BlogZ

Lectures

Les derniers billets publiés sur BlogZ

from Un Spicilège

Ada

J'étais très curieuse de découvrir le fameux Ada d'Antoine Bello, dont on m'avait dit tant de bien. J'étais surtout curieuse de savoir comment le sujet de l'intelligence artificielle générative, celle qui a explosé après la parution du roman (qui date de 2016) avait été traité à l'époque.

Dans ce roman, on suit en effet un détective chargé d’enquêter sur la disparition d'un projet technologique un peu particulier : une intelligence artificielle capable d’écrire des romans à l'eau de rose. L'enquête dépasse cependant très vite ce cadre policier pour soulever des questions bien plus vastes sur l'essence même de la création et les dérives possibles et même probables que va engendrer ce nouvel outil.

Je me suis très vite laissée entraîner par cette lecture qui s'est révélée particulièrement prenante. Le traitement de l’intelligence artificielle est vertigeusement crédible, aussi bien dans ses capacités (qui dépassent déjà certains aspects esquissés ici) que dans la manière dont les humains cherchent à l’exploiter (qui tape complètement dans le mille aussi). Bien qu'étant déjà familière de ces enjeux, le roman m'a proposé de nouvelles réflexions plus qu'intéressantes, notamment sur notre tendance presque inévitable à anthropomorphiser les machines.

Ada, l'intelligence artificielle, est elle-même fascinante : on y projette un être sorti à peine de l'enfance tout en étant doté de moyens potentiellement illimités et d'un sens moral à peine balbutiant, ce qui la rend à la fois intrigante et terrifiante. Côté humains, mon ressenti est différent. Frank Logan m’a d’abord paru assez cliché, avant de gagner en profondeur de manière inattendue. Son goût pour les haïkus ou encore la relation qu’il entretient avec sa femme (dont les convictions, au-delà d'attirer ma sympathie, permettent d'ancrer la dimension politique de l'ouvrage) apportent une nuance assez attachante au personnage.

Antoine Bello démontre également dans ce roman sa maîtrise du style et du rythme, lui permettant de proposer des réflexions philosophiques et éthiques denses sans perdre en fluidité de lecture. Le mélange entre polar et essai fonctionne rudement bien : je me suis laissée porter par l'histoire tout en ouvrant des parenthèses de réflexions plus profondes.

Ada est une lecture à la fois divertissante et stimulante, qui montre à quel point certaines interrogations autour de l’intelligence artificielle étaient et restent actuelles et primordiales.


Ada | Antoine Bello | Gallimard/Folio

 
Lire la suite...

from Ma vie sans lui

Point final

Il y a quelques mois que je n'ai plus écrit ici. Ce n'est pas l'envie ni le besoin qui m'ont manqué mais je me suis retenue de le faire pour ne pas rabâcher encore et encore les mêmes choses, le manque, le chagrin, l'inconsolable. Je ne suis même pas sûre que cela m'aurait été profitable. Je m'en viens tout de même donner quelques nouvelles, sans doute pour clore ce journal de deuil.

Je vais mieux. Cela ne signifie aucunement que je n'ai plus de tristesse, que je ne pleure plus, que mon amoureux ne me manque plus. Cela veut juste dire que je gère mieux tout cela. Il arrive que je pense à lui, à notre histoire, avec tendresse et sourire, il arrive que je triche avec moi-même pour que cela fasse moins mal, par exemple en pensant à ces choses qui n'étaient pas satisfaisantes entre nous, à ses petits défauts, aux difficultés que nous avons rencontrées, il arrive aussi que je repense à sa mort sans pleurer. Il arrive aussi que le chagrin refasse surface et me submerge mais cela ne dure jamais bien longtemps, à présent et c'est moi qui reprends le contrôle, en général.

Il y a un an jour pour jour, je passais la journée aux urgences pensant que sa disparition m'avait littéralement brisé le coeur. Il semblerait que non puisque mon coeur va bien, que je vais bien et que je continue ma vie cahin-caha sans lui et surtout sans l'amour qu'il me portait. Cette chose me paraissait impossible il y a encore quelques mois mais je peux vous le dire maintenant, on survit à ce cataclysme si l'on sait mettre des mots sur sa douleur, si l'on sait écouter ses sentiments et son corps quand il nous parle, si l'on sait apprécier les petits bonheurs que la vie nous offre, même les minuscules.

Ce deuil n'est pas terminé, je n'ai pas encore tourné la page de cette merveilleuse histoire, loin s'en faut. Mais je vais bien dans l'ensemble, même si chaque jour, je me demande comment il est possible que je sois encore debout, même si chaque soir, je me demande comment il est possible que le coucher du soleil soit si beau dans un monde où mon amoureux n'est plus.

La vie me rappelle aussi que j'ai d'autres soucis, d'autres deuils (présents ou à venir) à endurer, familiaux, professionnels, associatifs. La vie continue avec ses hauts et ses bas, c'est un manège dans lequel je suis bien accrochée et que je subis, parfois, même s'il me donne envie de vomir ou bien de descendre.

Mais je suis là, bien plantée sur mes deux pieds, je recommence à faire des projets (modestes) et j'envisage la suite sans trop me prendre la tête, dans des objectifs raisonnables et sans attentes folles. Je vais mieux, je l'ai identifié et verbalisé et je suis fière de ça. “Petite forte”, aurait dit mon amoureux et il aurait eu raison. J'ai le sentiment de bien m'en sortir et de le devoir à moi-même surtout, malgré la sollicitude et la bienveillance dont j'ai été entourée.

Ce chemin de deuil n'est pas tout à fait terminé mais je vais sans doute clore ce journal ici. Merci à vous qui m'avez lue, qui m'avez aussi exprimé votre soutien et votre affection, qui avez partagé votre expérience sans jugement. Merci à vous aussi qui, silencieusement, m'avez accompagnée. Merci pour votre présence qui a fait beaucoup. Je nous souhaite beaucoup de douceur dans ce monde chaotique et de l'amour, surtout, car maintenant que le mien est mort, je comprends combien c'est ce qu'il y a de plus important, ce qui nous tient et ce qui cimente le monde. Aimons-nous, je crois que c'est ce que nous avons de plus sensé à faire.

 
Lire la suite...

from citronpressé

Nos “Anciens” à l'honneur

Ça y est, le projet prend corps !

Après avoir constitué un collectif “Photo”, nous avons vite compris que sans la constitution d'une véritable association, nous ne pourrions pas finaliser notre idée.

Ainsi, notre association “BÉDA'IMAGES” née le 10 février 2026 s'est donnée comme premier projet la mise en valeur des “Anciens” de notre village en proposant une exposition en Mairie au cours de ce mois de juin.

L'affiche est prête, mais le plus dur reste à faire : prises de vue, format, papier, impression, supports...

BÉDA'IMAGES

 
Lire la suite...

from irisdessine

Projets du moment

Professionnel

  • On a démarré la nouvelle équipe expérimentale à laquelle je participe en tant que lead dev. L’expérience, c’est d’avoir une équipe transverse, afin que tous les participants de la fabrication d’une épreuve bossent ensemble du début à la fin. (concepteurices, designeurices, developpeureuses).
  • Avec les vacances des uns et des autres, l’équipe est en comité réduit, alors on bosse tous ensemble sur le même objet interactif. Un objet interactif est une sorte de simulateur avec lequel l’utilisateur ou l’utilisatrice peut interagir pour comprendre des notions numériques mises en avant dans ledit objet interactif.

