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from Depuis les Gorces

#Animaux #Iggy Iggy est un chien réactif. C'est un chien peureux et anxieux qui panique vite, et quand il panique, il attaque. Il est à la maison depuis deux ans maintenant, il a fait de gros progrès, mais ça reste un chien compliqué. Dans cet article, je veux revenir sur les méthodes que nous avons mises en œuvre pendant ses deux premières années chez nous.

La réactivité d'Iggy envers les humain·es

Nous avons adopté Iggy dans un refuge où il a passé un an sans jamais se montrer réactif envers des humains. Mais il voyait toujours les mêmes humains dans un environnement extrêmement stimulant. Arrivé à la maison, nous avons découvert sa très forte réactivité le lendemain de son arrivée quand il a voulu « manger » notre voisin qui faisait des travaux chez nous. Comme je n'étais pas joueuse, Iggy était dans son paddock, et donc il n'y a eu aucune conséquences. Par la suite, nous avons pu observer que Iggy déclenche :

  • Quand des gens sont dans la rue devant chez nous, ou pire, s'approchent de notre portail, ou rentrent chez nous. Même quand on les accompagne. Dans ce cas, Iggy déclenche en aboyant et en se mettant à courir ou à tirer sur sa longe s'il est attaché comme dans l'exemple en vidéo ci-dessous :
  • Quand une personne inconnue le regarde fixement, ou se penche vers lui (le pire étant lorsque le chien et l'humain sont immobiles) : dans ce cas il saute sans prévenir.

Ces deux situations arrivent encore régulièrement.

À l'inverse, nous avons remarqué qu'il y a une situation dans laquelle il est confortable à rencontrer d'autres humain·es : quand on va chez une pro du chien et qu'on le laisse explorer à sa guise les odeurs de chiens déjà présentes et que l'humain·e l'ignore. Du coup, ça se passe plutôt bien à la pension, au vétérinaire et avec les deux éducs avec lesquelles on a travaillé.

1. Ce qu'on a déjà fait

J'ai passé énormément de temps à travailler Iggy, en particulier pour gérer sa réactivité.

Quand Iggy est arrivé, il ne marchait pas en laisse et ne connaissait aucun code. Il n'avait aucune agressivité envers nous, mais il n'avait pas l'éducation minimale pour sortir en laisse en extérieur et encore moins pour travailler sa réactivité envers d'autres humains / chiens. En plus, il était très stimulé par les odeurs avec un comportement de prédation bien marqué. Ça veut dire qu'il tirait très fort sur sa longe pour aller sentir / débusquer des chats ou d'autres animaux.

Quand on a adopté Iggy, j'avais une bonne expérience de travail des chevaux, mais je n'avais travaillé qu'un seul animal qui attaquait, et c'était un étalon qui avait appris à le faire (rétif). Je n'avais aucune connaissance des chiens au départ de cette aventure... Autant vous dire que les 6 premiers mois ont été un enfer. Heureusement que Claire nous a beaucoup soutenus à distance.

1.1 Les prérequis

1.1.1 Éducation de base au clicker

J'ai passé beaucoup de temps à enseigner à Iggy les codes de base pour vivre avec des humain·es (et à apprendre en même temps comment on enseigne ça à un chien). Voici quelques uns de ces codes :

  • Aller sur son tapis (comportement par défaut)
  • Cherches ! (on lance des croquettes et il va les chercher)
  • Assis (deuxième comportement par défaut)
  • Répondre à son nom
  • Mettre un harnais ou un collier sans sauter, nous accueillir sans nous sauter dessus, ne pas nous lécher le visage
  • Tu te couches,
  • Viens / rappel,
  • Touche
  • Tu laisses !

Ce travail a été nécessaire pour vivre au quotidien chez nous, mais aussi pour pouvoir ensuite imaginer le travailler face aux éléments qui déclenchent une agression.

1.1.2 Click to calm on the mat

Comme Iggy est très sensible à ce qui se passe dans son environnement, et qu'il était tout le temps en hypervigilance, j'ai passé énormément de temps à lui apprendre à se poser sur son tapis, et à se détendre. C'était long.

Je me suis inspirée des vidéos de Kikopup et en particulier de la série sur le travail d'un chien qui fait de la prédation : Harnessing the hunter

La méthode, c'était en gros :

  1. Se poser quelque part (d'abord dans le jardin, puis dans un pré, ou dans le bois, ou à l'entrée de la rue). J'avais Iggy en laisse et son tapis pour qu'il se pose dessus.
  2. Je prends mon téléphone pour trainer, et j'attends.
  3. Quand il se pose un peu (par exemple il est debout et regarde partout, puis il s'assied), je clique et je récompense.
  4. Quand il est vraiment posé (allongé, la tête posée), on avance et je le laisse explorer le monde.

On a eu des progrès rapides au début, mais au global, ça a été un travail très long.

Dès qu'on sortait du jardin, Iggy était sur-stimulé par son environnement et il n'écoutait plus les codes. Il tirait de nouveau sur la longe, il ne venait pas quand je le rappelais. Ce qui a marché pour nous a été d'attendre qu'il se pose, de revenir en arrière si besoin, de faire des aller-retour sur les mêmes 10 mètres de route. J'aime bien dire qu'il avait besoin d'apprendre à s'ennuyer.

Jusque là j'ai parlé du chien. Mais avoir un chien réactif c'est aussi SUPER dur pour l'humain·e. De mon côté, la première année, j'ai trouvé que c'était dur à vivre.

  1. Je me sentais coupable de ne pas être « la bonne famille » en n'emmenant pas mon chien une heure en balade tous les jours.
  2. J'avais beaucoup de mal à assumer face à des personnes plus expertes que moi en chien que, non, je ne veux pas travailler le chien quand il est trop excité pour écouter, même si vu de l'extérieur ça n'était pas violent. Et j'ai été vexée qu'on me dise que c'était juste parce que j'avais peur, alors que non, c'était une question de principes éducatifs.

On m'a aussi dit « Aude, un jour on te montrera un vrai chien super excité ». En fait, je n'ai pas de doutes qu'il y ait des chiens beaucoup plus démonstratifs qu'Iggy. Iggy est un chien calme de nature. Mais avec le recul je me dis que je connaissais déjà bien mon chien.

1.1.3 Le “U turn”

Je pense que c'est dans le livre de Emma Pearson que j'ai trouvé la description du U turn (demi tour en U) qui sert de comportement pour éviter le déclenchement, ou comme comportement incompatible avec le déclenchement.

Comportement :

  1. Je dis « On y va »
  2. Je fais demi tour joyeusement, et on part dans l'autre sens
  3. Quand le chien fait demi tour, je clique, et je récompense quelques mètres plus loin.

Ce comportement doit nous servir quand j'ai repéré un déclencheur potentiel (genre un homme qui arrive vers nous), pour nous éloigner de la situation qui va potentiellement faire réagir Iggy, avant qu'Iggy ne déclenche.

Je pense que je n'ai pas assez travaillé ce comportement. Il marche pas si mal en l'absence de fortes distractions, mais ça vaudrait le coup que je le travaille d'une manière plus systématique.

1.1.4 Consentement à la caresse

On a appris à Iggy à réclamer des câlins en donnant la patte. L'objectif est de dire aux gens de ne le caresser QUE si il demande avant.

Et de caresser quelques secondes, puis arrêter, et le laisser redemander.

1.1.5 Porter la muselière

Un autre travail qui a été super utile a été d'habituer Iggy a porter une muselière.

Il la tolère très bien, même si évidemment, il essaie de temps en temps de l'enlever. Le plus dur a été de travailler la tolérance de ses humain·es.

  • Pour moi le plus dur est de tolérer le regard des autres quand mon chien est muselé.
  • Pour mon compagnon, je crois qu'il a l'impression d'emmerder le chien et de le priver de sa liberté ou que sais-je.

1.2 Ce qu'on a fait spécifiquement pour travailler la réactivité

1.2.1 Click to calm – look at me

J'ai ensuite (beaucoup) travaillé le click to calm d'Emma Pearson.

Pour moi, c'est là, j'ai vraiment commencé le travail sur la réactivité.

