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from Chatpey

PARCE QU'IL FAUT BIEN COMMENCER QUELQUE PART...

Et bien ça sera ici !

Le premier post étant toujours le plus dur, je vais passer directement au deuxième !!!

Adishatz !

chatpey

 
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from Tutoriels malicieux

Introduction

Nous vivons une époque où le temps nous est volé. Le capitalisme néolibéral a besoin, pour maintenir sa croissance, d'exploiter l'ensemble de l'environnement dans lequel il évolue, et à fortiori les humain⸱e⸱s. Il s'agit alors de maximiser (et donc voler) le temps des individus, qu'ils soient producteur⸱ice⸱s ou consommateur⸱ice⸱s, et ce au service du capital. J'appuie ici la notion de “service au capital”: le temps et les projets personnels sont vus comme “inutiles” ou “à la marge”, étant à systématiquement écraser et réprimer. Il est de plus en plus difficile de se regrouper en collectifs ou en syndicats s'ils dérangent l'ordre établi, de produire du commun, de protéger des espaces, de militer pour le changement, ou plus simplement de se reposer, de s'ennuyer, d'être “inactif.ve.s”. Il s'agit donc, pour la bourgeoisie, de contrôler chaque temps non salarié, de “repos”, et de les transformer en des temps d'activité qui lui est utile, qui lui permet d'extraire de la plus-value, en l'occurence des phases de consommation-production individualisées.

Plusieurs outils permettent au capital de transformer le repos en phase de consommation-production. Ce qui nous intéresse ici, c'est l'usage massif des outils numériques comme “moyens de production-consommation” du capitalisme. Nos téléphones, nos ordinateurs, nos systèmes d'exploitation, sont conçus non pas (plus) comme des moyens d'émancipation, d'apprentissage et d'enseignement, d'aide à des projets personnels, mais bien comme des outils de contrôle de masse, de mise en dépendance, d'incitateurs à la consommation permanente, de sources de production de données non rémunérées (et donc d'extraction de plus-value maximale). Lors de mes démarches, j'ai pu repérer 3 principes fondamentaux de l'oppression systématique par la grande bourgeoisie du numérique :

  • contrôle du temps : économie de l'attention, techniques psychologiques et physiologiques implémentées dans les logiciels pour maintenir l'usager sur son appareil, comme les notifications, le scroll infini, la standardisation du temps de vidéos;
  • dépendance technique : l'usager est mis en dépendance vis à vis des moyens proposés par les GAFAM, que ce soit dans sa pratique citoyenne, individuelle, ou au travail. Iel a besoin d'un smartphone pour valider des opérations bancaires, de la suite Microsoft pour communiquer avec ses collègues, de réseaux sociaux pour ne pas être isolé socialement. De plus, l'usage de formats propriétaires (word par exemple) empêchent l'interopérabilité avec des logiciels alternatifs libres;
  • exploitation du temps libre et extraction de plus-value : la collecte de données permanente permet de produire de la valeur en extrayant l'attention des usagers d'une part, grâce aux publicités, ce qui génère de la consommation induite, mais aussi aujourd'hui en utilisant les données récoltées pour entraîner des modèles d'IA par exemple. Ne pas être soumis aux publicités demande de souscrire à un abonnement, certains outils essentiels deviennent payants pour étendre leurs fonctionnalités.

Il est aujourd'hui quasi-impossible de vivre sans smartphone équipé des services de Google, et difficile d'utiliser un ordinateur sans les services de Microsoft, sans rentrer en conflit avec les pratiques sociales hégémoniques imposées par les structures bourgeoises. Idem quand il s'agit de travailler pour une entreprise sans utiliser les services des GAFAM. De plus, il devient de plus en plus difficile de développer des logiciels libres sans l'aval des grands conglomérats du numérique. Ces outils sont de fait entrés dans nos vies sans que l'on ait de pouvoir de les refuser à moyen terme. Les monopoles des GAFAM leur permettent de librement nous soumettre à des algorithmes oppressifs, non respectueux de la vie privée et des données personnelles, incitant des comportements addictifs à haute valeur ajoutée pour la bourgeoisie, et volant le temps de vie libre de toustes.

L'objet de ce billet de blog est de se libérer, en partie, de ces réseaux oppressifs. Sans prétention d'en faire une liste exhaustive, je livre mon travail pour permettre à d'autres de lutter contre les GAFAM et la bourgeoisie numérique.

Quitter Google et son hégémonie sur les smartphones

Quitter Google n'est PAS simple. C'est en faisant que ce constat que j'ai pris la mesure du pouvoir qu'ils ont sur nos vies. La conception de la plupart des applications Android du quotidien est faite de manière à les rendre dépendantes à Google, ses services et son architecture. Sans les services de Google, elle deviennent non fonctionnelles. Et celles qui restent utilisables, contiennent dans leur code les traqueurs qui permettent à Google de récupérer des données. La dé-googlisation demande donc des sacrifices plus ou moins grands selon le niveau de confidentialité souhaité. Et surtout, il est difficile de se détacher de certains services obligatoires (banque, réseaux sociaux et de communication) sans sortir de réseaux imposés par la société. Il reste cependant possible d'adapter ses pratiques pour limiter son empreinte sur leurs serveurs.

Pourquoi partir ?

Si c'est gratuit c'est que c'est toi le produit

L'adage si c'est gratuit c'est toi le produit s'applique parfaitement au modèle économique des GAFAM. Sous couvert de services gratuits, la plus-value générée par notre attention, nos données, notre travail numérique, est intégralement extraite. Chaque recherche, clic, message envoyé, minute passée devant notre écran, alimente les conglomérats les plus puissants de la planète.

Pour maximiser cette plus-value, il s'agit donc pour la bourgeoisie numérique de maintenir au maximum notre présence sur leurs services. C'est ce qui explique les différentes méthodes utilisées, sans que l'on soit vraiment informé.e.s sur leur effet réel sur notre corps et notre cerveau : traqueurs invisibles, collecte continue de données, interfaces addictives, algorithmes qui ciblent et orientent nos centres d'intérêts, et incitent à la réaction, notifications, captation visuelle et sonore de l'attention, etc.

Au delà de ces techniques, des structures institutionnelles sont mises en place pour accentuer cette dépendance. Disparition des postes téléphoniques, dématerialisation pour l'administration et les transports, massification de la communication en ligne, individualisation de l'urbanisme décourageant les rassemblements en physique, accès à des services essentiels comme l'hôpital, les banques, nécessitant un smartphone.

En partant de cet écosystème, c'est non seulemement une démarche politique que j'ai entrepris, mais aussi une démarche d'émancipation de ces réseaux coercitifs. Avant d'avoir entamé ce travail, je ne maîtrisais rien, que ce soit les données qui entrent et sortent de mon appareil, les applications installées sur mon appareil, je ne comprenais pas comment mon smartphone ou mon ordinateur fonctionnait, ce qui m'empêchait de les réparer. Je n'ai toujours pas une maîtrise parfaite, mais je pense m'être beaucoup mieux approprié mes appareils aujourd'hui.

Enfin, il y a des limites fortes. Le monopole de Google sur les smartphones rend le départ très difficile. Certaines applications sont dépendantes de leurs services, et de nombreux outils sont dépendants de leurs infrastructures. Tout est fait pour décourager les alternatives libres, l'interopérabilité, la réparation, les pratiques numériques indépendantes et autonomes.

C'est donc toute une démarche de remise en cause de l'environnement numérique imposé par les GAFAM, modelant notre usage pour générer du profit. En échange, je cherche un usage basé sur mes besoins, maîtrisé, réparable, répétable, et indépendant.

Au préalable, définir ses besoins

Le processus de dégooglisation va donc bien au delà de simplement quitter les applications estampillées “Google”. Il s'agit plutôt de changer tout son rapport au numérique, hors du cadre imposé par Google sur l'ensemble des appareils. Et donc, il faut aussi réflechir aussi à quelle forme prend ce cadre imposé.