Personnel

  • Je rouvre Susume, mon livre pour apprendre le japonais, parce que la date de voyage pour le Japon approchant, j’ai vraiment envie de pouvoir comprendre un peu mieux le japonais ! S’il y en a que cette ressource intéresse, il se trouve ici : https://www.issekinicho.fr/editions/produit/susume/

Veille technologique

Veille personnelle

  • J’ai découvert via ce qui ressemblait à un publireportage sur Libé (et pourtant, non, j’ai regardé, pas de mention de ce genre sur l’article) une lessive sans savon qui se matérialise par un sachet de billes de magnésium. J’ai voulu en faire l’expérience, donc je l’ai acheté et ai commencé à l’utiliser. Pour le moment, ça semble faire le taf. Apparemment, le magnésium a un effet lavant et détachant. On ajoute un parfum naturel dans le compartiment adoucissant pour parfumer le linge, et là aussi, ça fait le taf. À voir sur le long terme si c’est efficace. (Le sachet est censé durer 1 an). Petit bonus : c’est une boîte française ! Ça se passe chez OPS Clean, à Lyon : https://opsclean.com/

Mes joies

  • J’ai eu la choix de redécouvrir des manga que j’avais mais dont j’avais oublié l’existence parce qu’ils étaient rangés derrière d’autres manga ! Par exemple Yakitate Japan! ou encore les 3 premiers tomes de Frieren. Bref, ça nous a donné envie de faire une bibliothèque adaptée aux manga (un seul niveau de profondeur) pour pouvoir tous les avoir bien en vu.
  • On a changé de place deux armoires pour refaire de la place dans notre buanderie. On en a profité pour faire du tri et du nettoyage de printemps. Ca fait toujours du bien le nettoyage de printemps, même si ça fatigue.

Lu, vu ou écouté

  • L’atelier des sorciers épisode 3. J’ai même rematé les 2 premiers épisodes avant d’attaquer le 3e. C’est vraiment un magnifique anime, avec un énorme travail sur les décors et les animations. Souvent, les décors deviennent abstrait pour renforcer l’émotion d’un personnage. Ca me plaît tellement que j’ai même envie de racheter le manga version collector, parce que l’ensemble mérite le plus beau format. Et j’espère que si un jour une version blu-ray sort, le packaging sera aussi soigné ! Dispo sur Crunchyroll.
  • Kunon, the sorcerer can see, 13e et dernier épisode. C’est littéralement une tranche de vie, puisque l’histoire n’a pas réellement de fin. Elle est somme toute plutôt mignonne, parce que ce fameux garçon aveugle a de tels talents qu’il surpasse les plus balèzes avec des sorts hyper simples. Mais pourtant, ça se laisse regarder. Dispo sur Crunchyroll.
  • Dernier épisode de la saison 2 de The Pitt. Enfin on suppose. C’était très fort en émotion. Les paris sont pris pour ce qui arrivera en saison 3 ! Dispo sur HBO Max.
  • Tome 2 de L’Anneau-Monde : un peu perdue pour le moment, il semble y avoir eu un gap de temps entre la fin du tome 1 et le début du tome 2, et de fait, j’ai la désagréable impression d’avoir loupé quelque chose. J’ai la même sensation comme quand je regarde une série et que d’une saison à l’autre, l’acteur a changé, mais tout le monde fait comme si de rien n’était. Je dois admettre que jusque là, le tome 2 ne m'accroche pas autant que le 1.
  • On a repris la saison 2 de Ranma ½, qu’à ma grande surprise, on avait déjà démarré. C’est toujours extrêmement bien animé et très drôle, même si les situations sont de plus en plus rocambolesques. Mais c’est ce qui fait l’histoire de Ranma Saotome. Dispo sur Netflix.
  • Shrinking, la saison 1 terminée, on attaque la saison 2. Je vais me répéter en disant que c'est super drôle et que j'adore les persos ! Dispo sur Apple TV.
  • A knight of the seven kingdoms, la série dérivée de Game of Thrones. Épisodes 1 & 2 regardés. Plus “intimiste” que les autres séries qui se déroulent dans cet univers, la série se penche sur un grand dadais qui se fait passer pour un chevalier errant, accompagné d’un jeune garçon chauve dont on ne sait pas grand chose si ce n’est qu’il est orphelin. On a attaqué le premier épisode qui tranche vraiment avec ce qu’on a connu dans Game of Thrones ou House of the Dragon. Je pense qu’on va la continuer, parce que passée la surprise, on s’attache rapidement à ces 2 bonhommes.
  • Sur suggestion d’un collègue, j’ai démarré un anime totalement loufoque (mais genre, chez les japonais, je n’avais jamais vu ça jusque là !), ça s’appelle Bobobo-bo Bo-bobo. Et, accrochez-vous, voici l’histoire : un homme chauve a pris le contrôle d’un royaume et ses sbires ont donc pour mission de rendre tout le monde chauve, sans exception. Mais c’était sans compter sur Bo-bobo et sa coupe afro blonde (?!), qui a le pouvoir d’entendre les cris de détresse des cheveux et qui va donc parcourir le royaume pour sauver les cheveux des gens ! Je vous avais prévenu, c’est loufoque. Mais ça me rappelle un peu la bonne époque de Cartoon Network, avec les Powerpuff Girls et Johnny Bravo. Je n’ai fait que démarrer, mais la loufoquerie est présente, je pense que je vais beaucoup m’amuser à suivre cette série ! Dispo sur crunchyroll.
  • Enfin, une fois n’est pas coutume, je recommande un film japonais relativement récent (2022) dont j’avais entendu parler mais que je n’ai jamais eu l’occasion de voir “Comme un lundi”. Et bien, ce film est très drôle. Une boucle temporelle dans le monde du travail, avec beaucoup d’humour et de tendresse. Je le conseille fortement. Par chance, il est disponible en replay sur France TV jusqu'au 16 mai.

Et le jeu vidéo ?

  • 7 days to die, jour 39. On commence déjà à (re)fortifier notre base, en améliorant nos pièges (des hélices qui tranchent les jambes des zombies, des pièges électriques, des pieux en bois, des mines…) en vue de la prochaine lune de sang (jour 42). Ce coup-ci, on ne se fait pas avoir à la dernière minute !
  • Portal Knights : on le sait, on a vaincu le boss final la semaine dernière, mais il restait un dernier monde à visiter, et on a enfin compris son but : c’est un monde où on a des quêtes pour le moment faciles, qui permettent de looter des choses qui ne se lootent pas ailleurs. Par exemple, j’ai récupéré un fantôme de compagnie tout mignon. Et une gigantesque sculpture de mappemonde très jolie ! Pour le moment, c’est indiqué “Niveau 1”. Je subodore qu’une fois toutes les quêtes (qui sont répétables) finies au moins une fois, on monte de niveau pour avoir du loot encore plus intéressant ! Du coup, l’histoire principale est terminée, mais on continue de jouer au jeu avec plaisir. On a même envie de recommencer le jeu en hard mode, une fois notre armure définitive complètement fabriquée.
 
Read more...

from Depuis les Gorces

Long neerdy blogpost to prepare for a coaching session for me and Amalhia. I know some might think I'm silly, over-bisounours or bad at creating a relationship with my horse... But this is who I am and where I wanna go.

My goal

My goal seems simple :

Having a calm and relaxed horse who’s happy to work with me. I don’t have big expectations regarding what “work” means.

If I reached my goal, most training sessions would look like this video in which I find her very relaxed and happy:

But for us, the reality is more complex / difficult and often, she is more grumpy, like on this video in which, to me, she starts on a 2/5 on our grumpiness scale to end at a 4/5.

In this video, we were at a place / orientation in which Amalhia usually isn't comfortable. I've edited the video to have the first minute, but she stays at this level of grumpiness for most of the training session (4 minutes).

Our problem – What's going wrong

I will start with what is bothering me the most in our relationship with Amalhia. Then I will describe other pain points that I can live with before describing also what's going well !

