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from irisdessine

Projets du moment

Professionnel

  • Préparation d’une MeJ (Mise en Jambe, une mini-conférence de 15 minutes qu’on peut réaliser au travail) sur l’univers de la souveraineté numérique (ou plutôt “l’autonomie numérique”, que je trouve plus sympa et réaliste comme expression).

Veille Technologique

  • Depuis plusieurs années, j’ai abandonné Pinterest de façon assez naturelle, sans trop d’efforts, parce que les dernières fois où j’y ai fait un tour, je ne voyais que des images générées par IA et j’avais de temps en temps des infractions au règlement, que je ne comprenais pas, vu que je ne fais qu’épingler des posts de dessins, de visuels graphiques ou de recettes. Un article sur lequel je suis tombée m’explique pourquoi et, sans surprise, l’invasion de l’IA à la fois dans les contenus mais aussi dans la modération 🙃 en est responsable. Je vais donc continuer à arrêter d’y aller. ^_^ https://www.404media.co/pinterest-is-drowning-in-a-sea-of-ai-slop-and-auto-moderation/
  • Google veut encore plus enfermer les utilisateurices et développeureuses d’Android en les forçant à s’enregistrer chez eux. Concrètement, ça met en péril toutes les solutions libres alternatives proposées comme le store F-Droid. Alors, il y a un combat qui est mené : https://keepandroidopen.org/fr/ avec notamment 2 choses que les utilisateurices comme moi peuvent faire : installer F-Droid sur votre appareil Android, et signer la pétition qui n’a que peu de retentissement pour le moment : https://c.org/hBC7FbfRvM
  • Un travail sur la compréhension du SSH, et surtout comment créer 2 clés SSH pour 2 comptes d’interface git (GitHub et GitLab) sans créer de conflit. J’ai pu donc, sur mon Mac perso, configurer 2 paires de clés SSH, l’une pour mes projets sur mon compte GitHub, l’autre pour mon compte Framagit, une instance de GitLab. J’en ai fait un fil sur Mastodon, afin de pouvoir me souvenir des étapes (et être sûre de bien comprendre ce que j’ai fait) : https://piaille.fr/@irisdessine/116147863584349162

Veille personnelle

Mes joies

J’ai décidé que je ne mettrais plus l’accent sur la catégorie “Mes peines”, parce que, sans les ignorer, je pense que je veux faire de ces notes hebdomadaires quelque chose de positif. Certes, la veille tech (ou perso comme cette semaine), ne sont pas forcément resplendissant de positivité, mais le reste, c’est du partage de choses positives et de culture qui m’a enjaillé.

  • Avoir eu la patience de faire la configuration de mon compte Framagit sur mon ordi perso.
  • Continuer à dessiner un peu, même si c’est quelques dizaines de minutes par semaine. Avoir partagé un petit dessin sur Mastodon.

Lu, vu ou écouté

  • Le nouvel épisode du podcast “A base de pop pop pop pop” sur les couples mythiques. Beaucoup de sujets cools, comme d’habitude !
  • Depuis plusieurs jours, après avoir fini la trilogie d’Andrea Cort dont j’ai déjà parlé ici (et que je conseille fort, fort), écrit par Adam Troy-Castro, j’attaque le cycle de l’Anneau-Monde par Larry Niven. J’ai déjà lu le tome 1 que j’avais vraiment adoré, sans avoir pu continuer la trilogie, parce que les ebooks suivants n’existaient pas encore. C’est maintenant disponible, je recommence donc pour enfin lire toute la trilogie !
  • Petite pause sur Bones, série qui se regarde facilement de loin et qui, du coup, reste de la série de fond. Du coup, j’ai commencé Glass Heart, une série japonaise sur une étudiante qui travaille d’arrache-pied pour réussir à intégrer un groupe de musique en tant que batteuse. Sauf que malgré ses compétences incroyables, elle n’est jamais prise. Au moment où elle pense abandonner, elle est pris dans un groupe très prometteur (avec notamment 3 musiciens reconnus dans le milieu).
  • Vu le film anime “Cosmic Kaguya princess“ librement adapté du fameux conte. C’est très librement adapté, mais néanmoins très sympa à regarder. Pas mal de musiques, les amateurices de J-Pop seront servis, mais en terme d’animation et de chara design, c’est très beau et très propre. D’ailleurs, le conte de la princesse Kaguya est un film de Takahata, l’autre tête pensante du Studio Ghibli et que je conseille fort, lui aussi dispo sur Netflix.
  • Nouvel épisode de The Pitt série toujours aussi brillante, qui ré-écrit les codes de la série dite “hospitalière” (c'est nul comme nom de genre, comme si ça définissait quelque chose ^^'). Je réitère ce que je dis, mais on est vraiment dans un Urgences remis au goût du jour.

Et le jeu vidéo ?

  • Nous avons fini le jeu Split Fiction qui était une franche réussite. L’opus précédent, It Take Two était très bien, mais il souffrait d’un aspect un peu cringe dans son histoire. Avec Split Fiction, on a une histoire qui tient debout, même si c’est très manichéen (le méchant est vraiment très méchant, sans nuances ^_^'), et une maîtrise incroyable entre les 2 mondes (un monde SF versus un monde Fantasy). Je le conseille fortement à celles et ceux qui aiment les jeux de coopération et de plateforme. C’était vraiment très chouette à jouer.
  • J’attaque The Revenge of the Savage Planet en solo. Je trouve ça assez rigolo et sympa à prendre en main une fois qu’on a compris le truc (et qu’on a de plus en plus d’objets pour lutter contre les méchantes bibittes (juré c’est le nom donné aux bébêtes !)
  • Le truc rigolo, c’est qu’on a envie de continuer la coop avec ma cousine, et on a aussi acheté le 1 The Journey to the Savage Planet, Qu’on commencera ensemble quand les vacances seront finies de son côté :)
  • J’ai rouvert Zelda, Breath of the Wild, mais j’attends trop de temps avant de rejouer, du coup, je pense que je passe à côté du gros succès qu’a été ce jeu. Je crois qu’il faut que j’arrête d’essayer, c’est manifestement pas le type de jeu qui me hype.

Ailleurs sur les z'internets

Mathieu

Que votre semaine vous soit douce et ensoleillée. Tendresse et mochi.

 
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from Fils et Mailles

Avant la porte d’entrée, la véranda est un espace intermédiaire.
Ni vraiment dehors, ni vraiment dedans.
La grande baie coulissante d'accès est verrouillable. À l'opposé, une fenêtre à deux ventaux.

Puis la vraie porte. Elle ouvre directement sur la chambre.

Ces derniers jours, les voisins parlent de cambriolages dans le quartier.

Deux heures du matin.
Des frottements discrets.
Ça s’arrête. Ça reprend.
Quelqu’un ? Le bois ? Le vent ? Ou autre chose ? La peur, la nuit, choisit toujours l’hypothèse la plus hostile.

Alors grand éclairage dissuasif. Puis la porte s’ouvre... Ce n’est pas un intrus. C’est un petit oiseau. Affolé. Il tente de fuir.

Il se jette sur les parois vitrées. Se heurte au verre. Rebondit. Recommence.

La lumière qui éclaire l’extérieur révèle le jardin, les arbres, la nuit dégagée. Mais la paroi transparente s’est transformée en prison. Permissive le jour, elle est devenue infranchissable la nuit.

L’oiseau veut accéder à l’espace.
Il voit la liberté. Il ne voit pas la limite.

Alors il tente.
Encore et encore, dans un réflexe de panique. Il accélère. Et il se casse le nez.

Mais il recommence.
Parce que l’urgence ne raisonne pas. Elle cherche désespérément à sortir.

...

La dépression ressemble à cela.

Entrer quelque part quand tout semblait possible. Un projet, une relation... Tout à coup le tableau s'obscurcit. Les issues se referment sans qu’on comprenne comment. On se heurte à des parois invisibles. On répète les mêmes tentatives de sortie. On se cogne à ses propres pensées.

La panique monte. Le corps s’emballe. Le bon sens se désorganise. Cela devient un enjeu vital. La vie ou la mort.

Plus on veut sortir, plus on se blesse.

De l’extérieur, quelqu’un pourrait penser qu’il suffit d’ouvrir. Mais on ne voit que le verre. Toujours le verre. Jusqu’à l’épuisement.

...

Mais, quelque part, une lumière s’allume. Une porte s’entrouvre, une main se tend, une oreille attentive et bienveillante écoute. Une relation d'aide s'engage.

La parole encourage et aide à se relever...

#dépression

 
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from Un joyeux boxon

Salut ! :)

Après avoir inauguré en janvier le concept de La Pile créé par Volu, voici la deuxième édition pour ce mois de février.

La Pile à Jouer

Dans la série on n’arrête pas une équipe qui perd, je demande Mechabellum. Jeu de stratégie en mode autobattler, je traîne mes guêtres sur Mechabellum quasiment depuis sa sortie en septembre 2024. Pour être honnête, c’est une relation d’amour-haine tant ce jeu m’offre de beaux moments comme d’intenses désillusions. Accessible, simple en apparence, c’est un bijou de complexité et de subtilité, finalement similaire au jeu d’échecs, qui nécessité un degré d’investissement conséquent pour être maîtrisé. Entre deux désinstallations, je repense à certaines parties puis je le réinstalle pour mieux m’y replonger, regrettant par avance le temps déraisonnable que j’y passe. Mais on ne se refait pas.

Nobody Wants to Die a été ma grande surprise de ce début d’année. Un jeu que j’avais pour je ne sais quelle raison ajouté à ma liste de souhaits sur Steam puis que j’ai acheté suite à une promo pour le moins intéressante. Ce sont sans doute là les 3€ que j’ai le mieux dépensé depuis belle lurette. Un polar narratif dans un univers diesel punk, un ancien flic aux prises avec ses démons, une enquêtrice des bas-fonds, une société ultra capitaliste qui se disloque et des meurtres à résoudre à l’aide de divers gadgets retro-futuristes. C’est court, simple et efficace, le titre joue sur les codes éculés du genre pour mieux nous surprendre, la direction artistique est à tomber et c’est fait par un petit studio.

Autre jeu, autre genre avec Zet Zillions, du studio brésilien Ota Imon. Du deck building à la sauce roguelite, qui m’a d’abord séduit par son esthétique visuelle, laquelle n’est pas sans faire penser aux productions Bobby Pills. C’est barré à souhaits, difficile mais jamais injuste, ça pète de partout et sans révolutionner le genre ça fait largement le job.

Pour continuer sur autre chose, Final Fantasy VII Remake Intergrade. N’ayant pas eu de Playstation à l’époque (#team Saturn), je n’ai pas la relation émotionnelle que peuvent avoir d’autres personnes avec ce jeu, même si je l’ai occasionnellement pratiqué en squattant chez des potes. J-RPG oblige, c’est assez naïf, caricatural voire parfois très léger pour rester poli, mais ça reste plaisant malgré un gameplay qui, bien que remis au goût du jour, reste ancré dans ses vieilles habitudes. Pas un chef-d’œuvre, loin de là, et à plus forte raison si on le compare à la concurrence, mais un jeu agréable malgré tout.

