BlogZ

Lectures

Les derniers billets publiés sur BlogZ

from adventices

cinq images de printemps   les fleurs nouvelles du cerisier n'ont pas chassé du rameau les feuilles mortes

*

feuilles vertes feuilles mortes et fleurs blanches ensemble encore

*

nouvelles fleurs feuilles anciennes — même rameau


Photo © Jakub Jan Luczyn

confiantes elles s'élèvent vers le ciel du matin

légères fleurs nouvelles


les herbes vertes lancent leurs rubans de fête pour l'avènement de l'unique protégée

— jeune première trop fière de sa couleur

*

la fleur impose à la tribu herbue l'orgueil de sa couleur

*

herbes trop hautes couleur trop vive — tulipe, belle intruse  


Photo © Karine Sabatier

vieil arrosoir plein de printemps

tes fleurs débordent !

 

Photo © AusderPampa

le chemin monte jusqu'aux nuages mais le ciel demeure bien trop loin

*

chemin qui monte si près des nuages si loin du ciel

*

au bout du chemin la main touche les nuages lourds

ciel pur hors de portée

 
Lire la suite...

from irisdessine

Projets du moment

Professionnel

  • Une version de la bibliothèque **Axios ** a été vérolée (Voir le lien dans la partie Veille technologique), branle-bas de combat au travail. C’est très peu utilisé, mais tout de même quelques requêtes se passent par Axios. Alors, l’étape 1 a été de fixer la version pour éviter de mettre à jour sur la version vérolée. L’étape 2 a été d’entreprendre le remplacement d’axios par la méthode native de javascript qui s’intitule fetch . Ce qui m’a permis de replonger les mains dedans et comprendre les différences majeures entre les 2 appels. La plus importante reste le fait que fetch ne retourne pas d’erreur si le retour est autre chose que 2xx (tous les status code qui commencent par 2xx signifient que ça s’est bien passé). Autrement dit, si on a un retour de type 401 (non autorisé), ou 404 (non trouvé), pour fetch, c’est un retour, donc, pas de souci. Il fallait donc gérer les erreurs, là où axios s’en occupe automatiquement. La branche sur laquelle je fais ces modifs me permet de bien appréhender le fonctionnement des requêtes fetch et on commence à en voir le bout (spoiler : le plus long n’est pas de changer le code, mais de changer les tests ^_^’)

Personnel

Veille technologique

Veille personnelle

  • J’ai trouvé dans la doc officielle de Toon Boom Harmony, comment installer sous une distribution Linux la v20 dudit logiciel. (La version que j’ai acheté, donc) C’est une bonne nouvelle de savoir que ça peut s’installer a priori facilement sous Linux. Toon Boom Harmony est un logiciel d’animation 2D très puissant et bougrement efficace. Je l’utilise depuis que je l’ai découvert à la faveur du premier confinement en 2020.
  • J'ai fait la découverte d'une marque française qui vend une “lessive” sans savon mais surtout sans rejets de microplastique (ni de quoi que ce soit d'autre d'ailleurs). C'est un sachet rempli de billes de magnésium et, – c'est scientifiquement prouvé – le magnésium a un pouvoir détergent, du moment que le lavage dure au moins 45 minutes. Ils vendent aussi un stick naturel qui est détachant pour les tâches résistantes, et un parfum (naturel aussi, cela va sans dire) pour parfumer le linge fraîchement lavé. Je n'ai aucune commission dessus, mais j'ai passé commande pour tester. C'est français et les résidus microplastiques rejetés avec l'eau du linge, ça me désespère, alors, je tente :) Ça s'appelle OPS Clean et c'est lyonnais.

Mes joies

  • Cette semaine, j’ai fêté mes 3 ans chez Pix, la boîte grâce à laquelle je peux dire “j’ai réussi ma reconversion” (aussi, la boîte où je peux dire “enfin une boîte où le mot bienveillance n’est ni ignoré, ni un plan marketing”).
  • Incidemment, le même jour, j’ai aussi fêté les 13 ans d’amour avec le chéri.
  • C’est le début d’une petite semaine de vacances très bienvenue !
  • C'est aussi la semaine où arrive l'anime L'atelier des sorciers que j'attends avec une impatience non dissimulée, parce que le manga est très beau (en plus d'être hyper intéressant) !

Lu, vu ou écouté

  • J’arrive sur le dernier tiers du tome 1 de L’Anneau-Monde. J’avais oublié pas mal de détails, dans ma tête, j’avais surtout retenu le côté grandiose de ce fameux anneau-monde :) Je suis contente d’arriver bientôt au tome 2, que je n’ai jamais lu !
  • Spider-Man across the spider-verse. Le film est arrivé sur Netflix, qui est, si je ne me trompe pas, la suite de Spider-Man into the spider-verse. Le premier m’avait ébloui par le gros travail d’animation qui avait été réalisé. (Je me souviens qu’ils n’avaient pas fait le même nombre d’images par seconde sur les acrobaties du tout nouveau spiderman face au spiderman plus aguerris, ce qui renforçait la sensation de la découverte laborieuse du vol de bâtiment en bâtiment). Le 2 est dans la même veine, avec un gros travail sur les divers styles graphiques (qui représentent les divers mondes), tout en maîtrisant une lisibilité nickel pour les spectatrices et spectateurs. Néanmoins, en terme d’histoire, je m’attriste de ne pas avoir autre chose qu’un éternel combat du Bien contre le Mal sans réel variations. N'hésitez pas à lire mon article plus détaillé sur le sujet ici, si le cœur vous en dit : La pop culture occidentale, un univers manichéen
  • Mon cerveau m’a mis quelques morceaux d’IAM dans la tête, alors en fidèle, j’ai ré écouté L’école du micro d’argent, toujours avec autant de plaisir. :)

Et le jeu vidéo ?

  • C’est le retour de Portal Knights, le petit jeu mignon où on incarne des petits chevaliers qui visitent des îles, avec une quête principale et des quêtes secondaires, et de quoi jouer à fabriquer sa maison. Ça faisait assez longtemps qu’on n’y était pas revenues et du coup, c’est très agréable. On s’est focalisé sur la construction d’une maison incroyable sur plusieurs étages, avec des terrasses et piscine ! C’est vraiment addictif une fois qu’on sait où on veut aller ^^
  • J'ai aussi relancé ma Switch pour me faire une petite partie de Mario Kart, simple mais efficace :)
 
Lire la suite...

from irisdessine

J'avais envisagé un titre plus long plus propice à une thèse du genre “Du manichéisme cultuel au manichéisme culturel, une ère qui ne change pas tant que ça”, mais ça fait un peu pompeux bien que ce titre m'amuse avec son jeu de mot (une ère – R) et qu'il reflète un peu plus précisément ma réflexion.

Réflexion qui est partie de mon visionnage de Spiderman across the spider-verse, mais qui, je le réalise, infuse depuis un certain temps, depuis que mes goûts se sont tournés vers Miyazaki, en somme.

Vous le savez, je suis une très grande fan de dessins animés. Notamment, parce que la technicité qu'elle requiert pour faire vivre une image fixe me passionne. Oui, je devrais le préciser : je suis particulièrement fan de l'animation 2D. Pour faire un historique rapide, les dessins animés, comme beaucoup de gens ici, c'était d'abord Disney. D'ailleurs, pour faire le premier long-métrage animé, il a fallu le génie et l'inventivité des animateurs et animatrices de chez Disney pour créer ce qui s'appellera les 12 principes de l'animation, qui sont maintenant une référence en terme d'animation pour à peu près tout le monde occidental et sûrement un peu plus. Mais Disney, on le sait en grandissant, on le réalise ou on l'apprend, c'est très manichéen (au-delà d'autres problèmes sur la représentation de la femme, c'est pas notre sujet ici). Il y a les gentils d'un côté. Les méchants de l'autre. Et les gentils doivent tuer les méchants pour que le monde redevienne merveilleux sans méchant à l'horizon.

Et puis plus tard, à l'âge adulte, arrive un raz-de-marée inattendu : Princesse Mononoke. Un truc japonais, avec les a priori véhiculés par toute la haine déversée dans les médias à l'époque des premiers anime chez Dorothée, et pourtant, a priori vite balayés par l’œuvre qui est l'essence même de ce qui fait la différence entre les films Disney (et par extension, selon moi, la plupart des films/séries occidentales) et les films de Miyazaki (je ne connais pas toute l’œuvre orientale qui existe, alors je ne m'avancerais pas à extrapoler, quoique je suis tout de même bien tentée ^^) Pour faire simple, ici, on a un garçon, Ashitaka, qui ne veut pas tuer. Et qui va toujours se ranger du côté du plus faible. Et le plus faible, et bien il change au fil de l'histoire. Une fois c'est les humains qui veulent détruire les dieux de la forêt (incarnés par des animaux de taille gigantesque), une autre fois c'est un des dieux de la forêt, fou de douleur, qui semble se diriger vers le village, annonçant un massacre, une autre fois, encore, c'est le village qui en veut à San, qui a vécu dans la forêt et n'aime pas les humains. A chaque péripétie, Ashitaka va défendre la partie qui est opprimée. A chaque fois, Ashitaka s'interpose pour éviter la guerre, la violence. Même lorsque le sanglier géant finit par mourir, Ashitaka pleure sa mort.

Quand on n'a pas l'habitude, on peut être surpris. Je me souviens la première fois m'être demandée pour qui il était, ce garçon. Ce n'était pas la bonne question à poser. J'ai mis du temps à comprendre tout ça, il m'a fallu revoir ce film (et tous les autres), il m'a fallu lire des analyses de philosophe, de gens plus calés que moi. La bonne question à se poser n'est pas de savoir dans quel camp il est (les humains ou les dieux de la forêt), mais de savoir qu'il est pour la paix. Que les humains peuvent être bons, et parfois mauvais. Que les dieux ne sont ni bons ni mauvais, que comme les humains, ils peuvent être corrompus (et ainsi devenir des démons). Que la douleur, la colère peuvent les corrompre.

Et là, on en vient au propos de mon titre (celui de cet article ou de ma thèse imaginaire) : Là, on est au-delà du manichéisme que l'on connait très bien avec les Disney : les gentils contre les méchants. On ne peut et on ne doit absolument pas résumer Princesse Mononoke à cette séparation binaire, ça n'a pas de sens !

Alors quand j'ai vu Spiderman, et que (ATTENTION SPOILER) dans son monde, Miles Morales est un gentil, tandis que dans un autre monde, c'est un méchant, que quand un gentil s'avère en fait être un méchant, c'est comme si on avait allumé un interrupteur, les camps se redivisent pour choisir le méchant (qui se dit quand même gentil) ou choisir le gentil (le vrai, celui avec un cœur d'or), mais la ligne de démarcation est nette. Quand j'ai vu ce film, donc, cela m'a profondément agacé (voire ennuyé). Je suis allée jusqu'au bout, mais avec la désagréable sensation de déjà-vu.

