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from L'encre du Berry

Writing prompt : Folly on the Lake

Sophie arriva la première. Elle s’était dépêchée de donner ses ordres à Mme Buisson, l’intendante, pour la journée puis avait rassemblé le nécessaire pour leur entrevue : un panier d’osier qui contenait un plaid, le livre qu’ils avaient commencé ensemble et quelques fruits. Les domestiques l’avaient observée du coin de l’œil en ayant l’air de rien mais ils avaient dû trouver bien étrange de voir Madame dans la cuisine. Elle installa le plaid sur le sol du pavillon et s’allongea en l’attendant. Elle repensa à la première fois qu’Henri avait lancé l’idée. Selon lui, ils ne se voyaient pas assez, chaque jour trop accaparés par la vie du château de Valbois et il avait besoin de la retrouver rien qu’à lui. L’idée lui avait paru un peu folle au début. Comment le maître d’un si grand domaine pouvait-il disparaitre comme ça pour plusieurs heures ? Elle s’était tout de même laissé tenter et ne l’avait pas regretté une seule seconde. Ces quelques heures qu’ils s’accordaient chaque mois lui était devenu nécessaire pour affronter tout ce à quoi ils étaient confrontés chaque jour à la tête de Valbois, comme la semaine précédente où la petite Léontine était tombée bien malade et qu’elle avait dû décider du sort de la jeune fille. Elle avait souhaité plus que tout la garder dans le château pour pouvoir s’assurer de sa bonne prise en charge mais elle n’avait pu se résoudre à mettre en danger l’ensemble des domestiques. Et pourtant Léontine avait à peine 15 ans. C’était la dernière à avoir été embauchée à Valbois. Heureusement, le plus dur était passé et la fièvre ne l’avait pas emportée. Elle avait demandé à reprendre le travail mais Sophie avait refusé, se sentant encore un peu coupable d’avoir dû lui faire quitter le château au plus fort de la maladie. Quelques jours de repos supplémentaires lui feraient le plus grand bien et étaient amplement mérités car la petit n’était pas de celles qui s’économisent au travail. Sophie fut brusquement tirée de ses pensées par le bruit de la porte qui s’ouvrit alors sur la silhouette d’Henri qui apparu en contrejour. Elle sentie une bouffée d’amour l’envahir tout entière. Comment avait-elle été aussi chanceuse pour que le destin le mette sur sa route ? Elle ne croyait pas en la réincarnation mais quelle autre explication eut-elle pu être possible que de croire qu’elle ait été une sainte dans une vie précédente et en était récompensée dans cette vie en étant mariée à Henri ? Et pourtant, elle n’était pas née noble comme lui. Née de bonne famille certes, mais sans titre et sans argent. Et pourtant, Henri avait défié sa famille qui souhaitait évidemment le marier au meilleur parti possible. Il n’avait rien lâché et avait même menacé de fuir à jamais. Sa mère avait alors cédé la première, affolée à l’idée de perdre son unique enfant et dès lors, convaincre son père n’avait été qu’une histoire de temps. Il ne dit pas un mot mais un large sourire éclaira son visage avant qu’il ne se mette à courir vers elle. Elle accueilli l’impact de son corps tout contre le sien avec un bonheur tel qu’il touchait presque à l’ivresse.

 
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from L'encre du Berry

Writing prompts : The Autumn Mist

Au petit matin, dans la faible lueur du jour, elle longe la large étendue d’eau encore endormie. Il n’y a pas un bruit. Les animaux sont-ils endormis ou ont-ils déserté ce lieu qui semble hors du temps. Tout semblerait sans espoir si l’astre solaire ne tentait pas de nous sauver en pénétrant la grisaille de ses rayons hélas encore froid. Quelle sera l’issue : la mort ou la vie ? Inspired by Schumann (in instrumental 81)

 
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from L'encre du Berry

Short story for the Dragons' pen group

Imagine a group of friends sitting around the dinner table, asking “What would you come back as in another life?” That’s how our 2026 anthology begins – and we want your answer.

Bordel ! Ça c’est une putain de question difficile ! « Revenir dans une autre vie », ça pose déjà plusieurs concepts. Revenir, une autre vie, la vie, la mort. Ce dernier est un concept que j’ai plutôt tendance à fuir. J’adore la vie, j’adore ma vie. Elle est parfaite. J’ai un mari, deux enfants, mes parents, ma sœur, mes neveux, mes grands-parents, un seul nous à qui à ce jour, et quelques amis, peu, mais j’aime à penser que je privilégie la qualité à la quantité. Et tout ce beau monde est en parfaite santé. Si on regarde d’un côté plus matérialiste, j’ai une jolie maison assez grande pour ma famille et un travail que j’aime même si parfois j’ai un peu peur qu’il ne finisse par me faire plus de mal que de bien. Alors oui, j’adore ma vie. Dans ce cas-là, difficile de penser à la mort, ou même à revenir pour une autre vie. Je ne sais pas si c’est plus un manque d’envie ou un manque d’idée qui m’empêche d’imaginer tout autre vie. Il ne me reste donc qu’une seule chose à souhaiter : que cette vie ne finisse jamais. Quand j’étais petite et que j’écoutais les personnes âgées parler, j’avais l’impression que la plupart pensait à la mort comme quelque chose de certes inéluctable, mais avant tout attendu. Comme si le chemin de la vie avait été déjà suffisamment long pour eux et qu’ils en attendaient la dernière partie, la mort donc, avec un certain soulagement. Pour ma part, j’ai toujours eu peur de la mort, aussi bien de la mienne que de celle des personnes qui me sont chères. Aussi, me dire qu’à un moment donné de ma vie, la mort ne me ferait plus peur et que je l’accueillerais même, était extrêmement réconfortant pour moi. Et puis aujourd’hui, je suis à l’aube de mes quarante printemps comme on dit. D’après les statistiques, je suis donc à peu près à la moitié de ma vie, si j’ai la chance de mourir de vieillesse. Et j’ai beau prendre de la maturité avec les années, je ne ressens toujours pas la moindre petite sensation de fatigue de la vie. Alors, certains soirs, au fond de mon lit, l’angoisse revient. Je ne veux pas mourir. Je veux vivre éternellement. Je ne suis évidemment pas le premier être humain à penser à cela. Il n’y a qu’à ouvrir n’importe quel livre du rayon fantaisie d’une bonne librairie pour y lire les histoires de créatures mythiques mais surtout immortelles : elfes, vampires, dragons, licornes, phoenix et autres chimères. Alors tant qu’à vivre pour l’éternité, autant être une belle créature douce plutôt qu’un monstre sanguinaire. Mais même ces possibilités ne me font pas vraiment envie. Alors, imaginons comment poursuivre à l’infini ma vie actuelle tant aimée. Premièrement, pour rester tant adorée, il faut qu’un certain nombre de critères soient réunis. Le premier est bien évidemment de ne pas vivre cette éternité seule. Avoir son mari et ses enfants auprès de soi, c’est le grand minimum. La société nous fait accepter le fait que nos parents partent avant nous mais il est absolument impensable que nos enfants subissent le même sort. Toutefois, ils doivent vivre leur propre vie et quitter le nid pour mieux les retrouver régulièrement. Il faut donc un compagnon de route. Après avoir vécu plus de dix ans en couple, il m’apparait aujourd’hui inconcevable de vivre à nouveau seule même si avant de le rencontrer, il m’apparaissait inconcevable de ne plus vivre seule. A partir de là, tout le reste est envisageable. Outre le fait que je ne veux pas que ma vie parfaite s’arrête, une question m’obsède : que va-t-il se passer après moi ? Cette question me hante chaque jour. Si je meure demain, je ne saurai pas ce qui se passera après-demain, ou la semaine suivante ou l’année d’après, ou dans cinq cent ans. Quel sera le prochain commerce à ouvrir dans ma ville ? Quel sera le prochain phénomène littéraire ? Nous déplacerons-nous toujours en voiture dans deux cents ans ? Ce questionnement m’a toujours habité d’aussi loin que je me souvienne, et étant aujourd’hui mère, s’ajoutent les questions de savoir comment la vie de mes enfants va évoluer après moi. Quels métiers exerceront-ils ? Quelles seront leurs passions ? Vont-ils trouver l’amour et si oui, avec qui ? Seront-ils heureux ? C’est une immense frustration de savoir que le monde continuera de tourner mais que je ne saurai jamais comment. C’est un peu l’impression d’avoir commencé un roman génial mais d’avoir découvert en cours de lecture qu’il manque les autres volumes et qu’on ne connaitra jamais la fin. Il me semble que si je pouvais voir le futur ou même simplement poser autant de questions que je le souhaite à quelqu’un qui connait l’infinité (je n’arrive pas à concevoir l’humanité comme ayant une fin) de l’avenir de l’espère humaine, alors j’accepterais la mort lorsqu’elle se présentera. Tout au fond de moi, j’ai même l’impression qu’il ne peut en être autrement, que quelque chose va se passer et que mon esprit ne finira pas dans le néant, comme si, à la manière du dernier rebondissement avant la scène finale d’une pièce au théâtre, quelque chose va arriver. Un jour, mon médecin m’a dit qu’il regrettait le temps où les gens croyaient beaucoup plus en Dieu, peu importe lequel. De cette manière, il était beaucoup plus simple de traiter un patient atteint d’une maladie incurable si la personne était convaincue que quelque chose d’autre l’attendait après la mort. Le corps et l’esprit étant intimement liés, il est beaucoup plus compliqué de soigner quelqu’un qui est persuadé qu’il n’y a plus rien après la vie car il est terrifié. Alors imaginons que je n’ai jamais à me confronter à cette problématique. Imaginons que je suis immortelle comme toutes les personnes qui me sont chères. Il faut tout d’abord s’affranchir du côté pragmatique. Il m’est difficile de concevoir que je puisse être la seule à bénéficier d’une telle chance, donc où allons-nous loger ces milliards d’êtres humains qui ne vont plus mourir tandis que chaque jour de nouveaux naitrons ? Prenons la solution de facilité et suggérons que nous maitrisons le vol spatial. La solution est donc dans les étoiles sur des milliers d’autres planètes. Maintenant que chacun dispose du même droit à l’immortalité, comment cela peut-il se passer au jour le jour ? Chaque jour, j’ai deux sources de motivations pour faire les choses. La première, il n’y a pas le choix pour survivre dans notre société. Il faut trouver un moyen de gagner de l’argent pour acheter de la nourriture et autres nécessités. Il faut se laver pour se sentir bien et éviter le développement de maladies. La seconde c’est une espèce de to-do liste de choses qu’on a envie de faire dans sa vie. Aller au Japon, lire l’œuvre complète d’un auteur que l’on chérit, sauter en parachute, maîtriser une langue étrangère ou encore apprendre à jouer du piano dans le but d’être capable de jouer seule un morceau adoré. Pour cette catégorie, il faut tout d’abord rassembler la logistique pour être en capacité de faire ces différentes activités, l’argent en est bien souvent l’unité central. Ensuite il faut être en capacité physique de le faire car on vieillit un peu plus chaque jour. Mais imaginons que l’on sait que l’on ne vieillira plus et qu’on a l’éternité pour effectuer chaque élément de notre liste. Est-ce qu’on trouverait encore la motivation de réaliser nos rêves ? Est-ce que chaque jour on ne se dirait pas « plutôt demain » ? Pour échapper à la procrastination d’une vie éternelle, la mort est-elle donc notre seul espoir ? Ma réponse : je ne sais pas, peut-être. En tout cas la vie est bien trop courte. Si elle doit avoir une fin, laissez vivre l’être humain au moins cinq cents ans.

