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from Ma vie sans lui

Accepter (?)

Le mot a été prononcé plusieurs fois, par moi, par la psy. Je crois que je commence à entrer dans cette portion du chemin de deuil qu'on appelle l'acceptation. Oui, mon amoureux est mort, c'est arrivé et c'est terrible, cela fait toujours aussi mal mais c'est arrivé et on ne reviendra jamais en arrière, il me faut apprendre à vivre avec ce manque de lui.

J'imaginais cette période d'acceptation comme un sentier bien balisé, relativement plat, où les aspérités sont petit à petit gommées et où l'on commence à revoir loin à l'horizon. J'étais bien naïve... Il y a encore de sacrés obstacles au milieu de la route, des dénivelés plus raisonnables mais qui cassent encore les pattes par moments et quant à l'horizon, il est souvent bien bouché.

J'imaginais aussi que cela ferait moins mal mais je vis définitivement au pays des Bisounours dans ma tête : le manque de lui fait toujours un mal de chien et ce n'est pas près de s'arrêter.

J'ai parcouru dernièrement des bribes de notre histoire, un peu par hasard et un peu aussi pour tester ma résistance à la douleur de la perte (je fais ça, de temps en temps, histoire de voir où j'en suis de cette fichue route du deuil). Je pleure moins, je souris même parfois des souvenirs ce que nous avons vécu ensemble mais tout de même, je suis forcée de constater que la plupart du temps, j'ai le souffle coupé de douleur.

Tout le monde me dit que c'est encore trop frais, que c'est normal. D'accord, ça aussi, je l'accepte. A vrai dire, je suis tellement lessivée par tout ça que je suis prête à tout accepter, à condition que cela ne me fasse plus mal.

Notre histoire a été courte (4 ans) mais d'une intensité exceptionnelle, je le mesure en relisant nos échanges, en repensant à notre vie à deux. Nous avons eu une chance inouïe de pouvoir vivre un amour pareil, que des millions de gens ne le connaitront jamais. Ces 4 années ont bouleversé durablement ma vie entière, elles m'ont changée, m'ont apporté plus que les 30 précédentes. Alors passer en 10 min d'un amour aussi extraordinaire à plus rien du tout, c'est une épreuve intense, elle aussi. J'imagine que c'est un joli caillou dans mes chaussures, pour avancer.

Il ne sera plus jamais là, je veux bien l'accepter (ai-je bien le choix, d'ailleurs ?) mais je me demande tout de même : cela veut-il dire aussi que je dois accepter d'avoir le coeur gelé en permanence, les sourires tristes et la colère prompte, le ras-le-bol généralisé d'une existence sans relief, la solitude, même, cette nouvelle compagne que j'ai du mal à apprivoiser ? Et surtout, surtout, le pire, cela signifie-t-il que je dois accepter de ne plus être aimée de lui ? (parce que ça, je crois que je n'y arriverai jamais...)

 
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from Depuis les Gorces

#Politique #Ecologie Un copain me posait récemment la question, et j'avais dit que je prendrais le temps d'y répondre. On est vendredi soir, je viens de recevoir un mail chasse au sorcière du bureau politique, c'est le bon moment pour y répondre.

D'abord, pourquoi adhérer ?

J'ai adhéré en 2022, en début d'année. J'avais l'impression d'être allé au bout de la démarche des petits gestes, d'avoir pas mal d'éco-anxiété, et je lisais partout qu'il fallait s'engager collectivement. J'ai donc adhéré à un syndicat et à un parti. Je cherchais un parti de gauche, écolo, et qui traite des questions de sexisme et de VSS, j'ai donc choisi EELV.

Je n'avais pas prévu de m'engager, juste de soutenir en payant ma cotisation. Et puis il y a eu le tourbillon des législatives, et puis j'ai eu l'impression que je pourrais être utile dans le groupe local. Et puis on m'a proposé de faire partie d'une liste pour le congrès des verts, et j'ai été élue conseillère fédérale.

Ça valait le coup ?

Honnêtement, je sais pas. J'ai eu l'impression de laisser beaucoup de points de vie dans cette histoire pour pas beaucoup d'impact. Je prends le temps de ce billet pour faire un bilan, calmement, toussa.

Des groupes dysfonctionnels

Les dynamiques de groupe sont partout compliquées. Mais j'ai eu beaucoup de mal avec le fait d'intégrer sur mon temps libre des groupes dysfonctionnels et d'être celle qui doit manger son chapeau pour laisser les dominant·es ne pas se poser de questions. Que ce soit au local, ou dans notre courant, je n'ai pas trouvé de cadre réellement bienveillant. Tout le monde a ce mot à la bouche, mais dans les faits, c'est autre chose.

Je me suis posée beaucoup de questions sur moi, et si j'étais trop ceci ou trop cela. Mais dans le cadre de mon travail, je n'ai aucune difficulté relationnelles. Et dans le cadre bénévole, j'ai mené deux projets (la création de l'association Sciences Équines ou le projet Maths4Sciences) qui étaient des petits bonheurs humains. Donc je ne pense pas être le problème, mais oui, je suis probablement trop sensible pour beaucoup de collectifs où il faut prendre quelques coups avec le sourire.

Quelques chouettes rencontres

  • J'ai rencontré de nombreuses belles personnes, et je pense avoir noué des relations qui dureront au delà des verts avec quelques un·es 💚.
  • Je ne connaissais personne ou presque dans mon coin, et maintenant je connais plein de gens.
  • J'ai rencontré quelques personnalités politiques, certaines vraiment super 🤩, d'autres plus décevantes.

Beaucoup appris

Le plus positif de cette histoire, c'est que j'ai appris plein de choses sur l'écologie politique.