Steam Fest oblige, j’ai également joué à diverses démos, certaines que j’attendais avec impatience, d’autres non. Dans la liste des démos qui m‘ont positivement marqué, deux jeux, à savoir DenshAttack! et Repterra. Le premier est un mix improbable entre Jet Set Radio, Sonic et Densha de Go. On y incarne une pilote de train dans un Japon sous ecsta tout en cell shading et dans lequel on doit livrer des trucs divers et variés sur des circuits complètement barrés. Du fun à l’état brut avec un gameplay 100 % arcade qui aurait toute sa place dans la ludothèque officielle de tonton Sega. Le second est un STR avec quelques mécaniques de tower defense, résolument retro dans son approche et sa direction artistique, dans lequel on incarne une humanité aux prises avec des dinosaures. Simple mais efficace. Et si je dois bien avouer que le concept, qui me fait furieusement penser à Dino Riders (il faudra un jour que je vous parle de ma collection de jouets) m’a de fait beaucoup parlé, je dois admettre que sans révolutionner le genre, c’est bigrement efficace. A noter que Repterra est développé par un jeune couple, accompagné de leur adorable chat. Dans le genre fait maison, on fait difficilement mieux.

La Pile à Voir

Comme d’habitude, j’ai vu beaucoup de films et de vidéos ce mois-ci. Un tri s’impose, en particulier parce que tout ne mérite pas forcément de figurer ici.

On commence avec un entretien entre Florence Porcel et Cy au sujet du festival d’Angoulême, de son annulation et du girlcott qui a réussi à faire plier cette institution après des années (décennies?) d’une foultitude de choses qui ne vont pas. A noter que Florence Porcel a réalisé d’autres podcasts plus récemment encore, que je vous invite à découvrir.

Une vidéo de Re-Vu, chaîne Youtube québécoise consacrée aux nanars et aux navets, qui dans cette vidéo traite des nombreux problèmes posés par l’utilisation des IA génératives dans l’industrie du cinéma. Si vous vous intéressez un tant soi peu à la question, vous n’apprendrez rien de particulier, mais il me semble important qu’une personne extérieure à cette industrie, et avec une certaine audience, exprime un point de vue clair sur le sujet tant les personnes dont c’est le métier semblent être bien peu entendues.

Une analyse très intéressante de Marouchka concernant le genre littéraire de la romance, de ce qui ne va pas dans ce type de littérature, dans son mode d’édition, mais aussi dans ce qu’expriment certains cercles de pensée de spécialistes spécialisés à son sujet. Les sujets abordés sont difficiles mais doivent être abordés frontalement.

Sylqin nous raconte dans cette vidéo l’histoire du CLODO (Comité Liquidant ou Détournant les Ordinateurs), un groupe de hackers français qui a sévit durant de longue années puis a subitement disparu. Je n’en avais jamais entendu parlé, aussi le sujet m’a intéressé, et ça se laisse écouter en mode podcast.

Une fois de plus, une excellente vidéo d’Haïti Inter, dans laquelle est invité l’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert venu parler de son nouveau livre « Je n’ai jamais dit papa » (j’en parle plus loin ici même). Le sujet est dur mais vise juste, avec néanmoins un regard paternaliste, qu’il me semble ici difficile de juger. De manière générale, je ne saurai que trop recommander cette chaîne qui est une mine d’or sur l’actualité, mais aussi l’histoire et la culture d’Haïti.

Cela faisait quelques années que je n’avais pas revu le film « Le maître d’école », avec notamment Coluche et Josiane Balasko. Loin d’être un chef-d’œuvre du 7ème art, et l’ayant surtout vu étant gamin et ado, j’en gardais un souvenir plutôt plaisant. Le revisionnage fût rude. Car au-delà des qualités filmiques discutables, du racisme bon teint et de l’image des femmes déplorable, ce qui m’a particulièrement marqué, c’est l’omniprésence de la violence envers les enfants. Le film démarre d’ailleurs là-dessus : un pauvre môme est giflé par un adulte pour avoir « volé » une paire de lunettes en plastique moches à 2 Francs. C’est là le point de départ pour Gérard, incarné par Coluche, de claquer la porte de son job de merde après avoir pris la défense du môme et de se reconvertir dans l’enseignement. Le film part sur de bonnes intentions, évoque les difficultés rencontrées par le corps enseignants, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes, mais sans jamais ne faire qu’effleurer le sujet. On y croise une galerie d’adultes tous plus détestables les uns que les autres, qui déverses leurs colères et leurs frustrations sur des gosses qui n’ont rien demandés, qui subissent de diverses et nombreuses violences physiques et psychologiques. Pas sûr que Claude Berri ait eu la volonté de dénoncer quoi que ce soit, mais c’est omniprésent De fait, ça a fait écho à mon enfance contemporaine de ce film. Une fameuse belle époque regrettée par certaines personnes à la mémoire bien trop courte où les enfants étaient les souffre douleur silencieux des traumas des adultes. L’époque n’a pas tellement changé, mais on commence doucement à en être un peu conscient. Reste un témoignage qu’il serait intéressant de voir analysé un jour.

Toujours avec Josiane Balasko, « Tout le monde n’a pas eu le chance d’avoir des parents communistes ». Un film dans lequel on suit Irène, survivante de la Shoa et fervente militante communiste qui, en 1958, s’apprête à accueillir les chœurs de l’armée rouge en représentation durant quelques jours à Paris. Avec son regard plein d’émerveillement et d’espoir, et en proie à un connard de mari qui lui fait vivre un enfer au quotidien, elle se prend d’un amour soudain pour Ivan, un grand et beau choriste soviétique, héros de la bataille de Stalingrad. Ce film me parle, car c’est aussi une partie de l’histoire de ma famille, et plus particulièrement de ma grand-mère. De celle qui a connue toutes les horreurs de l’Histoire et qui, sous le joug d’un mari tortionnaire, élèvera comme elle le pourra ses 7 enfants et ses 11 petits-enfants. Tout en militant au PCF durant des décennies, convaincue que le salut viendrait miraculeusement en servant aveuglément le projet du petit père des peuples (spoiler : non).

La Pile à Lire

je comptais profiter de ma semaine de congés pour bouquiner à loisir, il n’en a rien été, ma santé s’étant dit qu’il serait bon de se rappeler à moi. Malgré tout, entre deux examens médicaux et une mauvaise nouvelle, j’ai eu l’occasion de bouquiner un peu. Et même si je n’ai pas pu trouver tous les livres que je cherchais, je me suis fait quelques plaisirs, en précisant que je ne n’en ai pas fini la lecture, donc les avis que j’exprime ici sont potentiellement amenés à changer.

J’en causais plus haut, mais Je n’ai jamais dit papa de Louis-Philippe Dalembert mérite d’être lu. L’auteur y raconte son enfance en Haïti sous la dictature de Papa Doc, de la disparition brutale de son père, de son monde qui s’écroule, des femmes de sa famille qui portent le monde entier à bout de bras, de la folie des hommes et du poids de l’histoire. Et de la difficulté d’être père à son tour quand on n’en a jamais eu.

Les Mystères de Paris. J’en ai entendu parler tant de fois sans en avoir jamais rien lu. Si les premières pages d’Eugène Sue ne sont pas sans faire penser à Victor Hugo, ou encore Zola, décrivant avec dédain les marginaux de la société parisienne d’alors, on pressent une relative compassion de l’auteur pour ces personnages dont le réalisme est pour le moins saisissant. Le style, d’époque, est chargé et parfois délicat à lire pour moi qui ait remisé la littérature française du 19ème siècle depuis quelque temps. Mais je m’accroche, désireux de savoir ce qui, à l’époque, à suscité tant d’intérêt pour ce feuilleton à succès.

Les maîtres des ténèbres, livre dont vous êtes le héros. Ça doit bien faire 25 ans que je n’en avais pas fait. Et, en y songeant, je n’en avais jamais fini. J’essaie de m’y tenir, même si je dois avouer que j’ai du mal à accrocher, tant au style qu’à l’histoire qui est racontée. C’est, pour moi, d’avantage une occupation qu’une lecture à proprement parler.

La pile à écouter

Rien que de très ordinaire ce mois-ci. A vrai dire, je n’écoute quasiment pas de musiques actuelles, et le plus souvent, quand j’en écoute, c’est avant tout pour masquer le brouhaha du RER et de mes acouphènes. On verra donc ce qu’il en sera le mois prochain.

La pile à apprendre

Savais-tu que 80 % des espèces animales mues ? Ça fait partie des infos que j’ai appris via la chaîne YouTube Terrapodia, réalisée par Jessica, vétérinaire de métier.

J’ai aussi appris que le mot boycott est hérité du nom de famille de Charles Cunnigham Boycott, capitaine et administrateur d’un gros propriétaire terrien qui subit un blocus des fermiers s’étant organisés pour demander une réduction de loyer. Dans les grandes lignes, tout ça est parti d’une grève.

Le sifflet et le toss utilisés pour chaque coupe du monde de rugby sont les mêmes depuis respectivement 1905 et 1925. Ces deux objets sont gardés dans le musée du rugby en Nouvelle-Zélande, dont ils sont sortis pour chaque ouverture de coupe du monde. Le toss est d’ailleurs un florin qui a été donné par un spectateur lors d’un match en 1925, les arbitres en charges du match n’ayant alors pas de monnaie sur eux.

La zizanie est une plante. On peut donc littéralement la semer. Comme la misère.

Merci de m’avoir lu jusqu’ici, et à la prochaine. ;)

 
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from Ma vie sans lui

L'inachevé

Il est des moments, presque chaque jour, où la mort de mon amoureux revient en force. Le souvenir est un phénomène étrange, qui frappe sans prévenir et parfois sans aucun rapport avec ce drame.

Ce matin, sous la douche (!), j'ai repensé tout à coup au moment précis où mon amoureux est mort, ce moment où il a murmuré “désolé” et où il a commencé à respirer fort, lentement, de plus en plus lentement jusqu'au moment où il n'a plus respiré du tout. Après la crise qu'il venait de vivre (maintenant identifiée comme une embolie pulmonaire massive), cette respiration me paraissait de bon augure, apaisée, profonde. En fait, il a prononcé son dernier mot et ensuite, n'a plus été avec moi, sans que je m'en rende compte. Son cerveau s'était éteint.

Et donc, ce matin, sous la douche (!), je me suis soudain dit que ce désolé était en fait un adieu. Cela voulait sans doute plutôt dire “désolé, je débranche, j'arrête, je suis au bout, désolé, c'est fini pour moi” que “désolé de te causer du souci”.

Un an et demi pour en arriver à cette conclusion, je ne peux pas dire que je suis une flèche. Et pourquoi cela m'a-t-il sauté aux yeux ce matin sous la douche, c'est un mystère. Ce dernier mot me travaille souvent, j'y pense et j'y repense, souvent. J'ai essayé longtemps de l'interpréter, de comprendre ce qu'il avait voulu dire, de chercher le sens à mettre derrière cet unique mot qui fut son dernier, alors que ce n'était pas bien son genre de s'excuser.

Depuis qu'il est parti, je dois gérer la brutalité, la violence de ce décès, le fait de ne pas avoir pu lui dire adieu, l'arrachement que j'ai ressenti, que je ressens encore, parfois. Je suis dans un déséquilibre permanent, de ne pas avoir pu terminer les choses proprement, de ne pas avoir pu prononcer les mots qui auraient convenu. Je suis sur de l'inachevé et c'est inconfortable.