Il me semble avoir reconnu deux principes poussant à considérer le smartphone conçu comme une source de consommation plutôt qu'un outil répondant à des besoins.

  1. D'abord, par la disponibilité imposée de produits : j'achète un smartphone, des services sont installés dessus que je le veuille ou non, et quoi que je fasse ce service fonctionnera, je l'utilise donc par défaut et son usage façonne mon rapport l'outil “smartphone”. À cela s'ajoutent les besoins créés par des popup incessant (par exemple sur instagram nous demandant à chaque ouverture d'autoriser l'accès à la localisation), ou une dématérialisation “par défaut” de certains services (notamment de l'État).

  2. Ensuite, par la construction des dépôts de logiciels et la conception concurrencielle du développement d'application (notamment l'App Store), qui nous proposent “d'explorer les applications”. Ce cadre constitue une structure consumériste, basée sur l'addiction à la nouveauté permanente et à la mise sous dépendance d'usage de chaque nouvelle application. Une application produite dans ce cadre ne sert pas tant à combler un besoin qui lui pré-existe qu'à faire émerger un besoin par sa propre existence.

Ces principes entraînent une décorrelation entre le besoin réel et le produit de consommation, qui est néfaste autant pour le consommateur que pour les développeur⸱euses, qui ne créent plus pour répondre à des besoins d'usager⸱e⸱s mais pour faire émerger le besoin chez le consommateur potentiel et rendre ainsi leur produit concurrentiel. La finalité, c'est la création permanente de marchés, propre au capitalisme. Sortir de ce système, c'est faire la démarche inverse: définir/évaluer ses besoins, puis rechercher les produits existants pouvant y répondre (et créer son outil s'il n'existe pas). C'est aussi s'interroger sur le coût (humain, écologique, financier, sociétal) des outils et les risques que j'encours (sur ma vie privée, sur les conséquences possibles sur ma santé...), à mettre sur la balance face à notre sentiment de besoin (est-ce que cela vaut le coût de subvenir à ce besoin, est-il essentiel ?). Il s'agit enfin d'interroger la convivialité des outils, leur effet sur nos usages, la possibilité de se les approprier, de les comprendre, les réparer ou les adapter à nos usages.

Pour changer de manière d'aborder les choses, j'ai découvert la philosophie Unix. Elle se formule généralement par “do one thing and do it well”, c'est-à-dire qu'une bonne application est une application mono-tâche qui accomplit ce qu'on lui demande de la manière dont on lui demande. C'est une philosophie largement répandue dans le monde de l'open source et du libre, qui permet souvent des applications très efficaces dans leur domaine (pas forcément mais la spécialisation aide souvent).

Ainsi, en réfléchissant à tous ces axes (risques, coût, besoins, nécessité), j'ai pu redéfinir en partie mes besoins. Évidemment, ils sont amenés à évoluer, et surtout sont modelés par mes usages passés dans le cadre du paradigme précédent et de la société qui agit sur moi: ais-je vraiment besoin d'Instagram ? Je sais que mon besoin de réseaux sociaux comme Instagram est d'une part addictif, d'autre part une injonction sociétale, et tendra peut-être à diminuer (jusqu'à être compensée par le risque de profilage que l'application représente) si j'arrive à trouver l'énergie de me sevrer et si je trouve des alternatives de réseaux de sociabilité... et dans ce cas mon usage et mon besoin se transformeront, peut-être que je tendrai vers des applications semblables, libres et plus saines dans leur construction. L'idée n'est pas d'abandonner des outils sans réfléchir, mais plutôt d'amorcer le changement, et empêcher les GAFAM de nous maintenir sans discernement dans la pratique qu'ils imposent.

Les besoins que j'ai relevés sont ainsi :

  • pouvoir communiquer à travers mes réseaux (téléphone, messageries, réseaux sociaux, mails, gestionnaire de contacts)
  • avoir accès à des services essentiels pour moi (streaming musical et vidéo, accès à mes comptes bancaires, aux applications de transports, appareil photo...)
  • avoir un accès sécurisé à internet (sans traqueurs, sans pubs)
  • avoir un appareil sécurisé me permettant la double authentification (2FA)
  • pouvoir couper les services lorsque je ne les utilise pas, autant au niveau logiciel que matériel, en particulier le micro, la caméra, la localisation et l’accès internet
  • minimiser les données que je transmet si elles ne sont pas utiles ou sécurisées suffisamment pour que j'accorde ma confiance au service qui les détient
  • limiter mon exposition aux publicités ciblées
  • minimiser le risque de fuites de données personnelles

Pour subvenir à ces besoins, j'ai identifié plusieurs pistes :

  • adopter un comportement en ligne plus responsable et éclairé
    • continuer à suivre les bases, à savoir éviter le phishing, les sites internet non sécurisés et inconnus, éviter de télécharger des fichiers sur internet les yeux fermés, refuser les cookies sur les sites, ...
    • utiliser des mots de passe forts (et un gestionnaire de mot de passe en lequel j'ai confiance)
    • utiliser au maximum un VPN au quotidien
    • continuer à m'informer en continu sur les usages, les évolutions des applications, etc...
  • changer mon téléphone pour une marque qui me permet de quitter google (FairPhone en l'occurence)
  • changer de système d'exploitation pour une version sans Google
  • quitter un à un les services de Google, et passer tous mes comptes essentiels sur une nouvelle adresse mail, ou demander la suppression des données si le service est non-essentiel
  • adopter la philosophie UNIX pour les applications alternatives que j'adopte (“do one thing and do it well”)

Un sacré travail en perspective !

Le plus difficile : lister ses comptes associés à Google

S'il y a une chose à faire en premier (car c'est LONG), c'est bien de préparer la suppression de son compte google (et donc la fermeture de son adresse Gmail). Le plus simple (pour commencer par le commencement), c'est de récupérer ses données personnelles collectées par Google. Une part de données (qui ne seront probablement jamais utiles) peut être récupérée via Google Takeout. Cela peut notamment être intéressant pour transférer ses abonnements youtubes sous un nouveau service en local (par exemple PipePipe ou NewPipe), ou encore exporter et archiver ses mails au format Mbox en local, pour plus tard pouvoir y accéder via Thunderbird par exemple. Dès lors que l'ensemble des mails sont sauvegardés, ils peuvent être supprimés sur gmail (intéressant quand on sait que Google et Microsoft se préparent à l'accès total de tous nos mails pour leurs services d'IA à des fins d'entraînement) et enfin enregistrer les contacts sauvegardés sur notre compte google. Il s'agit ensuite de vider les différents cloud (Google Drive, ou autres cloud détenus par les GAFAM), pour stocker tout en local.

Cette phase est relativement longue, car Google détient beaucoup de données, et il serait malvenu de supprimer son compte avant de découvrir que nos contacts sont enregistrés chez eux et les perdre intégralement.

Ensuite, l'étape la plus longue est celle consistant à retrouver toutes les occurences de mon adresse gmail sur les comptes que j'ai pu créer. C'est mon problème principal encore aujourd'hui, car j'ai une adresse gmail depuis 2013, à laquelle sont liés 100% des comptes que j'ai créé en 13 ans. Je n'ai évidemment jamais noté les comptes que je créais. J'attend, pour supprimer mon compte google, de ne plus avoir peur de perdre des services essentiels qui seraient dépendants de mon accès à mon adresse gmail. J'ai trouvé quelques techniques pour aider à retrouver ses différents comptes:

  • un premier moyen est de vérifier les services connectés à notre compte google (via internet, gérer mon compte google – Applis et services tiers).
  • ensuite, on peut aussi regarder les mails automatiques de création de compte reçus sur notre adresse gmail (sauf si on les a, comme moi, supprimés au fur et à mesure).
  • enfin, on peut définir une période (6 mois par exemple) où on conservera l'adresse, et où à chaque utilisation d'un compte lié à gmail, on changera l'adresse liée. Au bout de 6 mois à un an, on peut imaginer que les services oubliés ne sont pas à ce point essentiels.

