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from IAN

Aux pronucléaires, une réponse des concerné·es Réponse au texte « Sortir de l’impasse arrêt du nucléaire »

Introduction L’année dernière, un texte, « Sortir de l’impasse arrêt du nucléaire », a été diffusé par des (ex)camarades du NPA sur les réseaux sociaux, à charge contre le NPA et plus particulièrement sa Commission Nationale Écologie. Le texte décortique et remet en question un 4 page de critique du conglomérat militaro-industriel nucléaire qui propose un plan de sortie, dans un contexte français. Ces (ex)camarades affirment, eux, que la lutte antinucléaire est une impasse… Et revendiquent donc au contraire une relance de l’industrie – et de la politique – nucléaire. Nous sommes plusieurs anciens et actuels travailleurs du nucléaire au sein de la Commission Nationale Ecologie du NPA à connaître ce secteur comme notre poche et à tenter de prouver le contraire par tous les moyens. Chèr·es camarades qui hésitez, vacillez, voire changez d’avis… Voici l’analyse point par point des arguments pro-nucléaires, pro-industrie, pro-productivité, de la part d’un camarade ingénieur nucléaire, anciennement chez EDF, toujours solidaire de la Commission Ecologie (et) du NPA.2

Au menu : 1. nous comparerons pour commencer, de manière détaillée, les revendications des travailleureuses de l’industrie nucléaire à celles des pronucléaires, 2. puis nous répondrons à une grande partie des thématiques abordées par les pronucléaires, sur des aspects plus « techniques », point par point.

C’est parti ! Travailleureuses du nucléaire : nos revendications

« Le parti ignore totalement les revendications de ces travailleurs » (p.15) La brochure « sortir du nucléaire en 10 ans » n’abordait effectivement pas cette question. Mais le parti, lui, connaît bien les revendications du secteur, et il n’a pas la maladresse de réduire à un paragraphe, et à la seule centrale de Fessenheim, les revendications de ses travailleureuses (p.15), ni de tenter de les « convaincre » de l’extérieur (p.24)… tout simplement car certains d’entre nous FONT ou ont fait partie de ces travailleureuses. Ingénieur-matériaux du nucléaire et vieillissement, ingénieur-expert technique, et ingénieur géologue.

Nous savons que nous faisons pas partie de la majorité : la majorité est sous-traitante, et ouvrière/technicienne plutôt qu’ingénieure… Comme dans toutes les industries. Cependant, nous connaissons les revendications de nos camarades, et ce sont les nôtres… Les voici. Revendications des sous-traitant·es (Ma Zone Contrôlée) • « Obtenir une reconnaissance juste de notre travail, • Application de l’article 4 des IEG (statut EDF) à tous les intervenants à EDF • Application d’une convention collective plancher pour tous les autres, avec salaires mensuels minimum… • Reconnaissance des formations initiales… • Reconnaissance des spécificités du salarié du nucléaire… • Indemnisation du travail en grand déplacement (plus de 2 heures A/R ou plus de 50km du domicile) • Sécurité de l’emploi : suivi médical à vie et possibilité de reclassements dans des emplois moins contraignants ou sédentaires • Retraite dès 55 ans pour les plus de 30 ans de carrière, au vue de la pénibilité spécifique du travail, • Reconnaissance d’un accident de travail quand la dose de radioactivité cumulée annuellement dépasse 10 mSv3, ou 300 mSv sur toute la carrière • Reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur et indemnisations afférentes en cas de maladie professionnelle liée à une exposition à la radioactivité (aka rayonnements ionisants) » Voilà pour ce qui concerne l’association « Ma Zone Contrôlée », association de salarié·es sous-traitant·es et prestataires des industries nucléaires, chimiques, pétrochimiques, pour améliorer la sécurité des interventions, et la sûreté des installations… Salarié·es qui, pour rappel, représente la majorité du secteur. Revendications de CGT Mines Énergies Pour ce qui est de la CGT-Mines Énergies, voici un résumé du projet CGT 2014 magnifiquement illustré (où l’on aperçoit légèrement dans quel genre de conditions l’on travaille dans ce secteur) d’Accord collectif interentreprises pour les salariés du nucléaire intervenant sur ou pour les Installations Nucléaires de Base en France, où nous ne citerons que les titres des différentes sections du document : • Organisation du temps de travail • Rémunération • Congés et jours fériés • Gestion de l’emploi, formation professionnelle, et postulations interentreprises, • Logement, • Protection sociale, • Relations collectives, exercice du droit syndical et représentation du personnel Sur la « transparence incroyable » de l’industrie nucléaire

Les travailleureuses du nucléaire, ce sont aussi des travailleureuses détaché·es : pensons au chantier de l’EPR où des centaines de détaché·es roumain·es, polonais·es, travaillaient sans couverture sociale, sans respect du code du travail.4

Revenons à Ma Zone Contrôlée un instant : son président, Gilles REYNAUD était menacé de licenciement en 2018 pour engagement associatif, politique, et syndical. De plus, ce même président, dans une discussion personnelle en manifestation à Nancy contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires (2019), affirmait être favorable à la sortie du nucléaire, autogérée par les travailleureuses des centrales.

Pensons également à l’IRSN, cet institut public et « indépendant » défendu par les pronucléaires, qui a licencié Dr Christine Fassert en 2020 pour recherches un peu trop transparentes sur les conséquences de Fukushima…5

Pour la transparence incroyable de l’industrie nucléaire et de ses données, on repassera… En comparaison : 17 revendications des pronucléaires... Revenons, pour finir, sur les revendications finales regroupées des pronucléaires dans leur texte (p.22 à 23). Et jouons au jeu des 17 différences avec celles des travailleureuses : 1. « atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, 2. investir dans l’innovation, 3. planification massive de l’économie, 4. électrification massive des industries manufacturières et lourdes, 5. réduire la taille des véhicules individuels et développer le transport électrique […] si possible, 6. transformer la production de chaleur via des énergies carbones par n’importe quels autres moyens (en fonction du contexte) : […] chauffage électrique, […] cogénération nucléaire… 7. Financer la recherche sur les substituts artificiels à la viande, 8. Poursuivre la modernisation de l’agriculture, qui permet de réduire la surface agraire nécessaire […]. 9. [Poursuivre] la recherche sur les OGM [pour] réduire le besoin en produits phytosanitaires polluants et améliorer la productivité en climats difficiles. »

Pour les revendications plus « ambitieuses » (p.23) : 10. « Multiplier la construction d’EPR, 11. Développer massivement les projets de petits réacteurs [SMR], 12. Relancer le projet ASTRID, 13. Lancer des projets de cogénération nucléaire, 14. Réorienter les milliards d’aides publiques au privé vers la recherche publique sur les énergies alternatives, l’énergie nucléaire et les solutions de stockage. 15. Prolonger au maximum la durée de vie des moyens de production d’électricité bas carbone [comprendre « centrales nucléaires »] »

Et pour finir en beauté : 16. « Affirmer et défendre l’autorité des agences publiques (ANDRA [entreprise qui gère CIGEO] […]) 17. Nous débarrasser des croyances irrationnelles et des discours anti-scientifiques. » (p.24)

… Où sont les revendications des travailleureuses ? Où est la solidarité avec les militant·es fiché·es et reprimé·es par la milice privée de l’ANDRA ? Où est l’appel à expropriation des patrons du nucléaire ? Où sont les revendications socialistes : antiracistes ? Féministes ? Anticolonialistes ? Point par point : réponses « scientifiques » Revenons maintenant sur l’accusation de faiblesse programmatique déclinée sur plusieurs thématiques proposées par les pronucléaires : nucléaire militaire, énergies renouvelables, réseau électrique, risque/danger… et nombres de morts. Nucléaire civil et militaire, indissociable… Sophisme #1 Petit échauffement radioactif sur le sophisme « il n’y a eu qu’une seule bombe fabriquée avec du combustible nucléaire usé, donc le militaire n’a rien à voir avec le civil » (p.3).

Nul besoin de théorie du complot pour constater le lien politique entre Armées et Industries – l’industrie nucléaire n’y échappe pas. Le “plutonium” ou l’uranium nécessaires pour la fabrication d’une bombe ont bien sur un lien étroit avec l’industrie « civile » de production d’électricité. S’il n’existe aucun document scientifique public laissant penser que la production de bombe à partir du combustible usé soit possible, cela n’est en aucun cas une preuve que c’est impossible… Comme le rappelle très bien la vidéo YouTube du Réveilleur citée par les pro-nucléaires eux-mêmes, quelques secondes après le passage cité par les pronucléaires : « très compliqué ou strictement impossible ? […] comme beaucoup de ces informations sont secrètes, je pense qu’il est très difficile de trancher objectivement. L’agence internationale de l’énergie atomique [AIEA] a une approche très conservative sur cette question et considère que n’importe quel plutonium pourrait être utilisé pour produire des bombes. »6 Le Réveilleur cite également, dans sa vidéo, deux articles de recherche en ingénierie nucléaire dont l’un rappelle que « Fabriquer du plutonium qui minimise voire empêche la prolifération [de l’arme nucléaire dans le monde] est un objectif des institutions de sûreté et sécurité nucléaire » [traduction maison]7 … objectif, encore en 2018, de limiter l’usage du plutonium civil dans les bombes atomiques… car oui, le plutonium civil peut être utilisé dans les bombes atomiques, pour résumer. Nous terminerons sur une citation du président déjà citée par la CNE dans un article de l’Anticapitaliste du 11 mars 2021 : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil. » E.Macron, à Framatome (Creusot-Monceau, 2020) C’est vrai, nous avons fait une erreur dans l’introduction de notre vieille brochure : le lien entre nucléaire civil-militaire n’était pas un « secret », ni un « complot »... C’était une politique assumée, publique, revendiquée par le gouvernement. Mix énergétique et intermittence « C’est non seulement un programme [de sortie du nucléaire vers les renouvelables] très ambitieux, mais surtout unique en son genre et basé sur aucun exemple réel. » (p.4) Merci pour les compliments ! Nous sommes des utopistes anticapitalistes revendiqué·es. Plus sérieusement : un programme est par définition ambitieux, et celui de sortie du nucléaire est effectivement inédit, non-basé sur le réel, tout simplement car le cas de la France est inédit, particulier, et qu’aucun autre pays ayant atteint cette proportion de nucléaire dans son mix électrique n’en est sorti. Maintenant, nous ne sommes pas les seulEs à avoir imaginé un futur sans nucléaire : il y a également le réseau Sortir Du Nucléaire (qui oui, tolérerait l’usage du gaz), ou encore l’association NégaWatt (scénario 2017-2050 sans gaz ni charbon pour le coup).

« quand le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas, la France a toujours besoin d’énergie…. Et quand y’a plus d’Uranium où qu’une centrale est en arrêt temporaire… la France a toujours besoin d’énergie. […] il est important de pouvoir piloter la production, et plus particulièrement maintenir la production constamment à la hauteur de la consommation. » (p.5) Eh oui, toutes les énergies sont intermittentes ! Nucléaires et renouvelables : les deux sont intermittentes. Le problème passe donc du coté de la consommation : cette « consommation » constante est-elle réellement viable ? Tous les scenarii de transition énergétique passe par une politique de baisse de la consommation d’électricité (et d’énergie en général). Ce fameux « besoin d’électricité» de la France, il est dicté par une logique de consommation, de capitalisme, qui a besoin d’exploiter au maximum les forces productives et reproductives… Mais rappelons qu’il n’y a pas un siècle, nos ancêtres se passaient très bien «d’électricité constante ». A l’inverse, l’augmentation de la quantité d’électricité disponible dans les foyers n’est corrélée à aucun « progrès social » : les inégalités et dominations en tout genre n’ont pas cessé avec l’arrivée du tout-nucléaire en France. Les outils électriques, électroniques, et par la suite numériques, ont certes révolutionné notre manière de communiquer, de travailler. Mais ils n’ont aucunement révolutionné les rapports de pouvoir… Les inégalités de richesse continuent d’augmenter, par exemple entre hommes et femmes : l’inégalité patrimoniale entre hommes et femmes est passée de 9% en 1998 à 16 % en 20158. L’électricité permanente n’est donc pas un « bien public », car il ne nous appartient pas réellement. C’est un « outil », qui peut être utile ponctuellement, mais qui n’est pas une fin en soi, ni un synonyme de progrès social. « Il faut également bien comprendre que les énergies renouvelables reposent sur des sources d’énergies très diffuses, contrairement aux énergies thermiques qui se basent sur des sources d’énergies très concentrées. Ainsi, il y a évidemment moins d’énergie contenue dans un m³ d’air en mouvement que dans le même volume de pétrole ou d’uranium… […] il y a une raison pour laquelle les capitalistes ont abandonné les anciennes énergies renouvelables au profit du charbon et du pétrole. » [soulignement de la rédaction] (p.7) Eh oui, cette raison, c’est que ce sont des capitalistes qui n’ont que faire des conditions de travail et de l’écologie. Et nous, nous ne sommes pas des capitalistes, ni des nationalistes. Nous sommes communistes, féministes, décoloniaux, internationalistes, syndicalistes. Nous sommes pour la diffusion des sources d’énergie, et contre sa concentration. Oui, les éoliennes et panneaux solaires industriels nécessitent plus de matériaux (en tonnes, et en diversité) que le nucléaire… Oui, le soutien à l’investissement aveugle et capitaliste dans les énergies renouvelables est une erreur de nos précédents textes. Oui, il nous faut changer de discours sur la « propreté » ou non d’une industrie comparée à une autre. Oui, nous devons oublier l’idée d’un avenir où l’électricité coulera à flot continu dans nos prises électriques comme aujourd’hui. Mais non, critiquer le système colonialiste qui exploite et a exploité l’Uranium en Afrique n’est pas une grande faiblesse. Non, nous ne défendrons pas l’extractivisme en Afrique car « il est moins pire » que l’extractivisme en Chine. Le piège pronucléaire du « c’est l’industrie la moins sale » ou de la politique du « bénéfice/risque » ne nous convaincra pas. Un réel projet communiste, féministe, décolonialiste, anticapitaliste, émergera d’une remise en question globale du mythe de cette « consommation » constante, des « besoins de la France », soi-disant nécessaire au « progrès social ». Sur le fonctionnement du réseau « du fait de l’impossibilité de stocker de l’électricité, cette dernière doit constamment être produite en même temps qu’elle est consommée » (p.8) Autre idée : consommer moins d’électricité ? Encore une fois : le NPA ne défendra pas de politique productiviste simplement pour « répondre à une consommation ». Ce sont les capitalistes qui nous imposent cette consommation.