What's bothering me the most

1. Grumpy even before we start

Sometimes (I would say 40% of the time by now, but it used to be always, and then most often), she makes a grumpy face when I come to her for a clicker training session, despite nickering when I open the gate. When a training session starts like this, I don't manage to improve her mood during the session.

When I’m not sure of her mood at the beginning of a session, or during a session, I gently stroke her on the neck as in the video below:

  • If she is relaxed, she won’t react and keep her ears forward, as can be seen in the first part of the video.
  • Otherwise, she will turn her ears back, have a tense face, and even sometimes she goes as far as pinning her ears and shaking her head, which had not happened recently.
2. Grumpy during training

When she is “OK” to work, she can go back to a grumpy face after a click or during a behavior she doesn’t like, which is most of the behaviors that I ask from the ground.

In this video, she is perfect until I move toward her bucket. She then follow me while turning her ears back, as it is often the case in most horses I've worked with in stick to me... She can do worse !

What is annoying but I can live with:

3. Anxious with the farrier

She gets super anxious when the farrier picks up her feet : she might not give her feet, or she might paw or withdraw her feet, or even kick in the air. And when the farrier walks away, she would sigh. For the past two months, I’ve been the one trimming her feet, so problem solved as long as her mood is okay at the start..

4. Refusing to leave the paddock

She sometimes stops and refuses to move on when we are about to leave the paddock to go on a hack or to the riding center (I’ve stopped leaving our property)

5. Loading and travelling

She hates the trailer. It’s hard to get her in, and when I got her to travel in a lorry/truck (so supposedly more spacious and more stable for her), but on her own without a friend, she clearly was resigned, even refusing to eat food. (and I’ve spent a lot of time working on loading …).

What’s going great :)

  • She canters over to me from wherever in the field when I call her.
  • After being very spooky for 2 or 3 years, she has become a charm under the saddle at the riding center.
  • She is very well mannered, never has bitten or kicked or …
  • She is a master of “4 feet on the ground”. I can ground tie her nearly everywhere with large Distance, Duration and Distraction.
  • She has many behaviors on cue (but with a grumpy face).

What we have tried to change so far

1 – Ignoring her when she is grumpy

About a year ago (or two ?), I re-listened to Shawna's podcast, and in one episode about frustration, she recommends to stay near the horse looking at your phone until he starts to relax. So I decided to apply this rule :

When Amalhia greets me with a grumpy face when I stroke her on the neck once, I stop interacting and wait until she gets bored. I can check her emotional state by stroking her. If she is still grumpy, I wait some more. When she is no longer grumpy, we can start a training session.

The first 3-4 sessions, I waited about 45 minutes with her by my side, not leaving, not moving, while I was on my phone. Sometimes, she would start licking my coat, and could do that for a very long time. She was also showing some “calming signals” : yawn, rub her head on her leg, ... She never tried to offer other “taught behavior” than 4 feet on the ground.

2 – Improving training

Last fall, I went to a conference with Ken Ramirez and I understood two mistakes I was making :

  • Error #1, I wanted to phase out food by using an intermittent schedule of reinforcement. I would sometimes (maybe often) click without feeding when I decided that the behavior was well understood.
  • Error #2, I was far from an errorless training, and I let her make many mistakes without reinforcement during shaping.

So I tried to apply 2 rules when she was not grumpy at the beginning of the session:

Always treat after a click

Try a ratio of 2 out of 3 requests are easy behaviors for her (behaviors where she has a happy face while performing them), and they are all clicked.

I realized that there were places and orientation (looking towards the fields) within the paddock where she was more often relaxed than others, so I tried to start our sessions there.

3 – Mane brushing

I also realized that me brushing her mane was her favorite “behavior” and sometimes, when she looked a bit upset, she would start to relax when I had brushed her mane for a while.

So I started to take her to places where she was not OK to work but seemed OK to have her mane brushed. I think that at that time I wouldn’t treat because she would have a grumpy face again when she heard the click. I added the rule :

If she is at a place / orientation in which she is not comfortable, only do grooming, then give a jackpot and bring her back to her paddock.

It's hard sometimes to follow this rule as I'm tempted to ask / try other things... And I often wonder whether I should feed her treats without click just to create a positive reinforcement history there. Or on the contrary, the food makes her frustrated so I should rather fade out the food until she is more relaxed...

4 – Free interactions time

I’ve also started to spend some time in the paddock without food but with a brush to offer scratches, often after the clicker training session.

  • I wait for anything she would do directed to me (or to herself like starting to “self-scratch”),
  • Then I scratch for 10 seconds (or more if she makes THE happy face)
  • Then I stop and wait until she moves towards me or makes a movement, since her default is standing very still.
  • If she makes a face because I’ve missed the spot or gone somewhere she dislikes, I stop at once and walk away a bit .

I feel that she is starting to understand that she can communicate differently than saying nothing and threatening me when I make a mistake like scratching not where she wants.

5 – Free food

I've also noticed on Shawna's videos, but also on Ken Ramirez and Emilie Larham videos with dogs that these trainers give a lot of free food during training, and they barely talk about it. I've recently realized that for a long time I've mistaken the « click ⇒ treat » rule for its reciprocate : « only give food when there is a click ».

We also have a dog now that we obviously clicker train. With my partner, we have coined the expression « cuteness kibble » for treats that we toss to the dog when he is begging in a particularly cute way.

So I've started feeding treats to Amalhia during the training between two clicks when she is with an attitude I like. The truth is, I was already treating these moments, but I used to add a click before treating. I don't know which method is best...

Where are we now ?

I think we are making progress even though it seems so slow… I do 2 sessions of about 5 to 10 minutes each day while the other horse in her field eats her pellets.

Starting a training session

The most difficult part for me is starting the training session. I’ve realized that she is more relaxed if I follow a strict routine :

1. I feed her friend, 2. I ask her to go to her bucket, 3. I come to train, click and treat.

If I’m too slow, or I do something else like feeding her friend in another place than the usual one, I’m screwed.

So, when I walk to her :

  • Sometimes I click the fact that she is at her bucket, and usually it leads to a grumpy face when I arrive with the treat, as if she were unsure of getting the treat… And then I’m unsure of giving her the treat and reinforcing this attitude… so I sometimes wait for a few seconds hoping that she will settle (it sometimes happens, like 50% of the times), and then treat;
  • Sometimes I come to her and I stroke her on the neck before deciding on treating or not.

For both approaches, I then do :

  • Happy face → Click, treat, start training
  • Grumpy face → I try something in these 3 options :
    • 1. Put some food in the bucket and leave.
    • 2. Do some “manners” training, with a criterion of relaxation (wasn’t working) and recently, a criterion of behavior (immobility, like in the video below, seems better)
    • 3. Brush her mane until she relaxes, and I treat when she looks more relaxed.

Currently, she is grumpy / tensed about 50% of the time when I come to her. This is the hardest part for me because I'm not confident on how to deal with her being grumpy. I'm just convince that ignoring it doesn't work since it was my approach for the first 8 years of our relationship, and it had only worsen the situation.

During session

  • While she is OK, I try to ask for 2 easy behaviors for which she doesn’t “frown” out of 3 behaviors, and I will cheat by considering that : having 4 feet on the ground while being brushed is a behavior
  • When I see she is getting upset (ears go back when I click, …)
    • try to ask for easier things
    • After ~10 clicks with no marked improvement in her facial expression, I give her a jackpot and leave the session.

