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from 𝐋🅦🆄𝐢𝖇-ᖆ_🐧

Personnellement j’étais passé à coté, mais ça faisait un moment que les alertes de HTTPS de Firefox sur ma page perso Free m’agaçaient. Comme avec cet hébergement gratuit on a pas la main sur le serveur, il m’était impossible d'obtenir un certificat Let's Encrypt pour que ma page soit en HTTPS.

Il y avait des annonces vagues depuis plusieurs années que Free allez le déployer... Un recherche récente m'a amené à cette page et ça y est c'est déployé, mais il y une subtilité.

Ma page a toujours été http://lwuibr.free.fr, avec https://lwuibr.free.fr ça donne “Échec de la connexion sécurisée

Maintenant les pages perso Free passent par https://lwuibr.pages-perso.free.fr.

Mais on peut mettre une redirection dans son .htacces pour renvoyer l'adresse d'avant sur la nouvelle.

<If "%{HTTPS} != 'on'">
Redirect 301 "/" "https://*monsite*.pages-perso.free.fr/"
</If>
 
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from CORAXIO : MOSTLY HEAVY

l'affiche de l'édition 2026 du Rock In Bourlon, dessinée par Emgalaï : un coffret en bois à la Jumanji. Sur le coffret, une illustration du village de Bourlon. Au premier plan, une végétation abondante et une paire de dés. Derrière, l'église de Bourlon, une usine, et dans le fond le bois de Bourlon. 4 personnages dans des médaillons entourent le dessin principal : un paysan avec chapeau et foulard, un paon, un cheval avec une bride et une vache la cloche au cou

ça faisait quelques années que le festoche Rock In Bourlon était sur mon radar, pour sa programmation pointue, son échelle humaine et son positionnement limpide par rapport aux discriminations, aux violences sexistes et aux fachos... l'anti-Hellfest, en somme. Mais je n'y étais jamais encore allé pour diverses raisons : difficultés d'orga, pas de congés, ou prog qui ne me séduisait pas tout à fait... Cette année, ça me démangeait bien quand même, et j'ai guetté attentivement l'annonce de chaque nouveaux artistes à l'affiche. Ben vlatipa que le RIB a mijoté pour 2026 une prog d'exception, et qu'après écoute, quasi tout sur la petite quarantaine de groupes me bottait bien. Et j'ai sauté le pas ! J'y suis allé seulabre avec ma tente et mon barda, malgré les spasmes d'une SNCF en train de calancher de canicule. Trois jours de festoche, orgie musicale sous le cagnard, et grâce soit rendue à l'armée de bénévoles et leur attirail de pistolets à eau et de pulvérisateurs... Sur 41 concerts (plus la très sympathique fanfare Kick Your Brass), 2 ont été complètement annulés, et j'en ai fait 25. Je vais pas tout raconter par le menu, mais j'ai quand même envie de vous en bonnir 2-3 bricoles.

Une série de deuxièmes rounds

Sur les 25 concerts faits, il y avait 6 groupes que j'avais déjà vus, et c'était intéressant de constater les différences entre la prestation précédente et celle-ci :

  • J'ai découvert Bank Myna en fin d'année dernière et c'était une petite claque. L'avis sur leur album EIMURIA est dans les tuyaux mais le live dans la petite salle du Chinois était ténébreux, ample et intimiste à la fois. Sur la grande scène de l'Abreuvoir, en plein soleil, c'était moins évident : y a pas à rougir de la perfo, l'énergie était là, la chanteuse/violoniste/claviériste Maud Harribey m'époustoufle toujours, mais l'enchantement marche moins.

  • Pour les 3 angliches de Conan, spécialistes du “caveman doom”, comme y disent, c'était le contraire : le concert dans un Backstage bien rempli en octobre dernier était sympatoche mais légèrement décevant ; à Bourlon, en plein air, leur son a pu s'étendre à loisir, et prendre les dimensions de l'univers, comme dirait Giono. Ben c'était une révélation. Brutal, immense.

  • C'est en première partie de Monkeys On Mars que j'avais vu le duo d'Alber Jupiter, qui fait un space rock batterie/basse avec une saine dose de loops. Il me semble qu'alors un ou deux couacs avaient fait hoqueter le rythme et m'avaient sorti d'hyperespace. Aucun problème de ce genre ici, le cahier des charges space rock était parfaitement rempli, avec enthousiasme et simplicité.

  • La première fois que j'ai vu Electric Citizen, c'était il y a presque 10 piges. La fois suivante, c'était en février dernier. Et qu'il s'agisse de leurs skeuds ou de leurs performances, c'est un bonheur de voir comment iels ont évolué : pas de révolution, juste... un affinage. Pas un gramme de gimmick, pas d'ésotérisme, juste un doom rock rétro à souhait, complètement authentique. Au Chinois en février, sur la première moitié de leur première tournée européenne de l'année, les Cincinnatiens étaient en forme, zicos imperturbables et chanteuse magnétique, prouvant qu'on peut avoir à la fois une performance très contrôlée et déborder de charisme. A Bourlon, ultime date de leur deuxième tournée Européenne, claqué·es de leur propre aveu, dans la chaleur et avec les festivalièr·es distrait·es par l'heure de la graille, c'était pas la même : Electric Citizen n'a eu ni l'intensité ni le public attentif. Mais jamais de la vie je les blâme.

  • C'était aussi en février que j'avais vu Coltaine, en première partie de Faetooth. Leur album de l'an passé, BRANDUNG, m'a assez frustré : trop de plages ambiantes, pas assez de riffs, probablement. Mais en concert ça passait choucard, et plus encore sur la petite scène du Paon au RIB, alors que la nuit était tombée et que la pluie s'était enfin décidée à faire de même. Incroyable ambiance. L'adjectif “envoûtante” est plutôt galvaudé, plus encore pour les chanteuses de doom/post, mais il colle parfaitement à la superbe voix de Julia Frasch, qui joue déjà dans la même cour que Dorthia Cottrell (Windhand) ou Sara Bianchin (Messa).