Vous me direz, les œuvres d'un ou d'une artiste, c'est une histoire qui se répète, oui, mais tout de même, ce tracé net entre le Bien et le Mal, moi, ça finit par m'exaspérer. Et ça marche avec tout. On pourrait me rétorquer l'histoire d'anti-héros qui ont parsemé la pop-culture et j'en distingue 3 catégories :

  • Mulder, (The X-Files), l'anti-héros pas détestable en soi, mais mal-aimé de ses pairs, une paranoïa qui confine à la maladie, des idées farfelues. Bon, oui. N'empêche, il y a les méchants du gouvernement versus les gentils incarnés par Mulder & Scully et tous ceux qui se rangent de leur côté.
  • Dexter (de la série du même nom). Le gars est un tueur en série et a une soif de sang impossible à restreindre. Mais, il ne tue que des méchants, grâce à un code de conduite imposé par son père qui connaissait son secret. Donc, le gars est un horrible monstre, mais ça va, il est sympa, il ne tue que des méchants. Bon.
  • Walter White (Breaking Bad), là on a un mec qui est détestable, donc, pour moi, impossible de s'identifier à un tel personnage. Je ne connais pas la série, mais c'est un véritable anti-héros par nature. Un salopard qui dit faire tout pour mettre sa famille à l'abri du besoin, mais qui, en réalité fait tout ça parce que c'est un salopard.

Dans ces anti-héros il reste la ligne nette du Bien contre le Mal. Le flou réside avant tout dans le fait qu'on ne sait pas dans quel camp l'anti-héros se trouve. Mais le Bien contre le Mal, lui, est toujours présent. On a juste posé la caméra pour suivre un personnage qui se situe un peu sur la ligne (ou carrément pas du tout, notamment pour Mulder, qui sera toujours du côté du Bien), mais fondamentalement, on garde ce principe du Bien contre le Mal, du manichéisme qui, pour moi, est issu de la première histoire racontée à l'Humanité : celle racontée par nos religions.

Alors, attention, ici, je ne vais pas faire de thèse, notamment parce que je ne suis pas du tout spécialiste en religion, pour moi, c'est une hypothèse, basée sur ce que je sais, pas une vérité, voilà, fin du disclaimer.

Nos religions monothéistes ont pour point commun le fait que si tu les suis à la lettre (peu importe comment c'est interprété, ce n'est pas le sujet ici), tu es dans le camp du Bien. Si tu dérives, alors, tu seras dans le camp du Mal. Dieu versus le Diable. Le Gentil versus le Méchant. Le Miséricordieux versus le Punisseur. bref, vous avez compris, c'est un rapport de dualité.

Les religions plus polythéistes semblent exprimer une diversité de caractère chez les Dieux, impliquant le fait qu'ils ne sont pas parfaits (on peut penser aux Dieux grecs qui ont parfois un sale caractère), et que, comme les humains, peuvent être sujets à des variations de tempérament en fonction de ce qui leur arrive. (Schématiquement, c'est exactement ce qui arrive au Dieu sanglier dans Mononoke, quand, fou de douleurs, il va foncer n'importe où et tout casser sur son passage) Là, j'en arrive à mes limites sur les religions polythéistes, mais si on se base sur ce qui est dit du shintoïsme chez Wikipedia, qui est une religion très présente au Japon, c'est une religion polythéiste dont les kami (que l'on peut traduire par “dieu” ou parfois “esprit”), en sont les “incarnations”.

Bref, ma théorie, c'est que la pop-culture ré-écrit continuellement l'histoire “originelle”, qui est celle de sa religion principale. Et je crois que c'est pour ça que je préfère les histoires qui évoquent une vie avant JC, balayant la croyance idiote de certaines personnes que la “culture judéo-chrétienne” est notre origine, ou une vie en dehors de JC, parce qu'il existe d'autres mondes, d'autres univers, d'autres croyances et donc d'autres histoires façonnées avec une approche différente et rafraîchissante !

Je ne saurais pas trop comment conclure cette hypothèse mêlée de convictions liés à mon expérience de la vie, si ce n'est peut-être de regarder les films du Studio Ghibli (Miyazaki mais aussi Takahata, l'autre auteur prolifique et génial du Studio), et de découvrir ce qui se fait ailleurs. Ou même d'inventer des histoires qui dépassent ce manichéisme si convenu dans l'histoire d'Hollywood.

N'oubliez pas de rêver.

 
Lire la suite...

from Fils et Mailles

Je me réveille dans cet entre-deux fragile, zone de pénombre. Mon esprit vagabonde entre le fond des océans et le silence des étoiles.

J'imagine alors la mer non plus comme une surface étincelante, mais comme une immense nécropole silencieuse où reposent, strate après strate, vestiges d'ambitions et de drames. Les carcasses de navires et les flancs froids des sous-marins y côtoient des trésors sans nom, tandis qu’à la surface, des îles de plastique dérivent comme les cicatrices visibles d’une négligence invisible.

Cette sensation de vertige se prolonge jusque dans les entrailles de la terre, dans les gouffres comme celui de Proumeyssac, qui furent longtemps des bouches infernales d’ombre où l’on jetait ce que l’on souhaitait oublier, cadavres ou débris, pendant que le temps sculpte les cathédrales de cristal.

Puis mes pensées s'élèvent encore, traversant les couches de l'atmosphère pour rejoindre un autre cimetière, plus technologique. Là-haut, des milliers de satellites fantômes tournent sans fin, débris de ferraille flottant dans un infini que l’on croyait autrefois inviolable.

C’est un étrange miroir que nous les humains tendons à l’univers : nous peuplons l’invisible de nos restes, transformant les abysses et l’espace en d’immenses greniers de l’oubli.

Ce mécanisme ne se limite pas aux paysages que nous habitons ; il se niche au cœur même de notre mémoire individuelle. Elle est aussi ce réceptacle insondable, cette mer intérieure où dorment d'innombrables moments de vie, des fragments de jours ordinaires ou de joies oubliées.

Ces instants semblent perdus, engloutis par le tumulte du présent, alors qu'ils ne font que dériver dans nos propres abysses personnels. Soudain, à la faveur d'un demi-sommeil ou d'un silence imprévu, une image ou une sensation resurgit sans crier gare, comme une épave remontée à la surface par un courant mystérieux.

Là, se rejoint le cycle de tout ce qui nous entoure : une carcasse de navire devenue récif de corail ou un souvenir lointain qui s'invite dans une pensée matinale. Ces couches superposées, ces sédiments de vécu, malgré l'aspect parfois déprimant de l'accumulation, constituent la complexité brute de notre histoire, aussi vaste qu'un océan sans fond.

#écologie #mémoire

 
Lire la suite...

from Un Spicilège

De beaux et grands lendemains

J'étais décidée à acheter De beaux et grands lendemains avant même d’en connaître l’intrigue. Le nom de Cory Doctorow suffisait. Son engagement de longue date pour la libération des droits d’auteur, son travail au sein de Creative Commons : tout cela fait que je connais son nom depuis longtemps et que je m’intéresse particulièrement à ses prises de parole. J’avais vraiment envie de voir comment ses idées pouvaient bien inspirer ses fictions.

J'ai découvert à cette occasion une maison d'édition pour laquelle j'ai eu un coup de cœur : les Éditions Goater, qui, dans leur collection Rechute, proposent des romans de science-fiction accompagnés de textes de mise en perspective en postface, ici une conférence et un entretien avec l'auteur. Quand j'ai appris en plus tous les engagements de cette maison d'édition (publiant du breton, de la LSF, des livres féministes, LGBT...) n'en jetez plus et prenez mes sous ! Cette démarche est tellement précieuse !

Le roman lui-même est assez dense. Transhumanisme, écologie, guerre : Doctorow explore les limites de l’augmentation humaine et la persistance des conflits. J’ai parfois été un peu confuse tant les concepts s’entrelacent, mais aussi profondément émue. Une étrange mélancolie traverse en sous-texte le récit, comme une menace perpétuelle.

Le personnage de Jimmy m’a particulièrement touchée. Coincé dans le corps d’un enfant de onze ans malgré une existence longue et chargée d’expériences, il incarne un conflit intérieur permanent : la nostalgie des jours heureux passés avec son père fait face à la frustration de ne pas pouvoir grandir et à l'impossibilité d’être pleinement un homme. Cette condition cruelle donne au roman toute sa sensibilité.

L’écriture, sans être flamboyante, est solide, claire, efficace. Elle traite des sujets ardus sans trop de complexité. La force du récit ne réside pas dans l’esbroufe mais dans la cohérence des idées et l’engagement qui les porte.

De beaux et grands lendemains est un roman plus lourd et mélancolique qu'on ne peut le penser, une lecture qui résonne, parfaitement mise en valeur par les textes qui la suivent.


De beaux et grands lendemains | Cory Doctorow | traduit par Antoine Mottier | Goater

 
Lire la suite...

from Fils et Mailles

Tous alignés. Épaule contre épaule. Une file compacte, immobile, dans un fond blanc, à la Matrix. Ils parlent. Ils crient. Ils pleurent. Parfois la colère explose. Le fond devient gris, fendu par un éclair. Leurs voix partent toutes dans la même direction. Comme des flèches tirées vers un horizon vide. Des trajectoires parallèles qui ne se croisent jamais.

C’est dommage.

Leurs voix pouvaient se heurter, s’emmêler, créer une étincelle de dialogue. Non.

Chacun dans son couloir de son. Ils persévèrent, imperturbables. Ils lancent leurs mots comme des pierres dans un puits sans fond. Puis, peu à peu, la lassitude s’installe. Les voix s’éteignent, une à une. Le silence gagne.

Une idée... Pourquoi rester en ligne ? L’alignement se brise. La ligne se courbe, et devient un cercle. Maintenant, face à face, épaule contre épaule toujours, avec un centre commun. Un cercle parfait. Un œil collectif. Les voix reprennent.

Elles se ruent vers le centre. Les mots se heurtent, s’entrechoquent, rebondissent. Une voix en heurte une autre, une larme coupe un cri. C’est une mêlée de sons, un corps à corps phonique.

Personne n’entend. Personne ne comprend. C’est un brouhaha. Un tumulte indistinct. Un chaos où l’intention se perd dans le volume.

Le cercle est devenu une colonne de bruit.

#errances

 
Lire la suite...

from Fils et Mailles

​J’ai eu un gros poste. Noir, solide. Il avait une antenne télescopique interminable. Un doigt pointé vers l’invisible, pour capter les « autres ».

​Sa particularité : les Ondes Courtes. L’Ailleurs.

​Il avait cette double molette pour la syntonisation. La grosse pour balayer rapidement le monde. La petite, au centre de la première, pour affiner la fréquence au millimètre près.

​Les rapports humains, c’est un peu comme ça.

​Peut-être.

​D’abord, la recherche.

Un bruit de fond assourdissant. Des parasites qui crachent, qui grésillent, qui agressent. Un chaos de voix mêlées, sans distinction. ​Parfois, au milieu de ce vacarme, une voix émerge. De loin. Très loin. Brouillée, fragile, couverte par le souffle du monde.