My questions

  1. What should I do when I approach her and she is not relaxed (grumpy face) ?
  2. Is it possible that I've reinforced her grumpiness, and if yes (I'm convinced I did), what might have been reinforcing ?
  3. What should I do when she gets really upset because she didn't understand a cue? (I don't have video of this behavior, but it does happen.)
  4. When should I feed without clicking ?
  5. I know I'm not fun, and neither is she having fun. But it's so hard being around her I feel like I'm with a toxic husband and any error from me can cue the grumpy face which clearly is a punisher for me. What should I change ? Should I change ? 😢

Our story – you can skip it, I felt I needed to write it down

Amalhia arrived in our family when she was 6. She hadn’t been manipulated beyond putting a halter on and going from the stable to the field.

She was a very nervous horse, and I spent a lot of time just walking her in hand in her field to get her to relax before starting any training. We were lucky at the time to have a super large field with no mud. Training started smoothly mainly in positive reinforcement... except for feet picking. Her feet were horrible when she arrived and I felt pressure to be able to trim them quickly.

When we moved to where we live now, she was OK at walk under the saddle, I could trim her feet at liberty, but she was very anxious with the farrier. At our current place, we have smaller fields which get really muddy during winter and with loads of stinging insects during summer. But we can go to an arena a 15-minute-walk away. For a year or two, whenever we went to the arena, she would spook to something and make big swerves. I would stay calm, reinforce a lot when she was less tense. And she progressively settled until one day she became a very nice horse to ride : forward-going and relaxed. On the other hand, working with her from the ground was getting less and less fun. She was doing well with the basics, but with a very grumpy face, which got at me. Her arousal was counterproductive and she looked very upset when she mixed up some cues. One day she got violent colics, went to surgery, had a difficult recovery, and I decided that I would now prioritize creating a better relationship over riding. I have had a hard time figuring out what I was doing wrong.

 
Lire la suite...

from L'encre du Berry

Writing prompt : Sparkles full of hope, hearts full of Love

Le Festival de Barracuda

Barracuda pouvait le sentir jusqu’au plus profond de ses moustaches, Le Festival approchait. Les températures avaient drastiquement baissées ces derniers jours, ils avaient vu peu à peu les lumières apparaître dans le quartier et ses humains avaient l’air de plus en plus irritables. Pas plus tard qu’hier, lorsque Barracuda avait commencé à faire ses griffes sur l’arrière du canapé comme il aimait à le faire régulièrement, Humain 1 lui avait hurlé dessus avec un volume sonore bien supérieur à la normale. Oui, Le Festival approchait. C’était sa période préférée de toute l’année. Certes, il aimait aussi la période suivante où les petits oiseaux s’approchaient à nouveaux dans les jardins et où il pouvait les pourchasser pendant des minutes entières entre ses divers siestes de la journée mais rien ne pouvait être comparé au Festival. Il attendait donc avec impatience que ses humains ramènent l’arbre dans la maison. Quelle merveille ! Un arbre si beau avec toutes ses lumières et surtout toutes ses balles brillantes. Barracuda se demandait déjà s’il allait commencé par faire tomber celles du haut ou celles du bas. Commencer par le bas, cela voulait dire prendre le temps de se remettre dans le bain, de s’échauffer tranquillement et de pouvoir faire tomber la première le plus rapidement possible. Commencer par le haut voulait dire que le challenge était à son paroxysme dès le premier jour. Le défi était assez complexe. Il fallait de l’observation et des calculs : tout d’abord bien choisir sa cible de loin. Ensuite, il fallait réfléchir à sur quel meuble il fallait sauter en premier, éventuellement sur un second et tout cela avec un angle parfait pour atteindre directement la cible. Et il ne fallait surtout pas se louper au risque de devoir tout recommencer. Bon, c’était décidé, cette année, Barracuda allait directement opter pour le plus gros challenge. Après tout, cela faisait des mois qu’il attendait cette occasion. Il aurait bien le temps de s’attaquer aux balles du bas par la suite. Mais là, il commençait tout de même à s’impatienter. Si seulement il pouvait trouver un moyen de faire comprendre à ses deux idiots d’humains qu’il était temps d’installer l’arbre. Il se demandait vraiment comment ces deux-là avait fait pour atteindre l’âge adulte sans lui. Sans doute avaient-ils été adoptés par un autre chat. De ce qu’il avait pu observer, les humains abandonnés avaient l’air les plus malheureux et étaient ceux qui disparaissaient le plus vite. Heureusement que les chats étaient là pour sauver cette sous espèce. Enfin, un soir, humain 2 est enfin rentré avec l’arbre. Quelle joie ! Barracuda se mit alors à courir dans toute la maison. Le Festival démarrait enfin ! Malheureusement, il n’eut pas le loisir d’en profiter tout de suite car humain 1 l’attrapa et le mis dans une autre pièce seul. Quelle indignité ! Ne pas le laisser profiter du début du Festival ! Pour montrer son mécontentement à ces deux idiots qui n’étaient même pas capable de comprendre un traître mot de ce que Barracuda pouvait leur dire, il s’attaqua au doux tissu qui se trouvait sur la panière des humains. Quand il en eut fini, la pièce était aussi blanche que le jardin autour de la maison mais sans ce froid glacial que Barracuda détestait ressentit sur ses coussinets. Quand Humain 2 vint ouvrir la porte, il poussa de grands cris mais Barracuda n’eut pas le temps de s’arrêter pour lui apprendre les bonnes manières, il couru directement vers l’arbre. Ça y est. Il était enfin là ! Il commença alors son inspection pour savoir quelle balle il atteindrait en premier mais en examinant l’arbre de plus près, il se rendit compte que quelque chose était différent. L’arbre était bien coloré et brillait de mille feux comme d’habitude mais il n’y avait pas de balles. Mais quelle déception ! Pourquoi ces abrutis d’humains avaient-ils décidé d’échanger les balles par ces nouveaux objets sans le consulter ? Il allait encore devoir faire ses besoins dans les chaussures des humains pour leur enseigner les bonnes manières. Il préférait de loin ses toilettes personnelles mais il savait qu’éduquer ses humains était aussi son devoir. Il allait donc se sacrifier une nouvelle fois. Mais Barracuda n’était pas du genre et se décourager si facilement. Certes, les balles n’était pas là et il détestait modifier ses habitudes mais il ne voyait pas pourquoi les nouveaux objets ne pourraient pas remplir leur mission aussi bien que les balles. Il entreprit donc de les examiner avec soin. Ils avaient la forme de petits cœurs, chacun d’une couleur différentes, rouges ou verts mais tous avec de petits motifs blancs et ils pendaient aux branches de l’arbre comme les balles. Parfait ! Barracuda dut cependant modifier ses plans. Cette année, il ne s’attaquerait pas directement aux boules les plus hautes mais il testerait déjà sur les plus basses. Inutile de prendre des risques avec ces nouveautés. Il s’approcha donc de la plus basse, un petit cœur vert avec de petits flocons blancs pour motifs et il lui donna un coup de patte. Et là, rien. Le petit cœur remua un peu mais il resta à sa place. Barracuda tenta donc un deuxième coup de patte, plus fort cette fois. Et là, à nouveau rien. Mais quelle était donc cette sorcellerie ? Pourquoi ces petits cœurs ne voulaient-ils pas se décrocher du sapin pour se briser en mille morceaux au sol avec un bruit délicieux ? Barracuda n’allait pas se laisser gâcher Le Festival sans rien faire. Il réfléchit puis décidé de tenter quelque chose. Il alla à l’autre bout de la pièce, pris de l’élan, et couru vers l’arbre. Lorsqu’il fut proche de lui, il bondit sur ses deux pattes arrières et attrapa le cœur avec ses deux pattes avant. Cette fois, le petit cœur se retrouva au sol mais Barracuda ne pu s’en réjouir lorsqu’il constata que le petit cœur était toujours intact. Quelle déception ! Comment allait-il se remettre de cette tragédie ? Le Festival était ruiné ! Barracuda alla se poser sur le haut du canapé et observa du coin de l’œil l’arbre. Il était désespéré. Mais soudain, il entendit le grincement de la porte du placard à nourriture. Il bondit alors vers la cuisine et il y découvrit Humain 1 en train de sortir le paquet jaune de nourriture. Barracuda se mit à lui parler gentiment pour le remercier même si ce crétin ne comprenait rien et sauta sur le plan de travail pendant que l’humain remplissait son bol. Quelle joie ! Il était si heureux ! Tout en commençant à manger et à savourer sa nourriture, Barracuda se demandait ce qu’il allait bien pouvoir faire en cette si belle soirée où tout allait pour le mieux. Dormir sur le radiateur paraissait un bon plan. Alors qu’il commençait à s’endormir au chaud sur le radiateur, Barracuda entendit ses humains miauler entre eux. Il se demanda ce que deux êtres aussi bêtes pouvaient bien avoir à se dire et il s’endormit sur cette étrange idée. – C’est une super idée ces nouvelles décorations que tu as trouvé pour le sapin mon cœur ! – Oui, quand je les ai vu dans le magasin, je me suis dit qu’elles étaient parfaites. On avait pas les moyens de passer un nouveaux Noël avec Biscotte qui détruisait les boules une par une.