Aussi, pour réduire la masse de comptes à modifier, un moyen peut aussi être de réfléchir encore une fois aux services dont j'ai réellement besoin (ce qui réduit drastiquement la liste, et surtout permet de trouver rapidement les services concernés). Ce qui ne veut pas dire que je vais oublier simplement les comptes restants, car mon objectif est aussi de supprimer ces comptes, ou si cela n'est pas possible facilement demander la suppression de mes données personnelle (ce qui n'est pas toujours aisé, même avec le soutien des RGPD qui sont censées nous garantir ce droit).

Un problème majeur peut subsister, notamment si l'usage de services de google est nécessaire dans le cadre des études, du travail, de la famille... Pour les deux premiers, il est toujours possible de créer un nouveau compte Google, sans données permettant notre identification, et strictement utilisé dans le cadre du travail. Pour la famille... à vous de les convaincre de quitter aussi les GAFAM (l'occasion aussi de montrer à quel point l'accessibilité peut-être simplifié sans les innombrables services inutiles de Google).

Ensuite, remplacer son adresse gmail

Pour pouvoir changer ses différents comptes liés à gmail, il faut évidemment trouver un service d'hébergement d'adresse mail alternatif. Dans ce cas, j'utilise ProtonMail (j'y paye l'abonnement de base), un service Suisse sécurisé. Il existe de nombreux fournisseurs similaires, comme TutaMail, FastMail... Reste aussi la possibilité d'auto-héberger son service de mail, ou de passer par un Chaton, ou en achetant de l'espace sur des serveurs de son choix (cela est possible “clés en mains” en utilisant Zaclys, qui garde les données chez OVH en France et propose la possibilité de crypter notre espace). Personnellement j'utilise ProtonMail (je l'ai fait sans vraiment réflechir, c'était une décision que j'ai prise au tout début de mon parcours). Un désavantage certain est que la version gratuite ne permet pas de recevoir des mails sous Thunderbird (mais la version payante de base est abordable, et le service est de qualité). Attention aussi, récemment Proton a financé un influenceur d'extrême droite (Vincent Lapierre) via une collaboration commerciale. Information moins grave mais qui a son importance, Proton est peut-être un des seuls services que j'utilise qui dérogent à la règle “do one thing but do it well” (ils proposent un agenda, un mail, et un drive, ainsi qu'un gestionnaire de mot de passe et un VPN que je n'utilise pas), mais c'est une solution de facilité que j'ai trouvé en attendant de faire mieux. Un avantage (et je crois que Tuta le permet aussi) est que l'on peut régler une redirection des mails Gmail vers Proton, ce qui aide à se détacher de Google pendant les 6 mois de prospection des comptes associés à gmail. Il est aussi possible d'avoir plusieurs alias, menant à la même adresse, ce qui est assez pratique pour se prémunir du spam.

En ce moment, je me suis tourné vers Zaclys, qui propose une alternative française à la suite Proton, avec des outils plus sobres. Le service coûte 12€ par an, pour un cloud (extensible si besoin moyennant quelques euros), une forge git, une adresse mail, un espace de blogging (le présent blog passe par Zaclys), etc... À terme, cela pourrait remplacer les services que je conserve sous Proton.

Sur le point de l'auto-hébergement, ou de l'usage d'un serveur personnel distant, c'est une solution très intéressante et tout a fait cohérente, mais qui prend beaucoup de temps (et quelques risques). Mieux vaut prendre le temps de savoir ce que l'on fait avant de se lancer dans ça.

En profiter pour changer ses mots de passe

Modifier son adresse mail sur ses comptes, c'est aussi l'occasion rêvée de changer ses mots de passe ! Le mauvais usage est généralement d'utiliser des mots de passe identiques, ou des “patterns” faciles à retenir pour se souvenir de tous ses mots de passe. C'est un moyen très facile pour les hackers de récupérer nos accès quand nos identifiants fuitent sur un site ou un autre, aussi un mot de passe fort et différent pour chaque compte est essentiel. Mais c'est embêtant, et la solution du calepin de mots de passe est une fausse bonne idée (il peut-être perdu, volé, etc...).

J'utilise un gestionnaire de mot de passe sécurisé par un mot de passe dit “maître”, c'est-à-dire un mot de passe long mais unique, qui permet de débloquer tous les autres. Ma préférence s'est portée sur BitWarden, car il permet de stocker en local et de manière chiffrée tous ses mots de passe, et propose le remplissage automatique sur internet (sous réserve de s'être connecté à l'aide de son mot de passe maître précédemment). Il suffit alors de laisser bitwarden générer de nouveaux mot de passe forts (environ 14-16 caractères, avec majuscules, chiffres et caractères spéciaux), avoir un mot de passe maître unique en tête (25 caractères environ), et tout enregistrer sur le gestionnaire de mot de passes. Il existe évidemment des alternatives qui fournissent le même service, comme Proton qui propose son propre gestionnaire par exemple, ou encore des outils fonctionnant en local comme Keypass (connu pour être plus sécurisé que Bitwarden).

Changer de système d'exploitation

Si la base d'Android est libre et open source, la plupart des téléphones sont aujourd'hui vendus nativement avec une version d'Android propriétaire fonctionnant avec les services de Google (sans possibilité de les enlever). Certains d'entre eux sont même quasi-impossibles à “root” (c'est-à-dire prendre le contrôle pour installer un noyau de notre choix). Il s'agit donc de trouver les systèmes d'exploitation disponibles pour son téléphone.

Les différentes versions existantes sur le marché sont généralement basées sur Android (les autres versions de Linux n'étant pas à la hauteur aujourd'hui, en tout cas pas assez utilisées pour bénéficier de développeurs):

  • postMarketOS (beaucoup de compatibilités, sert notamment au reconditionnement de vieux appareils)
  • /e/OS (version très proche des android de google, mais sans la présence obligatoire des services google, beaucoup de compatibilités)
  • LineageOS (version d'android complètement dégooglisée, servie avec une configuration minimale, assez compatible avec les appareils)
  • GrapheneOS (uniquement compatible avec les Google Pixel, bientôt avec Motorola, très sécurisé et performant)

De manière générale, les téléphones les plus faciles à dégoogliser sont (étonnament) les Google Pixel. Les constructeurs alternatifs peuvent aussi être intéressants, par exemple FairPhone qui propose même des téléphones directement sous /e/OS à l'achat (ce qui évite des manipulations sensibles et le déverrouillage du bootloader).

Si le téléphone n'est pas directement livré avec le système d'exploitation, il faut chercher sur Internet, pour son téléphone en particulier, la compatibilité et la procédure à suivre pour le rooter. LineageOS par exemple propose un tutoriel pour chaque appareil supporté, à suivre du début à la fin pour installer un nouvel OS. De manière générale, il faudra utiliser un ordinateur, et suivre les procédures, qui impliqueront l'utilisation de “fastboot” et “adb”, des outils dédiés pour la gestion d'Android par ligne de commande depuis un ordinateur. Comme souvent, “suivre le tutoriel” est la solution (le plus difficile est de trouver le tutoriel, puis de régler les problèmes en cherchant dans les méandres d'internet).

