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from 𝐋🅩🆄𝐱𝖇-ᖆ_🐧

Quand ça veut pas, ça veux pas.

Dur dur le milieu associatif ou bénévole, dans le logiciel libre.

Il y a 2 ans que j'ai essayé de lancer des Install Party GN/Linux dans ma ville, malgré mon emploi du temps assez figé aux disponibilités réduites1.

Je voulais partager mon expérience autodidacte du logiciel libre qui ma permis de m'émanciper des GAFAM, vendeurs de matériels mainstream, protéger mes données personnelles, m'apprendre (un peu) le fonctionnement de tout ceci et m'apporter une résilience numérique.

Dans un premier temps j'ai eu l'idée de me rapprocher du Repair café de ma ville, ça m'a semblé complémentaire et fédérateur. J'ai bien été accueillis par les bénévoles qui avaient créé ce Repair café. Malheureusement leur réseau de communication dont l'initiative était préemptée par une service de la mairie, a mal fonctionné pour la partie Install Party. En 2 à 3 présence lors de Repair café, résultat: personne1!

J'ai fini par laisser tomber. Fail #1

L'annĂ©e suivante, la mĂ©diathĂšque de ma ville lançait une initiative, permettant aux habitants d'obtenir des crĂ©neaux au sein de celle-ci, pour prĂ©senter les productions artistiques, passions, voyages, atelier. Ça a ravivĂ© mon envie de partage du logiciel libre et j'ai prĂ©sentĂ© mon projet d'Install Party. Qui a bien Ă©tait reçu. Nous avons convenu de dates, et dans un premier temps j'ai laissĂ© la responsable de la mĂ©diathĂšque gĂ©rer la communication, aprĂšs lui avoir remis mon propre flyer et logo Tux. De fin 2024 Ă  l'Ă©tĂ© 2025, j'ai fait 3 Install Party, en plein milieu de la mĂ©diathĂšque sur une belle table, chaise et courant Ă  disposition. Sur les deux derniĂšres j'ai appuyĂ© un peu plus la communication, par une annonce dans le petit magazine local Sortir et des annonces dans l'agenda du libre car la mĂ©diathĂšque se contentait d'une petite annonce dans l'agenda de la ville et une affiche Ă  l'accueil. Malheureusement, ces 3 Install Party se sont quasiment soldĂ©es par du pair Ă  pair, avec des pics de +/– 2 personnes prĂ©sente sur l'aprĂšs midi. Certes ce fĂ»t sympas voir enrichissant pour tous, mais ce n'Ă©tait pas l'engouement attendu par rapport Ă  mon investissement temporel1.

J'ai fini par laisser tomber. Fail #2

En septembre 2025, avec l'avĂšnement de “la fin de windows 10” et un peu de battage mĂ©diatique Ă  la TV, je me suis dit que reproposer une Install Party Ă  la mĂ©diathĂšque devrait susciter plus d'engouement. Et depuis les deux derniĂšres braderies de Lille, j'avais bien discutĂ© et pris quelques conseils auprĂšs du village du Libre (CLX, Chtinux...)

Fin septembre , je recontacte donc la mĂ©diathĂšque et propose deux dates pour organiser l'Install Party Eof10 et pour laisser du choix aux participants, via un sondage sur Framaforms: le 15 ou le 29 novembre, en laissant un mois au gens pour choisir la date oĂč il y aurai le plus de participants.

J'en profite pour mettre en copie la personne de CLX qui m'avait conseillé, car elle avait 2 connaissances dans ma ville intéressées par les Install Party, et pour me mettre en relation avec celles-ci. Je les ai donc inclus dans la boucle avec en plus des personnes que j'avais rencontrées lors de précédentes Install Party. Et j'ai aussi diffusé le sondage sur l'Agenda du Libre.

Niveau com j'avais fait mon max.

Résultat au 10 novembre, une semaine avant la 1ere date proposée: 0 retour.

DĂ©jĂ  du cotĂ© de la mĂ©diathĂšque, dĂ©but septembre, au bout de 15 jours de l'envoi de mon email, pas de rĂ©ponse, je relance et la personne en charge me rĂ©pond qu'elle Ă©tait en vacances. Puis 15 jours plus tard, en fait elle avait plus accĂšs Ă  leur boite email, “ok, elle va lancer de son cotĂ©â€. 1mois de perdu.

Bon, le seul retour que j'ai eu c'est celui de la personne de CLX, qui me “sermonnait” car les dates que moi[^1] j'avais choisies tombĂ©es en mĂȘme temps que des Install Party CLX dans la mĂ©tropole Lilloise. Hein? C'Ă©tait quoi le rapport avec l'orga de CLX!? A la base c'est mon petit truc perso, je n'essaye pas de monter une annexe CLX dans ma ville. (quoi qu'avec le recul et leur aide ça pourrai Ă  l'avenir se concrĂ©tiser cette fois)

Et de par les 2 connaissances locales de CLX intéressées ou les participants précédents, aucune réponse.

J'ai fini par laisser tomber. Fail #3

[1]: Perdre mon temps est une vĂ©ritable hantise pour moi. Je souhaite vraiment partager, “porter la bonne parole”, mais ma malĂ©diction geekesque fait que je trĂšs peu de temps Ă  accorder Ă  mes passions.

Retenterais-je en 2026.... To be continued

___ #Mastodon #LogicielsLibres #Humeur #Social #Linux

 
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from Blog d'une enfant de ce siĂšcle

CHANGER D’ETAT CIVIL

Changer notre identitĂ© civile, c’est possible. Et cela depuis la loi n° 93-22 du 8 janvier 1993. Est-ce qu’on peut changer qui on est? Notre histoire, nos erreurs, nos attaches? Mais s'agit-il vraiment de cela? Sans rompre avec nous-mĂȘme, on peut rompre avec ce qu’on refuse de devenir. Si j’ai Ă©tĂ© au bout de cette dĂ©marche, j’avais des raisons profondes de le faire. Je compte aujourd’hui partager mon expĂ©rience, mais surtout le processus. Pour ceux qui s’interrogent, ou ceux qui sont dĂ©terminĂ©s Ă  vivre cette renaissance.

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(Image : La Mulan de Disney, dessinée par DeesseNoire sur Deviantart. Suite à ce que sa famille attendait d'elle, Mulan aussi a traversé sa crise existentielle)

CHANGER DE PRENOM

Ce processus est plus long et plus complexe qu’un changement de nom. Un prĂ©nom est profondĂ©ment rattachĂ© Ă  une personne. A Kongthong (surnommĂ© « The Whistle Village ») en Inde (En tĂ©moigne cette vidĂ©o), les enfants se voient attribuer une mĂ©lodie par leur mĂšre qui devient leur premier prĂ©nom. Dans la communautĂ© sourde, on se voit attribuĂ© un prĂ©nom signĂ©, quand on cĂŽtoie souvent le milieu. Dans certaines cultures le prĂ©nom se change Ă  mesure que nous grandissons, que ce soit pour des raisons sociales ou spirituelles (comme en MĂ©sopotamie, ou en Chine).

Mais c'est beaucoup plus fixe en Europe et en France, sauf pour « franciser » un prĂ©nom « étranger » (Je ne les envie pas...). L’acceptation d’un changement d’état civil est donc plus complexe Ă  accueillir pour les familles. La signification des prĂ©noms a pourtant un impact sur la maniĂšre dont la personne est perçue ou dont elle se perçoit, mĂȘme inconsciemment. Certains parlent mĂȘme de « prophĂ©tie auto-rĂ©alisatrice », Ă  en croire cet article sur l'impact des prĂ©noms sur nous. Dans tous les cas la parole est performative, et tout prĂ©nom a une Ă©tymologie, une signification, une vibration particuliĂšre.

J’ai portĂ© longtemps mon prĂ©nom de naissance sans l’aimer. Me faire appeler par un surnom ou un pseudo ne me suffisait pas, il me fallait un changement radical. En pleine crise existentielle, j'Ă©tais en quĂȘte de tous les moyens qui me permettraient de vivre le plus possible en alignement avec ce que je souhaite pour moi. J'Ă©prouvais bien le besoin de rejeter une partie de ce qu’on m’a lĂ©guĂ© inconsciemment : je voulais en briser la prophĂ©tie, malgrĂ© ce qu’en disent les avis dĂ©terministes.

Dans « Je suis la bĂȘte », Anne Sibran dĂ©crit comment la protagoniste subit l’emprise d’un prĂ©nom qu’on lui impose. Il s’agit d’une enfant sauvage, dont la langue instinctive est nourrie par les bruits de la forĂȘt, et le silence. Mais chaque fois que l’homme qui l’a recueillie la nomme par le prĂ©nom qu’il lui impose : « MĂ©line », il la met sous emprise. Elle bascule alors dans un Ă©tat de soumission qui aliĂšne son libre arbitre.

Ce passage rĂ©sume un peu la maniĂšre dont je traversais les choses, avant de choisir comment je souhaitais ĂȘtre dĂ©signĂ©e. Il s’agit moins lĂ  d'un refus, de qui je suis ou qui j'ai Ă©tĂ©, que d’autodĂ©termination, d'Ă©mancipation, d'anticipation saine sur le reste de ma vie.