 
Lire la suite...

from L'encre du Berry

Writing prompt : Folly on the Lake

Sophie arriva la première. Elle s’était dépêchée de donner ses ordres à Mme Buisson, l’intendante, pour la journée puis avait rassemblé le nécessaire pour leur entrevue : un panier d’osier qui contenait un plaid, le livre qu’ils avaient commencé ensemble et quelques fruits. Les domestiques l’avaient observée du coin de l’œil en ayant l’air de rien mais ils avaient dû trouver bien étrange de voir Madame dans la cuisine. Elle installa le plaid sur le sol du pavillon et s’allongea en l’attendant. Elle repensa à la première fois qu’Henri avait lancé l’idée. Selon lui, ils ne se voyaient pas assez, chaque jour trop accaparés par la vie du château de Valbois et il avait besoin de la retrouver rien qu’à lui. L’idée lui avait paru un peu folle au début. Comment le maître d’un si grand domaine pouvait-il disparaitre comme ça pour plusieurs heures ? Elle s’était tout de même laissé tenter et ne l’avait pas regretté une seule seconde. Ces quelques heures qu’ils s’accordaient chaque mois lui était devenu nécessaire pour affronter tout ce à quoi ils étaient confrontés chaque jour à la tête de Valbois, comme la semaine précédente où la petite Léontine était tombée bien malade et qu’elle avait dû décider du sort de la jeune fille. Elle avait souhaité plus que tout la garder dans le château pour pouvoir s’assurer de sa bonne prise en charge mais elle n’avait pu se résoudre à mettre en danger l’ensemble des domestiques. Et pourtant Léontine avait à peine 15 ans. C’était la dernière à avoir été embauchée à Valbois. Heureusement, le plus dur était passé et la fièvre ne l’avait pas emportée. Elle avait demandé à reprendre le travail mais Sophie avait refusé, se sentant encore un peu coupable d’avoir dû lui faire quitter le château au plus fort de la maladie. Quelques jours de repos supplémentaires lui feraient le plus grand bien et étaient amplement mérités car la petit n’était pas de celles qui s’économisent au travail. Sophie fut brusquement tirée de ses pensées par le bruit de la porte qui s’ouvrit alors sur la silhouette d’Henri qui apparu en contrejour. Elle sentie une bouffée d’amour l’envahir tout entière. Comment avait-elle été aussi chanceuse pour que le destin le mette sur sa route ? Elle ne croyait pas en la réincarnation mais quelle autre explication eut-elle pu être possible que de croire qu’elle ait été une sainte dans une vie précédente et en était récompensée dans cette vie en étant mariée à Henri ? Et pourtant, elle n’était pas née noble comme lui. Née de bonne famille certes, mais sans titre et sans argent. Et pourtant, Henri avait défié sa famille qui souhaitait évidemment le marier au meilleur parti possible. Il n’avait rien lâché et avait même menacé de fuir à jamais. Sa mère avait alors cédé la première, affolée à l’idée de perdre son unique enfant et dès lors, convaincre son père n’avait été qu’une histoire de temps. Il ne dit pas un mot mais un large sourire éclaira son visage avant qu’il ne se mette à courir vers elle. Elle accueilli l’impact de son corps tout contre le sien avec un bonheur tel qu’il touchait presque à l’ivresse.

 
Lire la suite...

from L'encre du Berry

Writing prompts : The Autumn Mist

Au petit matin, dans la faible lueur du jour, elle longe la large étendue d’eau encore endormie. Il n’y a pas un bruit. Les animaux sont-ils endormis ou ont-ils déserté ce lieu qui semble hors du temps. Tout semblerait sans espoir si l’astre solaire ne tentait pas de nous sauver en pénétrant la grisaille de ses rayons hélas encore froid. Quelle sera l’issue : la mort ou la vie ? Inspired by Schumann (in instrumental 81)

 
Lire la suite...

from L'encre du Berry

Short story for the Dragons' pen group

Imagine a group of friends sitting around the dinner table, asking “What would you come back as in another life?” That’s how our 2026 anthology begins – and we want your answer.