La méthode qu'on a utilisée :

  1. La situation de départ (dans mon cas) a été de partir du chien plutôt calme. Et on y arrive assez bien en l'absence de déclencheur grâce au travail sur le tapis.
  2. Quand Iggy voit un déclencheur (que ce soit quelque chose qui l'inquiète, ou quelque chose qu'il veut prédater, genre un chat), je clique, et je récompense le fait de regarder.
  3. Si c'est un peu trop fort, qu'on est trop proche du déclencheur, je vais demander un “on y va” pour nous éloigner un peu.
  4. Si c'est OK, c'est à dire que Iggy est capable de regarder sans déclencher, je vais cliquer plusieurs fois (et récompenser à chaque fois) pendant que Iggy regarde ce qui l'intéresse / inquiète.
  5. Puis je vais progressivement attendre qu'il me regarde de lui-même (en mode : « hé je suis en train de regarder, je mérite ma friandise ») et là je vais cliquer et récompenser en mode jackpot. Emma Pearson dit de donner 3 récompenses, chacune à 1 seconde d'intervalle.
  6. La dernière étape est de demander d'autres comportements malgré la présence du déclencheur, comme de toucher ma main ou de s'asseoir.

La première partie de ce protocole est du simple contre-conditionnement : « quand je vois ce truc qui fait peur je reçois de la nourriture ». Je n'étais pas convaincue que ça allait beaucoup plus loin. Mais deux ans plus tard je dois dire que c'est impressionnant, Iggy a vraiment appris à me regarder quand il voit quelque chose qui lui fait peur (si ça ne fait pas TROP peur).

Je crois que la suite de ce protocole fait partie des stratégies : « enseigner un comportement incompatible avec le comportement indésirable » (4ème sortie) dans le modèle de Susan Friedman sur les différentes manières de changer un comportement.

1.2.2 Désensibilisation en utilisant la distraction (habituation)

On a ensuite travaillé avec une éducatrice qui nous a permis de travailler la réactivité chien, et un peu humain en balade.

L'idée est d'emmener le chien en balade dans un environnement qui le stimule (nouveau chemin, chemin étroit, etc), et de lui demande d'ignorer ce qui lui fait peur.

Pour moi, la méthode qu'on a appliquée était de :

  1. Présenter au chien des stimulus de plus en plus inquiétant en restant en dessous du seuil de déclenchement (habituation),
  2. Profiter de l'environnement pour distraire le chien,
  3. Lui demander de faire des choses qui sont incompatibles avec le fait de déclencher, comme marcher au pied en laisse, ou me regarder (entrainement d'un comportement incompatible avec le comportement indésirable).

Dans notre cas, Iggy est assez fort à ignorer ce qui l'inquiète. En fait, j'avais déjà remarqué que quand l'environnement est particulièrement stimulant, il est un peu dans sa bulle et devient très tolérant envers les humains en particulier. Ce travail a été utile pour permettre à Iggy de partir en balade avec nous, et d'ignorer les gens que l'on croise, ou leurs chiens.

Pour autant, ce travail n'a pas du tout permis de régler nos problèmes de socialisation à la maison quand des invités sont là, ou pour se balader avec des ami·es. On a eu régulièrement des déclenchements dans des situations où Iggy avait été pendant 1 heure avant avec la personne ou le chien en « l'ignorant » et au moment où ensuite tout le monde est à l'arrêt, bim agression.

1.2.3 La méthode où on n'a pas été au bout

On a travaillé 2 ou 3 séances avec une éducatrice qui n'aimait pas trop le clicker et qui utilisait le BAT comme méthode. J'avais l'impression de faire juste de l'habituation et que ça ne nous aidait pas vraiment. Je sais que c'est une méthode qui marche, mais je ne crois pas que c'était vraiment adapté à notre problématique.

2 Introduction d'une nouvelle personne

À l'arrivée d'Iggy, nous avons introduit facilement plusieurs personnes qui sont venues avec leurs chiens. Iggy était super stimulé et intéressé par les chiens, il a rapidement adopté les humain·es de ces chiens.

Après qu'on a eu plusieurs mauvaises expériences (et en particulier qu'on découvre qu'il était réactif avec certains chiens), on a changé de stratégie.

2.1 Ce qui n'a pas marché pour nous

2.1.1 La balade d'accueil.

On a essayé les trucs traditionnels qui sont sensés marcher genre : « rencontrer les gens dans la rue, marcher un peu avec eux, et rentrer ensemble ».

Iggy a rapidement été capable de faire ça, surtout s'il marche devant, mais une fois qu'on est à l'arrêt, ou dans le jardin avec beaucoup moins de stimulations, il redevient super réactif.

2.1.2 Que la personne inconnue lance des croquettes

On a rapidement ajouté une phase où les personnes lancent des croquettes à Iggy quand on est arrêtés. L'objectif est d'avoir un conditionnement simple : cette personne = bonne nourriture.

Ça ne marche pas vraiment.

2.1.3 Ce qui a un peu marché – laisser iggy bourriner

Quand on rencontre de nouvelles personnes (ou un nouveau chien), au départ, Iggy a très envie d'y aller. Il tirait sur la longe pour y aller. Si je le laisse faire, et que la personne en face est impeccable, c'est à dire qu'elle se laisse sniffer de manière très invasive (la truffe entre les jambes) et qu'elle ignore voir qu'elle s'éloigne, ça peut très bien se passer, et après la personne est adoptée.

Mais si la personne a le moindre comportement qui inquiète Iggy, c'est l'agression assurée, sans prévenir (pas de grognement, pas d'aboiement. Il fige une demi seconde et il saute pour mordre).

2.2 Ce qui a marché – prendre beaucoup de temps

J'ai travaillé avec 2 personnes pour une introduction systématique. Un voisin et Océane qui nous aide avec les chevaux.

2.2.1 Avec le jeune voisin

Avec le jeune voisin, on a fait :

  • Se balader un peu ensemble,
  • Lancer des croquettes à Iggy,
  • Click to calm à proximité du voisin (Iggy sur le tapis)
  • Clicker en contact protégé : Iggy dans son paddock électrifié, le voisin qui demande au chien d'aller sur son tapis, puis qui le clique
  • Et enfin, le code : va dire bonjour ! et au bout de quelques secondes d'exploration je rappelle Iggy

On a du faire presqu'une dizaine de séances. À la fin Iggy venait réclamer des câlins etc, mais je n'ai jamais été complètement sereine. Une des difficultés était que comme les séances étaient pour travailler le chien et que le voisin voulait très fort le caresser, il y avait toujours une certaine pression.

2.2.2 Avec Océane

Avec Océane à l'inverse, zéro pression. Elle a 2 chiens chez elle, elle vient travailler chez nous. Ça a donc été beaucoup plus facile ! On a fait :

  • Accueil avec Iggy muselé et en longe avec moi, click to calm, et on réduit progressivement la distance (au début jamais moins de 10 mètres)
  • On observe Océane travailler (elle nettoie le paddock) et je clique et récompense en mode click to calm
  • Clicker dans son paddock (comme avec le voisin)
  • Va dire bonjour

Les progrès ont été assez rapides. Avec le voisin Iggy n'était pas muselé, là Iggy était en permanence muselé, et c'était beaucoup plus rassurant. Je dirais qu'au bout d'une dizaine de séances (on a été très lentement, je ne voulais AUCUN déclenchement), Iggy a adopté Océane.

  • Quand elle arrive en voiture, Iggy s'assied devant le portail et est tout content, il n'aboie pas
  • Iggy lui demande plein de câlins
  • Et Océane a gardé Iggy un WE sans nous et tout s'est bien passé 🎉

3. Conclusion

Aujourd'hui,

  • On peut facilement croiser des gens en balade,
  • Iggy reste calme si l'un de nous deux est avec lui quand des gens sont chez nous, pas trop proches de lui, et qui ne le regardent pas trop
  • On a réussi à faire une nouvelle introduction d'humain en partant de zéro, sans aucune erreur

MAIS c'est compliqué dès qu'Iggy reste seul, et les artisans, ou recevoir du monde chez nous, c'est très compliqué. Il s'est récemment échappé pendant qu'on avait un artisan à la maison et on a eu très peur.

Et je n'ai pas de procédure « rapide » pour lui présenter quelqu'un.

J'ai écrit cet article car il y a 3 semaines j'ai été à un séminaire de Ken Ramirez et ça m'a donné plein de pistes pour reprendre le travail sur la réactivité... 😁

À suivre donc !