PROCESSUS DU CHANGEMENT DE PRENOM

Les démarches sont expliquées sur le site du gouvernement : « Procédure de changement de prénom »

Il m’a fallu :

-4 mois pour me faire appeler par un nom de scĂšne qui deviendrait mon prĂ©nom actuel (de novembre 2022 Ă  mars 2023) -2 ans pour peser ma dĂ©cision (de mai 2023 Ă  mai 2025) -PrĂšs d’1 an pour rĂ©unir toutes les attestations des mes proches pour complĂ©ter mon dossier (de juillet 2024 Ă  mai 2025) -1 an pour me dĂ©shabituer de mon ancien prĂ©nom (entre dĂ©but 2024 et dĂ©but 2025) -Beaucoup de fermetĂ© et de sĂ©rĂ©nitĂ© pour aider mes proches Ă  s'y faire

PiĂšces justificatives

Dans le détails, le dossier se compose:

1-Du formulaire de demande, trouvable en mairie ou sur internet, CERFA N° 16233*04, Ă  remplir et signer. 2-Copie intĂ©grale de l’acte de naissance, Ă  l’aide de l’identitĂ© numĂ©rique. (Peut-ĂȘtre est-ce possible en s’adressant directement Ă  sa mairie de naissance, je n’ai pas vĂ©rifiĂ© cette information) 3-Photocopie recto-verso de sa carte d’identitĂ© en cours de validitĂ© 4-Sa carte d’identitĂ© (il faut l’avoir sur soi quand on dĂ©pose son dossier) 5-Justificatif de domicile (facture d’électricitĂ©, de mobile, ou quittance de loyer) 6-Un texte argumentait qui dĂ©veloppe le motif pour lequel on souhaite changer de prĂ©nom (ce document n’apparaĂźt pas dans le dĂ©pliant, il est nĂ©anmoins important. On peut aussi vous demander de comparaĂźtre pour dĂ©velopper votre propos Ă  l’oral). 7-Justificatifs de l’intĂ©rĂȘt lĂ©gitime LĂ , il en faut le plus possible. Ils comprennent: -Tous les documents, billets de théùtre, tickets, ordonnances, attestations, qui tĂ©moignent de l’usage de votre nouveau prĂ©nom -Toutes capture d’écran, rĂ©seau social, mails, sms (en censurant les donnĂ©es privĂ©es bien sur, surtout dans la sphĂšre professionnelle) qui en tĂ©moignent aussi -Toutes les lettres de tĂ©moignage rĂ©digĂ©es par nos proches (famille, amis, collĂšgues
) qui stipulent que nous sommes nommĂ©s par le nouveau prĂ©nom demandĂ©. Pour aider mes proches, j’ai prĂ©parĂ© un modĂšle qui donne une idĂ©e de la prĂ©sentation, mais l’intĂ©rĂȘt est que ce soit un tĂ©moignage personnalisĂ© pour chacun. (Voici des exemples de tĂ©moignages, dans le cadre d'un changement de genre) -La copie recto-verso de la piĂšce d’identitĂ© de chaque personne qui tĂ©moigne dans ces lettres (oui c’est intrusif, mais dans certaines mairies les lettres qui ne sont pas accompagnĂ©es de ces document peuvent faire l’objet d’un refus de dossier.)

AprÚs avoir réuni tout ça, le processus administratif pouvait se lancer.

Processus prénom

Il me fallait donc :

-Passer Ă  ma mairie de rĂ©sidence pour demander toute prĂ©cision nĂ©cessaire sur les papiers Ă  transmettre (les exigences diffĂšrent selon les mairies) -Constituer un dossier complet (Dont une lettre explicative que j’ai prises le temps de rĂ©diger soigneusement pour dĂ©velopper mon motif) -DĂ©poser mon dossier Ă  l’Etat Civil de la mairie, fin mai 2025. Le fonctionnaire qui a vĂ©rifiĂ© mon dossier m’a dit «Je n’ai jamais vu un dossier aussi beau. »  (rĂ©ponse estimĂ©e dans les 4 mois). -J’ai reçu par courrier mon autorisation fin juin 2025 (De toute façon j’avais prĂ©cisĂ© dans ma lettre qu’en cas de refus je relancerais une demande) -A ce stade ma mairie de naissance devait me dire quand elle aurait apposĂ© la mention « changement de prĂ©nom » sur mon acte de naissance, j’ai appelĂ© pour savoir quand ils me rappelleraient -Le 8 aoĂ»t 2025 la mention a Ă©tĂ© apposĂ©e, et j’ai demandĂ© mon nouvel acte de naissance (copie intĂ©grale) en, ligne. Il me fallait ce document mon justifier de mon identitĂ©, avant d’obtenir une carte d’identitĂ© Ă  jour.

Le Motif

LE MOTIF Le terme « Motif d’ordre affectif » m'a mise en vigilance : j’ai Ă©changĂ© avec une salariĂ©e de la mairie pendant la Marche des fiertĂ©s de 2025. Ce motif est considĂ©rĂ© comme illĂ©gitime. C’est un problĂšme pour moi, parce que ce motif n’est pas dĂ©taillĂ© dans le dĂ©pliant. Ceux qui comme moi traverseraient une crise identitaire profonde, ne sont pas fatalement dans un processus de « Transidentité »  qui ne concerne que l’identitĂ© de genre. Je cherchais seulement un moyen de m’affirmer dans une identitĂ© oĂč je me reconnaisse. Ceux qui sont dans mon cas mĂ©riteraient de voir apparaĂźtre un autre motif lĂ©gitime. Le motif « Trauma » n’existe pas, et j’ai pris la libertĂ© d’utiliser ce terme dans ma demande qui a Ă©tĂ© admise.

CHANGER DE NOM DE FAMILLE

Le processus est plus simple pour le nom de famille, puisqu’il s’agissait pour moi de reprendre le nom de jeune fille de ma mĂšre. Certains ont pris mon choix pour un rejet. En rĂ©alitĂ©, les recherches que j’ai pu faire sur la famille du cĂŽtĂ© de ma mĂšre m’ont fascinĂ©e. L’orthographe, le sens, l’histoire qui y Ă©taient liĂ©, je les ai dĂ©couvert dans une profonde connexion avec mes valeurs. Si j’ai dĂ©cidĂ© de me lier Ă  ce nom, c’est par attachement Ă  ce nouvel aspect de mon histoire que j'explore encore aujourd’hui. A l’inverse de mon changement de prĂ©nom, il ne s’agissait pas d’autodĂ©termination, mais de comprĂ©hension de la mĂ©moire transgfĂ©nĂ©rationnelle qui me nourrissait. AprĂšs avoir choisi qui je souhaitais ĂȘtre, j’allais rendre hommage Ă  la seconde moitiĂ© de mon histoire. Et cela, en prime, en contrant la tendance traditionnelle et patriarcale, qui amĂšne l’enfant Ă  porter le nom du pĂšre, et non de celle qui l’a portĂ© dans son ventre.

PROCESSUS DU CHANGEMENT DE NOM

Processus Nom

Au moment oĂč j’étais venue dĂ©poser mon dossier, j’avais dĂ©jĂ  demandĂ© Ă  ce qu’on me fasse un point sur le changement de nom de famille. Je savais qu’il me fallait mettre mes papiers Ă  jour. Je ne souhaite pas le mariage et la demande de changement de nom de famille ne peut se faire qu’une fois. S’il s’agissait de changer de nom, ce serait maintenant ou jamais.

Que ce soit pour mon prĂ©nom ou mon nom de famille, j’essayais d’en parler le moins possible Ă  ceux qui me connaissaient depuis longtemps avant de faire mon coming-out. Je souhaitais rĂ©ellement qu’il s’agisse de mon propre choix, que mon consentement ne soit forcĂ© par aucune pression affective. Mais au moment de la procĂ©dure, contrairement Ă  mon prĂ©nom, je n’ai pas annoncĂ© mon changent de nom de maniĂšre officielle. J’ai plus longtemps peser le pour et le contre que pour mon changement de prĂ©nom, qui Ă©tait une Ă©vidence pour moi. J’hĂ©sitais Ă  associer les noms de famille de mon pĂšre et de ma mĂšre, mais en m’entraĂźnant Ă  les Ă©crire Ă  la suite je percevais la longueur d’un nom double. J’en avais mal Ă  la main d’avance. Non, dĂ©cidĂ©ment, j’étais trop attachĂ©e au nom de ma mĂšre, qui plus est un nom « étranger ». Je le voyais tellement comme un trĂ©sor Ă  prĂ©server, un patrimoine culturel Ă  dĂ©fendre, bien que je n’aie pas l’intention d’avoir d’enfant.

La dĂ©marche de changement de nom est simple et rapide. Mais, j’ai eu un contretemps:

PHASE 1 : orthographe erronée

-Le fonctionnaire m’a signalĂ© que le nom de famille de ma mĂšre Ă©tait mal orthographiĂ© sur mon acte de naissance. -J’ai demandĂ© en ligne l’acte de naissance de ma mĂšre (et en ai profitĂ© pour le lui renvoyer, elle qui ne l’avait pas) -J’ai Rempli le formulaire CERFA N° 11531*02, pour la rectification d’une erreur sur mon acte de naissance -J’ai dĂ©posĂ© Ă  ma mairie de rĂ©sidence le dossier nĂ©cessaire (le formulaire, mon acte de naissance, ma carte d’identitĂ©, l’acte de naissance de ma mĂšre) pour qu’ils l’envoient Ă  ma mairie de naissance -J’ai relancĂ© ma maire de naissance pour savoir s’ils l’avaient bien reçu -Quand la mention de correction a Ă©tĂ© apposĂ©e, j’ai demandĂ© mon nouvel acte de naissance

PHASE 2 : demande

-J’ai dĂ©posĂ© ma demande de changement de nom dĂšs que j’ai reçu la copie intĂ©grale de mon acte de naissance, dĂ©but octobre 2025. -J’ai reçu par courrier la rĂ©ponse (qui serait forcĂ©ment positive) Ă  la mi-novembre 2025 -J’ai donc relancĂ© ma mairie de naissance pour qu’elle me dise quand la mention serait apposĂ©e -Le matin du 24 novembre 2025 (lendemain de mon anniversaire), je recevais un message vocal de ma mairie de naissance m’annonçant que
 c’était fait.

