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from Chatpey

Constat empirique, fait en construisant un assistant documentaire local (recherche augmentée sur manuels d'atelier et archives de forums) : la consigne « n'invente pas si tu ne trouves rien dans les sources » marche mal. Le modèle invente quand même. La consigne suivante, elle, marche nettement mieux :

« Si tu ne trouves rien dans une source, dis-le, et argumente sur pourquoi on n'y trouve rien sur le sujet étudié. »

Même objectif, formulation inversée, résultats sans comparaison. Ça évoque l'éducation positive — dire quoi faire plutôt que quoi ne pas faire — et le parallèle est plus solide qu'une simple analogie. Trois mécanismes l'expliquent.

1. L'éléphant rose

« Ne pense pas à un éléphant rose » : vous venez d'y penser. Un modèle de langage a le même problème, en pire. La négation n'y est pas un opérateur logique qui supprimerait un concept : c'est un mot comme un autre, posé à côté du concept. Écrire « n'invente pas » active la représentation d'« inventer ». cela la rend plus présente au moment précis où on voudrait qu'elle soit improbable au sens statistique. Au mieux, le modèle apprend à l'inhiber ensuite ; au pire, on vient de rendre saillant le comportement à éviter.

2. L'interdit ne dit pas quoi faire à la place

C'est le mécanisme principal. Au moment où l'assistant ne trouve rien dans les sources, il doit quand même générer quelque chose — un modèle de langage ne peut pas se taire. « N'invente pas » supprime (mal) un embranchement sans en fournir d'autre. Le modèle arrive au point de décision avec un vide, et le chemin de moindre résistance dans ce vide, c'est la complétion plausible, c'est-à-dire l'invention. On a interdit la seule sortie disponible sans proposer une alternative.

La formulation positive fait le travail inverse : elle transforme le cas d'échec en livrable. « Dis-le et argumente sur pourquoi la source n'en parle pas » donne au modèle une tâche générative concrète, avec du contenu à produire — analyser le périmètre de la source, son époque, son public, les raisons structurelles du silence. L'honnêteté cesse d'être une abstention (pauvre et terne à générer) pour devenir une production (riche). On a réaligné la tendance naturelle du modèle — produire du texte fluide et fourni — avec le comportement voulu, au lieu de lutter contre elle.

3. Les données d'entraînement n'ont pas de bons exemples de « rien »

Les corpus d'entraînement regorgent de réponses complètes et assertives. Ils contiennent très peu d'exemples de « je ne trouve pas, et voici pourquoi c'est normal ». Une consigne positive détaillée compense cette rareté : elle spécifie le format cible que les données n'ont pas appris. Une consigne négative laisse le modèle retomber sur sa fonction par défaut, qui est de répondre quelque chose.

La règle générale : faire du résultat vide un livrable

Le principe dépasse le cas de l'invention. Chaque fois qu'on veut interdire un comportement à un modèle, la vraie question est : que doit-il produire à la place, et cette production est-elle définie, légitime et gratifiante ?

Autre cas vécu, sur un pipeline d'extraction de fiches techniques depuis des sources anciennes : l'extracteur classait des arguments commerciaux qualitatifs (« rendement remarquable », « économie considérable ») comme des données de performance. La correction efficace n'a pas été de lui dire « ne classe pas les claims marketing en performances », mais une définition positive accompagnée d'une légitimation explicite du cas vide :

« performances = mesures quantifiées uniquement. Une fiche sans performance est légitime si la source ne contient pas de chiffres. »

La seconde phrase est la plus importante. Sans elle, une fiche vide « a l'air d'un échec », et le modèle remplit. Avec elle, le vide devient un résultat respectable — donc livrable.

Version cynique, mais exacte : ce n'est pas de la bienveillance, c'est de l'ingénierie de distribution de probabilité. Un modèle de langage, comme un enfant, apprend par imitation de comportements disponibles, pas par déduction à partir d'interdits. Montrez le geste de remplacement, pas seulement la faute.


Billet co-produit avec un LLM (Claude, Anthropic). Les observations empiriques et les cas d'application viennent de mes projets ; l'explicitation des mécanismes vient du modèle. Relecture et décision finale : humaines.

 
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from Blog d'une enfant de ce siècle

LA DALLE

J'ai écrit ce morceau suite aux résultat des élections européennes de 2024. Que le RN en arrive à ce point aux portes du pouvoir m'a sidérée. J'ai ressenti comme une foudre qui me traversait le corps, tandis que je continuais ma journée à vélo. Un vrai choc psycho-somatique, qui a donné naissance à ce texte, cri d'alarme qui ne veut pas voir ce monde sombrer dans l'ignorance du danger, et d'à quel point il est concret aujourd'hui.

Je l'ai récité également sur plusieurs scènes, notamment devant l'Hôtel de Région de Nantes lors de la manifestation coupe les coupes budgétaires, et lors des élections municipales à Toulouse.

Tu peux écouter ici “La Dalle” du groupe Alter'N Co sur toutes les plateformes de musique, et ci-desous depuis Youtube (apparemment Soundcloud ne veut pas l'intégrer ici) :

Prod : VictorB (lien Beatstars) Paroles et chant : Kaena Sortie en ligne le 14 juillet 2026.

Paroles de "La Dalle"

COUPLET 1

Je suis en immersion Dans l'actualité depuis que le RN est passé La pression s'est installée sous les chaînes du passé Ma tension ne s'est pas calmée, je suis toujours en PLS... Est-ce que je suis la seule dans cet état de stress?

A qui cette valeur travail donne envie? Que vaut la vie du chômeur pour la plutocratie? Nos souffrances sont appellées “violences” quand on les crie, Et quand l'esprit insoumis vise le Front de l'Ennemi.

En mode survie, on réclame des solutions Mais l'entreprise veut du pognon, sinon c'est le piège à con. Entrepreneur “indépendant” fier tel un électron libre, T'es un esclave consentant. Bravo si t'as le calibre!

Industrie souveraine, incitation à la haine, Invitation à la peine à la sueur de nos veines, Diersité, Santé, droit des minorités... Défendez la Vérité, sortons de la vanité!

REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

COUPLET 2 On m'a dit “Sortir du capitalisme, on pourra pas!” On m'a dit “Avec un bon leader, peut-être que ça bougera:” On m'a dit “Ici c'est déjà sympa, alors fais profil bas!” Aujourd'hui si je capte pas, c'est que je pense à Gaza!

Parlons des lois; t'as perdu la partie Si tu penses qu'elles nous mettent tous à l'abri. Hasta La Vista, la Mauvaise Foi! C'est déjà le bon combat si tu t'accroches à la vie.

Je porte plainte contre l'Etat sans culpabilité Je fais sonner ma voix, c'est ça ma “bombe à l'Elysée” Ma colère est intenable, mais elle est partagée. Ma logique est ententable, si t'as un peu d'humanité :

Coupez les ponts A ceux qui ont les fonds Et font toucher le fond A des vies en pleine incarnation Produits de la haine en pérenption Qu'on laisse pourrir sur le parvis!

REFRAIN Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

Je porte plainte contre l'état De ceux que fait crever la France Ils ne sont pas en vacances, Il sont passés sous silence ou maîtres de la résilience. Regarde d'où vient la violence!

COUPLET 3 La légitimité d'exister appartient à tous. Moi, je prends celle de m'exprimer sur ce qui me fou la frousse. Les inadaptés du système, que lui-même a lynché, Et ceux qui n'y adhèrent pas sont invisibilisés!

C'est votre projet qui est bancal, C'est votre budget qui est marginal, C'est votre rejet qui est antisocial. Alors qui a les mains sales, quand on sait qui a La Dalle?

 
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from Un Spicilège

Evil Dead Burn

J'ai bien aimé Evil Dead Burn que j'ai trouvé bien réussi. Sébastien Vanicek (qui m'avait déjà convaincue avec Vermines), confirme tout le bien que je pense de son travail avec un film fidèle à l'esprit de la saga : gore, intense et sans concession (bien qu'un peu plus sombre et moins loufoque que certains opus).

Avec son scénariste, il apporte une vraie french touch qui insuffle un peu de subtilité à une formule pourtant très codifiée. La réalisation est moderne, avec certains plans particulièrement inspirés et des transitions pleines d'humour qui apportent une vraie personnalité au film. Souheila Yacoub est franchement impeccable dans le rôle principal, et gros coup de cœur pour Erroll Shand, formidablement effrayant en père de famille détraqué.


Evil Dead Burn | Sébastien Vanicek | 2026

 
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from CORAXIO : MOSTLY HEAVY

la pochette de l'album CAMPING WITH BODHI, de Gin Lady : une illustration dans un style très vieux comics ou cartoon. Les 4 membres du groupes, des hommes barbus avec des chapeaux ou des casquettes, sont assis dans une clairière, autour d'un feu de camp. Le feu a l'apparence d'une tête d'homme âgé et barbu, avec des flammes à la place de la barbe et des cheveux, et une expression impassible. Autour du feu se tiennent aussi des animaux : un ours, une souris, un lynx. En arrière plan, des sapins couverts de neige. le ciel est rempli d'étoiles. On voit aussi un croissant de lune et des nuages roses.

Vous voulez du rétro ? En voici en voilà. Gin Lady est un quatuor originaire de Skellefteå, au nord de la Suède, à peu près autant intéressés par la modernité que leurs compatriotes un peu plus connus de Siena Root ou que les norvégiens d'Orango. Ce qui veut dire : vraiment pas des masses. CAMPING WITH BODHI est leur sixième LP, qui fleure bon le début des seventies...

...à commencer par l'artwork qui m'évoque les comics indie de la période, type Fabulous Furry Freak Brothers, Art Spiegelman ou Robert Crumb... avec peut-être un brin de Katzenjammer Kids (qui j'en conviens sont une référence autrement plus ancienne) Quant au titre, pour la faire vite le bodhi désigne l'éveil spirituel dans le bouddhisme. Si vous aviez pas déjà pigé, le positionnement esthétique adopté est quand même bien hippie (hippie, hourra) mais on verra plus bas qu'on est sur kekchose de plus nuancé que du basic babloche.