« RTE prévient clairement que dans ce scénario, le réseau français ne serait plus capable de résister à de gros hivers comme celui de 2012 ou 2017. [...] Pourtant, avec une augmentation massive du chauffage électrique et des pompes à chaleur, comment ne pas envisager des pics de consommation de plus en plus hauts en hiver ? » (p.11) Peut-être en réfléchissant une diminution du chauffage électrique et des pompes à chaleur… ? En soutenant la lutte contre le gaspillage industriel d’électricité, dans les usines, les panneaux publicitaires, les chauffages d’immeubles vides ?

« Si toute l’Europe fait le pari d’un scénario similaire, les pics de production se trouveront environ aux mêmes périodes, et personne ne sera en mesure de produire suffisamment d’électricité lors des pics en hiver. Ce scénario s’appuie donc indirectement sur les pays qui accepteront de conserver une production fossile et nucléaire » (p.11) L’inverse est vrai également : un pays ne peut faire le « choix » du nucléaire que si les autres n’y ont pas accès. Car les ressources en uranium seraient insuffisantes pour tous les pays du monde, et car l’industrie nucléaire repose sur l’exploitation (néo)colonialiste des mines étrangères, sur le capitalisme concurrentiel. Soutenir le nucléaire à l’échelle française est donc une politique nationaliste car il ignore l’impossibilité aux autres pays de candidater à une telle énergie… Et au NPA, nous sommes internationalistes. Emissions de Gaz à Effet de Serre (GES) « […] si le développement des EnRi n’a pour l’instant pas permis de décarboner le mix électrique d’un seul pays, la France est justement parvenue en à peine plus d’une décennie à faire s’écrouler ces émissions de GES grâce au déploiement de son parc nucléaire : » (p.12)

Pour un rapport dit « scientifique », on repassera sur la rigueur des sources : il manque ici une citation complète qui permet d’aller vérifier le graphique. La consultation du « World Bank Climate Change portal » ne suffit pas à retrouver facilement le graphique, son contexte, sa méthode.

Nous allons donc ici nous contenter de commenter ce graphique : • pas d’unité de mesure sur l’axe des ordonnées du graphique (50 carottes ? 100 patates?) • « faire s’écrouler ses émissions de GES » : le terme d’écroulement est interprétatif, et non quantitatif… Forcément, il n’y a pas d’unité de mesure sur l’axe des ordonnées. • Corrélation n’est pas causalité : rappelons ici qu’un simple graphique n’est pas gage de véracité scientifique. Nous vous renvoyons vers le site très comique de « Spurious correlations » pour illustrer notre méfiance. 9 • De plus, les pointillés « nuclear power expansion » semblent représenter la période 1980-1988… Ce qui est faux : l’expansion de la puissance nucléaire n’a pas commencé en 1980. La datation d’un tel concept est difficile, mais pour ne parler que de la technologie actuellement utilisée en France (« REP »), elle a remplacée les UNGG dès 1967, en commençant à la centrale de Chooz. Un mix français 100 % renouvelables est possible Inutile de rappeler les divers scénarios existants (RTE, NégaWatt, ADEME) ni de rappeler que plusieurs pays l’ont déjà fait10. Mêmes de pronucléaires le disent : voir la réponse positive à la question « La France peut-elle se passer de nucléaire ? » par Alain Grandjean, membre du cabinet Carbone 4 avec Jean-Marc Jancovici11. Cela dit, on est bien d’accord, être un pays à 100 % renouvelable n’est pas la panacée, on ne s’arrêtera pas à une aussi simple et incomplète revendication. Coût du nucléaire « Cela se serait fait en faisant payer au consommateur “le coût titanesque du démantèlement et de la gestion des déchets” quand bien même ce coût ne représenterait que 6% du coût global de production12 […] » (p.12) Pour rappel, aucun chantier de déconstruction de centrale nucléaire civile française n’a abouti à ce jour, en France. Seuls quelques petits réacteurs de recherche ont été démantelés entièrement (au CEA de Grenoble par exemple). Contextualisons donc un peu ces 6 % avec l’article du CEA utilisé par les pronucléaires… Voici le début de la phrase, le contexte de ces 6 % : « Concernant le démantèlement des centrales et la gestion de la totalité des déchets, la Cour des comptes a indiqué qu’ils sont, par nature, très difficiles à prévoir en raison du manque de retour d’expérience dans ce domaine. Cependant, même si les incertitudes sont grandes, leur faible part dans le coût du kWh nucléaire ne conduira qu’à un impact limité : pas plus de 6% du coût global de production. » Maintenant, rajoutons que le CEA – Commissariat à l’Energie Atomique, institution capitaliste pronucléaire – ne détaille pas ici combien ces incertitudes sont grandes exactement. 6 % avec une incertitude de ±1 %, de ±5 %, ou de ±10 %… cela change complètement la donne. Or, impossible de consulter le texte de la Cour des comptes dont se sert le CEA, car eux-mêmes ne sont pas rigoureux dans leurs publications… difficile de trouver autre chose qu’un coût « par MWh », c’est-à-dire par unité d’énergie… Donc ces 6 %, on les applique à quoi ? À combien ? Rappelons enfin que pour démanteler une centrale nucléaire, il faut des camions qui roulent au pétrole. Il faut des machines qui tournent au gasoil. Et il faut des salariéEs qui connaissent les plans des centrales… Or du pétrole, on en a passé le pic. Les salariéEs qui connaiss(ai)ent les plans des centrales… sont mortEs, ou à la retraite. EDF, aujourd’hui, vit une perte de compétences sur ses propres outils de production, car la transmission de savoir est défaillante : sous-traitance, sous-formation, sous-investissement. La Direction des Projets de Déconstruction et Déchets d’EDF ne recrute plus depuis au moins 3 ans : en effet, le démantèlement est le cadet des soucis de la direction générale. Le coût du démantèlement ne va donc sûrement pas rester ce qu’il est aujourd’hui. Uranium naturel, et réouverture des mines françaises ? « […] cette énergie [est] peu sensible aux conflits géopolitiques qui pourrait faire gonfler le prix ou limiter l’import d’uranium. Même dans un cas d’embargo total, le stock national (d’uranium enrichis + d’uranium naturel) permettrait de tenir entre 3 à 5 ans d’exploitation13, sans compter la possibilité de reprendre l’exploitation des 210 mines d’uranium présentes sur le territoire métropolitain (dont l’exploitation a été abandonné dû à un rendement assez faible14). » (p.13) Les communistes pronucléaires citent ici la SFEN (Société Française de l’Energie Nucléaire), autre association de bourgeois capitaliste pronucléaires qui défendent « l’avancée du nucléaire ». Encore une fois, ce n’est pas une source scientifique. Mais bref : 3 à 5 ans de stocks « stratégiques » permettant de faire survivre le nucléaire en cas de crise du capitalisme… De quoi rassurer tout le monde, dans 5 ans on trouvera une autre solution.

Passons à la relance de l’extractivisme français, et des mines uranifères métropolitaines… Des volontaires ? Nulle part sur l’article de Wikipedia (source très scientifique vous en conviendrez), n’est indiqué un rendement « assez faible » de ces mines… Par contre, le même article Wikipedia parle bien de « conditions d'exploitation difficile (mines souterraines) et une opposition locale parfois très forte ». Rappelons enfin qu’un Collectif Mines d’Uranium existe et dénonce15, non pas le triste abandon des mines d’uranium alors qu’on pourrait encore en extraire un petit peu de yellow cake… mais l’ingérence de l’ex-Cogema/Areva/Orano, l’impact sanitaire de ces mines, l’opacité de l’industrie sur cette question, la faiblesse du Code Minier sur la gestion « après-mine »… Pour nous, militantEs antinucléaires et écologistes, l’extractivisme minier écocidaire, c’est NULLE PART : ni au Niger… ni au Canada… ni en Chine pour les énergies renouvelables… ni en France pour l’indépendance nucléaire. 250000 tonnes d’Uranium non-exploitées ? « Mais cela est sans compter les réserves énormes de la France d’uranium appauvris (99% de l’uranium naturel), de plutonium et d’actinides mineurs (dont nous reparlerons plus tard), qui constituent une réserve de combustible de plus de 250 000 tonnes, pour l’instant non exploitée. » (p.13) On dirait que l’exploitation est le maître-mot des communistes pronucléaires. Et ici, bizarrement, on retrouve le terme interprétatif et abusif de « énorme » pour qualifier ce stock d’uranium appauvri, ne respectant donc pas le langage scientifique qui impliquerait un minimum de précision, de vocabulaire quantitatif. Ce chiffre vient du même article de la SFEN, qui précise après ce chiffre que le recyclage d’un tel uranium appauvri nécessiterait le développement de la Génération 4 de Réacteurs nucléaires, une « Nouvelle technologie » de réacteurs à Neutrons Rapides... Voyons voir ce qu’il en est... Futures technologies, échelle industrielle et Science-fiction « S’appuyer sur des technologies qui n’existent pas encore à l’échelle industrielle rend très improbable le projet du NPA de réaliser un mix “100% énergie renouvelable” en 10 ans. Pour ne pas dire impossible. » (p.9) Appliquons cet argument à leurs propres propositions d’innovation technologique : les pronucléaires défendent le développement d’une Génération 4 de réacteurs. Pour information, la Génération 3 contient les technologies actuelles, REP et EPR. • EPR (« Gen 3 ») ◦ seule la Chine a réussi à mettre en service 2 réacteurs de type EPR (une fuite radioactive a déjà été recensée néanmoins due à un défaut de fabrication du combustible mais ce n’est pas le sujet) ◦ en France, il y a effectivement un chantier en cours… en cours… en cours… et on attend la fin du chantier. Depuis 14 ans. La génération 3 est donc loin d’être terminée. ◦ en Finlande, même attente… chantier en cours depuis plus de 17 ans. ◦ En Angleterre, début de chantier il y a 3 ans. • Réacteur à Neutron Rapide (« Gen 4 ») ◦ En Russie, il y a deux réacteurs en service actuellement de cette technologie. ◦ En France ▪ Réacteur Phénix, expérimental, de recherche, qui a mené à la conception de Superphénix. ▪ Réacteur Superphénix : deuxième prototype construit en 76, mis en service 1984, arreté en 97 (soit 13 ans, dont seulement 6 de production réelle)16, et en cours de démantèlement… encore aujourd’hui. Cela nous fait un total de 6 ans de production d’électricité sur… 37 ans d’existence et d’investissement. Belle intermittence ! Qui a, rappelons-le, même si ce n’est pas le sujet de cette section fait un mort dans notre camp : Vital Michalon, assassiné par la police lors d’une manifestation contre ce projet, le 31 juillet 1977. ▪ ASTRID : projet d’AREVA abandonné récemment, faute de moyens, jusqu’à au moins « la deuxième moitié du siècle », répond le CEA au Monde (Nabil Wakim, 29 août 2019)… ▪ Pour la « Gen 4 » de réacteurs nucléaires pour recycler les déchets de l’industrie… on repassera. • ITER ◦ En France : prototype de réacteur à fusion nucléaire… en construction depuis 2010, pleine puissance prévue seulement pour 2035, et industrialisation sur d’autres réacteurs à ne pas attendre avant 2060… Le réchauffement climatique n’a qu’à être patient. Pour l’instant, la production industrielle d’électricité à fusion nucléaire est littéralement… de la science fiction. • SMR ◦ Small Modular Reactors… Ils existent sur le papier… Mais aucun réacteur de ce type n’existe concrètement à ce jour. Beaucoup d’articles (scientifiques ou médiatiques), beaucoup de plans en 3D dans les bureaux d’étude, beaucoup d’investissements politiques, mais aucun prototype, aucun chantier en cours, ni à l’échelle industrielle, ni à aucune autre. Sophisme #2 : les chats sont mortels… Socrate est mortel... Deuxième exemple de sophisme dans les arguments pronucléaires, un peu hors sujet : « Il sera sans doute bien difficile pour les auteurs d’expliquer pourquoi tous les autres secteurs du service public français […] souffrent de privatisation et de conditions de travail dégradées, malgré l’absence de réacteur nucléaire en leur sein » (p,14) Voilà un nouveau challenge pour la Commission Nationale Écologie : il n’y a pas de réacteur nucléaire dans les hôpitaux, pourtant eux aussi souffrent de la privatisation… Conclusion : les réacteurs nucléaires ne sont pas un problème ! Des « avantages environnementaux méconnus » « faible écotoxicité notamment sur l’eau douce et sur l’océan, aucune émission de S02 et Nox, faible potentiel d'épuisement abiotique, faible empreinte au sol (dont nous avons déjà parlé) et donc faible impact sur la biodiversité, faible production de déchets chimiques, faible impact sur la couche d’ozone… Sur tous ces points et plusieurs autres, l’énergie nucléaire est souvent meilleure, parfois fait jeu égal, avec les autres sources d’énergies considérées comme vertes. » (p.15) Cette énumération de qualités, extraites d’un rapport de l’Union Européenne, soulève la question de « l’écotoxicité » des politiques et industries nucléaire en comparaison avec les autres sources d’énergie, charbon/gaz compris. Ce rapport de l’UE ne permet non pas de prouver que le nucléaire a de « nombreux avantages environnementaux méconnus » (p.15), mais bien que le nucléaire « n’est pas plus dangereux que les énergies renouvelables, selon les critères habituels de la taxonomie européenne »… Et encore, on va pouvoir rentrer dans le détail et nuancer ce propos. Si je ne savais pas moi-même ce que signifiait « potentiel d’épuisement abiotique » avant de lire le rapport, les graphiques sur les autres critères semblent effectivement, en apparence, sans appel. Il est d’ailleurs bien énoncé en introduction du rapport européen, alinéa « main findings » (page 11 sur 387, traduit et résumé du mieux que je peux) : • « l’émission de gaz à effet de serre en moyenne sur tout le cycle de vie de l’industrie nucléaire est équivalente à celle de l’hydroélectrique et l’éolienne (je parle des industries), • l’énergie nucléaire émet autant, ou moins, de NOx, SO2, PM, NMVOC, que la photovoltaïque et l’éolienne, • elle eutrophise et acidifie les océans autant, voire moins, que la photovoltaïque et l’éolienne, [contredit plus bas], • pareil concernant la pollution des eaux douces et marines, • elle prend autant de place au sol que le gaz, c’est-à-dire moins que l’éolienne et la photovoltaïque. »

