from adventices
photo © didierl
les branches ménagent entre les arbres des passages
on aimerait suivre leurs sentiers dans le ciel
plus haut que les plus minces branches libres chemins vers les nuages
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from adventices
photo © didierl
les branches ménagent entre les arbres des passages
on aimerait suivre leurs sentiers dans le ciel
plus haut que les plus minces branches libres chemins vers les nuages
from adventices
Photo by zofe is licensed under CC BY-NC
les fleurs font aux rochers gris l'offrande de leur couleur jusqu'où s'étire la mer endormie que des récifs ont déchirée ? quel doux courant saura bercer saura consoler les tristes flaques de son chagrin ?
from Il mio diario
Mi piace ascoltare podcast, lo faccio mentre cammino e ascolto le parole delle persone che condividono i loro pensieri o le loro storie.
Rifletto sul fatto che tutti questi contenuti sono parole, testi che vengono scritti dagli autori. In alcuni casi ci sono suoni che arricchiscono la narrazione, che sottolineano alcuni passaggi, che scandiscono il tempo...
Ma anche i film, in fondo, non sono altro che storie, racconti che vengono messi in scena e che ci raccontano episodi, fatti, eventi. E i libri, e quello che leggiamo in rete. Quindi scrivere è importante. Ma perchè ad una persona vien voglia di scrivere? che cosa vuole dire, che cosa vuol raccontare?
Se scrivo, o racconto qualcosa, è per qualcuno che ascolta, che prende qualcosa da ciò che ascolta o legge. Ma è così importante per gli altri il mio pensiero? Che cosa spinge lo scrittore a pensare che quello che scrive piaccia agli altri?
#pensieri #riflessioni #scrittura
from HEXAGONE
Voici mon premier meuble avec exclusivement des assemblages tenon-mortaise, chevilles et colle à bois. L'objectif était de réaliser un meuble sans vis ni clou avec du bois de récupération, et ce sans ordinateur, sans calculatrice et sans appareil électrique.
La première difficulté était de travailler avec du pin. Je me suis rendu compte que certes c'était facile à couper mais compliqué de ne pas débiter trop de bois.
La deuxième difficulté était une contrainte plutôt amusante : calculer l'ensemble des mesures à la main, que ce soit pour les longueurs ou les angles. Loi des sinus, théorème de Pythagore, Thalès, etc... ce fut une sacrée révision et par moment un bon casse-tête.
Mais mission réussie ! Le meuble est assez stable, mais un croisillon à l'arrière le rendrait encore plus solide.
Sur L'Air du Bois, un internaute m'a conseillé ceci pour un tracé à moindre risque d'erreurs, je cite :
Ce fut en somme une super expérience. Je compte bien la renouveler en tenant bien sûr compte du conseil ci dessus.
Vue de face
Vue de côté
Vue du dessus
Je partage mes calculs pour que vous puissiez vous rendre compte de toutes les étapes nécessaires.
FICHIERS : Mesures du meuble (et calculs pour les obtenir) Brouillons ayant servi au calcul et à l'assemblage du meuble
from ~ T.S.I. ~
Par Office de Tourisme du Pays de Saint-Omer Mer. 22 juil. 2026 Chapelle des Jésuites, Rue du Lycée, Saint-Omer, France SPECTACLE | Le Hip-Hop m’abrite [Les Mercredis de la Chapelle]
Tous les mercredis de l’été, retrouvez une proposition artistique inédite à la Chapelle des Jésuites. Au programme, initiation hip hop, atelier sérigraphie, sieste musicale, goûter-concert…. Un rendez-vous estival placé sous le signe de la découverte et de la curiosité. En parallèle, la Chapelle des Jésuites sera ouverte tous les mercredis de l’été p
« Le Hip-Hop m’abrite », un spectacle du collectif Tribu Sans Issue & une exposition de Petro Le Hip-hop m'abrite est un spectacle de danse hip-hop et de rap qui plonge au cœur des parcours de jeunes en quête de repères, confrontés à une société dont ils peinent parfois à saisir les codes et les contradictions. À travers le mouvement, la musique orchestrée par le deejay, ils racontent comment la culture hip-hop devient un refuge, une force et un langage commun. Durée : 45 minutes – A partir de 6 ans – Entrée Libre sur réservation
https://www.billetweb.fr/spectacle-le-hip-hop-m-abrite
from irisdessine
from PATOUfeuf
Nous repartons vers 10 heures de notre maison au milieu d'un lotissement. La voici. https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579772 Et vue d'ensemble du lotissement https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579773 On reprend la route et bientôt nous arriverons au pont de la confédération qui mène à l'île du Prince Edouard. Juste avant le pont : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579764 Et voilà le pont : De loin : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579765 Et de plus près : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579766 https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579768 Après une heure et demi de route nous arriverons à notre hébergement (en pleine cambrousse, ravitaillé par les corbeaux) https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579770 Mais le confort est là et nous sommes au bord de l'eau (avec moustiques en prime). Et en plus nous sommes au milieu des champs de patates, maÏs ou colza : https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579771
from Il n'y aura pas de f(r)iction.