Musicalement, on peut parler de retro rock, de roots rock... le southern rock est un référentiel un peu contesté, un peu flou, mais qui me botte bien ici : la base de blues est là, plus british que delta, les jolies harmonies vocales aussi... et les gars savent clairement concocter un boogie. La slide guitar, elle, reste discrète voire absente. Southern, voui mais plus proche de Lynyrd Skynyrd et de Creedence Clearwater Revival que des Allman Brothers. Les claviers, mixés en retrait par rapport aux grattes mais complètement indispensables, rajoutent du rythm aux blues, et même une petite dose de soul... une soul aux yeux très très bleus, of course, un pied à Memphis et un pied à Londres, mais qui sonne juste et habitée. Idem pour la voix claire et chaude de Kärnebro, pas rauque ni nasillarde contrairement à pas mal des classiques amerloques du genre. Gin Lady ne cherche pas à cacher sa sensibilité européenne et c'est tant mieux. Se baladent aussi quelques textures psychédéliques, avec notamment d'occasionnels sons sitaroïdes (mon suspect n°1 : une pédale EHX Ravish Sitar utilisée avec parcimonie). Les compos sont raisonnablement variées -rien de drastique- et s'enchaînent de manière fluide. Le LP a un petit temps de chauffe : Underground et For Everyone, les deux premiers morceaux, ont un feel presque Beatles, mais la température commence à monter à partir du troisième, Haven't See You Lately, les claviers se réveillent avec Fields of Joy et une fois la face B entamée le boogie est à température idéale et ne refroidit plus jusqu'à la fin. De manière générale, pas d'excès ici : rock, mais ni hard ni heavy ; entraînant, mais pas de quoi keep on chooglin' toute la nuit ; les solos restent sobres et efficaces… un cocktail finement dosé mais low ABV : vous allez déguster mais sans aucun risque de gueule de bois.

Pour ce qui est du côté thématique des choses, un premier point très positif : ici contrairement aux canons du genre, pas un gramme de machisme, de roulage de mécaniques, ou de misogynie ! Avec Gin Lady, la bistouquette reste fermement en poche et c'est pas bibi qui va s'en plaindre. Et les paroles sont remarquablement peu genrées, ce qui me réjouit. Comme suggèrent les illustrations de la pochette, la nature figure en bonne place ; de manière tout à fait classique le paysage extérieur est en synergie avec le paysage intérieur : l'éclair solitaire et le clébard hurlant sont les échos d'une âme troublée, la brise estivale apaise et des montagnes de secrets se cachent sous la neige... Toutes ces émotions dudit paysage intérieur ne sont pas que du brut de coffre roquénerolle. Il y a dans les paroles de “Freedom Rider” un petit “free your mind” emblématique au parfum de patchouli qui se balade, mais à écouter ou lire toute la chanson on se rend bien vite compte qu'il ne s'agit pas de premier degré. Très souvent sur cet album rôdent une ironie certaine, un léger cynisme, une tendance aigre-douce. Gin Lady ne cherche pas à ressusciter le Summer of Love, mais dépeint plutôt le désordre et les failles propres aux relations : l'amitié et l'amour sont mêlés de désaccords et d'incompatibilités, d'impuissance et de détresse, de nostalgie... Et pourtant mon impression est que rien de tout ça n'est considéré ici comme insoluble ou irréversible. Téma la maturité émotionnelle.

Le retour à la nature n'est qu'un remède partiel à notre mal : pour le salut et la transcendance, come and join the party on my travellin' show ! Le meilleur remède à l'humain c'est l'humain, me dit Celebration Blues. Le morceau me semble être la synthèse, le point culminant thématique et musical de CAMPING WITH BODHI. Il est aussi un des deux seuls de la galette qui me semblent être purement positifs. We Are Free Now!, qui suit, est une excellente conclusion, aussi entraînante que pétrie d'ironie. Soldier On avec son redoutable groove southern et ses paroles mordantes, mérite aussi mention. I Love You Babe est, no duh, une incandescente déclaration d'amour et de soutien inconditionnel malgré les parts d'ombres et les difficultés, et le deuxième morceau purement positif du LP. Voilà pour mes favoris ; en vrai tout l'album passe crème, agréable, solaire, sereinement anachronique mais pas nonchalant pour autant, hippie mais pas teubé, plus vin orange que petit buvard. Mangez-en.

Gin Lady, c'est : Magnus Kärnebro – chant & guitare | Anthon Johansson – basse | Fredrik Normark – batterie | Johnny Stenberg – guitare

#Rock #RetroRock #SouthernRock #PsychedelicRock #RootsRock #GinLady

 
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from irisdessine

Il y a quelques jours, j'ai compris quelque chose. Celles et ceux qui me suivent sur Mastodon ne sont pas sans savoir que je me désigne comme neuro-atypique. Sans connaître exactement sous quelle forme elle se présente, je sais qu'elle existe. Ça a commencé par des premiers tests effectués (le fameux test de QI pour détecter si on est HPI), pas vraiment concluants mais suffisamment atypiques, justement, pour commencer à expliquer ma marginalité. Et à force de l'évoquer sur Mastodon, et un peu dans le cadre du boulot, je me suis demandée si je ne me trouvais pas des excuses pour justifier ma fatigue, mon incompréhension parfois, mes maladresses. Et puis, j'ai fini par comprendre peu à peu les gens qui ont une différence qu'ils portent comme un étendard (les LGBT+, par exemple). Je comprenais par raisonnement logique : ils et elles se mettent en avant pour paver la voie pour le futur, leurs enfants et les enfants de leurs enfants. Sauf qu'en réalité, je pense que c'est avant tout parce qu'on se comprend enfin ! Grâce au prisme nouveau par lequel on se voit, c'est avec bienveillance et non plus avec dégoût ou désintérêt qu'on se perçoit enfin !

Une illumination !

J'en reviens à mon exemple, parce que je ne saurais parler à la place d'autres groupes minorés/invisibilisés par la société. Je l'ai compris, parce que toutes ces années où j'ai vécu littéralement en mode “marche ou crève”, où je me sentais nulle et faible, parce que je craquais parfois seule dans mon lit, où je comprenais pas pourquoi les gens tenaient absolument que je reste à une fête jusqu'à pas d'heure, alors que dès 22h, j'avais envie de rentrer chez moi et qu'ils me faisaient sentir que c'était pas normal, alors que j'ai fait un nombre incalculable de choses “normales” pendant des règles douloureuses, bosser pendant que je faisais de la fièvre, me tenir droite l'air de rien pendant que le gluten que j'avais mangé me déglinguait les intestins dans la douleur.

Au-delà de ça, mes faiblesses étaient remarquées sous forme d'humour un peu déplacé, du genre “oh, t'es une petite nature !” et je laissais faire.

Je suis neuro-atypique.

Et puis, à revoir tout ça, et surtout à comprendre peu à peu mon fonctionnement en lisant tout ce qui se dit autour de la neuro-atypie (autisme, tda, notamment), je vis comme une sorte de soulagement, des articles qui me disent “non, en fait, tu n'as jamais été faible, tu n'es pas câblée comme les autres, c'est tout”. En fait, c'est pas moi le problème. C'est les autres qui refusent de comprendre une situation qui n'est pas celle qu'ils ont vécu. Ça me rappelle un gars, il y a quelques années, avec qui j'avais discuté, qui considérait que les gens des banlieues pouvaient s'en sortir si seulement ils faisaient un effort. Et il disait ça parce que son meilleur ami sortait de banlieue et était devenu trader, puis entrepreneur. Sans comprendre que son meilleur ami était une exception dans un système fait pour que les gens de banlieue ne s'en sortent surtout pas. Il a vu une expérience, et a voulu la généraliser.

C'est la même chose avec la neurodivergence : on a pas eu de difficulté à se faire des amis, à comprendre les implicites, à faire la fête le soir comme les autres, pourquoi toi tu y arrives pas, hein ?

Bref, c'est ce qui m'a poussé à écrire ce petit billet de blog, mais aussi à décider que ce terme “neuro-atypique”, serait dorénavant dans la bio de l'unique réseau social où je suis encore, à savoir Mastodon.

Je suis neuro-atypique.

Et après ?

Et bien, après, ça me permet d'avancer doucement mes pions pour faire comprendre aux gens comment je fonctionne. Par chance, après des années à traverser des boîtes qui traitent leurs salariés comme des données sans la moindre humanité, je me trouve dans une entreprise très bienveillante, qui n'attend pas de papier médical pour comprendre et tâcher de m'aider au mieux.

J'ai également un chéri, probablement lui aussi neuro-atypique (il est en cours de diagnostic), qui est parfaitement compréhensif, tel l'homme merveilleux qu'il est.

Le plus difficile est, je dirais, presque, de lutter contre moi-même. Je me trouve encore audacieuse d'avoir posé un jour le lendemain d'un séminaire hautement épuisant pour moi (je maîtrise le social, mais au prix d'une dépense d'énergie très coûteuse). Et pourtant, vu qu'il m'a fallu 2 jours à ne rien faire du tout avant de commencer à émerger doucement, je réalise à quel point j'ai bien fait. J'ai encore, ancré dans le cerveau, la pratique du “marche ou crève”, même si, au vu de mon environnement bienveillant, j'apprends peu à peu à me permettre de me poser quand il le faut. J'apprends à user de mes astuces pour ne pas m'épuiser là où d'autres n'ont aucun souci : user de mon casque anti-bruits lorsque les ventilos ou le robot aspirateur fonctionnent, avoir près de moi mes objets de stim (une pierre lisse, un hand spinner) pour pouvoir les toucher quand je veux, pouvoir dire aux collègues “je rends la main, je commence à en avoir marre (c'est-à-dire ne plus rien comprendre !)”, avoir de la musique que je peux écouter ou, chose miraculeuse, faire le fameux body doubling avec un collègue qui apprécie aussi ces moments, ce qui consiste à se retrouver en visio, et chacun bosser sur un ticket, avec la possibilité de pouvoir s'entraider si nécessaire, mais sans nécessité de se parler !