Maintenant... • On peut d’ores et déjà constater la manipulation du texte pronucléaire quant à la reformulation de certains résultats : « émet autant, voire moins, de NOx, etc. » (rapport EU) devient « aucune émission de SO2 et NOX » (texte pronucléaire). Passons cette erreur que l’on mettra sur le dos d’une inattention. • Ce rapport européen ne donne pas accès aux incertitudes sur les chiffres : on a là une énumération de comparaisons sans nuance. Plus grande que… Autant que… Légèrement moins que… Beaucoup moins que… Et ce, selon des moyennes prises sur tout le cycle de vie des industries citées… On a des max et des min de pollution sur tout un pays, toute une industrie… Si l’on souhaite du détail sur les chiffres, on tombe, via les références du rapport, sur des PDF payants, ou en anglais, « for policymakers » (autrement dit… circulez, ce texte est à destination des politiciens, pas du grand public), qui eux-mêmes ne permettent pas toujours de vérifier certaines affirmations. • Enfin, rien qu’en rentrant dans le détail des graphiques proposés par le rapport, on peut remettre en doute certains « avantages méconnus » du nucléaire… ◦ Exemple 1 : Tentons de vérifier si le nucléaire émet effectivement autant, voire moins, de PM et NMVOC – peu importe ce que tout ces sigles signifient pour les pronucléaires – que le photovoltaïque et que l’éolien, en consultant les graphiques du rapport (les 3.2-18). Des bâtons indiquent l’intensité d’émission de ces deux types de particules. Sur le graphique, on observe effectivement que le nucléaire en émet moins que le solaire photovoltaïque, et émet moins de NMVOC que l’éolien… par contre… oups… si j’en crois bien mes lunettes, et ma fonction Zoom de Mozilla… le nucléaire émet légèrement plus de PM (particules fines) que l’éolien… il semblerait environ 0,01 g/kWh de plus. ◦ Exemple 2 : la même contradiction est visible sur le sujet de l’eutrophisation et de l’acidification des océans. Sur le graphique 3.2-10 du rapport, la technologie nucléaire « EPR » (la colonne EFR correspond à une technologie non-utilisée) dépasse, en pollution, l’éolien offshore et le photovoltaïque à technologie Cadmium-Telluride.

Globalement donc, même s’il est vrai selon ce rapport que le nucléaire est comparable en terme d’impact écologique global, parfois légèrement supérieur, aux autres sources d’électricité et de chaleur… Affirmer que le nucléaire fait « souvent mieux » et « parfois égal », sur « tous ces points et plusieurs autres » relève par contre de l’hyperbole digne d’un chargé de communication défenseur d’une technologie mortifère. D’ailleurs... Le nucléaire ne tue que 2 personnes par mois ! Des volontaires ? Pour reprendre les chiffres des pronucléaires… Le nucléaire, ce ne serait que 0,07 décès par TWh produit (en comptant les morts liés à tout le cycle de vie des centrales notamment le minage du combustible, et les accidents nucléaires)… Alors, calculons. Fois environ 55 TWh de consommation mensuelle d’électricité par les Français·es17 cela fait 3,85 décès… Diminués car la part de nucléaire dans le mix électrique français n’est que d’environ 75 %. Cela représente donc environ 2 personnes par mois mortes à cause de l’industrie électronucléaire, en France… Des volontaires ? Nous n’oublierons pas Vital Michalon Mort tué par la police le 31 juillet 1977, il manifestait contre le projet de surgénérateur à neutrons rapide Superphénix. « Ces chiffres restent ridicules face à ceux des barrages hydroélectriques » (p.18) À la CNE du NPA, nous ne compterons pas les morts. Nous refusons cette démarche autoritaire de « sacrifice pour le communisme » ou de comparaison entre « la peste et le choléra ». Oui les énergies fossiles tuent encore plus… Oui l’hydraulique tue encore plus… Mais nos vies ne sont pas des chiffres. On ne peut pas parler de « 0,02 » décès par unité d’énergie… C’est un glissement très dangereux vers une politique mortifère qui va au « moins pire ». Nous sommes révolutionnaires, nous voulons des conditions de VIE dignes. Pas des conditions de MORT. Le NPA ne défend aucune industrie, ni le pétrole, ni le gaz, ni le charbon, ni l’éolien, ni le solaire, ni le nucléaire, en fonction des chiffres de nombre de morts… La moindre mort est inadmissible, et indiscutable. Accidents nucléaires Les pronucléaires chercheront toujours à minimiser l’impact, le nombre, l’ampleur des accidents nucléaires, via plusieurs stratégies : • renvoyer à l’étranger (Japon, Russie, USA), alors qu’en France aussi il y a eu des accidents nucléaires (Saint-Laurent-des-Eaux, en 1969 et 1980). • minimiser les conséquences (« y’a qu’à Chernobyl qu’il y a eu des morts, selon l’UNSCEAR ») • changer de sujet (« le changement climatique tue également »… « au Japon c’était un tsunami le problème »… « les autres énergies sont encore PLUS meurtrières »…) • brandir des sciences dures et masculines, voire même des pseudo-sciences18, pour justifier l’incertitude sur les chiffres (difficulté statistique/mathématiques… difficultés de mesures radiologiques... dissensus scientifique sur les bienfaits des petites doses… il faut utiliser des modèles linéaires sans seuil… )

Nous refusons la déresponsabilisation de la moindre mort. Les ingénieur·es nucléaires connaissent les dangers (ou les risques, peu importe), liés à cette technologie. Iels savent que chaque accident nucléaire a fait des centaines voire des milliers de morts, ne serait-ce qu’en comptant celles des liquidateurs, chaire à canon envoyée au front à chaque accident. Celleux qui n’ont rien fait, rien dit, sont coresponsables des morts liées aux accidents et incidents. Nous refusons également de qualifier de « ridicules » les « quelques » victimes, de les ridiculiser, de mépriser les familles des victimes mortes pour leur travail, leur géolocalisation subie proche d’une activité nucléaire, voire d’un bombardement :

« Quoi qu’il en soit, ces chiffres restent ridicules […] » (p.18) Je ne sais plus quoi répondre à ce mépris. Comparaison « bénéfice / risque » Pour illustrer l’incohérence de cette comparaison, petit tableau fait main : Bénéfices : • Électricité en permanence dans le réseau pour répondre aux demandes des consommateurices • « Progrès social » (jamais détaillé par les pronucléaires, peu importe ce que cela signifie finalement) • ça créé de l’emploi dans les anciennes colonies, ou pays partenaires, voire même en France (en sous-traitance par contre, vous êtes averti·es) Risques : • Pénibilité du travail et maladie professionnelle liée aux rayonnements ionisants en centrale, • Pénibilité du travail dans les mines d’uranium, et maladies liées à la radioactivité des mines d’uranium abandonnées, • Licenciements pour activité syndicale, • Poursuite judiciaire pour lancement d’alerte illégal vis-à-vis du secret industriel, • Fuites radioactives liées au vieillissement des matériaux des centrales • Fuites radioactives liées aux erreurs inévitables de fabrication des cuves et autres pièces centrales • Dégradation des écosystèmes marins liée au réchauffement de l’eau fluviale qui passe à travers les centrales • Dégradation des écosystèmes terrestres liée à la fuite radioactive des stockages de déchets longue durée • Accident nucléaire lié à la rupture d’une pièce centrale d’un réacteur, menant à une explosion • Accident nucléaire lié au démantèlement des vieilles centrales Graphite Gaz dont certains matériaux sont explosifs • Prolifération de l’arme nucléaire dans le monde liée au cycle de préparation et de traitement du combustible nucléaire • Maintien en place du système gouvernemental autoritaire et militaire qui repose en partie sur son arsenal nucléaire

Démantèlement Dans notre ancienne brochure, nous indiquions en effet que « c’est [au démantèlement et à la gestion des déchets] que devra désormais être consacrée une bonne partie de l’énergie humaine. C’est un chantier gigantesque mais indispensable à la survie de l’humanité et qui va devoir occuper les travailleurs, du manœuvre au scientifique, pour réparer les erreurs du passé et la folie capitaliste ». (p.19) Cette phrase est effectivement discutable, voire erronée selon moi. En effet, pour moi (auteur du texte), le démantèlement n’est plus forcément souhaitable à ce jour (car techniquement difficile, coûteux, dangereux pour les travailleurEs, et générateur de déchets). Les déchets, eux, par contre, seront toujours là, et représenteront toujours un chantier à assumer, même une fois « sortiEs du nucléaire » (arrêt des centrales). Déchets « Les déchets liés à l’industrie nucléaire civile n’ont jamais tué personne » (p.19) 2002, un ouvrier meurt sur le chantier de CIGEO, projet de stockage des déchets nucléaires. 2016, 26 janvier, un autre ouvrier meurt dans un éboulement, au fond d’une galerie. Ça fait deux.

« leur impact sur l’environnement est négligeable19 » (p.19) Source ? ANDRA. Agence Nationale des Déchets Radioactifs… ANDRA qui pour rappelle, a employé une milice privée pour matraquer, flashballer et surveiller les militantEs antinucléaires, de manière antidémocratique, voire fascisante. L’ANDRA se fiche de l’impact environnemental de leurs déchets : aucune étude n’a rendu de résultat positif et long-terme de la solidité de leur projet de stockage… De plus, un centre de stockage de déchet, ce n’est pas fabriqué en bois et en terre crue… Béton, acier, imperméabilisation du sol, tous ces impacts ne sont pas négligeables. « Les déchets nucléaires représentent en fait une part ridicule de la quantité totale de déchets produite par un individu chaque année : 4689 kg dont [...] 4 grammes sont des déchets de haute activité. » (p.19) Sauf que ces 4 grammes de tels déchets, par personne, suffisent à tuer cette personne, rien qu’en les regardant, car ces déchets sont radioactifs de manière létale… Contrairement aux tonnes d’épluchures et de plastiques que l’on met dans nos poubelles grises. Et encore une fois, le NPA est contre TOUS les déchets industriels : nous nous opposons au gâchis de plastique, de métal, de matières organiques, de béton de ciment, d’acier, tout autant que de matière radioactive… « il existe déjà un exemple naturel de stockage en CGP : le réacteur nucléaire naturel d'Oklo au Gabon » (p.20) La Nature, le « naturel » n’est pas un adjectif scientifique, ni positif, ni rien du tout. C’est une construction politique, qui sert en permanence à justifier les politiques les plus conservatrices : les phénomènes dits « naturels » ont toujours été les arguments de dernier recours pour justifier sexisme, racisme, classisme, colonialisme, et toutes autres dominations. L’existence d’Uranium dans le sol depuis des millénaires ne valide pas scientifiquement l’extractivisme capitaliste, ni le projet autoritaire d’enfouissement CIGEO. Le pétrole aussi, c’est naturel, et ça existe depuis des millénaires… Consommons-en ! Conclusion La seule revendication des communistes pronucléaires que nous partageons, c’est la suivante : « Une transition énergétique réussie passera par un secteur public fort, contrôlé démocratiquement par ces travailleurs. » (p.24) Comme le citent les communistes pronucléaires, le secteur public de l’énergie fait face au projet Hercule qui prévoit de découper EDF en vue d’en privatiser une partie, notamment la gestion des EnRi… Sauf que les pronucléaires oublient de préciser que le nucléaire, lui, est toujours public, et le restera après ce démantèlement d’EDF… Tout simplement car l’État ne souhaite pas faire peser le coût du nucléaire sur le budget de ses amis militaro-industriels.