Bordel ! Ça c’est une putain de question difficile ! « Revenir dans une autre vie », ça pose déjà plusieurs concepts. Revenir, une autre vie, la vie, la mort. Ce dernier est un concept que j’ai plutôt tendance à fuir. J’adore la vie, j’adore ma vie. Elle est parfaite. J’ai un mari, deux enfants, mes parents, ma sœur, mes neveux, mes grands-parents, un seul nous à qui à ce jour, et quelques amis, peu, mais j’aime à penser que je privilégie la qualité à la quantité. Et tout ce beau monde est en parfaite santé. Si on regarde d’un côté plus matérialiste, j’ai une jolie maison assez grande pour ma famille et un travail que j’aime même si parfois j’ai un peu peur qu’il ne finisse par me faire plus de mal que de bien. Alors oui, j’adore ma vie. Dans ce cas-là, difficile de penser à la mort, ou même à revenir pour une autre vie. Je ne sais pas si c’est plus un manque d’envie ou un manque d’idée qui m’empêche d’imaginer tout autre vie. Il ne me reste donc qu’une seule chose à souhaiter : que cette vie ne finisse jamais. Quand j’étais petite et que j’écoutais les personnes âgées parler, j’avais l’impression que la plupart pensait à la mort comme quelque chose de certes inéluctable, mais avant tout attendu. Comme si le chemin de la vie avait été déjà suffisamment long pour eux et qu’ils en attendaient la dernière partie, la mort donc, avec un certain soulagement. Pour ma part, j’ai toujours eu peur de la mort, aussi bien de la mienne que de celle des personnes qui me sont chères. Aussi, me dire qu’à un moment donné de ma vie, la mort ne me ferait plus peur et que je l’accueillerais même, était extrêmement réconfortant pour moi. Et puis aujourd’hui, je suis à l’aube de mes quarante printemps comme on dit. D’après les statistiques, je suis donc à peu près à la moitié de ma vie, si j’ai la chance de mourir de vieillesse. Et j’ai beau prendre de la maturité avec les années, je ne ressens toujours pas la moindre petite sensation de fatigue de la vie. Alors, certains soirs, au fond de mon lit, l’angoisse revient. Je ne veux pas mourir. Je veux vivre éternellement. Je ne suis évidemment pas le premier être humain à penser à cela. Il n’y a qu’à ouvrir n’importe quel livre du rayon fantaisie d’une bonne librairie pour y lire les histoires de créatures mythiques mais surtout immortelles : elfes, vampires, dragons, licornes, phoenix et autres chimères. Alors tant qu’à vivre pour l’éternité, autant être une belle créature douce plutôt qu’un monstre sanguinaire. Mais même ces possibilités ne me font pas vraiment envie. Alors, imaginons comment poursuivre à l’infini ma vie actuelle tant aimée. Premièrement, pour rester tant adorée, il faut qu’un certain nombre de critères soient réunis. Le premier est bien évidemment de ne pas vivre cette éternité seule. Avoir son mari et ses enfants auprès de soi, c’est le grand minimum. La société nous fait accepter le fait que nos parents partent avant nous mais il est absolument impensable que nos enfants subissent le même sort. Toutefois, ils doivent vivre leur propre vie et quitter le nid pour mieux les retrouver régulièrement. Il faut donc un compagnon de route. Après avoir vécu plus de dix ans en couple, il m’apparait aujourd’hui inconcevable de vivre à nouveau seule même si avant de le rencontrer, il m’apparaissait inconcevable de ne plus vivre seule. A partir de là, tout le reste est envisageable. Outre le fait que je ne veux pas que ma vie parfaite s’arrête, une question m’obsède : que va-t-il se passer après moi ? Cette question me hante chaque jour. Si je meure demain, je ne saurai pas ce qui se passera après-demain, ou la semaine suivante ou l’année d’après, ou dans cinq cent ans. Quel sera le prochain commerce à ouvrir dans ma ville ? Quel sera le prochain phénomène littéraire ? Nous déplacerons-nous toujours en voiture dans deux cents ans ? Ce questionnement m’a toujours habité d’aussi loin que je me souvienne, et étant aujourd’hui mère, s’ajoutent les questions de savoir comment la vie de mes enfants va évoluer après moi. Quels métiers exerceront-ils ? Quelles seront leurs passions ? Vont-ils trouver l’amour et si oui, avec qui ? Seront-ils heureux ? C’est une immense frustration de savoir que le monde continuera de tourner mais que je ne saurai jamais comment. C’est un peu l’impression d’avoir commencé un roman génial mais d’avoir découvert en cours de lecture qu’il manque les autres volumes et qu’on ne connaitra jamais la fin. Il me semble que si je pouvais voir le futur ou même simplement poser autant de questions que je le souhaite à quelqu’un qui connait l’infinité (je n’arrive pas à concevoir l’humanité comme ayant une fin) de l’avenir de l’espère humaine, alors j’accepterais la mort lorsqu’elle se présentera. Tout au fond de moi, j’ai même l’impression qu’il ne peut en être autrement, que quelque chose va se passer et que mon esprit ne finira pas dans le néant, comme si, à la manière du dernier rebondissement avant la scène finale d’une pièce au théâtre, quelque chose va arriver. Un jour, mon médecin m’a dit qu’il regrettait le temps où les gens croyaient beaucoup plus en Dieu, peu importe lequel. De cette manière, il était beaucoup plus simple de traiter un patient atteint d’une maladie incurable si la personne était convaincue que quelque chose d’autre l’attendait après la mort. Le corps et l’esprit étant intimement liés, il est beaucoup plus compliqué de soigner quelqu’un qui est persuadé qu’il n’y a plus rien après la vie car il est terrifié. Alors imaginons que je n’ai jamais à me confronter à cette problématique. Imaginons que je suis immortelle comme toutes les personnes qui me sont chères. Il faut tout d’abord s’affranchir du côté pragmatique. Il m’est difficile de concevoir que je puisse être la seule à bénéficier d’une telle chance, donc où allons-nous loger ces milliards d’êtres humains qui ne vont plus mourir tandis que chaque jour de nouveaux naitrons ? Prenons la solution de facilité et suggérons que nous maitrisons le vol spatial. La solution est donc dans les étoiles sur des milliers d’autres planètes. Maintenant que chacun dispose du même droit à l’immortalité, comment cela peut-il se passer au jour le jour ? Chaque jour, j’ai deux sources de motivations pour faire les choses. La première, il n’y a pas le choix pour survivre dans notre société. Il faut trouver un moyen de gagner de l’argent pour acheter de la nourriture et autres nécessités. Il faut se laver pour se sentir bien et éviter le développement de maladies. La seconde c’est une espèce de to-do liste de choses qu’on a envie de faire dans sa vie. Aller au Japon, lire l’œuvre complète d’un auteur que l’on chérit, sauter en parachute, maîtriser une langue étrangère ou encore apprendre à jouer du piano dans le but d’être capable de jouer seule un morceau adoré. Pour cette catégorie, il faut tout d’abord rassembler la logistique pour être en capacité de faire ces différentes activités, l’argent en est bien souvent l’unité central. Ensuite il faut être en capacité physique de le faire car on vieillit un peu plus chaque jour. Mais imaginons que l’on sait que l’on ne vieillira plus et qu’on a l’éternité pour effectuer chaque élément de notre liste. Est-ce qu’on trouverait encore la motivation de réaliser nos rêves ? Est-ce que chaque jour on ne se dirait pas « plutôt demain » ? Pour échapper à la procrastination d’une vie éternelle, la mort est-elle donc notre seul espoir ? Ma réponse : je ne sais pas, peut-être. En tout cas la vie est bien trop courte. Si elle doit avoir une fin, laissez vivre l’être humain au moins cinq cents ans.

 
Lire la suite...

from L'encre du Berry

2nd biography

Do you see that child in the back of the class? The one that never listens to the teacher because they prefer to chat? Well, that was not Vanessa as a pupil; she was a front-row student and became a teacher because she liked school so much! She has always been a great reader, eating books for lunch, and while facing the most difficult task of all which is picking a new book to read after leaving a most cherished world she has always thought that she might actually write what she wanted to read. Well, that led to her short text in the collection of short stories by the RIVA Writing Group. With this second text, she is on the right path to finally achieve what she has always been even too afraid to dream of : write. If only she could find the time between her children, her job, learning the French Sign Language, learning to play the piano, being involved in an association that aims to create bridges between the deaf world and the hearing one; Blimey, that almost sounds as a mid-life crisis !

 
Lire la suite...

from Un Spicilège

Après toi, les ténèbres

Ce qui m’a d’abord attirée vers Après toi, les ténèbres, c’est son thème. Le deuil est un sujet ardu et l'angle choisi par l'auteur m’a immédiatement intriguée. J’étais curieuse de voir comment le roman allait faire résonner émotion et surnaturel.

Dans ce roman fantastique, nous suivons l'histoire de Thiago, un homme devant faire face au deuil de sa femme sans y parvenir et continuant à sentir autour de lui une présence diffuse et troublante. Son chagrin se mèle alors à des phénomènes inexplicables quand le réel vacille peu à peu autour de lui.

J’ai été immédiatement happée par cette lecture, à la fois poignante et dérangeante. Le deuil, élément central du roman, est ici exploré sous plusieurs angles : celui de Thiago, bien sûr, mais aussi celui de Diane, sa belle-mère, et plus largement celui de ceux qui restent. La sincérité du texte est tout simplement bouleversante : il ne cherche jamais à appuyer artificiellement sur l’émotion et c’est pour cette raison qu’elle est si évidente. La douleur y est brute, juste, profondément humaine.

L’ambiguïté entre surnaturel et perception altérée est également parfaitement équilibrée. Le parti pris du roman est séducteur : ne jamais trancher, et surtout ne jamais chercher à rationaliser. Je ne me suis jamais demandé si ce que vivait Thiago était “réel” ou non. Ce qui compte, c’est ce qu’il ressent, et à partir du moment où c’est réel pour lui, ça suffit. L’horreur ne fait alors que souligner la fragilité que le deuil confère à l'univers du héros. Le malaise s’installe durablement, et fonctionne remarquablement bien.