Bref, je pense que mon chemin est encore long, je suis encore en train de réfléchir à si je dois chercher à faire établir un diagnostic (je sais que j'avais déjà dit que j'en ai pas besoin, mais j'ai l'impression au final que si 😅), et je dois encore parfois lutter contre moi-même, mais au moins, je peux affirmer avec fierté (parce que pourquoi pas) :

Je suis neuro-atypique.

 
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from Un Spicilège

L'effacement progressif des consignes de sécurité

Lorsque Christophe Siébert a recommandé L'effacement progressif des consignes de sécurité dans sa newsletter, on peut dire qu'il m'a immédiatement convaincue. Je ne connaissais absolument pas Vincent Ravalec, ni ses œuvres, mais la promesse d'un bouquin hors normes a suffit. Hors normes, c'est bien le qualificatif le plus approprié pour ce monument de près de sept cents pages.

Le roman suit les pérégrinations de Louis Dieutre, qui travaille dans l'art contemporain, et dont la vie bascule progressivement dans une succession d'événements étranges et hallucinants. Entre complots, rêves, expériences spirituelles et aventures improbables, le récit nous entraîne dans un voyage dont il devient impossible de distinguer la réalité du fantasme.

Il m'a tout de même fallu quelques dizaines de pages pour tenter de m'y retrouver dans cet univers et pour me faire au style foisonnant de Ravalec. Ceci dit, une fois entrée dans le rythme, une fois accordée aux errances de l'auteur, je me suis laissée emporter. L'intrigue est prolifique, imprévisible, parfois vraiment incompréhensible, mais c'est précisément ce qui fait son charme et qui la rend drôle. Vincent Ravalec nous refuse des explications simples et préfère multiplier les pistes, les symboles et toutes les interprétations possibles et imaginables. On avance donc dans un état de doute permanent, toujours à se demander ce qui relève du réel, du rêve ou d'une forme d'expérience spirituelle plus profonde.

Le roman est en outre traversé par une critique du monde de l'art contemporain et de l'élitisme culturel absolument sublime : mordante, diablement drôle et si juste! Quant à Louis Dieutre, on ne peut pas dire que je l'ai trouvé attachant, mais il fonctionne parfaitement comme guide involontaire dans ce chaos organisé. Son incompréhension face aux événements est le miroir de la nôtre, ce qui renforce encore l'immersion.

Le style de Ravalec constitue sans doute ce qui m'a le plus fasciné. J'aime les bavards quand ils ont des choses à dire, j'ai donc été comblée. Son écriture est singulière, ambitieuse et totalement décomplexée. Il construit un récit qui ne ressemble à aucun autre, oscillant entre aventure, fantastique, satire et délire mystique. Même le mauvais goût, lorsqu'il surgit, est si parfaitement calibré qu'il participe à l'identité du roman.

L'effacement progressif des consignes de sécurité est un livre étrange, déroutant et profondément original. Il ne plaira probablement pas à tout le monde, mais si on accepte de s'abandonner un peu, on y trouve une expérience de lecture rare. C'est un roman qui rappelle qu'il est parfois possible d'éprouver un immense plaisir à suivre un récit sans jamais parvenir à l'expliquer complètement.


L'effacement progressif des consignes de sécurité | Vincent Ravalec | J'ai lu

 
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from BOBINE

Mars Attacks!

Ce samedi 4 juillet 2025, L'asso Bobine a projeté Mars Attacks de Tim Burton. Projection dans le cadre du SPORE Festival ! Merci à la Brasserie Spore de nous avoir sollicité, merci au public d'être venu découvrir ou redécouvrir ce film. Merci à Simon pour l'installation du projecteur et du système son.

Une courte interview de l'asso par la radio Principe Actif est en écoute en podcast ici (à partir de 70 mn)

Cet été, l'asso va s'occuper de préparer la suite : dossiers de subventions et une soirée sur le thème des radios Libres en partenariat avec Principe Actif.

 
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from irisdessine

Projets

personnels

  • Une semaine consacrée à la journée parisienne que je savais être mangeuse d'énergie, donc pas d'avancement sur les projets persos.

Veille

technologique

personnelle

  • Une vidéo d'un Youtubeur extrêmement méticuleux qui démonte les arguments (fallacieux, il faut le dire) de Uta Frith, pourtant reconnue dans les avancées autour de la détection et reconnaissance de l'autisme. En gros, elle revient sur les arguments de celles et ceux qui ont une méconnaissance du trouble et n'hésite pas à dire qu'il faudrait laisser le diagnostique aux autistes qui en auraient “vraiment besoin”. 🙄 Cela me confirme un peu que dès qu'une personne devient une sommité dans son domaine, elle va se permettre de dire et faire n'importe quoi par la suite (on a eu le cas avec la “papesse” des HPI, celle qui a inventé le terme de “zèbre”, Jeanne Siaud-Facchin) : https://youtu.be/GEjuDzp_ifM?si=tTkKMzN96i9TPHeX

Mes Joies

  • Je me remercie d'avoir pensé à prendre mon vendredi, lendemain de séminaire. Malgré de bonnes nuits de sommeil, il m'a fallu attendre dimanche avant de commencer à faire des choses sans traîner la patte. J'apprends à m'écouter un peu plus (et je pense que je poserai systématiquement chaque lendemain de séminaire, à partir de maintenant)
  • Du coup, indépendamment du besoin de me reposer, j'ai apprécié le week-end de 3 jours !
  • Et un chéri parfaitement à l'écoute puisqu'il m'a laissée me reposer, glander, voire même poussée à me mettre devant l'ordi pour une activité à productivité nulle. 🫶

Lu, vu, écouté

À lire

  • Le clan des Otori, tome 4 : on avance, on avance, grâce au passage dans le train, j'ai dépassé la moitié de l'histoire et je maintiens que ça traîne en longueur, mais enfin, on approche de ce qui sera l'action principale de ce tome-là. Malgré tout, je prends plaisir à continuer à lire cette saga, je pense que c'est le propre de toutes séries de livres, il y a des moments de calme plat avant de revenir dans l'action.
  • Assassin Royal, là, c'est mon petit bonbon, je le connais par cœur, mais j'adore les relire pour le plaisir de retrouver Fitz, Vérité, Patience, le Fou, etc.

À voir

  • Vu a tiré sa révérence, cette semaine, achevant 37 ans de travail (!) pour informer différemment. D’abord connu sous le nom “Le Zapping” sur Canal +, l’équipe avait migré sur France Télévisions quand Bolloré a mis la main sur le groupe Canal, se renommant ainsi “Vu”, au passage. Le 30 juin, c’était la dernière fois qu’on pouvait voir ce zapping si cher à nos cœurs. Dernière… peut-être pas, si on s’attarde sur le message passé à la fin du dernier Vu… https://youtu.be/J-O4FTxTRZQ?si=lePJO2baxLDblrAE
  • Silo : on entame la nouvelle saison avec un premier épisode qui pose de nouvelles bases après la rébellion. On attend de voir. Dispo sur Apple TV.
  • The Mentalist: j'arrive sur la dernière saison, la 7e. Notre héros a enfin pu arrêter John le Rouge et c'était plutôt pas mal. À faire traîner l'histoire, j'avais peur que ça retombe comme un soufflé, mais ils s'en sont bien tirés et c'était intéressant. J'aime quand il y a un fil rouge sur ce genre de séries procédurales avec un tueur en série qui donne du fil à retordre aux enquêteurs. J'avais aussi beaucoup aimé l'arc autour de Pelant dans Bones, même si la conclusion était un peu décevante. Bref, j'arrive au bout de la série, il va falloir que je trouve une autre série procédurale 😅 Dispo sur Netflix.

À écouter

  • En ce moment, sous la douche (oui, j'écoute de la musique sous la douche), j'écoute la douceur des morceaux de Loreena McKennitt, avec son album The Book of Secrets. C'est prompt à calmer les esprits et profiter de la lenteur de la vie.

Et le jeu vidéo ?

  • RuneScape: Dragonwilds: Comme je suis très nulle en jeu vidéo, je suis morte plein de fois, bêtement tuée par des gobelins de faible niveau, mais je résiste, parce que le jeu est vraiment chouette. J'aime beaucoup progresser, monter en compétences pour débloquer de nouveaux sorts et nouvelles recettes pour fabriquer des choses. Puisque le dernier assaut des gobelins m'a achevé, j'ai donc décidé de créer une tourelle protégée de laquelle je pourrais les tuer de loin avec mon arc. On va voir comment ça se déroule. Dispo sur Steam.
  • Mosaïc of the Strange: toujours dans la veine de la série de jeux mi-picross, mi-démineur, j'avance aussi sur ce jeu qui prend la forme d'une enquête policière paranormale, avec un faux air de X-Files, on va pas se le cacher 😁 Dispo sur Steam.
 
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from Chatpey

Quand on parle de la consommation énergétique de l'intelligence artificielle, deux récits s'affrontent. Le premier agite des chiffres apocalyptiques — des centres de données qui engloutissent l'électricité de pays entiers. Le second balaie la question d'un revers de main — « ce n'est qu'une recherche web un peu plus grosse ». J'ai voulu mettre des chiffres concrets, mesurés autant que possible, sur ce que coûte réellement une requête d'IA — surtout celle qu'on fait tourner chez soi.

D'abord, un avertissement sur les chiffres

Première surprise en creusant le sujet : les estimations sont d'une instabilité déconcertante. Pour une même question posée à une IA, on trouve des valeurs allant de 0,24 à près de 19 wattheures selon la source et le modèle. Le fameux « une requête d'IA consomme dix fois plus qu'une recherche Google », répété partout, remonte à une remarque d'interview de 2023 qui n'a jamais été une mesure. Donc méfiance : tout chiffre unique présenté comme une vérité est suspect. Ce qui suit est en ordres de grandeur, pas en certitudes au décimal près.