 
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from L'encre du Berry

2nd biography

Do you see that child in the back of the class? The one that never listens to the teacher because they prefer to chat? Well, that was not Vanessa as a pupil; she was a front-row student and became a teacher because she liked school so much! She has always been a great reader, eating books for lunch, and while facing the most difficult task of all which is picking a new book to read after leaving a most cherished world she has always thought that she might actually write what she wanted to read. Well, that led to her short text in the collection of short stories by the RIVA Writing Group. With this second text, she is on the right path to finally achieve what she has always been even too afraid to dream of : write. If only she could find the time between her children, her job, learning the French Sign Language, learning to play the piano, being involved in an association that aims to create bridges between the deaf world and the hearing one; Blimey, that almost sounds as a mid-life crisis !

 
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from technotrotteur

J'ai hérité d'une boîte à chaussures. Un trésor de souvenirs. Des centaines de négatifs qui datent d'une centaine d'années.

Un énorme travail de numérisation à faire.

Ce sont des photos prises par mon grand-père. Les consulter, les transformer en images numériques, j'ai un peu l'impression de voir son univers à travers ses propres yeux, comme si j'étais quelque part entre 1920 et 1930.

Wow.

 
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from FAUT L'FER

14/04/2026

luminaire XXL 01

LUMINAIRE XXL: LA SUITE.

Çà se termine.

J'attaque la dernière ligne droite. Le projet à bien avancé. L'inflamation s'est invitée malgré les précautions et les temps de repos. L'osier utilisé pour ce genre de réalisation est assez fort et est donc plus exigeant physiquement. Et puis le nombre est là et les gestes sont répétitifs.

Je suis impatient de voir le résultat final.

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Billet précédant

#Luminaires #Blog

 
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from Un joyeux boxon

Salut ! :)

Le mois de mars est terminé, il est donc temps de reprendre le concept de La Pile créé par Volu pour la troisième fois consécutive (whou, tant de régularité m’émeut*).

La pile à jouer

American Arcadia

Ce qui m’a avant tout séduit, c’est la direction artistique. Un univers visuel rétro-futuriste inspiré des années 70, avec une approche minimaliste du design des personnages et une ambiance sonore qui déteint avec l’ensemble de la production actuelle. Dans ce jeu de puzzle plateforme narratif, on incarne Trevor, un homme ordinaire, englué dans une routine quotidienne entre un bullshit job et une vie personnelle emplie de solitude. Réglé comme une horloge, Trevor vit chaque jour comme le précédent, sans aucune surprise ni fausse note. Pourtant, un matin, constatant l’absence de son collègue de bureau, sa vie va basculer, et c’est tout son monde qui va s’effondrer sous ses pieds.

Alternant entre deux personnages, Trevor donc, et une certaine Angela, American Arcadia propose une approche relativement novatrice du genre, mais surtout particulièrement bien maîtrisée. Chaque séquence de jeu est l’occasion de découvrir une idée de gameplay simple mais inventive, à commencer par celle d’un jeu coopératif qui se joue strictement en solo.

Difficile d’en dire plus sans vous divulgâcher l’ensemble, aussi je vous laisse découvrir ce jeu non pas au travers de l’une de ses bandes-annonces, mais de ce moment de poésie, qui prend une ampleur plus forte encore lorsque l’on y a joué.

ReStory (playtest)

En phase de rodage, j’ai eu l’occasion de jouer à ce titre principalement pour deux raisons : il est développé par Mandragora, le studio arménien notamment à l’origine de l’excellent I am future, et parce-qu’il met en vedette le principe de recyclerie qui m’est cher.

Avec une interface simple d’accès, on y gère une petite boutique de quartier à Tokyo, au tout début des années 2000. Notre but ? Redonner une seconde vie aux objets électroniques des habitant·e·s du quartier. On répare, on recycle, on bricole, mais surtout on découvre les petites histoires des personnes qui nous confient bien plus qu’un simple objet.

ReStory est un petit jeu chill, qui mélange nostalgie, détente et narration, avec en filigrane un petit discours politique très discret mais néanmoins présent.

Solasta II (early access)

La suite du succès d’estime du petit studio français Tactical Adventures, encore en cours de développement. Difficile de m’exprimer pleinement sur ce jeu dont seule une petite partie est actuellement jouable, mais reste que je trouve l’expérience agréable, et qu’il y a un vrai mieux concernant à la fois la narration et la réalisation. Le gameplay quant à lui reste toujours aussi solide, et si vous avez aimez Baldur Gate’s 3 par exemple, vous ne serez pas dépaysé·e.

A noter que, comme ce dernier jeu, Solasta II subit de violentes attaques réactionnaires de mascus fragiles chouinant sur tout et n’importe quoi. C’est hélas devenu une norme, aussi ne vous fiez pas aux avis des mous du bulbe qui tire à boulets rouges car les raisons de leurs critiques sont tout simplement inacceptables.

La pile à voir

Lost Media

Mini-série française composée de huit courts-métrages qui mêlent horreur et fantastique, reliés les uns aux autres par un fil rouge en début d’épisode, sous la forme d’un échange téléphonique entre une jeune femme et son père. Si la série ne réinvente pas le genre, j’apprécie de voir ce type de production atypique dans le paysage télévisuel francophone. La qualité de l’ensemble est assez moyenne et varie beaucoup d’un épisode à l’autre, certains étant nettement moins bons que d’autres. Par ailleurs, je dois avouer être quelque peu agacé d’y retrouver la fine équipe du CNC Talent qui n’en finit plus de pomper les aides publiques alors qu’ils appartiennent à la caste des privilégiés depuis au moins 10 ans… Reste que j’ai passé un plutôt bon moment, et que si cette série peut aider à mettre le pied à l’étrier pour d’autres projets plus qualitatifs, ce n’est pas un mal.

Passion & Pouvoir

Un de mes kinks ciné/série, ce sont les telenovelas mexicaines. Et avec Passion & Pouvoir, j’ai été servi. Dans l’épisode précédent : des riches ont des problèmes de riches, tandis que d’autres riches veulent être encore plus riches et s’inventent des problèmes qu’ils n’ont pas. Tout ces riches n’en finissent plus de se trahir, tout le monde nique avec tout le monde (sauf les deux prolos du fond) et on découvre que la future mariée n’est autre que la cousine par alliance du père adoptif décédé de l’amant du futur époux. C’est n’importe quoi, c’est encore plus mal doublé qu’un téléfilm érotique italien sur M6 un jeudi soir mais que voulez vous, ça m’éclate.

Soyez sympa rembobinez

Sans vraiment m’expliquer pourquoi, j’ai toujours aimé les films qui parlent de cinéma. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Alors quand, en bonus, ça parle de Fats Waller, je suis évidemment archi preneur. Dans les grandes lignes, ça raconte l’histoire d’un petit vidéo club de quartier dans le courant des années 2000. Dans ce lieu en décrépitude subsiste une collection de VHS qui tient de plus en plus mal la concurrence face au DVD, tenu par une petite équipe de passionnés qui tente de faire vivre l’un des derniers points de rencontre d’un quartier populaire en passe d’être rasé. Je vous laisse le soin de découvrir ce petit bijou d’humour, d’amour et d’inventivité, véritable ode au cinéma dans ce qu’il a de plus noble : la créativité. Et aussi la débrouille, l’une allant souvent avec l’autre.

Je garde notamment en mémoire le coup de com’ fabuleux qui a été fait à l’époque, à savoir inciter toutes les personnes disposant d’une simple caméra (webcam incluse) de recréer ses propres films et de les publier en ligne. Dailymotion conserve encore les traces d’un mini court-métrage que j’avais fait, entièrement avec des bonbons en forme d’animaux et des décors gribouillés sur des boîtes d’emballage.

A knight of the seven kingdoms

Nouveau spin-off de la série Game of Thrones. Je n’avais pas du tout accroché sur House of the Dragons, que j’ai trouvé chiant comme la mort, sans grand intérêt et faussement provocateur, mais pour le coup, j’ai apprécié celle-ci. Sans être incontournable, l’idée de (re)découvrir les sept neuf royaume à travers les yeux d’un gamin issu de la plèbe plutôt que par ceux de gros bourges, ça me plaît. Si la première saison ne comprend que six épisodes dont la fin laisse augurer une tournure hélas plus consensuelle, j’ai pris un certain plaisir à suivre les aventures de ce gamin des rues qui aspire à devenir chevalier tant le personnage est attachant.