  • J'ai du me renseigner sur cette histoire de réforme de la collecte des poubelles, j'ai maintenant un avis assez clair, étayé par de la bibliographie et des échanges avec des expert·es. Et j'ai pu/du explorer comme ça plusieurs autres thèmes : le nucléaire, l'IA, le numérique, le capitalisme, l'anti-colonialisme, l'anti-sémitisme, l'écoféminisme...
  • Je comprends beaucoup mieux comment marche notre système politique. Je me sens capable d'en parler et d'avoir un avis sur le sujet (enfin pas sur tout, je ne suis pas devenue experte pour plateau tv). Être au CF est très utile de ce point de vue.
  • J'ai vécu de l'intérieur un parti politique. Ce n'est pas très joli, mais c'est difficile d'attendre mieux d'une organisation avec énormément de bénévoles et beaucoup d'enjeux. En gros : çaycompliqué.
  • Je commence à comprendre l'articulation entre militantisme, activisme, associatif, et travail intellectuel, et à comprendre où est ma place.
  • Je comprends mieux les reproches que l'on fait au parti “les écologistes”, même si à ce jour, je ne pense pas qu'un autre parti ait mieux à me proposer. L'alternative pour moi sera de quitter l'éco-système de la politique.

Alors le bilan ?

Les chiffres ne sont pas bons. Je pense que ça m'a beaucoup plus coûté que ça ne m'a apporté en moments de qualité ou en sentiment d'utilité générale.

Alors pourquoi ré-adhérer ?

Déjà, parce qu'en candidatant pour le conseil fédéral, je me suis engagée à tenir un mandat, donc 3 ans. Et si je démissionne, ma place part à un autre courant, donc c'est pas terrible.

Ensuite, j'ai récemment intégré une commission (numérique), et le bureau se monte, j'en fais partie, et j'ai l'impression qu'on peut y avoir une dynamique saine et faire quelques trucs : porter une ou deux motions, organiser un ou deux webinaires de sensibilisation, peut-être même monter une formation.

J'ai donc ré-adhéré même si le bureau politique, et beaucoup d'autres personnes avec lesquelles je suis sensée partager beaucoup de valeurs, me déçoivent énormément. Mais j'ai pris la décision de me protéger davantage en limitant le nombre de réunions et en m'éloignant des collectifs dysfonctionnels.

Cette année j'espère rencontrer de nouvelles chouettes personnes et faire un bout de chemin avec celles déjà rencontrées. Et j'ai l'impression que comme j'ai davantage compris comment ça marche, je vais pouvoir centrer mon énergie là où elle sera plus utile. Ce ne sera pas de la grande utilité qui change le monde ni le quotidien de personnes autour de moi, mais je pense :

  1. Travailler pour de vrai sur un texte (une motion) pour chaque conseil fédéral (il s'agit de le lire, d'aller à un atelier de travail, et de faire des amendements).
  2. Et porter une ou deux motions pour le conseil fédéral avec la commission numérique d'ici la fin du mandat.

Et ce sera ma petite pierre à l'édifice.

 
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from tradjincal

Cela fait 6 mois maintenant que je suis passé entièrement sur linux, une kubuntu pour ma part. Une grosse part de mon utilisation est les jeux vidéo et avec steam et heroic launcher, j'étais pleinement satisfait. Le seul point que je n'avais pas encore réglé, c'était de pouvoir changer de disposition de clavier (d’azerty à qwerty) car certains jeux le gère mal (hein cyberpunk) voir pas du tout.

Sur windows, j'avais le raccourci clavier shift+alt pour changer en qwerty et pas de problème. Sous linux (en tout cas kubuntu wayland), j'ai le même raccourci qui fonctionne très bien sous kubuntu mais pas dans wine.

La solution

Je commence par la fin pour les plus impatients, la méthode que j'ai trouvée est de faire un setxkbmap us . On se retrouve avec un beau warning sous Wayland, mais ca affect bien les jeux sous wine

$ setxkbmap us
WARNING: Running setxkbmap against an Xwayland server

Pour automatiser tout ça, j'ai fait 2 petits scripts que je vais donner à heroic launcher. Pour passer en qwerty:

#!/usr/bin/env bash
setxkbmap us

Pour passer en azerty:

#!/usr/bin/env bash
setxkbmap fr

Pour les non programmeurs, voici les commandes à donner pour créer les 2 fichiers

mkdir -p ~/scripts
echo -e '#!'"/usr/bin/env\nsetxkbmap us" > ~/scripts/set_us_kbd_x11_wine.sh
echo -e '#!'"/usr/bin/env\nsetxkbmap us" > ~/scripts/set_fr_kbd_x11_wine.sh
chmod +x ~/scripts/set_us_kbd_x11_wine.sh
chmod +x ~/scripts/set_fr_kbd_x11_wine.sh

Et maintenant dans heroic, il faut aller: – soit, pour un jeu, dans settings (du jeu) → advanced – soit, pour tous les jeux, dans settings (global) → game defaults → advanced

et pointer pour les options “Select a script to run before the game is launched” et “Select a script to run after the game exits” sur les scripts dans le répertoire scripts de votre dossier user sur les scripts respectifs set_us_kbd_x11_wine.sh et set_fr_kbd_x11_wine.sh

Quelques précisions

J'ai essayé plusieurs choses avant d'arriver à ça, qui n'est sûrement pas la solution la plus propre.

  1. Jouer avec les locales. J'ai tenté de mettre la variable LC_ALL =en_US.UTF-8
  2. Forcer la disposition de clavier avec winecfg

Ces 2 solutions ne fonctionnent pas.

La dernière méthode est de supprimer toutes les dispositions claviers sauf le qwerty dans les paramètres système mais ce n'est tout bonnement pas pratique.

En espérant que ça puisse aider d'autres personnes #jeuxvideo

 
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from Un Spicilège

le prix du danger

J’ai trouvé Le prix du danger un peu par hasard, dans une librairie d’occasion, tout de suite attirée par sa couverture qui reprend l’affiche du film d’Yves Boisset. Impossible d'oublier ce visuel qui m'a rappelé un très bon souvenir de cinéma. J'ai bien évidemment voulu découvrir l’œuvre originale dont il a été tiré. Très bonne décision de ma part tant ce recueil de neuf nouvelles fut jubilatoire à lire !