​J’affine.

Je tourne délicatement la petite molette. Je tends l’oreille. ​La voix ne parle pas ma langue. Les mots glissent sans que je puisse les comprendre. Mais la tonalité, elle, traverse la distance. ​Un rire qui crépite. Une tristesse qui traîne, lourde, pesante. Une colère qui s’effiloche dans le grésillement. La musique qu’on écoute de l’« autre côté ». L’émotion pure, au-delà du sens.

​Puis, je reprends la recherche.

La grosse molette. Un tour rapide.

​Je trouve une voix qui parle ma langue !

Les mots sont clairs, distincts, sans effort. Mais ça ne m’intéresse pas. C’est plat, convenu. Un bruit de surface, sans profondeur.

​Je tourne...

​Enfin, une autre voix. Elle parle ma langue, et ses mots font écho en moi. Elle dit des choses qui me touchent, qui m’appellent. Je reste là, suspendu à elle.

​Mais elle parle seule. Une émission diffusée dans le vide, sans retour. Une bouteille à la mer sur les ondes. ​Et comme souvent en Ondes Courtes, le signal faiblit. Le son s’étiole, s’amenuise, s’enfonce dans le bruit de fond.

Je perds la connexion.

​La voix a disparu, retournée au silence cosmique.

​Reste le grésillement…

#errances

 
Lire la suite...

from irisdessine

Projets du moment

Professionnel

  • Pix MeJ Archives : besoin d’améliorer le système en mettant en place un back-end et un système d’authentification pour que nos Mises en Jambe ne soient accessibles qu’aux membres de Pix. Le site est fait sous Astro (avec une surcouche, ou plutôt une sous-couche sous Vue) et nous avons donc exploré Astro DB qui propose de la base de données sous libSQL, qui est, je le découvre, un fork open-source de MySQL. L’exploration était très cool et j’ai hâte de continuer à explorer le sujet ^^

Personnel

  • Installation de mon nouveau bureau à manivelle. Avant, j’avais un plateau de plan de travail pour cuisine (180×60) posé sur des pieds électriques qui peuvent monter. Le moteur du bouzin étant salement tombé en panne (et de traviole en plus), il a fallu que j’achète en urgence (la survie de mon épaule et mon dos en dépendait !) un nouveau bureau. J’ai choisi un modèle à manivelle, et avec un plateau plus profond. (160×80). L’installation a été plutôt simple, c’est, pour un produit Ikea, des pièces d’assez bonne facture. Évidemment, ces mésaventures m’ont ruiné l’épaule et le dos, mais j’ai eu la présence d’esprit de prendre mon après-midi, à la fois pour prendre le temps d’installer ledit bureau et pour ensuite me reposer, afin de ménager mes douleurs.

Veille personnelle

  • Réflexion autour de la décoration de mon nouveau bureau. Il est tout blanc et le chéri m’a suggérer de dessiner dessus. J’ai envie de faire une sorte de BD qui montre des aventures fantastiques.
  • Il y a la BNF qui propose un site à la découverte de l’univers de la Fantasy, avec une section de découverte via un site web et un jeu vidéo dans le navigateur. Le jeu est, dans son histoire, et son gameplay, très simple, néanmoins, je vois le taf effectué et c'est vraiment une choeutte porte d'entrée dans l'univers de la fantasy ! 😍 : https://fantasy.bnf.fr/fr/

Mes joies

  • Contente de mon nouveau bureau, il est moins grand mais plus profond, je m’adapte bien à ce nouveau bureau.
  • Je garde une bonne humeur assez égale malgré les misères de Calcifer, du dos et au passage, un ptit torticolis, parce que c’était pas assez, apparemment 😅
  • L’idée du site web immersif / jeu vidéo de la BNF autour de la Fantasy est vraiment chouette, j’aime beaucoup ce genre d’initiative qui met en valeur une série de talents au service de la découverte, de l’art et de l’imagination. (Voir la section Veille personnelle pour retrouver le lien :))
  • Je suis assez contente d'avoir retrouvé de l'énergie (je ne pouvais pas en dire autant il y a 2 ou 3 semaines ! 😅), c'est quand même plus agréable de pouvoir faire des choses sans se sentir exténué après les avoir faites !

Lu, vu ou écouté

  • J'ai récupéré L'anti-magicien de Sébastien de Corbell, une nouvelle pile à lire à ajouter à ma pile à lire ^^'
  • Je continue L'Anneau-Monde de Larry Niven, même si je suis lente (parce que je m'endors vite le soir 😅), ça reste super chouette à lire !
  • The Pitt, nouvel épisode de la semaine, on dirait que chaque perso est au bord du burn-out, mais ça reste toujours aussi palpitant ! Dispo sur HBO Max.
  • Bones, cette série respire l'air de son époque, mais malgré tout, je lui trouve quelques qualités. Notamment, le personnage de Bones, l'anthropologue judiciaire probablement autiste, face à Booth, l'agent du FBI, qui a un avis (qui relève parfois de l'idiotie), sur certaines choses et que donc Bones remet gentiment à sa place. Dispo sur Netflix.
  • Shrinking, la série de Bill Lawrence, que j'ai recommencé pour faire découvrir au chéri, et il adore ! Ça fait plaisir, cette série est assez exceptionnelle (surtout si on aime le travail de Bill Lawrence, créateur de Scrubs, Cougar Town et Ted Lasso). Dispo sur Apple TV.

Avec mes vacances qui approchent, j'espère avoir plus le temps d'écouter et de partager des podcasts, parce que j'adore ça (surtout des podcasts de fiction) !

Et le jeu vidéo ?

  • Proverbs : J’ai fini le jeu 😭. En toute franchise, j’espérais que le jeu propose plusieurs tableaux à dévoiler, mais ils se sont limités à un seul. Bon, j’ai eu quand même près de 40h de jeu dessus, c’est tout à fait honnête, mais voilà, je suis orpheline de ce jeu, maintenant. Cela dit, j'ai fini par retrouver un bundle d'autres tableaux dispo sur Steam ! Ça s'appelle Endless Mosaic et je suis trop contente ! 🎉
  • 7 days to die : Une session où on s’est amusé à tenter de looter des munitions alléchantes dans un lycée de niveau 5 (beaucoup beaucoup de zombies 😅) et de nuit. Quand on sait que de nuit, les zombies sont bien plus rapides et que le niveau 5 est un niveau qu’on n’avait pas encore fait (on oscille entre les niveaux 3 ou 4 qui sont parfois des promenades de santé, parfois très très durs), autant vous dire qu’on s’est fait méchamment poutrer et plus d’une fois ! Mais c’était drôle.
  • Ila a Frosty glide : Petit jeu très mignon où on incarne une jeune sorcière sur un skate-balai, partie à la recherche de son petit chat noir adoré ! Le gameplay est très bien fait et les designs sont super mignons. Dispo sur Steam.
  • Journey to the savage planet : On reprend la coop' avec ma cousine sur ce jeu. Je m'éclate enfin, plus de nausées causées par le mode 1ère personne. On continue à explorer le monde et ses différents biomes.
 
Read more...

from Un Spicilège

Toute la beauté et le sang versé

Il y a des documentaires qui instruisent et d’autres qui bouleversent. Toute la beauté et le sang versé fait sans conteste partie de cette seconde catégorie. Dans ce film, Laura Poitras ne se contente pas de raconter : elle cherche à marquer les esprits, avec succès.

Dès les premières minutes, j’ai été happée. Le rythme est lent, presque suspendu. La musique est discrète et fait du silence un acteur à part entière. Ce choix peut dérouter. Pour moi, ce fut une révélation. Il m’a permis de plonger dans l’univers de Nan Goldin avec une intensité rare. Ses photographies, d’une sensibilité à fleur de peau, respirent, saignent, racontent la marginalité, l'atypie, la poésie brutale.

Le film adopte une approche chronologique, retraçant la vie de l’artiste et mettant son œuvre en lumière. Cela m’a un peu surprise, je m’attendais en effet à un documentaire plus frontalement politique, mais cela s’avère finalement idéal. En comprenant le parcours, les blessures, les épreuves qu'a subies Nan Goldin,j'ai d'autant mieux saisi la puissance de son engagement. Certaines séquences m’ont profondément marquée, notamment celles consacrées à ses amis confrontés au sida : une mémoire à vif, bouleversante.

Et enfin, la colère. Froide, lucide, implacable. Le combat de Nan Goldin contre la famille Sackler, au cœur de la crise des opioïdes, est presque insoutenable. L’impunité des puissants y est exposée sans détour. On ne peut qu'être profondément indigné face à cette violence systémique. Le film ménage aussi un moment de confrontation que je n’oublierai pas, une séquence d’une violence sourde où les voix des victimes trouvent enfin un espace.

Toute la beauté et le sang versé reste exigeant dans sa forme. Il est austère, esthétique, et cela ne conviendra pas à tout le monde. Cependant, si on réussit à s’y abandonner, l’expérience est saisissante. J'en suis sortie vidée.

Je le recommande sans hésiter. Si comme moi vous en sortez marqués, il est possible de prolonger l’expérience avec l'exposition consacrée à Nan Goldin au Grand Palais pour laquelle je vais de ce pas réserver.


Toute la beauté et le sang versé | Laura Poitras | 2023

 
Lire la suite...

from Fils et Mailles

Dans ma jeunesse, je te pressentais. Je savais déjà ton prénom Svetlana, celle qui apporte la lumière.

Le lien père-fille doit être aussi fort que le lien mère-fils, une amarre qui défie le temps et l'absence.

Tu n'as jamais vu le jour et pourtant nous sommes trois. À table, j'ai placé mère et fils face à face et devant moi il y a ta place, une chaise vide.

La corde à trois fils ne rompt pas, la table à trois pieds n'est pas bancale, mais cette quatrième place où tu n'es pas là est un manque qui m'habite.

Comme l'écrivait Christian Bobin dans L'Inespérée, « l’absence est une présence en nous, si dense qu'elle fait craquer le cœur ».

​Ma fille que je n'ai pas eue, tu me manques. Je t'imagine petite m'appeler papounet alors que tu te serres à mon cou. Tu viens me retrouver pour te confier à moi, pour me poser des questions sur le monde et sur la vie.

Dans nos randonnées, tu marches avec moi et me racontes toutes sortes de choses, des plus anodines aux plus sérieuses.

C’est dans ce mouvement du corps que ton absence devient la plus vivante, comme une ombre légère qui guide mes pas. Cette déambulation à deux me rappelle les sentiers de Sylvain Tesson dans Sur les chemins noirs, où le paysage finit par se peupler de nos espérances les plus secrètes.

​Je veille sur toi, ma petite Svetlana.

Chaque sommet atteint est un horizon que nous découvrons ensemble, un dialogue silencieux qui ne s'interrompt jamais.

Aujourd'hui, tu aurais la trentaine, et cette marche continue car elle est le battement de mon cœur de père, un pas après l'autre, dans la clarté de ton prénom.