Et là, tout à coup, je me dis qu'il a vu venir la mort et qu'il m'a dit adieu dans cet unique mot parce qu'il n'avait plus la force de dire mieux et plus. C'est déchirant. Lui a pu terminer le livre, moi non. Cela me prendra encore du temps, je crois.

 
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from LegalizeBrain

Je suis tombé tantôt sur une note manuscrite, au crayon de papier, dans la marge de la page 206 de l'exemplaire d'Au tréfonds du ciel [1] que Monique Lebailly m'a légué de son vivant, avec à peu près 1300 autres bouquins de SF. Sa collection. Entière. Une vie à lire et à traduire de la SF. Sauf les Terry Pratchett grand format édités chez L'Atalante, avec leurs couvertures cartonnées si douces et leurs illustrations si belles, qu'elle souhaitait garder auprès d'elle.

Il s'agissait de la correction d'une phrase traduite par “Je fais l'entretien”, pour le plus adapté “J'assure l'entretien”. Déformation professionnelle : ce n'était pas la première fois que je tombais sur une telle correction à l'occasion de la lecture de l'un des livres donnés par Monique. Mais cette fois-ci, ça m'a frappé. Elle est morte voilà longtemps déjà, mais sa main vivante a un jour écrit ça. Et en lisant cette note, en réfléchissant au bien fondé de la correction proposée, j'ai eu l'impression un instant de refaire le trajet mental de Monique, de partager un instant de cognition. Ça m'a troublé.

Gros plan sur une page imprimée, la phrase 'Je fais l'entretien' est partiellement barrée et il est ajouté à la main au crayon de papier, dans la marge, 'J'assure'.

Sa bibliothèque de SF, elle ne l'a pas donnée à son fils, car s'il avait choisi la voie des lettres anglophones lui aussi, la SF n'était pas sa cup of tea : si je ne dis pas de bêtise, son sujet d'études était Lewis Carroll. Moi, le virus de la SF, elle me l'a injecté par l'intermédiaire de ma mère, et aussi du couple d'oncle-et-tante Bernard & Yvonne [2]. Je devais avoir onze-douze ans le jour où, après avoir lu le premier chapitre de Martiens go home ! en BD dans Je Bouquine (ça existe toujours, Je Bouquine ? Et y a-t-il toujours dedans une BD sur le début d'un livre pour inciter à en lire la suite ?), j'ai demandé à ma mère si elle avait le bouquin, et où elle me l'a sorti de son étagère de SF en me disant que je pouvais venir y puiser d'autres lectures tant que je le voulais. Ce que j'ai fait sans retenue les années qui ont suivi.

Ecolo-bio bien avant que ça ne soit à la mode (elle m'a un jour filé un tshirt Greenpeace “nucléaire non merci”, avait toujours trois pétitions (papier) à me faire signer quand j'allais dîner chez elle dans les années 2000 et ne s'approvisionnait qu'en épicerie Bio à l'époque où il devait y en avoir trois à tout casser dans Paris), elle passait facilement pour une allumée new-age, entre autres aux yeux de mon père (qu'elle savait agacer prodigieusement il me semble). Je crois qu'elle se serait sentie chez elle sur Mastodon...

Elle venait parfois passer un week-end chez nous, et je trouvais ça merveilleux ! Quand j'étais vraiment petit, elle me racontait des histoire de Winnie the pooh au moment du coucher et ça me semblait totalement exotique (je n'avais pas lu ces livres, pas plus vu les dessins animés, je n'avais aucune référence à Winnie à part la voix un peu éraillée de Monique ; quelles n'ont pas été ma surprise et mon incrédulité le jour où j'ai appris que ces histoires n'étaient pas d'elle). Je me rappelle qu'elle oscillait essentiellement entre deux états : excitée et débordée, quand elle était au milieu d'une traduction alors qu'elle s'était déjà engagée sur d'autres à venir, ou alors anxieuse, lorsqu'aucun nouveau projet ne semblait vouloir se présenter. À côté de la vie bien ordonnée de mes deux fonctionnaires de parents, ça me semblait très Rock & Roll !

Lors de ces week-end, ma mère, botaniste, jouait à la sorcière en lui préparant des infusions avec les plantes du jardin (thym, sauge, romarin, menthe...). Monique ne manquait pas de lui en réclamer une, c'était manifestement précieux pour elle, un truc qu'elles partageaient. Elle la préparait toujours dans la même tasse, tasse que ma mère m'a donnée depuis. Je pense à elles, à leur relation, et à ces tisanes sauvages, chaque fois que je la vois dans le placard.

Monique, c'était comme une vieille tante excentrique : elle venait avec sa bizarrerie mettre pendant quelques heures un peu de bazar dans le fonctionnement trop ordonné de ma maison. Elle m'a ainsi appris, par l'exemple, qu'il y avait plusieurs façons d'être adultes. D'autres façons d'être adulte.

Oui, avec Bernard & Yvonne, eux aussi deux excentriques, elle m'a appris ça.

J'aspire à être la Monique Lebailly des jeunes humains que je côtoie, pour leur montrer qu'on peut être adulte de bien des manières différentes. Pour que ça les libère. Pour que ça leur donne des options.

1. Vernor Vinge, traduction de Bernard Sigaud, Ailleurs & Demain, Robert Lafont.

2. J'ai hérité plus tard, mais également du vivant des intéressé.e.s, de la partie parisienne de leur bibliothèque de SF. Il a fallu trier et me séparer des doublons.

 
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from Liste-Participative-EYGDD

Dans un contexte marqué par la défiance — souvent justifiée — envers les partis politiques, se présenter aux élections avec la mention sans étiquette est une pratique courante. Ce terme officiel est parfaitement explicite : ces candidats ne sont liés à aucun parti ni à aucune organisation politique. Ils affichent leur liberté et leur autonomie vis-à-vis de toute structure partisane. C’est le cas de notre liste.

Établissons d’abord une distinction importante : sans étiquette ne signifie pas apolitique. Ces deux termes sont souvent confondus et cette confusion mérite d'être dissipée.

Se présenter sans étiquette ne signifie pas se présenter sans idées, sans valeurs, sans vision pour le territoire que l'on souhaite représenter. Tout programme électoral, aussi local soit-il, repose sur des choix qui sont par nature politiques : Comment organiser les services publics ? Quelles priorités budgétaires retenir ? Comment aménager l'espace urbain ou rural ? Quelle place accorder à la participation citoyenne ? Ces arbitrages traduisent des convictions, une certaine conception de l'intérêt général, et donc une posture politique qu'on le revendique ou non.

Exercer une fonction élective, c'est nécessairement choisir, arbitrer, trancher — en un mot, faire de la politique. Se prétendre apolitique constitue dès lors un contresens : cela revient à faire de l'immobilisme et de l'indécision un mode de gestion, ce qui n'est ni souhaitable et ni possible en réalité.

Étymologiquement, la politique désigne l'ensemble des activités liées à la gestion d'une cité. En ce sens, la politique ne se limite pas aux partis ou aux élections : elle est présente dès lors que des personnes doivent prendre des décisions collectives et arbitrer entre des intérêts divergents. Prétendre s'en affranchir totalement relève surtout d'une illusion.

Cette confusion n'est pas toujours malveillante; elle reflète souvent une lassitude sincère face aux querelles politiciennes. Mais les mots ont leur importance : Utiliser le mauvais terme rajoute de la confusion et risque de tromper l'électeur qui attend d’un élu l'honnêteté de ses convictions et la clarté de ses choix.

 
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from Café noir

« One last image: organisms and organismic, holistic politics depend on metaphors of rebirth and invariably call on the resources of reproductive sex. I would suggest that cyborgs have more to do with regeneration and are suspicious of the reproductive matrix and of most birthing. For salamanders, regeneration after injury, such as the loss of a limb, involves regrowth of structure and restoration of function with the constant possibility of twinning or other odd topographical productions at the site of former injury. The regrown limb can be monstrous, duplicated, potent. We have all been injured, profoundly. We require regeneration, not rebirth, and the possibilities for our reconstitution include the utopian dream of the hope for a monstrous world without gender. » — Donna Haraway, Cyborg Manifesto

 
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from Depuis les Gorces

#Animaux

Dans une heure tu ne seras plus là... En attendant, tu broutes dans le jardin, tu as même trouvé un coin rempli de glands et je n'ai plus rien à y redire.

Je voudrais jouer au jeu des 100 souvenirs, en vrac, l'un appelant le suivant.

Je me souviens...