Dès la première nouvelle, Le prix du danger, Sheckley frappe fort. Au-delà de la grande affection que j'ai pour son adaptation cinématographique de 1983, j’ai pris un réel plaisir à retrouver cette histoire sous sa forme originale. Le film de Boisset (porté notamment par un Michel Piccoli absolument génial, sans oublier Marie-France Pisier et Gérard Lanvin) avait marqué la jeune adulte que j'étais par son regard acerbe sur le pouvoir. Pendant ma lecture, il m'est apparu clairement que le cinéaste a su capter l’essence même du texte : la critique mordante d'un système truqué, dans lequel les puissants finissent toujours par gagner. Un propos magnifié par le cinéma politique de Boisset, qui a su donner toute sa puissance à un texte tout en ironie. Je digresse un peu : en revoyant le film récemment (il est disponible sur Arte et je ne peux qu'en conseiller le visionnage !), j’ai reconnu dans les premières minutes les Espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand, un ensemble architectural que je côtoie de près et que j'adore, toujours prêt à servir de décor à des futurs dystopiques !

Pour en revenir au livre, il serait toutefois très réducteur de ne s’attarder que sur cette première nouvelle. En effet, l’ensemble du recueil fait preuve d’une qualité et d'une inventivité remarquables. La clé laxienne et Permis de maraude, par exemple, sont des textes d'une drôlerie absurde particulièrement réjouissante. Sheckley excelle vraiment dans l’art de pousser une idée jusqu’à ses conséquences les plus improbables, révélant de fait l’absurdité de certaines de nos actions.

Malgré l’époque de leur écriture (les années 50), la plupart des nouvelles n’ont rien de désuet. Le style reste vif, direct, provocateur, et surtout empli d'un humour acerbe et cruel. Les thèmes abordés, notamment la défiance envers les nouvelles technologies et les dangers d’un progrès mal maîtrisé, restent parfaitement d'actualité. Le recueil interroge sans cesse notre rapport au pouvoir et notre propension à accepter certains systèmes sans même se poser de questions. Évidemment on ne peut passer à côté d'un certain virilisme et d'une vision des femmes parfois un peu datée comme dans Un billet pour Tranaï. Cependant, au-delà du fait que cela s'explique parfaitement par une remise en contexte, on se rend vite compte que cela n'empêche pas l'auteur de faire preuve d'une certaine modernité sur le sujet.

Le prix du danger est donc un recueil brillant, drôle et incisif. Une très très bonne surprise que je recommande chaleureusement aux amateurs et amatrices de science-fiction qui aiment en retracer l'histoire. Si vous avez la chance de tomber dessus en occasion, ne passez pas à côté !


Le prix du danger | Robert Sheckley | J'ai Lu

 
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from Depuis les Gorces

#Société #Numerique #Ecologie #IA En ce moment, on bosse sur les questions d'intelligence artificielle dans la commission numérique des écologistes. Ce qui est marrant, c'est que, les un·es ou les autres, on ne reproche pas du tout les mêmes trucs aux IA . Du coup, j'ai eu envie de faire un article pour lister les conséquences négatives des IA, et aussi de réfléchir à celles qui étaient le plus mobilisatrices autour de moi.

Les impacts négatifs de l'IA

Il y a des des personnes écolos qui soutiennent le développement de datacenters ou d'IA génératives du moment qu'ils soient français. Ma première réaction a été de croire que c'est parce qu'elles croyaient aux bienfaits de l'IA, ou qu'elles ne connaissaient pas ses impacts négatifs. Mais non. En discutant, je me suis rendue compte qu'on avait des points d'accord. On était d'accord que l'IA a plein d'impact très négatifs.

Mais on ne met pas l'accent sur les mêmes impacts, et du coup, on n'a pas du tout le même avis sur le fait qu'une IA éthique, ou soutenable soit possible.

Éducation

J'ai l'impression que les impacts sur nos enfants / jeunes sont ceux qui inquiètent le plus le grand public, dont une partie des écolos. C'est sur ce sujet qu'a été porté la première motion du parti les écologistes. Il y avait à la fois une inquiétude que les dirigeant·es de ce monde pensent faire des économies d'enseignant·es avec l'IA, mais aussi une inquiétude de l'utilisation par les enfants et les ados des IA génératives.

  1. Volonté des financeurs de remplacer des enseignant·es par des IA gen.
  2. Impact sur nos capacités mentales : L'invasion des réseaux sociaux par des contenus brainrot addictifs conduirait à une perte des capacités d'attention ou un abrutissement.
  3. L'utilisation de l'IA par les élèves / étudiant·es entraine une perte de l'habitude d'écrire, de réfléchir, de penser et donc une perte de compétences d'analyse.
  4. Dégradation des conditions de travail des enseignant·es qui doivent inventer des manières d'évaluer qui ne soient pas affectées par les IA (qui veut corriger 15 pages de textes produits par une IA ???)

Société, sexisme, racisme, ...

Les partis politiques ne peuvent pas ne pas s'inquiéter des impacts de l'IA sur la société et en particulier sur le déroulement des élections.

  1. Manipulation des croyances et des élections : les chatbot biaisés embrigadent la population dans des idées d'extrême droite / sexistes, racistes, ... / biaisent des élections
  2. Destruction de la presse et donc de l'information de qualité. Les contenus des journaux sont volés sans rémunération et perdent des visiteurs sur leurs sites puisque leurs contenu sont digérés par des IA pour produire des réponses aux questions des internautes.
  3. Enshittification d'internet : de moins en moins de contenus de qualité sur internet, perte de connaissance
  4. Dégradation des biens et des services : une efficacité de 70% en moyenne. La conséquence c'est une dégradation de la qualité de la majorité de ce qui est fait avec de l'IA (sauf quand fait par des expert·es)
  5. Isolement des personnes qui passent de plus en plus de temps devant des contenus produits par des IA soit dans des réseaux sociaux addictifs soit dans des discussions virtuelles.