La pile à écouter

Parfois, pour me concentrer au boulot, je n’écoute pas de musique mais des podcasts. Ceux de France Culture ont souvent ma faveur, tant par la qualité de leur production que par leur découpage épisodique ni trop long ni trop court. Le fait qu’ils ne nécessitent pas de se créer un compte ou d’installer une énième application me va bien, ainsi que la possibilité de pousser le volume à fond pour qui, comme moi, entend à moitié. Ainsi, en mars, j’ai essentiellement écouté deux podcasts inspirés des œuvres de Victor Hugo, lesquels m’ont replongé dans de vieilles lectures adolescentes dont je n’avais pas saisi l’importance à l’époque.

En premier lieu, Le dernier jour d’un condamné, podcast en 5 épisodes de 20 minutes chacun, qui relève d’avantage de la lecture que de la mise en scène. Le texte est grave, lourd et pesant, l’enrober d’une couche d’interprétation aurait été superflu tant il se suffit à lui-même.

J’ai enquillé sur Les Misérables, en 14 épisodes de 24 minutes. Ici, la mise en scène à tout son sens. Car si les comédien·ne·s ne reprennent pas l’intégralité du texte originale, et se permettent parfois quelques sauts dans le texte, c’est pour mieux s’attarder sur l’essentiel. La qualité des interprétations y est fantastique, entièrement réalisée par des professionnel·le·s, et soutenue par une ambiance sonore et une musique de grande qualité. A ce titre, la musique de Krishna Levy en ouverture de chaque épisode est bouleversante. Ayant été très marqué étant gamin par l’adaptation cinématographique de Robert Hossein, cette écoute m’a permis de mieux comprendre certains choix filmiques, dont la terrible scène de morphing où l’on découvre Fantine dépérir dans la misère la plus sombre.

Dans les deux cas, j’ai passé un excellent moment de quiétude, paradoxal quand les sujets abordés sont aussi difficiles. A plusieurs reprises, j’ai dû mettre la lecture en pause, pleurer un bon coup, puis reprendre après une longue inspiration.

La pile à lire

Knock ou le triomphe de la médecine

Pour diverse raisons, je vais très peu au théâtre. Et, pour l’avoir côtoyé d’assez près un temps, c’est un monde que je n’apprécie pas. Pour autant, j’aime beaucoup lire des pièces de théâtre. Plus précisément, j’aime me faire ma propre pièce. Dans un coin de ma tête, je crée les costumes, les décors, les éclairages. J’ajoute des commédien·ne·s, je choisi leurs intonations, je défini leur jeu ; en somme, je suis le démiurge d’une pièce qui n’existe que dans mon imagination.

Oui, ça va le melon, merci de demander. :)

Et donc, pour la énième fois, j’ai relu Knock ou le triomphe de la médecine, de Jules Romains. C’est un bonbon d’humour noir dont je me délecte à chaque ligne. Difficile cependant de faire abstraction de l’adaptation cinématographique (encore une) de Guy Lefranc, avec un Louis Jouvet aussi fantastique que terrifiant. Film qui, par ailleurs, fait sauter deux actes mais propose une approche qui, au fil de l’histoire, propose une approche qui vire progressivement au gothique, en particulier à travers cette scène mémorable.

La pile à apprendre

Ce mois de mars est proche du néant. J’ai surtout, et pour les besoins de mon boulot, axé mes apprentissages sur Moodle côté admin, et c’est à peu près tout. La période ne s’y prêtant pas, j’ai beaucoup de mal à me concentrer et je consomme (oui) essentiellement des contenus de divertissement de qualité discutable qui ne m’apportent pas grand-chose, sinon la possibilité de m’évader pendant quelques minutes avant que la réalité vienne se rappeler violemment à moi.

M’enfin bon, ça ira mieux demain.

  • J’ai commencé cette pile vers le 25 mars, en prévision de. Puis silence radio. J’ai bataillé pour reprendre.
 
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from adventices

cinq images de printemps   les fleurs nouvelles du cerisier n'ont pas chassé du rameau les feuilles mortes

*

feuilles vertes feuilles mortes et fleurs blanches ensemble encore

*

nouvelles fleurs feuilles anciennes — même rameau


Photo © Jakub Jan Luczyn

confiantes elles s'élèvent vers le ciel du matin

légères fleurs nouvelles


les herbes vertes lancent leurs rubans de fête pour l'avènement de l'unique protégée

— jeune première trop fière de sa couleur

*

la fleur impose à la tribu herbue l'orgueil de sa couleur

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herbes trop hautes couleur trop vive — tulipe, belle intruse  


Photo © Karine Sabatier

vieil arrosoir plein de printemps

tes fleurs débordent !

 

Photo © AusderPampa

le chemin monte jusqu'aux nuages mais le ciel demeure bien trop loin

*

chemin qui monte si près des nuages si loin du ciel

*

au bout du chemin la main touche les nuages lourds

ciel pur hors de portée

 
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from Nok - FetM

Je me réveille dans cet entre-deux fragile, zone de pénombre. Mon esprit vagabonde entre le fond des océans et le silence des étoiles.

J'imagine alors la mer non plus comme une surface étincelante, mais comme une immense nécropole silencieuse où reposent, strate après strate, vestiges d'ambitions et de drames. Les carcasses de navires et les flancs froids des sous-marins y côtoient des trésors sans nom, tandis qu’à la surface, des îles de plastique dérivent comme les cicatrices visibles d’une négligence invisible.

Cette sensation de vertige se prolonge jusque dans les entrailles de la terre, dans les gouffres comme celui de Proumeyssac, qui furent longtemps des bouches infernales d’ombre où l’on jetait ce que l’on souhaitait oublier, cadavres ou débris, pendant que le temps sculpte les cathédrales de cristal.

Puis mes pensées s'élèvent encore, traversant les couches de l'atmosphère pour rejoindre un autre cimetière, plus technologique. Là-haut, des milliers de satellites fantômes tournent sans fin, débris de ferraille flottant dans un infini que l’on croyait autrefois inviolable.

C’est un étrange miroir que nous les humains tendons à l’univers : nous peuplons l’invisible de nos restes, transformant les abysses et l’espace en d’immenses greniers de l’oubli.

Ce mécanisme ne se limite pas aux paysages que nous habitons ; il se niche au cœur même de notre mémoire individuelle. Elle est aussi ce réceptacle insondable, cette mer intérieure où dorment d'innombrables moments de vie, des fragments de jours ordinaires ou de joies oubliées.

Ces instants semblent perdus, engloutis par le tumulte du présent, alors qu'ils ne font que dériver dans nos propres abysses personnels. Soudain, à la faveur d'un demi-sommeil ou d'un silence imprévu, une image ou une sensation resurgit sans crier gare, comme une épave remontée à la surface par un courant mystérieux.

Là, se rejoint le cycle de tout ce qui nous entoure : une carcasse de navire devenue récif de corail ou un souvenir lointain qui s'invite dans une pensée matinale. Ces couches superposées, ces sédiments de vécu, malgré l'aspect parfois déprimant de l'accumulation, constituent la complexité brute de notre histoire, aussi vaste qu'un océan sans fond.

#écologie #mémoire

 
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from Nok - FetM

Tous alignés. Épaule contre épaule. Une file compacte, immobile, dans un fond blanc, à la Matrix. Ils parlent. Ils crient. Ils pleurent. Parfois la colère explose. Le fond devient gris, fendu par un éclair. Leurs voix partent toutes dans la même direction. Comme des flèches tirées vers un horizon vide. Des trajectoires parallèles qui ne se croisent jamais.

C’est dommage.

Leurs voix pouvaient se heurter, s’emmêler, créer une étincelle de dialogue. Non.

Chacun dans son couloir de son. Ils persévèrent, imperturbables. Ils lancent leurs mots comme des pierres dans un puits sans fond. Puis, peu à peu, la lassitude s’installe. Les voix s’éteignent, une à une. Le silence gagne.

Une idée... Pourquoi rester en ligne ? L’alignement se brise. La ligne se courbe, et devient un cercle. Maintenant, face à face, épaule contre épaule toujours, avec un centre commun. Un cercle parfait. Un œil collectif. Les voix reprennent.

Elles se ruent vers le centre. Les mots se heurtent, s’entrechoquent, rebondissent. Une voix en heurte une autre, une larme coupe un cri. C’est une mêlée de sons, un corps à corps phonique.

Personne n’entend. Personne ne comprend. C’est un brouhaha. Un tumulte indistinct. Un chaos où l’intention se perd dans le volume.

Le cercle est devenu une colonne de bruit.

#errances

 
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from Nok - FetM

​J’ai eu un gros poste. Noir, solide. Il avait une antenne télescopique interminable. Un doigt pointé vers l’invisible, pour capter les « autres ».

​Sa particularité : les Ondes Courtes. L’Ailleurs.

​Il avait cette double molette pour la syntonisation. La grosse pour balayer rapidement le monde. La petite, au centre de la première, pour affiner la fréquence au millimètre près.

​Les rapports humains, c’est un peu comme ça.

​Peut-être.

​D’abord, la recherche.

Un bruit de fond assourdissant. Des parasites qui crachent, qui grésillent, qui agressent. Un chaos de voix mêlées, sans distinction. ​Parfois, au milieu de ce vacarme, une voix émerge. De loin. Très loin. Brouillée, fragile, couverte par le souffle du monde.

​J’affine.

Je tourne délicatement la petite molette. Je tends l’oreille. ​La voix ne parle pas ma langue. Les mots glissent sans que je puisse les comprendre. Mais la tonalité, elle, traverse la distance. ​Un rire qui crépite. Une tristesse qui traîne, lourde, pesante. Une colère qui s’effiloche dans le grésillement. La musique qu’on écoute de l’« autre côté ». L’émotion pure, au-delà du sens.

​Puis, je reprends la recherche.

La grosse molette. Un tour rapide.

​Je trouve une voix qui parle ma langue !

Les mots sont clairs, distincts, sans effort. Mais ça ne m’intéresse pas. C’est plat, convenu. Un bruit de surface, sans profondeur.

​Je tourne...

​Enfin, une autre voix. Elle parle ma langue, et ses mots font écho en moi. Elle dit des choses qui me touchent, qui m’appellent. Je reste là, suspendu à elle.