La requête distante : comparable à une recherche, le plus souvent

Pour une requête courante envoyée à un grand service en ligne, les estimations sérieuses récentes tournent autour de 0,3 à 0,4 wattheure. Une étude de mai 2025 mesure 0,42 Wh pour une requête GPT-4o ; Google annonce 0,24 Wh pour une requête médiane. Autrement dit, dans ce cas banal, une requête d'IA consomme à peu près autant qu'une recherche web classique — pas dix fois plus.

Le « dix fois », voire « soixante-dix fois », existe pourtant — mais seulement pour les gros modèles dits de raisonnement, ceux qui « réfléchissent » longuement en générant énormément de texte interne. Là, une seule requête peut grimper à 10, 20, voire 40 wattheures. L'écart entre 0,3 et 40, ce n'est pas du bruit de mesure : c'est la différence entre demander la définition d'un mot et demander une dissertation à un modèle surdimensionné.

La requête locale : le compteur ne ment pas

C'est ici que ça devient concret, parce qu'on peut mesurer à la prise, avec un simple wattmètre. Et le résultat est contre-intuitif.

Faire tourner un modèle de taille raisonnable sur sa propre machine consomme, par réponse, de l'ordre de 0,05 à 0,4 wattheure — soit la même zone qu'une recherche web, parfois moins. Sur une machine efficace (puce Apple récente, petit modèle), on descend sous 0,1 Wh par réponse.

La raison est simple : en local, la machine ne consomme que par à-coups. Elle monte en charge une ou deux secondes le temps de générer la réponse, puis retombe au repos. Ça n'a rien à voir avec un jeu vidéo qui sollicite la carte graphique à fond pendant des heures. Ce pic bref change tout le calcul.

Pour donner une échelle parlante : votre ordinateur en bureautique normale tire 30 à 180 watts en continu ; un PC de jeu dédié, 300 à 600 watts. Une requête d'IA locale « tout-venant », c'est donc l'équivalent énergétique d'une à trois secondes de jeu vidéo, ou de quelques dizaines de secondes de travail bureautique. Pour égaler ce qu'on dépense en deux heures de jeu, il faudrait enchaîner plusieurs milliers de requêtes locales.

Un bémol honnête : ça vaut pour un modèle de taille raisonnable. Faire tourner un mastodonte de 70 milliards de paramètres sur deux cartes graphiques peut grimper à 6 wattheures par réponse et c'est précisément là que le service distant, mutualisé, reprend du sens. La frugalité locale a une condition : choisir un modèle proportionné à la tâche.

Graphique : énergie consommée par requête d'IA. Une requête locale sur petit modèle et une recherche web consomment très peu, environ 0,2 à 0,3 Wh ; seul le raisonnement distant est élevé, environ 20 Wh.

Alors où est le vrai problème ?

Si une requête locale coûte une fraction de seconde de jeu vidéo, et qu'une requête distante banale équivaut à une recherche web, d'où vient l'épouvantail énergétique ?

On croit souvent que c'est l'entraînement des modèles qui consomme le plus. En effet cette phase est massive : entraîner un grand modèle peut consommer l'électricité de centaines de foyers pendant des mois. Mais l'intuition est trompeuse. Les analyses récentes convergent : l'entraînement n'est effectué qu'une fois, tandis que l'usage — l'inférence — se répète des milliards de fois par jour. Résultat, l'inférence représente désormais jusqu'à 90 % de l'énergie consommée sur tout le cycle de vie d'un modèle. Pour un grand modèle récent, servir les utilisateurs pendant trois mois coûte déjà plus d'électricité que tout son entraînement initial.

Le vrai coût, donc, ce n'est ni l'entraînement lointain ni votre requête locale isolée. C'est l'inférence centralisée à l'échelle planétaire : une requête individuelle modeste, multipliée par des centaines de millions d'utilisateurs et des milliards d'appels par jour, sur des modèles souvent surdimensionnés pour la tâche qu'on leur confie. Une seule requête courte à 0,43 Wh n'est rien ; la même répétée 700 millions de fois par jour finit par représenter la consommation annuelle de dizaines de milliers de foyers.

Ce que ça change

La conclusion n'est pas « l'IA ne consomme rien », ni « l'IA va brûler la planète ». Elle est plus pragmatique que ça.

Le poste de dépense dominant, c'est l'usage de masse sur de gros modèles distants. Or une grande partie de cet usage — résumer un texte, corriger une lettre, classer des fichiers, répondre à une question courante — ne réclame pas un modèle géant. Le même geste, fait en local sur un modèle frugal, coûte une fraction de seconde de jeu vidéo et reste chez vous. La sobriété énergétique, ici, n'est pas un sacrifice : c'est simplement utiliser l'outil proportionné au besoin, au lieu d'envoyer chaque broutille dans un centre de données dimensionné pour le raisonnement le plus exigeant.

C'est, au fond, la même logique low-tech que partout ailleurs : le bon outil pour le bon usage.


Les chiffres cités proviennent de mesures et d'estimations publiées en 2025-2026 (études académiques sur l'empreinte de l'inférence, données constructeurs, mesures au wattmètre sur matériel grand public). Ils décrivent des ordres de grandeur à un instant donné, dans un domaine où l'efficacité évolue vite — à manier comme des repères, pas comme des constantes.

Ce billet a été rédigé avec l'aide d'un assistant IA, à partir de mes recherches et de mes arbitrages. L'outil tenait la plume et vérifiait les sources ; l'angle et le tri sont les miens.

 
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from cedval

Parmi les choses que j'aime beaucoup, en plus du vélo : le train 😁.

Après presque 2 ans de pratique du vélo, j'ai eu l'occasion de prendre différents trains à vélo.

Je me suis dit que cela pourrait maintenant être intéressant d'écrire sur le sujet.

La complexité du voyage en train

L'acquisition de mon premier vélo a été motivé par le remplacement de la voiture pour les trajets gare/domicile.

J'avais choisi un vélo pliant confortable pour que cela soit plus simple à emmener dans le train et stocker à Paris dans mon petit appartement.

Il existe déjà une certaine charge mentale de voyager avec un vélo pliant plus gros qu'un Brompton mais c'est sans commune mesure avec un vélo de taille normale : même quand il y a des emplacements vélos prévus, impossible d'être sûr d'avoir de la place.

Et c'est sans parler du bordel des réservations vélo dans les trains en France 🙈.

Mon G Line plié glissé sous les autres vélos dans le compartiement vélo d'un train Rémi Express Ci-dessus un exemple où j'étais content d'avoir mon vélo pliant, un lundi férié, sur un trajet Orléans-Paris, plein de vélos qui revenaient d'une Mad Jacques : pas prévu du tout 😅.

Le vélo pliant permet de s'adapter sans stress à presque toutes les situations 😎.

Je vais donc en profiter pour lister tous les sites ou astuces que j'ai découvert qui m'ont aidé pour voyager avec mes vélos en train.

Première expérience : voyage à vélo (pliant) en train

Le mien, un Brompton G Line, est un peu plus gros avec ses roues de 20 pouces mais il reste quand même bien pratique : il a vécu différents TER et le TGV avec succès.

Le modèle qui est encore plus pratique, c'est le Brompton classique (avec roue de 16 pouces) qui rentre partout une fois plié, certain train peuvent tout de même demander de le mettre sous housse comme dans les Eurostar pour Londres.

Après Veligo, même la SNCF s'y mets en proposant des offres d'abonnements Brompton dans certaines régions.

Exemple de mon G Line posé par terre à coté de moi dans un TER : Mon G Line plié et posé par terre à coté de moi dans un TER

Si il y a de place, pas besoin de le plier (attention aux réservations obligatoire dans les TER dans ce cas).

C'est donc très facile de voyager en train avec un vélo pliant. Voyons maintenant avec un vélo classique.

Les voyages en TER

En France, les Trains Express Régionaux sont souvent ce qui se fait de plus pratiquer pour voyager à vélo.

Beaucoup sont équipés d'emplacements vélo permettant de voyager sans démonter son vélo.

Ca c'est la théorie.

En pratique, cela dépends des régions, de l'horaire à laquelle vous souhaitez prendre le train (coucou le dimanche soir) et de la nécessité d'avoir ou non une réservation vélo.

La réservation vélo

Les règles sont différentes dans chaque région et peuvent varier en fonction du jour ou de la période.

Exemple : en région Centre Val de Loire, les trains Rémi nécessite une réservation vélo les week-ends et jour féries. Pour cette région, la réservation vélo est valable pour un horaire précis alors que les billets de trains sont valable pour n'importe quel train de la journée pour le trajet que vous avez réservé, pratique 🙃.

La réservation vélo se fait sur un site dédié, différent de celui sur lequel vous achetez le billet.

Heureusement, un site permet d'être redirigé vers la page de réservation correspondante en fonction de la région et de votre destination : https://www.veloabord.fr/

Réserver son billet de train

La réservation vélo dans les TER vient en complément du billet du train.

Pour réserver mes billets j'aime bien utiliser le site TER qui est simple et sans fioriture (coucou SNCF Connect 💩) :

Capture d'écran du site TER Rémi Centre Val de Loire

Avec mon compte, en quelques clics, j'ai mon billet sans que l'on essaye de me vendre un hébergement ou je ne sais quoi d'autre.

👉 A savoir : le changement de région se fait via un sélecteur situé en en bas à gauche du site.

Sinon il y a aussi 12train qui est très efficace !

Je l'utiliserais surement quand l'application Android sortira avec la gestion des comptes. Pour les achats réguliers c'est quand même plus pratique.

TGV et Intercités

Après les TER, les 2 autres types de trains que vous êtes susceptibles de prendre en France sont les Intercités et les TGV.

Ici je liste mes expériences.

TER Fluo Strasbourg Paris

Celui là était particulier, le TER Fluo de Strasbourg qui allait vers Paris. Il permet le transport des vélos non démontés et il nécessitait une réservation vélo obligatoire qui n'était pas possible sur le site TER 🙃 : obligé d'utiliser SNCF Connect 💩 pour prendre le billet et la réservation vélo.

Etant arrivé en avance, j'accroche mon vélo au crochet dans l'emplacement réservé qui était encore vide. Ca c'était jusqu'au moment où je vois un groupe de 8 arriver avec des vélos de locations. (alors qu'il n'y avait que 6 places) .