Le style est sublimé par un choix de la narration décisif : Thiago ne fait, tout au long du récit, que s’adresser directement à sa femme disparue. Cette proximité troublante renforce l’intimité du récit. La plume est très immersive, presque sensorielle, et chargée d’émotion. Certaines allusions du narrateur permettent de maintenir une tension palpable tout au long de la lecture.

Après toi, les ténèbres est un roman qui m’a particulièrement touchée autant qu’il m’a mise mal à l’aise. Une lecture marquante, sincère et immersive, qui prouve que l’horreur peut être d’autant plus puissante lorsqu’elle prend racine dans le quotidien.


Après toi, les ténèbres | Gus Moreno | Traduit par Laurent Queyssi | L’Atalante

 
Lire la suite...

from technotrotteur

J'ai hérité d'une boîte à chaussures. Un trésor de souvenirs. Des centaines de négatifs qui datent d'une centaine d'années.

Un énorme travail de numérisation à faire.

Ce sont des photos prises par mon grand-père. Les consulter, les transformer en images numériques, j'ai un peu l'impression de voir son univers à travers ses propres yeux, comme si j'étais quelque part entre 1920 et 1930.

Wow.

 
Lire la suite...

from Un Spicilège

A-t-on besoin d'un chef ? Depuis que j'ai découvert sa chaîne Youtube Fouloscopie (qui reste encore aujourd'hui l'une de mes préférées), je suis passionnée par le travail du chercheur Mehdi Moussaïd. C’est ce qui m’avait naturellement menée à lire son premier livre, Fouloscopie, ce que la foule dit de nous, que j’avais adoré. J'espérais bien sûr retrouver le même enthousiasme en ouvrant A-t-on besoin d'un chef ? et je n’ai pas été déçue.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé ce qui m'a toujours séduite chez cet auteur : un ton pédagogique, joyeux, presque joueur, qui donne l’impression d’apprendre sans effort. J’ai même eu le sentiment qu'il avait encore mieux réussi l'exercice de l'écriture : le propos est plus resserré, les digressions mieux maîtrisées, tout en conservant cette capacité précieuse à rendre accessibles des concepts scientifiques exigeants.

Le livre repose sur un concept simple et brillant : imaginer un groupe de cent personnes confronté à une série de défis. Cette expérience de pensée devient le véritable squelette du livre, un fil conducteur qui permet d’explorer, étape après étape, les mécanismes de l’intelligence collective. On découvre à quel point un groupe peut se révéler étonnamment performant… ou au contraire quels sont les mécanismes qui le rendent totalement inefficace, selon l'organisation choisie. Si certains sujets semblent évidents (l'aptitude d'un groupe à résoudre un test de logique ou à répondre à une série de questions de culture générale), d'autres m'ont totalement bluffée, comme le chapitre consacré aux prédictions de la foule et à la futurologie. Il y a quelque chose de vertigineux à prendre conscience de ce dont un groupe de personnes est capable sous certaines conditions.

Au fil de la lecture, j’ai appris énormément de choses, parfois très pointues. Certaines de mes intuitions ont été confortées quand d'autres certitudes ont été balayées avec une efficacité redoutable. Ce qui fait la force du sujet, surtout, c'est le côté très concret de ces connaissances : quelques-unes trouvent immédiatement des résonances dans des situations de la vie quotidienne ou professionnelle.

Accessible sans être simpliste, rigoureux sans être pesant, ce livre s’adresse à tous les curieux. Celles et ceux qui ont déjà expérimenté, de près ou de loin, les dynamiques parfois chaotiques du travail en groupe y trouveront nombre de clés. De mon côté, je l’ai déjà recommandé autour de moi sans hésitation.


A-t-on besoin d'un chef ? | Mehdi Moussaïd | Allary Éditions

 
Lire la suite...

from Un joyeux boxon

Salut ! :)

Le mois de mars est terminé, il est donc temps de reprendre le concept de La Pile créé par Volu pour la troisième fois consécutive (whou, tant de régularité m’émeut*).

La pile à jouer

American Arcadia

Ce qui m’a avant tout séduit, c’est la direction artistique. Un univers visuel rétro-futuriste inspiré des années 70, avec une approche minimaliste du design des personnages et une ambiance sonore qui déteint avec l’ensemble de la production actuelle. Dans ce jeu de puzzle plateforme narratif, on incarne Trevor, un homme ordinaire, englué dans une routine quotidienne entre un bullshit job et une vie personnelle emplie de solitude. Réglé comme une horloge, Trevor vit chaque jour comme le précédent, sans aucune surprise ni fausse note. Pourtant, un matin, constatant l’absence de son collègue de bureau, sa vie va basculer, et c’est tout son monde qui va s’effondrer sous ses pieds.

Alternant entre deux personnages, Trevor donc, et une certaine Angela, American Arcadia propose une approche relativement novatrice du genre, mais surtout particulièrement bien maîtrisée. Chaque séquence de jeu est l’occasion de découvrir une idée de gameplay simple mais inventive, à commencer par celle d’un jeu coopératif qui se joue strictement en solo.

Difficile d’en dire plus sans vous divulgâcher l’ensemble, aussi je vous laisse découvrir ce jeu non pas au travers de l’une de ses bandes-annonces, mais de ce moment de poésie, qui prend une ampleur plus forte encore lorsque l’on y a joué.

ReStory (playtest)

En phase de rodage, j’ai eu l’occasion de jouer à ce titre principalement pour deux raisons : il est développé par Mandragora, le studio arménien notamment à l’origine de l’excellent I am future, et parce-qu’il met en vedette le principe de recyclerie qui m’est cher.

Avec une interface simple d’accès, on y gère une petite boutique de quartier à Tokyo, au tout début des années 2000. Notre but ? Redonner une seconde vie aux objets électroniques des habitant·e·s du quartier. On répare, on recycle, on bricole, mais surtout on découvre les petites histoires des personnes qui nous confient bien plus qu’un simple objet.

ReStory est un petit jeu chill, qui mélange nostalgie, détente et narration, avec en filigrane un petit discours politique très discret mais néanmoins présent.

Solasta II (early access)

La suite du succès d’estime du petit studio français Tactical Adventures, encore en cours de développement. Difficile de m’exprimer pleinement sur ce jeu dont seule une petite partie est actuellement jouable, mais reste que je trouve l’expérience agréable, et qu’il y a un vrai mieux concernant à la fois la narration et la réalisation. Le gameplay quant à lui reste toujours aussi solide, et si vous avez aimez Baldur Gate’s 3 par exemple, vous ne serez pas dépaysé·e.

A noter que, comme ce dernier jeu, Solasta II subit de violentes attaques réactionnaires de mascus fragiles chouinant sur tout et n’importe quoi. C’est hélas devenu une norme, aussi ne vous fiez pas aux avis des mous du bulbe qui tire à boulets rouges car les raisons de leurs critiques sont tout simplement inacceptables.

La pile à voir

Lost Media

Mini-série française composée de huit courts-métrages qui mêlent horreur et fantastique, reliés les uns aux autres par un fil rouge en début d’épisode, sous la forme d’un échange téléphonique entre une jeune femme et son père. Si la série ne réinvente pas le genre, j’apprécie de voir ce type de production atypique dans le paysage télévisuel francophone. La qualité de l’ensemble est assez moyenne et varie beaucoup d’un épisode à l’autre, certains étant nettement moins bons que d’autres. Par ailleurs, je dois avouer être quelque peu agacé d’y retrouver la fine équipe du CNC Talent qui n’en finit plus de pomper les aides publiques alors qu’ils appartiennent à la caste des privilégiés depuis au moins 10 ans… Reste que j’ai passé un plutôt bon moment, et que si cette série peut aider à mettre le pied à l’étrier pour d’autres projets plus qualitatifs, ce n’est pas un mal.