#ClickerTraining #Clicker #EducationCanine #Chien #ReactiveDog #Reactivité #PositiveTraining

 
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from Un Spicilège

24 heures de la vie à Tchernobyl

Je ne sais plus comment j'ai entendu parler de ce livre, mais il m'a tout de suite attiré. Pour le thème, en grande partie. En effet, comme beaucoup, je suis restée marquée par la catastrophe de Tchernobyl tout en ayant conscience de mes lacunes sur le sujet. J'étais curieuse d'en découvrir plus.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, ce livre ne traite pourtant pas directement de l'accident nucléaire. Il s'agit plutôt d'une description de la vie quotidienne des habitants de la ville de Tchernobyl à cette époque, et plus généralement de la vie moyenne dans l'URSS des années 80. L'auteur a choisi de consacrer chaque chapitre à un thème différent : la manière dont les habitants se cultivaient, se nourrissaient, s’éduquaient, se logeaient… Pour chacun de ces aspects, il dresse un tableau global de la situation, tout en ne manquant pas de révéler l’impact profond du régime politique sur la vie des citoyens. Le style très accessible de l'auteur permet une lecture fluide malgré la densité du contenu. En effet, on ne fait pas que survoler le sujet et un grand nombre de thématiques sont abordées.

Ce fut une lecture réellement passionnante. Je ne pensais pas en apprendre autant sur le sujet. L'exhaustivité et la grande rigueur historique de l'ouvrage en font une ressource particulièrement éclairante. Je le recommande sans hésiter à ceux que le sujet de l'URSS intéresse, voire même à qui souhaite comprendre un peu mieux le contexte géopolitique actuel. Sa thématique me semble en effet d’autant plus pertinente aujourd’hui, dans un contexte marqué par la résurgence des idéologies. Il offre une lecture historique précieuse pour mieux comprendre les tensions actuelles par le prisme de la vie quotidienne.


24 heures de la vie à Tchernobyl | Laurent Coumel | PUF

 
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from Ma vie sans lui

Souvenirs et larmes

Elle s'est mise à étouffer, elle ne pouvait plus respirer et elle avait mal dans la poitrine. Son mari et sa fille ont appelé les pompiers qui sont venus très vite. Ils n'ont pas eu les bons gestes tout de suite. Elle se sentait partir et ils l'ont mise sur le côté, en PLS, alors qu'elle avait besoin de libérer ce poids sur sa poitrine, cette douleur abominable qui était en train de la brûler. Elle ne pouvait plus parler, plus bouger, seuls ses yeux imploraient et c'est son mari qui a compris et qui a insisté pour qu'on la mette en position assise. Elle est partie à l'hôpital alors qu'il était moins une.

Ce récit, je l'ai entendu hier d'une amie collègue qui a fait, à la fin de l'été, une embolie pulmonaire qui a bien failli mal se terminer. Et évidemment, son récit m'a glacée puisque j'ai entendu de sa bouche ce qu'avait dû ressentir mon amoureux avant sa mort. J'ai entendu notamment la douleur intense et l'impression de la fin qui arrive, le sentiment d'impuissance et d'urgence, le lâcher-prise aussi, à un moment.

L'horreur. Il a dû être terrifié, lui qui était si douillet et si anxieux... Je n'arrête pas d'y penser, depuis hier. Je revois son visage congestionné, son regard aussi, déjà vide après la crise. J'entends ses mots, hâchés, la douleur qu'il ressentait mais qu'il n'était pas capable de localiser. et évidemment, son dernier mot et son dernier souffle. Quelle horreur...

Moi qui disais à la psy il y a 15 jours que je pensais moins à ce moment fatal, voilà qu'il me saute à nouveau au visage, à un moment inattendu et c'est toujours aussi douloureux.

Et je n'en finis pas de pleurer, encore et encore. A cause de ce souvenir mais aussi parce que la playlist en mode aléatoire a fait surgir LA chanson qui me fait penser à lui, parce que je me suis coupée en cuisinant et que je l'entends se moquer de moi gentiment, parce que je le vois assis à côté de moi sur le canapé à regarder une série avec attention en jouant avec sa petite quille en bois. Je pleure, encore et encore, le flux est ininterrompu depuis 15 mois et j'ai l'impression qu'il ne s'arrêtera jamais.

J'en ai assez. Je me demande ce qu'il faudrait pour ça s'arrête, ces larmes, ce chagrin, tout le temps. Il faudrait que je puisse ne plus penser à lui, que je n'écoute plus de musique, que je jette tout ce qui me reste de lui, il faudrait que je puisse changer de cerveau, ou faire un reset total de ma mémoire vive encore pleine des souvenirs de cet amour incroyable qui m'a été arraché en 10 minutes.

Ce matin, c'est une torture d'être obligée de continuer à vivre avec ça.

 
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from Un rat bleu

Un poème inspiré par les délicieux fruits qu'un palais puisse savourer, mais aussi par les êtres qui quittent notre chemin, de gré ou de force, dans l'ordre naturel de la vie.

Mûrir ou mourir

Le choix d'un moment. Un défi de chaque instant. Une question de temps. Un doute omniprésent.

Une ombre cachée dans la chair. Une peau promise à périr. Un présent à apprécier et à s'offrir. La relève révélée vers la nouvelle ère.

En dehors de la façade et de l'armure, En face des failles et des fissures Peuvent être entendus d'amortis murmures D'un innocent souffrant de ses blessures.

Il débute sa vie vert, dur et aigri. Sur lui pleut une pléthore de péripéties. Traverser le temps l'attendrit. Éprouver le feu l'adoucit.

À l'intérieur est terré l'enfant. Il pleure sans cesse sa douleur. Enterrer ses cris et ses larmes est courant. Le flot effrite lentement le leurre.

La digue tiendra-t-elle longtemps ? Combien de temps avant d'apprendre la patience ? Avant d'oser frayer une voie par vaillance ? Avant d'atteindre la mer de vertus qui attend ?

Un jour, le crépuscule se lève. Les teintes chaudes éclairent les gelures. Est découverte la ruine auparavant un rêve. La structure manquait de liant : de l'amour pur.

Pourtant, devant le portail du trépas, Chargés de regrets et de remords, Nombreux reconnaissent le même tort : S'attacher aux protections et possessions ne sert pas.

Les dernières œuvre et note de leur voix. Un chant du cygne laissé aux successeurs. L'espoir de leur rappeler ce vers quoi Ils ont oublié d'aller : la beauté et la douceur.

#Poème #Fruit #Vie

 
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from irisdessine

Projets du moment

  • Les vacances ! Un tatouage de prévu, peut-être de l'avancement dans mes dessins mais SURTOUT du repos !

Veille technologique

  • Une chouette vidéo en anglais qui résonne vachement avec mes réflexions autour du retour à des usages numériques moins dominés par des algorithmes. C'est en anglais, mais la dame articule très bien, c'est parfaitement compréhensible : https://tinkerbetter.tube/w/adb3102a-f329-44a8-86c7-50c7e52a5bd7
  • Petit rappel de la merdification qui tend à envahir l'information en général : https://next.ink/205842/edito-que-faire-face-a-la-merdification-de-linformation/
  • J'avais oublié que des gens prétendaient que le numérique était une solution pour la transition écologique (pour donner un exemple simple : s'il y a télétravail, alors il y a moins de voitures, donc moins d'émission de GES). Cet article explique à quel point les “études” sur le sujet établies jusque là sont d'une méthodologie douteuse et ne permettent pas de dire que c'est une solution magique. Mais, c'est vachement mieux expliqué, avec plus de détails dans l'article en question : https://bonpote.com/le-numerique-est-il-vraiment-une-solution-pour-la-transition-ecologique/
  • Je (re)découvre avec enthousiasme le site nan.fyi. Il est très didactique et là, j'ai lu un article super intéressant (en anglais) qui explique pas à pas comment fonctionne une base de données. Ça paraît simpliste ou complètement inintéressant et pourtant, ce pas à pas permet de vraiment comprendre en profondeur les mécanismes de fonctionnement d'une base de données : https://www.nan.fyi/database

Veille personnelle

  • Une étude démontre que la théorie de l'univers qui est une simulation informatique est impossible, l'article est en anglais, mais le langage est assez vulgarisé pour être compréhensible si vous vous débrouillez en anglais : https://news.ok.ubc.ca/2025/10/30/ubco-study-debunks-the-idea-that-the-universe-is-a-computer-simulation/
  • Un article qui repartage ce que j'ai déjà lu sur les douleurs chroniques. Attention, ici, on ne parle pas de minimiser les problèmes de douleur chronique ni de réduire ça à “c'est dans ta tête”, parce que newsflash : tout est dans la tête, le cerveau est le centre de la douleur, donc oui, bref, là, on parle de mécanismes qui dérèglent le centre de la douleur et qui provoquent donc une “surattention” du cerveau sur une douleur présente depuis longtemps : https://comprendresondos.fr/douleur-cest-dans-la-tete/

Mes joies

  • Petit plaisir lego avec le set du château Himeji L'ensemble est long (j'ai pris 2 heures pour écouler 7 sachets sur 17 prévus), mais très agréable à monter. Pas répétitif, on prend vraiment plaisir à monter chaque petite pièce pour assembler le tout et voir le truc se construire peu à peu.
  • Ce début de vacances fait quand même du bien, on se pose, je joue aux jeux vidéo, je monte des lego, je revois des Miyazaki, – hier, c'était Porco Rosso, toujours dispo sur Netflix –, parce que je voulais revoir la séquence où Marco dit “mieux vaut être un cochon qu'un fasciste”, en VO.