PHASE 3 : mise Ă  jour des papiers

-J’ai demandĂ© mon acte de naissance Ă  jour -J’ai lancĂ© la demande de changement de carte d’identitĂ© (2 mois d'attente estimĂ©s), carte Ă©lectorale, carte vitale, carte europĂ©enne de santĂ©, mutuelle, permis de conduire -J’ai envoyĂ© l’info avec mon acte de naissance aux services publiques (normalement France Travail, la CAF, les ImpĂŽts se passent le mot, mais ça reste Ă  surveiller), Ă  ma ligne mobile, Ă  mon propriĂ©taire, Ă  mon fournisseur d’électricité  normalement les contrats ne sont pas Ă  refaire, mais il faut penser Ă  prĂ©senter un justificatif si on change de logement (ici, acte de naissance ou papier de la mairie) -Ma banque ne tolĂ©rait que la copie de la carte d’identitĂ© Ă  jour : Il s’agit vraiment de le faire rapidement pour Ă©viter les refus de paiement -Suite Ă  ça j’ai informĂ© toutes les personnes concernĂ©es par mon changement de RIB (proches, propriĂ©taires, autres professionnels) -Je sais que ce n’est pas obligatoire, mais j’ai aussi envoyĂ© une demande de rectification pour mes diplĂŽmes

Un conseil: si vous changez d'Ă©tat civil, gardez bien sous le coude tous les papiers qu'on vous donne, et une copie des papiers que vous donnez. Pour toute difficultĂ©, il y a des associations auxquelles on peut faire appel. De mon cĂŽtĂ© j’y suis allĂ©e solo, en mode « Je suis une Warrior »! Je sais pourtant que je fais partie des favorisĂ©s, certaines personnes Ă©prouvent des difficultĂ©s quand ils changent de pays (notamment concernant les diffĂ©rences de lĂ©gislation
). Si les structures publiques sont rĂ©fractaires en France, l’ADUCAF (Association de DĂ©fense des Usagers de la CAF) est trĂšs rĂ©active.

Maintenant je vous laisse, j’ai d’autres chemins à prendre
 Marchez d’un bon pied sur le vître!

Déesse qui m'a inspirée : Amaterasu, déesse japonaise du soleil. Elle avait plongé le monde dans les ténÚbres en se réfugiant dans Ama-no-Yasukawara. Elle daigna sortir de sa grotte de désolation, quand elle vit son propre reflet. Elle rejoint alors le monde, et la communauté des autres divinités.

 
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from colloid

Je ne suis pas du genre Ă  faire des rĂ©solutions. Je ne les tiens jamais. Je prĂ©fĂšre Ă©laborer des grandes lignes directrices pour l'annĂ©e. J'essaie d'ĂȘtre cohĂ©rente sur mon Ă©volution personnelle d'annĂ©e en annĂ©e. Les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes ont Ă©tĂ© fortes en apprentissage sur le Libre. Beaucoup de changement y ont Ă©tĂ© opĂ©rĂ©s. C'est donc naturellement que je continuerai sur ma lancĂ©e pour l'annĂ©e 2026.

Faisons d'abord un rapide rĂ©cap de 2025. Durant toute l'annĂ©e, j'ai Ă©tĂ© sous Linux, principalement sous la distro Mint. J'utilisais cette distribution depuis quelques annĂ©es. J'ai changĂ© vers octobre pour passer sur Fedora. Pour la faire courte, j'avais de plus en plus de mal avec l'environnement Cinnamon. Il me plaisait de moins en moins au quotidien pour diverses raisons. Je ferai probablement un article sur mon passage Ă  Fedora. J'utilise donc Fedora comme distribution principale depuis octobre et je dois dire que je suis conquis. L'environnement GNOME me correspond tout Ă  fait. Il est trĂšs “lisse” et l'ergonomie est adaptĂ©e Ă  mon fonctionnement.

Pour ce qui est des services et logiciels. Je suis essentiellement chez Zaclys pour le mail et cloud. Ce blog aussi est hébergé par Zaclys. La transition de Gmail à Zaclys s'est faite récemment. Mais je réfléchis déjà à une autre possibilité. Dans une optique d'auto-hébergement, je pense me diriger vers LaBriqueInter.net qui propose un chouette systÚme à faible coût. C'est l'ASBL Neutrinet qui m'a fait connaßtre cette solution. Affaire à suivre. Pour communiquer avec mes proches, j'utilise Signal. Cette app est vraiment trÚs simple d'utilisation et ressemble beaucoup à WhatsApp dans son fonctionnement. Elle est donc idéale pour convertir ses proches. J'ai supprimé l'ensemble de mes réseaux sociaux (Facebook, Instagram, etc.). Le seul que je garde est LinkedIn (pour l'instant). Je continue d'utiliser Reddit aussi et je me suis mis au Fediverse avec Mastodon. En termes de logiciels, voici une liste non exhaustive des plus utilisés : VSCodium, LibreWolf, Spyder, Flash Info, Joplin, Zettle, LibreOffice, Okular, Thunderbird, etc. Je pense que je ferai un article détaillé sur mon workflow.

Bref, parlons de l'avenir maintenant. Voici mes grandes lignes directrices pour 2026 :

  • Continuer sur le chemin du Libre, approfondir, et convaincre mon entourage Ă  passer le cap.
  • Apprendre, apprendre et encore apprendre ! Plus que jamais, il faut dĂ©velopper mes compĂ©tences au maximum, et ce, au-delĂ  de ce que j'apprends Ă  l'universitĂ©.
  • Mettre en place un systĂšme d'auto-hĂ©bergement de mes services mail et cloud.
  • M'investir dans un projet Libre.

En écrivant ces derniÚres lignes, je me rends compte que cela ressemble fort à des résolutions. Pour ne pas me porter malheur, je vais continuer à appeler ça des lignes directrices pour 2026 ! :)

À bientît.

 
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from colloid

Commencer un blog en finissant l'annĂ©e me semble ĂȘtre une bonne figure de style, n'est-ce pas ?

Bonjour et bienvenue sur mon blog ! Cela faisait quelques mois que j'hésitais à me lancer dans l'écriture d'un blog personnel. De nature timide et réservé, je ne suis pas tout à fait à l'aise à publier mes ressentis, opinions et autres textes personnels sur le web. Pourtant, je suis un grand adapte du blog. Je le préfÚre aux réseaux sociaux pour son intimité. Lire l'article d'une personne sur son blog est moins impersonnel qu'une page Facebook. Bref, aprÚs avoir lu pendant des années des articles de blogueur indépendant, il est temps de me lancer !

Ici, cher lecteur et lectrice, tu trouveras des posts sur mes centres d'intĂ©rĂȘts. L'idĂ©e n'est pas d'Ă©crire des articles lĂ©chĂ©s et ultra-complet, mais plutĂŽt de partager mes avis, pensĂ©es et intĂ©rĂȘts de maniĂšre brute et sans filtre. Le style d'Ă©criture sera loin d'ĂȘtre parfait, mais je me refuse de m'aider de l'IA pour l'amĂ©liorer. Encore une fois, ici, c'est brute et sans filtre. Je m'autorise Ă©videmment Ă  passer mes articles dans Eloquent (un logiciel open source de correction grammaticale sympa) pour t'Ă©viter Ă  lire des atrocitĂ©s ! ;)

Je rĂ©alise aussi ce petit blog de maniĂšre un peu Ă©goĂŻste... L'intĂ©rĂȘt, pour moi, est aussi de garder une trace sur ma façon de pensĂ©e Ă  diffĂ©rents moments de ma vie, sur l'Ă©volution de mes loisirs ou encore sur celle de mes croyances et valeurs.

Je t'invite donc Ă  ajouter ce petit blog indĂ©pendant, sans prise de tĂȘte, dans ton agrĂ©gateur RSS si tu le souhaites !

À bientît.

 
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from Ma vie sans lui

La 2e fois

Ce soir, ce sera la 2e nouvelle annĂ©e sans lui que je commencerai. J'ai Ă©crit “commencerai” mais j'ai pensĂ© “cĂ©lĂ©brerai”. Parce que oui, je vais faire la fĂȘte. Sans lui, et je crois qu'il serait trĂšs content que cela se passe ainsi.

L'annĂ©e derniĂšre, j'avais voulu passer cette fin d'annĂ©e seule, aprĂšs des fĂȘtes de NoĂ«l Ă©prouvantes, passĂ©s dans le manque de lui et le vide terrible qu'il laissait, au sein de ma famille et dans ma vie. RĂ©sultat des courses, j'avais passĂ© 3 jours entiers Ă  pleurer sur mon sort, sur l'amour perdu, sur les bilans nĂ©gatifs et l'avenir compromis. Cette fois, j'ai dit non, je ne veux plus revivre ça alors j'ai pris les devants en faisant partie du comitĂ© d'organisation d'un RĂ©veillon entre amis, en toute simplicitĂ© et je suis sĂ»re que nous allons passer une chouette soirĂ©e.

Mon amoureux me manque, encore et toujours mais le souvenir de lui se fait souvent moins lourd. Il y a quelques semaines, pour la premiĂšre fois depuis sa mort, j'ai pĂ» penser Ă  sa main dans la mienne sans pleurer, sentir encore sa douceur, son moelleux, sa chaleur, sans pleurer. Sa prĂ©sence auprĂšs de moi se fait plus rare, moins pesante. Je pleure toujours mais moins souvent, moins longtemps. Je peux Ă©voquer les souvenirs que nous avions ensemble sans sangloter, il m'arrive mĂȘme d'esquisser un sourire.

J'ai rĂȘvĂ© de lui 2 fois ces derniĂšres semaines, de maniĂšre trĂšs rapprochĂ©e. Comme toujours, il ne parlait pas mais je l'entendais clairement dans ma tĂȘte. La premiĂšre fois, alors que je l'engueulais parce qu'il ne m'avait pas rĂ©veillĂ©e, il me faisait comprendre qu'il ne pouvait plus le faire parce qu'il ne se rĂ©veillerait plus jamais. La seconde fois, il me tenait par la main et finissait par reculer, tout doucement, jusqu'Ă  ce que nos mains se sĂ©parent, avec un sourire doux. C'Ă©tait limpide.

Il me manque terriblement, Ă  plein de moments. Je continue Ă  lui parler Ă  voix haute et puis je me dis que c'est ridicule et puis je me dis que c'est normal. Son petit fantĂŽme est encore lĂ , toujours bienveillant. Mais il va bientĂŽt ĂȘtre temps pour moi de le laisser partir, de lui lĂącher la main. Parce que contrairement Ă  mon dernier rĂȘve, ce sera Ă  moi de le faire, je l'ai appris dans la BD offerte par ma niĂšce Ă  NoĂ«l (”Le problĂšme, avec les fantĂŽmes” de Mirion Malle).

J'ai relu hier des lettres qu'il m'avait adressĂ©es au tout dĂ©but de notre histoire, pendant le confinement. Nous nous aimions sans jamais nous ĂȘtre vus, nous ne savions pas si cet amour avait une chance, l'avenir Ă©tait incertain. Et il me parlait de cette corde qu'il faudrait peut-ĂȘtre couper si cette histoire devenait trop douloureuse, intenable. Je lui avais rĂ©pondu que ce serait Ă  moi de la couper, parce que c'Ă©tait moi pour qui c'Ă©tait le plus compliquĂ©. Je n'imaginais Ă©videmment pas que la corde Ă  couper serait celle qui me relie Ă  son petit fantĂŽme et que cela arriverait si vite.