​Mais elle parle seule. Une émission diffusée dans le vide, sans retour. Une bouteille à la mer sur les ondes. ​Et comme souvent en Ondes Courtes, le signal faiblit. Le son s’étiole, s’amenuise, s’enfonce dans le bruit de fond.

Je perds la connexion.

​La voix a disparu, retournée au silence cosmique.

​Reste le grésillement…

#errances

 
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from Nok - FetM

Dans ma jeunesse, je te pressentais. Je savais déjà ton prénom Svetlana, celle qui apporte la lumière.

Le lien père-fille doit être aussi fort que le lien mère-fils, une amarre qui défie le temps et l'absence.

Tu n'as jamais vu le jour et pourtant nous sommes trois. À table, j'ai placé mère et fils face à face et devant moi il y a ta place, une chaise vide.

La corde à trois fils ne rompt pas, la table à trois pieds n'est pas bancale, mais cette quatrième place où tu n'es pas là est un manque qui m'habite.

Comme l'écrivait Christian Bobin dans L'Inespérée, « l’absence est une présence en nous, si dense qu'elle fait craquer le cœur ».

​Ma fille que je n'ai pas eue, tu me manques. Je t'imagine petite m'appeler papounet alors que tu te serres à mon cou. Tu viens me retrouver pour te confier à moi, pour me poser des questions sur le monde et sur la vie.

Dans nos randonnées, tu marches avec moi et me racontes toutes sortes de choses, des plus anodines aux plus sérieuses.

C’est dans ce mouvement du corps que ton absence devient la plus vivante, comme une ombre légère qui guide mes pas. Cette déambulation à deux me rappelle les sentiers de Sylvain Tesson dans Sur les chemins noirs, où le paysage finit par se peupler de nos espérances les plus secrètes.

​Je veille sur toi, ma petite Svetlana.

Chaque sommet atteint est un horizon que nous découvrons ensemble, un dialogue silencieux qui ne s'interrompt jamais.

Aujourd'hui, tu aurais la trentaine, et cette marche continue car elle est le battement de mon cœur de père, un pas après l'autre, dans la clarté de ton prénom.

Svetlana, celle qui apporte la lumière...

#errances

 
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from IAN

Aux pronucléaires, une réponse des concerné·es Réponse au texte « Sortir de l’impasse arrêt du nucléaire »

Introduction L’année dernière, un texte, « Sortir de l’impasse arrêt du nucléaire », a été diffusé par des (ex)camarades du NPA sur les réseaux sociaux, à charge contre le NPA et plus particulièrement sa Commission Nationale Écologie. Le texte décortique et remet en question un 4 page de critique du conglomérat militaro-industriel nucléaire qui propose un plan de sortie, dans un contexte français. Ces (ex)camarades affirment, eux, que la lutte antinucléaire est une impasse… Et revendiquent donc au contraire une relance de l’industrie – et de la politique – nucléaire. Nous sommes plusieurs anciens et actuels travailleurs du nucléaire au sein de la Commission Nationale Ecologie du NPA à connaître ce secteur comme notre poche et à tenter de prouver le contraire par tous les moyens. Chèr·es camarades qui hésitez, vacillez, voire changez d’avis… Voici l’analyse point par point des arguments pro-nucléaires, pro-industrie, pro-productivité, de la part d’un camarade ingénieur nucléaire, anciennement chez EDF, toujours solidaire de la Commission Ecologie (et) du NPA.2

Au menu : 1. nous comparerons pour commencer, de manière détaillée, les revendications des travailleureuses de l’industrie nucléaire à celles des pronucléaires, 2. puis nous répondrons à une grande partie des thématiques abordées par les pronucléaires, sur des aspects plus « techniques », point par point.

C’est parti ! Travailleureuses du nucléaire : nos revendications

« Le parti ignore totalement les revendications de ces travailleurs » (p.15) La brochure « sortir du nucléaire en 10 ans » n’abordait effectivement pas cette question. Mais le parti, lui, connaît bien les revendications du secteur, et il n’a pas la maladresse de réduire à un paragraphe, et à la seule centrale de Fessenheim, les revendications de ses travailleureuses (p.15), ni de tenter de les « convaincre » de l’extérieur (p.24)… tout simplement car certains d’entre nous FONT ou ont fait partie de ces travailleureuses. Ingénieur-matériaux du nucléaire et vieillissement, ingénieur-expert technique, et ingénieur géologue.

Nous savons que nous faisons pas partie de la majorité : la majorité est sous-traitante, et ouvrière/technicienne plutôt qu’ingénieure… Comme dans toutes les industries. Cependant, nous connaissons les revendications de nos camarades, et ce sont les nôtres… Les voici. Revendications des sous-traitant·es (Ma Zone Contrôlée) • « Obtenir une reconnaissance juste de notre travail, • Application de l’article 4 des IEG (statut EDF) à tous les intervenants à EDF • Application d’une convention collective plancher pour tous les autres, avec salaires mensuels minimum… • Reconnaissance des formations initiales… • Reconnaissance des spécificités du salarié du nucléaire… • Indemnisation du travail en grand déplacement (plus de 2 heures A/R ou plus de 50km du domicile) • Sécurité de l’emploi : suivi médical à vie et possibilité de reclassements dans des emplois moins contraignants ou sédentaires • Retraite dès 55 ans pour les plus de 30 ans de carrière, au vue de la pénibilité spécifique du travail, • Reconnaissance d’un accident de travail quand la dose de radioactivité cumulée annuellement dépasse 10 mSv3, ou 300 mSv sur toute la carrière • Reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur et indemnisations afférentes en cas de maladie professionnelle liée à une exposition à la radioactivité (aka rayonnements ionisants) » Voilà pour ce qui concerne l’association « Ma Zone Contrôlée », association de salarié·es sous-traitant·es et prestataires des industries nucléaires, chimiques, pétrochimiques, pour améliorer la sécurité des interventions, et la sûreté des installations… Salarié·es qui, pour rappel, représente la majorité du secteur. Revendications de CGT Mines Énergies Pour ce qui est de la CGT-Mines Énergies, voici un résumé du projet CGT 2014 magnifiquement illustré (où l’on aperçoit légèrement dans quel genre de conditions l’on travaille dans ce secteur) d’Accord collectif interentreprises pour les salariés du nucléaire intervenant sur ou pour les Installations Nucléaires de Base en France, où nous ne citerons que les titres des différentes sections du document : • Organisation du temps de travail • Rémunération • Congés et jours fériés • Gestion de l’emploi, formation professionnelle, et postulations interentreprises, • Logement, • Protection sociale, • Relations collectives, exercice du droit syndical et représentation du personnel Sur la « transparence incroyable » de l’industrie nucléaire

Les travailleureuses du nucléaire, ce sont aussi des travailleureuses détaché·es : pensons au chantier de l’EPR où des centaines de détaché·es roumain·es, polonais·es, travaillaient sans couverture sociale, sans respect du code du travail.4

Revenons à Ma Zone Contrôlée un instant : son président, Gilles REYNAUD était menacé de licenciement en 2018 pour engagement associatif, politique, et syndical. De plus, ce même président, dans une discussion personnelle en manifestation à Nancy contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires (2019), affirmait être favorable à la sortie du nucléaire, autogérée par les travailleureuses des centrales.

Pensons également à l’IRSN, cet institut public et « indépendant » défendu par les pronucléaires, qui a licencié Dr Christine Fassert en 2020 pour recherches un peu trop transparentes sur les conséquences de Fukushima…5

Pour la transparence incroyable de l’industrie nucléaire et de ses données, on repassera… En comparaison : 17 revendications des pronucléaires... Revenons, pour finir, sur les revendications finales regroupées des pronucléaires dans leur texte (p.22 à 23). Et jouons au jeu des 17 différences avec celles des travailleureuses : 1. « atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, 2. investir dans l’innovation, 3. planification massive de l’économie, 4. électrification massive des industries manufacturières et lourdes, 5. réduire la taille des véhicules individuels et développer le transport électrique […] si possible, 6. transformer la production de chaleur via des énergies carbones par n’importe quels autres moyens (en fonction du contexte) : […] chauffage électrique, […] cogénération nucléaire… 7. Financer la recherche sur les substituts artificiels à la viande, 8. Poursuivre la modernisation de l’agriculture, qui permet de réduire la surface agraire nécessaire […]. 9. [Poursuivre] la recherche sur les OGM [pour] réduire le besoin en produits phytosanitaires polluants et améliorer la productivité en climats difficiles. »

Pour les revendications plus « ambitieuses » (p.23) : 10. « Multiplier la construction d’EPR, 11. Développer massivement les projets de petits réacteurs [SMR], 12. Relancer le projet ASTRID, 13. Lancer des projets de cogénération nucléaire, 14. Réorienter les milliards d’aides publiques au privé vers la recherche publique sur les énergies alternatives, l’énergie nucléaire et les solutions de stockage. 15. Prolonger au maximum la durée de vie des moyens de production d’électricité bas carbone [comprendre « centrales nucléaires »] »

Et pour finir en beauté : 16. « Affirmer et défendre l’autorité des agences publiques (ANDRA [entreprise qui gère CIGEO] […]) 17. Nous débarrasser des croyances irrationnelles et des discours anti-scientifiques. » (p.24)

… Où sont les revendications des travailleureuses ? Où est la solidarité avec les militant·es fiché·es et reprimé·es par la milice privée de l’ANDRA ? Où est l’appel à expropriation des patrons du nucléaire ? Où sont les revendications socialistes : antiracistes ? Féministes ? Anticolonialistes ? Point par point : réponses « scientifiques » Revenons maintenant sur l’accusation de faiblesse programmatique déclinée sur plusieurs thématiques proposées par les pronucléaires : nucléaire militaire, énergies renouvelables, réseau électrique, risque/danger… et nombres de morts. Nucléaire civil et militaire, indissociable… Sophisme #1 Petit échauffement radioactif sur le sophisme « il n’y a eu qu’une seule bombe fabriquée avec du combustible nucléaire usé, donc le militaire n’a rien à voir avec le civil » (p.3).