Nous sommes d’accord également pour lutter contre le greenwashing des ONG, de l’État et des entreprises privées. Maintenant, rappelons que le NPA ne lutte pas pour la neutralité carbone de la France – concept compatible avec des stratégies colonialistes de compensation – mais bien la réduction de la consommation, de la production, et des émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, nous ne pouvons par contre entendre la demande d’« affirmer et défendre l’autorité des agences publiques (ANDRA) » que comme une trahison vis-à-vis des militantEs agresséEs par cette même agence sur le terrain de CIGEO, trahison nationaliste, capitaliste, et antisociale. Enfin, le discours oral d’un des auteurs du texte sur le fait de « pas être complètement contre les sous-marins et bombes nucléaires, car en cas de guerre impérialiste vous comprenez… nous on préfère le démantèlement conjoint avec les autres pays »… (sous-entendu, pas de démantèlement des bombes au CEA Valduc tant que les autres pays ne s’y mettent pas). Ce discours non-assumé à l’écrit, lui, ne manquera pas d’alerter sur la tolérance pro-militaire qui se cache derrière chaque discours pronucléaire, et de nous renforcer dans nos positions pacifistes, anti-nucléaires (civil et militaire), anti-impérialistes, anti-militaires.

 
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from Blog d'une enfant de ce siècle

LIBERTE INCURABLE

Ce morceau fait partie de “Prends Le Large!”, un conte dont je suis l'autrice. Il est inspiré de mes séjours en mer avec l'association des Amis du Jeudi Dimanche, à bord du Rara Avis et du Bel Espoir.

Version en Langue des Signes Française par Janick Matton de Interpretis, à l'occasion de La Nuit du Slam à Toulouse :

Paroles et chant : Kaena Composition et guitare : Thibaut Delhommeau. Merci à lui, Simon Houdin et Gauthier Lorthiois sans qui ce projet n'aurait jamais vu le jour.

Paroles de "Liberté Incurable"

REFRAIN 1

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

(respiration)

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

Brûler le pavé!

COUPLET (7 mesures)

Sève des pluies Soupirs des landes Poumons de vent Au bord du cri Se sauver des guides Des chemins tracés Des ombres livides Au torse inhabité

Excéder la vitesse des rivières Sauter dans des arbres qui poussent à l'envers Qui vont serpenter serpenter sous tes pas T’élever dans les cimes de leurs bras

Gravir les mâts des navires S’enivrer de senteurs diverses Rejaillir hors de la détresse En guérir face à ton inverse Pourfendre les forteresses

S’y ruer Se répandre Se heurter Se toucher Se surprendre Se comprendre S’affronter Front contre frontières blindées

Fondre sur la peur qui nous masque Voir qu’elle n’est que fumée fantasque Cueillir ensemble dans les abîmes La fleur de l’âme par ses racines

REFRAIN 2

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

(respiration)

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

Balancer les pavés

COUPLET (10 mesures) Il faut se déranger Il faut désobéir Il faut se perdre s'esquinter se souiller de sève Et de pierre taillée pour gagner Les secrets de la ville Et plonger dans son corps jamais tranquile

Ne laisse pas la poussière du passé te noyer le bras de fer de broyer les grandes promesses te soudoyer Ne laisse pas la chambre de sûreté de ton foyer brider ton coeur quand tes pleurs sont affamés d'ailleurs  Ton enfant intérieur te crie De ne pas courir après les heures

Mais de talonner le tir du temps perdre haleine Te jeter dans l'océan détaler dans les pentes verdoyantes Gagner les hauteurs arborescentes Tant qu'il y en a encore

Notre terre a de l'or en son sein  Casse les ressorts de tes mains pour embrasser ton sort dans ses lendemains

Vite fuis lève les yeux sur la lune qui te surprend Vite fuis lève les yeux sur des paysages indécents  Vite fuis lève les yeux tout peut finir en un instant Vite fuis Lève les yeux Soigne-toi du monde d'antan

L'esclavagisme du confort L'insomnie des cœurs censurés L'étranger promis à la mort Le massacre des insurgés Les intelligences ruinées par les mains appâtées par l'or  Les corps cassés entassés broyés sous ses roues encore et encore

Tu es de ceux qui comme moi Étouffe dans l'air des prisons  Sauve ce coeur battant qu'on noie Fais-lui respirer l'horizon Déterre-le de ses blessures  Rejoins l'armée de la passion Qu'entre nous s'abatte les murs dans un ouragan d'unisson

REFRAIN 3

Se cabrer braver décamper voguer (x5)

Épuiser les pavés !

 
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from LK blogue…

Nouvelle Fondation. En décembre, j’ai acheté un ThinkPad T480 d’occasion, puis un T470s, tous deux reconditionnés et dotés de Linux Mint. Ceci est la chronique de ce choix et de ce passage de l’univers Apple à l’univers Linux.

Depuis maintenant trois mois, je me familiarise avec mon ThinkPad et le système d’exploitation Linux Mint. L’acclimatation opère.

Ces derniers jours, j’ai repris mon MacBook Air 13,6 pouces, afin de mettre à jour et d’optimiser les données et de les synchroniser notamment avec mon nuage professionnel. C’est clair que c’est un bel outil de travail. Le processeur est aussi plus récent. Son principal avantage par rapport à mon ThinkPad est sans conteste l’autonomie de sa batterie. Me revoilà cependant vite revenu à mon ThinkPad. J’apprécie son écran de 14 pouces et surtout son incroyable clavier.

Au niveau de la réactivité et du processeur, je ne note pas de différence suffisamment notable au niveau de mes tâches quotidiennes avec les mêmes logiciels, tels que Firefox ou LibreOffice. J’ai même moins de blocage de vidéo sur YouTube avec mon ThinkPad. Par contre, mon MacBook Air sera plus réactif au démarrage de l’ordinateur. Au niveau du pavé tactile, celui du MacBook Air est également meilleur et plus précis. Pour certaines tâches, je dois recourir à la souris avec mon ThinkPad (peut-être aussi parce que je maîtrise mal les touches au-dessus du pavé tactile et le TrackPoint au milieu du clavier…).

J’aime bien le côté tout-en-un de mon ThinkPad avec son lecteur de carte SD et ses ports USB-C et USB-A. Ainsi, même s’il est plus encombrant que mon MacBook Air, j’ai moins à me préoccuper d’emporter des accessoires avec moi. En plus, disposant d’un disque dur de 512 GB au lieu des 256 GB du MacBook Air, je n’ai pas non plus besoin de me demander s’il faut ou non que je prenne mon disque dur externe. Je peux aussi directement synchroniser mon cloud professionnel.

Il y a de fortes chances que ce soit des circonstances particulières que le recours au MacBook Air s’impose. C’est principalement si je dois emporter le portable le moins encombrant, notamment à moto. Il y a peut-être des besoins plus pointus en traitement d’images qui pourraient justifier son utilisation. Et c’est à peu près tout pour l’instant.

Les dernières annonces d’Apple ont néanmoins titillé mon intérêt. Et c’est curieusement le MacBook Neo qui remporte la palme. Avec son écran 13 pouces, il est celui qui se rapproche le plus de mon ancien MacBook 12 pouces. Pour iFixit, il marque aussi un retour à un MacBook plus facilement réparable.

Il est ainsi possible de changer de batterie facilement, les ports USB-C et les haut-parleurs sont modulaires. Les éléments sont vissés et non collés. La RAM et le processeur restent soudés. Ce n'est pas parfait, mais il y a progrès. Au final, il obtient d’iFixit la note de six (sur dix) en matière de réparabilité (comparé à la note de dix pour le Thinkpad T480 et la note de quatre pour le MacBook Air M4). Par ailleurs, le prix est doux, même pour la version avec un disque dur de 512 GB.

Du côté de mes deux ThinkPad, j’ai eu tendance à privilégier le T470s légèrement plus fin et léger. Mais rien n’est vraiment décidé ou clair. Le T480 reste plus puissant et dispose de l’avantage de pouvoir changer une des batteries en usage nomade. Il est plus agréable aussi pour un travail de rédaction long.

Je viens aussi de constater que je dispose avec Antidote Web d’un correcteur orthographique pour Firefox. C’est une très bonne nouvelle. Une autre solution est l’extension Language Tool (une version gratuite et une version payante), mais il n’y a pas de raison de payer pour la version payante en disposant déjà d’Antidote. Il faut vraiment que j’utilise plus systématiquement Antidote quand je rédige un texte et que j’envisage de rédiger mes textes dans mon navigateur Firefox. J’ai une marge de progression indéniable en la matière.

Je suis donc revenu rapidement à mon ThinkPad. Et content. Avec la satisfaction d'être dans un univers libre. J’ai développé ainsi une forme d’esprit tranquille. Particulièrement concernant la propriété et la diffusion de mes données. J’en garde la maîtrise sans me poser la question de leur récupération sans mon consentement.

Tags : #AuCafé #Linux #ThinkPad #ŧ480 #t470s #Apple #MacBookNeon #MacBook

 
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from seb

SolidJS 2.0 is Async First

La première version beta de SolidJS 2.0 est sortie la semaine dernière. Ryan Carniato a fait un stream pour expliquer en quoi on passait d'une version sync first à une version async first. Il a notamment présenté plusieurs exemples qui démontrent la simplicité de l'utilisation des expressions asynchrones dans SolidJS 2.0. On va voir ici un cas d'utilisation possible sur la récupération d'une liste paginée.

Spécificités de l'asynchronisme

Quand on récupère une donnée de manière synchrone, on n'a pas de question à se poser, la donnée est disponible et on l'utilise. Pour une donnée asynchrone par contre il y a plusieurs problèmes :

  • avant de récupérer la donnée pour la première fois, la donnée n'est pas initialisée
  • il y a un temps d'attente avant de récupérer la donnée pendant lequel on peut vouloir afficher un indicateur visuel à l'utilisateur
  • quand on met à jour la donnée (par exemple passage de la première à la deuxième page d'une liste) on va en général vouloir continuer d'afficher les données de la première page tant que les données de la deuxième page ne sont pas disponibles mais aussi afficher un indicateur pour dire qu'on est en train de récupérer les données suivantes

Il y a également une problématique de cohérence, si un résultat d'une opération asynchrone dépend d'une donnée synchrone (liée à une saisie par l'utilisateur par exemple) on veut en général n'afficher la nouvelle valeur de la donnée synchrone que lorsque le calcul de la donnée asynchrone est terminé pour avoir une incohérence entre les deux.

Comment cela est géré jusqu'à présent

Jusqu'à présent, le fonctionnement spécifique de l'asynchronisme faisait que l'on avait un traitement différent entre la donnée synchrone et la donnée asynchrone. On a vu par exemple émerger Tanstack Query pour cela. L'arrivée du hook use en React a également permis de simplifier la gestion des données asynchrones.

Au niveau de SolidJS 1.0 on a createSignal pour les données synchrones et createResource pour les données asynchrones.

La gestion des données asynchrones se simplifie au cours du temps grâce à de nouvelles primitives mais on a quand même un code spécifique, c'est en cela que l'on n'est pas async first.

Le changement de paradigme

L'idée avec Solid 2.0 c'est d'avoir un paradigme qui traite les données synchrones et asynchrones de la même manière. L'idée derrière cela c'est de se dire que si j'ai du code qui fonctionne avec des données synchrones, le même code fonctionne aussi avec des données asynchrones.

Dans un des exemple de Ryan on a un code de ce type

function App() {
  const [value, setValue] = createSignal(1);
  const increment = () => setValue((prev) => prev + 1);
  const result = createMemo(() => compute(value()));

  return (
    <div>
      <button type="button" onClick={increment}>{latest(value)}</button>
      <p class={[{ pending: isPending(result) }]}>Result for {value()} = {result().toFixed(3)}</p>
    </div>
  );
}

Ce code fonctionne de la même manière que la fonction compute soit une fonction synchrone ou asynchrone. Dans les deux cas, la fonction createMemo va retourner un type Accessor<number>.

Un point important à noter est que la valeur value ne sera mise à jour que lorsque la propriété dérivée result aura pu être calculée et donc quand compute aura retourné un résultat. L'idée c'est d'avoir une consistance entre toutes les données pour éviter d'afficher un résultat qui ne correspond pas à la valeur courante.

Pour traiter les besoins spécifiques à l'asynchrone Solid va fournir plusieurs éléments

  • on a un composant Loading qui correspond au Suspense de React ou de Solid 1.0 qui va afficher un fallback lorsque la donnée n'est pas encore initialisée (au premier appel). Ce fallback ne sera par contre pas affiché quand on récupérera une nouvelle valeur
  • le helper isPending va permettre de savoir si un refetch est en cours, dans notre exemple on pourrait faire isPending(result) pour savoir si on est en cours de calcul
  • le helper latest(value) va permettre d'avoir accès à la nouvelle valeur de value avant d'avoir la réponse de result, cela permet d'afficher cette valeur dès que l'on clique au niveau du bouton

Cas d'usage : liste paginée

A partir de ce nouveau mode de fonctionnement on peut très facilement implémenter une liste paginée avec le code suivant

const App = () => {
  const [page, setPage] = createSignal(1);
  const result = createMemo(() => getResults(page()));

  return (
    <div>
      <h1>Demo</h1>
      <button disabled={latest(page) === 1} onClick={() => setPage(prev => prev - 1)}>Previous</button>
      Page {latest(page)}
      <button onClick={() => setPage(prev => prev + 1)}>Next</button>
      <h2>Result </h2>
        <Loading fallback="Loading...">
          <div class={[{loading: isPending(result)}]}>
            <For each={result()}>
              {(value) => <p>{value()}</p>}
            </For>
            <p>{result().length} items</p>
          </div>
        </Loading>
    </div>
  );
};

On a automatiquement un loader au premier chargement de la liste puis la classe loading qui sera appliqué à chaque changement de page.

Conclusion

Cet exemple simple présente les apports du nouveau paradigme “Async First” de SolidJS 2.0. On pourra voir par la suite que cela amène d'autres avantages, notamment la possibilité d'initialiser les signaux avec une fonction réactive.

Par rapport à Solid 1.0, on simplifie l'API du framework puisque l'on utilise systématiquement createSignal plutôt que d'utiliser une autre API createResource pour les données asynchrones.