Je ne suis pas encore tout Ă  fait prĂȘte mais je me prĂ©pare. Je sais que ce moment arrivera et je l'envisage avec sĂ©rĂ©nitĂ©. A l'occasion du passage dans une nouvelle annĂ©e, je me souhaite d'y parvenir.

Je vais mieux, je crois. Non, je sais. Je suis sûre.

 
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from jnpaco

ChĂšres compagnes, chers compagnons,

Qui suis-je ? Hier, un jeune ingĂ©nieur de 28 ans, spĂ©cialisĂ© en combustion dans l’industrie fossile, produit d’un systĂšme hyper-capitaliste. Aujourd'hui, artisan et cultiv’acteur responsable de mon environnement. Je souhaite partager avec vous ce manifeste sur l’urgence Ă©cologique, sur l’importance de changer de paradigme et de remettre en question tous nos fondamentaux : du mode de consommation Ă  notre rapport au matĂ©riel. Ce manifeste s’adresse Ă  tous les citoyens victimes des pays dit « dĂ©veloppĂ©s » construits sur un modĂšle Ă©conomique hyper-capitaliste (1).

Rentrons directement dans le vif du sujet : Notre impact sur l’écosystĂšme planĂ©taire doit ĂȘtre au cƓur de tous nos actes et choix afin de rĂ©tablir son intĂ©gritĂ©.

Pourquoi ? Car cet Ă©cosystĂšme naturel est notre garantie de pouvoir vivre paisiblement et sainement. Il nous englobe tous, nous relie toutes, quelque soit l’espĂšce Ă  laquelle on appartient. Que l’on soit ultra-Ă©colo ou climato-sceptique, la rĂ©alitĂ© est commune : notre Ă©cosystĂšme se dĂ©grade Ă  vue d’Ɠil et nous avec. Sans donner consciemment de sources, les consĂ©quences sont devant nos yeux. La biodiversitĂ© rĂ©gresse, les espĂšces animales et vĂ©gĂ©tales disparaissent plus vite qu’il ne s’en créé. La malnutrition, les pollutions de nos activitĂ©s humaines dans l’air, la terre et l’eau ainsi que notre rythme de vie amĂšnent Ă  de nombreuses maladies comme les diabĂštes, cancers, maladies chroniques, dĂ©pression. Le changement climatique entraine des sĂ©cheresses, des inondations, des incendies et typhons de plus en plus meurtriers chaque annĂ©e. On n’en parle pas assez dans les mĂ©dias de masse mais les mouvements de population en lien direct ou indirect avec ce changement climatique ont dĂ©jĂ  commencĂ©. Malheureusement, il n’y a aucune raison aujourd’hui pour que ces tendances s’inversent. Les prĂ©dictions annoncent des exodes par dizaines de millions, voire par centaines.

Nous, les enfants en pĂątissons dĂ©jĂ  le prix. Le niveau de santĂ© des populations se dĂ©grade. Et qu’en sera-t-il de celle de nos petits enfants ? Si on peut encore douter que le rĂ©chauffement climatique est aliĂ©nable Ă  l’activitĂ© humaine, peut-on douter que l’appauvrissement des terres arables, que la disparation des insectes dans nos champs ou que la pollution de l’air que l’on respire est imputable Ă  l’Homme ?

Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvĂ© la lampe merveilleusement magique du gĂ©nie et ce n’est pas non plus nos dirigeants marionnettisĂ©s par les super multinationales qui seront sujets Ă  des rĂ©vĂ©lations miraculeuses aboutissants Ă  de rĂ©els actes. Par chance, ils sont une extrĂȘme minoritĂ©. Nous sommes la majoritĂ©. Nous avons la capacitĂ© de faire basculer la balance. Collectivement, nos choix et actes quotidiens peuvent avoir un impact trĂšs significatif. Mais nous nous sommes assis sur un confort que nous ne pouvons plus nous permettre Ă  long terme. Ainsi les solutions se feront-elles inĂ©vitablement au prix de « sacrifices » de ce sur-confort. Nous sommes tous et toutes concernĂ©s, Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles bien sĂ»r, mais nous pouvons encore changer, quelque soit nos horizons et Ăąges, et faire toujours de son mieux (2).

Comme citĂ© plus haut, il faut changer de paradigme et remettre en question tous nos fondamentaux : du mode de consommation Ă  notre rapport au matĂ©riel. Le mode de consommation adoptĂ© par nos pays « dĂ©veloppĂ©s » entraine irrĂ©mĂ©diablement des pollutions non maitrisĂ©es et des dĂ©chets toxiques pour notre propre espĂšce, localement ou Ă  l’autre bout de la planĂšte. Dans notre systĂšme capitaliste ultra-libĂ©ral, la recherche de croissance infinie et exponentielle des capitaux ne peut ĂȘtre durable dans un monde fini. Pour assouvir leurs besoins boulimiques de puissance sur le marchĂ© Ă©conomique, les hauts dirigeants ne cessent de vendre excessivement et ce quel que soit le prix Ă©cologique et social pour les gĂ©nĂ©rations futures. La croissance du capital est inaliĂ©nable Ă  la croissance de la consommation. Mais si nous nous Ă©cartons de ce modĂšle Ă©conomique, nous consommons moins. Beaucoup moins. Ainsi nous polluons beaucoup moins : Ă  la fois par moins de production Ă©nergivore mais aussi par moins de dĂ©chets (3).

Plusieurs exemples. Un super porte-conteneur transportant les marchandises du Black Friday Ă©met autant de particules fines de souffre que 50 millions de voitures, sans mĂȘme ĂȘtre taxĂ© sur le carburant. Idem pour le transport aĂ©rien. 1 aller retour Paris/NewYork en avion Ă©quivaut Ă  l’émission de 1 tonne de CO2 par passager, soit environ 8000 km avec une voiture citadine. 1 kilo de bƓuf d'Ă©levage largement tributaire du pĂ©trole (Ă©levage en Ă©table) nĂ©cessite entre 13000 et 18000 litres d'eau pour sa fabrication. En rĂ©duisant sa consommation de 500g, on Ă©conomiserait 6500 Ă  9000 litres d'eau. Du bovin Ă©levĂ© en plein champs a bien sĂ»r un impact bien moins dĂ©sastreux. Cela ne nous empĂȘche pas de continuer Ă  couper l'eau du robinet pendant qu’on se brosse les dents. En consommant mieux et localement, nous favorisons les petits producteurs plutĂŽt que les grosses multinationales. Les richesses sont alors plus Ă©quitablement rĂ©parties. Nos actes, nos choix se rĂ©vĂšlent consĂ©quents pour notre avenir.

Alors comment prendre des dĂ©cisions durables et respectueuses de l’environnement, de la biodiversitĂ© et de nos semblables ?

Ma propre expĂ©rience m’a conduit Ă  suivre une mĂ©thode que je m’applique Ă  chaque nouvel achat. Libre Ă  chacun de la suivre tel quelle ou l’adapter Ă  sa façon.

1. Besoin de ce Bien ? Nécessité? 2. Origine du bien ? 3. Composition du bien et origine des Composants ? 4. Alternative à ce bien ? 5. Déchets en devenir ?

  1. Est-ce vraiment un bien (matĂ©riel ou immatĂ©riel) nĂ©cessaire ? Cette question rĂ©vĂšle la surconsommation sans frein que notre sociĂ©tĂ© tente de nous imposer. Nous nous persuadons de la nĂ©cessitĂ© d’objets ou de services de tous les jours sans jamais les remettre en cause. Mais y aurait-il des moyens diffĂ©rents pour arriver Ă  la mĂȘme fin ? Exemples trĂšs concrets : le dentifrice, le rouleau de papier toilette, les cotons tiges, l’éponge synthĂ©tique de cuisine, les pailles plastiques ou encore les assurances, les fournisseurs d’électricitĂ©, les hypermarchĂ©s, les banques, les matĂ©riaux de construction comme le ciment. Ces exemples ne sont pas anodins. Ils sont tellement ancrĂ©s dans nos habitudes qu’on ne pense mĂȘme pas Ă  les remettre en cause, Ă  leur trouver une alternative dont l’impact Ă©cologique pourrait ĂȘtre nettement plus bĂ©nĂ©fique.

  2. D’oĂč vient-il ? Le produit a-t-il fait 4 fois le tour de la terre ? Est-il commercĂ© en circuit court ou long ? Le cafĂ©, chocolat, bananes, avocats, textiles techniques synthĂ©tiques et mĂȘme les pĂątisseries industrielles de ma boulangerie du coin... On peut ĂȘtre trĂšs radical et ne plus en consommer ou alors en consommer moins mais mieux et chercher des fournisseurs responsables et transparents quant Ă  leur modĂšle de production, vente et transport.