Nul besoin de théorie du complot pour constater le lien politique entre Armées et Industries – l’industrie nucléaire n’y échappe pas. Le “plutonium” ou l’uranium nécessaires pour la fabrication d’une bombe ont bien sur un lien étroit avec l’industrie « civile » de production d’électricité. S’il n’existe aucun document scientifique public laissant penser que la production de bombe à partir du combustible usé soit possible, cela n’est en aucun cas une preuve que c’est impossible… Comme le rappelle très bien la vidéo YouTube du Réveilleur citée par les pro-nucléaires eux-mêmes, quelques secondes après le passage cité par les pronucléaires : « très compliqué ou strictement impossible ? […] comme beaucoup de ces informations sont secrètes, je pense qu’il est très difficile de trancher objectivement. L’agence internationale de l’énergie atomique [AIEA] a une approche très conservative sur cette question et considère que n’importe quel plutonium pourrait être utilisé pour produire des bombes. »6 Le Réveilleur cite également, dans sa vidéo, deux articles de recherche en ingénierie nucléaire dont l’un rappelle que « Fabriquer du plutonium qui minimise voire empêche la prolifération [de l’arme nucléaire dans le monde] est un objectif des institutions de sûreté et sécurité nucléaire » [traduction maison]7 … objectif, encore en 2018, de limiter l’usage du plutonium civil dans les bombes atomiques… car oui, le plutonium civil peut être utilisé dans les bombes atomiques, pour résumer. Nous terminerons sur une citation du président déjà citée par la CNE dans un article de l’Anticapitaliste du 11 mars 2021 : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil. » E.Macron, à Framatome (Creusot-Monceau, 2020) C’est vrai, nous avons fait une erreur dans l’introduction de notre vieille brochure : le lien entre nucléaire civil-militaire n’était pas un « secret », ni un « complot »... C’était une politique assumée, publique, revendiquée par le gouvernement. Mix énergétique et intermittence « C’est non seulement un programme [de sortie du nucléaire vers les renouvelables] très ambitieux, mais surtout unique en son genre et basé sur aucun exemple réel. » (p.4) Merci pour les compliments ! Nous sommes des utopistes anticapitalistes revendiqué·es. Plus sérieusement : un programme est par définition ambitieux, et celui de sortie du nucléaire est effectivement inédit, non-basé sur le réel, tout simplement car le cas de la France est inédit, particulier, et qu’aucun autre pays ayant atteint cette proportion de nucléaire dans son mix électrique n’en est sorti. Maintenant, nous ne sommes pas les seulEs à avoir imaginé un futur sans nucléaire : il y a également le réseau Sortir Du Nucléaire (qui oui, tolérerait l’usage du gaz), ou encore l’association NégaWatt (scénario 2017-2050 sans gaz ni charbon pour le coup).

« quand le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas, la France a toujours besoin d’énergie…. Et quand y’a plus d’Uranium où qu’une centrale est en arrêt temporaire… la France a toujours besoin d’énergie. […] il est important de pouvoir piloter la production, et plus particulièrement maintenir la production constamment à la hauteur de la consommation. » (p.5) Eh oui, toutes les énergies sont intermittentes ! Nucléaires et renouvelables : les deux sont intermittentes. Le problème passe donc du coté de la consommation : cette « consommation » constante est-elle réellement viable ? Tous les scenarii de transition énergétique passe par une politique de baisse de la consommation d’électricité (et d’énergie en général). Ce fameux « besoin d’électricité» de la France, il est dicté par une logique de consommation, de capitalisme, qui a besoin d’exploiter au maximum les forces productives et reproductives… Mais rappelons qu’il n’y a pas un siècle, nos ancêtres se passaient très bien «d’électricité constante ». A l’inverse, l’augmentation de la quantité d’électricité disponible dans les foyers n’est corrélée à aucun « progrès social » : les inégalités et dominations en tout genre n’ont pas cessé avec l’arrivée du tout-nucléaire en France. Les outils électriques, électroniques, et par la suite numériques, ont certes révolutionné notre manière de communiquer, de travailler. Mais ils n’ont aucunement révolutionné les rapports de pouvoir… Les inégalités de richesse continuent d’augmenter, par exemple entre hommes et femmes : l’inégalité patrimoniale entre hommes et femmes est passée de 9% en 1998 à 16 % en 20158. L’électricité permanente n’est donc pas un « bien public », car il ne nous appartient pas réellement. C’est un « outil », qui peut être utile ponctuellement, mais qui n’est pas une fin en soi, ni un synonyme de progrès social. « Il faut également bien comprendre que les énergies renouvelables reposent sur des sources d’énergies très diffuses, contrairement aux énergies thermiques qui se basent sur des sources d’énergies très concentrées. Ainsi, il y a évidemment moins d’énergie contenue dans un m³ d’air en mouvement que dans le même volume de pétrole ou d’uranium… […] il y a une raison pour laquelle les capitalistes ont abandonné les anciennes énergies renouvelables au profit du charbon et du pétrole. » [soulignement de la rédaction] (p.7) Eh oui, cette raison, c’est que ce sont des capitalistes qui n’ont que faire des conditions de travail et de l’écologie. Et nous, nous ne sommes pas des capitalistes, ni des nationalistes. Nous sommes communistes, féministes, décoloniaux, internationalistes, syndicalistes. Nous sommes pour la diffusion des sources d’énergie, et contre sa concentration. Oui, les éoliennes et panneaux solaires industriels nécessitent plus de matériaux (en tonnes, et en diversité) que le nucléaire… Oui, le soutien à l’investissement aveugle et capitaliste dans les énergies renouvelables est une erreur de nos précédents textes. Oui, il nous faut changer de discours sur la « propreté » ou non d’une industrie comparée à une autre. Oui, nous devons oublier l’idée d’un avenir où l’électricité coulera à flot continu dans nos prises électriques comme aujourd’hui. Mais non, critiquer le système colonialiste qui exploite et a exploité l’Uranium en Afrique n’est pas une grande faiblesse. Non, nous ne défendrons pas l’extractivisme en Afrique car « il est moins pire » que l’extractivisme en Chine. Le piège pronucléaire du « c’est l’industrie la moins sale » ou de la politique du « bénéfice/risque » ne nous convaincra pas. Un réel projet communiste, féministe, décolonialiste, anticapitaliste, émergera d’une remise en question globale du mythe de cette « consommation » constante, des « besoins de la France », soi-disant nécessaire au « progrès social ». Sur le fonctionnement du réseau « du fait de l’impossibilité de stocker de l’électricité, cette dernière doit constamment être produite en même temps qu’elle est consommée » (p.8) Autre idée : consommer moins d’électricité ? Encore une fois : le NPA ne défendra pas de politique productiviste simplement pour « répondre à une consommation ». Ce sont les capitalistes qui nous imposent cette consommation.

« RTE prévient clairement que dans ce scénario, le réseau français ne serait plus capable de résister à de gros hivers comme celui de 2012 ou 2017. [...] Pourtant, avec une augmentation massive du chauffage électrique et des pompes à chaleur, comment ne pas envisager des pics de consommation de plus en plus hauts en hiver ? » (p.11) Peut-être en réfléchissant une diminution du chauffage électrique et des pompes à chaleur… ? En soutenant la lutte contre le gaspillage industriel d’électricité, dans les usines, les panneaux publicitaires, les chauffages d’immeubles vides ?

« Si toute l’Europe fait le pari d’un scénario similaire, les pics de production se trouveront environ aux mêmes périodes, et personne ne sera en mesure de produire suffisamment d’électricité lors des pics en hiver. Ce scénario s’appuie donc indirectement sur les pays qui accepteront de conserver une production fossile et nucléaire » (p.11) L’inverse est vrai également : un pays ne peut faire le « choix » du nucléaire que si les autres n’y ont pas accès. Car les ressources en uranium seraient insuffisantes pour tous les pays du monde, et car l’industrie nucléaire repose sur l’exploitation (néo)colonialiste des mines étrangères, sur le capitalisme concurrentiel. Soutenir le nucléaire à l’échelle française est donc une politique nationaliste car il ignore l’impossibilité aux autres pays de candidater à une telle énergie… Et au NPA, nous sommes internationalistes. Emissions de Gaz à Effet de Serre (GES) « […] si le développement des EnRi n’a pour l’instant pas permis de décarboner le mix électrique d’un seul pays, la France est justement parvenue en à peine plus d’une décennie à faire s’écrouler ces émissions de GES grâce au déploiement de son parc nucléaire : » (p.12)

Pour un rapport dit « scientifique », on repassera sur la rigueur des sources : il manque ici une citation complète qui permet d’aller vérifier le graphique. La consultation du « World Bank Climate Change portal » ne suffit pas à retrouver facilement le graphique, son contexte, sa méthode.