L'intégration de Solid 2.0 avec SolidStart n'est pas encore disponible mais cela veut également dire que createAsync va disparaître et que l'on pourra utiliser createMemo pour appeler une server function.

 
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from morithil

Ceci est une tentative d'émancipation des GAFAM. Ce blog servira pour exposer mon travail en photographie, mes réflexions rôlistes et autres sujets qui me passionnent.

Je vais tenter de cultiver ce petit bout d'Internet comme mon jardin personnel. A mon rythme. Loin des pressions des réseaux sociaux. Dans un tentative de me reconnecter à ce qui me plait.

L'orthographe et la grammaire seront parfois approximative.

Le contenu que je partagerais ici est garanti sans IA générative.

Vautour fauve en vol

 
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from Blog d'une enfant de ce siècle

CHANGER LES CHOSES

Ce morceau part d'une envie de parler du monde qui nous entoure, et l'élan de vouloir dépasser notre sentiment d'impuissance. Petit à petit, même si “c'est jamais assez”, on essaie de changer les choses à notre échelle. “Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer”.

Tu peux écouter ici “Changer les choses” du groupe Alter'N Co sur toutes les plateformes de musique, et ci-desous en cliquant sur “Listen in Browser” sans avoir besoin de compte (bonne alternative pour ceux qui évitent les autres plateformes) :

Prod : VictorB (lien Beatstars) Paroles et chant : Kaena et Fou Le Fuzi Chaque artiste a écrit sa partie. Sortie en ligne le 8 mars 2026.

Paroles de "Changer les choses"

FOU LE FUZI Sista Kaena

KAENA Frérot, Fou le Fuzi

FOU LE FUZI FLF

KAENA et FOU LE FUZI Parce que c’est jamais assez

FOU LE FUZI Jamais assez Jamais assez

KAENA C’est jamais assez

FOU LE FUZI Jamais assez

KAENA C’est jamais assez

FOU LE FUZI Sous les feux médiatiques, sous la loupe étatique Chacun est passé au crible dans des giga tonnes de statistiques À quand le méga ultra «stop» qui calmera tout l'monde ? Dis moi, c'est quand le «coupez» de c'foutu cinema immonde ?

Fuck it, y a un moment où quand on s'fait latter, faut renverser l'jeu, devancer comme des vénères les pensées d'la société Percer a fond les intentions d’états profonds, rider les farandoles news a califourchon

Ressens comme le monde s'effrite entre les doigts de quelques puissants La toute fin dans leurs mains, est un objectif commun Qui sommes nous, face a cela ? Boulgi boulga de vils et honnêtes gens Dans un engregênage de cercle vicieux fort orwellien

Oui la loi du plus fort prévaut encore mais le déclin est palpable et la tension redoutable Rouages et destin en présage, on se courbe, se rebelle ou cavale Grand temps d'plaquer visser les parasites de l’élite au sous-sol abyssal Laisser l'champ libre aux actions locales jusqu'au pic par une colonne vertébrale Coulis de big succursales, y planter nos rêves en rafale, refonder un monde désirable

KAENA

Je m’en suis voulue à mort pour tellement de torts Le pire je l’ignore pas c’est que j’en ai encore J’ai laissé des personnes en or y croire tellement fort Je pourrais laisser faire la mort sans nous sauver de notre sort

Enfant du déni c’est devant ton miroir que tu t’es construit Voilà pourquoi tu te crois envahi Regarde autour de toi tu n’as pas le contrôle Fie-toi à ce que tu vois quand on échange les rôles

Je vais te parler d’amour dans la langue des sourds Autour de moi on comprends pas toujours Pourquoi j’fais tant de détours et que j’me pose pas Pourquoi j’me contente pas de ce qui m’entoure

Ma civilisation est gouvernée par la confusion On appelle information un amas de mythes sans fond De fiertés mal placées autour de la nation ou de la religion Mais pour s’aimer jamais assez de distinction

Hors de question de faire l’impasse sur mes erreurs Mais j’veux trouver ma place ailleurs que dans la rancœur Elle m’écœure La toxicité dans le viseur Je veux m’creuser un puits de sérénité dans l’coeur 

Planter dans mes poings mes graines de colère Eclater l’asphalte de la terre En découdre avec l’enfer M’ouvrir aux bras de l’atmosphère Et à sa manière de dissoudre les guerres

REFRAIN X2
KAENA et FOU LE FUZI Entre s'enfuir ou rester subir Puisqu'on est jamais satisfait, Autant changer les choses de là où on est Entre s'enfuir ou rester subir Peuple aux relents de pur imparfait, Mais pourquoi pas pointer le sommet

FOU LE FUZI Flancher pour fuir la France, foutue atmosphère délétère et rance Pencher vers l'plancher de base, terrer sa cervelle comme l'autruche Subir passif en connaissance de cause, ou céder bêtement à la violence Tant d'impasses qui exploseront ce français d' ballon d'baudruche quelle panoplie pour la pacification d'conflits aux réflexes sociétaux ? Sans reprendre prières et propos de nos bourreaux dans leurs ébats, Sortir la masse populace qui se débat dans des tabous sans débats

Ouvrons les valves pacifiques, qu'elles inondent jusqu’aux égouts Que d'innombrables pactes d’entente enfoncent le dernier clou L'esprit séculaire des enfants d'or cherche la lumière d'un bel espoir vivace Le plus grand challenge de nos générations, c'est d'se r'garder en face L'esprit séculaire des enfants d'or cherche la lumière d'un bel espoir vivace Le plus grand challenge de nos générations, c'est d'savoir briser les glaces

KAENA Combien de sang versé pour le même débat ? Combien d’encre gâchée pour écrire « Icchantika »? Pour moi la voie du bonheur c’est rechercher la vérité Et quand je crois l’avoir trouvée C’est que je dois recommencer

C’est dur je n’y arrive pas Ne me dis pas que j’ai la force, que je n’abandonnerai pas, Que c’est une question de regard ; Tu me parles de « victoire » comme la nôtre ? Je ne veux pas écrire l’histoire à la place des autres !

Je dresse le drapeau de la théorie du chaos ; Ma seule cible c’est ton ego. L’ego qui trie, l’ego qui chasse, L’ego qui se crie premier de la classe. Rien de classe à classer sa race à la première place !

Les croyances sont des miroirs devant lesquels on se fait face Alors, continue de prêcher devant la surface de ta glace Ou essaie de soutenir ce regard quand il te pourchasse, Et lève bien dans tes mains le marteau qui les casse !

REFRAIN X2
KAENA et FOU LE FUZI Entre s'enfuir ou rester subir Puisqu'on est jamais satisfait, Autant changer les choses de là où on est Entre s'enfuir ou rester subir Peuple aux relents de pur imparfait, Mais pourquoi pas pointer le sommet

KAENA Même si c’est jamais assez

FOU LE FUZI Même si c’est jamais assez

KAENA Jamais assez

FOU LE FUZI Jamais Jamais assez

 
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from Histoires de selle

Italie continentale

Dates clés

Départ: Salerne 12 Juillet 2023 Arrivée: Antibes 10 Aout 2023

Étapes

Étapes Km Total Km D+(m) Total D+
Sarno 65.9 65.9 379 379
Marzanello 90.6 156,5 425 804
Carovilli 73.2 229,7 1197 2001
San Salvo (Repos) 86.5 316.2 358 2203
Francavilla al mare 76.2 392,4 884 3087
Martinsicuro 74 466,4 74 3161
Piediripa 85 551,4 242 3403
Cantalupo 111 662,4 940 4343
Tuoro sul trasimeno 75.1 737,5 559 4902
Cellai (Florence) 111.1 848,6 790 5692
Lago di suviana (Repos) 91.5 940,1 1378 7070
Bologne 76.7 1016,8 318 7388
Mantova 117.6 1134,4 178 7566
Salo 89.8 1224,2 556 8122
Sovere (Repos) 99.3 1323,5 735 8857
Ranzanico (Repos) 10.4 1333,9 53 8910
Albignano d'Adda (Repos) 74.1 1408 119 9029
Pavia 73 1481 102 9131
Voghera 36.1 1517,1 117 9248
Casella 87.9 1605 817 10065
Finale Ligure 92.8 1697,8 459 10524
Bordighera 57.4 1755,2 323 10847
Antibes 122.5 1877,7 972 11819
 
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from Histoires de selle

Sicile

Dates clés

Départ: Palerme 31 Juin 2023 Arrivée: Messine 10 Juillet 2023 Ferry: Salerne 12 Juillet 2023

Étapes

Étapes Km Total Km D+(m) Total D+
Sferracavallo 33.7 33.7 100 100
Cortigliolo 105.1 138,8 1433 1533
Mazara del Vallo (Repos) 97.8 236,6 775 2308
Porto Empedocle (Hotel) 116.9 353,5 970 3278
Scoglitti 123.2 476,7 884 4162
Catania 123 599.7 1016 5178
Fondaco Parrino 60.1 659.8 606 5784
Messine 42.6 702.4 215 5999

Résumé

L'île étant majoritairement constituée de montagnes et collines à répétition, du dénivelé en veux-tu en voilà. L’île tombe littéralement dans la mer. Cela monte , puis cela redescend et ça recommence. Pas facile. J'ai dû mettre pied à terre quelques fois et pousser ma monture, certaines descentes infernales, m’ont laissé les doigts, les mains et les poignets un peu endoloris. Les freins aussi ont chauffé. Les paysages sont absolument splendides ce qui fait que c'est une destination touristique réputée notamment grâce à ses plages. Le tourisme est développé principalement sur la côte orientale de l'île, de mon côté, je roule à l’ouest donc l'ambiance est plus sauvage nettement moins fréquentée. J'en prends plein les yeux chaque les jours.

L’hébergement est un peu cher que ce soit en camping ou en Agritourisme, l’hôtel est légèrement plus abordable qu'en France. En revanche, la gastronomie je me suis bien régalé! Même dans les plus petits villages, il y a toujours un café, une petite trattoria et au pire une station-service avec quelques encas.

Petits bémols

Je n'ai pas eu de soucis avec la circulation, les automobilistes sont assez respectueux, mais alors... les coups de klaxons à juste à hauteur de vélo qui me font à chaque fois sursauter de peur... Et puis il y a... les déchets. Les amas de détritus le long des routes, surtout à l’entrée des villes, des dépotoirs à ciel ouvert. Dommage pour la carte postale.

Ferry Cagliari-Palerme

Départ 17h pour une douzaines d'heures de traversé. J'ai fait la connaissance de 3 routards, un allemand Konrad, 65 ans avec un vélo à assistance électrique et remorque, un Belge d'Anvers Gauthier et un Italien de Milan Francesco circulant comme moi en vélo sacoches. Nous avons bien rigolé et échangé nos aventures malgré la barrière de la langue.

 
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from Un joyeux boxon

Salut ! :)

Après avoir inauguré en janvier le concept de La Pile créé par Volu, voici la deuxième édition pour ce mois de février.

La Pile à Jouer

Dans la série on n’arrête pas une équipe qui perd, je demande Mechabellum. Jeu de stratégie en mode autobattler, je traîne mes guêtres sur Mechabellum quasiment depuis sa sortie en septembre 2024. Pour être honnête, c’est une relation d’amour-haine tant ce jeu m’offre de beaux moments comme d’intenses désillusions. Accessible, simple en apparence, c’est un bijou de complexité et de subtilité, finalement similaire au jeu d’échecs, qui nécessité un degré d’investissement conséquent pour être maîtrisé. Entre deux désinstallations, je repense à certaines parties puis je le réinstalle pour mieux m’y replonger, regrettant par avance le temps déraisonnable que j’y passe. Mais on ne se refait pas.

Nobody Wants to Die a été ma grande surprise de ce début d’année. Un jeu que j’avais pour je ne sais quelle raison ajouté à ma liste de souhaits sur Steam puis que j’ai acheté suite à une promo pour le moins intéressante. Ce sont sans doute là les 3€ que j’ai le mieux dépensé depuis belle lurette. Un polar narratif dans un univers diesel punk, un ancien flic aux prises avec ses démons, une enquêtrice des bas-fonds, une société ultra capitaliste qui se disloque et des meurtres à résoudre à l’aide de divers gadgets retro-futuristes. C’est court, simple et efficace, le titre joue sur les codes éculés du genre pour mieux nous surprendre, la direction artistique est à tomber et c’est fait par un petit studio.

Autre jeu, autre genre avec Zet Zillions, du studio brésilien Ota Imon. Du deck building à la sauce roguelite, qui m’a d’abord séduit par son esthétique visuelle, laquelle n’est pas sans faire penser aux productions Bobby Pills. C’est barré à souhaits, difficile mais jamais injuste, ça pète de partout et sans révolutionner le genre ça fait largement le job.

Pour continuer sur autre chose, Final Fantasy VII Remake Intergrade. N’ayant pas eu de Playstation à l’époque (#team Saturn), je n’ai pas la relation émotionnelle que peuvent avoir d’autres personnes avec ce jeu, même si je l’ai occasionnellement pratiqué en squattant chez des potes. J-RPG oblige, c’est assez naïf, caricatural voire parfois très léger pour rester poli, mais ça reste plaisant malgré un gameplay qui, bien que remis au goût du jour, reste ancré dans ses vieilles habitudes. Pas un chef-d’œuvre, loin de là, et à plus forte raison si on le compare à la concurrence, mais un jeu agréable malgré tout.