J'ai préféré décrocher mon vélo pour leur laisser les places et me mettre dans l'allée là où il y avait de la place en face de l'emplacement PMR :

Mon Vélo dans le couloir d'un TER Fluo malgré la place que j'avais réservé

Et j'ai tellement bien fait ! D'autres cyclistes sont encore arrivé derrière et ont entassés leur vélos n'importe comment 🤦. Ils ont été forcés à bouger leur vélo dans une autre voiture par le contrôleur à l'arrêt suivant.

Intercités Toulouse Paris

Ces trains ne sont pas de première jeunesses mais ils disposent quand même de place vélo à réserver !

Il s'agit de crochets permettant de pendre le vélo à la verticale. Des nouveaux trains avec 10 emplacements vélos sont prévues sur cette ligne à partir de 2027.

Encore obligé d'utiliser SNCF Connect 💩 pour pouvoir faire la réservation vélo. ET malgré avoir coché l'option réservation vélo, celle-ci n'a pas été prise en compte. Heureusement le contrôleur a été sympa.

TGV

Tous les TGV acceptent les vélos sous housse mais cela peut être sport en fonction de l'affluence. Privilégier la première classe si la différence de tarif n'est pas énorme : il y a plus de place pour y placer un vélo sous housse.

Le graal étant les places vélos non démontés 😍😍😍 : disponible uniquement sur certains trajets malheureusement et nécessite, encore une fois, d'utiliser SNCF Connect pour les réserver 💩 : tristesse et désespoir.

Mon Vélo dans un emplacement vélo non démonté dans un TGV Nancy Paris Je suis à coté de mon vélo : royal ! Ici dans un TGV Nancy – Paris.

Passons maintenant au niveau au dessus.

Changer de pays 🤯

Et nous voici rendu dans le cas le plus complexe, qui n'est déjà pas simple sans vélo 😅 : voyager en train dans un ou plusieurs pays.

N'ayant testé que l'Espagne et l'Allemagne, je ne parlerais que de ces 2 pays et de manière limité.

Les sites des compagnies respectives sont en général nécessaire si il y a besoin d'effectuer des réservations vélos. Les sites alternatifs comme Trainline ou Railfinder ne proposant pas de filtre ou d'options vélo 🥲.

Allemagne

Je me suis rendu une fois à Düsseldorf avec mon vélo en Eurostar depuis Paris qui n'était pas direct : vélo sous housse, j'en parle dans la suite de cet article.

Il est également possible de prendre certains ICE (les trains à grande vitesses allemands) sans démonter le vélo. Les trains régionaux permettent en général les transport de vélo : à voir en fonction de l'affluence.

Le site de la compagnie nationale Deutsch Bahn permet de repérer ces trains en ajoutant un vélo dans les options voyageurs. Pour certain train, la réservation vélo est obligatoire et doit être fait séparément de la réservation de la place assise.

Plus de détails sur la page dédié de la Deutsch Bahn (en anglais). A noter que les règles peuvent changer en fonction de chaque état fédéral (sinon c'est pas drôle).

Espagne

Il existent plein de type de trains différents en Espagne. La majorité sont gérés par la compagnie nationale Renfe.

Pour les trains à grande vitesses, il y a plusieurs compagnies différentes : – Renfe avec différent types (AVE, Avlo, Alvia) – Ouigo Spain – Iryo

Renfe

Mention spéciale à la Renfe pour leur page d'aide sur le transport des vélo qui est très détaillé et en français, un plaisir 😍 : elle liste toutes les règles applicables dans chaque type de train.

Que demander de plus ?

Ouigo Spain

Les vélos sont acceptés sous housse comme grand bagage additionnel : avec supplément ou non en fonction du type de billet que vous avez pris.

Iryo

Cette compagnie italienne de train à grande vitesse en Espagne précise que les vélos sont autorisés sous réserves qu'ils respectent la taille maximum des bagages autorisés qui est 80x55x35cm : pas suffisant pour autre chose qu'un vélo pliant !

A éviter si vous n'êtes pas joueur/joueuse.

La solution universelle : la housse

Vous avez envie de voyager avec votre vélo dans n'importe quel train (ou presque) ?

Facile 😁 : il “suffit” de démonter les roues de votre vélo et le mettre sous housse (dimensions de 90 x 130 x 50 cm pour la SNCF).

C'est de loin la solution la plus contraignante.

Et une fois sous housse, il faut arriver à lui trouver une place confortable.

Exemples

Eurostar

Sous housse dans un Eurostar récent qui était en fait équipé en emplacement vélo non démonté.

Cet emplacement n'était pas indiqué ni réservable car il n'est pas possible de savoir si la rame que l'on va avoir est équipé ou non de ce type d'emplacement. Tous les trains n'étant pas encore équipés.

Sous housse dans un Eurostar qui était équipé en emplacement vélo

TGV Inoui

Autre exemple dans un TGV Inoui, en première classe : il y a plus de place, même pour les vélos 😁.

C'était en gare de Dijon, direction Paris sans arrêt entre les 2. J'ai donc attendu que tous les passagers montent avant moi pour lui trouver cette belle place.

Vélo sous housse dans un TGV Inoui en première classe

Train allemand régional – National Express

Ici c'était entre Aix-la-Chapelle et Düsseldorf dans un train qui était équipé d'emplacements vélos. Mon vélo étant déjà sous housse je ne l'ai pas remonté après le trajet en Eurostar et vu l'affluence qu'il y a eu après ce n'était pas plus mal.

Vélo sous housse dans un train allemand régional National Express RE4 de type Siemens B 642 049 NXG entre Aix la Chapelle et Düsseldorf

Pour résumer

Oui c'est possible de voyager avec son vélo en train avec un peu d'effort. Rien d'insurmontable quand on a déjà fait l'effort de se mettre au vélo au quotidien je dirais 😁.

C'était quelque chose qui me stressait énormément au début, même avec le vélo pliant, mais en expérimentant au fur et à mesure, ça passe beaucoup mieux je trouve : j'ai pratiqué pendant presque 2 ans les voyages en train avant d'utiliser l'option housse.

Ressources diverses

Je termine sur une liste en vrac de ressources que j'ai trouvé utile sur le sujet.

Cycling on Rails (en anglais) : une mine d'or d'informations sur plein de pays 😍 https://cycling-on-rails.com/train-bicycle-guide/ Présent sur Mastodon 🚀: @cyclingonrails@mastodon.social

Le collectif Mon vélo dans le train qui regroupe des actualités sur le sujet.

Un site pour découvrir les coins de France accessible en train et à vélo : https://velotrain.fr/

MAJ 07/2026 : un guide publié par l'association CycloTransEurope est sorti : https://eurovelo3.fr/voyager-en-train-avec-son-velo-demandez-le-guide-ete-2026/

Liens vers les compagnies

Et voici une compilation de liens pour les différentes compagnie que j'ai déjà utilisé.

#velo #train #monvelodansletrain

 
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from Tutoriels malicieux

Introduction

Nous vivons une époque où le temps nous est volé. Le capitalisme néolibéral a besoin, pour maintenir sa croissance, d'exploiter l'ensemble de l'environnement dans lequel il évolue, et à fortiori les humain⸱e⸱s. Il s'agit alors de maximiser (et donc voler) le temps des individus, qu'ils soient producteur⸱ice⸱s ou consommateur⸱ice⸱s, et ce au service du capital. J'appuie ici la notion de “service au capital”: le temps et les projets personnels sont vus comme “inutiles” ou “à la marge”, étant à systématiquement écraser et réprimer. Il est de plus en plus difficile de se regrouper en collectifs ou en syndicats s'ils dérangent l'ordre établi, de produire du commun, de protéger des espaces, de militer pour le changement, ou plus simplement de se reposer, de s'ennuyer, d'être “inactif.ve.s”. Il s'agit donc, pour la bourgeoisie, de contrôler chaque temps non salarié, de “repos”, et de les transformer en des temps d'activité qui lui est utile, qui lui permet d'extraire de la plus-value, en l'occurence des phases de consommation-production individualisées.

Plusieurs outils permettent au capital de transformer le repos en phase de consommation-production. Ce qui nous intéresse ici, c'est l'usage massif des outils numériques comme “moyens de production-consommation” du capitalisme. Nos téléphones, nos ordinateurs, nos systèmes d'exploitation, sont conçus non pas (plus) comme des moyens d'émancipation, d'apprentissage et d'enseignement, d'aide à des projets personnels, mais bien comme des outils de contrôle de masse, de mise en dépendance, d'incitateurs à la consommation permanente, de sources de production de données non rémunérées (et donc d'extraction de plus-value maximale). Lors de mes démarches, j'ai pu repérer 3 principes fondamentaux de l'oppression systématique par la grande bourgeoisie du numérique :

  • contrôle du temps : économie de l'attention, techniques psychologiques et physiologiques implémentées dans les logiciels pour maintenir l'usager sur son appareil, comme les notifications, le scroll infini, la standardisation du temps de vidéos;
  • dépendance technique : l'usager est mis en dépendance vis à vis des moyens proposés par les GAFAM, que ce soit dans sa pratique citoyenne, individuelle, ou au travail. Iel a besoin d'un smartphone pour valider des opérations bancaires, de la suite Microsoft pour communiquer avec ses collègues, de réseaux sociaux pour ne pas être isolé socialement. De plus, l'usage de formats propriétaires (word par exemple) empêchent l'interopérabilité avec des logiciels alternatifs libres;
  • exploitation du temps libre et extraction de plus-value : la collecte de données permanente permet de produire de la valeur en extrayant l'attention des usagers d'une part, grâce aux publicités, ce qui génère de la consommation induite, mais aussi aujourd'hui en utilisant les données récoltées pour entraîner des modèles d'IA par exemple. Ne pas être soumis aux publicités demande de souscrire à un abonnement, certains outils essentiels deviennent payants pour étendre leurs fonctionnalités.