  1. De la première fois où je t'ai vue, sur ton annonce, gentille jument SF. Ta grande liste blanche, ton bout du nez rose, ton œil cerclé de blanc, ton bai cerise magnifique.
  2. De la visite avec une copine, on t'a emmenée en longe à la carrière municipale pour voir comment tu te déplaçais, et l'hélicoptère a décollé (ou atterrit ?) juste à côté. Tu n'as pas bougé. Incroyable.
  3. Mais du coup, pour ne pas te faire une fausse réputation de mental d'acier, je dois rajouter ta peur panique face à un robot tondeuse lors d'une rando dans les Alpes depuis chez Claire.
  4. Et ta peur systématique des gros cailloux. Big up à ma chute dans la neige suite à un galop à Montluel où on est passé à côté d'un gros caillou en contre haut. Tu m'avais impressionnée : tu as pilé, j'ai chuté, tu m'as attendue. Good girl.
  5. À Montluel, dans nos sorties avec Géraldine et son cheval qui l'embarquait, tu étais pratique : tu lui disais (au cheval) de rester derrière avec ton langage équin très explicite, et tu m'as laissé l'attraper au vol le jour où.
  6. À Montluel toujours, la gourme. Dans cette écurie où le foin pourri était stocké au dessus des boxes et où les gérants mettaient des chevaux de commerce dans les boxes des chevaux de proprio pendant que ceux-ci allaient au paddock. Tu m'as tellement impressionnée à te laisser soigner avec le mélange bétadine eau oxygénée qu'il fallait envoyer à la seringue dans ton abcès. Tu te laissais faire au clicker.
  7. Lors du stage de clicker training avec Hélène et Elodie. Tu étais amoureuse de Naka, et moi j'ai rencontré Hélène qui est devenue une amie. Tu as été à l'origine de plein de rencontres chouettes.
  8. Ton départ de chez ton naisseur. Je me rappelle que tu croques avec joie dans un épi de maïs. Tu rechignes à monter dans le van. Et le coup de spray anti mouche bien toxique dans le van juste avant de fermer pour que tu ne souffres pas des bestioles.
  9. La visite véto chez ton naisseur, Mr Chanet ou bien lieu dit le chanet ? En tous cas, tu étais sautée de la planche lors du test du naviculaire, mais il avait fallu tirer fort, et le véto a dit : ça peut être positif, mais ça peut aussi être juste qu'elle n'est pas beaucoup manipulée. Il n'avait émis aucune contre-indication à ton achat. Mais c'est de ce pied naviculaire que tu vas mourir.
  10. L'arrivée chez les Massat, voisine de box de Santino, que tu as ignoré jusqu'à ce que vous déménagiez ensemble à Échalas.
  11. Le transport pour Échalas, votre arrivée dans des boxes pour poneys, on aurait dit deux géants.
  12. La fois à Échalas où tu es au paddock avec Santino. Je t'appelle et tu reviens vers moi et Santino ne veut pas te laisser passer. Il se jette sur toi et t'arrache un bout de viande. Ton regard quand tu es paniquée et que tu ne comprends pas.
  13. De nouveau chez les Massat, tu étais accrochée à la porte coulissante du box. Je ne sais pas comment tu t'es débrouillée, mais tu t'es coincée sous la longe, tu as tirée, et tu es pendue, étranglée. Tu restes calme. Le père Massat arrive avec un gros couteau et scie la corde juste à côté de ta tête. Tu restes calme. Et tu es sauvée.
  14. L'ostéo qui passe te voir la première semaine à Vourles et qui est épatée de ta musculature. Il suppose que tu dois avoir grandi dans des prés en pente. J'en parle à tes naisseurs qui rigolent en disant que tu as grandi dans des prés « plats comme la main ».
  15. Chamadelle avec Laurianne, on se balade et on croise une famille de sangliers. Tu es super sage.
  16. Les Alpes, la fameuse rando en solo où on a croisé le robot tondeuse. On passe dans des endroits compliqués dont un passage étroit entre deux roches où les étriers frottent de chaque côté, puis un pont. Tu es brave.
  17. La rando dans le Vercors. Claire qui te juge comme une jument de « bac à sable », moi qui ne sait pas dire non, et ce chemin en bord de falaise super dangereux, tu gères. Et puis un pierrier, tu es ferrée, tu glisses, c'est long, et à un moment tu dis stop. Tu ne veux plus avancer. Tu as raison, j'aurais du dire non il y a longtemps. Mais je n'ai pas dit non, on est coincées, il faut continuer. On a continué, tu as été brave.
  18. Sans transition, stage chez F. Pignon. Tu es dans un paddock derrière l'écurie et tu tombes en amour de la jument de sport alezane du paddock à côté. Vous vous lancez des appels déchirants quand on vous sépare. C'était touchant.
  19. Pendant le stage avec Magali, tu es un peu sur les épaules, mais super mignonne. Magali est adorable, on galope un peu en cordelette.
  20. Premier cours de dressage. Ça fait même pas 3 mois que tu es arrivée, tu as mangé tous les DVD de la Cense, tu es beaucoup trop sage. Tu prends sur toi. Dans le cours on travaille les déplacements latéraux, tu stresses, tu évacues ton stress sur le mors en parlant, et je regrette déjà d'être allée trop vite.
  21. Cours de dressage à Echalas, j'ai honte de dire ton âge et le nombre d'années que tu as passées avec moi (à peine 2 ou 3 pourtant) et le fait qu'on ne fait pas grand chose techniquement parlant. Mais tu es gentille et tu travailles bien.
  22. Le manège d'Echalas, on joue en liberté avant chaque séance montée, même avec d'autres chevaux à côté qui travaillent, tu restes connectée avec moi. Un de tes jeux préférés c'est de faire la course, l'autre c'est de te cabrer. Je suis fière de nous, j'adore ces moments.
  23. Cours d'obstacle en cordelette dans le petit manège d'échalas. Je suis frustrée car tu bourres après un obstacle, je gueule un coup. Tu piles et tu lèves la tête comme si je t'avais arraché la gueule : mais tu étais en cordelette. Tu étais vraiment une super élève.
  24. Je me rappelle dans la grande carrière d'Échalas, tu cours, tu fuis dans le trot. Je tire, et puis je réfléchis. Je te demande le trèfle de la cense, on fait de longs arrêts au centre, et tu te calmes. Plus tard, tu seras tellement tranquille sous la selle (trop ?).
  25. Premières balades à Échalas dans les Combes. Je refuse de trotter et galoper tant que tu n'es pas sereine, j'ai du mal avec le jugement des autres. Je me rappelle cette combe juste en contre bas des écuries et comment tu la gérais tellement bien au pas, un pied après l'autre.
  26. Le stage de F. Pignon, je rentre dans le picadero devant une centaine de personnes, je suis terrorisée. Je te demande quelques exos, mais je ne suis pas là, et toi non plus. Tu te roules, je ne sais pas quoi faire. Est-ce que je dois te laisser faire, mais je vais passer pour une touriste, est-ce que je te mets en mouvement, mais alors je vais passer pour une méchante. Je ne sais pas trop pourquoi je suis là, tout se passait bien de mon point de vue. J'ai fini la mini démo nulle, je me sens nulle. Frédéric nous explique que techniquement tu es bien codée, mais que notre relation est nulle, qu'on n'a pas de relation. Je lui demande quoi faire, il me répond : « lui apprendre le sens de l'humour ». Je ressors totalement démunie, déprimée, démotivée. Après, je crois qu'on ne progressera plus techniquement pendant 10 ans...
  27. Les balades dans le Pilat. Je me souviens qu'on allait parfois le WE pic-niquer avec Thomas et des copains dans le Pilat. On montait à pied, et on pic-niquait ensuite. Tu étais parfaite, et tu avais compris qu'il y avait parfois des fruits et des légumes dans les tupperware.
  28. La montée dans les bois du Pilat, tu passes devant, je m'accroche à ta queue et tu m'aides à grimper.
  29. La traversée du pont grillagé (on voit tout dessous) avec Carole. C'était vraiment flippant, tu as vraiment géré. Quand je repense à celle qui aimait dire avec condescendance que tu étais une jument de bac à sable, tu avais tous tes diplômes de randonneuse hors norme. Tu aimais marcher d'un pas actif à la découverte du monde.
  30. Ton petit hennissement ce matin aux aurores, quand tu étais couchée de ton long dans le box, et que tu n'as pas relevé la tête. Ça ma brisé le cœur, mais au moins je sais que je prends la bonne décision aujourd'hui.
  31. Ta tête et ta douleur il y a quatre semaines quand ton antérieur gauche t'a lâché alors que tu souffrais déjà tellement du droit. Tes râles de souffrance. La véto qui vient en urgence et qui galère à faire toutes les images pour comprendre ce que tu as. Et le doute de savoir si tu vas passer le week-end. Et finalement l'equipalazone agit, et tu retrouves une démarche normale.
  32. Ton hennissement dès que tu me vois ou que tu m'entends dans le jardin.
  33. Ton hennissement comme pour me dire : je suis là ! quand je vous appelle et que je vous cherche dans les bois. Mais pour autant, si l'herbe est bonne, tu hésites à faire le déplacement vers moi.
  34. Ta détestation du van. Je me rappelle à Loire sur Rhône, dans ton grand pré, quand tu restais en haut du pré en me regardant avec l'air de celle qui a très bien compris, quand je venais avec le van.
  35. Cette séance nullissime à Échalas où j'ai été tellement frustrée que tu ne progresses pas avec le van, alors j'ai été dure en me disant qu'il fallait rendre encore plus inconfortable le fait de ne pas monter dans le van, et je n'ai fait que tout empirer, tout gâcher. Et je me suis assise sur un plot, et je t'ai regardé, et j'ai eu les larmes aux yeux, j'ai été tellement nulle.
  36. Notre premier concours d'equifeel, il fait froid, il y a de la brume. Tu gères de ouf tous les ateliers, SAUF le van. On gagne je crois. Et au retour, ce gars qui nous aide à te remonter dans le van avec une longe derrière les fesses. Il avait un timing parfait. Tu es montée.
  37. Ces derniers aller-retour au club de saint yzan en van. La répétition de ces petits voyages ont eu raison de tes appréhensions. À quelques mois de ta retraite, tu embarquais comme une fleur.
  38. Ta raideur des postérieurs quand Charlène doit te parer. Et le fait que tu as tellement confiance en l'humain que tu t'appuies sur nous comme sur un quatrième pied, ce qui franchement détruit le dos.
  39. Ta petite tendinite à Échalas en te relevant d'une révérence, et ta gentillesse pendant toute la durée où tu es restée enfermée au box.
  40. Ton goût pour les sourires. Les gamin·es du club qui ont découvert que tu savais faire ça et que tu le faisais pour réclamer des friandises et qui te le redemandait régulièrement.
  41. Le cross d'échalas : au galop en cordelette ! tu m'as embarquée un coup, mais tu as acceptée de te mettre sur le cercle, et après tu étais de nouveau connectée. C'était vraiment le paradis !
  42. Le concours de hunter avec Marine, on avait fait 7 heures de balade la veille, c'était pas une bonne idée, tu étais toute molle. Mais très jolie et parfaite avec ton licol en corde marron même si c'était pas autorisé.
  43. Ton opération du sinus droit. Ton premier hiver à Saint Yzan a été dur. Il a plu tout le temps, vous n'aviez pas d'abri, tu étais crevée. Alors au printemps ton système immunitaire a foutu le camp et tu nous as fait une énorme sinusite qui ne partait pas. On a fini par t'amener à Conques pour une trépanation. Je te revois dans le travail, la tête ouverte, le sang qui coule...
  44. La convalescence à Conques, je ne suis pas venue beaucoup te voir, je regrette.
  45. La convalescence à la maison. Soit disant la douleur était gérée. QUE DALLE. Tu ne mangeais quasiment pas, tu ne chassais plus Amalhia, tu avais tellement mal. J'en ai tellement voulu aux vétos de ne pas tenir compte de ta douleur... Oui mais c'est pas le protocole. Protocole mon c...
  46. Notre visite à Conques pour ta douleur au pied, les jeunes vétos qui te gueulent dessus parce que tu ne tiens pas sur la cale pour la radio « ah mais tu as encore la force de nous faire chier !!!! si tu bouges encore on te remet une dose tu vas voir tu feras moins la maligne ». Je n'ai rien su dire, j'avais envie d'hurler. Le véto sénior est arrivé, et calmement il a posé le pied de la jument qui s'est laissée faire. Elle était juste paniquée de ne pas comprendre ce qu'on attendait d'elle. J'ai perdu encore un peu confiance dans le corps médical sur leur compréhension de la psychologie des chevaux, et de leurs humain·es. Et toi tu as été résiliente.
  47. Mais toi qui était si facile aux soins, tu es devenue plus rétive à chaque visite vétérinaire. Tu ne supportes plus le pas d'âne et la râpe au fond de la gorge, tu ne supportes plus que les vétos s'approchent de ton nez. Tu as dépassé ton quota de patience. Je comprends. C'est aussi pour ça que je n'ai pas voulu te ramener encore à Conques. Encore un risque de te faire gueuler dessus parce que tu es vivante. Dans 20 minutes tu seras morte, libérée des vétos impatients, libérée de la douleur. (larmes).

  48. Hélène vient passer quelques jours à la maison à Pâques après un hiver tellement pluvieux. Il fait super beau, c'est joyeux. Tu profites du jardin et tu te couches pour dormir. Tu ronfles, tu rêves, et tu finis en photo dans un des livres d'Hélène.

  49. Tu tousses beaucoup, alors je t'ai appris à respirer dans le baby haler, tu fais ça tellement bien, tu inspires super fort. Hélène t'a prise en photo un jour de beau soleil, bien appliquée, deuxième apparition dans les livres d'Hélène. Belle gosse.

  50. Un soir à Montluel, après avoir été en stage avec Jacynthe Bouchard, je reviens armée de mon sac de 2 kg de carottes, et j'aimerais voir si tu peux proposer des trucs en renforcement positif. Tu ne comprends absolument rien et j'ai le droit à une immobilité tellement longue (sourire)

  51. Cet autre soir à Montluel où on joue dans le petit manège. Tu quittes le cercle pour aller sauter 2 plots en plastique de 60 cm, mais dans la longueur. Le gérant qui voit ça hallucine. Je ne dis rien, mais en vrai, moi je ne te l'avais pas demandé (sourire). Et puis en vrai, tu fais souvent la gueule dans ces moments là, mais il ne voit pas ça. Les gens ne voient pas que les chevaux sont frustrés ou malheureux.