  • Et puisque j'évoquais Faetooth, j'ai aussi eu une nouvelle dose ! J'aime beaucoup LABYRINTHINE, petit bijou doomgaze/“fae doom”, comme iels disent, sorti en 2025, mais le concert de février m'avait déçu, un peu monotone, un peu approximatif... sur la scène du Paon les petit·es (nulle condescendance : la valeur n'attend pas le nombre des années, pas plus qu'elle ne nécessite un grand gabarit) ont il me semble trouvé leur groove, offrant au public une performance plus pêchue et plus compacte que leurs enregistrements studios, avec une énergie mi-laconique mi-enthousiaste qui m'a semblée très californienne (YMMV).

les découvertes

  • Canteleu est le groupe avec lequel j'ai commencé les festivités le vendredi. Leur EP éponyme déboîte, et j'attendais leur death rock/“coal wave” (made in le Nord, bien sûr) avec impatience. Je n'ai pas été déçu, bien au contraire. J'espère qu'on aura un LP tantôt.

  • le samedi était plein jusqu'à la gueule de morceaux de choix, et c'est Teigne qui ouvrait le bal avec leur grindcore/hardcore/powerviolence et la première d'une série de chanteuses qui m'ont complètement soufflé ce jour-là, en la personne de Gaëlle Debra, qui joue même de la contrebasse électrique quand elle ne crache pas ses tripes sur scène. La deuxième chanteuse, c'est Stephanie Brooks de Stress Positions : le groupe de hardcore de Chicago joue à fond la caisse, le set passe à toute vitesse, et Brooks a une patate impressionnante et un enthousiasme contagieux. Mon souffle est coupé sans même s'approcher du mosh pit. Brenna Gowin de Denial of Life complète la série : les métalleux de Tacoma jouent du crossover trash, et si le tempo est soutenu, les riffs ont une sacrée pesanteur. Et ça faisait un moment que je n'avais pas vu une personne autant bicher d'être sur scène que Gowin, qui entraîne tout le public dans un joyeux exutoire, le plus naturellement du monde.

  • Un mot de plus pour les zigues de Cryptic Shift, dont le deuxième album OVERSPACE & SUPERTIME (death metal technique/progressif) est à l'heure qu'il est un de mes disques favoris de 2026 : leur perfo était très sympa, mention spéciale au jeu implacable du bassiste John Riley (fretless baybay !) mais alors que la production de l'album renforce le côté trippant qui me botte, le concert était plus brut de coffre. Ce qui est juste et normal, mais pas tout à fait aussi cosmique que je le rêvais.

  • La vraie déception, c'est l'annulation du set de Dame Area, le festoche ayant été évacué lors du concert précédent en raison des risques d'orage. Dire que je suis pas allé les voir sur Paris en mai sachant qu'iels seraient au RIB :'(

  • le dimanche, j'attendais Håndgemeng et Maquina au tournant, et mes prédictions étaient justes : le “doom'n'roll” de Håndgemeng est bien sûr un concentré de fun en live, et le motorik disco de Maquina est une tuerie sur scène -impossible de ne pas tortiller son poum- alors que leurs albums me passent un peu au-dessus jusqu'à présent. Prix de consolation pour la déception de la veille, Silvia Kostance de Dame Area vient chanter avec le groupe le temps d'un morceau (“dança”, sur le tout fraichement sorti LP BODY TRANSMISSION, en collaboration avec le duo barcelonnais).

...pour conclure : même si Apollon Phoibos était fort justement vénère de l'écocide en cours et nous l'a bien fait sentir (avec un featuring très classe de Zeus Keraunos le samedi soir), ben Bourlon c'était phéno. C'est simple : si la prog est aussi immaculée l'an prochain j'en serai sans férir.

(et bien sûr, le site : https://www.rockinbourlon.com/)

#RockInBourlon #BankMyna #Conan #AlberJupiter #ElectriCitizen #Coltaine #Faetooth #Canteleu #Teigne #StressPositions #DenialOfLife #CrypticShift #DameArea #Håndgemeng #Maquina

 
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from Café noir

Ce ne fut, comme toujours, qu'un croisement succinct et troublant. Une fraction de seconde ouvrant dans le quotidien une brèche par laquelle s'engouffrent tous les possibles lumineux d'une vie différente. Une pause où l'autre cesse d'être tout à fait un autre. Le métro, le train offrent ces moments où deux regards se disent en silence l'étonnement et la certitude qu'autre chose pourrait être vécu, irradiant d'un espoir joyeux toutes les vies, même celles sans regrets.

(4 octobre 2025)

 
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from Depuis les Gorces

#Animaux On reproche souvent au clicker de fabriquer des animaux qui te proposent toujours tout leur répertoire, ce qui est très pénible. Et c'est vrai que c'est un défaut courant du travail avec des friandises mal fait.

Un peu de théorie

Le travail avec des récompenses

Aujourd'hui la plupart des entraîneur·ses utilisent des récompenses alimentaires pour travailler les animaux. Souvent, c'est en plus des techniques classiques d'éducation basées sur la dominance ou la peur. J'ai d'ailleurs commencé comme ça.

Le clicker training est un courant d'éducation des animaux qui est issu d'une application des théories de l'apprentissage aux animaux marins. Ce sont des entraîneuses dans les delphinariums qui ont développé cette méthode d'éducation basée sur l'utilisation de récompenses d'abord alimentaires.

Ce type d'éducation basé sur l'utilisation de friandises s'appuie sur la théorie du renforcement positif :

Renforcement positif : Quand l'animal fait une action qui est suivie d'une récompense, alors il a plus de chance de refaire cette action dans le futur.

Le comportement par défaut

Plus un comportement a été récompensé (parfois involontairement par l'humain·e), plus la probabilité que l'animal fasse ce comportement est élevé. C'est pour ça qu'en clicker training, on fait très attention à enseigner rapidement un comportement par défaut que l'on va renforcer énormément pour que ça devienne quasiment un réflexe pour l'animal.

J'aime beaucoup une phrase que dit un éducateur canin américain dont j'ai oublié le nom (peut-être Ken Ramirez ?) :

Tu ne peux pas apprendre à un chien à ne pas quémander, mais tu peux lui apprendre comment tu veux qu'il quémande.

Chez nous, le comportement par défaut c'est :

  • Se coucher sur le tapis pour le chien,
  • La statue pour les chevaux.

