y retourner pour son musée d'art moderne ; j'y ai découvert un beau marché s'étalant dans ses rues (un samedi), ce qui s'est ajouté aux plaisirs de la journée…
Comme j’avais encore une semaine de vacances, j’étais rentré en Corrèze en passant par (liste non-exhaustive de lieux où j'aimerais retourner) : la forteresse de Salses, Pézenas, Sainte-Eulalie-d'Olt, Estaing, les gorges du Lot ; puis je n'ai vu que la pluie tomber fortement ; il allait pleuvoir durant quelques mois…
Comment j'utilise l'intelligence artificielle pour réparer de vieilles machines et pourquoi la question de la confiance est la seule qui compte.
Quiconque a déjà réparé une vieille voiture, un appareil électroménager récalcitrant ou une machine ancienne connaît ce moment : l'information existe, quelque part, mais elle est introuvable. Elle est noyée dans un manuel d'atelier de trois cents pages, dispersée entre un guide technique, une revue spécialisée et dix ans de discussions de forum. On sait que la réponse est là. On ne sait pas où.
C'est un problème très concret, et c'est celui que j'ai voulu attaquer. Pas avec une IA qui « sait tout » (ou pense le savoir) mais avec un assistant modeste, spécialisé sur une machine précise, capable de retrouver la bonne information dans mes propres documents et de me la restituer en citant sa source pour que je puisse vérifier par moi-même.
Le vrai problème n'est pas de répondre. C'est de ne pas mentir.
Aujourd'hui, tout le monde a fait l'expérience d'une IA qui invente. On lui pose une question, elle répond avec aplomb, et la réponse est fausse: une date, un chiffre, une citation qui n'a jamais existé. Dans une conversation banale, c'est agaçant. Pour réparer une machine, c'est dangereux. Une cote inventée, un couple de serrage approximatif, un dosage sorti de nulle part : et c'est la pièce cassée, ou pire.
Donc la question n'a jamais été « est-ce qu'une IA peut répondre à mes questions de mécanique ? ». Bien sûr qu'elle le peut. La vraie question, la seule qui compte, c'est : est-ce que je peux lui faire confiance ?
Et la réponse tient dans une règle que je me suis fixée, et qui guide tous mes projets : la machine propose, l'humain dispose.
Trois garanties, pas de magie
Concrètement, ça veut dire trois choses simples.
D'abord, l'assistant ne répond qu'à partir de sources réelles. Il ne puise pas dans un savoir général flou glané sur tout Internet : il lit les documents que je lui ai donnés — le manuel d'atelier, les fiches techniques, les archives — et rien d'autre. Chaque réponse peut être retracée jusqu'au texte d'origine, à la page près.
Ensuite, quand il ne sait pas, il le dit. C'est peut-être le point le plus important, et le plus contre-intuitif. Un assistant utile n'est pas celui qui a toujours une réponse — c'est celui qui reconnaît quand la source est muette, au lieu de combler le vide en inventant. « Je ne trouve pas cette information dans les documents » est une réponse précieuse (ma technique pour l'obtenir fera l'objet d'un billet spécifique). « Voici une valeur plausible » est un piège.
Enfin, c'est moi qui tranche. L'IA prépare, retrouve, propose. La décision finale (appliquer ou non, vérifier, recouper) reste humaine. L'outil ne remplace pas le réparateur ; il lui évite de tourner trois cents pages.
Frugal par principe, pragmatique par nécessité
Ma préférence va aux outils qui tournent sur ma propre machine, sans passer par le cloud : c'est plus sobre en énergie, ça garde mes données chez moi, et ça ne dépend d'aucun service qui pourrait fermer ou changer ses règles. Tout le travail de fond (préparer les documents, les indexer, les traduire quand il le faut) se fait localement, chez moi.
Mais je ne suis pas dogmatique. Selon le projet, je choisis l'outil le plus adapté. Pour un assistant que je veux pouvoir consulter une tablette à la main, penché sur un moteur dans le garage, une solution partagée et accessible partout prend le pas sur la pureté architecturale. Le principe reste le même que celui que je défends ailleurs sur ce blog : le bon outil pour le bon usage, pas le plus gros ni le plus tape-à-l'œil. Une IA proportionnée au besoin.
Trois machines, une même méthode
J'applique cette approche à trois terrains, très différents en apparence, mais qui posent la même question de fond.
mecan.IA, mon assistant pour une Datsun 620 de 1977 — un pick-up dont les manuels d'époque, seulement en anglais, se complètent de décennies d'archives de forums. C'est mon terrain de jeu actuel : carburateur, calage d'allumage, remplacement de joints. Opérationnel, et déjà utile sous le capot.
pinball.IA, le même principe appliqué à la réparation d'un flipper Bram Stoker's Dracula — l'électronique des machines à billes des années 90, ses schémas, ses codes d'erreur, ses années de discussions entre passionnés sur les forums. Opérationnel lui aussi, mais pas encore éprouvé la tête sous le plateau.
ArchTech.IA, enfin, le plus ambitieux — et pour l'instant en chantier. Celui-là ne s'attaque pas à une machine, mais à des archives techniques françaises du XIXe siècle, numérisées, pour y retrouver des dispositifs oubliés qui pourraient inspirer des solutions low-tech d'aujourd'hui. Le corpus est immense, l'architecture demande du temps, et je n'ai que deux bras. Il avance lentement, mais il avance.
Ce que je cherche à montrer
Ces trois projets ne sont pas trois passe-temps sans rapport. C'est une même conviction, déclinée : que l'intelligence artificielle la plus utile n'est pas forcément la plus grosse, la plus chère ou la plus bavarde. C'est celle qui reste à sa place — un outil cadré, honnête sur ses limites, au service de quelqu'un qui garde la main.
Dans les prochains billets, je détaillerai chacun de ces projets : ce qu'ils savent faire, ce qu'ils ratent encore, et ce que j'ai appris en les construisant.
Ce billet a été rédigé avec l'aide d'un assistant IA, à partir de mes projets et de mes choix. L'angle et la démarche sont les miens.
Da quanto ho cominciato a frequentare la Forge non finisco più di scoprire risorse interessanti. Il punto di partenza qualche mese fa era il portale Primaire, una raccolta di applicazioni e risorse, curate da Arnaud Champollion (ho scoperto che è un discendente di quel Champollion che ha scoperto la stele di Rosetta), dedicate principalmente al mondo della scuola primaria.
Ma i colleghi francesi sono infaticabili: è da poco on-line un altro portale molto utile per esplorare tutte le risorse presenti nella Forge: la Ressourcerie. Attraverso la Ressourcerie si può navigare all'interno di tutte le molteplici risorse, filtrando per argomento, per livello scolastico, per tipologia di attività. E così, esplorando, si incontrano materiali molto interessanti. Naturalmente è tutto in francese, ma ho scoperto un'estrema disponibilità a condividere i materiali presenti. Dopo aver richiesto l'apertura di un account nella Forge (è possibile richiederlo seguendo le istruzioni presenti in questa pagina si può anche produrre materiali. La forge è un'istanza di GitLab, quindi valgono tutte le indicazioni e le possibilità proprie di git e di un'istanza che permette di ospitare contenuti sia fissi che interattivi.
Il problema è che trovo troppo materiale e poi comincio a tradurre. Risultato: ho iniziato mille cose qui e la. Spero di riuscire a concluderne qualcuna.