***

Tu es partie. Enfin, ton âme. Il reste ton grand corps couché sur le flanc dans l'herbe. Tu t'es couchée en douceur. Et puis tu as soufflé un grand coup. Et puis ton cœur a mis un peu plus de temps à lâcher l'affaire. Amalhia était plus intéressée par ton seau que par toi au départ. Ensuite elle a essayé de te réveiller, mais tu es partie. On attend l'équarrissage, mais c'est un stress pour moi et plus pour toi.

***

  1. Échalas, dentiste sans sédation. Elle prend le temps, tu te laisses faire mais tu râles déjà pour les molaires, on ne refera plus sans sédation.
  2. Toujours Échalas, sur le cross à pied, tu sautes joyeusement dans le gué l'été.
  3. Encore Échalas, j'organise un concours d'Equifeel, je suis gelée, épuisée, et tu dévies sur le reculer sur 6 mètres, exo dont tu es la reine. À la fin de l'exo, je claque la badine sur ma botte contre moi même, mais tu le prends pour toi, tu pars au galop, saute la clôture de la carrière et galope dans le club. La honte...
  4. La fête d'Halloween à Échalas. Petite démo en licol puis en liberté devant les gamin·es du club. C'est ce qui a lancé ma mini carrière d'enseignante non officielle d'équitation éthologique.
  5. Montluel 2, le véto qui vient pour faire le prélèvement pour comprendre à quoi tu es allergique et qui te fait tousser. Le véto ne nous connait pas et est assez méprisant.
  6. Échalas, tu balades ma maman comme la jument sûre que tu sais être.
  7. Rando de printemps dans les monts du lyonnais avec Ariane. On se met en équilibre dans la montée pour voler des cerises sur le bord du chemin.
  8. Rando avec élo en Ardèche. Tu nous fais une énorme trouille en bloquant au milieu de la journée de rando, comme un coup de sang ou une crise d'emphysème. Et puis tu repars.
  9. Un peu plus loin dans cette rando, on est suivi par un âne qui a sauté la clôture de son pré. Je n'arrive pas à le faire dégager. Tu le menaces une fois, je t'encourage, une deuxième, et puis tu te jettes dessus toutes dents devant et il finit enfin par déguerpir.

***

Je suis ressortie car Amalhia t'appelait. C'est dur pour elle. Alors on a passé un bout d'aprèm à côté de toi avec Amalhia qui te veille. Et puis ensuite on est allé·es se promener avec Amalhia, Thomas et Iggy. Amalhia ne voulait pas trop partir, elle a beaucoup regardé derrière elle, et quand on est rentré·es, elle est revenue te voir et te lécher un peu.

***

  1. Je me rappelle toutes ces fois où, couchée, tu me laisses venir me mettre à côté de toi, ta confiance, et ta douceur.
  2. Quand tu as servi de promène-couillon pour les deux filles d'un collègue qui ont été insupportable.
  3. Quand une copine te monte et qu'elle n'a pas les mêmes codes que moi, et que tu ne bouge pas d'un cm : l'humiliation (sourire).
  4. Quand tu as laissé Thomas apprendre à monter quelques fois avant de boiter définitivement.
  5. Quand on sortait en dextre avec Amalhia, tu étais sage, bonne maîtresse d'école.
  6. Quand tu as eu une abeille coincée dans les crins derrière la têtière, et que j'ai eu super peur (et toi aussi ! )
  7. Quand on remontait au grand galop la côte de la balade vers la forêt de Loire. Globalement, tu étais vraiment une incroyable jument d'extérieur, et tu n'as pas transmis ça à Amalhia...
  8. Quand hier j'appelais Iggy qui a appris à escalader une barrière pour se faire la malle, et que c'est toi qui répondait.
  9. Toutes ces fois où tu as hennis hier dès que tu me voyais.
  10. Avec la véto pour les radios, tu te ranges comme une voiture en mode auto-park, tu es craquante.
  11. De nuit, avec ton couvre-rein fluo, dans la forêt autour de Vourles, à la lumière de la frontale, tu étais un peu plus sur l’œil que d'habitude.
  12. Quand tu as chassé le chien qui était rentré dans le rond de longe à Echalas, toutes dents dehors encore.
  13. Quand on était allées faire une démo dans un club où je donnais un stage d'étho, et que tu avais été moins bien qu'à la maison, évidemment. Mais c'était déjà très bien, à l'époque, la barre était basse.
  14. Quand on a passé quelques jours dans la Loire, que tu dormais dans le rond de longe géant, et que tu t'es blessée un pied dans la rivière.
  15. Quand tu pataugeais avec Nevada dans la mare des prés du Pilat.
  16. Dans ton paddock de régime dans ce même pré. Ironie de savoir que quelques années plus tard je galèrerais à te tenir en état.
  17. Ces reculés que tu faisais tellement bien, et avec tellement de coeur.
  18. Ce blabla sur le mors insupportable. Je l'ai déclenché dans les 3 premiers mois où tu es arrivée avec les cessions de mâchoire de Karl, et c'est disparu à Saint Yzan dans les dernières années, quand j'ai arrêté de te demander de céder, et que j'ai laissé le mouvement te mettre en place.
  19. Cette sale tête dans certains exos de travail à pied, et cette tête trop mims sur d'autres. Ça tu l'as filé à Amalhia, enfin, c'est probablement plutôt moi qui le génère.
  20. Ce concours de dressage pathétique où on est allées avec Laurianne. Mon stress du transport de se garer dans un parking tout boueux avec l'attelage le plus pourri de tous les compétiteurs ! Tu avais été sage, mais on n'était pas prêtes.
  21. Une séance de longue rênes sur le parking du haut d'échalas pendant que tu te remettais de ta petite tendinite.
  22. Le passage des branches basses restées à une taille poney lors d'un concours d'equifeel. Tu avais fait le chat, j'étais bluffée. Bon ensuite tu avais plus trop voulu passer les branches basses, c'était devenu nettement moins fun.
  23. La peur de te voir t'étouffer lorsque tu as fait une obstruction oesophagienne au pré, la galère du véto car on n'avait pas de lumière, le soulagement à la fin.
  24. Les vers gros comme mon petit doigt qu'on retrouve dans tes crottins, alors que tu étais toute maigre après Vourles, on te voyait la colonne au niveau du bassin. Clairement tes premiers mois avec moi ont été bien stressant, sorry.
  25. Des essais de selles à ne plus finir, et la wintec 2000 toute simple qui te va si bien.
  26. Ta tête à travers la porte du box à la maison, pendant ta convalescence.
  27. Le cirque que tu faisais avec un comportement d'entier quand Amalhia est revenue de ses 15 jours d'hospitalisation.
  28. Te voir revenir au galop l'été dernier pendant une récession de l'arthrose. Quel bonheur.
  29. Tes cabrés : beaux, droits et puissants. Tu ne m'as jamais fait peur.
  30. Tes oreilles en arrière sur les départs au galop. C'était pas notre kif ça. Alors que les heures et les heures de balade dans la nature en solo, ça ça te plaisait.
  31. Ta passion avec Revie, ta voisine de pré. Vous dormiez l'une à côté de l'autre, de chaque côté de la clôture.
  32. Ton goût pour les bananes, les kiwis, les avocats, enfin presque tous les fruits et légumes alors qu'Amalhia était beaucoup plus fine bouche.
  33. Avant-hier, quand tu as croqué le haut du plaqueminier que j'ai planté cet hiver en me regardant alors que je disais non. Tu gouttais à tous les végétaux du jardin après 1h de broutting d'herbe... Tu as même croqué dans un citron (yeux au ciel).
  34. Quand tu viens avec ton bout du nez dans mon cou, pour réclamer des grattouilles. Mon dieu que c'était doux. Et parfois tu posais ta tête. La sinusite a vraiment gâché ça.
  35. Quand tu me montres où tu veux que je te gratte : en me reculant dessus, en te grattant toi même d'abord. Très bonne communication avec les humain·es.
  36. Quand tu te mets toujours entre moi et la personne avec qui je parle dans ton paddock. Hé ! Occupez vous de moi !
  37. Quand tu fais ton pas espagnol martial, l'encolure haute, le regard presque fier.
  38. Quand tu fais le bisou, le flemehn, rattraper un objet, pousser un ballon, redresser un cône, et tous ces trucs inutiles que tu as appris au clicker.
  39. Quand tu changeais de main à peine je changeais mes appuis dans mes étriers...
  40. Quand tu m'as regardé ce matin en hennissant, droite au milieu de la cour, alors que je t'amenais ta dernière ration. Tu avais bon appétit. pas de pied pas de cheval. Plus de pied plus de cheval.

***

Au revoir Néli. Amalhia appelle, je vais l'amener te voir de nouveau.

Merci pour tout, et galope bien entre les étoiles.

 
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from adventices

ni l'eau à peine mobile qui va vers la brume dans un étroit fossé ni les tendres rameaux qui tendent aveuglément vers le ciel gris j'aime ronces et roseaux herbes hautes sans nom et toutes les broussailles qui ne vont nulle part

photo © Johanna Lihr @JohannaCharlotte

 
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from donotread

Notez les guillemets.

Lorsque j'ai envisagé l'écriture de ce blog, c'était l'un des thèmes que je voulais aborder. Pas forcément sous l'angle que prendra cet article. Pas forcément avec l'emploi de ce terme qui peut être connoté. Mais c'est un sujet que je tenais à rapprocher de celui du précédent article, parce qu'en réalité, les ramifications sont nombreuses.

Immédiatement après avoir publié l'article précédent, j'avais ce thème en tête et il ne me restait plus qu'à trouver le temps (et la motivation, soyons honnêtes !) pour le rédiger.

Depuis lors, j'ai eu l'impression que toute l'actualité raisonnait autour de ce sujet. Et puis j'ai observé que, là aussi, l'extrème-droite s'en emparait, tapie dans l'ombre, s'érigeant comme toujours comme un prétendu rampart contre un danger venu d'ailleurs. Tout ce contexte me poussait à rédiger cet article, la motivation était donc présente, mais il me manquait du temps. Si vous lisez ceci, c'est que j'ai fini par le trouver !

(note avant publication : procrastination mon amour, j'ai écrit cet article l'été dernier, je le trouveais imparfait, il l'est toujours, je voulais l'améliorer, mais maintenant il est en plus quelque peu périmé... donc je le publie tel quel 🤷🏻‍♂️)

Et puis il y a quelques jours j'ai lu cet article. Un article que j'aurais voulu écrire. L'article qui reprend par le menu et éclairé par de nombreuses sources et références (qui manquaient à mon précédent billet) toutes les ramifications entre ce sujet, lié au numérique principalement, et mes préoccupations politiques. Tout y est, enfin presque ! Cette lecture passionnante, je vous invite à la parcourir, avant ou après la lecture de la présente. Elle m'aura permis d'économiser un temps non négligeable de recherche et de consolidation d'informations fiables que je tenais à rassembler. Comment Trump peut mettre la France à genoux en 24h

Ce billet pourra donc se concentrer de façon plus spécifique sur mon analyse personnelle. Oui c'est prétentieux, qui s'intéresse à mon avis ? (voir mon premier billet à ce sujet) Après tout c'est un blog, pas un agrégat d'actualités resucées, brodées par une IA et parsemées de publicités pour optimiser votre temps ici et mon gain en revenus publicitaires (a priori il n'y en a pas ! 👀).