  3. De quoi est-il composĂ© et d’oĂč vient ce qui le compose ? Un exemple qui nous concerne tous aujourd’hui, sans exception : le numĂ©rique. Il s’est insĂ©rĂ© si rapidement dans nos vies que l’on ne s’est jamais rĂ©unis pour rĂ©flĂ©chir et comprendre comment ces incroyables objets fonctionnent. A la place, nous nous sommes complĂštement dĂ©responsabilisĂ©s au bonheur des fabricants et fournisseurs, Ă  qui on attribue une confiance totale et aveugle. Ils sont tous composĂ©s de mĂ©taux lourds, nĂ©cessitant des machines extrĂȘmement Ă©nergivores, polluants nos terres et eaux offrant des conditions de vie pitoyables aux enfants et adultes prĂ©sents dans des mines d’Afrique et de Chine. A qui cela profite-il ? Les GAFAM (4), la Chine, la Russie ? Eux-mĂȘmes qui scrutent nos moindres clics pour nous vendre le dernier machin-truc ultra personnalisé ? Mais comment se financent-ils ? GrĂące Ă  nous, grĂące aux services gratuits qu’ils nous proposent, comme de nombreuses adresses mail. Nous sommes devenus nos propres produits de consommation. Parlons de notre Ă©lectricitĂ© Ă  75 % d’origine nuclĂ©aire. Pas chĂšre, mais Ă  quel prix au long terme lorsque le coĂ»t du dĂ©mantĂšlement des centrales sera inclue dans le tarif de l’électricité ? Et notre alimentation ? Quels ajouts chimiques composent mes plats cuisinĂ©s prĂ©parĂ©s ? Que penser du jambon artificiellement rose colorĂ© aux additifs chimiques de sels nitritĂ©s ? Les farines qu’utilisent ma boulangerie sont-elles issus de l’agriculture conventionnelle, de blĂ© anciens ou de variĂ©tĂ©s aux glutens modifiĂ©s ? Ce type de culture bĂ©nĂ©ficie de 2/3 des aides totales de la PAC (5) europĂ©enne : en la supprimant, ce systĂšme agricole reste-il rentable ? Qu’ingĂ©rons-nous vraiment lors de la prise de mĂ©dicaments provenant des grands groupes pharmaceutiques ? Doit-on continuer Ă  consommer du bio-diesel provenant des palmiĂšres amazoniennes dont la culture oblige la destruction de millions d’hectare de forĂȘts primaires ? Quelles banques financent de tels projets dĂ©sastreux pour l’écosystĂšme et la biodiversité 

  4. Quelles sont les alternatives ? L’objectif de moins et mieux consommer nous amĂšne donc Ă  chercher des alternatives plus locales pour rĂ©duire le transport de marchandise et favoriser l’économie locale. Afin d’éviter la problĂ©matique du 5e point ci-dessous, il est prĂ©fĂ©rable de privilĂ©gier des biens rĂ©parables ou recyclables facilement, engageant le moins de transformation et transport possible pour le futur bien recyclĂ©.

  5. Est-ce que le produit s’inscrit dans une Ă©conomie circulaire, sans crĂ©ation d’aucun dĂ©chet ? Le site web de Julien Vidal « Ca commence par moi » (6), Ă  l’initiative de Julien Vidal, propose justement des rĂ©ponses Ă  ces questions. Il recense une grande quantitĂ© d’informations de ce qui peut ĂȘtre fait Ă  notre Ă©chelle individuelle de maniĂšre trĂšs concrĂšte. Son projet a Ă©tĂ© de trouver 1 action par jour directement applicable pendant 1 an. Le site recense aujourd’hui plus de 400 actions. Les livres accompagnants vers un mode de vie zĂ©ro dĂ©chet sont de trĂšs bons guides pour trouver des solutions.

AprĂšs s’ĂȘtre posĂ© ces questions, la dĂ©cision finale de tel ou tel achat ou service amĂšne un sentiment de fiertĂ©. DĂšs lors nous ne sommes plus qu’un simple produit de consommation mais nous nous Ă©levons rĂ©ellement Ă  un niveau de consom’acteur, avec une meilleure maitrise de connaissance sur le bien lui-mĂȘme, une meilleure connaissance sur notre impact Ă©cologique et donc un meilleur respect envers notre Ă©cosystĂšme et la biodiversitĂ© qui va avec, nous autrement dit.

Mais il existe une limite : il n’est pas possible de maĂźtriser entiĂšrement la chaĂźne de production de bout en bout et il n’est pas question non plus de revenir en arriĂšre : des outils comme internet, les smartphones et ordinateurs, les voitures mĂ©ritent de continuer d’exister. A dĂ©faut de ne pas pouvoir participer Ă  leur Ă©co-construction, ni d’ĂȘtre souverain technologiquement nous pouvons soutenir financiĂšrement des projets intĂ©grant une Ă©co-conception inclus dans une Ă©conomie circulaire, sans dĂ©chets, rendre commun ces Ă©quipements (7), favoriser leur neutralitĂ© (8).

La recherche de rĂ©ponses Ă  ces 5 questions prend du temps. Beaucoup de temps. Mais l’enjeu est Ă  la hauteur de notre responsabilitĂ© de vie dans une sociĂ©tĂ© que l’on souhaite durable en tant que citoyen responsable. Nous nous sommes façonnĂ©s un rythme de vie trop rapide oĂč l’on ne maitrise plus grand-chose
 Il est primordial de changer ce paradigme : dĂ©gageons-nous du temps pour se recentrer sur nous-mĂȘme, pour se reconnecter au vivant, pour rĂ©flĂ©chir sur ce qui importe vraiment, pour s’informer, cultiver et se cultiver, pour participer Ă  la vie politique locale dans son sens initial. Il existe de nombreux mĂ©dias indĂ©pendants comme Thinkerview, Blast qui sont des sources d’informations gĂ©nĂ©rales trĂšs pertinentes et qui vont dans le sens de prendre le temps de s’informer.

Petit Ă  petit, les colibris refont leur nid.

N’hĂ©sitons pas Ă  partager autour de nous des bons conseils et Ă  sensibiliser notre entourage, Ă  crĂ©er du lien et se serrer les coudes. Nous avons besoin de tout le monde, de toutes nos diffĂ©rences et de nos richesses singuliĂšres. C’est notre cadre de vie qui est en jeu, notre Ă©cosystĂšme, celui de cette belle planĂšte et notre dĂ©sir de laisser Ă  nos enfants un cadre de vie toujours plus sain. Pausons nous. Observons nous Ă  l’intĂ©rieur. Admirons la beautĂ© naturelle du vivant autour de nous Participons collectivement et activement pour le bien commun. Montrons l’exemple. Restons un maximum cohĂ©rent tant que cela est possible. Prendre soin de soi c’est prendre soin de nous.

Votre compagnon, Jean-Noé

16/06/2019, MAJ 29/12/2025

(1) Lire la BD « L’hypercapitalisme » de Larry Gonick et Tim Kasser (2) Lire « Les 4 accords toltĂšque »s de Don Miguel Ruiz. Accord n°4 : Faites toujours de votre mieux. (3) Lire le manifeste Negawatt, de l’Association Negawatt : 1. SobriĂ©tĂ© 2. EfficacitĂ© 3. Renouvelable (4) Google Amazon Facebook Apple Microsoft (5) Politique Agricole Commune (6) https://www.cacommenceparmoi.org/ (7) Service de partage de voiture comme Citiz (8) NeutralitĂ© du Net

 
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from Fils et Mailles

Roman publiĂ© en 1906. Le socialisme se propage en Russie. Les ouvriers, puis les paysans, ne supportent plus les conditions de vie imposĂ©es par le pouvoir en place et la corruption systĂ©mique. Ils rĂ©agissent. Ils s’organisent. Ce qui m’a plu, c’est que Gorki a mis en avant le rĂŽle des femmes. Elles sont partout. Pas en avant. Pas en hĂ©roĂŻnes qui font du bruit. Mais avec leur maniĂšre Ă  elles de ressentir et d’agir. Gorki leur a donnĂ© une belle place dans le roman.

D’abord la mĂšre, PĂ©laguĂ©e. Au dĂ©but du roman, on la voit vivre dans la crainte. De son mari, de la police, de ce que pense le voisin. Elle vit courbĂ©e, battue par son mari, effacĂ©e depuis si longtemps qu’elle n’a plus le souvenir de jours heureux.

Son mari dĂ©cĂšde. Son fils entre dans le mouvement politique et en devient un leader local. Elle Ă©coute les rĂ©unions qui se dĂ©roulent chez elle. Elle fait des efforts pour comprendre. Elle apprend Ă  lire. Une transformation s’opĂšre. Elle aime la camaraderie authentique du groupe qui se forme. Elle ne devient pas une rĂ©volutionnaire au sens classique. Elle devient quelqu’un, elle qui n’avait pas d’existence propre. Sa force, elle ne la crie pas. Elle avance, c’est tout.

Natacha, c’est la jeunesse. Elle va vite. Elle croit que ça peut changer, maintenant, tout de suite. À cĂŽtĂ© de PĂ©laguĂ©e, on sent le dĂ©calage de gĂ©nĂ©ration. La peur d’un cĂŽtĂ©, l’élan de l’autre.

Sachenka, c’est le calme et la clartĂ©. Elle analyse. Elle explique sans Ă©craser. Elle rassure.

Sophie, c’est la douceur sans ĂȘtre naĂŻve. Elle aide, elle Ă©coute, elle est lĂ . Mais elle ne se fait pas d’illusions. Elle sait que le monde est dur. Elle est aussi pianiste et, par elle, PĂ©laguĂ©e dĂ©couvre la musique.

Lioudmila, c’est la libertĂ©. Elle est trĂšs active et ne mĂ©nage pas sa personne. Elle n’est pas enfermĂ©e dans un rĂŽle. Elle ne demande pas si elle a le droit d’ĂȘtre lĂ . Elle est lĂ .

Et Tatiana. Plus discrÚte. On la remarque moins, mais sans elle, beaucoup de choses ne se feraient pas. Elle représente toutes celles qui agissent en silence.

Pour moi, La MĂšre, ce n’est pas seulement un roman sur des idĂ©es. C’est un roman sur des transformations intĂ©rieures. Et trĂšs souvent, ce sont les femmes qui les portent. Pas avec des grands mots, mais avec des gestes. Avec une prĂ©sence et une force tranquille. Une endurance.

Ce livre-là, je l’ai surtout lu à travers elles.

 
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from Depuis les Gorces

#Feminisme #Societe

Pourquoi va-t-on chez lae psy ? Pour aller mieux, ou pour ĂȘtre une meilleure version de nous mĂȘme ?

Devenir une meilleure personne

J'ai lu le tĂ©moignage d'une femme dont l’amoureux lui demande de changer pour qu'ils restent ensemble. Elle trouve que c’est bien car ça l’aide Ă  devenir une meilleure personne. Elle va mĂȘme voir un psy pour qu’il l’aide Ă  s’amĂ©liorer.

Devenir une meilleure version de soi-mĂȘme

J'Ă©tais mal Ă  l’aise en lisant ce tĂ©moignage. J'avais l'impression que son compagnon Ă©tait un manipulateur et qu'il la fait se sentir nulle.