J'utilise personnellement LineageOS, avec Trébuchet comme gestionnaire d'affichage (servi nativement), et en suis très heureux pour le moment. Au niveau du noyau, les services de Google ne sont pas actifs, et la sécurité est gérée par un outil linux intégré à Lineage. Mon téléphone est aussi chiffré (ses données ne sont pas déchiffrables sans accès autorisé au téléphone). > mise à jour : de la version native de LineageOS, je suis passé à un patch contenant MicroG, projet open source permettant de faire croire à certaines applications que les services de Google sont actifs (attention aux services activés, certains fournissent des données à Google quand même)

Sécuriser son accès à Internet

Pour sécuriser mes accès au réseau (et notamment éviter de donner mon adresse IP librement), j'utilise un VPN. Je le couple à un bloqueur de DNS qui permet d'empêcher les publicités intempestives. Ces services sont généralement payants, avec des fournisseurs assez variés. Au long de mes recherches, les meilleures possibilités que j'ai trouvées sont probablement Proton VPN, et Mullvad VPN. Personnellement, j'utilise Mullvad car c'est un des services les plus avancés et sûrs (création de compte sans identifiants tels que mail et téléphone, plusieurs méthodes de blocage des traqueurs de données, prix bloqué et assuré à 5€ par mois, garanties avérées de protections des données, bloqueurs de DNS intégrés).

De plus, j'évite d'utiliser au maximum des navigateurs internet privés (Google Chrome et Microsoft Edge pour ne pas les citer). À la place il y a l'embarras du choix: Brave, Firefox (et ses nombreuses branches), Tor... Personnellement, après plusieurs essais j'utilise Firefox, avec AdBlock en extension.

Enfin, j'évite aussi le moteur de recherche de Google (qui propose en abondance du contenu sponsorisé et des articles générés par IA en boucle). Deux solutions ici, DuckDuckGo (qui a le mérite de fonctionner assez bien, et sur lequel il est possible de supprimer l'utilisation de l'IA pour la recherche) ou Searxng, qui propose différents fournisseurs d'agrégateurs de moteurs de recherche, avec des variations selon les instances (voir instances). En réalité, il y a une vraie limite ici car aucun moteur de recherche n'arrive à la cheville de ce que fait Google, les autres se bornent généralement à faire des requêtes anonymes à l'algorithme de Google.

Au delà, la sécurité est toujours un compromis. Les bonnes pratiques (ne pas installer depuis des dépôts inconnus, faire régulièrement ses mises à jour, n'autoriser que le strict nécessaire à notre usage de l'application) suffisent généralement à minimiser le risque. Cela ne fera jamais de risque zéro, l'essentiel est d'être un minimum au courant des risques encourus quand on installe quelque chose.

Trouver des applications alternatives

Maintenant que l'usage du téléphone est sécurisé (autant que possible, la sécurité parfaite n'existe pas), il s'agit de subvenir aux besoins restants, et donc d'installer les applications associées. Pour l'usage classique du téléphone, des services sont déjà présents sur Lineage (appels, sms, agenda, calculatrice, ...) avec des applications open source. Pour le reste, l'idée pour éviter Google est de ne pas passer par le Google Play Store. Il y a peu d'alternatives, mais elles existent: d'abord, le téléchargement direct des fichiers d'applications via apkmirror sur internet... ce qui n'est pas vraiment recommandé, notamment pour la gestion des mises à jour. Ensuite, l'utilisation de gestionnaires de dépôts, comme F-droid qui fournit des applications libre et open source (FOSS en anglais). Ensuite, pour ce qui n'existe pas sur F-droid, j'utilise Aurora Store, qui est une “copie” du play store sans nécessité de se connecter à un compte Google (mode “anonyme”).

Quand j'installe des applications, je me pose les questions suivantes:

  • est-ce que l'application répond à un besoin essentiel pour moi ?
  • est-ce qu'elle respecte la philosophie Unix (do one thing but do it well) ?
  • est-elle libre et open source, ou existe-t-il une alternative libre et open source ?
  • quel est le risque que je prend avec cette application ?
  • ai-je un moyen de diminuer ce risque ?

En considérant la réponse à chaque question, j'estime si le compromis entre les avantages et inconvénients apportés me convient. Cela m'évite d'installer “compulsivement” des applications qui ne vont faire qu'aspirer mon attention sans que je l'accepte vraiment (ou pas, mais on se sépare difficilement des addictions implantées par des années d'usage des services des GAFAM).

Sur l'évaluation des risques, je pars généralement du principe que F-droid me donne les informations sur les risques (c'est en général écrit dans la description), et je compte ensuite sur Aurora pour détecter les différents traqueurs présents dans mes applications.

Sur la diminution des risques, j'utilise un 3ème outil (après F-droid et Aurora Store): ReVanced. C'est un outil de “patch” sur les applications, qui va venir changer le code source pour éviter certains services, traqueurs, gestionnaires de pubs... C'est en même temps un bénéfice (j'évite des traqueurs des GAFAM dans les applications supportées et qui l'autorisent) et en même temps un risque (toucher au code source via des apk en ligne peut toujours comporter des risques de virus). Attention ici au risque, le patch est souvent interdit par les applications !

Une note importante: toutes les applications ne fonctionnent pas sans les services de Google. Par exemple, “l'identité numérique” service de l'état français (ainsi que sa version par LaPoste), ne fonctionne pas sans services de Google. Elle ne fonctionne pas avec MicroG non plus. C'est l'occasion de se connecter aux services de l'État avec de vrais mots de passe (de toutes façons les hackers n'ont pas besoin de beaucoup d'efforts pour récupérer les bases de données de l'État au vu des dernières fuites).

Ci-dessous, une liste non exhaustive (et sûrement pas mise à jour) des applications de remplacement que j'ai sélectionné :


Applications alternatives

Prendre conscience des risques restants

Il n'y a pas d'usage sans risque, l'essentiel est ici d'être conscient des failles (et d'agir en conséquences). Je sais par exemple que Facebook Messenger, Instagram, mes applications de banque, ... possèdent des traqueurs connus (Google advertisment par exemple). J'essaie donc au maximum de diminuer progressivement mon empreinte numérique sur ces applications, et si pas possible au moins à sécuriser au maximum mon usage de ces dernières.

Un point sur lequel je me pose aussi des questions (avec peu de réponses) est sur la sécurité des applications. Je ne sais pas vraiment quand je peux me fier ou non à telle ou telle application. Je n'ai toujours pas de réponse sur ça.

Conclusion

J'espère que tous les conseils que j'ai donné permettront à certain⸱e⸱s de se libérer des GAFAM, et ainsi se défendre tant que cela est possible des atteintes à la liberté de ces conglomérats. Le logiciel libre est un lieu de lutte comme un autre, mais n'oublions pas l'origine capitaliste qui nous plongent dans ces situations. Donnez de la forces aux collectifs qui construisent des solidarités, ils sont essentiels à notre survie collective dans les avenirs qui viennent.

Ressources utiles

Subreddit degoogle Compatibilité LineageOS Forums XDA

 
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from BOBINE

Ce samedi 4 juillet – 16h00, Bobine Ciné-club vous propose MARS ATTACKS! de Tim Burton (1996) Le film sera diffusé en ouverture du SPORE festival à Gravigny (Eure) Cette année, le thème du festival est 'l'espace' avec des références cinématographiques et pop culture, de l'expérimentation et de l'extra terrestre !


Spore-Festival 2026

 
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from irisdessine

Projets

personnels

Le projet de la semaine était consacré à me préserver au mieux pour réussir à passer la canicule en continuant à bosser à avoir une vie à peu près normale. Donc, tout était en pause pour cette semaine-là.