Mes peines

  • Un début de vacances qui coïncide avec le retour des insomnies, ce qui est pas ouf pour rattraper le manque de sommeil ^^'
  • Du coup, le dos et Calcifer sont un peu capricieux, parce que c'est plus compliqué de raisonner un cerveau fatigué.

Lu, vu ou écouté

  • J'ai fini la série Nobody Wants This (disponible sur Netflix). La saison 2 est très en-dessous de la saison 1, mais c'est une bonne série, drôle et agréable à regarder. On espère que la saison 3 sera plus inspirée !
  • J'ai revu la courte série Zoey's extraordinary playlist (2 saisons) ainsi que le téléfilm qui finit la série Zoey's extraordinary Christmas et c'est toujours un plaisir à regarder et écouter ! (tout est dispo sur Netflix)
  • J'ai également fini le tome 1 des histoires d'Andrea Cort (émissaires des morts) écrit par Adam-Troy Castro, et j'attaque enfin le tome 2 ! C'est toujours plaisant de lire ces aventures qui dévoilent un peu plus de complexité dans le lore de cet univers.
  • En réfléchissant à une façon de ré-écouter mes vieux mp3 de façon aussi fluide que sur un service de streaming, j'ai redécouvert des vieux morceaux que j'écoutais tout le temps comme :
    • “My Video Games” de Maniacx, du rap français (mais anglophone) amusé et amusant, très enjoué.
    • Je peux aussi citer les Wriggles, groupe à jamais dans mon cœur, mais que je n'avais pas écouté depuis quelques mois,
    • Et encore Nightwish qui n'est pas un genre que j'ai pour habitude d'écouter, mais qui passe très bien en ce qui me concerne :)
    • Et enfin Cécile Corbel, qui n'est pas une artiste que je connaissais depuis longtemps (artiste française qui a connu la notoriété grâce à sa bande son de “Arrietty, le petit monde des chapardeurs”, film du Studio Ghibli), mais dont j'avais acheté un album numérique (sans DRM, merci Qobuz)

Et le jeu vidéo ?

  • J'ai repris le temps d'avancer sur Portal Knights. Je suis arrivée à un plateau, celui où j'ai plein d'envies de construction, d'armure à améliorer, mais je traîne trop sur la quête principale, du coup, il me manque beaucoup de choses pour avancer. Il faut que j'assume de devoir faire de la quête pour débloquer de nouvelles matières premières !
 
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from EnrouteverslaventureParent

Projet de bébé ? Anticiper ! Idéalement, préparer trois mois avant le début de la mise en pratique du projet. –> Rendez vous chez la/le gynéco Elle/il pourra : – vous fournir une ordonnance pour la vitamine B9 (et vous informer de son utilité) – pratiquer les examens préalables et dépister d'éventuelles maladies avant la conception (c'est mieux !) – vous donner des informations précieuses et répondre à vos interrogations. –> le choix de votre lieu et mode d'accouchement – lieux : en Maternité, en Maisons de Naissance ou à domicile Les maternités proposent désormais des options pour accoucher : ballons, piscine, ect toutes les maternités une proposent pas le même accompagnement et les “accesoires” pour un accouchement. Les maternités sont également classés en 3, suivant leur capacité à prendre en charge les cas d'urgence Les cas de grossesse multiple (jumeaux) sont forcément dirigé vers une maternité niveau 2 minimum. Maison de naissance, il en existe 9 actuellement en France. Elles permettent aux futurs maman d accueillir bébé dans un lieu intime, très peu médicalisé et naturellement (sans péridurale). L'accompagnement des sages femmes se fait en respectant ce choix, avec une préparation adaptée à un accouchement naturel (accompagnement à la douleur, ect) Livre xxx L'accouchement à domicile, ce choix doit être accompagnée par une sage femme qui le pratique. Chose qui n'est pas évidente à trouver car cela impose une assurance spécifique (et coûteuse) à la Sage femme. (Info ici) Le choix du lieu de naissance va donc dépendre du type d'accouchement 'ideal' que souhaite la future maman.

Pour ma part, elle m'avait indiqué qu'il était tout indiquer de consulter un médecin après 2 ans de tentatives infructueuses pour commencer à étudier des pistes pour arriver à avoir un bébé. Autres infos que je diffuse un max aux parents qui n'arrive pas à avoir un bébé, et qui ont déjà commencé les autres pistes, faites pratiquer un test de “qualité” de spermes (et non pas simplement 'spermicide', qui va juste 'compter' la quantité de spermatozoïdes...) Une amie a perdu 4 ans ! Son couple est passée par le cursus 'normal', le spermicide, 3 FIV... Et c'est a l'étranger, aunq ils ont entamé les démarches (coûteuse) de d'un Xdxd qu'ils on découvert aque c'était Monsieur qui n'avait pas une bonne qualité de sperme. Problème résolu avec une mini opération ???. Sa compagne est tombée enceinte naturellement 2 mois après ! Tous ces traitements et cette pression psychologique sur elles alors que c'est lui qui était la cause de cette infertilité. Grrr, ça m'a mis en rage, j'avoue.

 
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from les mondes d'ilanthar

Les Contrées du centre et du Sud

L'ensemble de ces contrées (bien qu'avec des frontières quelque peu différentes) formaient autrefois l'Empire de la Félicité.

Empire Batikshal

nous sommes forts des liens qui nous unissent

L'empire batikshal est une des grandes puissances d'agartha, à la fois empreinte d'une longue histoire, de fortes traditions et d'une ouverture à la diversité et au développement de la technique. En témoignent la fabrication et l'usage récent de dirigeables par les dignitaires impériaux. C'est pourtant une terre pétrie de contradictions et aux nombreux visages, dont le commerce et la diplomatie ne s'éloigne guère d'un voisinage immédiat. Encore une fois, des tensions internes pourraient surgir et plonger la contrée dans des remous. Mais si cela devrait se présenter, nul doute que, fidèle à son histoire passée, l'empire en sortirait renforcé.

NB : les noms de l'empire sont souvent en liens avec les tissus, le fait de nouer ou de tisser, ou les objets en lien. Par exemple, Zaytin pour le satin.

Les Batikshal placent en premier dans leurs croyances Accasbel, dieu de la nuit et des songes, accompagné de Mahelle, déesse de la lune et des rêves, sa sœur jumelle Mahrem, déesse des ombres et des cauchemars, ainsi qu'Armait le dieu guide.

La créature mythique associée au panthéon des songes est le griffon.

Royaume des Brisants

les ports sont nos ambassades et nos navires portent les nouvelles du monde

Le royaume des brisants est parfois considéré comme un pays de pirates et de contrebandiers qui se donne des grands airs. S'il est vrai que ces activités ont cours au sein du royaume et qu'elles affectent toutes les autres contrées, il serait sans doute plus avisé de voir le potentiel de renseignement de celui-ci. En tranportant une bonne part des marchandises qui transitent par leurs navires, les brisantins sont aussi porteurs de nouvelles. Et chaque entrepôt ou comptoir qu'ils possèdent dans les grandes villes portuaires est souvent le lieu de discussions sur les évènement et la politique locale...

NB : les noms, tout comme les Brisants, sont en lien avec la mer et la navigation.

Le royaume des brisants se tourne d'abord vers Asobëe, déesse des révélations, entouré par Osanghan, dieu des messages, Anahita, déesse des passions, et Sohelle, déesse de l'espérance et de l'effroi.

L'échidnée est l'emblème du royaume, la grande pieuvre aux seize tentacules.

Sultanat Qacentineä

méfiez-vous de l'eau qui dort

Le sultanat est l'autre puissance marine, mais sa richesse et sa population sont bien plus grandes que celle des brisantins. L'armée et la flotte du sultanat son disciplinées et les lois du sultan sont raffinées. Bien que ses flottes marchandes et militaires soient plutôt cantonnées aux mers centrales, la position du sultanat est vue comme bien plus dominante sur les eaux que celle du royaume du sud. Le sultanat a une puissance visible et tangible, et il en joue, tant diplomatiquement que commercialement.