Le comportement par défaut en pratique

Avec Iggy, le chien de la famille

Iggy était un chien qui ne tenait pas en place quand on l'a récupéré au refuge (dur à croire aujourd'hui) et qui était surexcité en extérieur. On a suivi les conseils de Emilie Larham (Kikopup) dans ces vidéos sur le travail du chien qui fait de la prédation (super excité par le gibier). Elle conseille d'utiliser un tapis pour apprendre au chien à se poser.

On a travaillé ce comportement de plusieurs manières :

  1. En mode clicker training, en récompensant dès qu'il mettait un pied sur le tapis.
  2. En laisse, j'ai le tapis à mes pieds, le chien est libre de faire ce qu'il veut dans la limite de la longueur de la laisse. Quand il est un tout petit peu plus calme, je récompense.
  3. Dans la vie de tous les jours : on avait au début toujours un tapis là où on lui demandait d'aller (dans son paddock, sur la terrasse, à côté de la table dans le jardin, dans la cuisine, etc.). Toutes les bonnes choses arrivent sur le tapis : friandises, saladier de pâte à crêpes à lécher, câlins, ...

Désormais, le tapis est vraiment un comportement par défaut d'Iggy. Dès qu'il voit un truc sur lequel il peut se coucher qui ressemble vaguement à un tapis, il saute dessus et se couche. En général, c'est super pratique. Quand c'est un sac que je veux récupérer, un peu moins !

Voici une vidéo qui illustre bien le comportement par défaut d'Iggy. On le voit vraiment y aller même quand je ne le demande pas (ce qui d'un point de vue éducatif signifie que c'est pas complètement sous code. Mais pour moi c'est OK).

On voit aussi quelques autres codes/comportements appris sur la vidéo :

  • Tu viens? = assez explicite, je lui demande de venir vers moi. Je n'ai pas d'attente sur où il se place (au pied ou autres).
  • Fais le tour = faire le tour de l'objet que je pointe. C'est plutôt bien acquis, mais c'est la première fois que je demande ça autour de la poubelle. D'habitude je demande avec des objets plus hauts : arbre, piquet, ...
  • Pas bouger = Je demande de rester là où il est, mais je n'ai pas d'attente sur la position (assise ou coucher) ni sur l'orientation (je suis ok qu'il se tourne pour regarder).
  • OK = fais ce que tu veux, c'est fini la position à tenir.
  • fais le beau : pour le moment on n'a pas de code vocal, juste la main au dessus de son nez avec un kk qui l'encourage à faire quelque chose. Je pense qu'on va mettre hop comme code.
  • Tapis = va sur ton tapis et pose toi (= assis ou coucher).
  • Tu laisses ? = abandonne un truc trop génial car j'ai un truc encore plus génial à te filer. Je crois que officiellement la commande c'est lâche et laisse c'est utilisé plutôt quand le chien n'a pas encore été vers le truc qui est attirant. Nous on n'a pas cette distinction.

Avec les chevaux

Le comportement par défaut chez les chevaux, c'est en général la statue. On demande au cheval d'être immobile, la tête dans le prolongement du corps, dans une attitude relâchée, pendant que son humaine est à côté, avec une sacoche pleine de nourriture. Il n'y a pas de code vocal, le code corporel est l'humain·e qui est immobile avec de la nourriture dans la sacoche. Moi je rajoute aussi la main dans la sacoche pour aider à rendre plus clair.

J'ai démarré ce travail il y a très longtemps avec Amalhia. Mais quand j'ai appris le clicker, je faisais très attention au comportement de l'animal, mais moins à ses émotions. L'objectif n'est pas d'avoir un cheval immobile très haut en énergie / émotions qui est dans les starting blocks.

Amalhia, la vieille rombière

J'ai du reprendre il y a près d'un an tout le travail avec Amalhia pour rechercher plus de décontraction dans son attitude dans le travail à pied. Je suis satisfaite d'où on est en train d'arriver.

Sur cette vidéo avec Amalhia, on voit quelques codes en plus :

  • Viens avec ma main à plat paume vers elle = viens toucher ma main avec ton nez. C'est mon code pour l'appeler et la positionner au pied si on parlait d'un chien.
  • Pas bouger avec la main qui fait un genre de stop = ne pas bouger pendant que je m'éloigne ou que je fais autre chose. Je recherche en général la tête dans l'alignement du corps pour cliquer.
  • Touche avec la cible rouge = toucher avec son nez. Elle maîtrise évidemment ce code, mais elle a souvent une attitude un peu anxieuse / pincée, c'est pour ça que je le retravaille en cherchant de la décontraction.
  • Change : je veux qu'elle passe de l'autre côté de moi (si elle est à mon pied à gauche, qu'elle passe à droite). J'utilise la cible pour l'aider et rendre plus clair (code non acquis à l'arrêt).
  • Pied en touchant / pointant la jambe concernée : je lui demande de déverrouiller son articulation et de lever un peu le sabot. Parfois je dis juste kk avec la main sur sa jambe.
  • Recule : reculer jusqu'à ce que je clique.

Mustang le papy

Mustang est un papy qui a été racheté au marchand de bêtes (en route pour l'abattoir) par le refuge du Haras des Ilots. Il est arrivé à la maison il y a un mois et demi (ou deux mois ?). Au départ, je ne l'ai pas beaucoup travaillé car j'avais des tonnes de soins à faire pour Amalhia (qui avait un énorme abcès à l'encolure).

Ensuite, on a pris le rythme d'une petite séance de 5-10' matin et soir. J'ai commencé par lui apprendre la statue d'abord en étant moi de l'autre côté de la barrière, puis à côté de lui. Ensuite on a beaucoup travaillé le fait de donner les pieds. En ce moment on travaille le fait de déplacer les épaules et de reculer.

Mustang a bien compris la statue, mais il est encore haut en émotions dans le travail au clicker, partagé entre excitation et inquiétude.

Pour aller plus loin

Quelques ressources pour aller plus loin :

 
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from Un rat bleu

Une « recette » pour l’élément le plus important d’un plat à mes yeux : la sauce.