Veille

technologique

  • J'en avais déjà parlé ici, mais j'en reparle parce que ce lien me sert assez régulièrement mine de rien: le guide interactif de création de svg Je trouve ça rigolo de tester de temps en temps des œuvres artistiques en .svg, d'autant que, si on compare avec des svg issus de Figma, même pour des trucs aussi simples qu'une croix, c'est une foule de coordonnées à décimales, alors que fait main, c'est beaucoup plus court.
<!-- une croix générée par Figma -->
<svg width="10" height="10" viewBox="0 0 10 10" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg">
  <path d="M9.15332 0.145508C9.34679 -0.0479593 9.66102 -0.0489359 9.85449 0.144531C10.0479 0.338006 10.047 0.652266 9.85352 0.845703L5.69922 4.99902L9.85352 9.15332C10.047 9.34679 10.047 9.66005 9.85352 9.85352C9.66003 10.0468 9.34674 10.0469 9.15332 9.85352L4.99902 5.69922L0.845703 9.85352C0.65229 10.0469 0.338992 10.0468 0.145508 9.85352C-0.0479625 9.66005 -0.0479625 9.34679 0.145508 9.15332L4.29883 4.99902L0.145508 0.845703C-0.0479368 0.652262 -0.0488619 0.338005 0.144531 0.144531C0.338002 -0.0489359 0.652233 -0.0479593 0.845703 0.145508L4.99902 4.29883L9.15332 0.145508Z" fill="#000"/>
</svg>

<!-- la même faite à la main -->
  <svg viewBox="0 0 16 16" fill="none" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg">
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personnelle

Mes joies

  • Les gens qui s’échangent des astuces, des recettes pour surmonter la semaine de canicule. C’est pas grand chose, mais ça rappelle que l’être humain peut être solidaire, même à distance. Et dans ce monde de fous, ça fait du bien de lire ces moments de partage et d’entraide.
  • Après près d’une semaine à dormir dans le canapé du salon pour avoir un peu de fraîcheur issue directement du jardin, la nuit, on est revenus dans notre chambre. Et même si pour le moment, on laisse encore les velux grand ouvert toute la nuit, c’est tout de même vachement bien de revenir à nos habitudes (rituels, tout ça…)
  • Je me ré-écoute l’album Daemoni d’Igorrr, et non seulement je le trouve toujours aussi brillant, mais en plus, je réalise que c’est une musique qui me fait une sorte de reset de cerveau, ça me fait du bien de l’écouter, genre, physiquement quoi ^^’

Lu, vu et écouté

À lire

  • Le Clan des Otori : le tome 4 est toujours en cours, j’en suis presque à la moitié du tome 4. Je maintiens que pour le moment, les 3 premiers tomes sont vraiment excellents, mais qu’il y a une baisse de qualité (d’attention ?) que je n’explique pas encore complètement pour le moment. Néanmoins, je résiste, parce que ça reste tout de même important et ça devient pas si nul au point de lâcher le truc, heureusement.
  • Assassin Royal, celui-là, c'est du bonbon, je le connais par cœur, c'est en lecture du soir. Je prends plaisir à refaire connaissance avec Fitz, Umbre, Vérité et tous les autres.

À voir

  • L'Atelier des Sorciers, épisode 13: L'épisode poursuit sa lancée sur le second examen dans lequel il se passe pas mal de choses, à la fois pour les étudiantes en train de passer l'examen, mais aussi pour celles, dont Coco, en train d'attendre à l'extérieur ! Dispo sur Crunchyroll.
  • Game of Thrones, épisode 7 : J'avais oublié à quel point Cersei et Littlefinger étaient des petites raclures de toilettes turques. (Je cherche une expression inclusive, c'est pas facile 😆). Par ailleurs, je cherchais où j'avais vu un acteur qui joue un des guerriers de Khal Drogo et j'ai fini par retrouver grâce à ma mémoire : c'était le héros de la série Scorpions. Voilà. Inutile, donc indispensable. Dispo sur HBO Max.
  • J'avais relancé l'anime Lord of Mysteries il y a plusieurs jours. Je dis relancé, parce que j'avais oublié que je l'avais déjà vu, mais c'est avec plaisir que je revois cette petite série. C'est très fouillé, un bel univers bien riche, parfois un peu complexe, mais un vrai plaisir à regarder. Je le conseille. Dispo sur Crunchyroll.
  • The Mentalist, j'en suis à la saison 5 et il n'a toujours pas chopé son ennemi juré John le Rouge. Mais, il semblerait qu'il commence à avoir une piste un peu sérieuse. Je sais toujours pas si c'est trop long ou si c'est génial, cet arc qui dure depuis le début de la série ! En tout cas, je continue l'aventure :)

À écouter

  • Découverte du podcast Bande d’autistes, par l’intermédiaire d’une petite émission qui évoque la possibilité d’un nouveau type de profil qui se cacherait potentiellement derrière le double diagnostic autisme + TDA/H. Je partage un lien YouTube, mais j’ose espérer que c’est aussi trouvable sur les plateformes de podcasts : https://youtu.be/3sw4jXKm5mk?si=JG5Jfi5jhq4LwvpQ

Et le jeu vidéo ?

  • RuneScape: Dragonwilds. A la faveur des soldes d’été sur Steam, j’ai craqué pour ce jeu qui était dans ma liste de souhaits. C’est un survival mais pas ultra difficile (notamment, on galère pas trop pour vite bien boire et se nourrir et ça c’est cool !). L’intérêt, c’est d’être dans un univers peuplé de gobelins et autres dragons qu’il va falloir combattre (j’préfèrerai les apprivoiser pour voler avec eux, mais bon, on fait avec ce qu’on a ^^’). Il y a aussi un aspect créatif plutôt cool, d’ailleurs on peut même lancer le jeu en mode purement créatif, on peut vite fabriquer une petite maison qu’on va pouvoir améliorer au fur et à mesure. Le jeu est sympa, surtout pour un jeu en accès anticipé. Je le conseille si le style survival + housing vous intéresse (un peu à la Enshrouded, en fait, mais avec des dragons en plus).
 
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from Un Spicilège

Chez les fous

Après ma lecture, il y a quelques temps, de 10 jours dans un asile de Nellie Bly, je souhaitais vraiment poursuivre cette plongée dans l'histoire de la psychiatrie et de l'enfermement des personnes considérées comme « folles ». Sachant qu'Albert Londres avait écrit sur le sujet, c'est tout naturellement que cela m'a conduite vers Chez les fous, reportage publié en 1925, que j'ai découvert ici dans la très belle édition numérique des Éditions de Londres. Le texte y est accompagné d'une préface de qualité qui permet de le replacer autant dans son contexte historique que dans la carrière du journaliste.

Albert Londres y visite plusieurs asiles en ne s'intéressant pas uniquement à la maladie, mais également et surtout aux personnes qui se cachent derrière l'étiquette de « fou ». Il raconte les vies brisées, les internements abusifs, les familles qui abandonnent parfois un proche devenu encombrant, mais aussi un corps médical parfois maltraitant, tandis que certains médecins tentent de comprendre plutôt que simplement enfermer.

— La folie, me disait une Sœur, est une punition de Dieu.Les hommes y ajoutent la leur.

Certaines histoires sont particulièrement touchantes : une jeune femme, enfermée car jugée trop simple pour vivre seule qui n'a pourtant aucune raison valable d'être internée, un homme guéri de sa dépression qui retrouve enfin son village pour y découvrir que la maladie l'a stigmatisé durablement aux yeux des autres ou encore ces nombreux pensionnaires qui ne souffrent plus d'aucun trouble mais restent enfermés, faute de solution extérieure.

Autant d'exemples qui laissent à penser que les murs des asiles servaient moins à soigner qu'à dissimuler. Les personnes atteintes de troubles mentaux étaient avant tout tenues à l'écart du regard de la société, comme une réalité gênante que l'on préférait cacher. Albert Londres ne se contente pas de montrer cette réalité : il accuse la société, en questionne certaines lois absurdes et dénonce l'ignorance médicale d'une psychiatrie encore balbutiante et les injustices qu'elle produit.