NB : certains des noms du sultanat proviennent de produits de la mer ou des fleuves et de créatures qui y sont associées.

Le sultanat vénère surtout Nayhreä, déesse des mers & océans, et ses enfants Kashovë, dieu des abysses, et Arhanïe, déesse des sources et des courants.

L'emblème du sultanat et du clergé des eaux est la gigantesque et terrifiante hydre.

Safrân

il n'y a de vraie saveur que dans le partage

Safrân est riche de ses terres et de ses cultures. Dotée d'une population nombreuse et travailleuse, elle fournie une grande part des vivres, des épices, des fleurs et des mets raffinés et exotiques que l'on peut trouver en Agartha, ou tout du moins dans toute sa moitié sud. Mais ce n'est pas une contrée unifiée, souvent en proie à des chamailleries et rivalité internes entre ses dirigeants, en plus de la convoitise et de l'ingérence de ses voisins. De plus, la majeure part de la population travaille durement et ne voit guère plus de terres que l'horizon et n'a pas accès à plus de connaissances que celle des colporteurs battant la campagne.

NB : les noms sont inspirés généralement des épices, comme le nom même du pays.

Ce pays est béni par Minarsas, dieu des cultures et des foyers, aidé de Laha, déesse de la fécondité, Bahram, dieu de l'allégresse, Erethil, dieu des célébrations, ainsi que Zamras, dieu des terres et des plaines.

Safrân a adopté tout naturellement pour bannière le calydon, puissante créature dont la course fait trembler le sol.

je n'ai mis que les portions de carte, il me semble que c'est plus lisible ainsi. après tout, les créatures mythiques et les divinités majeures sont sur la carte principale

#egishirgal #agartha

 
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from irisdessine

J’ai été une abonnée de Spotify de la première heure. Je trouvais cool de pouvoir accéder aux nouveaux albums de mes artistes favoris pour avoir éventuellement l’envie d’acheter le cd s’il me plait vraiment. A l’époque des CD/K7, on n’avait accès qu’aux morceaux sortis en single, pour le reste, c’était la surprise. Et à part quelques rares exceptions, j’ai tendance à aimer 2/3 morceaux par artiste. Pas de quoi acheter toute une discographie.

Après l’augmentation de trop, j’ai préféré migrer vers Apple Music : j’ai une Apple TV, et combiné avec TV+ et Arcade, ça revenait moins cher. Et j’aime beaucoup Apple Music et son écosystème. C’est un bon son, le système de buffer est propre, j’ai un gros choix, et ça fonctionne à merveille.

Pourtant, l’éthique, la souveraineté numérique, le besoin de ne plus laisser un algorithme décider pour moi et l’envie de participer à l’écosystème du libre me titillent de plus en plus. J’ai conscience de la prison dorée que représente Apple et tout son marché, j’ai un MacBook, un iPhone, un iPad, une Apple TV, et des fonctionnalités comme pouvoir copier quelque chose sur mon téléphone et le coller sur mon ordi, me facilitent vraiment la tâche ! Mais par petites touches, j’essaye peu à peu de revenir à des choses plus simples, peut-être un peu moins pratiques, mais des choses auxquelles on était habitué avant l’avènement du streaming en abonnement.

Un parcours semé d’embûches.

Ce parcours sur l'écoute de ma musique s'inscrit totalement dans mon travail de déGAFAMisation, déjà évoqué sur ce blog. Alors, d’abord, je suis plutôt fière d’avoir le même iPhone depuis 7 ans. Quand mon Apple Watch m’a lâché il y a quelques années je n’ai pas eu envie de réinvestir dedans. Maintenant, mon compte Apple n’est plus associé à mon gmail, mais à mon mail issu de mon nom de domaine à moi. J’ai pris un abonnement chez zaclys pour pouvoir avoir un cloud sans effort et une autre adresse mail hors gafam.

Mais je ne passe pas sous Linux. J’ai toujours Windows sur mon pc fixe pour jouer et utiliser des logiciels pas dispos ailleurs. (Logiciels que j’ai payé donc pas prête à passer à une version plus ou moins équivalente sous Linux), et la musique sur Apple Music reste incroyablement facile. Je démarre l’app, j’ai quelques playlists par ambiance que je veux installer, ça se joue sur mon Apple TV de façon seamless bref, puisque c’est un environnement ultra contrôlé, c’est, de fait, ultra maîtrisé.

Mais pas petites touches, j’y travaille…

Pourtant, mon iPhone, quand je prends le train pour aller au bureau ne tient pas du tout la route en terme de batterie. (Si j’écoute de la zik, je peux recharger mon tel à 11h/12h !). Alors j’ai investi dans un bon vieux lecteur mp3 dans lequel je mets mes musiques et ça fait le taf (par exemple, ça manque de playlists par genre, ici ça mélange mes BO avec des sagas mp3). Et franchement, depuis que je l’ai acheté, je l’ai pas encore rechargé ! J’en ai pas eu besoin !

J'ai aussi commencé à mettre des musiques sur mon Nextcloud, et j'utilise le logiciel open source Supersonic qui se connecte à ma bibliothèque Nextcloud et fait office de lecteur intelligent au même titre qu'un Spotify ou un Apple Music. Un grand merci à l'auteur ou l'autrice de cet article de blog qui explique les étapes, très simples, pour utiliser Supersonic.

Ce que je constate, c'est que je n'écoute pas la même chose si je suis sur un service de streaming ou sur un service offline. Par exemple, j'ai l'intégrale de Boby Lapointe en mp3, tous les albums de Michael Jackson, des lives des Wriggles, quelques sagas mp3 (Le donjon de Naheulbeuk, Adoprixtoxis, Reflet d'Acides, etc.). Tandis que sur Apple Music, je serais plutôt sur des musiques de films (John Williams, Joe Hisaishi, Danny Elfman) ou de jeux vidéos. Au-delà du fait que je ne possède pas 100% de ce que j'écoute sur Apple Music, je me demande pourquoi les choix sont si différents ? Attention, je ne me plains pas, ça me permet de redécouvrir des artistes dont j'avais oublié l'existence (Nightwish, Maniacx et autres Emmy Rossum ou Eddy Louiss) et de retrouver mon ancienne façon d'écouter de la musique, celle qu'on choisissait soigneusement pour faire la playlist parfaite, mais d'alterner entre la musique sur Apple Music et celle que je possède, me fait remarquer la différence entre les deux.

En revanche, il faut noter que je n'écoute pratiquement jamais les suggestions de l'algorithme ; ou de DJ embauchés par Apple, c'était leur cheval de bataille quand ils sont arrivés sur le marché, je doute que ce soit toujours le cas, je pense qu'ils sont passés au sacro-saint algorithme, bref, j'ai quelques playlists et je me limite à celles-ci, sauf quand je choisis sciemment d'aller (re)découvrir des artistes dont j'ai pas entendu parler depuis longtemps. (Tiens, est-ce que Timberlake a fait des nouveaux albums ? Ah ? Orelsan a sorti un nouveau CD ? Allons l'écouter...)

Une vidéo issue de l'émission Tracks sur Arte m'a donné envie de partager cette expérience, parce que le titre s'inscrit parfaitement dans le cadre de mes tâtonnements autour d'un retour à une musique qui m'appartient réellement et que je contrôle : Faut-il réapprendre à écouter de la musique. C'est intéressant de voir comment les musiciens interviewés choisissent de se jouer des algorithmes, ou racontent comment les services de streaming sont vu comme une colonisation (très pertinente analogie, je trouve), bref, je conseille Tracks en général, et cette émission en particulier.

Comment découvrir de nouveaux artistes alors ?

Si on revient en arrière, dans les années 90, la musique, c'était via la radio : Skyrock pour le rap, Fun Radio pour la pop, etc. ou via les chaînes musicales (MCM, MTV, etc.) Dans l'absolu, c'est toujours plus ou moins le cas, mais je ne suis pas sûre que ce soit comme ça que la majorité des gens découvrent encore de nouveaux artistes ou de nouvelles chansons. Actuellement, en ce qui me concerne, sauf à de très rares exceptions, j'ai découvert de nouveaux artistes via les playlists de grève de France Inter, ou, parfois, des chroniques d'André Manoukian à la bonne époque de Par Jupiter ! l'émission de Charline Vanhoenacker. Je prends parfois la peine de lire les chroniques musicales de Libé, chez qui je suis abonnée, histoire de voir si je peux tomber sur des perles. (Je reste ouverte à beaucoup de choses, mais très difficile ^^). Et puis, parfois, je discute avec mes collègues, on se partage les morceaux qu'on écoute, et là aussi, on découvre des nouveautés ou des vieux morceaux à côté desquels on est passés. Quoiqu'il en soit, ma culture musicale est assez large, étendue, grâce à des années d'écoute active de chaînes musicales, de découvertes via la famille, les amis, la radio, etc. Par ailleurs, ayant un background musical (j'ai joué de plusieurs instruments, fait du solfège, appris à écouter autant de l'opéra que du rock ou des artistes plus mainstream), je ne “consomme” pas la musique, je l'écoute avec toutes les fibres de mon corps. C'est d'ailleurs pour ça que si je veux écouter de la musique en codant, il faut que ce soit sans paroles, parce que sinon, ça phagocyte tout mon cerveau et je ne peux plus me concentrer sur le taf. Et même sans paroles, je fais un excellent air chef d'orchestre sur des BO de John Williams ou de Joe Hisaishi !