Travail et économie

Les entreprises qui vendent de l'IA disent que c'est génial pour les entreprises. Et pourtant...

  1. Dégradation des conditions de travail : très souvent l'arrivée de l'IA transforme des tâches de création (comme traduire un texte) en tâches de contrôle (comme relire un texte mal traduit). On passe 3 h à relire quelque chose qu'on aurait écrit en 3h30 soit même. Il y a un gain de temps, et une perte de sens.
  2. Perte de qualité du travail fait : en moyenne, les IA conduisent à un travail moins bien fait que celui fait par une personne compétente. Mais elles produisent plus rapidement, et peut être que la qualité n'était pas nécessaire (je repense à la traduction automatique dans teams qui avait traduit « hold on » en « tenez bon » quand on était dans la salle d'attente d'une visio), et parfois ça sera vraiment un problème.
  3. Suppression d'emplois : l'IA gen est au service des entreprises (des patrons, des investisseurs), mais pas au service / bénéfice des humains qui travaillent dans et pour les entreprises.
  4. Perte de savoir-faire à moyen terme : en général, on devient expert·e en étant d'abord junior et en s'entrainant sur des tâches simples. Ce sont ces tâches qui sont souvent automatisées avec de l'IA, et à moyen terme on va perdre des personnes avec ces compétences. À court terme ça ne sera peut être pas un problème, mais à moyen terme, quand la qualité du travail fourni par les IA se dégradera car il n'y aura plus de nouveau contenu humain à manger, quand les expert·es qui s'étaient entraînés dans leur jeunesse partiront à la retraite, alors on aura perdu la compétence.
  5. Et en plus, il n'y a même pas de modèle économique pour l'IA ! On est à deux doigts d'une bulle financière monstrueuse, et les entreprises qui font de l'IA ne gagnent pas d'argent en dehors de montages financiers.

Planète, écosystèmes

A priori, ça devrait être le point qui motive le plus les écolos, et c'est souvent celui que j'entends rappelé en dernier en mode : « oui et en plus les impacts du numérique c'est vraiment énorme... avec les data center et tout ». Mais on dirait que le fait que les IA reposent sur une infrastructure matérielle nécessaire énorme n'est pas le principal problème. Peut-être parce qu'on a fini par s'habituer à ce que nos activités soient polluantes ? Ou bien qu'on ne sait pas comparer par rapport aux voitures électriques et aux panneaux solaires. C'est mal, mais de combien ?

  1. Le premier impact concerne la matière. Il faut extraire des métaux et de nombreux matériaux dans des mines pour construire les ordinateurs des datacenter. Et cette extraction :
    • consomme beaucoup d'énergie (un gros marché pour TotalEnergie que de fournir du carburant pour alimenter les engins monstres)
    • Consomme beaucoup d'eau, souvent dans des régions où l'eau manque,
    • Et pollue l'environnement car il faut aussi des produits chimiques souvent très toxiques pour extraire les métaux des roches. Et comme c'est loin de chez nous et qu'on reste assez colonialiste, c'est pas trop grave.
  2. Le deuxième impact à lieu au niveau des datacenter, et là c'est beaucoup plus proche de chez nous, et donc on s'en rend davantage compte. Il faut :
    • De l'eau pour refroidir les ordinateurs. Alors oui ça fournit de la chaleur gratuite, ce qui en hiver est sympa, mais nettement moins l'été.
    • De l'électricité, pour alimenter les datacenter. Et aujourd'hui, le renouvelable que l'on déploie sert davantage à alimenter des datacenters qu'à substituer les autres consommations d'énergie.
  3. Accélérer la consommation de matériaux dans d'autres activités économiques. Le projet de l'IA dans le monde de l'entreprise, c'est d'aller plus vite. Et si on va plus vite, on consomme davantage, et donc on extrait davantage de ressources.

Colonialisme et mondialisation

Un truc qui me rend folle en ce moment, c'est de réaliser que la croissance des pays du Nord s'est faite, et se fait toujours sur le dos des populations du Sud. Quand j'entends quelqu'un se réjouir de gagner du temps grâce à l'IA, et que ça ne fait de mal à personne car ils n'ont licencié personne, je suis triste. Car ce gain de temps n'est possible que parce que des personnes ont été exploitées dans des pays du Sud global.

  • Des petites mains dans les mines et dans les usines pour produire le hardware utilisé par le numérique.
  • Les travailleur·ses du clic exploité·es pour entraîner les IA

Le gain de temps de quelques personnes privilégiées se fait grâce à l'exploitation de femmes et d'hommes dans les suds globaux.

Et je suis d'autant plus malheureuse que c'est vrai de tellement de chose, et que mon confort de vie repose tellement sur les mauvaises conditions de vie de centaines de personnes dans les Sud. Du coup, si on peut éviter d'accélérer dans cette direction, merci.

Capitalisme

Depuis que je suis adoe je sais que le capitalisme c'est caca. Mais maintenant j'ai compris un peu mieux ce que ça veut dire, et l'IA aujourd'hui est, comme le nucléaire, un outil du, et pour le capitalisme.

  1. Le coût de l'infrastructure (datacenter, réseaux) et de l'entraînement des IA ne sont possibles que dans une économie capitaliste dans laquelle des personnes peuvent avancer une énorme somme d'argent au démarrage du projet, en espérant gagner ensuite de l'argent sur cet argent dans le futur.
  2. Les bénéfices liés à l'utilisation des IA tombent dans la poche des actionnaires, pas des salariés
  3. Une grande partie de la réussite du monde capitaliste a été l'appropriation de communs et du travail de certaines classes sociales pour les valoriser et gagner de l'argent. Aujourd'hui l'IA poursuit ce projet en volant le travail des auteurices, des artistes etc. ainsi que nos données personnelles. Maintenant que les IA ont scrapé tout internet et tous les livres, elles ne pourront plus s'améliorer que en accédant à tout ce que nous produisons comme données que nous ne publions pas : nos mails, nos documents perso, nos photos perso, les images prises par nos *sonnettes intelligentes** etc.