Un siècle plus tard, on ne peut s'empêcher de penser que ce témoignage reste malheureusement d'une actualité troublante. Bien sûr, la psychiatrie a évolué, pourtant, le stigmate qui entoure les troubles psychiques demeure puissant. On continue parfois à éloigner de l'espace commun celles et ceux qui sortent de la norme : les personnes en situation de handicap placées dans des institutions spécialisées, les enfants qui peinent encore à trouver une place réelle dans une école pourtant “inclusive”, les adultes dont les troubles sont tus par peur du regard des autres. Les formes changent, mais la tentation de rendre invisible ce qui nous dérange ne disparaît pas.

L'écriture d'Albert Londres, vivante, accessible et profondément engagée m'a beaucoup plu. Il n'hésite en effet pas à prendre parti face à l'injustice. Cette indignation donne alors toute sa force au texte.

Chez les fous est donc bien plus qu'un document historique sur la psychiatrie du début du XXᵉ siècle. C'est une réflexion universelle sur la manière dont notre société traite les plus vulnérables et sur ce que nous choisissons, ou non, de regarder en face.


Chez les fous | Albert Londres | Les éditions de Londres

 
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from BOBINE

Premier post !

Inauguration de ce blog destiné à raconter la vie de “Bobine Ciné-club”. L'association est née d'une volonté de projeter et d'animer des projections de films et documentaires à la Brasserie SPORE à Gravigny (eure). La brasserie dispose en effet d'une grande salle pour accueillir des concerts, des réunions et des projections ! Évidemment d'autres lieux pourront nous accueillir.

Le premier événement a eu lieu en mars 2026 pour de la fête du court métrage (manifestation nationale gratuite et ouverte). L'occasion pour notre association ne disposant pas encore de trésorerie de programmer une sélection de courts métrages.

Bonne nouvelle, le public était au rendez-vous !


Bobine Ciné-Club

 
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from Un Spicilège

Backrooms

Je connaissais déjà l'univers des Backrooms à travers les vidéos de Kane Parsons (Kane Pixels sur Youtube) et j'étais curieuse de voir s'il allait réussir son passage au format long métrage.La réponse est franchement oui! Le film conserve tout ce qui faisait la force des courts métrages : des déambulations fascinantes dans des lieux hostiles et incompréhensibles, une tension permanente et surtout un univers visuel profondément dérangeant. Le scénario a trouvé de bonnes idées pour relier ces séquences au sein d'un récit plus ambitieux, et ça marche. Ajoutez à cela une réalisation impressionnante (plusieurs plans sont particulièrement inspirés !) et une excellente bande originale signée Kane Parsons (décidément) et Edo van Breemen, et vous obtenez une adaptation pleinement réussie. A tout juste 21 ans... Pffff...


Backrooms | Kane Parsons | 2026

 
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from Un joyeux boxon

Depuis bientôt une semaine, le Steam Neo Fest a ouvert ses portes. Ce festival en ligne est l’occasion pour de nombreux studios, petits comme plus gros, de se faire remarquer sur Steam en proposant des démos de leurs jeux, lesquels ne sortiront pas avant au moins quelques mois. De fait, c’est aussi la possibilité pour de nombreuses personnes de découvrir des jeux peu voire pas médiatisés, noyés dans une jungle où, bien souvent, les plus gros mangent les plus petits.

Afin de se démarquer, chaque studio rivalise en créativité et en originalité, que ce soit au travers d’une direction artistique inattendue, un gameplay inventif ou un univers qui sort des sentiers battus. Certains vont tenter de séduire les streameuses et streamers pour se faire connaître, d’autres de miser sur une communication décalée, et certains vont, dans un élan de désespoir mêlé à de la bêtise, jouer la carte de la provocation facile. En somme, chacun joue sa carte dans une immense partie de poker où, comme de bien entendu, c’est toujours le casino qui gagne à la fin.

Néanmoins, il y a un point pourtant majeur sur lequel à peu près aucun des studios participants au Steam Neo Fest ne pari un kopeck : l’accessibilité.

Ces derniers jours, j’ai testé des dizaines de démos. Des jeux de gestion, de stratégie, de baston, de rôle, de plates-formes, de puzzle et j’en passe. Des jeux européens, nord et sud américains, des jeux asiatiques, issus de petits, moyens et gros studios. Et tous ont en point commun le fait de se contre-foutre de l’accessibilité. Au mieux est-il possible d’activer des sous-titres, lesquels ne sont évidement pas des STSM, et ça s’arrête à peu près là. Pas d’aides visuelles, pas d’aides sonores, encore moins concernant les contrôleurs.

Il en va de même concernant les langues écrites et/ou orales, toutes les démos auxquelles j’ai joué étant strictement en anglais états-uniens. Le comble lorsque certains de ces jeux prennent pied dans un contexte culturel bien spécifique mais sont incapables de retranscrire la langue du pays concerné, et font donc le choix de mettre de côté le premier véhicule d’une culture, quelle qu’elle soit.

On pourrait arguer que le manque de moyens, les délais de production et, plus largement, le contexte politico-économique actuel représentent des freins au développement de ce qu’un trop grand nombre de studios considèrent encore comme une feature annexe. Et bien que ce ne soit pas tout à fait faux, ce serait une erreur de considérer que ces éléments constituent à eux seuls l’absence d’accessibilité. A l’heure où de plus en plus de studios font appel à l’IA générative pour produire divers éléments de leurs jeux – y compris des doublages – , où ces mêmes studios font le choix de développer et d’intégrer des outils de tracking non-sollicités, des anti-triche qui sont autant de portes dérobées ou encore de forcer à l’installation de launchers spécifiques pour pouvoir jouer, il apparaît clairement que l’ensemble des éléments qui composent l’essentiel des jeux vidéo actuels relève de choix délibérés, laissant apparaître sans nuance que l’accessibilité arrive tout en bas de la liste des priorités.

Et c’est pour le moins paradoxal.

Comment, en tant que studio, se plaindre des difficultés rencontrées à toucher un maximum de joueuses et de joueurs tout en ignorant sciemment des centaines de millions de ces personnes, qui sont autant de client·e·s potentiel·le·s ?

Le sujet ne date pourtant pas d’hier. Chercheuses et chercheurs, journalistes, joueuses et joueurs, développeuses et développeurs, et fût un temps certains studios à fond dans le handiwashing alertent depuis près de deux décennies sur la nécessité d’inclure tout le monde et de sortir de l’entre-soi validiste et anglophone. Durant cette période, des efforts ont été fournis, certes à la marge, mais à défaut d’être généralisés, ceux-ci ont eu le mérite d’exposer une certaine réalité et d’éveiller des consciences, lesquelles se sont visiblement empressées de se rendormir…

Alors, que faire ? Quand les sociétés humaines sont entièrement axées autour du validisme, il est difficile d’exposer des studios quasi exclusivement composés de personnes valides et majoritairement anglophones aux réalités du monde, et donc de leur public. Dans un marché du jeu vidéo qui n’a de cesse de se conforter dans l’idée qu’il se fait du joueur moyen (j’emploie ici sciemment le masculin), les actions de boycotts ou de campagnes de communication me paraissent bien trop anecdotiques pour peser dans la balance, à plus forte raison face à un secteur gangrené par les réactionnaires les plus crasseux.

Peut-être, et c’est une idée en l’air, entrevoir l’idée qu’un jeu vidéo fait par des personnes handi·e·s pour des personnes handi·e·s serait une alternative possible ? Des studios, certainement modestes, ou même des alternatives amatrices, qui permettrait aux premières personnes concernées de pouvoir proposer des jeux destinés avant tout à leurs pairs. Des studios soutenus par des stores spécialement pensés et conçus pour être accessibles au plus grand nombre, refusant d’accueillir tout jeu qui ne cocherai pas les cases. Des jeux vidéo qui n’utiliserait pas une culture comme un joli écrin exotique vide de sens mais comme fondement de transmission et de valorisation de cette culture, notamment en prenant en compte la langue de la culture concernée. Ce ne serait pas une solution pour faire face au problème soulevé tant le chantier est vaste, mais l’une des nombreuses briques qui servirait de fondation à un autre monde vidéoludique.