Un bilan ?

Je ne suis pas sûre qu'on puisse parler de bilan, à proprement parler, ici, on est vraiment sur des tâtonnements sur ma façon d'écouter la musique, mais cet article m'a permis de comprendre une chose : je ne vais pas me débarrasser tout de suite d'Apple Music, parce que je ne me laisse pas guider par les algorithmes (ou beaucoup moins que si je me laissais porter par leurs playlists de recommandations basées sur mes goûts, qui sont très souvent à côté de la plaque), mais je vais continuer à redévelopper mon élaboration d'autres types de playlists avec mes mp3 et des ressources open source garanties sans IA et sans algo parce que j'ai des morceaux qui n'existent pas sur ces plateformes, et parce qu'ici, la musique m'appartient, sans DRM, sans abonnement et pour toujours.

N'hésitez pas à partager vos expériences autour de la musique, comment vous l'écoutez, vos choix, vos envies, ça m'intéresse aussi de connaître votre expérience autour du streaming.

 
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from Un Spicilège

Voile vers Byzance

La collection Une heure lumière est toujours celle dans laquelle je me réfugie entre deux lectures longues. Je suis quasiment certaine d'y trouver des textes dont la brièveté n'affecte ni la beauté ni la qualité. Ce fut une fois de plus le cas avec cette novella de Robert Silverberg qui, en une heure et demi de lecture, nous conte une histoire touchante d'amour et d'éternité.

Elle nous détaille l'histoire de Charles Phillips, sorte de voyageur temporel malgré lui, projeté dans un futur dans lequel l'espèce humaine, devenue immortelle, trompe son ennui en recréant les plus célèbres cités que la civilisation ait portées. Guidé par Gioia, femme énigmatique avec laquelle il noue une histoire d'amour, il tente d'apprivoiser les moeurs et de trouver sa place dans un monde sans but.

Texte d'une rare poésie, Voile vers Byzance aborde avec délicatesse des thèmes forts et universels : l'immuabilité, la conscience de soi, la définition de l'existence. Sa lecture permet de se perdre dans ses réflexions tout en arpentant les rues de grandes cités disparues, baignant le voyage dans une certaine nostalgie. L'écriture finement ouvragée de Silverberg, se prête à merveille à cette atmosphère mélancolique. Sa passion pour l'histoire lui permet de nous immerger complètement dans l'ambiance d'antan.

Une lecture comme un instant suspendu de beauté et de lyrisme. Il n'est vraiment pas nécessaire de faire long pour frôler l'excellence.


Voile vers Byzance | Robert Silverberg | traduit par Pierre Paul Durastanti | Le Bélial'

 
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from Ma vie sans lui

Le manque

Il y a eu un grand creux, cet automne, entre la dernière fois que j'ai écrit ici et aujourd'hui. Je n'en suis pas encore tout à fait sortie mais ça va mieux. Je m'étais dit que la première année sans lui serait horrible, elle l'a été, avec son cortège de premières fois qui poignardent le ventre et tabassent le coeur.

La seconde année n'est pas tellement mieux, dans un autre genre. C'est l'installation du deuil dans la durée. Deuxième rentrée sans lui, deuxième Toussaint sans lui et c'est toujours aussi difficile. Il est encore très présent, pas toujours avec la même intensité mais c'est incontestable, il me manque toujours affreusement, au point qu'y penser me fait monter les larmes aux yeux, encore et toujours et qu'il y a des jours où je me dis que continuer à vivre dans ce manque est une torture inutile à m'infliger.

Mais je suis toujours là et je suis -je dis parfois “hélas”– toujours vivante. Et mon corps est vivant, lui aussi. Et je ne sais pas trop que faire de ça.

Mon corps est en manque de mon amoureux. Pendant quelques semaines, j'ai été anesthésiée par la douleur, au point même que ma maladie de peau chronique s'est presque effacée. Et puis au coeur de l'hiver dernier, mon corps s'est réveillé et j'ai à nouveau eu envie de sexe. C'était désarçonnant, déconcertant, et gênant, et énervant, aussi. Pourquoi avoir à nouveau du désir alors que je venais de traverser un tel tsunami de chagrin ? Du désir alors que je venais de répandre les cendres de mon amoureux dans la forêt ? Incompréhensible. Alors, j'ai serré les dents et j'ai tenté de penser à autre chose pendant un temps. Mais le désir est revenu, insidieux et toujours par surprise. J'ai fini par céder et mes doigts m'ont procuré ce que je cherchais, chaque orgasme solitaire se terminant dans une crise de sanglots. A chaque fois, j'ai pleuré sur la perte de cet homme, de notre amour, de notre rencontre parfaite et puis aussi de dégoût, de colère, de culpabilité, de honte, de tristesse et surtout, je me suis trouvée ridicule. A chaque fois.

C'est en faisant récemment des recherches sur le sujet que j'ai compris que cette libido qui se réveillait était juste la preuve que la vie frayait son chemin en moi et que c'était normal et plutôt bon signe, sur le chemin du deuil, que de ressentir à nouveau du désir, du plaisir.

En ce moment, il me manque beaucoup, et physiquement, surtout. Peut-être pour compenser le froid qui s'installe, pour contrer la dépression saisonnière qui va pointer son nez, j'ai envie de câlins, de quelqu'un à serrer contre moi, de baisers torrides, de siestes crapuleuses. J'y pense souvent, je m'échauffe toute seule rien que de l'imaginer. Mes doigts parcourent mon corps, pleins de regrets et de tristesse mais de douceur, aussi. Je lis en braille ce que lui, lisait à chaque fois en me caressant. Je ne vais pas vous raconter d'histoires, ce sont des moments très tristes, tristes à pleurer.

Mais c'est la vie qui est en train de gagner. Même la psy à qui je n'ai pas encore parlé de cet aspect du deuil me le dit : la vie est là, dans ce que j'entreprends, dans les combats que je mène. Oui, je suis un peu dans le creux de la vague mais la vie est là, elle palpite, y compris au creux de mon ventre.

Mon corps est en manque de lui, ou d'amour, ou des deux.

[Cela fait quelques semaines que je mûris cette note, ce n'est pas facile de parler de ça parce que cela paraît tellement incongru. Mais j'ai décidé de le faire parce que je pense que justement, on n'en parle pas souvent, c'est un peu tabou. Voilà.]

 
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from irisdessine

Projets du moment

  • J'ai quitté O2switch ! Après quelques années où j'y étais venu parce que plus souple, plus efficace et moins cher qu'OVH, c'est au tour d'O2switch d'être devenu incroyablement cher (presque 200 balles à l'année pour leur offre d'hébergement unique). Je suis donc passée à Infomaniak, me permettant ainsi de réduire un peu les coûts (~100€ l'année), mais aussi d'aller vers un hébergement un peu plus éthique. Il n'y a plus qu'à prendre le temps de recréer mon blog. (Notamment, mon blog à dessins toujours hébergé sur un blogspot pour le moment...)
  • Halloween/Samhain est passé, on peut commencer à se préparer pour fêter Noël ! 🎄

Veille Technologique

Veille personnelle

Mes joies

  • J'ai découvert que certaines douleurs qui deviennent chroniques, le deviennent parce que le centre de la douleur du cerveau débloque un peu et voit de la grosse douleur au lieu de voir de la douleur modérée. (je schématise, hein) Et du coup, mon dos est beaucoup moins douloureux chaque matin, maintenant que je sais ça. De la respiration profonde quand je sens de la douleur la nuit, ça s'éloigne et je peux me rendormir (un peu) plus facilement :)

  • On a bien réussi à faire flipper les enfants et les parents pour Halloween ! C'était une franche réussite cette année ! 😈

  • On a assisté à des spectacles de feu le soir du 1er novembre pour marquer la fin de l'année celtique/païenne, avec des spectacles qui ressemblaient à des cérémonies rituelles pour réchauffer nos maisons et éloigner les mauvais esprits. C'était très chouette. Ça a terminé sur l'allumage de grands bûchers pour se purifier. L'ambiance était vraiment top et c'était une chouette aventure ! 😊

Lu, vu ou écouté

  • En train de découvrir la série Nobody Wants This. Une série qui parle d'amour avec une podcasteuse dont le thème principal de son podcast est de parler de plans culs foireux, et plus généralement, de sexualité et de libération de la parole autour des tabous du sexe, et un rabbin et dont les 2 forment un couple improbable, mais amoureux. La saison 2 est (beaucoup) moins bonne que la 1, mais ça reste une série très drôle que je conseille à qui veut passer un bon moment. (Dispo sur Netflix)

Et le jeu vidéo ?