Nous allons donc ici nous contenter de commenter ce graphique : • pas d’unité de mesure sur l’axe des ordonnées du graphique (50 carottes ? 100 patates?) • « faire s’écrouler ses émissions de GES » : le terme d’écroulement est interprétatif, et non quantitatif… Forcément, il n’y a pas d’unité de mesure sur l’axe des ordonnées. • Corrélation n’est pas causalité : rappelons ici qu’un simple graphique n’est pas gage de véracité scientifique. Nous vous renvoyons vers le site très comique de « Spurious correlations » pour illustrer notre méfiance. 9 • De plus, les pointillés « nuclear power expansion » semblent représenter la période 1980-1988… Ce qui est faux : l’expansion de la puissance nucléaire n’a pas commencé en 1980. La datation d’un tel concept est difficile, mais pour ne parler que de la technologie actuellement utilisée en France (« REP »), elle a remplacée les UNGG dès 1967, en commençant à la centrale de Chooz. Un mix français 100 % renouvelables est possible Inutile de rappeler les divers scénarios existants (RTE, NégaWatt, ADEME) ni de rappeler que plusieurs pays l’ont déjà fait10. Mêmes de pronucléaires le disent : voir la réponse positive à la question « La France peut-elle se passer de nucléaire ? » par Alain Grandjean, membre du cabinet Carbone 4 avec Jean-Marc Jancovici11. Cela dit, on est bien d’accord, être un pays à 100 % renouvelable n’est pas la panacée, on ne s’arrêtera pas à une aussi simple et incomplète revendication. Coût du nucléaire « Cela se serait fait en faisant payer au consommateur “le coût titanesque du démantèlement et de la gestion des déchets” quand bien même ce coût ne représenterait que 6% du coût global de production12 […] » (p.12) Pour rappel, aucun chantier de déconstruction de centrale nucléaire civile française n’a abouti à ce jour, en France. Seuls quelques petits réacteurs de recherche ont été démantelés entièrement (au CEA de Grenoble par exemple). Contextualisons donc un peu ces 6 % avec l’article du CEA utilisé par les pronucléaires… Voici le début de la phrase, le contexte de ces 6 % : « Concernant le démantèlement des centrales et la gestion de la totalité des déchets, la Cour des comptes a indiqué qu’ils sont, par nature, très difficiles à prévoir en raison du manque de retour d’expérience dans ce domaine. Cependant, même si les incertitudes sont grandes, leur faible part dans le coût du kWh nucléaire ne conduira qu’à un impact limité : pas plus de 6% du coût global de production. » Maintenant, rajoutons que le CEA – Commissariat à l’Energie Atomique, institution capitaliste pronucléaire – ne détaille pas ici combien ces incertitudes sont grandes exactement. 6 % avec une incertitude de ±1 %, de ±5 %, ou de ±10 %… cela change complètement la donne. Or, impossible de consulter le texte de la Cour des comptes dont se sert le CEA, car eux-mêmes ne sont pas rigoureux dans leurs publications… difficile de trouver autre chose qu’un coût « par MWh », c’est-à-dire par unité d’énergie… Donc ces 6 %, on les applique à quoi ? À combien ? Rappelons enfin que pour démanteler une centrale nucléaire, il faut des camions qui roulent au pétrole. Il faut des machines qui tournent au gasoil. Et il faut des salariéEs qui connaissent les plans des centrales… Or du pétrole, on en a passé le pic. Les salariéEs qui connaiss(ai)ent les plans des centrales… sont mortEs, ou à la retraite. EDF, aujourd’hui, vit une perte de compétences sur ses propres outils de production, car la transmission de savoir est défaillante : sous-traitance, sous-formation, sous-investissement. La Direction des Projets de Déconstruction et Déchets d’EDF ne recrute plus depuis au moins 3 ans : en effet, le démantèlement est le cadet des soucis de la direction générale. Le coût du démantèlement ne va donc sûrement pas rester ce qu’il est aujourd’hui. Uranium naturel, et réouverture des mines françaises ? « […] cette énergie [est] peu sensible aux conflits géopolitiques qui pourrait faire gonfler le prix ou limiter l’import d’uranium. Même dans un cas d’embargo total, le stock national (d’uranium enrichis + d’uranium naturel) permettrait de tenir entre 3 à 5 ans d’exploitation13, sans compter la possibilité de reprendre l’exploitation des 210 mines d’uranium présentes sur le territoire métropolitain (dont l’exploitation a été abandonné dû à un rendement assez faible14). » (p.13) Les communistes pronucléaires citent ici la SFEN (Société Française de l’Energie Nucléaire), autre association de bourgeois capitaliste pronucléaires qui défendent « l’avancée du nucléaire ». Encore une fois, ce n’est pas une source scientifique. Mais bref : 3 à 5 ans de stocks « stratégiques » permettant de faire survivre le nucléaire en cas de crise du capitalisme… De quoi rassurer tout le monde, dans 5 ans on trouvera une autre solution.

Passons à la relance de l’extractivisme français, et des mines uranifères métropolitaines… Des volontaires ? Nulle part sur l’article de Wikipedia (source très scientifique vous en conviendrez), n’est indiqué un rendement « assez faible » de ces mines… Par contre, le même article Wikipedia parle bien de « conditions d'exploitation difficile (mines souterraines) et une opposition locale parfois très forte ». Rappelons enfin qu’un Collectif Mines d’Uranium existe et dénonce15, non pas le triste abandon des mines d’uranium alors qu’on pourrait encore en extraire un petit peu de yellow cake… mais l’ingérence de l’ex-Cogema/Areva/Orano, l’impact sanitaire de ces mines, l’opacité de l’industrie sur cette question, la faiblesse du Code Minier sur la gestion « après-mine »… Pour nous, militantEs antinucléaires et écologistes, l’extractivisme minier écocidaire, c’est NULLE PART : ni au Niger… ni au Canada… ni en Chine pour les énergies renouvelables… ni en France pour l’indépendance nucléaire. 250000 tonnes d’Uranium non-exploitées ? « Mais cela est sans compter les réserves énormes de la France d’uranium appauvris (99% de l’uranium naturel), de plutonium et d’actinides mineurs (dont nous reparlerons plus tard), qui constituent une réserve de combustible de plus de 250 000 tonnes, pour l’instant non exploitée. » (p.13) On dirait que l’exploitation est le maître-mot des communistes pronucléaires. Et ici, bizarrement, on retrouve le terme interprétatif et abusif de « énorme » pour qualifier ce stock d’uranium appauvri, ne respectant donc pas le langage scientifique qui impliquerait un minimum de précision, de vocabulaire quantitatif. Ce chiffre vient du même article de la SFEN, qui précise après ce chiffre que le recyclage d’un tel uranium appauvri nécessiterait le développement de la Génération 4 de Réacteurs nucléaires, une « Nouvelle technologie » de réacteurs à Neutrons Rapides... Voyons voir ce qu’il en est... Futures technologies, échelle industrielle et Science-fiction « S’appuyer sur des technologies qui n’existent pas encore à l’échelle industrielle rend très improbable le projet du NPA de réaliser un mix “100% énergie renouvelable” en 10 ans. Pour ne pas dire impossible. » (p.9) Appliquons cet argument à leurs propres propositions d’innovation technologique : les pronucléaires défendent le développement d’une Génération 4 de réacteurs. Pour information, la Génération 3 contient les technologies actuelles, REP et EPR. • EPR (« Gen 3 ») ◦ seule la Chine a réussi à mettre en service 2 réacteurs de type EPR (une fuite radioactive a déjà été recensée néanmoins due à un défaut de fabrication du combustible mais ce n’est pas le sujet) ◦ en France, il y a effectivement un chantier en cours… en cours… en cours… et on attend la fin du chantier. Depuis 14 ans. La génération 3 est donc loin d’être terminée. ◦ en Finlande, même attente… chantier en cours depuis plus de 17 ans. ◦ En Angleterre, début de chantier il y a 3 ans. • Réacteur à Neutron Rapide (« Gen 4 ») ◦ En Russie, il y a deux réacteurs en service actuellement de cette technologie. ◦ En France ▪ Réacteur Phénix, expérimental, de recherche, qui a mené à la conception de Superphénix. ▪ Réacteur Superphénix : deuxième prototype construit en 76, mis en service 1984, arreté en 97 (soit 13 ans, dont seulement 6 de production réelle)16, et en cours de démantèlement… encore aujourd’hui. Cela nous fait un total de 6 ans de production d’électricité sur… 37 ans d’existence et d’investissement. Belle intermittence ! Qui a, rappelons-le, même si ce n’est pas le sujet de cette section fait un mort dans notre camp : Vital Michalon, assassiné par la police lors d’une manifestation contre ce projet, le 31 juillet 1977. ▪ ASTRID : projet d’AREVA abandonné récemment, faute de moyens, jusqu’à au moins « la deuxième moitié du siècle », répond le CEA au Monde (Nabil Wakim, 29 août 2019)… ▪ Pour la « Gen 4 » de réacteurs nucléaires pour recycler les déchets de l’industrie… on repassera. • ITER ◦ En France : prototype de réacteur à fusion nucléaire… en construction depuis 2010, pleine puissance prévue seulement pour 2035, et industrialisation sur d’autres réacteurs à ne pas attendre avant 2060… Le réchauffement climatique n’a qu’à être patient. Pour l’instant, la production industrielle d’électricité à fusion nucléaire est littéralement… de la science fiction. • SMR ◦ Small Modular Reactors… Ils existent sur le papier… Mais aucun réacteur de ce type n’existe concrètement à ce jour. Beaucoup d’articles (scientifiques ou médiatiques), beaucoup de plans en 3D dans les bureaux d’étude, beaucoup d’investissements politiques, mais aucun prototype, aucun chantier en cours, ni à l’échelle industrielle, ni à aucune autre. Sophisme #2 : les chats sont mortels… Socrate est mortel... Deuxième exemple de sophisme dans les arguments pronucléaires, un peu hors sujet : « Il sera sans doute bien difficile pour les auteurs d’expliquer pourquoi tous les autres secteurs du service public français […] souffrent de privatisation et de conditions de travail dégradées, malgré l’absence de réacteur nucléaire en leur sein » (p,14) Voilà un nouveau challenge pour la Commission Nationale Écologie : il n’y a pas de réacteur nucléaire dans les hôpitaux, pourtant eux aussi souffrent de la privatisation… Conclusion : les réacteurs nucléaires ne sont pas un problème ! Des « avantages environnementaux méconnus » « faible écotoxicité notamment sur l’eau douce et sur l’océan, aucune émission de S02 et Nox, faible potentiel d'épuisement abiotique, faible empreinte au sol (dont nous avons déjà parlé) et donc faible impact sur la biodiversité, faible production de déchets chimiques, faible impact sur la couche d’ozone… Sur tous ces points et plusieurs autres, l’énergie nucléaire est souvent meilleure, parfois fait jeu égal, avec les autres sources d’énergies considérées comme vertes. » (p.15) Cette énumération de qualités, extraites d’un rapport de l’Union Européenne, soulève la question de « l’écotoxicité » des politiques et industries nucléaire en comparaison avec les autres sources d’énergie, charbon/gaz compris. Ce rapport de l’UE ne permet non pas de prouver que le nucléaire a de « nombreux avantages environnementaux méconnus » (p.15), mais bien que le nucléaire « n’est pas plus dangereux que les énergies renouvelables, selon les critères habituels de la taxonomie européenne »… Et encore, on va pouvoir rentrer dans le détail et nuancer ce propos. Si je ne savais pas moi-même ce que signifiait « potentiel d’épuisement abiotique » avant de lire le rapport, les graphiques sur les autres critères semblent effectivement, en apparence, sans appel. Il est d’ailleurs bien énoncé en introduction du rapport européen, alinéa « main findings » (page 11 sur 387, traduit et résumé du mieux que je peux) : • « l’émission de gaz à effet de serre en moyenne sur tout le cycle de vie de l’industrie nucléaire est équivalente à celle de l’hydroélectrique et l’éolienne (je parle des industries), • l’énergie nucléaire émet autant, ou moins, de NOx, SO2, PM, NMVOC, que la photovoltaïque et l’éolienne, • elle eutrophise et acidifie les océans autant, voire moins, que la photovoltaïque et l’éolienne, [contredit plus bas], • pareil concernant la pollution des eaux douces et marines, • elle prend autant de place au sol que le gaz, c’est-à-dire moins que l’éolienne et la photovoltaïque. »