Chiche ?

 
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from technotrotteur

Ce film de Ken Loach raconte l'histoire des réfugiés syriens entre précarité et solidarité, arrivés dans une petite ville du Nord de l'Angleterre où l'accueil est ordinaire. J'avais vu la bande-annonce de ce film, il y a longtemps, et je n'avais jamais eu la chance de le regarder. Je l'ai fait ce soir, en retard sur tout le monde, j'imagine.

Histoire touchante et déchirante à la fois, qui cerne toute la problématique des réfugiés, de leur accueil, des préjugés et de la difficulté à leur faire une place pour qu'ils puissent s'intégrer. J'ai braillé ma vie.

Je suggère de lire la critique du Devoir pour vous donner une idée – ne lisez pas la page Wikipedia pour ne pas vous divulgâcher l'histoire.

 
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from Un Spicilège

Symposium, Inc.

La collection Une Heure-lumière du Belial' est vraiment une valeur sûre quand il s'agit de se lancer dans un format court (format que j'apprécie particulièrement tant il oblige les auteurs à faire preuve d'inventivité et d'efficacité). Dès lors, quand l'un des volumes a une quatrième de couverture aussi alléchante que Symposium, Inc., il y a de fortes chances qu’il finisse rapidement entre mes mains. Je ne connaissais pas du tout Olivier Caruso avant cette lecture, mais le résumé de Symposium, Inc. était suffisant pour éveiller ma curiosité.

Dans un futur proche où les neurosciences permettent d’explorer et d'exposer toujours plus profondément l’esprit humain, une affaire de meurtre particulièrement sensible attire l’attention du public. Entre stratégies médiatiques, manipulations de l’opinion et enjeux politiques, la vérité devient un objet de lutte bien plus qu’une question de justice.

Ce texte ne pouvait pas être plus à même de me séduire. Je me passionne en effet pour les récits qui interrogent le fonctionnement de la justice, et Olivier Caruso s’empare de cette thématique avec beaucoup d’intelligence. Il reprend des figures familières du genre (l’avocate expérimentée prête à repousser certaines limites pour défendre son client, le magistrat ambitieux, les jeux d’influence et de pouvoir...) tout en leur apportant une dimension résolument futuriste. Dans cet univers, la justice ne se joue plus seulement dans les tribunaux : elle se joue aussi et surtout auprès du public. Celui qui parvient à conquérir son opinion dispose déjà de la victoire.

L’autre grande réussite du texte réside dans la crédibilité de son univers. Le futur imaginé par l’auteur paraît suffisamment proche et cohérent pour sembler plausible, ce qui le rend d’autant plus inquiétant. L’exploitation croissante des données personnelles, ici biologiques et neurologiques, soulève des questions passionnantes sur la vie privée, la responsabilité individuelle et le libre arbitre. Caruso montre avec finesse comment ces évolutions technologiques modifient les comportements et les rapports sociaux.

Les personnages également participent pleinement à donner à ce texte son efficacité. Loin d'être attachants, ils sont cependant remarquablement construits et convaincants. Malgré le format court, chacun bénéficie d’un véritable développement facilité par une intrigue riche en rebondissements.

Difficile, en effet, de ne pas souligner l’intensité du récit. Le rythme est parfaitement maîtrisé, le suspense fonctionne de bout en bout et l’ensemble se révèle particulièrement addictif. Symposium, Inc. est une excellente découverte, un thriller d’anticipation aussi captivant que pertinent, qui confirme une nouvelle fois la capacité de la collection Une Heure-Lumière à proposer des textes courts d’une remarquable qualité.

Et je vais de ce pas me pencher un peu plus sur les productions d'Olivier Caruso...


Symposium, Inc. | Olivier Caruso | Le Bélial'

 
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from CORAXIO : MOSTLY HEAVY

la pochette de l'album ULTRARITUAL, de Håndgemeng : une illustration d'un paysage fantastique : dans une atmosphère infernale, sur un plateau rocailleux surplombant un gouffre, un gargantuesque monument de pierre taillée dont la forme évoque un peu une enclume, des fissures duquel s'écoule de la lave ou du métal en fusion. En bas, de l'autre côté du gouffre, se tient un petit groupe de personnes avec des torches. en comparaison du monument, ils sont minuscules.

Il y a beaucoup d'enthousiasme dans ce premier LP de Håndgemeng, et c'est difficile d'y résister. Une bonne grosse base de stoner/doom, une voix gueularde papier-de-verre-sur-les-cordes-vocales pas loin du hardcore ou du sludge, et des guitares joueuses aux occasionnelles excursions hard-rock. Nos héros du jour appellent ça du Doom'n'Roll, et on n'est pas sur une recette compliquée, n'est-il pas. Pourtant ça marche du feu des dieux.

Sans doute déjà parce que les gratteux sont des cadors du son : sérieusement, je ne connais pas le setup, je ne sais pas ce qui traîne sur leurs pédaliers (et dans les pognes, bien sûr, la magie est dans les pognes), mais pour moi c'était le meilleur son de guitare de 2023. Don't trust me bro, juste trempe-z'y les zozores.

Ensuite parce que les compos assurent : des morceaux bien punchy -après tout, “Håndgemeng” signifie à peu près “la mêlée”– The Astronomer et Cro-Magnon vs Neanderthal sont des petites tueries ; et des numéros plus lents et lourds, sur le versant “doom” du stoner/doom : j'aime le très odoriférant Temple of Toke et l'écrasant Rite of the Comet.

Le tout très bien torché, mélodique quand il faut, avec des reliefs et des crêtes, car voui, le stoner peut vite devenir une morne plaine (ou un désert !). Seul petit bémol pour wam, le final Occultation of Mars, qui au fil des écoutes n'a jamais réussi à capter mon intérêt...

Thématiquement, pas grand chose à dire : êtres cosmiques et millénaires, sorcières et magie noire, entêtants effluves de laitue du diable : la panoplie est là, arborée avec aplomb.

Je crois que le succès de cette galette vient d'un mariage harmonieux des contrastes, une manière de rester sur le fil : ULTRARITUAL est bourrin mais non dénué de délicatesse, tel un mammouth avec des p'tites ailes ; archétypal et frais en même temps ; et -j'en parlais plus haut- plein d'enthousiasme mais avec maîtrise, et même une forme de retenue. Ça frôle l'académisme mais ça sait se distinguer, ça rigole bien avec les clichés mais pas une trace de désinvolture. Et quel son de guitare, les aminches !

Un album clairement au-dessus de la mêlée. Mangez-en.

#Rock #StonerRock #HardRock #DoomNRoll #Doom #DoomMetal #Sludge #Håndgemeng

 
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from FredOnGR20

  • vendredi 5 juin 2026 * Réveil à 6h30 pour faire connaissance de mes 2 autres compagnons de rando. Après un copieux petit déjeuner à Favone, nous avons pris la voiture direction Conca, avec la belle mère de Laurent. Ça y est, les choses sérieuses commencent ! Il est 8h. 4 mecs sur le GR20 Nous commençons pendant que la belle mère prend en charge la voiture pour son séjour sur l'île avec Laure. ... Omelette au refuge de paliri sur les coups de 13h + sandwich omelette Discussions avec un mec d'Auribeau et premiers échanges avec Mickaël... Fou rire sur la suite de la rando, baignade dans une belle vasque avec Patrice où on a aperçu une truite. Arrivé au col de Bavella sur les coups de 16h.
 
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from FredOnGR20

  • jeudi 4 juin * Traversée Nice Bastia par bateau de la belle mère de Laurent et de Fred avec une arrivée à 21h15. Trajet voiture Bastia Favone avec récupération de Laurent au restaurant l'escale proche de l'aéroport de Bastia. Arrivé à l'hôtel les pavillons du golfe vers 23h20. Nos deux autres compagnons de rando, Patrice et Stéphane récupèrent déjà profondément de leur départ très matinal (4h)
 
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from 𝐋🅦🆄𝐢𝖇-ᖆ_🐧

J'ai ajouté #DuckDuckGo sans #IA et avec thème customisé dans #Firefox.