Les murs de chez moi sont tellement fins
[Neg'marrons, Tel une bombe]
La dixième chambre se situe dans une ville de banlieue nord que personne ne situe sur la carte (je donne régulièrement le nom de la ville voisine, qui a mauvaise réputation, mais que tout le monde sait situer), le long d'une avenue bruyante et sinistre, bien équipée en garages automobiles et restaurants de poulet frits (je roule à vélo et suis devenue végétarienne), dans un immeuble qui ressemble à la fois à un foyer social et à une résidence étudiante dont je comprends après plusieurs années que c'est l'un des rares du secteur qui ne soit pas vampirisé par les marchands de sommeil (disons que seulement un tiers des habitants louent leur appartement en leur nom propre, les autres utilisent des prête-noms et autres formes d'économie souterraine pour y vivre à plusieurs dans la même surface que moi).
L'employé de l'agence immobilière me fait une remarque que je ne comprends pas tout de suite : “Vous êtes un peu juste en taux d'endettement, mais on n'en a pas beaucoup, des comme vous, ça change, c'est bien, je vous fais signer ?”
A mon départ, le gardien me fera une remarque similaire “C'est triste que vous partiez, on n'en a pas beaucoup des locataires comme vous, ça change.”
J'ai compris, entre temps, bien sûr je suis blanche, je n'ai pas d'enfant, je suis éduquée, j'ai une fiche de paie et un CDI. Je regrette de ne pas avoir fait preuve de repartie ni de justice sociale.
La chambre en elle même est “ok I guess.” (tout va être “ok I guess” pendant les dix prochaines années, je vais beaucoup me satisfaire de ce que j'ai, sans vraiment avoir l'occasion de me demander si, par hasard, je ne mériterais pas mieux).
J'en fais, à mon installation, la liste des avantages : – Le loyer est dérisoire. – J'y vis seule. – Le chaton pourra sortir sans danger. – La résidence est pourvue d'un gardien et d'une laverie.
La dixième chambre me redonne en tout cas un statut, une identité, une liberté, et l'occasion de travailler mon endurance et ma résilience.
Quel que soit l'endroit où je travaille, je suis systématiquement à 35mn du nord de Paris, je ferai jusqu'à 40 kms par jour pendant plusieurs années, sans sourciller, en dormant d'un sommeil de plomb à 21h30 après avoir cuisiné sur ma plaque unique quelque chose de roboratif que j'avale en quelques minutes pliée en deux devant ma table basse, coincée entre mon lit divan et ma bibliothèque.
Ravidiote de repartir le lendemain à 8h pour accomplir mes taches de prolétaire du cambouis.
Ravidiote de partir explorer les départements alentours le dimanche aux aurores.
Ravidiote de prendre des trains les samedis soir à 21h pour partir rouler jusqu'au lundi soir dans les régions voisines.
Ravidiote de passer tous mes congés les fesses collées à la selle, dormir dans un endroit différent chaque soir, publier des compte rendus de mes voyages dans les diagonales et les réseaux sociaux du vide.
Ravidiote de faire religieusement mes lessives les lundis, le ménage, le ravitaillement, de toujours penser à mon moi du lendemain et pas à mon moi de maintenant.