  • On approche du 7e jour de 7 days to die, jour important, puisque c'est lors de la 7e nuit que les zombies sont particulièrement actifs et violents ! Il faut donc qu'on soit préparés à défendre notre base et à ne pas mourir ! On a d'abord repéré une grande base bien sécurisée, mais elle sera longue à nettoyer et surtout compliquée à défendre ! Une petite maison avec un étage sera donc notre choix préféré, nous permettant ainsi de nous défendre plus facilement, puisqu'il ne faudra sécuriser qu'une seule entrée.
  • Ma petite vie dans Portal Knights avance tranquillement. J'ai acheté une petite île forestière féerique, et je compte bien y établir ma base, ma maison, mes champs, etc. Des quêtes me permettent de débloquer les îles suivantes au fur et à mesure du jeu, c'est toujours très chouette d'incarner ce petit perso. En plus, j'adore le fake langage développé (un peu comme la langue des Sims), c'est très rigolo et mignon !
 
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from Un rat bleu

A life without some mystery is a life without imagination.“ En français: “Une vie sans un peu de mystère est une vie sans imagination.

Herbert S. Sinclair, du jeu Blue Prince, extrait de sa lettre adressée à son héritier sur un mystère familial non élucidé.

Une existence

La vie ne serait-elle pas plus simple sans inconnu, sans mystère ? Les peurs associées n'existeraient pas. Celles de l'ombre, de ce qui s'y cache, de ce qu'elle renferme, de ce qui peut être déverrouillé. Il n'y aurait pas de vide. Aucune trame vierge à colorier, aucun silence à rythmer, aucun récipient à remplir, aucune abysse dans lequel plonger, aucun calice pour accueillir le fruit de l'imagination. L'imaginaire est vaste, même débordant. Des simples histoires aux légendes, en passant par les mythes, les fantaisies, les contes, les fictions, les fantasmes, les rumeurs, les murmures... Tous sont sujets à l'adaptation et la déformation à travers l'espace et le temps. Des vérités plus ou moins teintées, des mensonges plus ou moins déguisés, ou un mélange troublant des deux.

Il n'y aurait pas d'artifices, de leurres, de mirages et de pièges. Aucun moyen de tromper, de se tromper, de s'égarer. Aucune tentation. Ça simplifierait les relations avec soi-même et avec l'altérité. Moins de frictions, de conflits et de souffrance. Les symphonies seraient plus faciles à composer seul comme à plusieurs.

Une présence

Et pourtant, le mystère est là, présent dans la vie de chacun. Certains passeront à côté sans l'apercevoir, telle l'entrée d'une ruelle coincée entre deux immeubles. D'autres le verront du coin de l'œil, sans s'arrêter. D'autres encore le regarderont à distance, en évitant de s'y engouffrer, au risque de s'y perdre. D'autres enfin oseront s'y frotter et plonger dedans, malgré le manque de garantie d'en ressortir vivant et intègre.

Ainsi a évolué ma relation avec le mystère au fil du temps. Il change de visage sans prévenir, déstabilise mes fondations, me met à l'épreuve constamment. De la peur des ténèbres nocturnes, en passant par la rationalisation, le mutisme de mon imagination, jusqu'au retour de l'art dans ma vie. Ça a déjà été un long voyage, ne serait-ce que pour comprendre la raison d'être du mystère.

Je ne suis pas parti les mains vides. La loupe 🔎 a été ma boussole et continue de l'être. J'ai appris à m'en servir, à en tirer le meilleur parti. Je n'étais pas seul non plus. L'esprit de ses utilisateurs les plus aguerris m'a accompagné dans mon aventure. Ils ont tous exercé le même métier, bien que les titres aient été différents:

  • détective
  • inspecteur
  • investigateur
  • enquêteur

Une perception

La rencontre avec un mystère commence par le détecter. Utiliser ses sens pour trouver des indices et des pistes. Voir à travers les apparences, entendre l'appel du vide, flairer les subtilités, toucher les spectres, goûter au fruit défendu, se sentir attiré ou repoussé par l'inconnu.

La peur peut bloquer ou altérer la perception du mystère. Elle m'a fait le fuir, l'ignorer et le faire taire pendant longtemps. Le noyer dans un lac d'assertions, sous une cascade de croyances. Pourtant, il a continué de me brûler d'envie de plonger en lui.

J'ai essayé, encore et encore. Je me suis brûlé les doigts à chaque fois. Et les ailes aussi. Quand le mystère me touche, il peut me blesser. Et il vise bien. Pile entre les gouttes de la cascade. En plein dans les blessures encore ouvertes mais parfois oubliées. Les étincelles se faufilent dans les failles de l'armure. Je suis forcé de l'ôter et de me révéler vulnérable.

Peu importe la sécurité avec laquelle je viens, il parvient à s'infiltrer, la percer et à me voir mieux que je me vois. Que voit-il ? Qu'entend-il ? Que pense-t-il de moi, de ce que je suis, de ce que je pense être ? Qu'attend-il de moi ? Me juge-t-il ? Que sait-il ? Que cache-t-il ? Parle-t-il ? En quel(s) langage(s) ? Comment le comprendre ?

Plongé dans l'obscurité, la loupe est inutilisable. Il y a besoin d'éclairage. Se frotter au mystère sans détour est nécessaire pour générer des étincelles et allumer une torche. C'est douloureux et souffrant. L'agitation provoquée fait souvent déborder mes barrages. Les fleuves d'émotions se déversent. Le feu est brusquement étouffé.

Une direction

De temps à autre, je parviens à maintenir la flamme en vie. Je vois enfin où je me trouve. Un brouillard épais et froid, enveloppant des silhouettes d'arbres. Ils m'entourent de tous les côtés. Entre eux, des bouts de chemin se montrent timidement. Ils s'enfoncent plus loin dans la forêt. Tous les coins se ressemblent. Ça semble sans fin. Perdu. C'est la sensation qui me vient. Dans un labyrinthe de brume, de béton, de bitume et de brouhaha.

Quand la peur et l'effroi mènent la danse, la perte invite l'abandon, le rejet, la trahison, l'injustice, l'humiliation ou un peloton de ces derniers, à la valse. De quoi perdre l'équilibre, être désorienté et tourmenté. Raisonner, argumenter, hausser le ton avec eux ne mènent à rien. Ces fantômes sont inlassables. Ils me distraient de ma destination: m'en sortir, de préférence, intègre.

Mais où est la sortie ? Y en a-t-il une ? Où mènent toutes ces voies ? Laquelle choisir ? Le besoin de trouver des indices se fait sentir. La loupe s'avère utile. Elle me permet d'inspecter les lieux. Une vue détaillée peut révéler des traces, des indications sur ce qui m'attend plus loin, et peut-être même des directives à suivre. À moins que ce ne soit l'œuvre de ces fantômes. Leurs voix me souffleraient à l'oreille ce que j'aimerais secrètement entendre. Leurs emprises me pousseraient dans des directions toujours plus obscures.

Peut-être que ce sont des marques laissées par d'autres avant moi. Sont-ils encore là ? Ont-ils réussi ? Ont-ils résigné ? Sont-ils devenus fous ? Leurs travers les ont-ils faits se perdre ? Comme moi ? Ces travers qui dévient la lumière de la flamme. Les couleurs passent par ces prismes. Ma perception de la réalité s'en retrouve teintée et réfractée. Des illusions. Alors, comment être certain du chemin pris ? Serait-ce un piège ?