Et en mĂȘme temps, qu’est-ce que je peux dire moi qui ai lu des tas de livres de dĂ©veloppement personnel dans la bibliothĂšque de mon pĂšre, puis dans ma kobo pour comprendre comment devenir meilleure, savoir mieux y faire avec les humains, pour apprendre, et dans la vie ? Mais j'ai l'impression qu'il y a une diffĂ©rence entre vouloir changer, et que quelqu'un veuille qu'on change.

Être mieux, pas aller mieux

RĂ©cemment, j’ai mangĂ© avec une mastopote qui m’a dit :

« le psy c’est pour aller mieux pas pour ĂȘtre mieux »

Et lĂ  j’ai rĂ©alisĂ©. C’était tellement bien dit. C’était tellement ça.

D'ailleurs, j'ai commencĂ© Ă  aller voir une psy il y a un an. Ma demande Ă©tait de reprendre du contrĂŽle sur ma vie pro, et donc de changer, j'avais besoin d'aller mieux (et de dormir mieux), mais pas d'ĂȘtre meilleure...

Doit-on changer pour celleux qu’on aime ?

Ma mĂšre m’a toujours dit qu’aimer une personne en espĂ©rant qu’elle change, c’est peine perdue.

Et effectivement, je crois qu’aimer une personne ce n’est pas lui trouver aucun dĂ©faut. C’est de connaĂźtre ses dĂ©fauts et se dire que c’est OK, ça fait partie du lot, et ça nous va.

J’ai par exemple une de mes meilleures amies qui n’est pas fiable (un truc que je dĂ©teste Ă  un point trĂšs trĂšs Ă©levĂ©), une autre qui a glissĂ© Ă  droite, une qui est trĂšs chouchounette et parfois un peu pĂ©nible, une qui fait souvent des longs monologues grognon, une toujours en retard, 
 tout ça j’aime pas, mais chez mes amies, c’est OK. Je prends le package, je les aime avec leurs dĂ©fauts, et je n’attends pas qu’elles changent.

Mon compagnon c’est pareil. Un jour peut ĂȘtre je ne supporterai plus ses dĂ©fauts. Mais so far so good 💙.

Et Ă  l’inverse, je pense aux compagnons toxiques de certaines de mes amies. Ces hommes les maltraitent : blagues dĂ©nigrantes devant les copaines et leurs enfants, reproches constants, colĂšres et chantage affectif. J’aimerais qu’eux changent, ou que mes copines les quittent. Mais en Ă©crivant ces lignes je me dis que ces hommes sont maltraitants car ils vont mal et ne se soignent pas. En fait, je rĂȘverais qu’ils aillent mieux, qu’ils se soignent, et qu’ils deviennent les conjoints normaux dont mes copines sont tombĂ© amoureuses.

Développement personnel, coaching, ou psychothérapie ?

Du coup je crois que je vois mieux la différence entre coaching et psychothérapie.

👉 En tant que pĂ©dagogue ou sportive, lea coach c’est la personne qui te permet d’ĂȘtre performant·e et d’atteindre tes objectifs. Tu apprends des techniques, et iel t’aide Ă  les mettre en Ɠuvre. Parfois cela demande de rĂ©flĂ©chir Ă  comment tu fonctionnes, mais ça n’est pas l’objectif. La finalitĂ© est la performance.

👉 À l’inverse, lea psychologue, c’est la personne qui t’aide Ă  aller mieux. Parfois ça veut dire apprendre des techniques, parfois ça veut dire rĂ©flĂ©chir Ă  comment tu fonctionnes. La finalitĂ© c’est le mieux-ĂȘtre.

Je crois que cette distinction ne m’était pas aussi claire. Peut ĂȘtre que vous n’avez pas exactement la mĂȘme, peut ĂȘtre que ça n’est pas la distinction officielle, je ne suis pas allĂ©e googler vu que j’écris ce billet dans un train avec trĂšs peu de wifi.

 
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from Un SpicilĂšge

Mort d'un acteur

Comme souvent, je me baladais au hasard sur les sites de replay à la recherche de courts métrages quand l'affiche de Mort d'un acteur m'a interpelée. Comme j'étais contente de découvrir Philippe Rebbot dans ce format. Cela fait si longtemps que je le vois promener son allure efflanquée dans le cinéma français sans vraiment m'attarder sur sa carriÚre. J'ai enfin pu prendre le temps de découvrir cet acteur à l'atypisme attractif car il est le personnage principal de ce court métrage plein de malice, qui nous interroge sur ce que représente vraiment exister (ou disparaßtre) quand il s'agit d'une carriÚre artistique.

Un beau matin, Philippe Rebbot dĂ©couvre que sa mort est annoncĂ©e dans les mĂ©dias... alors mĂȘme qu'il est parfaitement en vie. Cette anomalie va l'entraĂźner dans une suite de situations absurdes, dans lesquelles l'humour omniprĂ©sent va parfois laisser place Ă  une ironie mordante. Le film s’amuse en effet beaucoup de son titre,Ă  prendre au sens littĂ©ral tout autant que mĂ©taphorique. Si la mort est au dĂ©part administrative, elle permet de mettre le doigt sur une interrogation : un comĂ©dien sur le retour n'est-il pas dĂ©jĂ  « mort » pour une partie de la profession ?

Mais ne plombons pas l'ambiance de cette fin d'annĂ©e. Si Mort d’un acteur fait un constat lucide, c'est avant tout un film lĂ©ger qui parle avec tendresse du mĂ©tier d'acteur, que ce soit quand on brille qu'au moment oĂč le tĂ©lĂ©phone sonne un peu moins. Si la mise en scĂšne est discrĂšte, elle laisse toute la place au jeu, principal atout du film. Face Ă  un Philippe Rebbot remarquable, tout en maĂźtrise et en autodĂ©rision, on retrouve l'Ă©nergie de Finnegan Oldfield (que j'apprĂ©cie de plus en plus) parfait antagoniste Ă  la nonchalance du premier.

Grinçant et futĂ©, Mort d’un acteur se regarde avec un vrai plaisir, avant tout pour passer un moment drĂŽle avec de bons acteurs.


Mort d'un acteur | Ambroise Rateau | 2024

 
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from Depuis les Gorces

Réflexions sur la place du tricot dans notre groupe social et du modÚle patriarcal que nous montrons à nos enfants.

#FĂ©minisme #SociĂ©tĂ© Je reviens d’un voyage au Danemark chez ma sƓur qui est passionnĂ©e de tricot. C’était l’occasion pour moi de me motiver Ă  terminer un mini projet dĂ©marrĂ© il y a trĂšs longtemps en ayant de l’aide pour rĂ©parer mes erreurs.

On a tricotĂ©, et je me suis aussi souvenu de ce qui ne me plaisait pas : c’est « un truc de filles ». Je n’ai vu que des femmes tricoter, acheter de la laine, ou parler de tricot. En tricotant chez ma sƓur, deux mailles Ă  l’endroit, deux mailles Ă  l’envers, je crois que le tricot m’a amenĂ©e un peu plus loin dans mes rĂ©flexions.

L’égalitĂ© hommes-femmes dans ma gĂ©nĂ©ration

J’ai grandi Ă  une Ă©poque et dans un groupe social oĂč un homme qui faisait la cuisine ou qui allait chercher son enfant Ă  l’école Ă©tait un hĂ©ros. Les tĂąches domestiques Ă©taient encore trĂšs largement rĂ©alisĂ©es par les femmes, mĂȘme quand elles travaillaient en dehors de la maison. On a Ă©tĂ© sensibilisé·es dĂšs l'Ă©cole aux inĂ©galitĂ©s entre les hommes et les femmes. On nous a expliquĂ© que c’était dommage que les filles ne choisissent pas assez les carriĂšres bien vues comme ingĂ©nieure ou mĂ©decin ou astronaute. On ne nous disait pas par contre que les petits garçons ne choisissaient pas assez les carriĂšres d’infirmier ou de technicien de surface.

L’une des luttes fĂ©ministes de ma gĂ©nĂ©ration est de se battre pour partager Ă©quitablement la charge domestique : vaisselle, courses, cuisine, mĂ©nage, charge mentale, et pour celleux qui en ont : les soins aux enfants. On veut aussi accĂ©der aux mĂȘmes carriĂšres que celles des hommes, et avoir le mĂȘme salaire – qu’on n’obtient toujours pas. Et les copaines qui ont des enfants rĂȘvent que leurs filles veuillent ĂȘtre astronautes et pas princesses ; on rĂȘve de casser le schĂ©ma ! 

On a beaucoup changĂ©, mais rien n’a changĂ©

Mon frĂšre est un super papa : il cuisine, il fait les courses et la vaisselle, il nettoie le sol de sa propre initiative, il a pris du congĂ© paternitĂ©, il sait s’occuper de sa fille sans avoir besoin de demander Ă  sa mĂšre ce qu’il faut mettre dans le sac. C’est pareil pour le compagnon de ma sƓur. Et je pourrais dire la mĂȘme chose d’un certain nombre d’hommes de ma gĂ©nĂ©ration et de ma classe sociale : des hommes modernes qui partagent (presque) Ă©quitablement les tĂąches domestiques.

Mais quand j’écoute les copaines un peu plus Ăągé·es que mes frangins, visiblement, le partage des tĂąches domestiques ne change pas grand-chose dans les goĂ»ts genrĂ©s de leurs enfants. MalgrĂ© des pyjamas dinosaures et beaucoup de jouets non genrĂ©s, les petites filles veulent encore des trucs de princesse et les garçons des pelleteuses ou des camions de pompier.

Alors en gĂ©nĂ©ral je me dis que le problĂšme est Ă  la crĂšche, ou Ă  l’école, ou Ă  la TV (mĂȘme si mes copaines bobos regardent trĂšs peu la TV), ou alors le problĂšme ce sont les grands parents ?

Les loisirs et le patriarcat

Au repas de NoĂ«l, quand j’ai vu les hommes et les femmes en cuisine, puis les femmes qui parlent tricot, et qui tricotent, et pas les hommes, je me suis demandĂ©e :

Pourquoi les hommes cuisinent, font la vaisselle, mais ne tricotent pas ?

En fait, la rĂ©ponse est simple (mais j’ai mis plusieurs jours Ă  comprendre). Dans notre sociĂ©tĂ© consumĂ©riste, le tricot est un loisir, au mĂȘme titre que la cĂ©ramique ou la menuiserie. Ce n’est pas une tĂąche domestique.