Composition

  • Une note salée.
  • Une note grave, profonde et persistante.
    • Du fromage un minimum affinée.
    • Du gomasio, ou n’importe quelle combinaison de graines grasses torréfiées et de sel.
    • De la sauce shoyu/tamari.
    • Du miso.
    • Du nattō.
    • Du soumbala/netetou.
    • De l’ail noir.
  • Une note aiguë, de préférence courte.
    • De l’acidité.
      • Du vinaigre.
      • Du citron, ou n’importe quel agrume.
      • Du jus de lactofermentation.
    • Certains condiments.
      • De l’ail.
      • De l’oignon.
  • Une note mordante et serrée.
    • De l’aigreur.
    • De l’amertume.
    • De l’astringence.
    • De l’âpreté.
  • Une note apaisante, sereine en longueur.
    • Une huile végétale.
      • L’huile de coco vierge est si velouté qu’elle enrobe aisément du vinaigre.
      • Certaines huiles d’olive peuvent surprendre avec une note chaude ou aiguë en fin de bouche.
    • De la crème fraîche ou du fromage frais (lait animal ou végétal).
  • Une note chaude, de longueur variable selon les préférences.
    • Une ou des épices.
      • De la coriandre.
      • Du cumin.
      • Du carvi.
      • Du fenugrec.
      • Du poivre.
      • Du curcuma.
      • Du gingembre.
      • Du piment.
      • De la moutarde.
    • Des plantes aromatiques.
      • Du basilic.
      • Du thym.
      • De l’origan.
      • Du cerfeuil des bois.
      • Des fanes et fleurs de carotte (sauvage).
      • De la roquette.
  • Une note rafraîchissante.
    • Du citron.
    • De la menthe.
    • En été, cette note est plus facile à apporter par la partie solide.
      • Concombre
      • Courgette
      • Tomate
  • Une note de liaison : de l’eau.

Répétition

  • S’amuser.
  • User de son âme.

À vos partitions et instruments !

Complément

Tout ce que la sauce n’a pas, la partie solide peut l’amener. Et réciproquement.

#AcoustiqueCulinaire #Cuisine #Recette #Sauce

 
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from Nok - FetM

Je suis, pour ainsi dire, né dans une école, dans les montagnes d'Algérie où l'air est si froid en hiver. Elle s'appelle Max Marchand, comme l'inspecteur assassiné quelques mois avant notre départ. Moi, je ne sais pas tout ça. Je sais seulement qu'il y a une cour, un escalier, et une fresque en carreaux qui raconte le paysage avec les cèdres.

La classe de maman est au rez-de-chaussée. Elle s'occupe des tout-petits, ceux qui ne savent pas encore tenir un crayon.

Moi, j'ai un peu grandi, mais pas assez pour rester seul. C'est là qu'entre Fatma. Je n'ai pas de visage d'elle. Pas de souvenir précis. Mais je sais qu'elle est là, dans l'appartement ou sur la coursive, une présence douce qui me garde pendant que ma maman fait la classe. Elle me parle peut-être. Elle me chante peut-être des berceuses dans sa langue, des mots que je ne retiens pas mais qui resteront tapis quelque part en moi, longtemps, très longtemps.

Ce matin-là, pourtant, Fatma n'a pas suffi.

Maman s'apprête à descendre rejoindre les petits, et moi, je ne veux pas qu'elle parte. Je pleure. Je frappe sur la porte refermée. Alors elle revient, elle ouvre, elle me prend dans ses bras et dit : “Je t'emmène avec moi.” Je ne sais pas encore marcher. Elle m'installe au fond de la classe, avec du papier et des crayons de couleur. Je gribouille un moment, puis je bâille et mes yeux se ferment. Ma tête bascule sur le bureau.

Je ne sais pas depuis combien de temps je dors. Mais j'entends, comme dans un rêve, une petite voix qui s'élève : “M'dame, ton petit y dort.” Un petit garçon que je ne connais pas veille sur moi.

Je repense à lui, parfois. Je ne connais pas son nom. Je ne sais pas s'il a appris à lire, comment il a grandi, s'il est resté là-bas ou s'il a dû partir, lui aussi, un jour. Mais dans cette classe, à cet instant, il est mon gardien. Il a levé la main pour moi. Je crois que c'est la première fois que quelqu'un m'a protégé sans que je le demande.

La coursive, elle, attend toujours. C'est le chemin qui mène à l'appartement, longé par une rambarde, avec vue sur les montagnes. Mon frère et moi, on y joue. On court, on crie, on s'invente des histoires. J'ai des fausses lunettes avec un faux nez et une fausse moustache. Mon frère fait semblant de ne pas me reconnaître. Je ris sous ce nez en plastique, et ma mère, depuis la fenêtre, nous regarde peut-être.

Mon pull orange adoré, je le vois encore. Ma mère l'a tricoté pour moi, avec des liserés jaune pâle. L'orange, c'est ma couleur préférée. Elle le sait, comme elle sait quand j'ai froid, que j'ai peur parfois, que j'aime qu'elle me prenne avec elle. Chaque maille, chaque fil de laine, c'est une promesse de chaleur, de retour.

Les manteaux d'hiver, eux, viennent de plus loin. Mes grands-parents paternels les ont confectionnés à Toulon, dans leur atelier de tailleurs. Ils nous les ont envoyés par colis, sans doute. Ils ont des capuches pour nous protéger du vent qui balaye le massif. Je ne les ai pas vus coudre ni choisir le tissu, mais je porte leur travail sur mes épaules, comme une seconde peau. Eux, ils ne savent pas à quoi ressemble l'Ouarsenis. Mais ils savent qu'il peut y faire très froid. Alors ils nous ont couverts.

1962 – Je n'ai que trois ans. C'est le temps du départ. Je sais seulement que nous partons. Que l'école reste là-haut, avec sa fresque, sa coursive, ses montagnes. Fatma restera là-bas. Le garçon qui veillait sur moi aussi. Nous laissons tout derrière nous.

Des années plus tard, adulte, jeune père, je tombe sur un coffret pour apprendre l'arabe, dans le catalogue France Loisirs. Je le commande sans réfléchir. Sans savoir pourquoi. Peut-être que Fatma me parle encore, sans que je l'entende. Peut-être que ma mémoire, plus sage que moi, n'a jamais oublié sa voix.