Vers une société de la surveillance

L'un des aspects terrifiant du projet IA est la mise en place d'une société de la surveillance en mode BigBrother. Quand on voit que ces grandes sociétés sont les alliées des régimes fascistes ou fascisant, et que ces régimes sont de plus en plus probables en France, c'est terrifiant.

  1. Le déploiement de l'IA dans les ordinateurs et téléphones de toute la société donne les moyens aux plateformes de faire du ciblage qui pourra être utilisé pour choisir qui arrêter ou tuer, comme le font déjà l'ICE américaine ou l'armée israélienne.

Not all IA ?

Il y a surement plein d'autres aspects négatifs à côté desquels je suis passée, et je complèterai la liste au fur et à mesure. J'ai l'impression qu'il n'y a pas besoin de convaincre la majorité des gens des dégâts causés par l'IA.

Par contre, il y a des grosses divergences d'opinion pour répondre à la question :

Est-ce qu'il faut lutter contre les IA ou bien contre les effets négatifs des IA ?

J'ai l'impression qu'il y a un mouvement #NotAllIA parmi les personnes qui aiment le numérique et la technologie... Et que beaucoup seront d'accord sur toutes ces conséquences négatives des IA, mais diront que « il ne faut pas jeter bébé avec l'eau du bain » et qu'elles ne détestent pas l'IA, mais certaines IA. Et je comprends un peu, j'aime bien mon conjoint #NotAllMen, mais je déteste quand même le patriarcat.

Je suis très curieuse de poursuivre la discussion sur ces sujets par mail ou bien sur Mastodon... C'est encore work in progress dans ma tête !

 
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from seb

Au niveau du son, Linux Mint 22 utilise par défaut pipewire. Sur mon portable Dell XPS de 2019, le son “craque” avec pipewire. J'ai essayé de modifier la configuration sans succès et j'ai donc décidé de revenir à pulseaudio. On trouve pas mal de tutos pour remplacer pulseaudio par pipewire mais pas beaucoup pour faire l'inverse.

Voici la procédure que j'ai suivie en me basant sur cette page qui présente la procédure inverse.

Tout d'abord on désactive pipewire

systemctl --user --now disable pipewire pipewire-pulse wireplumber pipewire.socket pipewire-pulse.socket
systemctl --user mask pipewire pipewire-pulse wireplumber

L'icône du son doit alors disparaître de la barre des tâches.

Ensuite on installe et on active pulseaudio

sudo apt install pulseaudio
systemctl --user --now enable pulseaudio.service pulseaudio.socket

Là on vérifie que l'icône du son est bien revenue et on peut lire un fichier audio ou une vidéo qui auparavant posait problème pour vérifier que le problème est bien résolu.

Ensuite on peut supprimer pipewire

sudo apt remove pipewire pipewire-pulse wireplumber
sudo apt autoremove

Pour être sûr de la config on peut utiliser la commande suivante

pactl info

qui doit indiquer Nom du serveur : pulseaudio.

 
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from Il n'y aura pas de f(r)iction.

L'incroyable synesthésie d'une chanson.

Texte écrit en 2012, qui revient à la surface, parce qu'hier soir je cherchais à mettre un mot sur une sensation familière, celle qui vient quand une chanson, un groupe ou un album fait remonter un souvenir bien précis, qui peut même tourner en sensation physique.

Le mot n'est pas synesthésie, mais c'est tout ce que j'avais trouvé à l'époque. Et j'aime bien ce texte, parce que justement, ces moments là de ma vie de jeune fille sont soigneusement encartonnés dans une boite, que je n'aime pas tellement ouvrir, mais parfois, avec l'aide de la musique, ça rend le déballage moins difficile.

La définition de ce terme se trouve chez Henri, qui est un des meilleurs conteurs de musique que je connaisse.

https://streetcornersociety.wordpress.com/2012/03/04/bertrand-boulbar-les-chroniques-dasphalte/

La chanson : http://www.youtube.com/watch?v=IyfaYHMNIuA

Je n'ai plus entendu cette chanson qui passait à la radio lorsque, ce matin j'ai glissé dans la baignoire, depuis février 1999.

C'était au printemps et je rentrais de vacances, mon parrain m'avait invité chez lui dans l'Oise, j'avais fais une virée à Paris avec ma cousine, d'où j'avais rapporté l'album.

Je l'écoutais sur le lecteur de CD de la salle à manger en dessinant, ou en répondant à mon courrier, ou en hurlant sur mon frère, ou en dansant toute seule dans la cuisine avec un morceau de pain et du chocolat dedans, bref, un de ces trucs que je devais faire les soirs quand j'avais 18 ans et que je rentrais pour les week-ends ou les vacances dans la maison de mes parents.

Et je me souviens (tout est revenu) (d'un coup) que, autour de la table où j'avais posé le lecteur de CD, il n'y avait plus que deux chaises, que si j'avais passé le CD dans la salle à manger, c'est que la chaîne Hi-Fi du salon était partie, que si je mangeais debout un croque monsieur décongelé dans une assiette ébréchée, c'est que la jolie vaisselle des jours heureux était encartonnée, et que c'était tout ce qu'il y avait à manger ce soir et que si j'étais mélancolique en écoutant cette chanson ce matin en me frottant le genou dans ma baignoire, c'est parce que maman avait quitté la maison de mes parents ce soir là.

 
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from Un Spicilège

Momies !