Steam Fest oblige, j’ai également joué à diverses démos, certaines que j’attendais avec impatience, d’autres non. Dans la liste des démos qui m‘ont positivement marqué, deux jeux, à savoir DenshAttack! et Repterra. Le premier est un mix improbable entre Jet Set Radio, Sonic et Densha de Go. On y incarne une pilote de train dans un Japon sous ecsta tout en cell shading et dans lequel on doit livrer des trucs divers et variés sur des circuits complètement barrés. Du fun à l’état brut avec un gameplay 100 % arcade qui aurait toute sa place dans la ludothèque officielle de tonton Sega. Le second est un STR avec quelques mécaniques de tower defense, résolument retro dans son approche et sa direction artistique, dans lequel on incarne une humanité aux prises avec des dinosaures. Simple mais efficace. Et si je dois bien avouer que le concept, qui me fait furieusement penser à Dino Riders (il faudra un jour que je vous parle de ma collection de jouets) m’a de fait beaucoup parlé, je dois admettre que sans révolutionner le genre, c’est bigrement efficace. A noter que Repterra est développé par un jeune couple, accompagné de leur adorable chat. Dans le genre fait maison, on fait difficilement mieux.

La Pile à Voir

Comme d’habitude, j’ai vu beaucoup de films et de vidéos ce mois-ci. Un tri s’impose, en particulier parce que tout ne mérite pas forcément de figurer ici.

On commence avec un entretien entre Florence Porcel et Cy au sujet du festival d’Angoulême, de son annulation et du girlcott qui a réussi à faire plier cette institution après des années (décennies?) d’une foultitude de choses qui ne vont pas. A noter que Florence Porcel a réalisé d’autres podcasts plus récemment encore, que je vous invite à découvrir.

Une vidéo de Re-Vu, chaîne Youtube québécoise consacrée aux nanars et aux navets, qui dans cette vidéo traite des nombreux problèmes posés par l’utilisation des IA génératives dans l’industrie du cinéma. Si vous vous intéressez un tant soi peu à la question, vous n’apprendrez rien de particulier, mais il me semble important qu’une personne extérieure à cette industrie, et avec une certaine audience, exprime un point de vue clair sur le sujet tant les personnes dont c’est le métier semblent être bien peu entendues.

Une analyse très intéressante de Marouchka concernant le genre littéraire de la romance, de ce qui ne va pas dans ce type de littérature, dans son mode d’édition, mais aussi dans ce qu’expriment certains cercles de pensée de spécialistes spécialisés à son sujet. Les sujets abordés sont difficiles mais doivent être abordés frontalement.

Sylqin nous raconte dans cette vidéo l’histoire du CLODO (Comité Liquidant ou Détournant les Ordinateurs), un groupe de hackers français qui a sévit durant de longue années puis a subitement disparu. Je n’en avais jamais entendu parlé, aussi le sujet m’a intéressé, et ça se laisse écouter en mode podcast.

Une fois de plus, une excellente vidéo d’Haïti Inter, dans laquelle est invité l’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert venu parler de son nouveau livre « Je n’ai jamais dit papa » (j’en parle plus loin ici même). Le sujet est dur mais vise juste, avec néanmoins un regard paternaliste, qu’il me semble ici difficile de juger. De manière générale, je ne saurai que trop recommander cette chaîne qui est une mine d’or sur l’actualité, mais aussi l’histoire et la culture d’Haïti.

Cela faisait quelques années que je n’avais pas revu le film « Le maître d’école », avec notamment Coluche et Josiane Balasko. Loin d’être un chef-d’œuvre du 7ème art, et l’ayant surtout vu étant gamin et ado, j’en gardais un souvenir plutôt plaisant. Le revisionnage fût rude. Car au-delà des qualités filmiques discutables, du racisme bon teint et de l’image des femmes déplorable, ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’omniprésence de la violence envers les enfants. Le film démarre d’ailleurs là-dessus : un pauvre môme est giflé par un adulte pour avoir « volé » une paire de lunettes en plastique moches à 2 Francs. C’est là le point de départ pour Gérard, incarné par Coluche, de claquer la porte de son job de merde après avoir pris la défense du môme et de se reconvertir dans l’enseignement. Le film part sur de bonnes intentions, évoque les difficultés rencontrées par le corps enseignants, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes, mais sans jamais ne faire qu’effleurer le sujet. On y croise une galerie d’adultes tous plus détestables les uns que les autres, qui déverses leurs colères et leurs frustrations sur des gosses qui n’ont rien demandés, qui subissent de diverses et nombreuses violences physiques et psychologiques. Pas sûr que Claude Berri ait eu la volonté de dénoncer quoi que ce soit, mais c’est omniprésent De fait, ça a fait écho à mon enfance contemporaine de ce film. Une fameuse belle époque regrettée par certaines personnes à la mémoire bien trop courte où les enfants étaient les souffre douleur silencieux des traumas des adultes. L’époque n’a pas tellement changé, mais on commence doucement à en être un peu conscient. Reste un témoignage qu’il serait intéressant de voir analysé un jour.

Toujours avec Josiane Balasko, « Tout le monde n’a pas eu le chance d’avoir des parents communistes ». Un film dans lequel on suit Irène, survivante de la Shoa et fervente militante communiste qui, en 1958, s’apprête à accueillir les chœurs de l’armée rouge en représentation durant quelques jours à Paris. Avec son regard plein d’émerveillement et d’espoir, et en proie à un connard de mari qui lui fait vivre un enfer au quotidien, elle se prend d’un amour soudain pour Ivan, un grand et beau choriste soviétique, héros de la bataille de Stalingrad. Ce film me parle, car c’est aussi une partie de l’histoire de ma famille, et plus particulièrement de ma grand-mère. De celle qui a connue toutes les horreurs de l’Histoire et qui, sous le joug d’un mari tortionnaire, élèvera comme elle le pourra ses 7 enfants et ses 11 petits-enfants. Tout en militant au PCF durant des décennies, convaincue que le salut viendrait miraculeusement en servant aveuglément le projet du petit père des peuples (spoiler : non).

La Pile à Lire

je comptais profiter de ma semaine de congés pour bouquiner à loisir, il n’en a rien été, ma santé s’étant dit qu’il serait bon de se rappeler à moi. Malgré tout, entre deux examens médicaux et une mauvaise nouvelle, j’ai eu l’occasion de bouquiner un peu. Et même si je n’ai pas pu trouver tous les livres que je cherchais, je me suis fait quelques plaisirs, en précisant que je ne n’en ai pas fini la lecture, donc les avis que j’exprime ici sont potentiellement amenés à changer.

J’en causais plus haut, mais Je n’ai jamais dit papa de Louis-Philippe Dalembert mérite d’être lu. L’auteur y raconte son enfance en Haïti sous la dictature de Papa Doc, de la disparition brutale de son père, de son monde qui s’écroule, des femmes de sa famille qui portent le monde entier à bout de bras, de la folie des hommes et du poids de l’histoire. Et de la difficulté d’être père à son tour quand on n’en a jamais eu.

Les Mystères de Paris. J’en ai entendu parler tant de fois sans en avoir jamais rien lu. Si les premières pages d’Eugène Sue ne sont pas sans faire penser à Victor Hugo, ou encore Zola, décrivant avec dédain les marginaux de la société parisienne d’alors, on pressent une relative compassion de l’auteur pour ces personnages dont le réalisme est pour le moins saisissant. Le style, d’époque, est chargé et parfois délicat à lire pour moi qui ait remisé la littérature française du 19ème siècle depuis quelque temps. Mais je m’accroche, désireux de savoir ce qui, à l’époque, à suscité tant d’intérêt pour ce feuilleton à succès.

Les maîtres des ténèbres, livre dont vous êtes le héros. Ça doit bien faire 25 ans que je n’en avais pas fait. Et, en y songeant, je n’en avais jamais fini. J’essaie de m’y tenir, même si je dois avouer que j’ai du mal à accrocher, tant au style qu’à l’histoire qui est racontée. C’est, pour moi, d’avantage une occupation qu’une lecture à proprement parler.

La pile à écouter

Rien que de très ordinaire ce mois-ci. A vrai dire, je n’écoute quasiment pas de musiques actuelles, et le plus souvent, quand j’en écoute, c’est avant tout pour masquer le brouhaha du RER et de mes acouphènes. On verra donc ce qu’il en sera le mois prochain.

La pile à apprendre

Savais-tu que 80 % des espèces animales mues ? Ça fait partie des infos que j’ai appris via la chaîne YouTube Terrapodia, réalisée par Jessica, vétérinaire de métier.

J’ai aussi appris que le mot boycott est hérité du nom de famille de Charles Cunnigham Boycott, capitaine et administrateur d’un gros propriétaire terrien qui subit un blocus des fermiers s’étant organisés pour demander une réduction de loyer. Dans les grandes lignes, tout ça est parti d’une grève.

Le sifflet et le toss utilisés pour chaque coupe du monde de rugby sont les mêmes depuis respectivement 1905 et 1925. Ces deux objets sont gardés dans le musée du rugby en Nouvelle-Zélande, dont ils sont sortis pour chaque ouverture de coupe du monde. Le toss est d’ailleurs un florin qui a été donné par un spectateur lors d’un match en 1925, les arbitres en charges du match n’ayant alors pas de monnaie sur eux.

La zizanie est une plante. On peut donc littéralement la semer. Comme la misère.

Merci de m’avoir lu jusqu’ici, et à la prochaine. ;)

 
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from Ma vie sans lui

L'inachevé

Il est des moments, presque chaque jour, où la mort de mon amoureux revient en force. Le souvenir est un phénomène étrange, qui frappe sans prévenir et parfois sans aucun rapport avec ce drame.

Ce matin, sous la douche (!), j'ai repensé tout à coup au moment précis où mon amoureux est mort, ce moment où il a murmuré “désolé” et où il a commencé à respirer fort, lentement, de plus en plus lentement jusqu'au moment où il n'a plus respiré du tout. Après la crise qu'il venait de vivre (maintenant identifiée comme une embolie pulmonaire massive), cette respiration me paraissait de bon augure, apaisée, profonde. En fait, il a prononcé son dernier mot et ensuite, n'a plus été avec moi, sans que je m'en rende compte. Son cerveau s'était éteint.

Et donc, ce matin, sous la douche (!), je me suis soudain dit que ce désolé était en fait un adieu. Cela voulait sans doute plutôt dire “désolé, je débranche, j'arrête, je suis au bout, désolé, c'est fini pour moi” que “désolé de te causer du souci”.

Un an et demi pour en arriver à cette conclusion, je ne peux pas dire que je suis une flèche. Et pourquoi cela m'a-t-il sauté aux yeux ce matin sous la douche, c'est un mystère. Ce dernier mot me travaille souvent, j'y pense et j'y repense, souvent. J'ai essayé longtemps de l'interpréter, de comprendre ce qu'il avait voulu dire, de chercher le sens à mettre derrière cet unique mot qui fut son dernier, alors que ce n'était pas bien son genre de s'excuser.

Depuis qu'il est parti, je dois gérer la brutalité, la violence de ce décès, le fait de ne pas avoir pu lui dire adieu, l'arrachement que j'ai ressenti, que je ressens encore, parfois. Je suis dans un déséquilibre permanent, de ne pas avoir pu terminer les choses proprement, de ne pas avoir pu prononcer les mots qui auraient convenu. Je suis sur de l'inachevé et c'est inconfortable.

Et là, tout à coup, je me dis qu'il a vu venir la mort et qu'il m'a dit adieu dans cet unique mot parce qu'il n'avait plus la force de dire mieux et plus. C'est déchirant. Lui a pu terminer le livre, moi non. Cela me prendra encore du temps, je crois.

 
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from LegalizeBrain

Je suis tombé tantôt sur une note manuscrite, au crayon de papier, dans la marge de la page 206 de l'exemplaire d'Au tréfonds du ciel [1] que Monique Lebailly m'a légué de son vivant, avec à peu près 1300 autres bouquins de SF. Sa collection. Entière. Une vie à lire et à traduire de la SF. Sauf les Terry Pratchett grand format édités chez L'Atalante, avec leurs couvertures cartonnées si douces et leurs illustrations si belles, qu'elle souhaitait garder auprès d'elle.

Il s'agissait de la correction d'une phrase traduite par “Je fais l'entretien”, pour le plus adapté “J'assure l'entretien”. Déformation professionnelle : ce n'était pas la première fois que je tombais sur une telle correction à l'occasion de la lecture de l'un des livres donnés par Monique. Mais cette fois-ci, ça m'a frappé. Elle est morte voilà longtemps déjà, mais sa main vivante a un jour écrit ça. Et en lisant cette note, en réfléchissant au bien fondé de la correction proposée, j'ai eu l'impression un instant de refaire le trajet mental de Monique, de partager un instant de cognition. Ça m'a troublé.

Gros plan sur une page imprimée, la phrase 'Je fais l'entretien' est partiellement barrée et il est ajouté à la main au crayon de papier, dans la marge, 'J'assure'.

Sa bibliothèque de SF, elle ne l'a pas donnée à son fils, car s'il avait choisi la voie des lettres anglophones lui aussi, la SF n'était pas sa cup of tea : si je ne dis pas de bêtise, son sujet d'études était Lewis Carroll. Moi, le virus de la SF, elle me l'a injecté par l'intermédiaire de ma mère, et aussi du couple d'oncle-et-tante Bernard & Yvonne [2]. Je devais avoir onze-douze ans le jour où, après avoir lu le premier chapitre de Martiens go home ! en BD dans Je Bouquine (ça existe toujours, Je Bouquine ? Et y a-t-il toujours dedans une BD sur le début d'un livre pour inciter à en lire la suite ?), j'ai demandé à ma mère si elle avait le bouquin, et où elle me l'a sorti de son étagère de SF en me disant que je pouvais venir y puiser d'autres lectures tant que je le voulais. Ce que j'ai fait sans retenue les années qui ont suivi.