Le constat dressé par Maël Thomas est criant, à la fois de tristesse et de réalité :

Notre dépendance numérique aux États-Unis est un danger systémique.

À ma modeste échelle, cela fait quelques années que j'ai commencé à vouloir me défaire de l'emprise numérique des GAFAM : auparavant précurseur, au sein de ma famille comme dans mon cercle d'amis, dans l'utilisation des produits Google, j'ai commencé à douter des promesses de gratuité sans contrepartie, et surtout à m'apercevoir qu'une réelle dépendance commençait à s'installer : pour moi, bien que j'en sois conscient, mais de manière plus inquiétante pour l'immense majorité des digital natives ou des semi-vieux comme moi, mais convertis sur le tard au numérique.

La page DÉGOOGLISONS INTERNET, lancée depuis 2014 par l'association https://framasoft.org/, résume très bien les enjeux : C’est quoi le problème ? Les géants du web ont une telle puissance qu’ils exercent une domination technique, économique, culturelle et politique sur nos sociétés.
Ces dominations posent de nombreux problèmes pour nos libertés  :
- Capitalisme de surveillance
- Dérives démocratiques
- Fermeture sur une seule vision de société
- *Centralisation des données et des attentions

Dès lors, des alternatives ont commencé à éclore un peu partout, sous l'impulsion de cette initiative, avec la création du Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires ( 😻 https://www.chatons.org/).

Ou encore la naissance de réseaux sociaux décentralisés, indépendants et interopérables par le biais du Fediverse : Pixelfed pour la 📷 photo, Mastodon pour le 🐦 microblogging, PeerTube pour la 📽️ vidéo, Mobilizon pour ✊ l'organisation d'événements ou encore, pour écrire des articles de blog, 🪶 plume ou ✍️ write freely (utilisé pour ce blog).

Mais 10 ans plus tard, si des alternatives existent, le constat est terrible : la domination des GAFAM est encore écrasante.

À ma modeste échelle, que ce soit dans la sphère professionnelle ou personnelle, j'ai échoué.

J'ai échoué à convaincre, d'une part, mais je dois reconnaître que j'ai également échoué à trouver pour moi-même des alternatives fiables et en alignement avec mes valeurs. Mais pour paraphraser une célèbre citation parfois attribuée à Talleyrand, si cela me désole, la comparaison avec les coups d'épée dans l'eau de nombreuses institutions pourrait me consoler : – La note de la DINUM explicitant clairement que la Règle 9 de la doctrine Cloud au centre ne permettait pas le déploiement de l'offre Office 365 de Microsoft, en septembre 2021 ; – Ce qui n'a pas empêché l'Éducation nationale, pourtant fer de lance des communs numériques, de jouer au mauvais élève il y a quelques mois ; – La CNIL donnant son aval pour une exploitation par Microsoft de la Plateforme de données de santé (ou Health data hub) dans une délibération controversée, indiquant naïvement que “Les données de l’entrepôt seront conservées dans les centres de données de Microsoft situés en France.“, et que les “transferts de données vers les États-Unis sont encadrés par les clauses contractuelles types de la Commission européenne.”

  • Tandis que Microsoft ne peut garantir que nos données ne seront pas rendues accessibles au gouvernement états-unien lors de cette audition au Sénat.
  • Tous les DSI, responsables, techniciens ou prestataires informatiques, à l'échelle de petites structures ou de grandes organisations, qui ont voulu alerter sur les risques à se reposer exclusivement sur les technologies de Microsoft, mais qui n'ont pas trouvé d'arguments face à des remises spectaculaires de l'éditeur pour écraser toute concurrence ;
  • et toutes les initiatives que je ne peux citer ici...

Me consoler ou m'alarmer davantage ?

Pourquoi ne pas simplement admettre notre défaite et nous concentrer sur ces problèmes plus importants ?

Cette position serait encore tenable si nous n'étions pas en train de basculer dans une nouvelle ère.
Si j'ai été surpris du durcissement du ton de notre Président, qualifiant Vladimir Poutine d'“ogre” qui “a besoin de continuer à manger” pour survivre, ou de sa cinglante réponse aux accusations abjectes de Benyamin Nétanyahou, il faudra sans doute encore de nombreuses années avant une telle prise de conscience (ou du moins ouvertement) concernant le Président américain. Jusqu'à quand pourra-t-on encore considérer ce pays comme notre allié ? Un extrait de l'article-que-j'aurais-voulu-écrire :


Exercice de prospective : Trump amasse l’US Navy dans les eaux du sud du Groenland. Que font le Danemark, le Royaume-Uni, l’Union Européenne ?

Rejetez le réflexe de pensée “non mais il ne fera jamais ça”, tout comme nous aurions du le faire avant que la Chine ne lance ses exercices militaires encerclant Taïwan, et surtout que Poutine n’envahisse l’Ukraine, que Musk fasse son salut nazi, ou que le duo Trump-Netanyahou n’expriment leur volonté de vider Gaza de ses habitants. Pour cet exercice, réfléchissez aux conséquences comme si vous aviez lu ce matin dans la presse que l’US Navy amassait ses navires autour du Groenland.

Pensez-vous que Trump et ses généraux sont suffisamment stupides pour ignorer que leurs GAFAM font tourner notre économie et que leur informatique militaire peut clouer au sol une grande partie des flottes d’aviation militaire européennes ?


Que penser quand, suite à une sanction prononcée par le département d'État américain, Microsoft coupe les mails de la Cour Pénale Internationale ? Avec des amis comme ça, personne n'a besoin d'ennemis !

Notre dépendance n'est donc plus à démontrer, et son utilisation comme arme de dissuasion est d'ores et déjà documentée.

D'accord Jean-Michel, mais on y peut quoi nous ? on va pas revenir aux cartes IGN pour ne plus utiliser Google maps et aux pigeons voyageurs pour remplacer les réseaux sociaux ?”, me demanderez-vous !

Déjà, je ne m'appelle pas Jean-Michel mais je prends la question quand même.

À notre échelle à chacun, on peut bien sûr échouer comme je l'ai fait (mais essayer quand même !) à toujours utiliser des alternatives éthiques et qui limitent notre dépendance, d'une part, tout en réduisant les revenus de ces plateformes d'autre part (même si on ne leur verse pas d'argent directement, on entérine leur domination en les utilisant par défaut).

Mais surtout, on peut prendre conscience de la réalité de la situation, parce qu'une personne avertie en vaut deux et parce que le danger est déjà là.

Le problème n'est pas tellement en soi la position dominante, ni même l'absence d'alternative : après tout, ce ne serait pas si problématique si par exemple il n'y avait qu'une seule boulangerie dans mon village, tant qu'elle ne refuse pas de vendre à mes voisins trop bronzés, ou à cause de leur accent, tant qu'elle ne profite pas de sa position dominante pour vendre ses miches à prix d'or, tant que la qualité est au rendez-vous, etc etc. La “main invisible du marché” permettra à des concurrents de s'installer à proximité si l'établissement ne répond pas aux attentes de ses clients. Merci le capitalisme ! Le problème des GAFAM tient principalement dans leur éthique, ou bien leur absence d'éthique, ou bien encore leur porosité vis-à-vis d'une extrême-droite hégémonique dans de trop nombreux pays.

Vous pensez trouver sur facebook, twitter/X, instagram, youtube (ou d'autres plateformes comme celles-ci) un espace d'expression libre ? Vous avez l'intime conviction que leur contenu ne peut nullement influencer votre jugement, vos certitudes, vos choix, votre vision du monde ? Ce sujet pourrait faire l'objet d'un billet à lui tout seul, on se contentera de le survoler : Pensez-vous que le peuple roumain est moins éclairé que vous, pour que leur élection présidentielle soit perturbée par des ingérences russes? Pensez-vous que notre solide démocratie, sa presse libre et son peuple érudit nous mettent à l'abri de telles manipulations ?

👉 Ce n'est pourtant pas difficile de faire la une de la presse à sensation avec quelques tags, et de susciter une vive émotion, aujourd'hui en surfant sur la montée de l'antisémitisme, demain sur n'importe quelle autre problématique réelle de société.

À une époque où l'on doute de plus en plus des institutions, se reposer sur ces réseaux sociaux pour espérer y trouver une lecture plus neutre de notre monde, c'est une gageüre.

Si l'union européenne tente de son côté de réguler ces plateformes, à rendre obligatoire une modération efficace, cette approche semble sinon incertaine, dans tous les cas insuffisante. J'en veux pour preuve le virage à 180° de Mark Zuckerberg après l'élection de Trump, vantant au passage les “bienfaits de l’énergie masculine”, tandis que la presse atlantiste dénonçait il y a quelques années une modération trop “woke” sur facebook. Et Donald Trump ne s'y trompe pas, il sait ce qu'il fait quand il dénonce les régulations européennes du numérique et menace les pays européens de représailles.

Alors on fait quoi ?

Le choix qui s'offre à nous est donc simple : Accepter la domination (technique, économique, culturelle et politique) et nous y soumettre ? Ou poursuivre dans la voie de la régulation, avec l'imposition de normes sanitaires, de normes de sécurité, de garanties ou labels en tous genres, dictés par l'intérêt général et non par le sacro-saint marché (et donc en privilégiant les solutions libres) ?

Pour ce qui est du numérique, cette voie nous imposera peut-être à l'avenir de recourir exclusivement à des réseaux sociaux alternatifs décentralisés. Si vous lisez cet article, c'est peut-être le choix que vous avez déjà fait ! Pour ce qui est du recours à des solutions technologiques dites “souveraines”, la prudence est de mise : la prise de conscience grandissante de cette problématique par la population générale est comme de bien entendu exploitée par notre chère extrême-droite française : j'ai vu exploser il y a quelques semaines des publications de “Souveraine Tech”, qui s'avère être l'une des briques du Projet Périclès, comme le dénonçaient récemment les journaux Le Monde et l'Humanité (articles payants 💶). Ce projet lancé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin , visant à promouvoir l'extrême-droite.

Le sujet de notre indépendance vis-à-vis de puissances étrangères n'est donc pas simple, mais il fallait que l'extrême-droite vienne y mettre son grain de sel.

À ma modeste échelle, ma boussole restera celle d'institutions sérieuses, d'initiatives vertueuses, d'établissements dont les objectifs ne sont pas principalement financiers : la promotion du logiciel libre par l'Adullact ou encore le Conseil National du Logiciel Libre, la communauté associative autour de framasoft ou des chatons, un regard critique, une vigilance quant aux financements et dépendances, qu'elles soient choisies ou subies.

Si vous cherchez également comment sensibiliser de façon ludique vos enfants à ce sujet, je vous recommande la lecture du livre pour enfants “Ada & Zangemann, Un conte sur les logiciels, le skateboard et la glace à la framboise”, disponible sous licence Creative Commons : Attribution, Partage dans les mêmes conditions (CC BY-SA 4.0 FR).

Cette histoire raconte comment Ada, jeune fille un peu bricoleuse, va chercher à mettre en oeuvre des solutions alternatives à celles imposées par M. Zangemann, pour le plus grand plaisir de ses amis.