Et autant nous nous sommes battues pour lutter contre la distribution genrée des tùches domestiques, autant, les loisirs sont majoritairement resté en dehors du champ des luttes féministes.

Les hommes continuent à avoir des loisirs d’homme, et les femmes des loisirs de femme, comme le tricot.

Nos loisirs montrent une socialisation genrée à nos enfants

Toustes mes copaines progressistes veulent élever leurs enfants sans distinction de genre. Iels proposent des camions aux petites filles et des poupées aux petits garçons.

C’est aussi une des raisons qui poussent certaines de mes copines Ă  exiger que leur compagnon partage Ă©quitablement les tĂąches domestiques (quel exemple on va montrer aux enfants?). C’est aussi cette raison, et aussi l’envie de rĂ©ussir, qui pousse des copines Ă  avoir une belle carriĂšre. Montrer qu’on peut y arriver, et qu’on peut avoir un Ă©quilibre dans le couple.

Mais je rĂ©alise que ça n’est qu’une partie du problĂšme et qu’on incarne le patriarcat dans beaucoup d'activitĂ©s de notre quotidien.

  • Papa fait la vaisselle, mais papa ne tricote pas, ne coud pas, ne fait pas de yoga. Et aucun papa ne tricote, ne coud ou ne fait du yoga. Par contre beaucoup de papa font du trail ou de la course, regardent le sport Ă  la TV, et parfois un peu de bricolage. Mais aucun papa n’a des activitĂ©s « typiquement fĂ©minines », ou bien c’est une exception trĂšs Ă©trange.
  • Maman fait aussi la vaisselle, et souvent elle a des loisirs crĂ©atifs : elle coud, ou tricote, ou elle dĂ©core la maison
 Et si elle ne le fait pas, quasiment toutes les autres mamans le font. Certaines maman font aussi quelques activitĂ©s « typiquement masculines » comme faire de la course ou du vĂ©lo, et c’est plutĂŽt bien vu.

Rajoutons Ă  cela que papa sort avec ses copains boire une biĂšre et regarder le match, et que maman va avec des copines faire un thĂ© poterie. Ou bien que les filles tricotent pendant que les gars regardent les news sur leur tĂ©lĂ©phone, et voici tout un ensemble de situations oĂč nous expliquons par la pratique aux enfants que les garçons et les filles ne se mĂ©langent pas et ne font pas la mĂȘme chose.

Nos loisirs expliquent aux enfants que les hommes et les femmes sont deux groupes sociaux trÚs différents, avec des activités différentes. Et elleux apprennent à faire comme « une femme » ou comme « un homme » selon leur genre.

(il y a aussi Ă©videmment toutes les fois oĂč on dit Ă  une petite fille qu'elle est jolie et Ă  un petit garçon que c'est un acrobate et un futur alpiniste).

Le patriarcat et la dévalorisation des activités typiquement féminines

On pourrait dire : en quoi c’est grave que les petits garçons fassent massivement du foot alors que les petites filles vont Ă  la gym ou apprennent Ă  tricoter ? On n’apprend pas davantage de physique au foot plus qu’à la gym ? (puisque le problĂšme au coeur de ma gĂ©nĂ©ration Ă©tait l'accĂšs Ă  des mĂ©tiers « valorisĂ©s »).

Mais le problĂšme, c’est que toutes les activitĂ©s fĂ©minines sont moins valorisĂ©es que celles rĂ©alisĂ©es majoritairement par des hommes.

  1. Les métiers masculins comme chirurgiens sont (beaucoup) mieux rémunérés que les métiers féminins comme infirmiÚre.
  2. Et cette hiĂ©rarchie existe aussi pour les loisirs. Un garçon qui fait de la danse sera moquĂ©, alors qu’une fille qui fait du planeur sera valorisĂ©e.

Et ça pourrait ne pas ĂȘtre grave, si cette dĂ©valorisation des activitĂ©s « typiquement fĂ©minines » n’avait pas un impact dans d’autres pans de la vie. Je ne me vois pas Ă©crire « tricot » comme loisir sur un CV pour un poste, mais j’écrirais bricolage ou planeur. Mes loisirs et mes goĂ»ts plus gĂ©nĂ©ralement auront un impact sur ma carriĂšre.

En effet, si j’aime le foot, je peux aller voir des matchs de foot avec les collĂšgues hommes, ĂȘtre bien perçu car j’ai jouĂ© dans le mĂȘme club que le chef quand j’étais enfant, ou bien simplement participer aux conversations chaque midi. Si je n’aime pas le foot, ni aucune des activitĂ©s typiquement masculines, il me sera trĂšs difficile de m’intĂ©grer dans un milieu d’hommes. Et lors de mon entretien d’embauche, il est trĂšs probable qu’on me prĂ©fĂšrera un homme qui a l’air plus proche « de la culture de l’équipe ou de l’entreprise ».

Et je crois que j’avais implicitement bien compris ça quand j’étais jeune. Et plutĂŽt que de vouloir renverser le patriarcat, moi, je voulais faire les trucs cools, les trucs de mecs. Et donc je ne voulais pas ĂȘtre la fille qui tricote et qui rĂȘve de se marier et d’avoir des enfants. MĂȘme si j’adorais faire des choses de mes mains et que j’avais en mĂȘme temps envie de tricoter. Et surtout, c’est Ă  cause de cette hiĂ©rarchie de valeurs que les hommes ne trouvent pas dĂ©sirables nos activitĂ©s de loisir. Ce ne sont pas les activitĂ©s de leurs pairs, et en plus, c’est des activitĂ©s de filles.

Je ne sais pas comment on donnera envie aux hommes de tricoter, (Ă  part en renversant le patriarcat, mais on fait comment ?) mais je sais que tant que nos loisirs seront genrĂ©s, on ne pourra pas ĂȘtre surpris·es que les petites filles veuillent devenir des princesses, ou en tous cas, faire tout ce qu’il faut pour intĂ©grer le groupe des « filles-femmes ».

#Feminisme

 
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from Fils et Mailles

Sous ses pieds les pavés de la petite rue le font tantÎt légÚrement trébucher, tantÎt rebondir mollement.

Il est lĂ , dans la rue, au milieu du ballet des passants, mais son esprit danse ailleurs. Les mots l’entourent, espiĂšgles, bavards, jamais fatiguĂ©s.

Eux ne voient qu'un vieil homme barbu aux longs cheveux blancs, au regard bleu perçant.

Personne ne semble le voir, ne le calcule et n'a l'idĂ©e de lui prĂȘter attention. Lui, il se parle Ă  lui-mĂȘme et il leur parle aussi mentalement.

Ils s'expriment par leur langage corporel, leur mise vestimentaire, leur coiffure, leur démarche, leurs tatoos...

Mais lui préfÚre les mots.

Il ne se paie pas de mots. Non, il les paie d’attention. Il les goĂ»te, les fait rouler sous sa langue mentalement. Avoir le dernier mot ? Pourquoi pas le premier, ou celui d’aprĂšs ? Il sourit. Le monde autour de lui, les passants, les vitrines, tout cela n’est qu’un dĂ©cor en mouvement, une toile qui se dĂ©ploie sans jamais vraiment exister.

Les mots, eux, sont bien rĂ©els. Ils ont du poids, de la texture, parfois mĂȘme un parfum. Il les connaĂźt depuis toujours, et ils le connaissent mieux encore.

Un enfant passe en courant. Courir aprĂšs les mots ? Ils sont trop rapides.

Une affiche criarde : trop de mots pour ne rien dire. Quelqu'un l’effleure sans le voir. Lui aussi est un mot. Un mot oubliĂ© ?

Il continue. Il n’a pas froid, il n’a pas chaud. Il flotte un peu. Ses pieds avancent d'eux-mĂȘmes. Il trĂ©buche – qu' importe. Tout devient plus doux, plus lĂ©ger.

Les mots chuchotent autour de lui, comme une brise dans les feuillages. Ils l’enveloppent, l’accompagnent. Plus de poids ni de course. Juste ce glissement naturel, cette caresse du silence.

Il ferme les yeux.

Et les mots, tendrement, l’emportent.

 
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from LK blogue


A mi-dĂ©cembre, j’ai acquis d’occasion un ThinkPad T480, reconditionnĂ© avec Linux Mint installĂ©. Ceci est la chronique de ce choix et de ce passage de l’univers Apple Ă  l’univers Linux. PrĂ©lude Ă  Fondation.

En la matiĂšre, je peux parler d'un nouveau dĂ©part, d'une nouvelle Fondation (au sens «assimovien» du terme) que j'opĂšre non seulement en passant Ă  Linux, mais sur un ordinateur portable non Apple. En effet, mes dĂ©buts avec les ordinateurs d'Apple remontent Ă  plus de vingt ans (1993 ou 1994) dĂ©sormais et au moment oĂč j'ai fait l'acquisition d'un Mac LC, surnommĂ© la “boĂźte Ă  pizza”, en raison de mes activitĂ©s d'enseignant. Cependant, mon premier ordinateur a Ă©tĂ© un Olivetti M15 avec 512ko de mĂ©moire vive et deux lecteurs de disquette de 720ko et pesant 5,7 Kg (!) , achetĂ© Ă  sa sortie en 1987.

Un Olivetti M15, avec son clavier détachable (une riche idée)

Depuis un certain temps, j’envisage le passage Ă  Linux (De l’air
 avec mon MacLinux en recyclant d'ancien MacBook, voire mĂȘme un rĂ©cent. L'expĂ©rience ne m'a pas donnĂ© satisfaction.