Ravidiote de fréquenter des cyclistes qui me laissent épuisée, sale, dépenaillée et finalement bien seule quand je dois retourner le mardi faire mes taches de prolétaire du cambouis.
Ravidiote d'admirer lors d'un retour de voyage extraordinaire, d'un tour de Bretagne épique et fascinant, à l'arrivée à Montparnasse, un très joli cul qui se tourne au carrefour entre Saint Michel et Port Royal (“bon ben c'est ma direction, salut, on s'appelle !”).
La douche froide qui contracte les muscles et qui donne des crampes à l'estomac.
Il faudra atteindre la quarantaine, la mienne et celles d'autres que moi, pour lister les inconvénients de la dixième chambre.
Le loyer est dérisoire parce que les murs de chez moi sont tellement fins que quand ma voisine crie je peux savoir depuis combien de temps son mari la cogne, que je ne peux pas aérer l'appartement l'été parce qu'il n'y a qu'une seule fenêtre et pas de VMC, que je ne peux pas chauffer l'hiver parce que les murs sont glacés et que la facture d'électricité est trop élevée.
J'y vis seule parce que je ne peux inviter personne chez moi, et parce que quand les cyclistes quittent la région, je n'ai plus personne à fréquenter (le fléau de la monoculture).
Le chaton pourra sortir sans danger, mais l'extérieur est si ennuyeux et troublé par le voisinage des chats errants qu'elle restera, comme moi, confinée à l'intérieur, où elle prend du poids, dangereusement, jusqu'à tomber malade.
La résidence est pourvue d'un gardien certes remarquable mais qui ne peut pas faire face à la misère croissante des locataires et d'une laverie dans laquelle j'ai dépensé (j'ai fais le calcul) plusieurs fois le prix d'un lave linge classe énergétique A neuf, dans des machines qui ont dévoré mes vêtements, rarement disponibles, et souvent en panne.
Et pourtant, j'y passe un confinement aussi paisible qu'introspectif, parce que je ne suis ni travailleuse essentielle, ni télétravailleuse, ni parent d'élève, et je me retrouve soudainement avec un temps illimité, puisqu'il m'est formellement interdit de fuir la réalité à vélo, que j'emploie doucement, à imaginer, à rêvasser, à construire dans ma tête, un espoir autour d'une onzième chambre.
Le chat va mieux, aujourd'hui.
from PATOUfeuf
Samedi 18 juillet
On quitte shediac pour Moncton ; aupréalabre, on visite la ville (bof), on fait des photos vers le homard géant et on visite les cabanes pour touristesavant de partir. A Moncton, on prend plaisir à voir le mascaret après avois diné à un restaurant mexicain. On visite la ville (encore bof !) puis on va à la toute qui monte (ou qui descend). En fait illusion d'optique qui fait que l'on croit qu'elle monte alors qu'elle descend (bof, attrape touristes). ON rejoint ensuite l'hébergement dans une banlieue de la ville à l'écart (petite maison bien aménagée pour 6 mais matériaux de piètre qualité.
https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579174 https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579175 https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8579176
from Blog d'une enfant de ce siècle
J'ai écrit ce morceau suite aux résultat des élections européennes de 2024. Que le RN en arrive à ce point aux portes du pouvoir m'a sidérée. J'ai ressenti comme une foudre qui me traversait le corps, tandis que je continuais ma journée à vélo. Un vrai choc psycho-somatique, qui a donné naissance à ce texte, cri d'alarme qui ne veut pas voir ce monde sombrer dans l'ignorance du danger, et d'à quel point il est concret aujourd'hui.
Je l'ai récité également sur plusieurs scènes, notamment devant l'Hôtel de Région de Nantes lors de la manifestation coupe les coupes budgétaires, et lors des élections municipales à Toulouse.
Tu peux écouter ici “La Dalle” du groupe Alter'N Co sur toutes les plateformes de musique, et ci-desous depuis Youtube (apparemment Soundcloud ne veut pas l'intégrer ici) :
Prod : VictorB (lien Beatstars) Paroles et chant : Kaena Sortie en ligne le 14 juillet 2026.