Svetlana, celle qui apporte la lumière...

#errances

 
Lire la suite...

from Fils et Mailles

​Léa n’en peut plus. Cela fait une semaine qu’elle a dû couper PranaFlow. La mensualité a encore augmenté, et elle ne peut plus se permettre de payer. Pour une lycéenne qui jongle avec ses quelques économies, le luxe du silence est devenu inaccessible.

​Depuis sept jours, elle régresse. ​La silhouette altière du « Monarque » s'est brisée. Léa a repris son vieux sweat à capuche trop large, une armure de coton délavé sous laquelle elle cache son échec. Son dos s'est voûté à nouveau, ses épaules rentrées comme pour s'excuser d'exister.

Dans les couloirs du lycée Laure Gatet, elle rase les murs, les yeux rivés sur ses baskets. Sans le flux, le monde redevient une agression permanente : le sifflement du vieux radiateur, les éclats de voix, le vacarme des pots d'échappement sur les boulevards. Tout la percute, tout l'écorche. Elle est en manque et son cerveau réclame cette camisole sonore qui lui rendait la vie supportable.

​Assise sur son lit, prostrée, elle fouille son smartphone avec la rage du désespoir. Elle évite le Store officiel, elle sait que tout y est verrouillé, payant, fliqué.

Elle lance F-Droid, le refuge du logiciel libre, l'endroit où les bidouilleurs du monde entier partagent leurs trésors. ​C’est là qu’elle la voit. Une icône qui ressemble à celle de PranaFlow, mais avec un design plus brut, plus ouvert. LibreFlow v1.0. La description est courte, presque cryptique : « Le flux, sans les chaînes. Fréquence originelle restaurée. »

​Léa n'hésite pas une seconde. Elle télécharge l'APK, l'installe en tremblant un peu, et enfonce ses écouteurs au plus profond de ses oreilles. Elle s'attend à retrouver la froideur anesthésiante du 433 Hz, cette vitre qui la protégeait des autres.

​Elle appuie sur Play.

​Ce n'est pas le calme habituel qui l'envahit. C'est une douce chaleur. À la place de la « tension fantôme » du 433 Hz, le 432 Hz rétabli par Enzo propage dans ses tempes la régénération. Ce n'est plus une camisole, c'est une libération. Le dôme de verre qui l'entourait ne revient pas ; à la place, c'est une clarté insoupçonnée qui s'installe. ​À présent, Léa ressent autrement, sans la douleur d'avant.

​L'air dans sa chambre semble plus léger. Elle redresse doucement la tête, son sweat à capuche lui paraît soudain trop lourd, inutile. Elle se redresse avec souplesse.

L'émotion revient comme une inondation après une longue sécheresse. Les larmes montent, irrépressibles. Elle ne pleure pas de tristesse, elle pleure parce que son humanité, bridée par Julien, vient de se remettre à vibrer. L'empathie renaît : elle se revoit au marché, traitant ses amis de « fourmis » avec mépris. La honte lui tord l'estomac.

​Elle sort de chez elle, le regard droit. Dans la rue, la vision est cauchemardesque. Elle voit les « connectés », ceux qui paient encore pour le 433 Hz de Julien. Elle les reconnaît à leur démarche trop fluide, à leurs visages lisses comme des masques de cire.

​Pour la première fois, elle ne voit plus des « êtres supérieurs », mais des prisonniers. Des somnambules enfermés dans une fréquence qui les maintient dans une transe artificielle.

Elle croise un homme — peut-être Frédéric ? — qui déambule avec une raideur d'automate. Sous l'effet du 432 Hz, Léa perçoit sa détresse invisible, celle que le signal de Julien sature pour l'empêcher de s'exprimer.

​Léa est une des premières à être libérée du dôme de verre. Dans cette ville devenue insidieusement silencieuse, elle s'est trouvé une mission : libérer les autres victimes. Elle serre son téléphone dans sa main. Le fichier de l'application est là, prêt à être partagé, prêt à briser les dessains de l'Architecte.

​La résistance commence maintenant, un battement de cœur à la fois.

Dans la chaleur radieuse de l'après-midi, à l'étage de leur pavillon de Chancelade, les volets sont clos. Marc et Sophie ont repris contact...

#séries #pranaflow #ebooks


Fin

 
Lire la suite...

from IAN

Aux pronucléaires, une réponse des concerné·es Réponse au texte « Sortir de l’impasse arrêt du nucléaire »

Introduction L’année dernière, un texte, « Sortir de l’impasse arrêt du nucléaire », a été diffusé par des (ex)camarades du NPA sur les réseaux sociaux, à charge contre le NPA et plus particulièrement sa Commission Nationale Écologie. Le texte décortique et remet en question un 4 page de critique du conglomérat militaro-industriel nucléaire qui propose un plan de sortie, dans un contexte français. Ces (ex)camarades affirment, eux, que la lutte antinucléaire est une impasse… Et revendiquent donc au contraire une relance de l’industrie – et de la politique – nucléaire. Nous sommes plusieurs anciens et actuels travailleurs du nucléaire au sein de la Commission Nationale Ecologie du NPA à connaître ce secteur comme notre poche et à tenter de prouver le contraire par tous les moyens. Chèr·es camarades qui hésitez, vacillez, voire changez d’avis… Voici l’analyse point par point des arguments pro-nucléaires, pro-industrie, pro-productivité, de la part d’un camarade ingénieur nucléaire, anciennement chez EDF, toujours solidaire de la Commission Ecologie (et) du NPA.2

Au menu : 1. nous comparerons pour commencer, de manière détaillée, les revendications des travailleureuses de l’industrie nucléaire à celles des pronucléaires, 2. puis nous répondrons à une grande partie des thématiques abordées par les pronucléaires, sur des aspects plus « techniques », point par point.

C’est parti ! Travailleureuses du nucléaire : nos revendications

« Le parti ignore totalement les revendications de ces travailleurs » (p.15) La brochure « sortir du nucléaire en 10 ans » n’abordait effectivement pas cette question. Mais le parti, lui, connaît bien les revendications du secteur, et il n’a pas la maladresse de réduire à un paragraphe, et à la seule centrale de Fessenheim, les revendications de ses travailleureuses (p.15), ni de tenter de les « convaincre » de l’extérieur (p.24)… tout simplement car certains d’entre nous FONT ou ont fait partie de ces travailleureuses. Ingénieur-matériaux du nucléaire et vieillissement, ingénieur-expert technique, et ingénieur géologue.

Nous savons que nous faisons pas partie de la majorité : la majorité est sous-traitante, et ouvrière/technicienne plutôt qu’ingénieure… Comme dans toutes les industries. Cependant, nous connaissons les revendications de nos camarades, et ce sont les nôtres… Les voici. Revendications des sous-traitant·es (Ma Zone Contrôlée) • « Obtenir une reconnaissance juste de notre travail, • Application de l’article 4 des IEG (statut EDF) à tous les intervenants à EDF • Application d’une convention collective plancher pour tous les autres, avec salaires mensuels minimum… • Reconnaissance des formations initiales… • Reconnaissance des spécificités du salarié du nucléaire… • Indemnisation du travail en grand déplacement (plus de 2 heures A/R ou plus de 50km du domicile) • Sécurité de l’emploi : suivi médical à vie et possibilité de reclassements dans des emplois moins contraignants ou sédentaires • Retraite dès 55 ans pour les plus de 30 ans de carrière, au vue de la pénibilité spécifique du travail, • Reconnaissance d’un accident de travail quand la dose de radioactivité cumulée annuellement dépasse 10 mSv3, ou 300 mSv sur toute la carrière • Reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur et indemnisations afférentes en cas de maladie professionnelle liée à une exposition à la radioactivité (aka rayonnements ionisants) » Voilà pour ce qui concerne l’association « Ma Zone Contrôlée », association de salarié·es sous-traitant·es et prestataires des industries nucléaires, chimiques, pétrochimiques, pour améliorer la sécurité des interventions, et la sûreté des installations… Salarié·es qui, pour rappel, représente la majorité du secteur. Revendications de CGT Mines Énergies Pour ce qui est de la CGT-Mines Énergies, voici un résumé du projet CGT 2014 magnifiquement illustré (où l’on aperçoit légèrement dans quel genre de conditions l’on travaille dans ce secteur) d’Accord collectif interentreprises pour les salariés du nucléaire intervenant sur ou pour les Installations Nucléaires de Base en France, où nous ne citerons que les titres des différentes sections du document : • Organisation du temps de travail • Rémunération • Congés et jours fériés • Gestion de l’emploi, formation professionnelle, et postulations interentreprises, • Logement, • Protection sociale, • Relations collectives, exercice du droit syndical et représentation du personnel Sur la « transparence incroyable » de l’industrie nucléaire

Les travailleureuses du nucléaire, ce sont aussi des travailleureuses détaché·es : pensons au chantier de l’EPR où des centaines de détaché·es roumain·es, polonais·es, travaillaient sans couverture sociale, sans respect du code du travail.4

Revenons à Ma Zone Contrôlée un instant : son président, Gilles REYNAUD était menacé de licenciement en 2018 pour engagement associatif, politique, et syndical. De plus, ce même président, dans une discussion personnelle en manifestation à Nancy contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires (2019), affirmait être favorable à la sortie du nucléaire, autogérée par les travailleureuses des centrales.

Pensons également à l’IRSN, cet institut public et « indépendant » défendu par les pronucléaires, qui a licencié Dr Christine Fassert en 2020 pour recherches un peu trop transparentes sur les conséquences de Fukushima…5

Pour la transparence incroyable de l’industrie nucléaire et de ses données, on repassera… En comparaison : 17 revendications des pronucléaires... Revenons, pour finir, sur les revendications finales regroupées des pronucléaires dans leur texte (p.22 à 23). Et jouons au jeu des 17 différences avec celles des travailleureuses : 1. « atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, 2. investir dans l’innovation, 3. planification massive de l’économie, 4. électrification massive des industries manufacturières et lourdes, 5. réduire la taille des véhicules individuels et développer le transport électrique […] si possible, 6. transformer la production de chaleur via des énergies carbones par n’importe quels autres moyens (en fonction du contexte) : […] chauffage électrique, […] cogénération nucléaire… 7. Financer la recherche sur les substituts artificiels à la viande, 8. Poursuivre la modernisation de l’agriculture, qui permet de réduire la surface agraire nécessaire […]. 9. [Poursuivre] la recherche sur les OGM [pour] réduire le besoin en produits phytosanitaires polluants et améliorer la productivité en climats difficiles. »

Pour les revendications plus « ambitieuses » (p.23) : 10. « Multiplier la construction d’EPR, 11. Développer massivement les projets de petits réacteurs [SMR], 12. Relancer le projet ASTRID, 13. Lancer des projets de cogénération nucléaire, 14. Réorienter les milliards d’aides publiques au privé vers la recherche publique sur les énergies alternatives, l’énergie nucléaire et les solutions de stockage. 15. Prolonger au maximum la durée de vie des moyens de production d’électricité bas carbone [comprendre « centrales nucléaires »] »

Et pour finir en beauté : 16. « Affirmer et défendre l’autorité des agences publiques (ANDRA [entreprise qui gère CIGEO] […]) 17. Nous débarrasser des croyances irrationnelles et des discours anti-scientifiques. » (p.24)

… Où sont les revendications des travailleureuses ? Où est la solidarité avec les militant·es fiché·es et reprimé·es par la milice privée de l’ANDRA ? Où est l’appel à expropriation des patrons du nucléaire ? Où sont les revendications socialistes : antiracistes ? Féministes ? Anticolonialistes ? Point par point : réponses « scientifiques » Revenons maintenant sur l’accusation de faiblesse programmatique déclinée sur plusieurs thématiques proposées par les pronucléaires : nucléaire militaire, énergies renouvelables, réseau électrique, risque/danger… et nombres de morts. Nucléaire civil et militaire, indissociable… Sophisme #1 Petit échauffement radioactif sur le sophisme « il n’y a eu qu’une seule bombe fabriquée avec du combustible nucléaire usé, donc le militaire n’a rien à voir avec le civil » (p.3).