Après Funèbre ! (que j'ai bien aimé et dont j'ai parlé ici) il m'aurait été impossible de passer à côté du nouveau livre de Juliette Cazes. J’aime en effet profondément sa manière d’aborder des sujets qui sont rarement évoqués et j'aime en plus beaucoup le travail éditorial des Éditions du Trésor. Les corps morts, ce qu’on en fait, ce que tout cela dit de nos sociétés, voilà un thème qui me passionne, et Momies ! s’inscrit parfaitement dans cette continuité. J'étais persuadée d'être de nouveau emballée (c'est le cas de le dire).

Dans ce nouvel opus, Juliette Cazes nous entraîne dans un voyage fascinant à travers le monde et le temps, à la rencontre de corps conservés, parfois exposés, parfois vénérés, voire instrumentalisés. Le ton est, une fois de plus, parfaitement maîtrisé : sérieux sans jamais être pesant, empreint d'une certaine légèreté, parfois d’humour, et surtout porté par la passion tangible de l'autrice. Le livre mêle avec beaucoup d’intelligence anthropologie, sociologie et histoire, sans jamais rendre le tout indigeste.

Certaines parties m'ont interpelée plus que d’autres. Je pense par exemple à ce cas, en Thaïlande, de corps de personnes mortes du sida exposés dans un temple afin de sensibiliser la population à l’épidémie tout en finançant les soins par le biais des visites. La démarche est déroutante, bouleversante, même, et traitée dans le livre avec respect et recul.

Comme Funèbre !, Momies ! reste très accessible. Il ne s’agit évidemment pas d’un travail universitaire, mais d’une vulgarisation exigeante et passionnante, qui ravira les amateurs du genre tout en permettant aux curieux de s'initier au propos. Je l'ai refermé avec l’envie d’en savoir plus. Se confronter à la mort est en effet toujours salutaire : après tout, on n’a peur que de ce que l’on ne connaît pas.


Momies ! | Juliette Cazes | Éditions du Trésor

 
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from ~ T.S.I. ~

Carte Blanche HIPHOP - Madya - Lillers

Le Sol Pour S'Elever by Madya

💥 BATTLE DE BREAKDANCE, EXPOSITION, PROJECTION TALK, WORKSHOP : Voilà qu'il vous attend lors de cette Carte Blanche organisée par La Ville de Lillers, Madya et Tribu Sans-Issue, pour accueillir le retour en France du projet LE SOL POUR S’ÉLEVER. Au programme : ______________________________________________ 📅 VENDREDI 20 FÉVRIER à 18h30 Vernissage de l'exposition LE SOL POUR S’ÉLEVER ✨ + Projection d'un documentaire exclusif, suivie d’un talk & échange avec Madya et Krimo. ✨ ______________________________________________ 📅 SAMEDI 21 FÉVRIER 🕑 14h – 15h30 Workshop Break LE SOL POUR S’ÉLEVER avec Madya (👥 20 places max – sur inscription / plus d'infos auprès de Tribu Sans-Issue.) 🕓 16h – 19h : LILLERS BREAK BATTLE ! 1VS1 (adultes) – 8 places à prendre en qualif. 2VS2 (-18 ans) – 10 places à prendre en qualif. 💰 PRICE MONEY 1VS1 : 150€ 🎧 DJ : PETONDJI 🎤 SPEAKER : MADYA ⚖️ JURYS : TBA... ______________________________________________

📅 DU 20 FÉVRIER AU 8 MARS 🖼️ Exposition LE SOL POUR S’ÉLEVER ⏰ Aux horaires d’ouverture du Palace 🎟️ Gratuit – accès libre En 2024, le breaking est entré aux Jeux Olympiques. Mais bien avant d’être un sport, le break est avant tout une culture, un langage et un espace d’expression. C’est cette réalité que raconte LE SOL POUR S’ÉLEVER, le projet de Madya (Amaury Mayaya) : un voyage de 300 jours à travers 8 pays d’Asie, à la rencontre de danseurs, de communautés et d’initiatives où le break devient un levier d’expression, de transmission et d’émancipation. Pensée comme un carnet de voyage, l’exposition mêle histoires vécues, photographies et contenus interactifs via QR codes, pour faire découvrir des parcours humains et culturels souvent méconnus. Une question traverse toute l’expérience : quel est, pour chacun·e de nous, ce “sol” qui nous permet de nous élever ? Que tu sois danseur·se, curieux·se ou simplement amateur·rice de culture Hip-hop, viens découvrir et échanger !

📍 LIEU : LE PALACE 39 Rue d’Aire, 62190 Lillers

 
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from ~ T.S.I. ~

Locked Groov' E11 S3

Chikki yo banquise,

Belle et heureuse année à tous nos auditeurs et auditrices. Dj Petondji et moi-même vous souhaitons de gros kiffs musicaux pour 2026!

Ça tombe bien, vous êtes dans l'émission Locked Groov sur la banquise et vous vous apprêtez à passer 2h en notre compagnie. Aujourd'hui, pour le plus grand plaisir de vos oreilles, c'est Dj PetonDji qui fait son retour avec un set hip-hop comme il en a le secret.

Alors, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Arrêtez tout ce que vous faisiez, poussez les meubles et profitez comme il se doit de ce moment unique!

De mon côté, on se retrouve pour l'actualité hip-hop de la semaine.

Dj Petondji, c'est à toi de jouer, let's go!

Ecouter sur Banquise

 
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from Impulsion Végé

Dimanche après-midi, profitant que mon four soit allumé pour autre chose, j'ai décidé de faire des muffins vegan à la cannelle pour le petit-déjeuner de cette semaine. Comme j'ai un enfant qui adore la cannelle, j'en mets beaucoup, et l'avantage c'est que je peux diminuer le sucre. Cela fait donc un muffin fort en goût mais peu sucré.

Je congèle ensuite les muffins individuellement, et j'en sors un par un le soir pour le petit-déjeuner du lendemain.