COUPLET 1
Je suis en immersion Dans l'actualité depuis que le RN est passé La pression s'est installée sous les chaînes du passé Ma tension ne s'est pas calmée, je suis toujours en PLS... Est-ce que je suis la seule dans cet état de stress?
A qui cette valeur travail donne envie? Que vaut la vie du chômeur pour la plutocratie? Nos souffrances sont appellées “violences” quand on les crie, Et quand l'esprit insoumis vise le Front de l'Ennemi.
En mode survie, on réclame des solutions Mais l'entreprise veut du pognon, sinon c'est le piège à con. Entrepreneur “indépendant” fier tel un électron libre, T'es un esclave consentant. Bravo si t'as le calibre!
Industrie souveraine, incitation à la haine, Invitation à la peine à la sueur de nos veines, Diersité, Santé, droit des minorités... Défendez la Vérité, sortons de la vanité!
REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!
Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!
COUPLET 2 On m'a dit “Sortir du capitalisme, on pourra pas!” On m'a dit “Avec un bon leader, peut-être que ça bougera:” On m'a dit “Ici c'est déjà sympa, alors fais profil bas!” Aujourd'hui si je capte pas, c'est que je pense à Gaza!
Parlons des lois; t'as perdu la partie Si tu penses qu'elles nous mettent tous à l'abri. Hasta La Vista, la Mauvaise Foi! C'est déjà le bon combat si tu t'accroches à la vie.
Je porte plainte contre l'Etat sans culpabilité Je fais sonner ma voix, c'est ça ma “bombe à l'Elysée” Ma colère est intenable, mais elle est partagée. Ma logique est ententable, si t'as un peu d'humanité :
Coupez les ponts A ceux qui ont les fonds Et font toucher le fond A des vies en pleine incarnation Produits de la haine en pérenption Qu'on laisse pourrir sur le parvis!
REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!
Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!
COUPLET 3 La légitimité d'exister appartient à tous. Moi, je prends celle de m'exprimer sur ce qui me fou la frousse. Les inadaptés du système, que lui-même a lynché, Et ceux qui n'y adhèrent pas sont invisibilisés!
C'est votre projet qui est bancal, C'est votre budget qui est marginal, C'est votre rejet qui est antisocial. Alors qui a les mains sales, quand on sait qui a La Dalle?
from PATOUfeuf
15 juillet
Après un voyage plus qu'éprouvant : train + métro + marche + bus + avion + bus nous sommes arrivés à Rimouski, épuisés le soir vers 23 heures. https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8577335 Dans l'avion où nous en sommes https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8577336 Notre airbus A330 https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8577337 Le Saint Laurent à marée basse à Rimouski.
from Un Spicilège

J'ai bien aimé Evil Dead Burn que j'ai trouvé bien réussi. Sébastien Vanicek (qui m'avait déjà convaincue avec Vermines), confirme tout le bien que je pense de son travail avec un film fidèle à l'esprit de la saga : gore, intense et sans concession (bien qu'un peu plus sombre et moins loufoque que certains opus).
Avec son scénariste, il apporte une vraie french touch qui insuffle un peu de subtilité à une formule pourtant très codifiée. La réalisation est moderne, avec certains plans particulièrement inspirés et des transitions pleines d'humour qui apportent une vraie personnalité au film. Souheila Yacoub est franchement impeccable dans le rôle principal, et gros coup de cœur pour Erroll Shand, formidablement effrayant en père de famille détraqué.
Evil Dead Burn | Sébastien Vanicek | 2026

Vous voulez du rétro ? En voici en voilà. Gin Lady est un quatuor originaire de Skellefteå, au nord de la Suède, à peu près autant intéressés par la modernité que leurs compatriotes un peu plus connus de Siena Root ou que les norvégiens d'Orango. Ce qui veut dire : vraiment pas des masses. CAMPING WITH BODHI est leur sixième LP, qui fleure bon le début des seventies...