Nul besoin de théorie du complot pour constater le lien politique entre Armées et Industries – l’industrie nucléaire n’y échappe pas. Le “plutonium” ou l’uranium nécessaires pour la fabrication d’une bombe ont bien sur un lien étroit avec l’industrie « civile » de production d’électricité. S’il n’existe aucun document scientifique public laissant penser que la production de bombe à partir du combustible usé soit possible, cela n’est en aucun cas une preuve que c’est impossible… Comme le rappelle très bien la vidéo YouTube du Réveilleur citée par les pro-nucléaires eux-mêmes, quelques secondes après le passage cité par les pronucléaires : « très compliqué ou strictement impossible ? […] comme beaucoup de ces informations sont secrètes, je pense qu’il est très difficile de trancher objectivement. L’agence internationale de l’énergie atomique [AIEA] a une approche très conservative sur cette question et considère que n’importe quel plutonium pourrait être utilisé pour produire des bombes. »6 Le Réveilleur cite également, dans sa vidéo, deux articles de recherche en ingénierie nucléaire dont l’un rappelle que « Fabriquer du plutonium qui minimise voire empêche la prolifération [de l’arme nucléaire dans le monde] est un objectif des institutions de sûreté et sécurité nucléaire » [traduction maison]7 … objectif, encore en 2018, de limiter l’usage du plutonium civil dans les bombes atomiques… car oui, le plutonium civil peut être utilisé dans les bombes atomiques, pour résumer. Nous terminerons sur une citation du président déjà citée par la CNE dans un article de l’Anticapitaliste du 11 mars 2021 : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil. » E.Macron, à Framatome (Creusot-Monceau, 2020) C’est vrai, nous avons fait une erreur dans l’introduction de notre vieille brochure : le lien entre nucléaire civil-militaire n’était pas un « secret », ni un « complot »... C’était une politique assumée, publique, revendiquée par le gouvernement. Mix énergétique et intermittence « C’est non seulement un programme [de sortie du nucléaire vers les renouvelables] très ambitieux, mais surtout unique en son genre et basé sur aucun exemple réel. » (p.4) Merci pour les compliments ! Nous sommes des utopistes anticapitalistes revendiqué·es. Plus sérieusement : un programme est par définition ambitieux, et celui de sortie du nucléaire est effectivement inédit, non-basé sur le réel, tout simplement car le cas de la France est inédit, particulier, et qu’aucun autre pays ayant atteint cette proportion de nucléaire dans son mix électrique n’en est sorti. Maintenant, nous ne sommes pas les seulEs à avoir imaginé un futur sans nucléaire : il y a également le réseau Sortir Du Nucléaire (qui oui, tolérerait l’usage du gaz), ou encore l’association NégaWatt (scénario 2017-2050 sans gaz ni charbon pour le coup).

« quand le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas, la France a toujours besoin d’énergie…. Et quand y’a plus d’Uranium où qu’une centrale est en arrêt temporaire… la France a toujours besoin d’énergie. […] il est important de pouvoir piloter la production, et plus particulièrement maintenir la production constamment à la hauteur de la consommation. » (p.5) Eh oui, toutes les énergies sont intermittentes ! Nucléaires et renouvelables : les deux sont intermittentes. Le problème passe donc du coté de la consommation : cette « consommation » constante est-elle réellement viable ? Tous les scenarii de transition énergétique passe par une politique de baisse de la consommation d’électricité (et d’énergie en général). Ce fameux « besoin d’électricité» de la France, il est dicté par une logique de consommation, de capitalisme, qui a besoin d’exploiter au maximum les forces productives et reproductives… Mais rappelons qu’il n’y a pas un siècle, nos ancêtres se passaient très bien «d’électricité constante ». A l’inverse, l’augmentation de la quantité d’électricité disponible dans les foyers n’est corrélée à aucun « progrès social » : les inégalités et dominations en tout genre n’ont pas cessé avec l’arrivée du tout-nucléaire en France. Les outils électriques, électroniques, et par la suite numériques, ont certes révolutionné notre manière de communiquer, de travailler. Mais ils n’ont aucunement révolutionné les rapports de pouvoir… Les inégalités de richesse continuent d’augmenter, par exemple entre hommes et femmes : l’inégalité patrimoniale entre hommes et femmes est passée de 9% en 1998 à 16 % en 20158. L’électricité permanente n’est donc pas un « bien public », car il ne nous appartient pas réellement. C’est un « outil », qui peut être utile ponctuellement, mais qui n’est pas une fin en soi, ni un synonyme de progrès social. « Il faut également bien comprendre que les énergies renouvelables reposent sur des sources d’énergies très diffuses, contrairement aux énergies thermiques qui se basent sur des sources d’énergies très concentrées. Ainsi, il y a évidemment moins d’énergie contenue dans un m³ d’air en mouvement que dans le même volume de pétrole ou d’uranium… […] il y a une raison pour laquelle les capitalistes ont abandonné les anciennes énergies renouvelables au profit du charbon et du pétrole. » [soulignement de la rédaction] (p.7) Eh oui, cette raison, c’est que ce sont des capitalistes qui n’ont que faire des conditions de travail et de l’écologie. Et nous, nous ne sommes pas des capitalistes, ni des nationalistes. Nous sommes communistes, féministes, décoloniaux, internationalistes, syndicalistes. Nous sommes pour la diffusion des sources d’énergie, et contre sa concentration. Oui, les éoliennes et panneaux solaires industriels nécessitent plus de matériaux (en tonnes, et en diversité) que le nucléaire… Oui, le soutien à l’investissement aveugle et capitaliste dans les énergies renouvelables est une erreur de nos précédents textes. Oui, il nous faut changer de discours sur la « propreté » ou non d’une industrie comparée à une autre. Oui, nous devons oublier l’idée d’un avenir où l’électricité coulera à flot continu dans nos prises électriques comme aujourd’hui. Mais non, critiquer le système colonialiste qui exploite et a exploité l’Uranium en Afrique n’est pas une grande faiblesse. Non, nous ne défendrons pas l’extractivisme en Afrique car « il est moins pire » que l’extractivisme en Chine. Le piège pronucléaire du « c’est l’industrie la moins sale » ou de la politique du « bénéfice/risque » ne nous convaincra pas. Un réel projet communiste, féministe, décolonialiste, anticapitaliste, émergera d’une remise en question globale du mythe de cette « consommation » constante, des « besoins de la France », soi-disant nécessaire au « progrès social ». Sur le fonctionnement du réseau « du fait de l’impossibilité de stocker de l’électricité, cette dernière doit constamment être produite en même temps qu’elle est consommée » (p.8) Autre idée : consommer moins d’électricité ? Encore une fois : le NPA ne défendra pas de politique productiviste simplement pour « répondre à une consommation ». Ce sont les capitalistes qui nous imposent cette consommation.

« RTE prévient clairement que dans ce scénario, le réseau français ne serait plus capable de résister à de gros hivers comme celui de 2012 ou 2017. [...] Pourtant, avec une augmentation massive du chauffage électrique et des pompes à chaleur, comment ne pas envisager des pics de consommation de plus en plus hauts en hiver ? » (p.11) Peut-être en réfléchissant une diminution du chauffage électrique et des pompes à chaleur… ? En soutenant la lutte contre le gaspillage industriel d’électricité, dans les usines, les panneaux publicitaires, les chauffages d’immeubles vides ?

« Si toute l’Europe fait le pari d’un scénario similaire, les pics de production se trouveront environ aux mêmes périodes, et personne ne sera en mesure de produire suffisamment d’électricité lors des pics en hiver. Ce scénario s’appuie donc indirectement sur les pays qui accepteront de conserver une production fossile et nucléaire » (p.11) L’inverse est vrai également : un pays ne peut faire le « choix » du nucléaire que si les autres n’y ont pas accès. Car les ressources en uranium seraient insuffisantes pour tous les pays du monde, et car l’industrie nucléaire repose sur l’exploitation (néo)colonialiste des mines étrangères, sur le capitalisme concurrentiel. Soutenir le nucléaire à l’échelle française est donc une politique nationaliste car il ignore l’impossibilité aux autres pays de candidater à une telle énergie… Et au NPA, nous sommes internationalistes. Emissions de Gaz à Effet de Serre (GES) « […] si le développement des EnRi n’a pour l’instant pas permis de décarboner le mix électrique d’un seul pays, la France est justement parvenue en à peine plus d’une décennie à faire s’écrouler ces émissions de GES grâce au déploiement de son parc nucléaire : » (p.12)

Pour un rapport dit « scientifique », on repassera sur la rigueur des sources : il manque ici une citation complète qui permet d’aller vérifier le graphique. La consultation du « World Bank Climate Change portal » ne suffit pas à retrouver facilement le graphique, son contexte, sa méthode.