 
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from klerh_veille_pro

Sur #Lille

Sur la formation aux médias et l'accès aux droits

Les 2 thèmes de la semaine se réconcilient dans cette interview de Pierre Molager, sous-préfet de Lille chargé des services publics : « La présence des services publics est un fondement de notre socle républicain », DITP, 15 juillet 2026.

Métier

  • Bibliothèques : comment survivre aux pressions ?, Archimag no 395, juin 2026. Évoque les pressions budgétaires, sociales (conséquences des émeutes de 2022) et RH, mais pas du tout les pressions politiques et très peu les pressions intellectuelles (IA). Néanmoins, selon l'expression consacrée, “on se sent moins seul”.
 
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from Chatpey

Ce que le krach ferroviaire de 1873 ne nous dit pas

Tout le monde se demande si l'intelligence artificielle tiendra ses promesses. C'est la mauvaise question. La bonne est plus prosaïque : que deviendront, dans trois ans, les centaines de milliards d'euros de puces électroniques qu'on installe aujourd'hui dans les centres de données ? Car contrairement à tous les épisodes de fièvre spéculative que l'histoire a connus, celui-ci bâtit une infrastructure qui s'autodétruit.

Reprenons depuis le début. Les sept géants qui mènent la course — Amazon, Microsoft, Google, Meta, Oracle, auxquels s'ajoutent OpenAI et Anthropic — prévoient de dépenser autour de 700 milliards de dollars cette année dans les machines qui font tourner l'IA[^1]. Pour donner une idée, c'est près du double de l'an dernier, et l'équivalent du produit intérieur brut de pays entiers. Ce niveau de dépense privée dans une technologie nouvelle n'a que de rares précédents : la fibre optique à la fin des années 1990, l'électrification des années 1920, et surtout la fièvre ferroviaire américaine des années 1870.

Le parallèle qui rassure

Ce parallèle ferroviaire est devenu le préféré des observateurs inquiets. Il est juste, mais seulement à moitié. En 1873, le banquier le plus puissant des États-Unis, Jay Cooke, s'était engagé à financer une ligne transcontinentale. Il n'y parvint pas : les capitaux européens se tarirent à cause d'une guerre, et pour ne pas avouer l'échec, il puisa dans les dépôts de sa propre banque. Quand elle s'effondra, la panique gela tout. En deux ans, un tiers des obligations ferroviaires du pays cessèrent de verser des intérêts. La leçon habituelle : une vague d'investissement financée par la dette est fragile, et il suffit d'un effondrement spectaculaire pour que les attentes de tous se retournent d'un coup.

Cette leçon est de plus en plus applicable à l'IA. Pendant longtemps, on s'est rassuré en disant que les géants finançaient leurs investissements sur leurs propres profits, à l'abri des humeurs des marchés. Ce n'est plus vrai. Pour soutenir des dépenses qui atteignent désormais la moitié de leurs revenus, ils empruntent : plus de cent milliards de dollars de dette levés rien qu'en 2025, et des montages de plus en plus complexes. Le financement de l'IA est redescendu dans l'arène des marchés financiers, avec toute la vulnérabilité que cela implique. Les gérants de fonds ne s'y trompent pas : début 2026, pour la première fois depuis que l'on pose la question, une majorité d'entre eux jugeait que les entreprises surinvestissent dans l'IA[^3]. Fait remarquable, ils le pensent tout en restant investis. Ce n'est pas de l'aveuglement, mais une forme de lucidité contrainte: mieux vaut se tromper avec tout le monde qu'avoir raison seul mais trop tôt.

Un actif qui s'autodétruit

Mais voici où le parallèle ferroviaire cesse d'éclairer et se met à tromper. Un rail posé à mauvais escient dans une plaine désertique reste un rail. Il ne coûte rien à ne pas être utilisé ; il attend, il rouille lentement, il pourra servir des décennies plus tard. L'actif ferroviaire est patient. Une puce d'IA, non. Soumise à pleine charge, elle a une durée de vie utile que les estimations les plus citées situent entre un et trois ans[^2], même si le chiffre reste débattu. Passé ce délai, elle ne rouille pas lentement : elle devient soit défaillante, soit si gourmande en électricité au regard de ce qu'elle produit qu'il revient moins cher de la remplacer que de l'alimenter.

Cette différence, qui semble technique, change toute la dynamique. Une vague d'investissement portée par un actif durable peut tenir longtemps en silence, parce que rien ne presse. Une vague portée par un actif périssable porte en elle une horloge. Si le matériel doit être renouvelé tous les deux ou trois ans, et que les revenus tirés de l'IA ne suffisent pas à payer ce renouvellement, alors il faudra, à chaque cycle, retourner voir les bailleurs de fonds et leur demander de remettre au pot. Et là, quelque chose de subtil se produit.

Le premier chèque se signe sur une promesse : « nous bâtissons l'infrastructure du siècle. » Le deuxième se signe sur des résultats. Le premier excite les investisseurs ; le second les fatigue.

L'horloge interne

Avançons donc une hypothèse, présentée comme telle et non comme une certitude : cette mort programmée des machines fixe une échéance approximative. L'essentiel du déploiement actuel datant de 2024 et 2025, le premier grand rendez-vous de renouvellement tomberait vers 2027 ou 2028 — précisément le moment où il faudra à la fois rééquiper et démontrer les revenus. Ce n'est pas une date épinglée au calendrier : on peut dire que c'est la période où la tension devient maximale, sans pouvoir prédire l'événement qui déclenchera la crise, ni le jour exact où il surviendra.

L'objection des optimistes

Les optimistes répondront qu'une puce ne meurt pas en fin de course : elle « cascade ». Trop ancienne pour entraîner les modèles de pointe, elle sert encore à les faire fonctionner pour les utilisateurs, puis à des tâches plus modestes — une vie qui peut alors s'étendre à cinq ou six ans. C'est partiellement vrai. Mais cette cascade suppose un marché capable d'absorber ces puces vieillissantes, et elle bute sur un mur physique : dans un centre de données dont la consommation électrique est déjà saturée, conserver une vieille puce qui coûte plus en courant qu'elle ne rapporte à l'utilisation n'a aucun sens. La cascade ne supprime pas le problème, elle le suppose résolu.

D'où viendra l'argent ?