...à commencer par l'artwork qui m'évoque les comics indie de la période, type Fabulous Furry Freak Brothers, Art Spiegelman ou Robert Crumb... avec peut-être un brin de Katzenjammer Kids (qui j'en conviens sont une référence autrement plus ancienne) Quant au titre, pour la faire vite le bodhi désigne l'éveil spirituel dans le bouddhisme. Si vous aviez pas déjà pigé, le positionnement esthétique adopté est quand même bien hippie (hippie, hourra) mais on verra plus bas qu'on est sur kekchose de plus nuancé que du basic babloche.
Musicalement, on peut parler de retro rock, de roots rock... le southern rock est un référentiel un peu contesté, un peu flou, mais qui me botte bien ici : la base de blues est là, plus british que delta, les jolies harmonies vocales aussi... et les gars savent clairement concocter un boogie. La slide guitar, elle, reste discrète voire absente. Southern, voui mais plus proche de Lynyrd Skynyrd et de Creedence Clearwater Revival que des Allman Brothers. Les claviers, mixés en retrait par rapport aux grattes mais complètement indispensables, rajoutent du rythm aux blues, et même une petite dose de soul... une soul aux yeux très très bleus, of course, un pied à Memphis et un pied à Londres, mais qui sonne juste et habitée. Idem pour la voix claire et chaude de Kärnebro, pas rauque ni nasillarde contrairement à pas mal des classiques amerloques du genre. Gin Lady ne cherche pas à cacher sa sensibilité européenne et c'est tant mieux. Se baladent aussi quelques textures psychédéliques, avec notamment d'occasionnels sons sitaroïdes (mon suspect n°1 : une pédale EHX Ravish Sitar utilisée avec parcimonie). Les compos sont raisonnablement variées -rien de drastique- et s'enchaînent de manière fluide. Le LP a un petit temps de chauffe : Underground et For Everyone, les deux premiers morceaux, ont un feel presque Beatles, mais la température commence à monter à partir du troisième, Haven't See You Lately, les claviers se réveillent avec Fields of Joy et une fois la face B entamée le boogie est à température idéale et ne refroidit plus jusqu'à la fin. De manière générale, pas d'excès ici : rock, mais ni hard ni heavy ; entraînant, mais pas de quoi keep on chooglin' toute la nuit ; les solos restent sobres et efficaces… un cocktail finement dosé mais low ABV : vous allez déguster mais sans aucun risque de gueule de bois.
Pour ce qui est du côté thématique des choses, un premier point très positif : ici contrairement aux canons du genre, pas un gramme de machisme, de roulage de mécaniques, ou de misogynie ! Avec Gin Lady, la bistouquette reste fermement en poche et c'est pas bibi qui va s'en plaindre. Et les paroles sont remarquablement peu genrées, ce qui me réjouit. Comme suggèrent les illustrations de la pochette, la nature figure en bonne place ; de manière tout à fait classique le paysage extérieur est en synergie avec le paysage intérieur : l'éclair solitaire et le clébard hurlant sont les échos d'une âme troublée, la brise estivale apaise et des montagnes de secrets se cachent sous la neige... Toutes ces émotions dudit paysage intérieur ne sont pas que du brut de coffre roquénerolle. Il y a dans les paroles de “Freedom Rider” un petit “free your mind” emblématique au parfum de patchouli qui se balade, mais à écouter ou lire toute la chanson on se rend bien vite compte qu'il ne s'agit pas de premier degré. Très souvent sur cet album rôdent une ironie certaine, un léger cynisme, une tendance aigre-douce. Gin Lady ne cherche pas à ressusciter le Summer of Love, mais dépeint plutôt le désordre et les failles propres aux relations : l'amitié et l'amour sont mêlés de désaccords et d'incompatibilités, d'impuissance et de détresse, de nostalgie... Et pourtant mon impression est que rien de tout ça n'est considéré ici comme insoluble ou irréversible. Téma la maturité émotionnelle.