Pour élargir le sujet, avec des actus récentes en lien avec les thèmes abordés dans ce billet : – Le Tribunal de l'UE conforte le Data Privacy Framework (DPF) – Il s'agit de l'accord entre l'UE et les USA garantissant un niveau de protection des données équivalent au RGPD – cet “accord d'adéquation” est vivement contesté, notamment en raison du prolongement de la section 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) – beaucoup pariaient sur l'invalidation du DPF, comme l'avaient été avant lui le Safe Harbor et le Privacy Shield) – difficile de croire que le contexte international tendu n'a eu aucune influence sur cet arbitrage – Donald Trump affirme que les Etats-Unis ont tiré sur un bateau “transportant de la drogue” et parti du Venezuela, 11 “narcoterroristes” tués – les guillemets sont de franceinfo “Narcoterroristes”

(note² avant publication : il y aurait tellement d'articles à partager en lien avec cette actualité, qui a pris de l'ampleur depuis l'été dernier... mais je publie tel quel 🤷🏻‍♂️)

Vous avez lu jusqu'ici ? Je vous avais pourtant prévenus !

 
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from klerh_veille_pro

Lu

  • Au cœur de la culture, comment la MEL façonne le quotidien de ses habitants, un manifeste qui décrit le déploiement d'une politique publique de la culture à l'échelle de la Métropole européenne de Lille autour des notions de : création, accès, rayonnement, laboratoire, inclusion, croisement, participation. Intéressant en période de renouvellement des exécutifs locaux.

  • L'éveil culturel et artistique des jeunes enfants*, dit aussi “Rapport Marinopoulos, ce texte est un plaidoyer en faveur de l'extension à la toute petite enfance des dispositifs de l'éducation artistique et culturelle. Les bienfaits, d'après l'autrice, ne sont pas seulement culturels, mais aussi sociaux, physiques, mentaux, aussi bien pour les enfants que pour leurs parents et les adultes qui prennent soin d'eux.

  • Face à l'IA générative, l'objection de conscience, un manifeste d'enseignants et d'universitaires qui recommande la défiance face à l'IA générative, complété par la tribune du chercheur Guillaume Carbou, spécialiste des discours écologiques dans l'espace public, qui propose de se saisir de ce moment IA pour repenser nos systèmes : “on arrête tout, on réfléchit”.

Écouté

 
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from Un rat bleu

Avant-propos

Le contenu de cet article a été rédigé en grande partie le 21 février 2026, puis finalisé le lendemain.

La compréhension de ce qui est référé par les URLs ci-dessous est conditionnée par une maîtrise de la langue anglaise écrite et orale. Il y a toutefois des morceaux qui ne la nécessitent pas : tout ce qui peut être capté par d’autres canaux sensoriels.

Chicory : A Colorful Tale

En français : « Chicorée : Un Conte Coloré ».

J’ai redécouvert récemment sous une nouvelle lumière ce jeu vidéo, sorti et découvert en juin 2021. Une qui a projeté des ombres sur ma psyché depuis le début de cet hiver 2025/2026, par le prisme d’une vidéo sur ce jeu. Tout m’avait déjà été raconté dans le jeu : ce que ça fait d’être un(e) artiste, les côtés lumineux comme les plus sombres. Mais à l’époque, ça ne m’avait pas heurté. Je n’avais pas encore commencé le chemin artistique.

Ce n’est qu’après le visionnage de cette vidéo que ça s’est activé, presque un an passé volontairement dans le processus artistique, en connaissance de mes motivations, mais moins des conséquences d’un tel choix. C’est une chose d’en entendre parler, de l’avoir en tête ; c’en est une autre de les traverser.

Au stade où j’en suis, je suis incertain de recommander ou déconseiller la pratique d’un art à quelqu’un. Un usage thérapeutique coulerait de source. Ça aide à mieux supporter sa propre condition, et même à toucher la grâce, ne serait-ce qu’un instant. Mais dès que la flamme est allumée dans le for intérieur de cet individu, le processus est enclenché irréversiblement. Il y aura des moments où les ailes seront brûlées. La combustion n’est pas le plus dur, mais bien l’atterrissage. Certains humains ont fracturé leur esprit en s’y essayant.

Pratiqué seul(e), isolé(e) d’individus et de sociétés humaines agonisant de ses blessures infligées par ses propres balles de plomb, et ayant perdu le sens des métaux précieux tout en courant incessamment derrière eux jusqu’à l’arrêt cardiaque, l’art est une discipline libératrice et fantastique. Ma pratique ne peut que s’y accorder. C’est cependant au contact d’essences plombées que sa substance purificatrice se corrompt et devient à son tour corruptrice. C’est une fois exposé au vacarme tempétueux des critiques et des jugements irréfléchis et impulsifs que l’enchantement se met à jouer des fausses notes. Un humain sage saurait pourtant que l’argent du verbe et la dorée virginité de la sérénité apportent infiniment plus de valeur à la vie que l’usinage véhément et venimeux de la basse supériorité de l’un sur les autres.

Enfin... Ainsi est ce que je constate du monde humain moderne. Exposer ma flamme créatrice à du combustible toxique en provenance de ce dernier a déjà mis à rude épreuve mon esprit. L’art a cette particularité d’amplifier et de coupler tous les spectres et signaux faibles. Tout, mélangé avec tout, même quand il est plus avisé de garder certains dans leur chambre respective plutôt que dans la même cage. De la tendre douceur, en passant par l’incertitude anxieuse, jusqu’à la rage sourde et l’angoisse tonitruante.

L’art m’a appris et continue de m’apprendre à vivre parmi les humains comme personne. Il m’a aussi lancé un défi : apprendre à aimer ; aimer tout le spectre de l’humanité, tous ses fantômes, toutes ses aspirations, tous ses rêves, réalisés comme brisés, toutes ses gammes de notes, des gravement fausses aux perçantes vraies. Et mettre chacun et chacune à sa juste place. C’est lent, c’est long, c’est douloureux. Se prendre des balles, encaisser le choc, se relever de l’affliction, plonger dans la blessure, désamorcer la mine, retirer la balle, éviter de la tirer sur quelqu’un d’autre à nouveau. Cette dernière étape est potentiellement la plus longue et la plus difficile du lot. Certains y ont laissé des plumes à essayer de s’y accrocher.

Vincent Van Gogh

Je me suis senti poussé aujourd’hui à me renseigner sur Vincent Van Gogh. Le peintre, certes, mais pas seulement. Au-delà de la présentation du statut de référence académique en art, il y a aussi Vincent Van Gogh, l’humain, l’esprit, l’âme. J’avais eu vent de certains traits de ses vie et carrière : un artiste autodidacte (au début), ayant appris son art sans formation académique, dévoué à la passion qui l’animait, dont le talent n’a été reconnu à grande échelle qu’après sa mort. Lui-même en doutait profondément de son vivant.

Il est très probable que Vincent Van Gogh ait fait partie de mon éducation artistique, à l’école, au collège et/ou au lycée. Ma mémoire n’en a gardé aucune trace. J’en déduis que ça m’était passé au-dessus de la tête à l’époque. Mais aujourd’hui, j’y suis sensitif. Son unicité. L’amour insufflé dans ses œuvres. Ses choix, ce qu’il préfère dessiner, par exemple. Dans sa peinture, et aussi dans ses paroles et écrits cités.

Je ne peux m’empêcher de lire une histoire dans la juxtaposition de ses citations. Le récit de sa vie, son parcours ; son état d’esprit du moment, celui qu’il a porté tout au long de son chemin artistique ; les distorsions de sa conscience à mesure que la condition humaine, les conséquences de sa maladie psychique et les cendres laissées par le passage de la passion plombent son âme.

Vincent Van Gogh a trépassé à l'âge de 37 ans. 2 ans auparavant, les premiers signes de maladie mentale se sont montrés. J’approche doucement de mes 30 ans cette année. Lui et moi avons développé le sens de la nature et avons été inspirés par elle au cours de notre vie. Je sais qu’accoler ces précédentes phrases peut donner l’impression que j’appréhende de sombrer, de vivre incertain de mon talent, de me voir ou d’être vu comme un échec, et/ou de tomber aux oubliettes comme lui. Tout ce que je suis en capacité de dire est que je ne considère pas ce concours de circonstances comme le fruit du hasard.

Il n’a pas été et n’est pas le seul à être tourmenté par ces luttes intérieures. De ce que j’ai pu récolter, il semblerait que ça frappe toutes les personnes qui touchent au feu artistique avec une gravité plus ou moins aigüe. Tenter de franchir un portail, escalader un mur, ou traverser un vide abyssal sur une fine corde, enchaîné à une barre d’haltère aux poignets, à des boulets aux chevilles et à un sac à dos rempli de bagages du passé. Le vertige me vient très vite dans ces situations, alors je préfère éviter de regarder en bas et imaginer les horreurs qui m’y attendent. Mais c’est trop tard. Je suis déjà engagé sur le fil.

La suite de l'aventure

Vais-je vaciller ? Chuter ? Perdre l’équilibre ? Être frappé par la foudre ? Emporté par la tempête ? Et qu’est-ce qui m’attend de l’autre côté ?

Je ne sais pas. Devrais-je savoir ?

Je ne suis pas sûr. Peut-être pas dans les détails. Tout ce que je sais est que l’art est un de mes rares moyens de me relier aux autres humains, dans leur état présent, et de me faire comprendre d’eux. Parfois, je sens que c’est le seul moyen. Tout ce que je peux faire, c’est d’accepter de prendre ce risque.

L’art a un autre lapin dans son chapeau, un qui fait autant sauter de joie les uns que pétrifier de terreur les autres, et qui est pourtant essentiel dans la progression sur ce chemin : la surprise, l’inattendu, l’imprévisible, l’improvisé.

Je verrai quand j’y serai.

#Réflexion #Artiste #Chicory #VincentVanGogh

 
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from klerh_veille_pro

Lu

  • Presque une “spéciale élections municipales” puisque Actualitté se fait l'écho d'ouverture de médiathèque à Cherbourg, de la réouverture de Louis-Nucéra à Nice sur fond de discorde électoraliste, et de la future médiathèque numérique de Nantes métropole.
  • D'ailleurs La Gazette des communes note la frilosité des politiques à aborder le sujet des politiques culturelles lors de cette campagne. Elles ont été jusqu'à il y a peu objets de consensus, et les établissements font le plein. Or, comme le note l'article, cette dépolitisation se heurte aujourd'hui à la polarisation, et le personnel politique au mieux hésite à se présenter devant “les professionnels” (entendu par le journal : du spectacle vivant), au pire, dérape.
  • On annonce une semaine ministérielle de l'IA pour tous en mai...
  • Olivier Ertzscheid fait un parallèle salutaire entre la politique confiscatoire et destructrice des entreprises d'IA générative et celle en son temps de Google Books. Il appelle en conclusion à la construction d'une “écologie de la connaissance”, une formule à creuser.
  • Et maintenant Livres Hebdo censure un passage d'entretien avec Jean-Yves Mollier parce que ses propos ne sont pas très flatteurs pour les propriétaires du groupe Hachette ?

Écouté

  • Julien et Quentin rendent hommage à Fobazi Ettarh, bibliothécaire américaine, l'une de leurs inspiratrices, et parlent d'intersectionnalité (comme deux types blancs, mais qui d'autre le ferait en France ?).