Reste la question qui décide de tout : d'où viendra l'argent ? Pour que cet investissement colossal se justifie, il faut qu'il produise des revenus à sa hauteur. Or les trois sources de revenu possibles déçoivent chacune à leur manière. L'abonnement d'abord : à la différence d'un logiciel classique, où servir un client de plus ne coûte presque rien, chaque réponse d'une IA consomme du calcul, donc de l'argent. Les comptes d'OpenAI le montrent crûment — une marge brute d'environ un tiers, et des pertes qui se chiffrent en milliards malgré une croissance fulgurante[^4].

La publicité ensuite, réflexe historique pour rentabiliser une masse d'utilisateurs gratuits. Mais c'est ici que se referme un piège que l'on voit rarement nommé. En répondant directement au lieu de renvoyer vers des sites, l'IA assèche le trafic web — et donc la valeur de la publicité affichée sur des pages que plus personne ne visite. Autrement dit, elle détruit le modèle publicitaire existant avant d'avoir prouvé qu'elle saura en bâtir un autre à la même échelle. Or sa propre régie publicitaire est balbutiante : les projections les plus optimistes la situent, à la fin de la décennie, loin derrière ce que rapporte la recherche en ligne aujourd'hui. Et son format résiste à la publicité, car la valeur d'un assistant tient à la confiance qu'on accorde à sa réponse — le jour où l'on soupçonne qu'une recommandation est payée, cette réponse perd ce qui la rendait utile. L'IA casse un modèle qui marchait en pariant qu'elle saura le reconstruire : un pari de plus, empilé sur les autres.

Reste la vente aux entreprises, le débouché le plus défendable — mais qui ferait de l'IA un outil professionnel de niche, plus rentable et bien plus petit que la promesse universelle qui justifie aujourd'hui les dépenses.

Le grain de sable du libre

C'est ici qu'intervient un grain de sable que les marchés sous-estiment, et qui vient du logiciel libre. Une part croissante de ce que les gens demandent à l'IA n'exige pas les modèles géants et coûteux des grands acteurs. Résumer un texte, corriger une lettre, classer des fichiers, retrouver un document, enrichir les métadonnées d'une photothèque, écrire du code courant : pour tout cela, des modèles ouverts, gratuits, tournant sur un ordinateur personnel ordinaire, font déjà très bien l'affaire. Mieux : ils le font frugalement. Une requête de ce genre, exécutée localement, consomme l'équivalent d'une à trois secondes de jeu vidéo[^5]. Le poids énergétique de l'IA ne vient pas de l'usage que vous en faites sur votre machine, mais de l'usage de masse concentré dans les centres de données — des milliards de requêtes par jour sur de gros modèles. Le jour où une solution grand public rendra leur installation aussi simple qu'installer un lecteur vidéo, une part entière des usages n'aura plus aucune raison de passer par un service payant — ni de regarder la moindre publicité puisque l'outil sera hébergé gratuitement chez soi.

On objectera que les modèles libres courent toujours derrière les modèles de pointe, et c'est exact pour les tâches les plus exigeantes — le raisonnement complexe, les agents autonomes de longue haleine. Là, le service payant gardera une clientèle. Mais pour tout le reste, le gratuit « suffisant » fait l'affaire — parce que ces tâches courantes ont un plafond : une fois qu'elles sont bien faites, payer pour « le meilleur » n'apporte rien de perceptible. Or ces tâches-là sont justement celles qu'effectuent des centaines de millions d'utilisateurs gratuits — ceux que l'abonnement de masse et la publicité étaient censés, un jour, transformer en clients payants. Si le gratuit local les satisfait, ils ne deviendront jamais payants.

Le logiciel libre ne menace pas les modèles de pointe. Il assèche la nappe de revenus ordinaires censée amortir les machines — et il le fait au moment précis où il faudra les renouveler.

Une force des GAFAM pourrait toutefois freiner ce grain de sable : ils contrôlent les portes d'entrée — systèmes d'exploitation, navigateurs, téléphones — et peuvent y installer leur IA payante par défaut, là où l'alternative libre demande une démarche volontaire. Le « par défaut » est une arme puissante. Mais un défaut ne retient que l'utilisateur indifférent, pas celui qui a une raison de basculer. Et la facture énergétique, la confidentialité des données, le coût zéro sont précisément des raisons de basculer d'autant plus fortes que le matériel devient cher à renouveler et que la pression à monétiser se fait sentir.

Ainsi le logiciel libre n'est pas, dans cette histoire, l'adversaire frontal des géants. Il ne les attaque pas, il avance simplement l'heure des comptes. Il rapproche le moment où il faudra constater que l'usage réellement solvable de l'IA est plus petit qu'on ne l'a parié.

Et si les États payaient ?

Une objection plus sérieuse mérite d'être pesée : et si les États prenaient le relais ? Plusieurs gouvernements traitent désormais l'IA comme une infrastructure de souveraineté, qu'on finance comme un porte-avions sans s'attendre à ce qu'elle « rapporte ». Un tel bailleur, mû par la nécessité stratégique plutôt que par le rendement, pourrait découpler le renouvellement du matériel de la loi du marché — et désamorcer ainsi l'horloge décrite plus haut. L'objection est réelle, mais elle se heurte à deux limites.

D'abord l'échelle : un seul des géants dépense en une année davantage en infrastructure que les plus gros plans publics étalés sur une décennie. La Commission européenne elle-même reconnaît que ses ambitions reposent « majoritairement sur des capitaux privés », l'argent public ne comblant qu'une fraction d'un gouffre chiffré en centaines de milliards[^6].

Ensuite la méthode employée : l'intervention étatique dominante aujourd'hui n'est pas la subvention qui prolonge la dépense, mais le contrôle des exportations et le filtrage des accès — restreindre la vente de puces à un rival, réserver le calcul à ses ressortissants. Or fragmenter le marché mondial en blocs étanches ne stabilise pas l'investissement : cela le rend plus fragile, en privant chaque bloc des économies d'échelle qui justifiaient les montants engagés. Loin de fluidifier la machine, l'État jette plutôt du sable dans les rouages.