Il est aujourd'hui quasi-impossible de vivre sans smartphone équipé des services de Google, et difficile d'utiliser un ordinateur sans les services de Microsoft, sans rentrer en conflit avec les pratiques sociales hégémoniques imposées par les structures bourgeoises. Idem quand il s'agit de travailler pour une entreprise sans utiliser les services des GAFAM. De plus, il devient de plus en plus difficile de développer des logiciels libres sans l'aval des grands conglomérats du numérique. Ces outils sont de fait entrés dans nos vies sans que l'on ait de pouvoir de les refuser à moyen terme. Les monopoles des GAFAM leur permettent de librement nous soumettre à des algorithmes oppressifs, non respectueux de la vie privée et des données personnelles, incitant des comportements addictifs à haute valeur ajoutée pour la bourgeoisie, et volant le temps de vie libre de toustes.

L'objet de ce billet de blog est de se libérer, en partie, de ces réseaux oppressifs. Sans prétention d'en faire une liste exhaustive, je livre mon travail pour permettre à d'autres de lutter contre les GAFAM et la bourgeoisie numérique.

Quitter Google et son hégémonie sur les smartphones

Quitter Google n'est PAS simple. C'est en faisant que ce constat que j'ai pris la mesure du pouvoir qu'ils ont sur nos vies. La conception de la plupart des applications Android du quotidien est faite de manière à les rendre dépendantes à Google, ses services et son architecture. Sans les services de Google, elle deviennent non fonctionnelles. Et celles qui restent utilisables, contiennent dans leur code les traqueurs qui permettent à Google de récupérer des données. La dé-googlisation demande donc des sacrifices plus ou moins grands selon le niveau de confidentialité souhaité. Et surtout, il est difficile de se détacher de certains services obligatoires (banque, réseaux sociaux et de communication) sans sortir de réseaux imposés par la société. Il reste cependant possible d'adapter ses pratiques pour limiter son empreinte sur leurs serveurs.

Pourquoi partir ?

Si c'est gratuit c'est que c'est toi le produit

L'adage si c'est gratuit c'est toi le produit s'applique parfaitement au modèle économique des GAFAM. Sous couvert de services gratuits, la plus-value générée par notre attention, nos données, notre travail numérique, est intégralement extraite. Chaque recherche, clic, message envoyé, minute passée devant notre écran, alimente les conglomérats les plus puissants de la planète.

Pour maximiser cette plus-value, il s'agit donc pour la bourgeoisie numérique de maintenir au maximum notre présence sur leurs services. C'est ce qui explique les différentes méthodes utilisées, sans que l'on soit vraiment informé.e.s sur leur effet réel sur notre corps et notre cerveau : traqueurs invisibles, collecte continue de données, interfaces addictives, algorithmes qui ciblent et orientent nos centres d'intérêts, et incitent à la réaction, notifications, captation visuelle et sonore de l'attention, etc.

Au delà de ces techniques, des structures institutionnelles sont mises en place pour accentuer cette dépendance. Disparition des postes téléphoniques, dématerialisation pour l'administration et les transports, massification de la communication en ligne, individualisation de l'urbanisme décourageant les rassemblements en physique, accès à des services essentiels comme l'hôpital, les banques, nécessitant un smartphone.

En partant de cet écosystème, c'est non seulemement une démarche politique que j'ai entrepris, mais aussi une démarche d'émancipation de ces réseaux coercitifs. Avant d'avoir entamé ce travail, je ne maîtrisais rien, que ce soit les données qui entrent et sortent de mon appareil, les applications installées sur mon appareil, je ne comprenais pas comment mon smartphone ou mon ordinateur fonctionnait, ce qui m'empêchait de les réparer. Je n'ai toujours pas une maîtrise parfaite, mais je pense m'être beaucoup mieux approprié mes appareils aujourd'hui.

Enfin, il y a des limites fortes. Le monopole de Google sur les smartphones rend le départ très difficile. Certaines applications sont dépendantes de leurs services, et de nombreux outils sont dépendants de leurs infrastructures. Tout est fait pour décourager les alternatives libres, l'interopérabilité, la réparation, les pratiques numériques indépendantes et autonomes.

C'est donc toute une démarche de remise en cause de l'environnement numérique imposé par les GAFAM, modelant notre usage pour générer du profit. En échange, je cherche un usage basé sur mes besoins, maîtrisé, réparable, répétable, et indépendant.

Au préalable, définir ses besoins

Le processus de dégooglisation va donc bien au delà de simplement quitter les applications estampillées “Google”. Il s'agit plutôt de changer tout son rapport au numérique, hors du cadre imposé par Google sur l'ensemble des appareils. Et donc, il faut aussi réflechir aussi à quelle forme prend ce cadre imposé.

Il me semble avoir reconnu deux principes poussant à considérer le smartphone conçu comme une source de consommation plutôt qu'un outil répondant à des besoins.

  1. D'abord, par la disponibilité imposée de produits : j'achète un smartphone, des services sont installés dessus que je le veuille ou non, et quoi que je fasse ce service fonctionnera, je l'utilise donc par défaut et son usage façonne mon rapport l'outil “smartphone”. À cela s'ajoutent les besoins créés par des popup incessant (par exemple sur instagram nous demandant à chaque ouverture d'autoriser l'accès à la localisation), ou une dématérialisation “par défaut” de certains services (notamment de l'État).

  2. Ensuite, par la construction des dépôts de logiciels et la conception concurrencielle du développement d'application (notamment l'App Store), qui nous proposent “d'explorer les applications”. Ce cadre constitue une structure consumériste, basée sur l'addiction à la nouveauté permanente et à la mise sous dépendance d'usage de chaque nouvelle application. Une application produite dans ce cadre ne sert pas tant à combler un besoin qui lui pré-existe qu'à faire émerger un besoin par sa propre existence.

Ces principes entraînent une décorrelation entre le besoin réel et le produit de consommation, qui est néfaste autant pour le consommateur que pour les développeur⸱euses, qui ne créent plus pour répondre à des besoins d'usager⸱e⸱s mais pour faire émerger le besoin chez le consommateur potentiel et rendre ainsi leur produit concurrentiel. La finalité, c'est la création permanente de marchés, propre au capitalisme. Sortir de ce système, c'est faire la démarche inverse: définir/évaluer ses besoins, puis rechercher les produits existants pouvant y répondre (et créer son outil s'il n'existe pas). C'est aussi s'interroger sur le coût (humain, écologique, financier, sociétal) des outils et les risques que j'encours (sur ma vie privée, sur les conséquences possibles sur ma santé...), à mettre sur la balance face à notre sentiment de besoin (est-ce que cela vaut le coût de subvenir à ce besoin, est-il essentiel ?). Il s'agit enfin d'interroger la convivialité des outils, leur effet sur nos usages, la possibilité de se les approprier, de les comprendre, les réparer ou les adapter à nos usages.

Pour changer de manière d'aborder les choses, j'ai découvert la philosophie Unix. Elle se formule généralement par “do one thing and do it well”, c'est-à-dire qu'une bonne application est une application mono-tâche qui accomplit ce qu'on lui demande de la manière dont on lui demande. C'est une philosophie largement répandue dans le monde de l'open source et du libre, qui permet souvent des applications très efficaces dans leur domaine (pas forcément mais la spécialisation aide souvent).

Ainsi, en réfléchissant à tous ces axes (risques, coût, besoins, nécessité), j'ai pu redéfinir en partie mes besoins. Évidemment, ils sont amenés à évoluer, et surtout sont modelés par mes usages passés dans le cadre du paradigme précédent et de la société qui agit sur moi: ais-je vraiment besoin d'Instagram ? Je sais que mon besoin de réseaux sociaux comme Instagram est d'une part addictif, d'autre part une injonction sociétale, et tendra peut-être à diminuer (jusqu'à être compensée par le risque de profilage que l'application représente) si j'arrive à trouver l'énergie de me sevrer et si je trouve des alternatives de réseaux de sociabilité... et dans ce cas mon usage et mon besoin se transformeront, peut-être que je tendrai vers des applications semblables, libres et plus saines dans leur construction. L'idée n'est pas d'abandonner des outils sans réfléchir, mais plutôt d'amorcer le changement, et empêcher les GAFAM de nous maintenir sans discernement dans la pratique qu'ils imposent.

Les besoins que j'ai relevés sont ainsi :

  • pouvoir communiquer à travers mes réseaux (téléphone, messageries, réseaux sociaux, mails, gestionnaire de contacts)
  • avoir accès à des services essentiels pour moi (streaming musical et vidéo, accès à mes comptes bancaires, aux applications de transports, appareil photo...)
  • avoir un accès sécurisé à internet (sans traqueurs, sans pubs)
  • avoir un appareil sécurisé me permettant la double authentification (2FA)
  • pouvoir couper les services lorsque je ne les utilise pas, autant au niveau logiciel que matériel, en particulier le micro, la caméra, la localisation et l’accès internet
  • minimiser les données que je transmet si elles ne sont pas utiles ou sécurisées suffisamment pour que j'accorde ma confiance au service qui les détient
  • limiter mon exposition aux publicités ciblées
  • minimiser le risque de fuites de données personnelles

Pour subvenir à ces besoins, j'ai identifié plusieurs pistes :

  • adopter un comportement en ligne plus responsable et éclairé
    • continuer à suivre les bases, à savoir éviter le phishing, les sites internet non sécurisés et inconnus, éviter de télécharger des fichiers sur internet les yeux fermés, refuser les cookies sur les sites, ...
    • utiliser des mots de passe forts (et un gestionnaire de mot de passe en lequel j'ai confiance)
    • utiliser au maximum un VPN au quotidien
    • continuer à m'informer en continu sur les usages, les évolutions des applications, etc...
  • changer mon téléphone pour une marque qui me permet de quitter google (FairPhone en l'occurence)
  • changer de système d'exploitation pour une version sans Google
  • quitter un à un les services de Google, et passer tous mes comptes essentiels sur une nouvelle adresse mail, ou demander la suppression des données si le service est non-essentiel
  • adopter la philosophie UNIX pour les applications alternatives que j'adopte (“do one thing and do it well”)

Un sacré travail en perspective !