Le retour à la nature n'est qu'un remède partiel à notre mal : pour le salut et la transcendance, come and join the party on my travellin' show ! Le meilleur remède à l'humain c'est l'humain, me dit Celebration Blues. Le morceau me semble être la synthèse, le point culminant thématique et musical de CAMPING WITH BODHI. Il est aussi un des deux seuls de la galette qui me semblent être purement positifs. We Are Free Now!, qui suit, est une excellente conclusion, aussi entraînante que pétrie d'ironie. Soldier On avec son redoutable groove southern et ses paroles mordantes, mérite aussi mention. I Love You Babe est, no duh, une incandescente déclaration d'amour et de soutien inconditionnel malgré les parts d'ombres et les difficultés, et le deuxième morceau purement positif du LP. Voilà pour mes favoris ; en vrai tout l'album passe crème, agréable, solaire, sereinement anachronique mais pas nonchalant pour autant, hippie mais pas teubé, plus vin orange que petit buvard. Mangez-en.
Gin Lady, c'est : Magnus Kärnebro – chant & guitare | Anthon Johansson – basse | Fredrik Normark – batterie | Johnny Stenberg – guitare
#Rock #RetroRock #SouthernRock #PsychedelicRock #RootsRock #GinLady
from PATOUfeuf
Lundi 13 juillet
Une photo de nos vacances de début d'année à Chamonix.
https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8573489
https://zzz.zaclys.com/,a75,117507,d8575224.
Voici une photo de mon jardin punk juste avant de partir par le train puis l'avion pour Montréal.
from PATOUfeuf
Début le 11 juillet On va voir un peu le jardin
from Un Spicilège

Lorsque Christophe Siébert a recommandé L'effacement progressif des consignes de sécurité dans sa newsletter, on peut dire qu'il m'a immédiatement convaincue. Je ne connaissais absolument pas Vincent Ravalec, ni ses œuvres, mais la promesse d'un bouquin hors normes a suffit. Hors normes, c'est bien le qualificatif le plus approprié pour ce monument de près de sept cents pages.
Le roman suit les pérégrinations de Louis Dieutre, qui travaille dans l'art contemporain, et dont la vie bascule progressivement dans une succession d'événements étranges et hallucinants. Entre complots, rêves, expériences spirituelles et aventures improbables, le récit nous entraîne dans un voyage dont il devient impossible de distinguer la réalité du fantasme.
Il m'a tout de même fallu quelques dizaines de pages pour tenter de m'y retrouver dans cet univers et pour me faire au style foisonnant de Ravalec. Ceci dit, une fois entrée dans le rythme, une fois accordée aux errances de l'auteur, je me suis laissée emporter. L'intrigue est prolifique, imprévisible, parfois vraiment incompréhensible, mais c'est précisément ce qui fait son charme et qui la rend drôle. Vincent Ravalec nous refuse des explications simples et préfère multiplier les pistes, les symboles et toutes les interprétations possibles et imaginables. On avance donc dans un état de doute permanent, toujours à se demander ce qui relève du réel, du rêve ou d'une forme d'expérience spirituelle plus profonde.
Le roman est en outre traversé par une critique du monde de l'art contemporain et de l'élitisme culturel absolument sublime : mordante, diablement drôle et si juste! Quant à Louis Dieutre, on ne peut pas dire que je l'ai trouvé attachant, mais il fonctionne parfaitement comme guide involontaire dans ce chaos organisé. Son incompréhension face aux événements est le miroir de la nôtre, ce qui renforce encore l'immersion.
Le style de Ravalec constitue sans doute ce qui m'a le plus fasciné. J'aime les bavards quand ils ont des choses à dire, j'ai donc été comblée. Son écriture est singulière, ambitieuse et totalement décomplexée. Il construit un récit qui ne ressemble à aucun autre, oscillant entre aventure, fantastique, satire et délire mystique. Même le mauvais goût, lorsqu'il surgit, est si parfaitement calibré qu'il participe à l'identité du roman.
L'effacement progressif des consignes de sécurité est un livre étrange, déroutant et profondément original. Il ne plaira probablement pas à tout le monde, mais si on accepte de s'abandonner un peu, on y trouve une expérience de lecture rare. C'est un roman qui rappelle qu'il est parfois possible d'éprouver un immense plaisir à suivre un récit sans jamais parvenir à l'expliquer complètement.
L'effacement progressif des consignes de sécurité | Vincent Ravalec | J'ai lu