Passion & Pouvoir

Un de mes kinks ciné/série, ce sont les telenovelas mexicaines. Et avec Passion & Pouvoir, j’ai été servi. Dans l’épisode précédent : des riches ont des problèmes de riches, tandis que d’autres riches veulent être encore plus riches et s’inventent des problèmes qu’ils n’ont pas. Tout ces riches n’en finissent plus de se trahir, tout le monde nique avec tout le monde (sauf les deux prolos du fond) et on découvre que la future mariée n’est autre que la cousine par alliance du père adoptif décédé de l’amant du futur époux. C’est n’importe quoi, c’est encore plus mal doublé qu’un téléfilm érotique italien sur M6 un jeudi soir mais que voulez vous, ça m’éclate.

Soyez sympa rembobinez

Sans vraiment m’expliquer pourquoi, j’ai toujours aimé les films qui parlent de cinéma. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Alors quand, en bonus, ça parle de Fats Waller, je suis évidemment archi preneur. Dans les grandes lignes, ça raconte l’histoire d’un petit vidéo club de quartier dans le courant des années 2000. Dans ce lieu en décrépitude subsiste une collection de VHS qui tient de plus en plus mal la concurrence face au DVD, tenu par une petite équipe de passionnés qui tente de faire vivre l’un des derniers points de rencontre d’un quartier populaire en passe d’être rasé. Je vous laisse le soin de découvrir ce petit bijou d’humour, d’amour et d’inventivité, véritable ode au cinéma dans ce qu’il a de plus noble : la créativité. Et aussi la débrouille, l’une allant souvent avec l’autre.

Je garde notamment en mémoire le coup de com’ fabuleux qui a été fait à l’époque, à savoir inciter toutes les personnes disposant d’une simple caméra (webcam incluse) de recréer ses propres films et de les publier en ligne. Dailymotion conserve encore les traces d’un mini court-métrage que j’avais fait, entièrement avec des bonbons en forme d’animaux et des décors gribouillés sur des boîtes d’emballage.

A knight of the seven kingdoms

Nouveau spin-off de la série Game of Thrones. Je n’avais pas du tout accroché sur House of the Dragons, que j’ai trouvé chiant comme la mort, sans grand intérêt et faussement provocateur, mais pour le coup, j’ai apprécié celle-ci. Sans être incontournable, l’idée de (re)découvrir les sept neuf royaume à travers les yeux d’un gamin issu de la plèbe plutôt que par ceux de gros bourges, ça me plaît. Si la première saison ne comprend que six épisodes dont la fin laisse augurer une tournure hélas plus consensuelle, j’ai pris un certain plaisir à suivre les aventures de ce gamin des rues qui aspire à devenir chevalier tant le personnage est attachant.

La pile à écouter

Parfois, pour me concentrer au boulot, je n’écoute pas de musique mais des podcasts. Ceux de France Culture ont souvent ma faveur, tant par la qualité de leur production que par leur découpage épisodique ni trop long ni trop court. Le fait qu’ils ne nécessitent pas de se créer un compte ou d’installer une énième application me va bien, ainsi que la possibilité de pousser le volume à fond pour qui, comme moi, entend à moitié. Ainsi, en mars, j’ai essentiellement écouté deux podcasts inspirés des œuvres de Victor Hugo, lesquels m’ont replongé dans de vieilles lectures adolescentes dont je n’avais pas saisi l’importance à l’époque.

En premier lieu, Le dernier jour d’un condamné, podcast en 5 épisodes de 20 minutes chacun, qui relève d’avantage de la lecture que de la mise en scène. Le texte est grave, lourd et pesant, l’enrober d’une couche d’interprétation aurait été superflu tant il se suffit à lui-même.

J’ai enquillé sur Les Misérables, en 14 épisodes de 24 minutes. Ici, la mise en scène à tout son sens. Car si les comédien·ne·s ne reprennent pas l’intégralité du texte originale, et se permettent parfois quelques sauts dans le texte, c’est pour mieux s’attarder sur l’essentiel. La qualité des interprétations y est fantastique, entièrement réalisée par des professionnel·le·s, et soutenue par une ambiance sonore et une musique de grande qualité. A ce titre, la musique de Krishna Levy en ouverture de chaque épisode est bouleversante. Ayant été très marqué étant gamin par l’adaptation cinématographique de Robert Hossein, cette écoute m’a permis de mieux comprendre certains choix filmiques, dont la terrible scène de morphing où l’on découvre Fantine dépérir dans la misère la plus sombre.

Dans les deux cas, j’ai passé un excellent moment de quiétude, paradoxal quand les sujets abordés sont aussi difficiles. A plusieurs reprises, j’ai dû mettre la lecture en pause, pleurer un bon coup, puis reprendre après une longue inspiration.

La pile à lire

Knock ou le triomphe de la médecine

Pour diverse raisons, je vais très peu au théâtre. Et, pour l’avoir côtoyé d’assez près un temps, c’est un monde que je n’apprécie pas. Pour autant, j’aime beaucoup lire des pièces de théâtre. Plus précisément, j’aime me faire ma propre pièce. Dans un coin de ma tête, je crée les costumes, les décors, les éclairages. J’ajoute des commédien·ne·s, je choisi leurs intonations, je défini leur jeu ; en somme, je suis le démiurge d’une pièce qui n’existe que dans mon imagination.

Oui, ça va le melon, merci de demander. :)

Et donc, pour la énième fois, j’ai relu Knock ou le triomphe de la médecine, de Jules Romains. C’est un bonbon d’humour noir dont je me délecte à chaque ligne. Difficile cependant de faire abstraction de l’adaptation cinématographique (encore une) de Guy Lefranc, avec un Louis Jouvet aussi fantastique que terrifiant. Film qui, par ailleurs, fait sauter deux actes mais propose une approche qui, au fil de l’histoire, propose une approche qui vire progressivement au gothique, en particulier à travers cette scène mémorable.

La pile à apprendre

Ce mois de mars est proche du néant. J’ai surtout, et pour les besoins de mon boulot, axé mes apprentissages sur Moodle côté admin, et c’est à peu près tout. La période ne s’y prêtant pas, j’ai beaucoup de mal à me concentrer et je consomme (oui) essentiellement des contenus de divertissement de qualité discutable qui ne m’apportent pas grand-chose, sinon la possibilité de m’évader pendant quelques minutes avant que la réalité vienne se rappeler violemment à moi.

M’enfin bon, ça ira mieux demain.

  • J’ai commencé cette pile vers le 25 mars, en prévision de. Puis silence radio. J’ai bataillé pour reprendre.
 
Lire la suite...

from adventices

cinq images de printemps   les fleurs nouvelles du cerisier n'ont pas chassé du rameau les feuilles mortes

*

feuilles vertes feuilles mortes et fleurs blanches ensemble encore

*

nouvelles fleurs feuilles anciennes — même rameau


Photo © Jakub Jan Luczyn

confiantes elles s'élèvent vers le ciel du matin

légères fleurs nouvelles


les herbes vertes lancent leurs rubans de fête pour l'avènement de l'unique protégée

— jeune première trop fière de sa couleur

*

la fleur impose à la tribu herbue l'orgueil de sa couleur

*

herbes trop hautes couleur trop vive — tulipe, belle intruse  


Photo © Karine Sabatier

vieil arrosoir plein de printemps

tes fleurs débordent !

 

Photo © AusderPampa

le chemin monte jusqu'aux nuages mais le ciel demeure bien trop loin

*

chemin qui monte si près des nuages si loin du ciel

*

au bout du chemin la main touche les nuages lourds

ciel pur hors de portée

 
Lire la suite...