La frontière invisible

Que l'on s'entende : rien de tout ceci ne signifie que l'IA ne vaut rien. Comme les chemins de fer, qui survécurent à 1873 pour porter un demi-siècle de croissance, l'IA est là pour des décennies et transformera des pans entiers de l'économie. La formation d'une bulle ne dit pas que son support est sans valeur. Elle dit qu'on a investi en pariant que tout le monde paierait, beaucoup, et longtemps.

La leçon de toutes les fièvres spéculatives, de la tulipomanie néerlandaise à la crise du chemin de fer de 1873, demeure : la frontière entre l'investissement visionnaire et l'excès de confiance ruineux est invisible tant qu'on ne l'a pas franchie. Ce que l'IA ajoute, et qu'aucune bulle avant elle n'avait connu, c'est qu'un mécanisme physique — l'usure programmée du silicium — fixe une date à laquelle il faudra bien, bilans comptables en main, regarder où passe cette frontière et s'assurer qu'on est du bon côté.


Ce texte a été rédigé avec l'aide d'un assistant IA, à partir d'une discussion où j'apportais l'analyse, les objections et les arbitrages ; l'outil tenait la plume et vérifiait les sources. C'est, accessoirement, une illustration de la thèse : l'IA excelle à structurer un raisonnement qu'on lui fournit, et ne le remplace pas.


[^1]: Estimations agrégées des dépenses d'investissement 2026 des cinq grands acteurs (Amazon, Microsoft, Alphabet, Meta, Oracle) ; fourchette d'environ 660 à 725 milliards de dollars selon les sources, révisée à la hausse après les résultats du premier trimestre, dont à peu près 75 % attribués à l'IA.

[^2]: Estimation débattue, et la plus incertaine de cet article — celle dont dépend l'échéance de 2027-2028. La fourchette de un à trois ans provient d'analyses de durée de vie sous forte charge thermique (CNBC, CITP de Princeton, fin 2025) ; un architecte de Google y avance un à deux ans pour des puces utilisées à 60-70 %. Les hyperscalers amortissent comptablement sur cinq à six ans, et une thèse concurrente, dite du « value cascade », défend une vie économique de cinq à sept ans par réaffectation à des tâches moins exigeantes.

[^3]: Enquête Bank of America auprès des gérants de fonds, début 2026 : première lecture majoritaire « les entreprises surinvestissent dans l'IA » depuis le début de cette série de données en 2005.

[^4]: Estimations 2025-2026 (Sacra, Value Add VC) : marge brute de l'ordre de 33 %, perte d'environ 14 milliards de dollars en 2026, coûts d'inférence en forte hausse. Chiffres d'une entreprise non cotée, à manier avec prudence.

[^5]: Mesures au wattmètre sur matériel grand public (Ollama, 2026) : une requête courante sur petit modèle consomme de l'ordre de 0,05 à 0,4 Wh, soit une à trois secondes de jeu vidéo sur PC dédié. L'inférence locale se fait par à-coups — un pic bref suivi d'un retour au repos. L'essentiel de l'empreinte énergétique de l'IA ne tient pas à l'usage individuel mais à l'inférence de masse : une requête modeste, multipliée par des milliards d'appels par jour sur de gros modèles dans les centres de données.

[^6]: Paquet « souveraineté technologique » de la Commission européenne, juin 2026 : environ 200 milliards d'euros pour les data centers d'ici 2036, « majoritairement privés » de l'aveu même de la Commission. À comparer aux plus de 100 milliards de dollars de capex d'un seul hyperscaler en 2025. Plan français de février 2025 : 109 milliards d'euros annoncés, dont une part publique minoritaire.

 
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from FAUT L'FER

26/07/2026

nuit du livre

REDU: LA NUIT DU LIVRE.

Rendez-vous à Redu pour sa traditionnelle nuit du livre ce samedi 1er août 2026.

“La Bulle” et ses hamacs vous accueilleront pour partager et lire paresseusement vos découvertes littéraires du jour.

Vous pourrez les trouver dans le bas du village, entre l'Auberge Gourmande et la nouvelle Halle de Redu.

halle_redu

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Billet précédant

#Cabanes #Blog

 
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from Nok - FetM

Le grand débat autour de l'IA dans la création littéraire commence à ressembler à une guerre de religion. Les purs contre les impurs. Mais qu'est-ce qui démange autant, moi y compris ?

Je me pose la question : pourquoi sommes-nous tant à écrire sur ces plateformes ? Est-ce la nouvelle place publique ? Une thérapie ? Une vitrine ? Un espoir de gagner de l'argent ou, plus simplement, d'exister enfin en tant qu'individu dans une société si cloisonnée et si individualiste ?

J'ai trouvé une partie de la réponse dans le bureau de feu mon père. Après son décès, je rangeais pour assister ma mère et j'ai découvert des cahiers. Des poésies, des réflexions, des histoires familiales. Il avait écrit toute sa vie, dans le silence, pour lui. Et il a fallu qu'il parte pour que ses mots croisent enfin un regard – le mien.

Cette découverte m'a retourné. Parce qu'elle m'a montré ce que nous fuyons tous, inconsciemment “ la hantise des cahiers découverts trop tard “. Nous ne voulons pas que nos mots dorment dans un tiroir, découverts par hasard comme un secret bien gardé. Nous voulons qu'ils soient vivants, maintenant. Nous voulons qu'on les lise pendant que nous sommes encore là pour entendre l'écho.

Alors oui, Substack est une place publique. Oui, c'est une thérapie, une soif d'être reconnu. Mais c'est aussi, fondamentalement, un cri contre l'effacement. Dans une société qui isole, écrire publiquement, c'est tendre la main et dire : “Je suis là. J'existe. Mes pensées ont une consistance, une couleur, une température.”

Et l'IA, dans tout ça ? Elle nous fait peur parce qu'elle produit du texte sans cette urgence vitale. Elle n'a pas de père mort, pas de soif d'être lue, pas de thérapie à faire, pas de corps qui tremble ni d'yeux qui larmoient en écrivant. Elle ne crie pas, elle calcule. Elle expose notre propre fragilité : notre besoin viscéral d'être plus qu'un algorithme, plus qu'un flux de données.

Au fond, ce n'est pas une guerre de religion. C'est une guerre pour l'âme. Pour le droit à la maladresse, à l'imperfection, à l'intime. Pour le droit de laisser une trace qui ne soit pas un clic, mais une empreinte, peut-être un jour un livre.