Maintenant... • On peut d’ores et déjà constater la manipulation du texte pronucléaire quant à la reformulation de certains résultats : « émet autant, voire moins, de NOx, etc. » (rapport EU) devient « aucune émission de SO2 et NOX » (texte pronucléaire). Passons cette erreur que l’on mettra sur le dos d’une inattention. • Ce rapport européen ne donne pas accès aux incertitudes sur les chiffres : on a là une énumération de comparaisons sans nuance. Plus grande que… Autant que… Légèrement moins que… Beaucoup moins que… Et ce, selon des moyennes prises sur tout le cycle de vie des industries citées… On a des max et des min de pollution sur tout un pays, toute une industrie… Si l’on souhaite du détail sur les chiffres, on tombe, via les références du rapport, sur des PDF payants, ou en anglais, « for policymakers » (autrement dit… circulez, ce texte est à destination des politiciens, pas du grand public), qui eux-mêmes ne permettent pas toujours de vérifier certaines affirmations. • Enfin, rien qu’en rentrant dans le détail des graphiques proposés par le rapport, on peut remettre en doute certains « avantages méconnus » du nucléaire… ◦ Exemple 1 : Tentons de vérifier si le nucléaire émet effectivement autant, voire moins, de PM et NMVOC – peu importe ce que tout ces sigles signifient pour les pronucléaires – que le photovoltaïque et que l’éolien, en consultant les graphiques du rapport (les 3.2-18). Des bâtons indiquent l’intensité d’émission de ces deux types de particules. Sur le graphique, on observe effectivement que le nucléaire en émet moins que le solaire photovoltaïque, et émet moins de NMVOC que l’éolien… par contre… oups… si j’en crois bien mes lunettes, et ma fonction Zoom de Mozilla… le nucléaire émet légèrement plus de PM (particules fines) que l’éolien… il semblerait environ 0,01 g/kWh de plus. ◦ Exemple 2 : la même contradiction est visible sur le sujet de l’eutrophisation et de l’acidification des océans. Sur le graphique 3.2-10 du rapport, la technologie nucléaire « EPR » (la colonne EFR correspond à une technologie non-utilisée) dépasse, en pollution, l’éolien offshore et le photovoltaïque à technologie Cadmium-Telluride.

Globalement donc, même s’il est vrai selon ce rapport que le nucléaire est comparable en terme d’impact écologique global, parfois légèrement supérieur, aux autres sources d’électricité et de chaleur… Affirmer que le nucléaire fait « souvent mieux » et « parfois égal », sur « tous ces points et plusieurs autres » relève par contre de l’hyperbole digne d’un chargé de communication défenseur d’une technologie mortifère. D’ailleurs... Le nucléaire ne tue que 2 personnes par mois ! Des volontaires ? Pour reprendre les chiffres des pronucléaires… Le nucléaire, ce ne serait que 0,07 décès par TWh produit (en comptant les morts liés à tout le cycle de vie des centrales notamment le minage du combustible, et les accidents nucléaires)… Alors, calculons. Fois environ 55 TWh de consommation mensuelle d’électricité par les Français·es17 cela fait 3,85 décès… Diminués car la part de nucléaire dans le mix électrique français n’est que d’environ 75 %. Cela représente donc environ 2 personnes par mois mortes à cause de l’industrie électronucléaire, en France… Des volontaires ? Nous n’oublierons pas Vital Michalon Mort tué par la police le 31 juillet 1977, il manifestait contre le projet de surgénérateur à neutrons rapide Superphénix. « Ces chiffres restent ridicules face à ceux des barrages hydroélectriques » (p.18) À la CNE du NPA, nous ne compterons pas les morts. Nous refusons cette démarche autoritaire de « sacrifice pour le communisme » ou de comparaison entre « la peste et le choléra ». Oui les énergies fossiles tuent encore plus… Oui l’hydraulique tue encore plus… Mais nos vies ne sont pas des chiffres. On ne peut pas parler de « 0,02 » décès par unité d’énergie… C’est un glissement très dangereux vers une politique mortifère qui va au « moins pire ». Nous sommes révolutionnaires, nous voulons des conditions de VIE dignes. Pas des conditions de MORT. Le NPA ne défend aucune industrie, ni le pétrole, ni le gaz, ni le charbon, ni l’éolien, ni le solaire, ni le nucléaire, en fonction des chiffres de nombre de morts… La moindre mort est inadmissible, et indiscutable. Accidents nucléaires Les pronucléaires chercheront toujours à minimiser l’impact, le nombre, l’ampleur des accidents nucléaires, via plusieurs stratégies : • renvoyer à l’étranger (Japon, Russie, USA), alors qu’en France aussi il y a eu des accidents nucléaires (Saint-Laurent-des-Eaux, en 1969 et 1980). • minimiser les conséquences (« y’a qu’à Chernobyl qu’il y a eu des morts, selon l’UNSCEAR ») • changer de sujet (« le changement climatique tue également »… « au Japon c’était un tsunami le problème »… « les autres énergies sont encore PLUS meurtrières »…) • brandir des sciences dures et masculines, voire même des pseudo-sciences18, pour justifier l’incertitude sur les chiffres (difficulté statistique/mathématiques… difficultés de mesures radiologiques... dissensus scientifique sur les bienfaits des petites doses… il faut utiliser des modèles linéaires sans seuil… )

Nous refusons la déresponsabilisation de la moindre mort. Les ingénieur·es nucléaires connaissent les dangers (ou les risques, peu importe), liés à cette technologie. Iels savent que chaque accident nucléaire a fait des centaines voire des milliers de morts, ne serait-ce qu’en comptant celles des liquidateurs, chaire à canon envoyée au front à chaque accident. Celleux qui n’ont rien fait, rien dit, sont coresponsables des morts liées aux accidents et incidents. Nous refusons également de qualifier de « ridicules » les « quelques » victimes, de les ridiculiser, de mépriser les familles des victimes mortes pour leur travail, leur géolocalisation subie proche d’une activité nucléaire, voire d’un bombardement :

« Quoi qu’il en soit, ces chiffres restent ridicules […] » (p.18) Je ne sais plus quoi répondre à ce mépris. Comparaison « bénéfice / risque » Pour illustrer l’incohérence de cette comparaison, petit tableau fait main : Bénéfices : • Électricité en permanence dans le réseau pour répondre aux demandes des consommateurices • « Progrès social » (jamais détaillé par les pronucléaires, peu importe ce que cela signifie finalement) • ça créé de l’emploi dans les anciennes colonies, ou pays partenaires, voire même en France (en sous-traitance par contre, vous êtes averti·es) Risques : • Pénibilité du travail et maladie professionnelle liée aux rayonnements ionisants en centrale, • Pénibilité du travail dans les mines d’uranium, et maladies liées à la radioactivité des mines d’uranium abandonnées, • Licenciements pour activité syndicale, • Poursuite judiciaire pour lancement d’alerte illégal vis-à-vis du secret industriel, • Fuites radioactives liées au vieillissement des matériaux des centrales • Fuites radioactives liées aux erreurs inévitables de fabrication des cuves et autres pièces centrales • Dégradation des écosystèmes marins liée au réchauffement de l’eau fluviale qui passe à travers les centrales • Dégradation des écosystèmes terrestres liée à la fuite radioactive des stockages de déchets longue durée • Accident nucléaire lié à la rupture d’une pièce centrale d’un réacteur, menant à une explosion • Accident nucléaire lié au démantèlement des vieilles centrales Graphite Gaz dont certains matériaux sont explosifs • Prolifération de l’arme nucléaire dans le monde liée au cycle de préparation et de traitement du combustible nucléaire • Maintien en place du système gouvernemental autoritaire et militaire qui repose en partie sur son arsenal nucléaire

Démantèlement Dans notre ancienne brochure, nous indiquions en effet que « c’est [au démantèlement et à la gestion des déchets] que devra désormais être consacrée une bonne partie de l’énergie humaine. C’est un chantier gigantesque mais indispensable à la survie de l’humanité et qui va devoir occuper les travailleurs, du manœuvre au scientifique, pour réparer les erreurs du passé et la folie capitaliste ». (p.19) Cette phrase est effectivement discutable, voire erronée selon moi. En effet, pour moi (auteur du texte), le démantèlement n’est plus forcément souhaitable à ce jour (car techniquement difficile, coûteux, dangereux pour les travailleurEs, et générateur de déchets). Les déchets, eux, par contre, seront toujours là, et représenteront toujours un chantier à assumer, même une fois « sortiEs du nucléaire » (arrêt des centrales). Déchets « Les déchets liés à l’industrie nucléaire civile n’ont jamais tué personne » (p.19) 2002, un ouvrier meurt sur le chantier de CIGEO, projet de stockage des déchets nucléaires. 2016, 26 janvier, un autre ouvrier meurt dans un éboulement, au fond d’une galerie. Ça fait deux.