La recette des muffins vegan faciles à faire, je l'ai trouvé chez Le cul de poule, plus précisément ici. J'ai juste diminué le sucre, et remplacé l'huile par de la margarine.

Muffins à la cannelle

La recette

Pour 6 muffins moelleux.

Ingrédients : – 150 g de farine T65 – 18 cl de lait d'avoine – 1 cs de jus de citron (ou de vinaigre de cidre) – 30 g de margarine – 35 g de sucre de canne – 1.5 g de bicarbonate – 0.5 pincée de sel – 1 cc bombée de cannelle

Instructions : 1. Préchauffer le four à 220 °C. 2. Faire fondre la margarine. Dans un récipient, verser la margarine fondue, le lait d'avoine et le jus de citron. 3. Dans un bol, verser la farine, le sucre, le bicarbonate, le sel et la cannelle. Ajouter les liquides et mélanger à l’aide d’un fouet. 4. Verser dans des moules à muffins préalablement graissé, puis enfourner pour 15 minutes en baissant à 200 °C. 5.Laisser tiédir avant de démouler.

#patisserievégétalienne #muffinvégétalien

 
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from Un Spicilège

2000 Maniacs

Quand j'ai vu le titre 2000 Maniacs sur une des tables de la librairie des Utopiales, cela m'a immédiatement rappelé un vieux film dont j'avais peu de souvenirs à part une scène où une femme se faisait écraser par un rocher sous l'hilarité générale de l'assemblée... J'ai donc profité de cette lecture pour retrouver l'histoire de cette œuvre. Avant d’être adapté en roman, 2000 Maniacs fut d'abord un film d’horreur sorti en 1964. Écrit et réalisé par Herschell Gordon Lewis, il figure parmi les pionniers (avec Blood Feast, du même réalisateur) du cinéma gore ce qui l'a hissé, de fait, au rang de film culte. C'est donc le scénariste et réalisateur lui-même qui en signe cette novellisation. Évidemment je n'ai pas pu résister à poursuivre ma lecture par un nouveau visionnage du film.

Bon...

C'est très clairement un film qu'il faut savoir regarder avec les lunettes de son époque. C'est sans doute peu de dire qu'à sa sortie, le choc devait être brutal : violence graphique, sexualité appuyée, humour noir sans retenue. Une sacrée provocation, bien avant que l’horreur ne repousse sans cesse ses propres limites. Vu avec un regard contemporain, le film accuse évidemment son âge. Cependant, il est loin d'être périmé. Il garde une certaine efficacité et son côté farce grotesque est particulièrement jubilatoire. Il oscille entre transgression et mauvais goût assumé, et cette ambiance de fête foraine le rend paradoxalement réjouissant.

J'ai globalement retrouvé le même esprit dans le roman. Il faut dire que l'adaptation ne prend pas de grandes libertés avec son matériau d’origine. L'histoire est similaire, l'atmosphère également, quelques excès en plus. Le sexe y est sans doute abordé de manière plus frontale, et certains détails viennent enrichir le récit. L’écriture est très visuelle (comme souvent dans les livres des spécialistes de l'image) et j'ai régulièrement eu l’impression d’assister à un découpage plan par plan sans que cela ne me gêne outre mesure. En effet, cette novellisation ne se lit pas pour ses figures de style mais pour l'efficacité de son texte : c'est dynamique, percutant et ça va droit au but. Le gore y est décrit avec moult détails (on sent que l'auteur y a pris beaucoup de plaisir) et un humour noir et provocateur est constamment sous-jacent.

Si le gore n’est pas mon genre préféré au cinéma, je dois reconnaître que je l’apprécie beaucoup plus à l’écrit, surtout lorsqu’il a ce côté grand-guignol. 2000 Maniacs n’est donc clairement pas une œuvre à prendre au sérieux, mais à apprécier pour ce qu'elle est : une lecture légère, drôle, délicieusement excessive, que l'on savoure d'autant plus quand on imagine les réactions des lecteurs et des spectateurs qui l'ont découvert à sa sortie.


2000 Maniacs | Herschell Gordon Lewis | traduit par Sarah Londin | Éditions du Typhon

 
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from seb

Eco-conception

Contexte

Durant ma carrière j'ai toujours été intéressé par le sujet de l'éco-conception mais dans aucun de mes postes je n'ai eu la possibilité de passer du temps pour approfondir le sujet et le mettre en place.

Il y a 4 mois j'ai commencé mon premier projet en freelance from scratch. Je me suis posé la question de la stack que je pourrais utiliser pour avoir dès le départ un projet le plus sobre possible.

Je développe depuis bientôt 15 ans en javascript puis en typescript, principalement dans l'écosystème React depuis 7 ans. Je ne souhaitais par repartir sur une techno complètement nouvelle donc je voulais trouver quelque chose proche de ce que je connais.

L'appli que je développe est à destination des actionnaires de sociétés d'énergie citoyenne. D'un point de vue technique, pas besoin de SEO, c'est une SPA (Single Page Application) des plus classique.

Les critères que je me suis donné :

  • limiter l'utilisation du réseau via un bundle le plus petit possible, peu d'assets de petite taille, des appels API efficients
  • limiter l'utilisation des ressources sur le serveur via une librairie d'accès à la base de données la plus efficiente possible

Stack retenue

Après quelques recherches et expérimentation j'ai retenu la stack suivante :

SolidStart

SolidStart est un framework fullstack basé sur le framework SolidJS.

SolidJS possède deux grands avantages pour moi :

  • une proximité avec React au niveau de la syntaxe (JSX, composants, ...)
  • de très bonnes performances comparées aux autres framework front existants

SolidJS est plus performant que React car par défaut les composants ne se rendent qu'une seule fois. C'est à nous développeur ensuite d'utiliser les signals pour ajouter de la réactivité là où c'est nécessaire.