Vu

  • Les Hauts de Hurlevent : amour, haine et vengeance de Martine Saada sur Arte.tv #OndesPubliques. En écho à la sortie d'un film qui se présente comme inspiré de “la plus belle histoire d'amour de tous les temps” (...), la réalisatrice replace l’œuvre d'Emily Brontë dans le contexte historique, social et politique de son époque : colonialiste, patriarcal, isolé.
 
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from Liste-Participative-EYGDD

Panier de légumes - Image : Le Giraumon

Depuis la mise en ligne de notre charte, nous évoquions l'idée d'un groupement d'achat. Mais concrètement, de quoi s'agit-il ? D'un site internet, d'une plateforme numérique ? Pas du tout — c'est même tout le contraire.

Un groupement d'achat ce sont avant tout des personnes qui se rencontrent en physique, échangent, font des propositions et décident ensemble d'acheter auprès de tel ou tel producteur, selon des critères qu'elles ont elles-mêmes définis (labels, proximité géographique, etc.). Les adhérent-es participent aussi 2/3 fois par an à la répartition des commandes.

Dans la mesure du possible, les groupements sont aussi mis en réseau les uns avec les autres — une sorte de fédération permettant de partager expériences et contacts.

Depuis plusieurs années, certain-es parmi nous participent au groupement PRISE DE TERRE en Dordogne. Celui-ci travaille directement et prioritairement avec des producteurs locaux. C'est une réalité bien concrète, déjà ancrée dans plusieurs régions, que nous souhaitons maintenant développer à Eygurande-Gardedeuil et plus largement dans la Double.

Si vous souhaitez en savoir davantage, cet excellent article donne une description assez précise du fonctionnement d'un groupement d'achat.

 
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from irisdessine

Projets du moment

Personnel

  • Très envie de reprendre le dev' de projets persos, essentiellement pour pallier à des manques dans ma recherche d'outils souverains / open-source. Pour le moment, il y a 3 idées (dont des projets déjà entamés) : un todo hyper simple (à l'image de l'appli Rappels des iPhones), un gestionnaire de mots de passe offline et un trello-like.
  • Le japonais est toujours dans les parages, j'apprends un peu tous les jours ou tous les 2 jours.

Veille Technologique

Veille personnelle

  • Découverte de fluxer.app qui est une copie de Discord, mais en version open-source et dev' en Europe. En ce moment, ils sont en phase de changement d'infrastructure si j'ai bien compris, donc, parfois, l'app est indisponible, mais ça devrait se stabiliser une fois tous les changements faits.

Mes joies

  • Je réalise que je ne pense plus trop à mon dos (à part le matin et pendant mes exercices du soir), et c'est plutôt cool en fait. Ça éloigne la douleur.
  • Le plaisir d'avoir des week-ends reposants, que j'appelle “à productivité nulle”. Et donc, prendre le temps de jouer avec ma cousine, entre autres choses.
  • J'ai investi dans un fairphone après 8 années de bons et loyaux services de mon iPhone XS. Le fairphone sous /e/os de Murena, qui est une version d'Android dégooglisée !

Mes peines

  • L'actualité du monde qui est plus que déprimante, voire carrément angoissante.

Lu, vu ou écouté

  • J'ai fini Blue Period. L'anime était très chouette et très prenant ! Je le conseille, ça se dévore très vite. Dispo sur Netflix.
  • J'ai aussi commencé (et fini, parce que c'est très court), la série Wotakoi. Dispo sur Prime.
  • Nouvel épisode de The Pitt. Toujours aussi bon, comme série. Dispo sur HBO Max.

Et le jeu vidéo ?

  • On a passé la nouvelle lune de sang de 7 days to die avec le chéri et ma cousine. Sans souci. Le plus dur, c'est de passer à un niveau supérieur d'attaques de zombies pour les missions, et sur la dernière, on s'est pris une grosse fessée !
  • On avance Split Fiction tous les week-ends, et parfois même en semaine. Je pense qu'on arrive bientôt au bout de l'histoire. En tout cas, c'est toujours aussi agréable. On a chevauché des dragons, on est devenues des boules intelligentes, tout est vraiment cool à jouer !
 
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from Strafanici

Sulla cura, il burnout militante e l'importanza di pensare a dire grazie

di Khrys

Testo originale: https://blog.feministech.eu.org/feministech-7/

Distribuito con licenza CC-BY-SA

Questa settimana vorrei parlare del prendersi cura e dell'empatia, se non altro perché danno fastidio ai techbro fascisti come Musk, per i quali l'empatia sarebbe la «debolezza fondamentale della civiltà occidentale»:

The fundamental weakness of Western civilization is empathy.

E perché il prendersi cura e l'empatia sono temi fondamentali nell'ambiente militante. Il podcast di Contretemps, con Florence Poznanski, alla cui conferenza spettacolo (conference gesticulée) Je t'aime camarade ho avuto il piacere di assistere quest'estate, parla del burnout militante come di una questione strategica . Purtroppo questo tema non risparmia alcune associazioni che promuovono il software libero, la cui governance e modalità di funzionamento nei confronti dei volontari si rivelano (e non è una novità) talvolta estremamente problematiche . Un-una volontario-a è sostenuto-a solo dalla motivazione. Se lo-la si scoraggia, se gli-le si toglie il senso di ciò che fa, finisce per andarsene. Alcune organizzazioni sembrano puntare proprio su questo: l'allontanamento dei volontari maltrattati, la loro s (in tutta benevolenza) dalla circolazione, soprattutto se iniziano a criticare il modo in cui tutto questo funziona (male).

C'è anche il burnout di coloro che mantengono dei servizi o dei software liberi, spesso da soli o in numero troppo ridotto. Il 14 febbraio è stata l'occasione per ringraziarli tramite l'hashtag #ilovefs su Mastodon. Può sembrare insignificante, ma è importante: dire grazie quando funziona (e aiutare concretamente se possibile). Non intervenire solo quando qualcosa non funziona o non funziona più, per lamentarsi. In modo particolarmente significativo, il manutentore dell'utility sudo – programma noto a chiunque si sia mai interessato alla riga di comando – ha recentemente chiesto aiuto per mantenere in vita il progetto , poiché attualmente è l'unico a occuparsene…

Questo mi fa anche pensare ai Khrys'presso, la cui redazione, ogni settimana, esattamente da 430 settimane senza alcuna interruzione, è diventata poco a poco un lavoro, un vincolo, un impegno che mi impongo da sola. Ho iniziato a pubblicare queste rassegne web sul mio sito molto prima che mi venisse proposto di inserirle anche su Framablog, in una versione graficamente più curata e con delle illustrazioni. All'inizio le facevo per me stessa, per poter ritrovare più rapidamente alcuni articoli, alcune informazioni. Da quando sono anche su Framablog, mi è già stato rimproverato di non inserire un testo alternativo sulle immagini. Ho risposto che mi sarei associata con entusiasmo a chiunque avesse accettato di occuparsi di questa parte. Nessuno si è mai offerto. Perché farlo una volta è facile. Farlo ogni volta, ogni settimana, al momento giusto, è tutta un'altra storia. È lo stesso motivo che mi ha portato a smettere di tradurre sistematicamente l'inglese nei titoli e nelle citazioni del Khrys'presso (cosa che mi avevano suggerito di fare per la versione del Framablog e che ho effettivamente fatto all'inizio). Anche in questo caso, nessuno si è offerto di farlo (non una volta, ma ogni volta), quindi pazienza, resta così. Pubblicare su Framablog mi richiede almeno una o due ore di lavoro in più (un colpo di pandoc per trasformare il .md in .html, riprendere tutte le citazioni una per una per metterle tra due <blockquote> </blockquote>, scegliere e inserire le immagini...). Non voglio/posso fare di più perché so che altrimenti non riuscirei a resistere a lungo. È un peccato, non è perfetto, non è inclusivo, ma è così che stanno le cose oppure non ci sarà più Khrys'presso.

Eppure ho ancora tempo per lanciarmi in qualcos'altro, con FeminisTech? Beh sì, perché mi permette anche di esprimermi un po', invece di limitarmi a raccogliere gli articoli degli altri. Il lavoro creativo è diverso dal semplice lavoro, nel senso della Arendt . Mi permette di sensibilizzare su alcuni argomenti, di parlare di ciò che mi tocca, di sperimentare argomenti – come ad esempio la “sovranità digitale” che mi ha portato a pubblicare il mio primo post sul blog di Mediapart .

Il lavoro, certo, è importante, è persino essenziale: senza lavoro, i bidoni della spazzatura non vengono svuotati, i piatti non vengono lavati, lo sporco si accumula, niente cresce correttamente e niente viene raccolto. Senza le piccole mani del lavoro, le società crollano (il sistema capitalistico come tutti gli altri sistemi). Ma non devono essere sempre le stesse persone a occuparsene. In una società patriarcale, si cerca di far credere alle donne che fare figli, prendersi cura della famiglia, amare, siano le uniche cose che possono dare senso alla loro vita.

Certo, sì, prendersi cura, contribuire alla comunità o alla vita comune può dare un senso alla propria vita (ed è questo che alimenta l'energia del volontariato: se continuo a pubblicare le rassegne web ogni settimana, è perché ho l'impressione che siano utili, anche se solo a poche persone, perché queste ultime vengono a ringraziarmi di tanto in tanto; allora a mia volta ringrazio queste persone perché sono loro che mi danno la voglia di continuare).

Ma occorrerebbe anche 1) che ci fosse un minimo di riconoscimento del valore di tutti questi «piccoli» gesti quotidiani e 2) che non fossero affidati, imposti, sempre alle stesse persone per «liberare» le altre – che, essi (al maschile) al contrario, godrebbero del tempo, dello spazio e della libertà di spirito (addio carico mentale) per dedicarsi alle cose “importanti” (quelle che rimangono nel tempo, da contrapporre a quelle che richiedono una riproduzione, una ripetizione incessante delle stesse azioni, degli stessi compiti): partecipare al dibattito pubblico, produrre “opere”, esistere per se stessi.

È anche per questo che abbiamo bisogno del femminismo. Per distribuire meglio il lavoro, ma anche per ridargli il suo vero valore (le due cose vanno spesso di pari passo).

Dico proprio femminismo, non «donne». Perché le donne non sono «naturalmente» più portate all'empatia (o al lavoro di «cura») rispetto agli uomini . Sono state semplicemente plasmate dalla società patriarcale per essere più inclini all'empatia, per comportarsi come (nel sistema patriarcale) si desidera che si comportino. Se i maschilisti come Musk rifiutano l'empatia, è perché la associano alla femminilità e “quindi” alla debolezza. Questo è l'altro lato del patriarcato: gli uomini sono condizionati a rifiutare ogni forma di femminilità perché la femminilità è vista come una fonte di debolezza e un uomo, per definizione (patriarcale), deve essere forte.

Non è forse questa la vera radice del fascismo? Rileggiamo Marinetti e il suo Manifesto del Futurismo (come ho raccontato nella mia ultima conferenza , Marinetti, sostenitore incondizionato del regime fascista italiano, sarà nominato nel 1930 cavaliere della Legion d'Onore in Francia – sic):

Vogliamo glorificare la guerra, unica igiene del mondo, il militarismo, il patriottismo, il gesto distruttivo degli anarchici, le belle Idee che uccidono e il disprezzo della donna.

 
Continua...