« leur impact sur l’environnement est négligeable19 » (p.19) Source ? ANDRA. Agence Nationale des Déchets Radioactifs… ANDRA qui pour rappelle, a employé une milice privée pour matraquer, flashballer et surveiller les militantEs antinucléaires, de manière antidémocratique, voire fascisante. L’ANDRA se fiche de l’impact environnemental de leurs déchets : aucune étude n’a rendu de résultat positif et long-terme de la solidité de leur projet de stockage… De plus, un centre de stockage de déchet, ce n’est pas fabriqué en bois et en terre crue… Béton, acier, imperméabilisation du sol, tous ces impacts ne sont pas négligeables. « Les déchets nucléaires représentent en fait une part ridicule de la quantité totale de déchets produite par un individu chaque année : 4689 kg dont [...] 4 grammes sont des déchets de haute activité. » (p.19) Sauf que ces 4 grammes de tels déchets, par personne, suffisent à tuer cette personne, rien qu’en les regardant, car ces déchets sont radioactifs de manière létale… Contrairement aux tonnes d’épluchures et de plastiques que l’on met dans nos poubelles grises. Et encore une fois, le NPA est contre TOUS les déchets industriels : nous nous opposons au gâchis de plastique, de métal, de matières organiques, de béton de ciment, d’acier, tout autant que de matière radioactive… « il existe déjà un exemple naturel de stockage en CGP : le réacteur nucléaire naturel d'Oklo au Gabon » (p.20) La Nature, le « naturel » n’est pas un adjectif scientifique, ni positif, ni rien du tout. C’est une construction politique, qui sert en permanence à justifier les politiques les plus conservatrices : les phénomènes dits « naturels » ont toujours été les arguments de dernier recours pour justifier sexisme, racisme, classisme, colonialisme, et toutes autres dominations. L’existence d’Uranium dans le sol depuis des millénaires ne valide pas scientifiquement l’extractivisme capitaliste, ni le projet autoritaire d’enfouissement CIGEO. Le pétrole aussi, c’est naturel, et ça existe depuis des millénaires… Consommons-en ! Conclusion La seule revendication des communistes pronucléaires que nous partageons, c’est la suivante : « Une transition énergétique réussie passera par un secteur public fort, contrôlé démocratiquement par ces travailleurs. » (p.24) Comme le citent les communistes pronucléaires, le secteur public de l’énergie fait face au projet Hercule qui prévoit de découper EDF en vue d’en privatiser une partie, notamment la gestion des EnRi… Sauf que les pronucléaires oublient de préciser que le nucléaire, lui, est toujours public, et le restera après ce démantèlement d’EDF… Tout simplement car l’État ne souhaite pas faire peser le coût du nucléaire sur le budget de ses amis militaro-industriels.

Nous sommes d’accord également pour lutter contre le greenwashing des ONG, de l’État et des entreprises privées. Maintenant, rappelons que le NPA ne lutte pas pour la neutralité carbone de la France – concept compatible avec des stratégies colonialistes de compensation – mais bien la réduction de la consommation, de la production, et des émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, nous ne pouvons par contre entendre la demande d’« affirmer et défendre l’autorité des agences publiques (ANDRA) » que comme une trahison vis-à-vis des militantEs agresséEs par cette même agence sur le terrain de CIGEO, trahison nationaliste, capitaliste, et antisociale. Enfin, le discours oral d’un des auteurs du texte sur le fait de « pas être complètement contre les sous-marins et bombes nucléaires, car en cas de guerre impérialiste vous comprenez… nous on préfère le démantèlement conjoint avec les autres pays »… (sous-entendu, pas de démantèlement des bombes au CEA Valduc tant que les autres pays ne s’y mettent pas). Ce discours non-assumé à l’écrit, lui, ne manquera pas d’alerter sur la tolérance pro-militaire qui se cache derrière chaque discours pronucléaire, et de nous renforcer dans nos positions pacifistes, anti-nucléaires (civil et militaire), anti-impérialistes, anti-militaires.

 
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from Blog d'une enfant de ce siècle

LIBERTE INCURABLE

Ce morceau fait partie de “Prends Le Large!”, un conte dont je suis l'autrice. Il est inspiré de mes séjours en mer avec l'association des Amis du Jeudi Dimanche, à bord du Rara Avis et du Bel Espoir.

Version en Langue des Signes Française par Janick Matton de Interpretis, à l'occasion de La Nuit du Slam à Toulouse :

Paroles et chant : Kaena Composition et guitare : Thibaut Delhommeau. Merci à lui, Simon Houdin et Gauthier Lorthiois sans qui ce projet n'aurait jamais vu le jour.

Paroles de "Liberté Incurable"

REFRAIN 1

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

(respiration)

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

Brûler le pavé!

COUPLET (7 mesures)

Sève des pluies Soupirs des landes Poumons de vent Au bord du cri Se sauver des guides Des chemins tracés Des ombres livides Au torse inhabité

Excéder la vitesse des rivières Sauter dans des arbres qui poussent à l'envers Qui vont serpenter serpenter sous tes pas T’élever dans les cimes de leurs bras

Gravir les mâts des navires S’enivrer de senteurs diverses Rejaillir hors de la détresse En guérir face à ton inverse Pourfendre les forteresses

S’y ruer Se répandre Se heurter Se toucher Se surprendre Se comprendre S’affronter Front contre frontières blindées

Fondre sur la peur qui nous masque Voir qu’elle n’est que fumée fantasque Cueillir ensemble dans les abîmes La fleur de l’âme par ses racines

REFRAIN 2

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

(respiration)

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

Balancer les pavés

COUPLET (10 mesures) Il faut se déranger Il faut désobéir Il faut se perdre s'esquinter se souiller de sève Et de pierre taillée pour gagner Les secrets de la ville Et plonger dans son corps jamais tranquile

Ne laisse pas la poussière du passé te noyer le bras de fer de broyer les grandes promesses te soudoyer Ne laisse pas la chambre de sûreté de ton foyer brider ton coeur quand tes pleurs sont affamés d'ailleurs  Ton enfant intérieur te crie De ne pas courir après les heures

Mais de talonner le tir du temps perdre haleine Te jeter dans l'océan détaler dans les pentes verdoyantes Gagner les hauteurs arborescentes Tant qu'il y en a encore

Notre terre a de l'or en son sein  Casse les ressorts de tes mains pour embrasser ton sort dans ses lendemains

Vite fuis lève les yeux sur la lune qui te surprend Vite fuis lève les yeux sur des paysages indécents  Vite fuis lève les yeux tout peut finir en un instant Vite fuis Lève les yeux Soigne-toi du monde d'antan

L'esclavagisme du confort L'insomnie des cœurs censurés L'étranger promis à la mort Le massacre des insurgés Les intelligences ruinées par les mains appâtées par l'or  Les corps cassés entassés broyés sous ses roues encore et encore

Tu es de ceux qui comme moi Étouffe dans l'air des prisons  Sauve ce coeur battant qu'on noie Fais-lui respirer l'horizon Déterre-le de ses blessures  Rejoins l'armée de la passion Qu'entre nous s'abatte les murs dans un ouragan d'unisson

REFRAIN 3

Se cabrer braver décamper voguer (x5)

Épuiser les pavés !

 
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from Nok - FetM

Tissée de silence, de doutes et de sweats à capuche noirs trop larges, elle se cache dans l’anonymat des couloirs du lycée Laure Gatet.

Pendant seize ans, Léa n’a été qu’une chrysalide. Hier encore, sa playlist de rock mélancolique était son cocon, seul rempart contre le jugement des autres et le bruit du monde.

Ce matin, l'activation de PranaFlow a déchiré la soie et elle s'est évadée de sa magnanerie.

​Sur le Boulevard Michel Montaigne, Léa n’est plus une ombre. L’application a opéré sa métamorphose. Ses écouteurs diffusent une nappe de fréquences pures qui semble redresser sa colonne vertébrale vertèbre après vertèbre. Ses épaules se redressent, libérées du poids invisible de la honte, rehaussent et mettent en avant sa poitrine qui devient magnifique, s'affirmant sous son haut désormais ajusté. Elle ne cherche plus à s'effacer. Sa démarche change. Elle fend la foule avec l'assurance d'un mannequin.

Les ailes déployées, elle est devenue ce Monarque qu'elle n'osait pas être. Éclatante, magnétique, sa nouvelle silhouette déploie une autorité que tout le monde remarque. Lorsqu'elle croise le groupe de filles qui, d'ordinaire, lui faisait baisser les yeux, elle soutient leur regard. Ce n'est pas un défi, c'est une absence totale d'émotion. Ses yeux sont devenus des miroirs froids, signalant sa nouvelle toxicité.

Les garçons sont attirés par cette attitude à l'apparence pseudo-mystique. Ils lui lancent des blagues pour lui signifier qu'elle est désirable, qu'elle est « bonne ». Mais rien ne passe la barrière de ses AirPods.

​« Regardez-moi. Je suis belle et intelligente et je vous survole. Misérables insectes ».

Dans la cour du lycée, son amie Chloé l'interpelle, déroutée :

– Léa ! T'as vu le message pour ce soir ? On se voit à la fontaine ?

Léa s'arrête, ne retire pas ses écouteurs. Elle regarde Chloé comme un papillon observe une fourmi depuis les hauteurs. La vibration de 433 Hz pulse dans son diaphragme, une onde de plaisir sec qui remplace les battements désordonnés de son cœur d'enfant.

​– Je serai occupée, répond Léa.

​Sa voix est posée, stable, dénuée de cette petite hésitation qui la rendait humaine. Elle ne ressent plus le besoin de plaire, ni celui d'être aimée. Elle est simplement... en pleine conscience d'elle-même.

Chloé recule d'un pas, percutée par cette assurance glacée. Elle ne reconnaît plus sa copine. Que lui est-il arrivé ?

Léa, elle, reprend sa marche. Elle est devenue sa propre idole, une créature parfaite et vénéneuse, seule au milieu du flux, enfermée dans une fréquence où plus rien, ni personne, ne peut l'atteindre.

Le Monarque a pris son envol, mais il a laissé son humanité dans les restes de la chrysalide.

#séries #pranaflow

 
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from FAUT L'FER

21/03/2026

Reno 01

BRISES-VUES EN ARC.

Pour la première fois, il me faut suivre la courbe du terrain.

Il s'agissait ici de remplacer une haie de thuyas viellissante qu'il fallait arracher. Les clients avaient déjà fait appel à moi il y a sept ans pour la pose d'un portail et de panneaux tressés. Contents du résultat et de la durabilité de ceux-ci, ils ont opté pour la même solution.

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Billet précédant

#Palissades #Blog

 
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