Les cahiers de mon père, en silence, ont déjà gagné leur bataille. Ils ont été lus par moi. Et peut-être que nous, sur ces plateformes, nous cherchons simplement le même miracle : qu'un jour, nos mots touchent un autre être humain, non pas parce qu'ils sont parfaits, mais parce qu'ils sont vrais.

 
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from adventices

Photo by zofe is licensed under CC BY-NC

les fleurs font aux rochers gris l'offrande de leur couleur jusqu'où s'étire la mer endormie que des récifs ont déchirée ? quel doux courant saura bercer saura consoler les tristes flaques de son chagrin ?


 
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from maupao

Mi piace ascoltare podcast, lo faccio mentre cammino e ascolto le parole delle persone che condividono i loro pensieri o le loro storie.

Rifletto sul fatto che tutti questi contenuti sono parole, testi che vengono scritti dagli autori. In alcuni casi ci sono suoni che arricchiscono la narrazione, che sottolineano alcuni passaggi, che scandiscono il tempo...

Ma anche i film, in fondo, non sono altro che storie, racconti che vengono messi in scena e che ci raccontano episodi, fatti, eventi. E i libri, e quello che leggiamo in rete. Quindi scrivere è importante. Ma perchè ad una persona vien voglia di scrivere? che cosa vuole dire, che cosa vuol raccontare?

Se scrivo, o racconto qualcosa, è per qualcuno che ascolta, che prende qualcosa da ciò che ascolta o legge. Ma è così importante per gli altri il mio pensiero? Che cosa spinge lo scrittore a pensare che quello che scrive piaccia agli altri?

 
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from HEXAGONE

Voici mon premier meuble avec exclusivement des assemblages tenon-mortaise, chevilles et colle à bois. L'objectif était de réaliser un meuble sans vis ni clou avec du bois de récupération, et ce sans ordinateur, sans calculatrice et sans appareil électrique.

Petit meuble à chaussures en pin

La première difficulté était de travailler avec du pin. Je me suis rendu compte que certes c'était facile à couper mais compliqué de ne pas débiter trop de bois.

La deuxième difficulté était une contrainte plutôt amusante : calculer l'ensemble des mesures à la main, que ce soit pour les longueurs ou les angles. Loi des sinus, théorème de Pythagore, Thalès, etc... ce fut une sacrée révision et par moment un bon casse-tête.

Mais mission réussie ! Le meuble est assez stable, mais un croisillon à l'arrière le rendrait encore plus solide.

Sur L'Air du Bois, un internaute m'a conseillé ceci pour un tracé à moindre risque d'erreurs, je cite :

« Plutôt que de t'embarquer dans de longs calculs, pour ensuite devoir mesurer des angles et des longueurs, il y a une autre approche possible : faire un dessin à l'échelle 1:1, et ensuite reporter toutes les longueurs avec un compas et les angles avec une sauterelle. Méthode charpentier. Pas de mesure, pas d'erreur; pas de calculs, pas d'erreurs; que du report, donc très précis. Et bien plus rapide ! »

Ce fut en somme une super expérience. Je compte bien la renouveler en tenant bien sûr compte du conseil ci dessus.

Vue de face Vue de face Vue de côté Vue de côté Vue du dessus Vue du dessus

Je partage mes calculs pour que vous puissiez vous rendre compte de toutes les étapes nécessaires.

FICHIERS : Mesures du meuble (et calculs pour les obtenir) Brouillons ayant servi au calcul et à l'assemblage du meuble

 
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from Nok - FetM

Ce que j'ai ressenti en lisant

Le cœur de ce roman : la femme. Celle qui se tient sage dans les codes de son époque. Puis Henriette, l'adultère qui disparaît pour suivre un inconnu. Elle ne supportait plus, sans doute, d'être ignorée par son mari, effacée, prisonnière d'une routine.

Et puis la surprise : Mme C., 67 ans, touchée par la position de celui qui se fait l'avocat d'Henriette – ce personnage qui ressemble à Zweig lui-même, moderne, ouvert d'esprit, qui ose défendre l'indéfendable face à la bien-pensance. Elle trouve en lui un confesseur “laïque” qui lui permettra de se décharger d'un secret porté depuis vingt-cinq ans.

Ce qui m'a marqué

La scène du casino, avec le langage des corps, des mains, des visages-masques. Les joueurs qui tentent de maîtriser l'incontrôlable. Et ce jeune homme, possédé par son addiction, qui ne joue pas à cacher quoi que ce soit. Mme C. est fascinée. Elle le voit comme dans « un miroir concave » ; tout autour n'est que brouillard.

Le cœur nucléaire du roman : cette nuit passée à veiller sur lui, à le sauver, alors qu'il a tout perdu et a des idées suicidaires. Et surtout le matin, ce réveil où tout s'apaise. Lui est sauvé. Elle, se sent renaître. Elle troque ses habits sombres pour des vêtements clairs. Le veuvage ne lui siet plus. Ce sauvetage semble être le sien en même temps, une résurrection.

Un style qui m'a parfois égaré

J'avoue : les longues descriptions, les circonstances trop détaillées, les états d'âme qui s'étirent... Ça manque d'action par moments. De vrais plans de cinéma immobiles. À notre époque, on irait plus vite au but. C'est le style d'une autre société, d'un autre temps. Force ou faiblesse ? Ça dépend du lecteur.

Ce que j'en retiens

Mme C. tombe amoureuse de ce jeune homme – un écho à Henriette. Mais la suite m'a rattrapé : elle pensait innocemment l'avoir sauvé du suicide et de l'addiction. Ce qu'elle devra vivre à la suite sera une dévastation, une humiliation.

En le “sauvant”, elle se sauvait elle-même, sans se l'avouer. Elle espérait plus. Plus tard, elle aura honte de sa passion folle. Dans son esprit, elle a trahi tout ce qui comptait dans sa vie stable.

Mais le fait d'avoir pu raconter ce fardeau à cet avocat de circonstance l'a soulagée. Ce roman aurait pu s'intituler La Psychothérapie de Mme C.

Reste une question

Est-ce que sauver l'autre, c'est se sauver soi-même ? Ou est-ce parfois se perdre un peu plus ?

 
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