En plus de cela SolidStart apporte un framework fullstack très productif notamment grâce aux server functions qui permettent un typage fort de bout en bout et une écriture simplifiée des API. La brique de sérialisation “Seroval” est très performante et pour la mise à jour de données les single flight mutation permettent de réduire les allers retours réseau.

Si vous voulez débuter avec SolidStart, je vous conseille de lire cet article sur les bonnes pratiques qui résume bien les points d'attention notamment pour un ex développeur React.

Drizzle

Pour l'accès aux bases de données j'avais pour habitude d'utiliser un ORM assez classique. En typescript j'ai notamment utilisé MikroORM qui reprend pas mal de concepts d'Hibernate en Java que j'avais utilisé précédemment.

Pour ce projet j'ai décidé de changer pour utiliser Drizzle qui est une surcouche plus fine au dessus de la base de données. L'idée est de s'appuyer plus sur le sql pour diminuer l'overhead de la couche d'accès aux données.

Après plusieurs mois d'utilisation j'avoue être très content de l'outil. Couplé avec SolidStart on arrive à avoir un typage fort de bout en bout qui est très efficace et très pratique.

Tailwind et DaisyUI

Pour la partie design je préfère en règle générale faire directement du CSS lorsque je travaille avec un UI/UX designer pour pouvoir faire du pixel-perfect. Sur ce projet je n'avais pas ce luxe et j'ai donc cherché une librairie de composants plus ou moins clé en main.

Malgré cela je ne voulais pas quelque chose de trop lourd et au final j'ai fait le choix de DaisyUI qui est une surcouche à Tailwind qui est plutôt légère.

Résultats

Pour vous donner une idée de la taille de l'application que j'ai développé, elle comporte environ 75 routes et la base de données contient 35 tables. Je dirais que c'est une application de taille moyenne.

Voici quelques métriques en terme de taille de bundle :

  • Le bundle total de l'app gzippé fait 385 ko dont 153 ko pour la librairie apex-charts qui est utilisée uniquement sur quelques pages qui affichent des graphes
  • Pour la plupart des pages de l'app la totalité des données transférées sur le réseau est entre 130 et 200 ko
  • le css de l'application fait 20 ko compressé

Si j'active la limitation réseau sur le navigateur pour passer en “Regular 3G”, j'ai un temps de chargement des pages autour de 2,5s et une navigation dans l'application qui est fluide.

Côté serveur je n'ai installé aucun outil de monitoring donc c'est dur de quantifier la charge mais mon appli tourne sans problème sur le plus petit VPS Lite d'Infomaniak.

Conclusion

Même si l'eco-conception ne s'arrête pas à la taille du bundle client et aux ressources utilisées côté serveur, limiter ces valeurs est une condition nécessaire pour ensuite pouvoir développer une application qui tournera sur n'importe quel terminal client.

Au niveau de mes choix, j'aurais pu aussi changer de langage et tester par exemple un framework comme Dioxus en Rust mais cela aurait nécessité un apprentissage encore plus en profondeur au détriment de la productivité sans que je sois vraiment capable de mon côté de mesurer les gains obtenus.

Avec le recul de mes 4 premiers mois de développement, les choix que j'ai effectué me paraissent bon pour avoir une application la plus économe en ressources possibles dans l'écosystème typescript. Je trouve que c'est un bon compromis entre sobriété et productivité.

Une fois ces bases mises en place il faut également réfléchir à la façon dont on conçoit l'application pour continuer à avoir une utilisation sobre des ressources par exemple en paginant systématiquement les listes.

 
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from LK blogue…

Nouvelle Fondation. A mi-décembre, j’ai acquis d’occasion un ThinkPad T480, reconditionné avec Linux Mint installé. Ceci est la chronique de ce choix et de ce passage de l’univers Apple à l’univers Linux.

De passage au Bachibouzouk à Vevey, je retrouve sur le présentoir des journaux une très vieille connaissance que j'avais perdu de vue, mais que je souhaite retrouver plus régulièrement: le numéro du mois de janvier 2026 du Monde diplomatique. Avec l'envie d'ailleurs de le lire sous son format papier et non numérique.

Eloge du papier (Monde Diplomatique, janvier 2026)

A première vue, il peut paraître paradoxal, dans ce journal linuxien, de consacrer un billet à un article du Monde diplomatique faisant l'éloge du papier.

Pourtant l'incise de cet article, explicite le sens de ma démarche. Elle s'inscrit parfaitement dans la droite ligne de l'adoption d'un portable tournant sous Linux et plus particulièrement de sortir de la guerre de l'attention :

Comment dissiper le brouillard des données, de nouvelles, d'images qui grésille sans trêve sur nos écrans ? Une méthode révolutionnaire, quoique vieille de deux millénaires, pourrait bien offrir un asile aux déserteurs de la guerre de l'attention. Ses vertus stupéfient ses usages son pouvoir affole la Silicon Valley.

La lecture est un moyen d'augmenter le temps humain disponible hors algorithme. Je maîtrise le rythme de lecture. Je peux revenir en arrière, m'arrêter plus facilement que de scroller désespérément l'écran de mon ordinateur. Une manière de gérer le déferlement de données et de l'impossibilité de toutes les assimiler. Ralentir les travaux en quelque sorte.

Je me dis aussi que j'ai trouvé un lieu pour le lire accompagné d'une boisson et de l'ambiance très agréable de ce lieu.

Cela me fait penser également que les bistrots de quartier méritent autant d'être soutenus que la presse. Je pourrai ainsi acheter le journal et prendre le temps de le lire au café. Inutile de me rappeler que café et journal sont des dignes représentants de la sociabilité bourgeoise. La bourgeoisie n'est plus ce qu'elle était pour paraphraser Simone Signoret.

Dans le prolongement, je suis aussi venu avec mon Pentax 17, appareil photo argentique, bien éloigné des appareils numériques que j'affectionne également. Là aussi, je ralentis le rythme...

Tags : #AuCafé #Linux #ThinkPad #ŧ480

 
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