Nous allons donc ici nous contenter de commenter ce graphique : • pas d’unité de mesure sur l’axe des ordonnées du graphique (50 carottes ? 100 patates?) • « faire s’écrouler ses émissions de GES » : le terme d’écroulement est interprétatif, et non quantitatif… Forcément, il n’y a pas d’unité de mesure sur l’axe des ordonnées. • Corrélation n’est pas causalité : rappelons ici qu’un simple graphique n’est pas gage de véracité scientifique. Nous vous renvoyons vers le site très comique de « Spurious correlations » pour illustrer notre méfiance. 9 • De plus, les pointillés « nuclear power expansion » semblent représenter la période 1980-1988… Ce qui est faux : l’expansion de la puissance nucléaire n’a pas commencé en 1980. La datation d’un tel concept est difficile, mais pour ne parler que de la technologie actuellement utilisée en France (« REP »), elle a remplacée les UNGG dès 1967, en commençant à la centrale de Chooz. Un mix français 100 % renouvelables est possible Inutile de rappeler les divers scénarios existants (RTE, NégaWatt, ADEME) ni de rappeler que plusieurs pays l’ont déjà fait10. Mêmes de pronucléaires le disent : voir la réponse positive à la question « La France peut-elle se passer de nucléaire ? » par Alain Grandjean, membre du cabinet Carbone 4 avec Jean-Marc Jancovici11. Cela dit, on est bien d’accord, être un pays à 100 % renouvelable n’est pas la panacée, on ne s’arrêtera pas à une aussi simple et incomplète revendication. Coût du nucléaire « Cela se serait fait en faisant payer au consommateur “le coût titanesque du démantèlement et de la gestion des déchets” quand bien même ce coût ne représenterait que 6% du coût global de production12 […] » (p.12) Pour rappel, aucun chantier de déconstruction de centrale nucléaire civile française n’a abouti à ce jour, en France. Seuls quelques petits réacteurs de recherche ont été démantelés entièrement (au CEA de Grenoble par exemple). Contextualisons donc un peu ces 6 % avec l’article du CEA utilisé par les pronucléaires… Voici le début de la phrase, le contexte de ces 6 % : « Concernant le démantèlement des centrales et la gestion de la totalité des déchets, la Cour des comptes a indiqué qu’ils sont, par nature, très difficiles à prévoir en raison du manque de retour d’expérience dans ce domaine. Cependant, même si les incertitudes sont grandes, leur faible part dans le coût du kWh nucléaire ne conduira qu’à un impact limité : pas plus de 6% du coût global de production. » Maintenant, rajoutons que le CEA – Commissariat à l’Energie Atomique, institution capitaliste pronucléaire – ne détaille pas ici combien ces incertitudes sont grandes exactement. 6 % avec une incertitude de ±1 %, de ±5 %, ou de ±10 %… cela change complètement la donne. Or, impossible de consulter le texte de la Cour des comptes dont se sert le CEA, car eux-mêmes ne sont pas rigoureux dans leurs publications… difficile de trouver autre chose qu’un coût « par MWh », c’est-à-dire par unité d’énergie… Donc ces 6 %, on les applique à quoi ? À combien ? Rappelons enfin que pour démanteler une centrale nucléaire, il faut des camions qui roulent au pétrole. Il faut des machines qui tournent au gasoil. Et il faut des salariéEs qui connaissent les plans des centrales… Or du pétrole, on en a passé le pic. Les salariéEs qui connaiss(ai)ent les plans des centrales… sont mortEs, ou à la retraite. EDF, aujourd’hui, vit une perte de compétences sur ses propres outils de production, car la transmission de savoir est défaillante : sous-traitance, sous-formation, sous-investissement. La Direction des Projets de Déconstruction et Déchets d’EDF ne recrute plus depuis au moins 3 ans : en effet, le démantèlement est le cadet des soucis de la direction générale. Le coût du démantèlement ne va donc sûrement pas rester ce qu’il est aujourd’hui. Uranium naturel, et réouverture des mines françaises ? « […] cette énergie [est] peu sensible aux conflits géopolitiques qui pourrait faire gonfler le prix ou limiter l’import d’uranium. Même dans un cas d’embargo total, le stock national (d’uranium enrichis + d’uranium naturel) permettrait de tenir entre 3 à 5 ans d’exploitation13, sans compter la possibilité de reprendre l’exploitation des 210 mines d’uranium présentes sur le territoire métropolitain (dont l’exploitation a été abandonné dû à un rendement assez faible14). » (p.13) Les communistes pronucléaires citent ici la SFEN (Société Française de l’Energie Nucléaire), autre association de bourgeois capitaliste pronucléaires qui défendent « l’avancée du nucléaire ». Encore une fois, ce n’est pas une source scientifique. Mais bref : 3 à 5 ans de stocks « stratégiques » permettant de faire survivre le nucléaire en cas de crise du capitalisme… De quoi rassurer tout le monde, dans 5 ans on trouvera une autre solution.

Passons à la relance de l’extractivisme français, et des mines uranifères métropolitaines… Des volontaires ? Nulle part sur l’article de Wikipedia (source très scientifique vous en conviendrez), n’est indiqué un rendement « assez faible » de ces mines… Par contre, le même article Wikipedia parle bien de « conditions d'exploitation difficile (mines souterraines) et une opposition locale parfois très forte ». Rappelons enfin qu’un Collectif Mines d’Uranium existe et dénonce15, non pas le triste abandon des mines d’uranium alors qu’on pourrait encore en extraire un petit peu de yellow cake… mais l’ingérence de l’ex-Cogema/Areva/Orano, l’impact sanitaire de ces mines, l’opacité de l’industrie sur cette question, la faiblesse du Code Minier sur la gestion « après-mine »… Pour nous, militantEs antinucléaires et écologistes, l’extractivisme minier écocidaire, c’est NULLE PART : ni au Niger… ni au Canada… ni en Chine pour les énergies renouvelables… ni en France pour l’indépendance nucléaire. 250000 tonnes d’Uranium non-exploitées ? « Mais cela est sans compter les réserves énormes de la France d’uranium appauvris (99% de l’uranium naturel), de plutonium et d’actinides mineurs (dont nous reparlerons plus tard), qui constituent une réserve de combustible de plus de 250 000 tonnes, pour l’instant non exploitée. » (p.13) On dirait que l’exploitation est le maître-mot des communistes pronucléaires. Et ici, bizarrement, on retrouve le terme interprétatif et abusif de « énorme » pour qualifier ce stock d’uranium appauvri, ne respectant donc pas le langage scientifique qui impliquerait un minimum de précision, de vocabulaire quantitatif. Ce chiffre vient du même article de la SFEN, qui précise après ce chiffre que le recyclage d’un tel uranium appauvri nécessiterait le développement de la Génération 4 de Réacteurs nucléaires, une « Nouvelle technologie » de réacteurs à Neutrons Rapides... Voyons voir ce qu’il en est... Futures technologies, échelle industrielle et Science-fiction « S’appuyer sur des technologies qui n’existent pas encore à l’échelle industrielle rend très improbable le projet du NPA de réaliser un mix “100% énergie renouvelable” en 10 ans. Pour ne pas dire impossible. » (p.9) Appliquons cet argument à leurs propres propositions d’innovation technologique : les pronucléaires défendent le développement d’une Génération 4 de réacteurs. Pour information, la Génération 3 contient les technologies actuelles, REP et EPR. • EPR (« Gen 3 ») ◦ seule la Chine a réussi à mettre en service 2 réacteurs de type EPR (une fuite radioactive a déjà été recensée néanmoins due à un défaut de fabrication du combustible mais ce n’est pas le sujet) ◦ en France, il y a effectivement un chantier en cours… en cours… en cours… et on attend la fin du chantier. Depuis 14 ans. La génération 3 est donc loin d’être terminée. ◦ en Finlande, même attente… chantier en cours depuis plus de 17 ans. ◦ En Angleterre, début de chantier il y a 3 ans. • Réacteur à Neutron Rapide (« Gen 4 ») ◦ En Russie, il y a deux réacteurs en service actuellement de cette technologie. ◦ En France ▪ Réacteur Phénix, expérimental, de recherche, qui a mené à la conception de Superphénix. ▪ Réacteur Superphénix : deuxième prototype construit en 76, mis en service 1984, arreté en 97 (soit 13 ans, dont seulement 6 de production réelle)16, et en cours de démantèlement… encore aujourd’hui. Cela nous fait un total de 6 ans de production d’électricité sur… 37 ans d’existence et d’investissement. Belle intermittence ! Qui a, rappelons-le, même si ce n’est pas le sujet de cette section fait un mort dans notre camp : Vital Michalon, assassiné par la police lors d’une manifestation contre ce projet, le 31 juillet 1977. ▪ ASTRID : projet d’AREVA abandonné récemment, faute de moyens, jusqu’à au moins « la deuxième moitié du siècle », répond le CEA au Monde (Nabil Wakim, 29 août 2019)… ▪ Pour la « Gen 4 » de réacteurs nucléaires pour recycler les déchets de l’industrie… on repassera. • ITER ◦ En France : prototype de réacteur à fusion nucléaire… en construction depuis 2010, pleine puissance prévue seulement pour 2035, et industrialisation sur d’autres réacteurs à ne pas attendre avant 2060… Le réchauffement climatique n’a qu’à être patient. Pour l’instant, la production industrielle d’électricité à fusion nucléaire est littéralement… de la science fiction. • SMR ◦ Small Modular Reactors… Ils existent sur le papier… Mais aucun réacteur de ce type n’existe concrètement à ce jour. Beaucoup d’articles (scientifiques ou médiatiques), beaucoup de plans en 3D dans les bureaux d’étude, beaucoup d’investissements politiques, mais aucun prototype, aucun chantier en cours, ni à l’échelle industrielle, ni à aucune autre. Sophisme #2 : les chats sont mortels… Socrate est mortel... Deuxième exemple de sophisme dans les arguments pronucléaires, un peu hors sujet : « Il sera sans doute bien difficile pour les auteurs d’expliquer pourquoi tous les autres secteurs du service public français […] souffrent de privatisation et de conditions de travail dégradées, malgré l’absence de réacteur nucléaire en leur sein » (p,14) Voilà un nouveau challenge pour la Commission Nationale Écologie : il n’y a pas de réacteur nucléaire dans les hôpitaux, pourtant eux aussi souffrent de la privatisation… Conclusion : les réacteurs nucléaires ne sont pas un problème ! Des « avantages environnementaux méconnus » « faible écotoxicité notamment sur l’eau douce et sur l’océan, aucune émission de S02 et Nox, faible potentiel d'épuisement abiotique, faible empreinte au sol (dont nous avons déjà parlé) et donc faible impact sur la biodiversité, faible production de déchets chimiques, faible impact sur la couche d’ozone… Sur tous ces points et plusieurs autres, l’énergie nucléaire est souvent meilleure, parfois fait jeu égal, avec les autres sources d’énergies considérées comme vertes. » (p.15) Cette énumération de qualités, extraites d’un rapport de l’Union Européenne, soulève la question de « l’écotoxicité » des politiques et industries nucléaire en comparaison avec les autres sources d’énergie, charbon/gaz compris. Ce rapport de l’UE ne permet non pas de prouver que le nucléaire a de « nombreux avantages environnementaux méconnus » (p.15), mais bien que le nucléaire « n’est pas plus dangereux que les énergies renouvelables, selon les critères habituels de la taxonomie européenne »… Et encore, on va pouvoir rentrer dans le détail et nuancer ce propos. Si je ne savais pas moi-même ce que signifiait « potentiel d’épuisement abiotique » avant de lire le rapport, les graphiques sur les autres critères semblent effectivement, en apparence, sans appel. Il est d’ailleurs bien énoncé en introduction du rapport européen, alinéa « main findings » (page 11 sur 387, traduit et résumé du mieux que je peux) : • « l’émission de gaz à effet de serre en moyenne sur tout le cycle de vie de l’industrie nucléaire est équivalente à celle de l’hydroélectrique et l’éolienne (je parle des industries), • l’énergie nucléaire émet autant, ou moins, de NOx, SO2, PM, NMVOC, que la photovoltaïque et l’éolienne, • elle eutrophise et acidifie les océans autant, voire moins, que la photovoltaïque et l’éolienne, [contredit plus bas], • pareil concernant la pollution des eaux douces et marines, • elle prend autant de place au sol que le gaz, c’est-à-dire moins que l’éolienne et la photovoltaïque. »