Liens en jaune et fond noir, recherches modération désactivée, ouverture des liens dans nouvelle fenêtre, télémétrie off + d'autres réglages.

Dans Firefox, il suffit d'ajouter la ligne ci-dessous comme nouveau moteur de recherches et de le choisir par défaut.

https://noai.duckduckgo.com/?q=%s&kae=d&kt=d&ka=d&ks=m&kw=n&k7=000000&k9=eac66f&kaa=7e663b&kpsb=-1&kp=-2&kn=1&k1=-1&kaj=m&kat=-1&kay=b&kak=-1&kax=-1&kaq=-1&kap=-1&kao=-1&kau=-1

#NoAi #Logiciel #Astuce

 
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from Blog d'une enfant de ce siècle

CHOEUR AVEC LES MAINS

Le 30 mai 2026, je vivais l’un des plus beaux rêves de ma vie : Chansigner dans un groupe de sourds où je suis en minorité entendante. Ce projet s’appelait « Choeur avec les mains »

Mathias a fait un montage des séquences qu'il a filmées, pour donner une idée de la manière dont s’est déroulé le projet. Merci à lui pour s'être investi dans la création de cette vidéo!

Ce projet a été rendu réel grâce à : -Marie et Igor de la compagnie Les Petites Mains, qui ont proposé ce projet et nous ont accompagné, en étant surtout présent physiquement au début et à la fin. -Maela Mainguy qui a accueilli le projet et cherché les subventions, et nous a permis de manger à notre faim à midi avant le soir du spectacle, dans des conditions délicieuses! -La Bouche d’Air, de laquelle Maela est responsable, située au même endroit que le Pannonica, qui a accueilli le projet sur les planches de la salle Paul Fort. -Le CSCS44 qui a diffusé l’événement à la communauté sourde, -Les studios Bréchoir et Mme Benon qui nous a accueilli pour nos répétitions dans une salle adaptée (avec miroir), -Les élèves du Conservatoire de Musique de Nantes, qui ont interprété les morceaux que nous avons chansignés, -Josselin Quentin, leur professeur, qui a accepté de les accompagner pour ce projet, -Mes camarades de scène sourdes, qui sont montées avec moi sur les planches, à savoir : Myriam, Stéphanie, Soizick, Sophie (Big Up à Virginie et Baby qui n'ont pas pu poursuivre), -Max qui nous a accompagné.e.s le long du projet avec ses conseils de mise en scène et d’interprétation, et qui s'est démenée pour nous apporter du soutien technique avec les gilets vibrants…

Affiche du spectacle :

Choeur avec les mains affiche

Photo du groupe en pleine répétition au conservatoire :

Choeur avec les mains conservatoire

De gauche à droite et de haut en bas : Josselin Quentin, Lino, Mathis, Sandrine, Myriam, Anna, Benjamin, Grégoire Max, Alice, Kaena, Sophie

Photo du groupe après notre représentation le 30 mai, à la fin du spectacle des Petites Mains qui a suivi : « Portraits croisés », dans la salle du Pannonica.

Choeur avec les mains Pannonica

De gauche à droite : Alice, Lino, Grégoire, Mathis, Myriam, Kaena, Sandrine, Sophie, Soizick, Igor, Marie

De février à mai 2026, nous nous sommes retrouvés cinq soirs de suite avec la compagnie des Petites Mains pour faire corps avec les chansignés, et mettre en commun nos idées de mise en scène. C'est la compagnie elle-même qui s'est occupée de la traduction, tout en restant ouverte aux améliorations. Puis, sans Igor et Marie, nous nous sommes progressivement retrouvées à répéter toutes les semaines les chansignés. Nous avons aussi créé nos propres transitions, surtout celle qui clôt le tout sur le thème de la solidarité, qui est une réelle création collective : Nous finissions par pêcher la clef de notre coeur, que avons donnée chacune aux musiciens, puis aux spectateurs... Et nous les invitâmes à ouvrir leur coeur avec nous.

Au conservatoire, nous n'y sommes allés que 3 fois, pour se coordonner ensemble avec les musiciens en herbe : Alice, Lino, Grégoire, Mathis, Benjamin et Anna.

Le jour de la représentation, il faisait 29,9 degrés. La salle a rouvert pour nous malgré la chaleur, et 146 personnes sont venues nous voir gratuitement (dont une grande part de sourds), car ce spectacle était ouvert à tous.

A la suite de ça, un seconde spectacle a suivi dans la salle d'en bas du Pannonica : “Portraits croisés”. C'était le tour de Igor et Marie d'occuper les planches. 130 personnes sont descendues et se serraient pour voir une de leurs premières créations, sur l'album de Stromae, qui m'a tiré des larmes... Surtout sur l'interprétation de “Enfer”, dont l'image de l'affiche représente un passage. Mais j'ai rit, aussi. Je me suis sentie vivante comme rarement, et me suis sentie favorisée d'assister à leur prestation... Leur maîtrise de la langue, leur connexion, leur connaissance accrue de leur propre corps et la force des tableaux qu'ils proposaient me tenaient en haleine. J’ai prolongé le moment avec tout le groupe, autour d’un verre de vin sur place, et ensuite au bar Pioche.

J'ai bien rêvé pouvoir faire partie d'un tel projet, d'accompagner des sourds sur la scène, spécialement pour du chansigné. Mais je ne m'attendais pas à ce que ça se concrétise si vite. Ce que j'ai goûté avec le plus de plaisir, c'est l'immersion dans une création cent pour cent LSF, sans aucun interprète ni aucune traduction en live en dehors des rencontres avec les musiciens. Mais aussi, retrouver enfin la scène, la vraie, avec ses lumières, les sensations de papillons dans le ventre comme quand on est amoureux, et la capacité de maîtrise et de cohésion collective, à mesure que le fil rouge de la création se déroule.

Je garde l'habitude de me mettre mes bouchons d'oreille pour que le son me laisse tranquille, pendant que j'entre dans le monde du signe. Je suis encore critique sur mon niveau en LSF, mais passer autant de temps avec mes camarades de chansigné m'a fait gagner en aisance. La connexion que j'ai vécue avec Sophie, Soizick, Myriam et Stéphanie était puissante et authentique. Je me rappellerai toujours de notre bataille d'eau sous les Nefs!

Maella, Marie, Igor et Max ont été très encourageants. Au moindre doute, chacun se rendait disponible pour répondre à nos inquiétudes, à trouver des solutions aux problèmes techniques. Leur objectif n'était pas de nous pousser à correspondre à un niveau professionnel, mais de nous faire découvrir cet art du chansigné, nous faire prendre confiance en nous, et apprécier chaque moment. En plus des circonstances exceptionnelles, le soutien de mes amis, dont beaucoup se sont présenté à cette date, m'a montré à quel point je pouvais me sentir entourée.

Un grand merci et immense bravo, pour tous.tes celles et ceux qui ont participé à la vie de ce projet. Les efforts déployés par chacun ont été énormes. Chaque membre de ce projet l’a porté pour qu’il devienne ce chemin de traverse entre deux mondes… qui finalement sont les mêmes à peu de choses près : La Poésie des mots, et Celle du silence… Merci pour ce cadeau inoubliable, qui palpite encore dans mon coeur.

Liste des chansons interprétées (dans l'ordre de passage) : “Dans une case” Matthieu Boogaerts “Presque Punk” P.R2B “Dans ma maison” Alma Rechtman “La Boxeuse amoureuse” Arthur H “Lettre à une jeune poète” Klô Pelgag

 
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