Ecolo-bio bien avant que ça ne soit à la mode (elle m'a un jour filé un tshirt Greenpeace “nucléaire non merci”, avait toujours trois pétitions (papier) à me faire signer quand j'allais dîner chez elle dans les années 2000 et ne s'approvisionnait qu'en épicerie Bio à l'époque où il devait y en avoir trois à tout casser dans Paris), elle passait facilement pour une allumée new-age, entre autres aux yeux de mon père (qu'elle savait agacer prodigieusement il me semble). Je crois qu'elle se serait sentie chez elle sur Mastodon...

Elle venait parfois passer un week-end chez nous, et je trouvais ça merveilleux ! Quand j'étais vraiment petit, elle me racontait des histoire de Winnie the pooh au moment du coucher et ça me semblait totalement exotique (je n'avais pas lu ces livres, pas plus vu les dessins animés, je n'avais aucune référence à Winnie à part la voix un peu éraillée de Monique ; quelles n'ont pas été ma surprise et mon incrédulité le jour où j'ai appris que ces histoires n'étaient pas d'elle). Je me rappelle qu'elle oscillait essentiellement entre deux états : excitée et débordée, quand elle était au milieu d'une traduction alors qu'elle s'était déjà engagée sur d'autres à venir, ou alors anxieuse, lorsqu'aucun nouveau projet ne semblait vouloir se présenter. À côté de la vie bien ordonnée de mes deux fonctionnaires de parents, ça me semblait très Rock & Roll !

Lors de ces week-end, ma mère, botaniste, jouait à la sorcière en lui préparant des infusions avec les plantes du jardin (thym, sauge, romarin, menthe...). Monique ne manquait pas de lui en réclamer une, c'était manifestement précieux pour elle, un truc qu'elles partageaient. Elle la préparait toujours dans la même tasse, tasse que ma mère m'a donnée depuis. Je pense à elles, à leur relation, et à ces tisanes sauvages, chaque fois que je la vois dans le placard.

Monique, c'était comme une vieille tante excentrique : elle venait avec sa bizarrerie mettre pendant quelques heures un peu de bazar dans le fonctionnement trop ordonné de ma maison. Elle m'a ainsi appris, par l'exemple, qu'il y avait plusieurs façons d'être adultes. D'autres façons d'être adulte.

Oui, avec Bernard & Yvonne, eux aussi deux excentriques, elle m'a appris ça.

J'aspire à être la Monique Lebailly des jeunes humains que je côtoie, pour leur montrer qu'on peut être adulte de bien des manières différentes. Pour que ça les libère. Pour que ça leur donne des options.

1. Vernor Vinge, traduction de Bernard Sigaud, Ailleurs & Demain, Robert Lafont.

2. J'ai hérité plus tard, mais également du vivant des intéressé.e.s, de la partie parisienne de leur bibliothèque de SF. Il a fallu trier et me séparer des doublons.

 
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from Café noir

« One last image: organisms and organismic, holistic politics depend on metaphors of rebirth and invariably call on the resources of reproductive sex. I would suggest that cyborgs have more to do with regeneration and are suspicious of the reproductive matrix and of most birthing. For salamanders, regeneration after injury, such as the loss of a limb, involves regrowth of structure and restoration of function with the constant possibility of twinning or other odd topographical productions at the site of former injury. The regrown limb can be monstrous, duplicated, potent. We have all been injured, profoundly. We require regeneration, not rebirth, and the possibilities for our reconstitution include the utopian dream of the hope for a monstrous world without gender. » — Donna Haraway, Cyborg Manifesto

 
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from Depuis les Gorces

#Animaux

Dans une heure tu ne seras plus là... En attendant, tu broutes dans le jardin, tu as même trouvé un coin rempli de glands et je n'ai plus rien à y redire.

Je voudrais jouer au jeu des 100 souvenirs, en vrac, l'un appelant le suivant.

Je me souviens...

  1. De la première fois où je t'ai vue, sur ton annonce, gentille jument SF. Ta grande liste blanche, ton bout du nez rose, ton œil cerclé de blanc, ton bai cerise magnifique.
  2. De la visite avec une copine, on t'a emmenée en longe à la carrière municipale pour voir comment tu te déplaçais, et l'hélicoptère a décollé (ou atterrit ?) juste à côté. Tu n'as pas bougé. Incroyable.
  3. Mais du coup, pour ne pas te faire une fausse réputation de mental d'acier, je dois rajouter ta peur panique face à un robot tondeuse lors d'une rando dans les Alpes depuis chez Claire.
  4. Et ta peur systématique des gros cailloux. Big up à ma chute dans la neige suite à un galop à Montluel où on est passé à côté d'un gros caillou en contre haut. Tu m'avais impressionnée : tu as pilé, j'ai chuté, tu m'as attendue. Good girl.
  5. À Montluel, dans nos sorties avec Géraldine et son cheval qui l'embarquait, tu étais pratique : tu lui disais (au cheval) de rester derrière avec ton langage équin très explicite, et tu m'as laissé l'attraper au vol le jour où.
  6. À Montluel toujours, la gourme. Dans cette écurie où le foin pourri était stocké au dessus des boxes et où les gérants mettaient des chevaux de commerce dans les boxes des chevaux de proprio pendant que ceux-ci allaient au paddock. Tu m'as tellement impressionnée à te laisser soigner avec le mélange bétadine eau oxygénée qu'il fallait envoyer à la seringue dans ton abcès. Tu te laissais faire au clicker.
  7. Lors du stage de clicker training avec Hélène et Elodie. Tu étais amoureuse de Naka, et moi j'ai rencontré Hélène qui est devenue une amie. Tu as été à l'origine de plein de rencontres chouettes.
  8. Ton départ de chez ton naisseur. Je me rappelle que tu croques avec joie dans un épi de maïs. Tu rechignes à monter dans le van. Et le coup de spray anti mouche bien toxique dans le van juste avant de fermer pour que tu ne souffres pas des bestioles.
  9. La visite véto chez ton naisseur, Mr Chanet ou bien lieu dit le chanet ? En tous cas, tu étais sautée de la planche lors du test du naviculaire, mais il avait fallu tirer fort, et le véto a dit : ça peut être positif, mais ça peut aussi être juste qu'elle n'est pas beaucoup manipulée. Il n'avait émis aucune contre-indication à ton achat. Mais c'est de ce pied naviculaire que tu vas mourir.
  10. L'arrivée chez les Massat, voisine de box de Santino, que tu as ignoré jusqu'à ce que vous déménagiez ensemble à Échalas.
  11. Le transport pour Échalas, votre arrivée dans des boxes pour poneys, on aurait dit deux géants.
  12. La fois à Échalas où tu es au paddock avec Santino. Je t'appelle et tu reviens vers moi et Santino ne veut pas te laisser passer. Il se jette sur toi et t'arrache un bout de viande. Ton regard quand tu es paniquée et que tu ne comprends pas.
  13. De nouveau chez les Massat, tu étais accrochée à la porte coulissante du box. Je ne sais pas comment tu t'es débrouillée, mais tu t'es coincée sous la longe, tu as tirée, et tu es pendue, étranglée. Tu restes calme. Le père Massat arrive avec un gros couteau et scie la corde juste à côté de ta tête. Tu restes calme. Et tu es sauvée.
  14. L'ostéo qui passe te voir la première semaine à Vourles et qui est épatée de ta musculature. Il suppose que tu dois avoir grandi dans des prés en pente. J'en parle à tes naisseurs qui rigolent en disant que tu as grandi dans des prés « plats comme la main ».
  15. Chamadelle avec Laurianne, on se balade et on croise une famille de sangliers. Tu es super sage.
  16. Les Alpes, la fameuse rando en solo où on a croisé le robot tondeuse. On passe dans des endroits compliqués dont un passage étroit entre deux roches où les étriers frottent de chaque côté, puis un pont. Tu es brave.
  17. La rando dans le Vercors. Claire qui te juge comme une jument de « bac à sable », moi qui ne sait pas dire non, et ce chemin en bord de falaise super dangereux, tu gères. Et puis un pierrier, tu es ferrée, tu glisses, c'est long, et à un moment tu dis stop. Tu ne veux plus avancer. Tu as raison, j'aurais du dire non il y a longtemps. Mais je n'ai pas dit non, on est coincées, il faut continuer. On a continué, tu as été brave.
  18. Sans transition, stage chez F. Pignon. Tu es dans un paddock derrière l'écurie et tu tombes en amour de la jument de sport alezane du paddock à côté. Vous vous lancez des appels déchirants quand on vous sépare. C'était touchant.
  19. Pendant le stage avec Magali, tu es un peu sur les épaules, mais super mignonne. Magali est adorable, on galope un peu en cordelette.
  20. Premier cours de dressage. Ça fait même pas 3 mois que tu es arrivée, tu as mangé tous les DVD de la Cense, tu es beaucoup trop sage. Tu prends sur toi. Dans le cours on travaille les déplacements latéraux, tu stresses, tu évacues ton stress sur le mors en parlant, et je regrette déjà d'être allée trop vite.
  21. Cours de dressage à Echalas, j'ai honte de dire ton âge et le nombre d'années que tu as passées avec moi (à peine 2 ou 3 pourtant) et le fait qu'on ne fait pas grand chose techniquement parlant. Mais tu es gentille et tu travailles bien.
  22. Le manège d'Echalas, on joue en liberté avant chaque séance montée, même avec d'autres chevaux à côté qui travaillent, tu restes connectée avec moi. Un de tes jeux préférés c'est de faire la course, l'autre c'est de te cabrer. Je suis fière de nous, j'adore ces moments.
  23. Cours d'obstacle en cordelette dans le petit manège d'échalas. Je suis frustrée car tu bourres après un obstacle, je gueule un coup. Tu piles et tu lèves la tête comme si je t'avais arraché la gueule : mais tu étais en cordelette. Tu étais vraiment une super élève.
  24. Je me rappelle dans la grande carrière d'Échalas, tu cours, tu fuis dans le trot. Je tire, et puis je réfléchis. Je te demande le trèfle de la cense, on fait de longs arrêts au centre, et tu te calmes. Plus tard, tu seras tellement tranquille sous la selle (trop ?).
  25. Premières balades à Échalas dans les Combes. Je refuse de trotter et galoper tant que tu n'es pas sereine, j'ai du mal avec le jugement des autres. Je me rappelle cette combe juste en contre bas des écuries et comment tu la gérais tellement bien au pas, un pied après l'autre.
  26. Le stage de F. Pignon, je rentre dans le picadero devant une centaine de personnes, je suis terrorisée. Je te demande quelques exos, mais je ne suis pas là, et toi non plus. Tu te roules, je ne sais pas quoi faire. Est-ce que je dois te laisser faire, mais je vais passer pour une touriste, est-ce que je te mets en mouvement, mais alors je vais passer pour une méchante. Je ne sais pas trop pourquoi je suis là, tout se passait bien de mon point de vue. J'ai fini la mini démo nulle, je me sens nulle. Frédéric nous explique que techniquement tu es bien codée, mais que notre relation est nulle, qu'on n'a pas de relation. Je lui demande quoi faire, il me répond : « lui apprendre le sens de l'humour ». Je ressors totalement démunie, déprimée, démotivée. Après, je crois qu'on ne progressera plus techniquement pendant 10 ans...
  27. Les balades dans le Pilat. Je me souviens qu'on allait parfois le WE pic-niquer avec Thomas et des copains dans le Pilat. On montait à pied, et on pic-niquait ensuite. Tu étais parfaite, et tu avais compris qu'il y avait parfois des fruits et des légumes dans les tupperware.
  28. La montée dans les bois du Pilat, tu passes devant, je m'accroche à ta queue et tu m'aides à grimper.
  29. La traversée du pont grillagé (on voit tout dessous) avec Carole. C'était vraiment flippant, tu as vraiment géré. Quand je repense à celle qui aimait dire avec condescendance que tu étais une jument de bac à sable, tu avais tous tes diplômes de randonneuse hors norme. Tu aimais marcher d'un pas actif à la découverte du monde.
  30. Ton petit hennissement ce matin aux aurores, quand tu étais couchée de ton long dans le box, et que tu n'as pas relevé la tête. Ça ma brisé le cœur, mais au moins je sais que je prends la bonne décision aujourd'hui.
  31. Ta tête et ta douleur il y a quatre semaines quand ton antérieur gauche t'a lâché alors que tu souffrais déjà tellement du droit. Tes râles de souffrance. La véto qui vient en urgence et qui galère à faire toutes les images pour comprendre ce que tu as. Et le doute de savoir si tu vas passer le week-end. Et finalement l'equipalazone agit, et tu retrouves une démarche normale.
  32. Ton hennissement dès que tu me vois ou que tu m'entends dans le jardin.
  33. Ton hennissement comme pour me dire : je suis là ! quand je vous appelle et que je vous cherche dans les bois. Mais pour autant, si l'herbe est bonne, tu hésites à faire le déplacement vers moi.
  34. Ta détestation du van. Je me rappelle à Loire sur Rhône, dans ton grand pré, quand tu restais en haut du pré en me regardant avec l'air de celle qui a très bien compris, quand je venais avec le van.
  35. Cette séance nullissime à Échalas où j'ai été tellement frustrée que tu ne progresses pas avec le van, alors j'ai été dure en me disant qu'il fallait rendre encore plus inconfortable le fait de ne pas monter dans le van, et je n'ai fait que tout empirer, tout gâcher. Et je me suis assise sur un plot, et je t'ai regardé, et j'ai eu les larmes aux yeux, j'ai été tellement nulle.
  36. Notre premier concours d'equifeel, il fait froid, il y a de la brume. Tu gères de ouf tous les ateliers, SAUF le van. On gagne je crois. Et au retour, ce gars qui nous aide à te remonter dans le van avec une longe derrière les fesses. Il avait un timing parfait. Tu es montée.
  37. Ces derniers aller-retour au club de saint yzan en van. La répétition de ces petits voyages ont eu raison de tes appréhensions. À quelques mois de ta retraite, tu embarquais comme une fleur.
  38. Ta raideur des postérieurs quand Charlène doit te parer. Et le fait que tu as tellement confiance en l'humain que tu t'appuies sur nous comme sur un quatrième pied, ce qui franchement détruit le dos.
  39. Ta petite tendinite à Échalas en te relevant d'une révérence, et ta gentillesse pendant toute la durée où tu es restée enfermée au box.
  40. Ton goût pour les sourires. Les gamin·es du club qui ont découvert que tu savais faire ça et que tu le faisais pour réclamer des friandises et qui te le redemandait régulièrement.
  41. Le cross d'échalas : au galop en cordelette ! tu m'as embarquée un coup, mais tu as acceptée de te mettre sur le cercle, et après tu étais de nouveau connectée. C'était vraiment le paradis !
  42. Le concours de hunter avec Marine, on avait fait 7 heures de balade la veille, c'était pas une bonne idée, tu étais toute molle. Mais très jolie et parfaite avec ton licol en corde marron même si c'était pas autorisé.
  43. Ton opération du sinus droit. Ton premier hiver à Saint Yzan a été dur. Il a plu tout le temps, vous n'aviez pas d'abri, tu étais crevée. Alors au printemps ton système immunitaire a foutu le camp et tu nous as fait une énorme sinusite qui ne partait pas. On a fini par t'amener à Conques pour une trépanation. Je te revois dans le travail, la tête ouverte, le sang qui coule...
  44. La convalescence à Conques, je ne suis pas venue beaucoup te voir, je regrette.
  45. La convalescence à la maison. Soit disant la douleur était gérée. QUE DALLE. Tu ne mangeais quasiment pas, tu ne chassais plus Amalhia, tu avais tellement mal. J'en ai tellement voulu aux vétos de ne pas tenir compte de ta douleur... Oui mais c'est pas le protocole. Protocole mon c...
  46. Notre visite à Conques pour ta douleur au pied, les jeunes vétos qui te gueulent dessus parce que tu ne tiens pas sur la cale pour la radio « ah mais tu as encore la force de nous faire chier !!!! si tu bouges encore on te remet une dose tu vas voir tu feras moins la maligne ». Je n'ai rien su dire, j'avais envie d'hurler. Le véto sénior est arrivé, et calmement il a posé le pied de la jument qui s'est laissée faire. Elle était juste paniquée de ne pas comprendre ce qu'on attendait d'elle. J'ai perdu encore un peu confiance dans le corps médical sur leur compréhension de la psychologie des chevaux, et de leurs humain·es. Et toi tu as été résiliente.
  47. Mais toi qui était si facile aux soins, tu es devenue plus rétive à chaque visite vétérinaire. Tu ne supportes plus le pas d'âne et la râpe au fond de la gorge, tu ne supportes plus que les vétos s'approchent de ton nez. Tu as dépassé ton quota de patience. Je comprends. C'est aussi pour ça que je n'ai pas voulu te ramener encore à Conques. Encore un risque de te faire gueuler dessus parce que tu es vivante. Dans 20 minutes tu seras morte, libérée des vétos impatients, libérée de la douleur. (larmes).