Le plus difficile : lister ses comptes associés à Google

S'il y a une chose à faire en premier (car c'est LONG), c'est bien de préparer la suppression de son compte google (et donc la fermeture de son adresse Gmail). Le plus simple (pour commencer par le commencement), c'est de récupérer ses données personnelles collectées par Google. Une part de données (qui ne seront probablement jamais utiles) peut être récupérée via Google Takeout. Cela peut notamment être intéressant pour transférer ses abonnements youtubes sous un nouveau service en local (par exemple PipePipe ou NewPipe), ou encore exporter et archiver ses mails au format Mbox en local, pour plus tard pouvoir y accéder via Thunderbird par exemple. Dès lors que l'ensemble des mails sont sauvegardés, ils peuvent être supprimés sur gmail (intéressant quand on sait que Google et Microsoft se préparent à l'accès total de tous nos mails pour leurs services d'IA à des fins d'entraînement) et enfin enregistrer les contacts sauvegardés sur notre compte google. Il s'agit ensuite de vider les différents cloud (Google Drive, ou autres cloud détenus par les GAFAM), pour stocker tout en local.

Cette phase est relativement longue, car Google détient beaucoup de données, et il serait malvenu de supprimer son compte avant de découvrir que nos contacts sont enregistrés chez eux et les perdre intégralement.

Ensuite, l'étape la plus longue est celle consistant à retrouver toutes les occurences de mon adresse gmail sur les comptes que j'ai pu créer. C'est mon problème principal encore aujourd'hui, car j'ai une adresse gmail depuis 2013, à laquelle sont liés 100% des comptes que j'ai créé en 13 ans. Je n'ai évidemment jamais noté les comptes que je créais. J'attend, pour supprimer mon compte google, de ne plus avoir peur de perdre des services essentiels qui seraient dépendants de mon accès à mon adresse gmail. J'ai trouvé quelques techniques pour aider à retrouver ses différents comptes:

  • un premier moyen est de vérifier les services connectés à notre compte google (via internet, gérer mon compte google – Applis et services tiers).
  • ensuite, on peut aussi regarder les mails automatiques de création de compte reçus sur notre adresse gmail (sauf si on les a, comme moi, supprimés au fur et à mesure).
  • enfin, on peut définir une période (6 mois par exemple) où on conservera l'adresse, et où à chaque utilisation d'un compte lié à gmail, on changera l'adresse liée. Au bout de 6 mois à un an, on peut imaginer que les services oubliés ne sont pas à ce point essentiels.

Aussi, pour réduire la masse de comptes à modifier, un moyen peut aussi être de réfléchir encore une fois aux services dont j'ai réellement besoin (ce qui réduit drastiquement la liste, et surtout permet de trouver rapidement les services concernés). Ce qui ne veut pas dire que je vais oublier simplement les comptes restants, car mon objectif est aussi de supprimer ces comptes, ou si cela n'est pas possible facilement demander la suppression de mes données personnelle (ce qui n'est pas toujours aisé, même avec le soutien des RGPD qui sont censées nous garantir ce droit).

Un problème majeur peut subsister, notamment si l'usage de services de google est nécessaire dans le cadre des études, du travail, de la famille... Pour les deux premiers, il est toujours possible de créer un nouveau compte Google, sans données permettant notre identification, et strictement utilisé dans le cadre du travail. Pour la famille... à vous de les convaincre de quitter aussi les GAFAM (l'occasion aussi de montrer à quel point l'accessibilité peut-être simplifié sans les innombrables services inutiles de Google).

Ensuite, remplacer son adresse gmail

Pour pouvoir changer ses différents comptes liés à gmail, il faut évidemment trouver un service d'hébergement d'adresse mail alternatif. Dans ce cas, j'utilise ProtonMail (j'y paye l'abonnement de base), un service Suisse sécurisé. Il existe de nombreux fournisseurs similaires, comme TutaMail, FastMail... Reste aussi la possibilité d'auto-héberger son service de mail, ou de passer par un Chaton, ou en achetant de l'espace sur des serveurs de son choix (cela est possible “clés en mains” en utilisant Zaclys, qui garde les données chez OVH en France et propose la possibilité de crypter notre espace). Personnellement j'utilise ProtonMail (je l'ai fait sans vraiment réflechir, c'était une décision que j'ai prise au tout début de mon parcours). Un désavantage certain est que la version gratuite ne permet pas de recevoir des mails sous Thunderbird (mais la version payante de base est abordable, et le service est de qualité). Attention aussi, récemment Proton a financé un influenceur d'extrême droite (Vincent Lapierre) via une collaboration commerciale. Information moins grave mais qui a son importance, Proton est peut-être un des seuls services que j'utilise qui dérogent à la règle “do one thing but do it well” (ils proposent un agenda, un mail, et un drive, ainsi qu'un gestionnaire de mot de passe et un VPN que je n'utilise pas), mais c'est une solution de facilité que j'ai trouvé en attendant de faire mieux. Un avantage (et je crois que Tuta le permet aussi) est que l'on peut régler une redirection des mails Gmail vers Proton, ce qui aide à se détacher de Google pendant les 6 mois de prospection des comptes associés à gmail. Il est aussi possible d'avoir plusieurs alias, menant à la même adresse, ce qui est assez pratique pour se prémunir du spam.

En ce moment, je me suis tourné vers Zaclys, qui propose une alternative française à la suite Proton, avec des outils plus sobres. Le service coûte 12€ par an, pour un cloud (extensible si besoin moyennant quelques euros), une forge git, une adresse mail, un espace de blogging (le présent blog passe par Zaclys), etc... À terme, cela pourrait remplacer les services que je conserve sous Proton.

Sur le point de l'auto-hébergement, ou de l'usage d'un serveur personnel distant, c'est une solution très intéressante et tout a fait cohérente, mais qui prend beaucoup de temps (et quelques risques). Mieux vaut prendre le temps de savoir ce que l'on fait avant de se lancer dans ça.

En profiter pour changer ses mots de passe

Modifier son adresse mail sur ses comptes, c'est aussi l'occasion rêvée de changer ses mots de passe ! Le mauvais usage est généralement d'utiliser des mots de passe identiques, ou des “patterns” faciles à retenir pour se souvenir de tous ses mots de passe. C'est un moyen très facile pour les hackers de récupérer nos accès quand nos identifiants fuitent sur un site ou un autre, aussi un mot de passe fort et différent pour chaque compte est essentiel. Mais c'est embêtant, et la solution du calepin de mots de passe est une fausse bonne idée (il peut-être perdu, volé, etc...).

J'utilise un gestionnaire de mot de passe sécurisé par un mot de passe dit “maître”, c'est-à-dire un mot de passe long mais unique, qui permet de débloquer tous les autres. Ma préférence s'est portée sur BitWarden, car il permet de stocker en local et de manière chiffrée tous ses mots de passe, et propose le remplissage automatique sur internet (sous réserve de s'être connecté à l'aide de son mot de passe maître précédemment). Il suffit alors de laisser bitwarden générer de nouveaux mot de passe forts (environ 14-16 caractères, avec majuscules, chiffres et caractères spéciaux), avoir un mot de passe maître unique en tête (25 caractères environ), et tout enregistrer sur le gestionnaire de mot de passes. Il existe évidemment des alternatives qui fournissent le même service, comme Proton qui propose son propre gestionnaire par exemple, ou encore des outils fonctionnant en local comme Keypass (connu pour être plus sécurisé que Bitwarden).

Changer de système d'exploitation

Si la base d'Android est libre et open source, la plupart des téléphones sont aujourd'hui vendus nativement avec une version d'Android propriétaire fonctionnant avec les services de Google (sans possibilité de les enlever). Certains d'entre eux sont même quasi-impossibles à “root” (c'est-à-dire prendre le contrôle pour installer un noyau de notre choix). Il s'agit donc de trouver les systèmes d'exploitation disponibles pour son téléphone.

Les différentes versions existantes sur le marché sont généralement basées sur Android (les autres versions de Linux n'étant pas à la hauteur aujourd'hui, en tout cas pas assez utilisées pour bénéficier de développeurs):

  • postMarketOS (beaucoup de compatibilités, sert notamment au reconditionnement de vieux appareils)
  • /e/OS (version très proche des android de google, mais sans la présence obligatoire des services google, beaucoup de compatibilités)
  • LineageOS (version d'android complètement dégooglisée, servie avec une configuration minimale, assez compatible avec les appareils)
  • GrapheneOS (uniquement compatible avec les Google Pixel, bientôt avec Motorola, très sécurisé et performant)

De manière générale, les téléphones les plus faciles à dégoogliser sont (étonnament) les Google Pixel. Les constructeurs alternatifs peuvent aussi être intéressants, par exemple FairPhone qui propose même des téléphones directement sous /e/OS à l'achat (ce qui évite des manipulations sensibles et le déverrouillage du bootloader).

Si le téléphone n'est pas directement livré avec le système d'exploitation, il faut chercher sur Internet, pour son téléphone en particulier, la compatibilité et la procédure à suivre pour le rooter. LineageOS par exemple propose un tutoriel pour chaque appareil supporté, à suivre du début à la fin pour installer un nouvel OS. De manière générale, il faudra utiliser un ordinateur, et suivre les procédures, qui impliqueront l'utilisation de “fastboot” et “adb”, des outils dédiés pour la gestion d'Android par ligne de commande depuis un ordinateur. Comme souvent, “suivre le tutoriel” est la solution (le plus difficile est de trouver le tutoriel, puis de régler les problèmes en cherchant dans les méandres d'internet).