Tout ce que je perçois peut être des mirages. Et ces fantômes qui me hantent ? Aussi ? Mes sensations de l'extérieur sont douteuses. Je ne peux pas me fier au premier coup d'œil. Ce qui semble être un raccourci peut s'avérer sans issue. La forêt change et bouge constamment. Impossible de reconnaître le chemin en arrière. Il ne me reste qu'une seule direction à suivre. Vers l'intérieur.

Une destination

Que sont ces fantômes, exactement ? Leurs attentes ? Leurs jugements ? Leurs accusations ? Leurs critiques ? Leurs ordres ? Viennent-ils de moi ? Des autres avant moi ? Comment les faire taire ? Ils m'empêchent de me concentrer sur mon objectif. Ce but. D'où vient-il ? Est-ce le bon ? Ou une idée pré-conçue ? Colportée par ces spectres du passé ? Suis-je vraiment censé sortir de là ? Emprunter les sentiers battus par d'autres ?

Quand le feu est suffisamment fort, les draps des fantômes restés trop près partent en fumée, ainsi que leurs paroles. Les autres me laissent tranquille et s'éloignent dans la forêt. Tous empruntent ces voies déblayées et laissent derrière eux un écho :

Reste sur les chemins sûrs et connus. Suis nos recettes. Répète notre histoire. Toujours.

Gare à toi si tu sors de nos parcours. Tu seras découragé, réprimandé, réprimé, moqué, ridiculisé, exclu, laissé, oublié.

Est-ce ce qui m'est arrivé ? J'aurais essayé de m'engager dans le bois au lieu de rester, de poursuivre mon investigation du mystère, malgré les mises en garde. Ils m'auraient attrapé pour me remettre à ma place. Ma mémoire est vide. J'ai oublié. C'est tout ce dont je suis certain. Sont-ils là pour m'aider ? Ou pour m'embourber ?

Que savent-ils réellement de ce que je dois faire dans cette forêt ? Et s'ils n'ont fait que tourner en rond ? Se piéger éternellement en dehors de l'inconnu ? Forcer les autres à rester avec eux ? Ont-ils peur d'être seuls ? Seuls, avec leurs propres fantômes internes ? Et s'il s'agit non pas de sortir mais d'entrer ? Pénétrer dans la forêt, toujours plus loin ? De trouver ma propre voie, libre du poids des fantômes et de leur emprise ?

Mais pour aller où ? Quelle direction prendre ? Y arriverai-je ? À briser le cycle ?

Une signification

Devrais-je savoir tout ça ? En fin de compte, ai-je à m'encombrer de tous ces doutes ? Tout ce que je sais est que le feu éloigne les fantômes et que les pièces de l'armure doivent être consumées. Ça devrait suffire pour me lancer. J'ai juste besoin du courage d'oser brûler l'ancien moi, pour en faire un nouveau. Encore et encore. Et d'idées lumineuses aussi. À la clé: la liberté. Peut-être. Rien ne me le garantit. Mais je peux toujours essayer. M'y engager corps et âme. Je pourrais même finir par aimer ça plus que la compagnie des fantômes.

Toutes ces perturbations. Toutes ces distractions. Sont-elles là pour me faire éviter de découvrir quelque chose ? Apprendre quelque chose d'important ? Apprendre à aimer ? Vraiment ? La seule chose qui persiste à travers l'espace et le temps ?

“Inutile ! Futile !” “Naïf ! Niais !” “Ridicule ! Grotesque !” “Honteux ! Indigne !” “Irréaliste ! Pas vrai !”

Je les entends à nouveau, ces vieux fantômes. À essayer de me dissuader, de me décourager. J'ignore s'ils disent vrai ou mentent. Il n'y a qu'un seul moyen d'en avoir le cœur net: entrer dans la forêt, explorer ce mystère. Je détache une pièce de l'armure. Je la brûle. Je m'avance vers une ouverture, entre des arbres. Je regarde l'un d'eux, à la loupe. Une gravure. Un indice.

Don't go where the path leads. Abandon the path and go where you want it to lead.“ En français: “Ne va pas où le chemin mène. Abandonne le chemin et va où tu veux qu'il mène.

Clara Epsen, grand-mère de l'héritier de Herbert S. Sinclair, citée dans la lettre de ce dernier pour son héritier à l'entrée du manoir.

Suis-je prêt à mener cette quête ? La forêt change chaque jour. J'ignore les épreuves qui m'attendent.

Suis-je à la hauteur ? Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir. Je sais où je veux que ça me mène: vers le mystère de l'amour. Je me fraierai mon propre chemin. Je passerai par tous les recoins, les plus sombres comme les plus clairs.

Quand cela cessera-t-il ? Je ne sais pas. Devrais-je m'encombrer de cette pièce d'armure supplémentaire ? Je préfère m'alléger pour ce voyage.

En avant.


#Réflexion #Mystère #Essence

 
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from Un Spicilège

Knit’s Island, l’île sans fin

Film documentaire insolite, Knit's Island se passe en immersion totale dans un jeu vidéo open world survivaliste plein de zombies (DayZ, pour ne pas le nommer). Dans ce monde qui se joue en ligne, de nombreux individus connectés tentent de survivre. Pour cela, certains s'organisent en véritables communautés. Les trois réalisateurs ont choisi de pénétrer ce lieu sous les avatars d'une équipe de tournage et de passer par ce médium (y passant des centaines d'heures et pas moins de 4 années) pour interviewer les joueurs de ces différents groupes et interroger leur rapport au jeu et au réel.

Ce qui frappe en premier lieu dans ce dispositif, c'est l'humilité et le respect avec lequel les réalisateurs sont allés à la rencontre des joueurs. Sur leur terrain, selon leurs règles, avec patience, discrétion et sans jugement. La profonde désolation qui caractérise l'univers du jeu contribue à rendre cette immersion profonde et troublante. Les paysages sont magnifiquement désolés, l'animation des personnages est parfois hasardeuse... tout cela nous entraîne dans un trouble diffus, que les paroles des différents interviewés ne font que renforcer. Quand on les laisse libres de s'exprimer, les joueurs sont particulièrement surprenants. Les avatars leur permettent de se dévoiler avec une sincérité parfois désarmante, toujours fascinante. Les chemins qu'ils prennent pour survivre dans le monde virtuel s'avèrent extrêmement différents, permettant l'émergence de véritables organisations.

Le parti pris esthétique fort du film doublé par le véritable engagement des réalisateurs font de Knit's Island une réussite à bien des niveaux, véritable passerelle qui gomme complètement la frontière entre le virtuel et le réel, prouvant par là même à quel point elle est mince, presque résorbable.


Knit’s Island, l’île sans fin | Ekiem Barbier, Guilhem Causse et Quentin L’Helgoualc’h | 2022

 
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from Trucs de fous

une femme et un homme sortent de l’hôpital avec des valises. La femme dit « Enfin sortie de cette prison pourrie, c’est nul l’hôpital ! » L’homme répond « tu sais que tu serais morte sans l’hôpital ? » La femme répond « c’est vrai… Merci l’hôpital »

L’hôpital sauve des vies, l’hôpital fait souffrir, l’hôpital diagnostique, trouve des traitements adaptés, attache des patients à leur lit, impose des traitements de force… Le mieux dans l’hôpital c’est le fait d’en sortir.

Est-ce qu’on pourrait faire mieux ? Est-ce qu’on pourrait éviter à certains patients d’arriver à l’hôpital ? Probablement

 
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from Impulsion Végé

Le lundi soir, chez moi, le repas c'est tartines, sandwich, wrap ou burger. Fait maison ! Depuis que je suis devenue végétarienne, j'ai découvert que les burgers, c'est en fait facile à faire. Et le burger végétalien, non seulement c'est facile, mais c'est super bon. En ce moment, j'ai une passion burger à l'aubergine. Donc ce soir, après une journée bien bien remplie, j'ai préparé des burgers à l'aubergine !

burger à l'aubergine

La recette (pour 4)

Ingrédients : – 4 buns – 1 grosse aubergine – 1 tomate – des cornichons – Sauce barbecue (ou autre) – Huile d'olive, sel, herbes de provences

Instructions : 1. Préchauffer le four à 180°. 2. Couper l'aubergine en tranches épaisses. 3. Disposer les tranches d'aubergine sur une plaque , badigeonner d'huile d'olive, saler et parsemer d'herbes de provence. 4. Enfourner pour environ 40 minutes. 5. Couper la tomate en fines rondelles. 6. Lorsque les tranches d'aubergine sont cuites, assembler le burger : bun, sauce, aubergine, tomate, aubergine, cornichon, sauce, bun. 7. A déguster seul ou accompagné de salade et/ou frites !

#cuisinevégétalienne #burgervégétalien

 
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