Maintenant... • On peut d’ores et déjà constater la manipulation du texte pronucléaire quant à la reformulation de certains résultats : « émet autant, voire moins, de NOx, etc. » (rapport EU) devient « aucune émission de SO2 et NOX » (texte pronucléaire). Passons cette erreur que l’on mettra sur le dos d’une inattention. • Ce rapport européen ne donne pas accès aux incertitudes sur les chiffres : on a là une énumération de comparaisons sans nuance. Plus grande que… Autant que… Légèrement moins que… Beaucoup moins que… Et ce, selon des moyennes prises sur tout le cycle de vie des industries citées… On a des max et des min de pollution sur tout un pays, toute une industrie… Si l’on souhaite du détail sur les chiffres, on tombe, via les références du rapport, sur des PDF payants, ou en anglais, « for policymakers » (autrement dit… circulez, ce texte est à destination des politiciens, pas du grand public), qui eux-mêmes ne permettent pas toujours de vérifier certaines affirmations. • Enfin, rien qu’en rentrant dans le détail des graphiques proposés par le rapport, on peut remettre en doute certains « avantages méconnus » du nucléaire… ◦ Exemple 1 : Tentons de vérifier si le nucléaire émet effectivement autant, voire moins, de PM et NMVOC – peu importe ce que tout ces sigles signifient pour les pronucléaires – que le photovoltaïque et que l’éolien, en consultant les graphiques du rapport (les 3.2-18). Des bâtons indiquent l’intensité d’émission de ces deux types de particules. Sur le graphique, on observe effectivement que le nucléaire en émet moins que le solaire photovoltaïque, et émet moins de NMVOC que l’éolien… par contre… oups… si j’en crois bien mes lunettes, et ma fonction Zoom de Mozilla… le nucléaire émet légèrement plus de PM (particules fines) que l’éolien… il semblerait environ 0,01 g/kWh de plus. ◦ Exemple 2 : la même contradiction est visible sur le sujet de l’eutrophisation et de l’acidification des océans. Sur le graphique 3.2-10 du rapport, la technologie nucléaire « EPR » (la colonne EFR correspond à une technologie non-utilisée) dépasse, en pollution, l’éolien offshore et le photovoltaïque à technologie Cadmium-Telluride.

Globalement donc, même s’il est vrai selon ce rapport que le nucléaire est comparable en terme d’impact écologique global, parfois légèrement supérieur, aux autres sources d’électricité et de chaleur… Affirmer que le nucléaire fait « souvent mieux » et « parfois égal », sur « tous ces points et plusieurs autres » relève par contre de l’hyperbole digne d’un chargé de communication défenseur d’une technologie mortifère. D’ailleurs... Le nucléaire ne tue que 2 personnes par mois ! Des volontaires ? Pour reprendre les chiffres des pronucléaires… Le nucléaire, ce ne serait que 0,07 décès par TWh produit (en comptant les morts liés à tout le cycle de vie des centrales notamment le minage du combustible, et les accidents nucléaires)… Alors, calculons. Fois environ 55 TWh de consommation mensuelle d’électricité par les Français·es17 cela fait 3,85 décès… Diminués car la part de nucléaire dans le mix électrique français n’est que d’environ 75 %. Cela représente donc environ 2 personnes par mois mortes à cause de l’industrie électronucléaire, en France… Des volontaires ? Nous n’oublierons pas Vital Michalon Mort tué par la police le 31 juillet 1977, il manifestait contre le projet de surgénérateur à neutrons rapide Superphénix. « Ces chiffres restent ridicules face à ceux des barrages hydroélectriques » (p.18) À la CNE du NPA, nous ne compterons pas les morts. Nous refusons cette démarche autoritaire de « sacrifice pour le communisme » ou de comparaison entre « la peste et le choléra ». Oui les énergies fossiles tuent encore plus… Oui l’hydraulique tue encore plus… Mais nos vies ne sont pas des chiffres. On ne peut pas parler de « 0,02 » décès par unité d’énergie… C’est un glissement très dangereux vers une politique mortifère qui va au « moins pire ». Nous sommes révolutionnaires, nous voulons des conditions de VIE dignes. Pas des conditions de MORT. Le NPA ne défend aucune industrie, ni le pétrole, ni le gaz, ni le charbon, ni l’éolien, ni le solaire, ni le nucléaire, en fonction des chiffres de nombre de morts… La moindre mort est inadmissible, et indiscutable. Accidents nucléaires Les pronucléaires chercheront toujours à minimiser l’impact, le nombre, l’ampleur des accidents nucléaires, via plusieurs stratégies : • renvoyer à l’étranger (Japon, Russie, USA), alors qu’en France aussi il y a eu des accidents nucléaires (Saint-Laurent-des-Eaux, en 1969 et 1980). • minimiser les conséquences (« y’a qu’à Chernobyl qu’il y a eu des morts, selon l’UNSCEAR ») • changer de sujet (« le changement climatique tue également »… « au Japon c’était un tsunami le problème »… « les autres énergies sont encore PLUS meurtrières »…) • brandir des sciences dures et masculines, voire même des pseudo-sciences18, pour justifier l’incertitude sur les chiffres (difficulté statistique/mathématiques… difficultés de mesures radiologiques... dissensus scientifique sur les bienfaits des petites doses… il faut utiliser des modèles linéaires sans seuil… )

Nous refusons la déresponsabilisation de la moindre mort. Les ingénieur·es nucléaires connaissent les dangers (ou les risques, peu importe), liés à cette technologie. Iels savent que chaque accident nucléaire a fait des centaines voire des milliers de morts, ne serait-ce qu’en comptant celles des liquidateurs, chaire à canon envoyée au front à chaque accident. Celleux qui n’ont rien fait, rien dit, sont coresponsables des morts liées aux accidents et incidents. Nous refusons également de qualifier de « ridicules » les « quelques » victimes, de les ridiculiser, de mépriser les familles des victimes mortes pour leur travail, leur géolocalisation subie proche d’une activité nucléaire, voire d’un bombardement :

« Quoi qu’il en soit, ces chiffres restent ridicules […] » (p.18) Je ne sais plus quoi répondre à ce mépris. Comparaison « bénéfice / risque » Pour illustrer l’incohérence de cette comparaison, petit tableau fait main : Bénéfices : • Électricité en permanence dans le réseau pour répondre aux demandes des consommateurices • « Progrès social » (jamais détaillé par les pronucléaires, peu importe ce que cela signifie finalement) • ça créé de l’emploi dans les anciennes colonies, ou pays partenaires, voire même en France (en sous-traitance par contre, vous êtes averti·es) Risques : • Pénibilité du travail et maladie professionnelle liée aux rayonnements ionisants en centrale, • Pénibilité du travail dans les mines d’uranium, et maladies liées à la radioactivité des mines d’uranium abandonnées, • Licenciements pour activité syndicale, • Poursuite judiciaire pour lancement d’alerte illégal vis-à-vis du secret industriel, • Fuites radioactives liées au vieillissement des matériaux des centrales • Fuites radioactives liées aux erreurs inévitables de fabrication des cuves et autres pièces centrales • Dégradation des écosystèmes marins liée au réchauffement de l’eau fluviale qui passe à travers les centrales • Dégradation des écosystèmes terrestres liée à la fuite radioactive des stockages de déchets longue durée • Accident nucléaire lié à la rupture d’une pièce centrale d’un réacteur, menant à une explosion • Accident nucléaire lié au démantèlement des vieilles centrales Graphite Gaz dont certains matériaux sont explosifs • Prolifération de l’arme nucléaire dans le monde liée au cycle de préparation et de traitement du combustible nucléaire • Maintien en place du système gouvernemental autoritaire et militaire qui repose en partie sur son arsenal nucléaire

Démantèlement Dans notre ancienne brochure, nous indiquions en effet que « c’est [au démantèlement et à la gestion des déchets] que devra désormais être consacrée une bonne partie de l’énergie humaine. C’est un chantier gigantesque mais indispensable à la survie de l’humanité et qui va devoir occuper les travailleurs, du manœuvre au scientifique, pour réparer les erreurs du passé et la folie capitaliste ». (p.19) Cette phrase est effectivement discutable, voire erronée selon moi. En effet, pour moi (auteur du texte), le démantèlement n’est plus forcément souhaitable à ce jour (car techniquement difficile, coûteux, dangereux pour les travailleurEs, et générateur de déchets). Les déchets, eux, par contre, seront toujours là, et représenteront toujours un chantier à assumer, même une fois « sortiEs du nucléaire » (arrêt des centrales). Déchets « Les déchets liés à l’industrie nucléaire civile n’ont jamais tué personne » (p.19) 2002, un ouvrier meurt sur le chantier de CIGEO, projet de stockage des déchets nucléaires. 2016, 26 janvier, un autre ouvrier meurt dans un éboulement, au fond d’une galerie. Ça fait deux.

« leur impact sur l’environnement est négligeable19 » (p.19) Source ? ANDRA. Agence Nationale des Déchets Radioactifs… ANDRA qui pour rappelle, a employé une milice privée pour matraquer, flashballer et surveiller les militantEs antinucléaires, de manière antidémocratique, voire fascisante. L’ANDRA se fiche de l’impact environnemental de leurs déchets : aucune étude n’a rendu de résultat positif et long-terme de la solidité de leur projet de stockage… De plus, un centre de stockage de déchet, ce n’est pas fabriqué en bois et en terre crue… Béton, acier, imperméabilisation du sol, tous ces impacts ne sont pas négligeables. « Les déchets nucléaires représentent en fait une part ridicule de la quantité totale de déchets produite par un individu chaque année : 4689 kg dont [...] 4 grammes sont des déchets de haute activité. » (p.19) Sauf que ces 4 grammes de tels déchets, par personne, suffisent à tuer cette personne, rien qu’en les regardant, car ces déchets sont radioactifs de manière létale… Contrairement aux tonnes d’épluchures et de plastiques que l’on met dans nos poubelles grises. Et encore une fois, le NPA est contre TOUS les déchets industriels : nous nous opposons au gâchis de plastique, de métal, de matières organiques, de béton de ciment, d’acier, tout autant que de matière radioactive… « il existe déjà un exemple naturel de stockage en CGP : le réacteur nucléaire naturel d'Oklo au Gabon » (p.20) La Nature, le « naturel » n’est pas un adjectif scientifique, ni positif, ni rien du tout. C’est une construction politique, qui sert en permanence à justifier les politiques les plus conservatrices : les phénomènes dits « naturels » ont toujours été les arguments de dernier recours pour justifier sexisme, racisme, classisme, colonialisme, et toutes autres dominations. L’existence d’Uranium dans le sol depuis des millénaires ne valide pas scientifiquement l’extractivisme capitaliste, ni le projet autoritaire d’enfouissement CIGEO. Le pétrole aussi, c’est naturel, et ça existe depuis des millénaires… Consommons-en ! Conclusion La seule revendication des communistes pronucléaires que nous partageons, c’est la suivante : « Une transition énergétique réussie passera par un secteur public fort, contrôlé démocratiquement par ces travailleurs. » (p.24) Comme le citent les communistes pronucléaires, le secteur public de l’énergie fait face au projet Hercule qui prévoit de découper EDF en vue d’en privatiser une partie, notamment la gestion des EnRi… Sauf que les pronucléaires oublient de préciser que le nucléaire, lui, est toujours public, et le restera après ce démantèlement d’EDF… Tout simplement car l’État ne souhaite pas faire peser le coût du nucléaire sur le budget de ses amis militaro-industriels.