  48. Hélène vient passer quelques jours à la maison à Pâques après un hiver tellement pluvieux. Il fait super beau, c'est joyeux. Tu profites du jardin et tu te couches pour dormir. Tu ronfles, tu rêves, et tu finis en photo dans un des livres d'Hélène.

  49. Tu tousses beaucoup, alors je t'ai appris à respirer dans le baby haler, tu fais ça tellement bien, tu inspires super fort. Hélène t'a prise en photo un jour de beau soleil, bien appliquée, deuxième apparition dans les livres d'Hélène. Belle gosse.

  50. Un soir à Montluel, après avoir été en stage avec Jacynthe Bouchard, je reviens armée de mon sac de 2 kg de carottes, et j'aimerais voir si tu peux proposer des trucs en renforcement positif. Tu ne comprends absolument rien et j'ai le droit à une immobilité tellement longue (sourire)

  51. Cet autre soir à Montluel où on joue dans le petit manège. Tu quittes le cercle pour aller sauter 2 plots en plastique de 60 cm, mais dans la longueur. Le gérant qui voit ça hallucine. Je ne dis rien, mais en vrai, moi je ne te l'avais pas demandé (sourire). Et puis en vrai, tu fais souvent la gueule dans ces moments là, mais il ne voit pas ça. Les gens ne voient pas que les chevaux sont frustrés ou malheureux.

***

Tu es partie. Enfin, ton âme. Il reste ton grand corps couché sur le flanc dans l'herbe. Tu t'es couchée en douceur. Et puis tu as soufflé un grand coup. Et puis ton cœur a mis un peu plus de temps à lâcher l'affaire. Amalhia était plus intéressée par ton seau que par toi au départ. Ensuite elle a essayé de te réveiller, mais tu es partie. On attend l'équarrissage, mais c'est un stress pour moi et plus pour toi.

***

  1. Échalas, dentiste sans sédation. Elle prend le temps, tu te laisses faire mais tu râles déjà pour les molaires, on ne refera plus sans sédation.
  2. Toujours Échalas, sur le cross à pied, tu sautes joyeusement dans le gué l'été.
  3. Encore Échalas, j'organise un concours d'Equifeel, je suis gelée, épuisée, et tu dévies sur le reculer sur 6 mètres, exo dont tu es la reine. À la fin de l'exo, je claque la badine sur ma botte contre moi même, mais tu le prends pour toi, tu pars au galop, saute la clôture de la carrière et galope dans le club. La honte...
  4. La fête d'Halloween à Échalas. Petite démo en licol puis en liberté devant les gamin·es du club. C'est ce qui a lancé ma mini carrière d'enseignante non officielle d'équitation éthologique.
  5. Montluel 2, le véto qui vient pour faire le prélèvement pour comprendre à quoi tu es allergique et qui te fait tousser. Le véto ne nous connait pas et est assez méprisant.
  6. Échalas, tu balades ma maman comme la jument sûre que tu sais être.
  7. Rando de printemps dans les monts du lyonnais avec Ariane. On se met en équilibre dans la montée pour voler des cerises sur le bord du chemin.
  8. Rando avec élo en Ardèche. Tu nous fais une énorme trouille en bloquant au milieu de la journée de rando, comme un coup de sang ou une crise d'emphysème. Et puis tu repars.
  9. Un peu plus loin dans cette rando, on est suivi par un âne qui a sauté la clôture de son pré. Je n'arrive pas à le faire dégager. Tu le menaces une fois, je t'encourage, une deuxième, et puis tu te jettes dessus toutes dents devant et il finit enfin par déguerpir.

***

Je suis ressortie car Amalhia t'appelait. C'est dur pour elle. Alors on a passé un bout d'aprèm à côté de toi avec Amalhia qui te veille. Et puis ensuite on est allé·es se promener avec Amalhia, Thomas et Iggy. Amalhia ne voulait pas trop partir, elle a beaucoup regardé derrière elle, et quand on est rentré·es, elle est revenue te voir et te lécher un peu.

***

  1. Je me rappelle toutes ces fois où, couchée, tu me laisses venir me mettre à côté de toi, ta confiance, et ta douceur.
  2. Quand tu as servi de promène-couillon pour les deux filles d'un collègue qui ont été insupportable.
  3. Quand une copine te monte et qu'elle n'a pas les mêmes codes que moi, et que tu ne bouge pas d'un cm : l'humiliation (sourire).
  4. Quand tu as laissé Thomas apprendre à monter quelques fois avant de boiter définitivement.
  5. Quand on sortait en dextre avec Amalhia, tu étais sage, bonne maîtresse d'école.
  6. Quand tu as eu une abeille coincée dans les crins derrière la têtière, et que j'ai eu super peur (et toi aussi ! )
  7. Quand on remontait au grand galop la côte de la balade vers la forêt de Loire. Globalement, tu étais vraiment une incroyable jument d'extérieur, et tu n'as pas transmis ça à Amalhia...
  8. Quand hier j'appelais Iggy qui a appris à escalader une barrière pour se faire la malle, et que c'est toi qui répondait.
  9. Toutes ces fois où tu as hennis hier dès que tu me voyais.
  10. Avec la véto pour les radios, tu te ranges comme une voiture en mode auto-park, tu es craquante.
  11. De nuit, avec ton couvre-rein fluo, dans la forêt autour de Vourles, à la lumière de la frontale, tu étais un peu plus sur l’œil que d'habitude.
  12. Quand tu as chassé le chien qui était rentré dans le rond de longe à Echalas, toutes dents dehors encore.
  13. Quand on était allées faire une démo dans un club où je donnais un stage d'étho, et que tu avais été moins bien qu'à la maison, évidemment. Mais c'était déjà très bien, à l'époque, la barre était basse.
  14. Quand on a passé quelques jours dans la Loire, que tu dormais dans le rond de longe géant, et que tu t'es blessée un pied dans la rivière.
  15. Quand tu pataugeais avec Nevada dans la mare des prés du Pilat.
  16. Dans ton paddock de régime dans ce même pré. Ironie de savoir que quelques années plus tard je galèrerais à te tenir en état.
  17. Ces reculés que tu faisais tellement bien, et avec tellement de coeur.
  18. Ce blabla sur le mors insupportable. Je l'ai déclenché dans les 3 premiers mois où tu es arrivée avec les cessions de mâchoire de Karl, et c'est disparu à Saint Yzan dans les dernières années, quand j'ai arrêté de te demander de céder, et que j'ai laissé le mouvement te mettre en place.
  19. Cette sale tête dans certains exos de travail à pied, et cette tête trop mims sur d'autres. Ça tu l'as filé à Amalhia, enfin, c'est probablement plutôt moi qui le génère.
  20. Ce concours de dressage pathétique où on est allées avec Laurianne. Mon stress du transport de se garer dans un parking tout boueux avec l'attelage le plus pourri de tous les compétiteurs ! Tu avais été sage, mais on n'était pas prêtes.
  21. Une séance de longue rênes sur le parking du haut d'échalas pendant que tu te remettais de ta petite tendinite.
  22. Le passage des branches basses restées à une taille poney lors d'un concours d'equifeel. Tu avais fait le chat, j'étais bluffée. Bon ensuite tu avais plus trop voulu passer les branches basses, c'était devenu nettement moins fun.
  23. La peur de te voir t'étouffer lorsque tu as fait une obstruction oesophagienne au pré, la galère du véto car on n'avait pas de lumière, le soulagement à la fin.
  24. Les vers gros comme mon petit doigt qu'on retrouve dans tes crottins, alors que tu étais toute maigre après Vourles, on te voyait la colonne au niveau du bassin. Clairement tes premiers mois avec moi ont été bien stressant, sorry.
  25. Des essais de selles à ne plus finir, et la wintec 2000 toute simple qui te va si bien.
  26. Ta tête à travers la porte du box à la maison, pendant ta convalescence.
  27. Le cirque que tu faisais avec un comportement d'entier quand Amalhia est revenue de ses 15 jours d'hospitalisation.
  28. Te voir revenir au galop l'été dernier pendant une récession de l'arthrose. Quel bonheur.
  29. Tes cabrés : beaux, droits et puissants. Tu ne m'as jamais fait peur.
  30. Tes oreilles en arrière sur les départs au galop. C'était pas notre kif ça. Alors que les heures et les heures de balade dans la nature en solo, ça ça te plaisait.
  31. Ta passion avec Revie, ta voisine de pré. Vous dormiez l'une à côté de l'autre, de chaque côté de la clôture.
  32. Ton goût pour les bananes, les kiwis, les avocats, enfin presque tous les fruits et légumes alors qu'Amalhia était beaucoup plus fine bouche.
  33. Avant-hier, quand tu as croqué le haut du plaqueminier que j'ai planté cet hiver en me regardant alors que je disais non. Tu gouttais à tous les végétaux du jardin après 1h de broutting d'herbe... Tu as même croqué dans un citron (yeux au ciel).
  34. Quand tu viens avec ton bout du nez dans mon cou, pour réclamer des grattouilles. Mon dieu que c'était doux. Et parfois tu posais ta tête. La sinusite a vraiment gâché ça.
  35. Quand tu me montres où tu veux que je te gratte : en me reculant dessus, en te grattant toi même d'abord. Très bonne communication avec les humain·es.
  36. Quand tu te mets toujours entre moi et la personne avec qui je parle dans ton paddock. Hé ! Occupez vous de moi !
  37. Quand tu fais ton pas espagnol martial, l'encolure haute, le regard presque fier.
  38. Quand tu fais le bisou, le flemehn, rattraper un objet, pousser un ballon, redresser un cône, et tous ces trucs inutiles que tu as appris au clicker.
  39. Quand tu changeais de main à peine je changeais mes appuis dans mes étriers...
  40. Quand tu m'as regardé ce matin en hennissant, droite au milieu de la cour, alors que je t'amenais ta dernière ration. Tu avais bon appétit. pas de pied pas de cheval. Plus de pied plus de cheval.

***

Au revoir Néli. Amalhia appelle, je vais l'amener te voir de nouveau.

Merci pour tout, et galope bien entre les étoiles.

 
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from adventices

ni l'eau à peine mobile qui va vers la brume dans un étroit fossé ni les tendres rameaux qui tendent aveuglément vers le ciel gris j'aime ronces et roseaux herbes hautes sans nom et toutes les broussailles qui ne vont nulle part

photo © Johanna Lihr @JohannaCharlotte

 
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