A partir de lĂ , j’en suis arrivĂ© Ă  la conclusion qu’il me fallait trouver un ordinateur portable configurĂ© pour Linux soit un modĂšle neuf, soit un modĂšle d’occasion. Mes diffĂ©rentes recherches m’ont amenĂ© vers les ThinkPad de Lenovo. Il est ainsi possible sur certains modĂšles de leur gamme actuelle de les configurer directement avec Ubuntu ou de les acquĂ©rir sans systĂšme d’exploitation pour installer ensuite la distribution Linux de son choix.

https://youtu.be/kiGibwaOitQ?si=p_RssmTnDnezwmdV

Concernant des modĂšles d’occasion, mes diffĂ©rentes recherches pointaient particuliĂšrement vers le ThinkPad T480, issu de la gamme des portables professionnels. Certes c’est un modĂšle relativement ancien, sorti en 2018, mais relativement bon marchĂ© en occasion, facilement trouvable et apprĂ©ciĂ© parce qu’il est trĂšs facile de remplacer ou d’upgrader ses composants (mĂ©moire vive, disque dur, batterie, ventilateur). Concernant ce dernier point, je peux parler d’une forme de rĂ©volution relativement Ă  un MacBook d’Apple. Une de ses forces est qu’il dispose d’une batterie interne et d’une batterie amovible. C’est aussi un modĂšle Ă©quipĂ© d’un disque SSD plus rapide. Les Thinkpad sont Ă©galement connus pour la qualitĂ© de leur clavier.

Concernant les ThinkPad, ceux-ci m’intĂ©ressent en raison de leur rĂ©parabilitĂ©, de leurs possibilitĂ©s d’amĂ©lioration et du marchĂ© des piĂšces dĂ©tachĂ©es.

Jeudi 18 décembre 2025

ThinkPad T480. Photo de ThinkPad T480 à sa sortie. © PCMag

J’ai ensuite trouvĂ© mi-dĂ©cembre un Lenovo Thinkpad T480 14 d’occasion chez GWS (Green Web Solutions), un site tessinois spĂ©cialisĂ© notamment dans les ordinateurs portables reconditionnĂ©s et principalement la protection de la vie privĂ©e depuis 2013. Chacun des ordinateurs portables reconditionnĂ©

  • est ouvert et nettoyĂ© Ă  l'intĂ©rieur (ventilateurs, circuits, poussiĂšre)
  • est Ă©quipĂ© d'un clavier et d'une alimentation suisses
  • bĂ©nĂ©ficie d'une mise Ă  niveau minimale de la RAM et du SSD pour des performances fluides sous Linux
  • passe un contrĂŽle qualitĂ© complet sur chaque fonction
  • est mis Ă  jour et configurĂ© avec la distribution Linux la plus adaptĂ©e au modĂšle
  • comprend un cache-camĂ©ra ouvrable apposĂ© sur la camĂ©ra
  • dispose d'un BIOS optimisĂ© avec les meilleures options
  • comprend (au moins) 15 jours de garantie

Pour chf 350.–, le modĂšle choisi dispose de 16GB de mĂ©moire vive, d’un SSD de 512GB et il est dĂ©jĂ  configurĂ© pour LinuxMint. L’appareil a Ă©tĂ© entiĂšrement rĂ©visĂ©. Il restera Ă  mesurer son autonomie. Pour ce prix, je ne prends pas de grand risque.

Je suis impatient de voir les changements en matiÚre de productivité que ce nouvel ordinateur portable apportera.

To be continued...

 
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from Fils et Mailles

La vie vient d’achever de tout lui prendre. Les ĂȘtres aimĂ©s, les projets, les illusions, la jeunesse.

– Vous ĂȘtes Ă  la retraite, le meilleur des mĂ©tiers, lui avait dit le jeune commercial chez le concessionnaire auto.

– Tu parles, avait-il pensĂ©. Quand tu en arrives lĂ , il ne te reste dĂ©jĂ  presque plus rien. À ce stade, plus rien Ă  fĂȘter, sauf l’oubli.

Pourtant, il a sa petite maison Ă  l’orĂ©e d’un bois, Ă  la campagne. Non, ce n’est pas un palais, mais c’était Ă  eux. Un bout de monde plantĂ© lĂ , contre les annĂ©es. Aujourd’hui, il ne ressent plus rien pour ce dĂ©cor, figĂ© Ă  jamais.

Il tient un sac Ă  dos qu’il attache sur le porte-bagages de son vĂ©lo.

Il tourne la clĂ© de la porte d'entrĂ©e deux fois, lentement. Comme un rituel. Puis, dans un souffle, il jette le trousseau le plus loin qu’il le peut. Il ne regarde mĂȘme pas oĂč il tombe.

Sa vieille auto, elle peut rester lĂ .

Puis il se dirige vers le portail et, lĂ , au bord de la route communale, il regarde Ă  gauche et Ă  droite.

– DĂ©cide-toi. C’est pour toujours.

Finalement, il prend à gauche, en direction de Ribérac.

Il ne s’est mĂȘme pas rasĂ©.

Il avait pris son vélo, pensant que la route serait longue. Une vieille bicyclette, fidÚle et un peu rouillée, comme lui.

Mais en chemin, un claquement sec. La chaĂźne s’est brisĂ©e. Il a tentĂ© de rĂ©parer, puis il a regardĂ© autour de lui.

Rien. Personne. Juste un chemin et un ciel bas.

Alors il l’a laissĂ© lĂ . Contre un arbre, sans un mot.

C’était fini pour le vĂ©lo aussi.

Il a repris la route Ă  pied.

Un pas. Puis un autre. Et cette Ă©trange sensation d’ĂȘtre plus lĂ©ger.

Il pense Ă  Pessoa : « Le chemin n’existe pas
 »

Les pas succĂšdent aux pas. Il trace sa voie.

Ribérac, Saint-Séverin, Barbezieux, Royan, Soulac-sur-Mer.

À prĂ©sent, il est fatiguĂ©, Ă©puisĂ©. Lentement, il a marchĂ© de nombreux kilomĂštres. Sur la carte, cela dessinait un court tracĂ©, mais en rĂ©alité 

Sa barbe et ses cheveux ont poussĂ©. Il est plutĂŽt Ă©bouriffĂ©. Les gens qu’il croise n’ont pas un regard bienveillant, ou affectent de ne pas le voir.

Mais il est arrivĂ© jusqu’à la mer. C’est la fin du voyage. Toutes les fibres de son corps le lui disent. Son Ăąme est attirĂ©e par l’ocĂ©an.

Un soir, il s’assoit sur le sable de la plage. Son visage burinĂ© est irradiĂ© par le coucher du soleil. Il sourit Ă  la lumiĂšre.

Il le sait. À la faveur de la pĂ©nombre qui s’avance, il va se lever, laisser son sac, son fardeau, derriĂšre lui, et marcher vers la mer. S’enfoncer encore et encore, jusqu’à ĂȘtre englouti. Comme un retour Ă  la matrice qui lui a donnĂ© le jour.

 
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from morgane

Parcours

Tout commence par un Bac Général Scientifique obtenu en 2014. Puis...

Tronc Commun de l'UTBM (2014-2015)

Classe préparatoire intégrée à l'école d'ingénieur de l'Université de Technologie de Belfort Montbéliard. J'intÚgre sur concours une deuxiÚme année en filiÚre architecture à l'INSA de Strasbourg que j'abandonne à l'issue du premier semestre fin 2015 suite à des problÚmes personnels et familiaux.

PremiÚres expériences professionnelles dans l'animation (2015-2017)

Je suis déjà quelques cours à distance de licence MIASHS avec l'université de Toulouse mais cette période est principalement consacrée à la découverte du milieu de l'animation en classe découvertes, colonies, et accueils périscolaires et extrascolaires. Et à beaucoup d'investissement dans de l'évÚnementiel !

Licence MIASHS (2017-2020)

Mathématiques et Informatique appliquées aux Sciences Humaines parcours Sciences Cognitives à l'Institut du Digital du Management et de la Cognition de l'Université de Lorraine. Stage

Master Sciences Cognitives (2020-2022)

Master en Ingénierie Cognitive, Interactions et Intelligence Artificielle à l'Institut du Digital du Management et de la Cognition de l'Université de Lorraine
Alternance dans deux entreprises : Onlineformapro (dans le studio d'e-learning, missions de conception), chez Datanello (agence de developpement)

Permanente aux Ceméa (2022-2025)

J'ai l'opportunitĂ© d'ĂȘtre salariĂ©e dans une association oĂč j'Ă©tais militante et d'y occuper des missions de coordination, de formation autour d'enjeux liĂ©s Ă  l'Ă©ducation aux mĂ©dias et de participer Ă  l'ingĂ©nierie pĂ©dagogique de sĂ©quences de formation en ligne. J'Ă©tais globalement Ă©galement en charge de la gestion du parc informatique et de l'accompagnement de mes collĂšgues autour de difficultĂ©s numĂ©riques. J'y ai commencĂ© une formation de Technicienne SupĂ©rieure SystĂšme et RĂ©seau.

Valeurs et centres d'intĂ©rĂȘts

  • NumĂ©rique Libre
  • Ecologie, protection de l'environnement
  • Ethologie, comportement et bien ĂȘtre animal
 
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from Un rat bleu

Il y a des années de cela, je m'amusais avec l'inversion des couleurs des images. Aujourd'hui, c'est revenu par le biais de l'outil d'inversion linéaire des couleurs du logiciel GIMP.

Voici les dessins réalisés cette année passés au spectroscope.

Exposition

Lien vers l'album/gallerie avec les images disponibles en résolution maximale.

Vulnérable

original spectroscopie

Plantureux

original spectroscopie

Enlacer

original spectroscopie

Nid douillet

original spectroscopie

Regard de braise

original spectroscopie

Étincelle

Voici un dessin nouvellement publié sur le blog, mais en fait, un de mes premiers. Le premier en couleur.

original spectroscopie

J'admets ĂȘtre restĂ© sur ma faim aprĂšs l'avoir terminĂ©. Mais le spectroscope l'Ă©claire sous une nouvelle lumiĂšre. Je l'apprĂ©cie beaucoup plus dĂ©sormais.

Note de l'auteur

Une belle (re-)dĂ©couverte de cet outil. Il fait ressortir les dĂ©tails du papier et des coups de crayon mĂȘme les plus discrets, au point que mĂȘme la loupe est surclassĂ©e, mĂȘme si elle reste plus pratique Ă  utiliser et transporter. Je l'ajoute volontiers Ă  mon inventaire du mystĂšre.

Mon regard est envoĂ»tĂ© par l'aspect spectral/fantomatique que donne le spectroscope. Je ne m'attendais pas Ă  ce qu'il change le fond blanc du papier Ă  dessin, spĂ©cifiquement, en un tissu bleu profond. “Un petit accident heureux”, dirait Bob Ross.

#Spectroscopie #Dessin

 
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