Nous sommes d’accord également pour lutter contre le greenwashing des ONG, de l’État et des entreprises privées. Maintenant, rappelons que le NPA ne lutte pas pour la neutralité carbone de la France – concept compatible avec des stratégies colonialistes de compensation – mais bien la réduction de la consommation, de la production, et des émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, nous ne pouvons par contre entendre la demande d’« affirmer et défendre l’autorité des agences publiques (ANDRA) » que comme une trahison vis-à-vis des militantEs agresséEs par cette même agence sur le terrain de CIGEO, trahison nationaliste, capitaliste, et antisociale. Enfin, le discours oral d’un des auteurs du texte sur le fait de « pas être complètement contre les sous-marins et bombes nucléaires, car en cas de guerre impérialiste vous comprenez… nous on préfère le démantèlement conjoint avec les autres pays »… (sous-entendu, pas de démantèlement des bombes au CEA Valduc tant que les autres pays ne s’y mettent pas). Ce discours non-assumé à l’écrit, lui, ne manquera pas d’alerter sur la tolérance pro-militaire qui se cache derrière chaque discours pronucléaire, et de nous renforcer dans nos positions pacifistes, anti-nucléaires (civil et militaire), anti-impérialistes, anti-militaires.

 
Lire la suite...

from Blog d'une enfant de ce siècle

LIBERTE INCURABLE

Ce morceau fait partie de “Prends Le Large!”, un conte dont je suis l'autrice. Il est inspiré de mes séjours en mer avec l'association des Amis du Jeudi Dimanche, à bord du Rara Avis et du Bel Espoir.

Version en Langue des Signes Française par Janick Matton de Interpretis, à l'occasion de La Nuit du Slam à Toulouse :

Paroles et chant : Kaena Composition et guitare : Thibaut Delhommeau. Merci à lui, Simon Houdin et Gauthier Lorthiois sans qui ce projet n'aurait jamais vu le jour.

Paroles de "Liberté Incurable"

REFRAIN 1

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

(respiration)

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

Brûler le pavé!

COUPLET (7 mesures)

Sève des pluies Soupirs des landes Poumons de vent Au bord du cri Se sauver des guides Des chemins tracés Des ombres livides Au torse inhabité

Excéder la vitesse des rivières Sauter dans des arbres qui poussent à l'envers Qui vont serpenter serpenter sous tes pas T’élever dans les cimes de leurs bras

Gravir les mâts des navires S’enivrer de senteurs diverses Rejaillir hors de la détresse En guérir face à ton inverse Pourfendre les forteresses

S’y ruer Se répandre Se heurter Se toucher Se surprendre Se comprendre S’affronter Front contre frontières blindées

Fondre sur la peur qui nous masque Voir qu’elle n’est que fumée fantasque Cueillir ensemble dans les abîmes La fleur de l’âme par ses racines

REFRAIN 2

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

(respiration)

Se cambrer Fêler Marteler Sceller (x3)

Balancer les pavés

COUPLET (10 mesures) Il faut se déranger Il faut désobéir Il faut se perdre s'esquinter se souiller de sève Et de pierre taillée pour gagner Les secrets de la ville Et plonger dans son corps jamais tranquile

Ne laisse pas la poussière du passé te noyer le bras de fer de broyer les grandes promesses te soudoyer Ne laisse pas la chambre de sûreté de ton foyer brider ton coeur quand tes pleurs sont affamés d'ailleurs  Ton enfant intérieur te crie De ne pas courir après les heures

Mais de talonner le tir du temps perdre haleine Te jeter dans l'océan détaler dans les pentes verdoyantes Gagner les hauteurs arborescentes Tant qu'il y en a encore

Notre terre a de l'or en son sein  Casse les ressorts de tes mains pour embrasser ton sort dans ses lendemains

Vite fuis lève les yeux sur la lune qui te surprend Vite fuis lève les yeux sur des paysages indécents  Vite fuis lève les yeux tout peut finir en un instant Vite fuis Lève les yeux Soigne-toi du monde d'antan

L'esclavagisme du confort L'insomnie des cœurs censurés L'étranger promis à la mort Le massacre des insurgés Les intelligences ruinées par les mains appâtées par l'or  Les corps cassés entassés broyés sous ses roues encore et encore

Tu es de ceux qui comme moi Étouffe dans l'air des prisons  Sauve ce coeur battant qu'on noie Fais-lui respirer l'horizon Déterre-le de ses blessures  Rejoins l'armée de la passion Qu'entre nous s'abatte les murs dans un ouragan d'unisson

REFRAIN 3

Se cabrer braver décamper voguer (x5)

Épuiser les pavés !

 
Lire la suite...

from irisdessine

Projets du moment

Professionnel

  • J’ai réalisé que j’étais au taf de moins en moins dans la posture d’apprenante, mais de plus en plus dans la posture de sachante. Je comprends mieux ma fatigue assez intense des derniers jours 😅 Quoiqu’il en soit, j’embarque en pair ma collègue qui est là depuis disons 1 bon mois, et donc, j’explique les choses, j’oriente, et, heureusement, elle aussi sait quoi faire et proposer des suggestions pertinentes, ce qui me permet de me reposer (un peu) entre deux explications ☺️

Personnel

  • 478 : j'ai enregistré des sons à rendre actifs ou non (au choix de l’utilisateur/utilisatrice) pour l’application. L’objectif étant de s’endormir avec, l’intérêt serait plutôt d’entendre quand inspirer/bloquer/expirer que de regarder son écran. Pour le moment, c'est un ding de marimba qui change de tonalité quand on est en inspiration, blocage ou expiration. Je ne suis pas complètement satisfaite du résultat parce qu'il y a des soucis de désynchro entre les ding et le décompte, mais l'ensemble est implémenté avec le choix au menu de départ de l'activer ou non.
  • La souveraineté numérique chez soi : Ce mini site web en cours de fabrication se veut une ressource pour les gens qui utilisent les outils offerts par les GAFAM mais veulent trouver des alternatives pour un quotidien aussi serein en terme de facilité d’utilisation, (UX et UI), mais mieux protégé.

Veille technologique

Veille personnelle

  • Un article avec des explications et des schémas sur pourquoi les gens devraient bosser avec du texte noir sur fond blanc (et non l'inverse) et en particulier pourquoi c'est ultra gênant et désagréable pour les astigmates (dont je fais partie) : Je hais les thèmes sombres et je peux l'expliquer

Mes joies

  • En m'écoutant et en me laissant la possibilité de n'absolument rien faire au cours d'une journée (genre un samedi), j'ai réalisé qu'ensuite, je pouvais, sans même m'en rendre compte, avancer sur mes projets persos sans efforts. Genre, c'est vraiment ok de passer une journée devant l'ordi à jouer ! Typiquement, c'est ce qu'il s'est passé ce week-end. Le samedi, j'ai vraiment absolument rien fait. Le dimanche, j'ai démonté mon bureau, j'ai fait à manger pour 4, j'ai bossé mon projet perso et c'est le soir que je me suis rendue compte de tout ce que j'avais fait, et surtout sans finir en me disant “j'ai tout donné, chuis au bout de ma vie !”

Lu, vu ou écouté

On a eu une discussion intéressante sur les goûts musicaux avec mon père (sachant que c'est beaucoup lui qui m'a inculqué mes goûts). Et on est raccords sur pas mal de choses. Le plus drôle, c'est l'histoire de la rythmique surutilisée dans le rap actuel que je déteste tellement y en a partout, et en fait, mon père a la même réaction épidermique avec cette rythmique 😆 (J'ai trouvé un exemple au hasard, je m'excuse pour la musique et pour le lien youtube : Poum Chapoum Cha Poum

  • The Pitt, l'épisode de la semaine, il y a tellement d'énergie dans cette série ! Dispo sur HBO Max.
  • On a fini la saison 1 de HiJack qu'on a démarré un peu sur un coup de tête. C'était très bien, malgré un pitch qui nous emballait pas des masses (un détournement d'avion). Cela dit, je pense qu'on se passera de voir la saison 2, parce que ça sent l'épuisement du filon.
  • J'ai continué à regarder d'un œil Bones tout en jouant à Proverbs ou en cuisinant. C'est idéal ce genre de séries procédurales pour ces activités.
  • Et chaque soir, j'avance aussi sur L'anneau-Monde de Larry Niven. Je me souviens de la découverte de la super structure la première fois que je l'ai lue, et j'ai la même sensation, c'est vraiment fascinant cet anneau-monde !

Et le jeu vidéo ?

  • 7 days to die, une lune de sang particulièrement balèze, puisqu’on en est au 28e jour dans le jeu, et qu’en plus, on est maintenant 3 dans la même partie (augmentant ainsi la difficulté). On s’en est sortis, mais c’était limite ! 😅 Je crois que la prochaine partie nous permettra d’être mieux _stuffé_ et on saura quoi faire de mieux pour être moins stressés ! Parce que jusqu’ici, nos pièges ralentissaient seuls les zombies jusqu’à une heure assez avancée de la nuit, mais là, dès la 1ère heure, ils ont tout déglingué et on a dû tirer sans faire d’économies de balles ! Mais comme d’habitude, c’était rigolo ^^
  • Toujours du temps pour avancer Proverbs, le chouette jeu mi-démineur, mi-picross. Au fil du temps, mes résolutions dévoilent une parcelle d'un grand tableau. J'ai dévoilé plus de 80% du tableau jusqu'ici ! Ce que j'espère, c'est que quand je l'aurais fini, j'aurais d'autres choix de tableaux à disposition :)
  • Eeet toujours du temps, entre deux pauses au soleil (quand il y en a), pour se faire une (ou 10 😅) petite partie de Rocket League avec les collègues.
  • Découverte d'un petit jeu cosy que je viens d'acheter à la faveur des soldes de printemps de Steam, mais pas encore installé (vu que le PC est présentement au sol, attendant son nouveau bureau) : Ila a frosty glide
 
Read more...