J'utilise personnellement LineageOS, avec Trébuchet comme gestionnaire d'affichage (servi nativement), et en suis très heureux pour le moment. Au niveau du noyau, les services de Google ne sont pas actifs, et la sécurité est gérée par un outil linux intégré à Lineage. Mon téléphone est aussi chiffré (ses données ne sont pas déchiffrables sans accès autorisé au téléphone). > mise à jour : de la version native de LineageOS, je suis passé à un patch contenant MicroG, projet open source permettant de faire croire à certaines applications que les services de Google sont actifs (attention aux services activés, certains fournissent des données à Google quand même)

Sécuriser son accès à Internet

Pour sécuriser mes accès au réseau (et notamment éviter de donner mon adresse IP librement), j'utilise un VPN. Je le couple à un bloqueur de DNS qui permet d'empêcher les publicités intempestives. Ces services sont généralement payants, avec des fournisseurs assez variés. Au long de mes recherches, les meilleures possibilités que j'ai trouvées sont probablement Proton VPN, et Mullvad VPN. Personnellement, j'utilise Mullvad car c'est un des services les plus avancés et sûrs (création de compte sans identifiants tels que mail et téléphone, plusieurs méthodes de blocage des traqueurs de données, prix bloqué et assuré à 5€ par mois, garanties avérées de protections des données, bloqueurs de DNS intégrés).

De plus, j'évite d'utiliser au maximum des navigateurs internet privés (Google Chrome et Microsoft Edge pour ne pas les citer). À la place il y a l'embarras du choix: Brave, Firefox (et ses nombreuses branches), Tor... Personnellement, après plusieurs essais j'utilise Firefox, avec AdBlock en extension.

Enfin, j'évite aussi le moteur de recherche de Google (qui propose en abondance du contenu sponsorisé et des articles générés par IA en boucle). Deux solutions ici, DuckDuckGo (qui a le mérite de fonctionner assez bien, et sur lequel il est possible de supprimer l'utilisation de l'IA pour la recherche) ou Searxng, qui propose différents fournisseurs d'agrégateurs de moteurs de recherche, avec des variations selon les instances (voir instances). En réalité, il y a une vraie limite ici car aucun moteur de recherche n'arrive à la cheville de ce que fait Google, les autres se bornent généralement à faire des requêtes anonymes à l'algorithme de Google.

Au delà, la sécurité est toujours un compromis. Les bonnes pratiques (ne pas installer depuis des dépôts inconnus, faire régulièrement ses mises à jour, n'autoriser que le strict nécessaire à notre usage de l'application) suffisent généralement à minimiser le risque. Cela ne fera jamais de risque zéro, l'essentiel est d'être un minimum au courant des risques encourus quand on installe quelque chose.

Trouver des applications alternatives

Maintenant que l'usage du téléphone est sécurisé (autant que possible, la sécurité parfaite n'existe pas), il s'agit de subvenir aux besoins restants, et donc d'installer les applications associées. Pour l'usage classique du téléphone, des services sont déjà présents sur Lineage (appels, sms, agenda, calculatrice, ...) avec des applications open source. Pour le reste, l'idée pour éviter Google est de ne pas passer par le Google Play Store. Il y a peu d'alternatives, mais elles existent: d'abord, le téléchargement direct des fichiers d'applications via apkmirror sur internet... ce qui n'est pas vraiment recommandé, notamment pour la gestion des mises à jour. Ensuite, l'utilisation de gestionnaires de dépôts, comme F-droid qui fournit des applications libre et open source (FOSS en anglais). Ensuite, pour ce qui n'existe pas sur F-droid, j'utilise Aurora Store, qui est une “copie” du play store sans nécessité de se connecter à un compte Google (mode “anonyme”).

Quand j'installe des applications, je me pose les questions suivantes:

  • est-ce que l'application répond à un besoin essentiel pour moi ?
  • est-ce qu'elle respecte la philosophie Unix (do one thing but do it well) ?
  • est-elle libre et open source, ou existe-t-il une alternative libre et open source ?
  • quel est le risque que je prend avec cette application ?
  • ai-je un moyen de diminuer ce risque ?

En considérant la réponse à chaque question, j'estime si le compromis entre les avantages et inconvénients apportés me convient. Cela m'évite d'installer “compulsivement” des applications qui ne vont faire qu'aspirer mon attention sans que je l'accepte vraiment (ou pas, mais on se sépare difficilement des addictions implantées par des années d'usage des services des GAFAM).

Sur l'évaluation des risques, je pars généralement du principe que F-droid me donne les informations sur les risques (c'est en général écrit dans la description), et je compte ensuite sur Aurora pour détecter les différents traqueurs présents dans mes applications.

Sur la diminution des risques, j'utilise un 3ème outil (après F-droid et Aurora Store): ReVanced. C'est un outil de “patch” sur les applications, qui va venir changer le code source pour éviter certains services, traqueurs, gestionnaires de pubs... C'est en même temps un bénéfice (j'évite des traqueurs des GAFAM dans les applications supportées et qui l'autorisent) et en même temps un risque (toucher au code source via des apk en ligne peut toujours comporter des risques de virus). Attention ici au risque, le patch est souvent interdit par les applications !

Une note importante: toutes les applications ne fonctionnent pas sans les services de Google. Par exemple, “l'identité numérique” service de l'état français (ainsi que sa version par LaPoste), ne fonctionne pas sans services de Google. Elle ne fonctionne pas avec MicroG non plus. C'est l'occasion de se connecter aux services de l'État avec de vrais mots de passe (de toutes façons les hackers n'ont pas besoin de beaucoup d'efforts pour récupérer les bases de données de l'État au vu des dernières fuites).

Ci-dessous, une liste non exhaustive (et sûrement pas mise à jour) des applications de remplacement que j'ai sélectionné :


Applications alternatives

Prendre conscience des risques restants

Il n'y a pas d'usage sans risque, l'essentiel est ici d'être conscient des failles (et d'agir en conséquences). Je sais par exemple que Facebook Messenger, Instagram, mes applications de banque, ... possèdent des traqueurs connus (Google advertisment par exemple). J'essaie donc au maximum de diminuer progressivement mon empreinte numérique sur ces applications, et si pas possible au moins à sécuriser au maximum mon usage de ces dernières.

Un point sur lequel je me pose aussi des questions (avec peu de réponses) est sur la sécurité des applications. Je ne sais pas vraiment quand je peux me fier ou non à telle ou telle application. Je n'ai toujours pas de réponse sur ça.

Conclusion

J'espère que tous les conseils que j'ai donné permettront à certain⸱e⸱s de se libérer des GAFAM, et ainsi se défendre tant que cela est possible des atteintes à la liberté de ces conglomérats. Le logiciel libre est un lieu de lutte comme un autre, mais n'oublions pas l'origine capitaliste qui nous plongent dans ces situations. Donnez de la forces aux collectifs qui construisent des solidarités, ils sont essentiels à notre survie collective dans les avenirs qui viennent.

Ressources utiles

Subreddit degoogle Compatibilité LineageOS Forums XDA

 
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from BOBINE

Ce samedi 4 juillet – 16h00, Bobine Ciné-club vous propose MARS ATTACKS! de Tim Burton (1996) Le film sera diffusé en ouverture du SPORE festival à Gravigny (Eure) Cette année, le thème du festival est 'l'espace' avec des références cinématographiques et pop culture, de l'expérimentation et de l'extra terrestre !


Spore-Festival 2026

 
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from Un Spicilège

Chez les fous

Après ma lecture, il y a quelques temps, de 10 jours dans un asile de Nellie Bly, je souhaitais vraiment poursuivre cette plongée dans l'histoire de la psychiatrie et de l'enfermement des personnes considérées comme « folles ». Sachant qu'Albert Londres avait écrit sur le sujet, c'est tout naturellement que cela m'a conduite vers Chez les fous, reportage publié en 1925, que j'ai découvert ici dans la très belle édition numérique des Éditions de Londres. Le texte y est accompagné d'une préface de qualité qui permet de le replacer autant dans son contexte historique que dans la carrière du journaliste.

Albert Londres y visite plusieurs asiles en ne s'intéressant pas uniquement à la maladie, mais également et surtout aux personnes qui se cachent derrière l'étiquette de « fou ». Il raconte les vies brisées, les internements abusifs, les familles qui abandonnent parfois un proche devenu encombrant, mais aussi un corps médical parfois maltraitant, tandis que certains médecins tentent de comprendre plutôt que simplement enfermer.

— La folie, me disait une Sœur, est une punition de Dieu.Les hommes y ajoutent la leur.

Certaines histoires sont particulièrement touchantes : une jeune femme, enfermée car jugée trop simple pour vivre seule qui n'a pourtant aucune raison valable d'être internée, un homme guéri de sa dépression qui retrouve enfin son village pour y découvrir que la maladie l'a stigmatisé durablement aux yeux des autres ou encore ces nombreux pensionnaires qui ne souffrent plus d'aucun trouble mais restent enfermés, faute de solution extérieure.

Autant d'exemples qui laissent à penser que les murs des asiles servaient moins à soigner qu'à dissimuler. Les personnes atteintes de troubles mentaux étaient avant tout tenues à l'écart du regard de la société, comme une réalité gênante que l'on préférait cacher. Albert Londres ne se contente pas de montrer cette réalité : il accuse la société, en questionne certaines lois absurdes et dénonce l'ignorance médicale d'une psychiatrie encore balbutiante et les injustices qu'elle produit.

Un siècle plus tard, on ne peut s'empêcher de penser que ce témoignage reste malheureusement d'une actualité troublante. Bien sûr, la psychiatrie a évolué, pourtant, le stigmate qui entoure les troubles psychiques demeure puissant. On continue parfois à éloigner de l'espace commun celles et ceux qui sortent de la norme : les personnes en situation de handicap placées dans des institutions spécialisées, les enfants qui peinent encore à trouver une place réelle dans une école pourtant “inclusive”, les adultes dont les troubles sont tus par peur du regard des autres. Les formes changent, mais la tentation de rendre invisible ce qui nous dérange ne disparaît pas.

L'écriture d'Albert Londres, vivante, accessible et profondément engagée m'a beaucoup plu. Il n'hésite en effet pas à prendre parti face à l'injustice. Cette indignation donne alors toute sa force au texte.

Chez les fous est donc bien plus qu'un document historique sur la psychiatrie du début du XXᵉ siècle. C'est une réflexion universelle sur la manière dont notre société traite les plus vulnérables et sur ce que nous choisissons, ou non, de regarder en face.


Chez les fous | Albert Londres | Les éditions de Londres

 
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